BD Franco-Belge

Les couzes

Informations complémentaires

  • Titre de la série : Les Couzes
  • Scénariste : Baloo
  • Dessinateur : Jürg
  • Editeur : EP Editions
  • Genre : Cousins crétins
  • Nombre de planches : 46
  • ISBN : 2-84810-048-6

Chaud devant ça tâche !

Josh est un grand black tout en muscles, obsédé par les femmes et qui a un peu trop tendance à fourrer son appendice dans des propriétés privées. Ce qui se révèle embêtant quand lesdites propriétés appartiennent au Grand Dragon du KKK.

Pedro est un chicanos hargneux, coincé dans un fauteuil roulant depuis cette sombre histoire de coq de combat qui a fait une overdose de cocaïne (comprenne qui lira). Son job actuel c’est de conduire des épaves dans une casse et de récupérer des caisses retapées comme neuves.

Une histoire qui passerait pour banale dans le Texas des rednecks si ces deux là n’étaient pas cousins (leur mères sont sœurs) et s’ils n’avaient toute une clique de bonnets pointus et de chicanos hargneux à leur trousse.

Quand le premier, coursé par le Grand Dragon du Texas, croise le second, poursuivi par des mexicains colériques et armés jusqu’aux dents, c’est le début d’un road movie trash comme vous n’en avez jamais lu jusqu’à présent.

Vulgaire oui, mais de bon goût.

Disons le tout de suite, les Couzes n’a à ma connaissance aucun équivalent dans la bd mainstream.

Debilus Profondum, les héros sont des loosers sans cervelle, bêtes, méchants et teigneux.
Pedro est cloué dans son fauteuil depuis qu’un maton surnommé El Loco l’a tabassé en prison pour une histoire de poulet camé.
Josh est une montagne noire au Q.I. d’huître amateur de souris, mais plutôt de celles qui portent des strings et jouent de la flûte d’ébène.
A cette paire de crétins ajoutez une Miss Texas 2001 qui se bat à coups de « godchaku », des jumeaux libidineux gras comme des gorets amateurs de poules et, fin du fin, un chihuahua teigneux répondant au doux nom de « Debeuliou ».
Mélangez ces imbéciles avec une surdose de vulgos, des scènes d’anthologie et des dialogues bien crus le tout au pays des rednecks imbibés de Bud et vous obtenez un OVNI « bédéesque » aussi méchant qu’hilarant.

Baloo est connu pour avoir scénarisé des bd hors normes malheureusement passées inaperçues du grand public et qui pourtant ont connu un succès d’estime (John DOE chez DELCOURT ou Panique dans la brousse chez Petit à Petit).
Il scénarise ici une histoire dans la meilleure veine du mauvais goût. Le ton est donné dès la couverture et les scènes trashs s’enchaînent au rythme de dialogues disons … imagés : « On va tellement te niquer qu’après ça, ton cul aura la forme d’un donut ». Ambiance.

Jürg abandonne son style noir et dérangeant (dans la veine de BURNS ou MEZZO, son copain) pour un trait plus dans le ton de l’histoire.
On n’est pas dans le summum de l’art graphique mais son coup de crayon cartoon et caricatural n’est pas sans rappeler celui de Nicolas OTERO (KKK chez le même éditeur) ou les gags de l’Echo des Savanes. Les délires de Baloo trouvent du répondant dans les trognes pas permises des persos et les situations extrêmes.

Le 12/04/2008, lors du festival bd-rock de Les LILAS, j’ai (enfin !) pu rencontrer Jürg, visiblement ravi de voir revenir un exemplaire des Couzes devant lui.

Extrait d’une rencontre plus que sympathique :

Moi : « C’est marrant que l’album ait été publié chez Emmanuel PROUST. Comment c’est arrivé ? »
Jürg : « L’éditeur voulait diversifier sa collection et nous on avait ça à proposer. Ça lui a plu et il a sorti le premier album. »
M. « Ouais, mais le deux, ça fait un moment qu’on l’attend. Qu’est-ce qui se passe ? Tu t’es engueulé avec Baloo ? »*
J. « Pas du tout, au contraire. Le deuxième tome est terminé depuis longtemps mais il traîne dans un tiroir chez l’éditeur. »

Il m’explique alors que le tome 2 avait été lancé dès la sortie et rendu rapidement à l’éditeur. Emmanuel PROUST avait dès lors exigé que Jürg termine d’abord la suite de Tête de Nègre pour une sortie simultanée des deux albums. Après avoir planché comme un fou pour remplir ces conditions et libérer son bébé, il a découvert que finalement Tête de nègre était sorti et que l’album des Couzes resterait au fond du tiroir.

Jürg : « EP voulait changer de registre, mais je crois que ça lui a fait un peu peur ».
Il est vrai que l’éditeur s’est spécialisé dans des séries un peu plus disons … littéraires (Galathéa, Tête de nègre, …).

Moi : « C’est quand même assez trash votre truc là, vous allez loin parfois. Vous vous partagiez le boulot comment ? Qui faisait quoi ? »
Jürg : « En fait on bossait à deux dessus et chacun y allait de son truc, en rajoutait sur les idées de l’autre. Et puis un moment on se disait, ouais c’est bon, on garde comme ça. La seule limite c’était les délais pour rendre le bouquin. Et pour le deuxième tome, on s’est encore plus lâché (rires). C’est vraiment con qu’il soit bloqué. »

Quoiqu’il en soit, Jürg ne perd pas courage et, dans sa croisade contre la toute puissance des Editeurs, va tenter de récupérer les droits de son bébé, auquel il tient particulièrement, pour mettre des planches sur son site.

En attendant une hypothétique sortie du tome 2 (ou sa mise en ligne), et bien que le tome 1 nous laisse sur un cliffhanger insoutenable, foncez découvrir les Couzes, vous n’avez jamais lu ça.

* John DOE n’avait jamais connu de suite après trois albums après à une dispute entre Baloo et HENRIET.

Discussion

3 commentaires pour “Les couzes”

  1. ouai,tout çà me semble juste et c’est vraiment con ,qu’il soit bloqué!

    Posté par jurg | 9 juin 2008, 21:06
  2. Une petite perle!
    J’attends également la suite avec impatience!
    N’hésitez pas non plus à lire tête de nègres ou un petit bouquin sur Elvis paru aux requins marteaux! De vraies perles! Et maintenant en plus de savoir dessiner il sait tatouer! Le roi de la loose … Mon oeil ouais:D

    Posté par yannick | 9 juin 2008, 21:20
  3. [...] J’avais pu y aller l’année dernière (où j’ai rencontré Jürg pour les Couzes, souvenez-vous) et l’ambiance était ma foi particulièrement agréable, familiale et … [...]

    Posté par Kroniks | Deux festivals parisiens intéressants | 30 mai 2009, 22:59

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