Une nouvelle espèce en voie d’extinction : l’homme
Un terrible fléau s’est abattu sur la terre, un fléau qui a fait des millions de victimes. Mais des victimes ciblées puisqu’il n’a touché que les hommes. Tout ce qui portait un chromosome Y est mort subitement et instantanément, sans aucune explication ni sommation.
Il ne reste plus sur terre que des femelles aux doubles chromosomes X.
Et oui, tous les hommes sont morts. Tous sauf un. Enfin, deux. Yorick BROWN et son singe Esperluette (« & »).
Pourquoi Yorick a été épargné? Qu’est-ce qui l’a protégé ? Mystère. Un mystère que la généticienne Allison MANN tente de percer. Mais pour cela elle a besoin du matériel stocké en Californie. Evidemment.
Après avoir retrouvé sa mère, ministre de l’agriculture promue Présidente des Etats Unis, Yorick accepte d’être escorté par l’agent 355 du Culper Ring (une agence gouvernementale secrète. Oui, une de plus) jusqu’au laboratoire d’Allison MANN en Californie.
Voilà donc notre trio (quatuor si on compte le lanceur de crottes. Esperluette adore jouer à lance-caca) lancé sur les routes américaines, dans un monde où les femmes tentent de reconstruire une société sans repère.
Seul dans le plus grand harem du monde.
Y le dernier homme accumule les genres (SF, road movie, aventure, quête de soi, …) et les références, Mad Max en tête. Tour à tour drôle, émouvant, psychologique (Yorick ne se débarrassera de ses tendances suicidaires que dans le tome 4) mais surtout bourré de références à la culture pop, la série se dévore de bout en bout.
Brian K VAUGHN (Ex Machina, Pride of Baghdad) distille ses informations avec parcimonie, ménage le suspens (il faudra par exemple attendre le tome 5 pour connaître les raisons de la survie de Yorick et d’Esperluette) tout en multipliant les rebondissements et les aventures de ses voyageurs.
Confrontés à la nécessité de survivre dans un monde où la nourriture s’est faite rare, poursuivis par Les Filles des Amazones, des militaires israéliennes ou encore les agents du Setauket Ring (un groupe dissident du Culper Ring), nos héros n’ont pas le temps de souffler et la traversée de deux ans ne se fera pas sans heurts.
Comme une évidence, le dessin a été confié à une femme : Pia GUERRA, dessinatrice au trait fin et à la mise en scène fluide. Ici, pas surhommes musculeux (en même temps, y’en a plus…) ou de top modèle aux proportions impossibles. Ses personnages sont tour à tour gros ou maigres, beaux ou moches, mais tous ont leur caractère et leur particularité qui les rendent humains, tout simplement.
A ce niveau de la chronique, je sais exactement à quoi vous pensez et ce que vous vous dîtes : « Et le sexe alors ? Ben oui, quoi, Yorick est le dernier porteur de pénis dans un monde de vagins, il y a forcément du sexe. »
Hé ben non.
Et le sexe alors ? Ben oui, quoi, Yorick est le dernier porteur de pénis dans un monde de vagins, il y a forcément du sexe.
Hé ben non.
En tout cas très peu et plus sous forme de références qu’explicitement.
D’abord parce que Yorick a une fiancée, Beth, coincée en Australie et qu’il est du genre fidèle.
Ensuite parce qu’ étant le dernier représentant mâle de son espèce, il a tout intérêt à se cacher s’il ne veut pas faire l’objet de pressions ou de chantages.
Enfin parce que le scénariste a voulu privilégier la psychologie de ses héros dans un monde unisexe.
On est quand même soulagé d’apprendre dans le tome 5 que Yorick reste un homme, qu’il a même du mal à résister à la tentation et qu’il se soulage comme il peut…
La série a d’abord été publiée chez Sémic (2 tomes difficiles à trouver car non réédités.). Elle est maintenant éditée chez Panini Comics (qui a racheté tout le catalogue Sémic) à un rythme plus régulier et surtout plus soutenu.
Sur ce coup l’éditeur a eu deux bonnes idées: continuer là où Sémic en était resté et publier les bouquins avec les couvertures américaines originales.
Le tome 5 contient l’épisode 31. La série s’est terminée avec l’épisode 60. Autant dire qu’on a pas fini de se régaler des aventures de ce dernier homme.
Difficile de dire à quel point la série est réussie: étonnante, drôle, intelligente, maîtrisée, belle, les superlatifs ne manquent pas. Je dirais simplement qu’il s’agit d’une série majeure dans la production de comics actuelle.
Le site DC comics (Y est publié par DC Comics dans sa branche adulte Vertigo) permet de avoir un aperçu et propose un extrait et des posters. Pour l’essayer avant d’acheter. Mais parole de lecteur, l’essayer c’est l’adopter.
Pour info, Panini comics réédite les tomes 1 et 2 dans le format actuel. Idéal pour commencer la série du départ alors que les premières éditions de Semic sont aujourd’hui collectors et donc hors de prix.
D’autant que Panini y met le même soin que pour les autres volumes: format d’origine conservé, couvertures vernies et bonus en fin de volumes. Du très bon travail.
[...] d’auteurs de talent, comme Greg RUCKA (Queen and Country, Whiteout,…) Brian K VAUGHAN (Y le dernier homme) ou encore Stuart IMMONEM (Rising Stars, Superman; Identité Secrète…) qui tous s’en [...]
[...] rendre compte objectivement. Au premier abord, Matty pourrait se présenter comme une resucée de Yorick : un jeune homme naïf lâché contre son gré dans un monde violent qui tente de se reconstruire. [...]
[...] un JOURDY, Alim le Tanneur, Ce qu’il en reste de DAUVILLIER, Le Montespan, We are the night, Y le dernier homme, des Bernard BERGER (un conseil donné par Euphrosine à ma demande puisque je voudrais aussi [...]
[...] plus convaincu de Cruchot (tomes 1 à 6), celui de Kaktusss (tome 1) et de MonsieurO (tomes 1 à [...]