Nos billets d'humeur

Pourquoi je n’ai pas aimé « Celle que je ne suis pas »

Informations complémentaires

    Pour voir les informations relatives à la BD dont il est question ci-dessous, se reporter à la chronique de Xavier.

Dans son excellente chronique, Xa Chan nous raconte à quel point il a aimé le nouvel album de Vanyda, « Celle que je ne suis pas ». Pourtant, son avis ne fait pas l’unanimité. La preuve, je n’ai aimé l’album.

Comme lui (et grâce à lui), je suis entré dans l’univers de Vanyda par sa série « L’immeuble d’en face » (dont on attend encore et toujours le troisième tome). J’ai même eu le privilège de rencontrer la jeune femme à Angoulème en 2007 et mes deux albums arborent chacun une magnifique dédicace.
J’ai tout de suite accroché à son style, fait de banal quotidien et de langueur doucereuse. Autant dire que l’annonce d’un nouveau titre de l’artiste me faisait saliver. Quelle déception.

Xavier insiste dans sa chronique sur la psychologie de l’héroïne, Valentine. Ou plutôt l’absence de psychologie. Timide, transparente, suiveuse, notre petit mouton se laisse porter par les évènements et semble s’ennuyer dans la vie.
L’ennui. Un trait qui la caractérise du début à la fin. Et qui se transmet rapidement au lecteur.
En effet, comment s’intéresser à une jeune fille de 15 ans qui n’a ni personnalité ni intérêt, qui suit sans broncher, ne s’exalte pour rien et traîne son ennui derrière elle comme d’autres leur cartable ?

On pourra me répondre que justement, tout l’intérêt est là : voir sortir un papillon de sa chrysalide, se demander quelle merveille de jeune femme va apparaître une fois la terrible épreuve de l’adolescence passée.
Personnellement, quand je regarde un documentaire animalier, j’aime qu’on me montre la scène en accéléré et pas image par image. Car c’est bien ce qui se passe ici. Vanyda nous pond tout un album pour nous dire « regardez mon héroïne comme elle est molle, regardez bien comment elle s’emmerde. Mais je vous montre à la fin que ça va changer. Ou pas.» Et 191 planches comme ça, c’est long. Très long.
Entre boums au banga et cours d’E.P.S., on est obligé de suivre cette ado dans sa quête de soi, et dans les couloirs d’un collège trop propre pour être vrai, où les élèves sont trop gentils pour être réels.
Et je pose la question : où est l’intérêt de nous montrer sur près de 200 pages la vie morne et plate d’une jeune fille ? Parce qu’elle va s’épanouir sous nos yeux et que ce sera émouvant ? L’idée est bonne. Mais la vie banale d’une fille de 15 ans, à la base je m’en fous un peu. Certes, racontée par Vanyda, ça peut éveiller ma curiosité. Mais dans ce cas abrégez mes souffrances et montrez moi ce changement au milieu du tome. Pas la peine de faire durer le spectacle.

Toutefois, je tiens à modérer mon propos.
Oui, je me suis profondément ennuyé à la lecture de l’album. De la dixième (quand j’ai compris que ça n’évoluerait pas) à la dernière page. J’accélérais même la lecture des derniers chapitres pour en finir plus vite, dans l’espoir qu’un sursaut saura me réveiller, en vain.
Mais je suis d’accord pour dire que Vanyda maîtrise son sujet : douceur des cadrages, finesse du trait, inventivité des garde-robes, expressivité des visages et des poses… Vraiment, on est face à une grande artiste. Sur la forme l’album est une vraie réussite, un régal pour les yeux.

J’ai aimé, que dis-je adoré « L’immeuble d’en face », ses voisins et ses petits riens. La réussite de cette série tient au fait qu’il est facile de s’identifier à au moins un personnage.
Seulement ici, je ne me sens absolument pas concerné. Je ne suis pas (qui a dit plus ?) une jeune fille de 15 ans, j’ai quitté le collège depuis belle lurette et surtout j’ai tiré un trait sur mes émotions d’ado.

Cette madeleine n’a eu pour moi ni odeur ni saveur propre à m’émouvoir. Peut être que le volume deux me parlera plus.

Discussion

Aucun commentaire pour “Pourquoi je n’ai pas aimé « Celle que je ne suis pas »”

Poster un commentaire