Dans l’eau qui fait des bulles
Un sénateur qui se fait assassiner, c’est déjà pas courant. Si en plus il meurt dans un lit avec une mineure et que les huiles font tout pour couvrir l’affaire, ça devient vraiment louche.
PERRY le flic intègre et son co-équipier CARLISLE, un peu moins, vont récupérer l’affaire avant de se la voir retirer pour le F.B.I. Mais ce n’est pas ce qui va arrêter ces deux pittbulls qui grattent un os tant qu’il reste de la viande.
De leur côté, LOUIS, le gars aux pompes à 2000 $, et JIMMY, son copain d’enfance, effacent les traces laissées dans leur sillage après l’exécution du sénateur. Et tentent de ne pas se faire prendre dans les filets d’une police de toute façon peu réactive.
En fait, le plus dur pour tous ces petits poissons, ça va être de trouver qui sont les gros poissons et comment les faire remonter à la surface.
« La manière de Matz est d’une originalité, d’un culot ! Cette approche m’a épaté »
Ces quelques mots sont ceux de Jean VAN HAMME à propos de la série.
Matz est vraiment le roi du polar. On lui doit le désormais culte Le Tueur. Ce plomb là n’en est pas loin.
Des tueurs philosophes, des flics qui en veulent, une machination à plusieurs niveaux, le F.B.I. qui ne sait plus quoi faire… Matz aligne les clichés mais avec un talent et une intelligence rare.
Il aligne aussi un scénario riche et d’une maîtrise rarement atteinte. Et se permet en plus des coups de théâtres totalement inattendus qui font rebondir l’histoire très haut et la font repartir à chaque fois dans une direction toute nouvelle. Et j’ai bien dit des coups de théâtres. (spoiler : ne lisez surtout pas la 4e de couv’ du tome 3 si vous prenez la série du début).
Là où il n’y avait qu’un seul personnage, aidé par des seconds couteaux hauts en couleur dans le Tueur, on a droit ici à deux couples pas commun. Et même si les couples se brisent, c’est pas grave on recolle les morceaux avec ce qui reste et on forme un nouveau duo tout aussi efficace. Du grand art, vraiment.
Ces idées là, couplées avec un découpage jamais lu (ou presque), rendent cette série incontournable.
Quant aux dessins, rien à redire. Là encore un grand moment de BD : Colin WILSON n’est pas un inconnu balancé là par hasard. Le bonhomme a déjà officié sur la jeunesse de Blueberry notamment.
Il nous gratifie là d’un dessin très « américain », aux contours épais, parfaitement dans l’ambiance et met superbement en scène les dialogues succulents de Matz. L’action reste tout le temps lisible et la mise en scène est ahurissante d’inventivité. Il alterne les planches en 3 bandes, les inserts, les symétries et les pleines pages avec brio. Un vrai régal à lire.
Dommage que les couleurs informatisées ternissent un peu ses dessins surtout sur le tome 3, où elles font plus « artificielles ».
Bonne pêche
Si vous avez aimé Le tueur et Cyclopes (chez le même éditeur) foncez tête baissée.
Si vous aimez les polars, foncez.
Si vous aimez la bonne BD, tout simplement, foncez aussi.
Ce cycle est un régal aussi bien pour les yeux que pour les oreilles.
En plus, il se termine en 3 tomes (pour le moment en tout cas).
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