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Ponyo sur la colline près de la mer

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Copyright Studio Ghibli/Nibariki 2008

Copyright Studio Ghibli/Nibariki 2008

Une fois n’est pas coutume, cet article ne vous parlera pas d’un album, mais d’un dessin animé. L’entorse à l’habitude de Kroniks.net ne sera pas trop douloureuse, puisqu’il s’agit de la dernière production du fameux Studio Ghibli, où officie Hayao Miyazaki, désormais bien connu dans notre beau pays. De plus, il est actuellement en compétition à la Mostra de Venise, où il semble rencontrer un franc succès si on en croit les compte-rendu des journalistes. L’avenir dira si ce festival majeur du monde du cinéma accordera à Miyazaki la même reconnaissance que le festival de Berlin l’avait fait il y a quelques années pour une autre de ses œuvres…

Sorti depuis mi-juillet dans les salles obscures nippones, ce n’est que dernièrement que j’ai enfin eu l’occasion de le voir. Et l’attente ne fut pas vaine ! Encore une fois, Hayao Miyazaki a su surprendre et se renouveler. Ne comptez bien sûr pas sur moi pour vous révéler ici l’intrigue, qui au demeurant n’est pas si importante que cela. Sachez simplement qu’il s’agit de l’amitié entre Sôsuke, petit garçon de 5 ans, et Ponyo, étrange créature marine née des amours d’un magicien et de la déesse de la mer.

Le premier réflexe en sortant de la salle est d’associer Ponyo à un autre grand succès de Ghibli, Totoro. En effet, dans ces deux films, pas de méchants/gentils, pas de monde à sauver, juste une histoire d’amitié. Mine de rien, c’est très reposant ! L’autre point commun entre Ponyo et Totoro est l’éclatante déclaration d’amour de Miyazaki envers la nature, la mer dans le cas de Ponyo. Il a visiblement pris un grand plaisir à établir le storyboard de la seconde partie du film, avec cette accumulation de poissons, mêlant avec bonheur les espèces actuelles et les poissons préhistoriques.

Ponyo baigne en effet dans une atmosphère fantastique du début à la fin. L’étrangeté est certainement à son comble dans la nuit qui voit Ponyo rejoindre Sôsuke et dans les conséquences qui en découlent. Le dessin de Miyazaki n’y est bien sûr pas étranger : pour cette œuvre, il a délaissé l’outil numérique qu’il avait employé dans ses films précédents, pour retrouver une technique artisanale plus proche de ses productions plus anciennes. Du coup, l’animation est parfois un tout petit peu plus approximative que dans Princesse Mononoke ou Le voyage de Chihiro, mais le film y gagne en authenticité ce qu’il y perd en fluidité. De toutes façons, ce n’est qu’un petit détail, qui ne nuit pas du tout à la qualité du film. Tout le talent de conteur de Miyazaki éclate une nouvelle fois dans cette œuvre, qui sous l’aspect d’une histoire pour enfants, révèle encore une fois de multiples niveaux de lecture plus adultes, notamment en ne répondant pas à toutes les questions et en laissant ainsi le public se forger sa propre opinion.

La musique n’est pas en reste et colle particulièrement bien au thème marin qui sous-tend tout le film. Calme, contemplative, mais aussi déchaînée quand les éléments le demandent, elle est un élément de la narration à part entière. Quant à la chanson titre, chantée à plusieurs voix dont un enfant, elle est entraînante et se révèle redoutablement addictive. Apparemment, nombreux sont les journalistes sortant de la projection à la Mostra de Venise qui la chantonnaient encore ! Elle se décline évidemment ici au Japon en sonneries de portable, mélodies de réveil, etc… Pour tout vous avouer, j’ai presque atteint le seul de saturation avec tout le battage médiatique qu’il y a eu lors de la sortie… Heureusement, même comme cela elle reste agréable et on se surprend à la fredonner à tout bout de champ.

Ponyo est donc encore une fois une incontestable réussite du studio Ghibli, extrêmement poétique et touchant et pour laquelle l’expression « tout public » est particulièrement adaptée ! En espérant qu’il trouve le chemin des salles obscures françaises le plus tôt possible…

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