Après avoir dressé un tendre portrait des trentenaires un peu paumés (Monsieur JEAN chez Dupuis), DUPUY et BERBERIAN s’attaquent dans « Bienvenue à Boboland » aux bobos de Paris et tirent à boulets rouges sur ces nouveaux riches.
Mais qu’est-ce qu’un bobo ?
Difficile à dire en fait. Le terme vient de la contraction de « bourgeois bohème », en oppositions au « bourgeois bling-bling » peut-être. La BD essaye d’en faire le tour et de nous en donner une ébauche de définition.
Artistes friqués, consommateurs de produits équitables, idées de gauche mais porte feuilles à droite, les bobos se définiraient en fait dans leurs contradictions si on suit les auteurs.
Beau, riche et bio, le bobo achète hors de prix des sacs en plastiques éthiques et des cages à lapins insalubres mais en plein Paris. Pseudo intellectuel, à la pointe du non-évènement et au summum du « haïpe », il mange bio, brunche le dimanche et vénère Anna GAVALDA.
Dans leur style dépouillé si particulier, les deux compères qui écrivent et dessinent à quatre mains depuis leurs débuts, nous immergent ici dans le monde si « pittoresque » de ces riches qui ne veulent pas le dire.
A grands renforts de clichés, ils égratignent gentiment leur suffisance, leur égocentrisme et leur superficialité pour finalement mettre en valeur leur mal être.
Drôle et (im)pertinent, le bouquin se lit avec plaisir et recèle quelques perles « boboïsante » comme le superbe « le bio, c’est surtout une attitude » à ressortir entre gens de bonne éducation pour briller en société.
On ressort de l’album souriant et soulagé de se dire que finalement le bobo, ce n’est pas nous mais clairement le voisin de table, celui qui demande si le hamburger est au pain bio équitable.
Un bouquin chaudement recommandé à tous.
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