Trolls, dragons, fées et… nazis?!
L’histoire se passe en 1915 sur une terre parallèle où la magie existe vraiment et où il n’est pas rare de croiser un troll des montagnes donner un coup de main aux fermiers dans les champs.
Sur le vieux continent, la guerre fait rage entre Gallia et la Prussia depuis que l’Archiduc Ferdinand a été assassiné par des nationalistes Serbiens. Malgré son alliance avec Albion, Gallia a du mal à résister à la vindicte des puissances centrales formées par la Prussia, la Bavaria, la Swabia et le Grand Emprire de Tyrolia-Hungary.
« La guerre c’est trop moche » (Paris HILTON)
Fletcher ARROWSMITH, fils de forgeron, a décidé de quitter les Etats-Unis de Columbia contre l’avis de son père pour rejoindre les Unités d’Elites Aériennes, formées en Acadie.
Là, il apprendra les sorts qui lui permettront de voler ainsi que les techniques de combat aérien.
Il se fera des ami(e)s, découvrira les horreurs de la guerre, la douleur de voir ses camarades tomber au combat et finalement apprendra à devenir un homme.
Le monde imaginé par Kurt BUSIEK reprend le nôtre mais y intègre la magie pour l’enrichir, ce qui le rend à la fois connu et dépaysant.
Tous les éléments qui nous sont connus sont détournés à la sauce « petit peuple » : les immigrés aux États-Unis sont des trolls, les dragons remplacent les avions et le gaz moutarde devient une « brume dévoreuse » rendant les hommes fous. Les humains combattent aux côtés de créatures fantastiques, que ce soit des nains, des mages ou encore des vampires (en lieu et place de kommandos).
Les alliés qui sont gentils utilisent la magie blanche quand l’Axe, guidé par un mage noir, a recours à la nécromancie.
Au delà du dépaysement, Kurt BUSIEK nous raconte une histoire universelle : celle d’un ado plein d’idéaux qui va se heurter au monde, ici à l’horreur de la guerre, pour grandir et finalement trouver sa voie. Et ça marche : Fletcher est attachant et on le voit réellement grandir et évoluer au gré des obstacles qu’il rencontre.
Le dessin a été confié à Carlos PACHECO (qui a notamment œuvré sur les X-Men).
Par son trait clair et lumineux PACHECO a su enrichir le monde imaginé par BUSIEK. Ses personnages sont bien caractérisés, attachants et immédiatement reconnaissables. Et surtout on sent qu’il s’est réellement fait plaisir à imaginer toutes ces créatures qui peuplent ce monde parallèle. Le tour de force reste qu’il a su respecté le design général de l’époque.
Tout est détourné à la sauce magie avec intelligence et inventivité.
Personnages réalistes, sens du détail et de la mise en scène, tout participe au plaisir de la lecture.
ARROWSMITh n’est pas un comic book incoutournable mais l’histoire, encore une fois très classique, est vraiment plaisante par le dépaysement qu’elle procure.
L’album existe en deux volumes ou en intégrale, tous édités chez Edition USA.
[...] MILLAR mais qui du coup regrette de ne pas pouvoir se lancer dans production de la suite d’Arrowsmith ((voir son interview dans le Comic Box #62 de Janvier-Février 2010 où il explique notamment [...]