Mangas

Le promeneur

Informations complémentaires

  • Nombre de tomes : One shot
  • Titre du tome : le promeneur
  • Scénariste : Masayuki KUSUMI
  • Dessinateur : Jiro TANIGUCHI
  • Editeur : Casterman
  • Genre : Promenade sereine
  • Nombre de planches : 80
  • ISBN : 978-2-203-01286-8

Aruko, aruko, watashiwa genki*

copyright Casterman 2008

Le Promeneur - Copyright Casterman 2008

« Mince, j’ai raté mon bus. Et si j’allais à la gare à pied ? »

« Tiens, je ne connaissais pas ce quartier, c’est plutôt joli. »

Et voilà comment commencer une balade sous un ciel radieux. C’est le cas pour le héros du Promeneur. On ne connaîtra jamais son nom, tout au plus on saura qu’il est marié, sans enfant, qu’il travail au service marketing d’une société de papeterie et … qu’il aime se promener.

Que ce soit la faute d’un bus en retard, une sortie mal indiquée débouchant dans une ruelle inconnue ou tout simplement un temps doux propice, il n’aime rien tant que se laisser aller à la flânerie.

En huit promenades et autant de découvertes, il se laisse porter par ses pieds et le nez en l’air redécouvre le plaisir simple de la marche.

Redécouvrir un vieux quartier ou une ancienne voie, marcher au clair de lune ou déambuler dans un festival hippie, tout est propice à l’émerveillement simple, à la tranquillité et au délassement. Et en chemin, pourquoi ne pas s’arrêter boire une bière bien fraîche, acheter quelques gâteaux aux haricots rouges ou encore chiner de vieux livres scolaires chez un bouquiniste ?

Comment dit-on « madeleine de Proust » en japonais ?

Enfin un nouveau TANIGUCHI. Après la Montagne magique (chez le même éditeur), une fable écolo assez décevante, on attendait beaucoup du prochain titre traduit du maître. Le plus européen des mangakas, l’un des plus appréciés aussi, signe ici une ode à la liberté.

A mi-chemin entre L’homme qui marche (les bulles en plus) et Le gourmet solitaire (l’eau à la bouche en moins), Le promeneur nous entraîne dans un rythme lent et reposant, au gré des excursions de son héros. Pour lui, rien de ne vaut le plaisir de marcher tranquillement, sans guide, au gré de ses envies et sans objectif précis. En se perdant on finit forcément par trouver des endroits intéressant.

Chaque tour est l’occasion de laisser remonter tous ces souvenirs d’enfance, toutes ces sensations oubliées dans le stress de la vie.

Et si la finalité de la balade n’était tout simplement pas de retrouver le plaisir de goûter le monde, de redécouvrir ces petits riens, de vivre tout simplement.

Masayuki KUSUMI, déjà scénariste du Gourmet solitaire (une ode au plaisir de manger), signe là encore de petits récits non linéaires, sans action, sans fioriture, sans histoire précise. Il nous entraîne juste dans les pas de garçon sympathique et des ruelles méconnues.

Chaque tour est l’occasion de laisser remonter tous ces souvenirs d’enfance, toutes ces sensations oubliées dans le stress de la vie.

Jiro TANIGUCHI met en scène avec son dessin lumineux et clair des randonnées dans des quartiers typiques du Japon, ou des lieux oubliés. Le maître parvient à nous faire ressentir le souffle d’une journée de printemps, l’odeur du riz aux haricots rouge ou le chant des cigales.

Comme toujours, il est difficile de résister aux sensations et on se laisse emporter avec bonheur dans ce rythme paisible et posé.

L’album empreint de poésie et de sérénité est à lire partout et souvent. A la maison au chaud sous la couette pour se détendre, dans les transports en communs pour oublier le bus bondé (vécu), quelle que soit l’occasion de le lire, il vous procurera un sentiment de plénitude et une envie irrésistible … d’aller vous promener.

* En avant, en avant, je suis en pleine forme.

Vous aurez bien entendu reconnu les premières paroles de la chanson d’ouverture de Mon voisin Totoro. Hé quoi, moi aussi je peux me la péter « ouais, je parle japonais ». Non mais.

Discussion

Un commentaire pour “Le promeneur”

  1. très bonne réflexion sur le plaisir
    de redécouvrir la promenade et prendre un peu de son temps au lieu de toujours courir en aveugle
    comme le fait la société d’aujourd’hui.

    Posté par Cyber Tata | 18 octobre 2008, 10:18

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