Comics

Echo

Informations complémentaires

  • Titre de la série : Echo
  • Titre du tome : Moon Lake
  • Dessinateur : Terry Moore
  • Editeur : Abstract studios comics (V.O.)
  • Genre : Road movie S.F.
  • Nombre de planches : 116
  • ISBN : 978-189259740-3
copyright Terry Moore/Abstract studios comics 2008

copyright Terry Moore/Abstract studios comics 2008

Terry Moore fait partie de ces artistes comics inclassables. Hors du mainstream des super héros en spandex mais pourtant pas underground, il occupe une place bien distincte dans la galaxie comics, tout du moins ce qui en parvient en France. On le connait dans l’hexagone pour sa longue série Strangers in Paradise, dont je vous recommande chaudement la lecture et que j’aborderai sans doute dans une prochaine chronique tant cette œuvre me tient à cœur.

Je vais vous parler cette fois-ci d’Echo, son tout nouveau projet, dont j’ai eu la chance de mettre la main sur un exemplaire lors de mon passage récent au Canada (pub gratuite : si vous passez par Vancouver, arrêtez-vous chez Golden Age Collectibles, sur Granville street, pour un excellent comics shop tenu par un connaisseur !).

Terry Moore a l’habitude des storylines tourmentées, faisant la part belle aux problèmes psychologiques de ses protagonistes, en majorité des femmes. On peut d’ailleurs s’émerveiller qu’un homme dépeigne aussi bien la psychologie féminine, mais j’y reviendrai dans un prochain article.

Des problèmes psychologiques et relationnels, Julie Martin en a certainement, en instance de divorce de son mari Rick à l’initiative de ce dernier. Elle se refuse pourtant à tirer un trait sur cette relation, malgré l’insistance de son futur ex-mari à tourner la page pour le bien de tout le monde. Julie est en train de photographier des fleurs dans le désert de Californie quand un événement va définitivement bouleverser sa vie…

Sur fond de personnalité complexe, c’est à un road-movie mâtiné de S.F. que nous convie Terry Moore dans son nouveau projet

Elle assiste en effet à une explosion aérienne de forte intensité, suivie d’une pluie de substance inconnue qui va adhérer à elle et à sa voiture. Pas de mystérieux extraterrestre là-dessous, simplement un test militaire auquel elle n’aurait pas dû assister : l’essai d’une « combinaison » métallique par son pilote d’essai et sa destruction par des tirs de missile lors d’un test de résistance. Si la pilote d’essai est vaporisée, la combinaison n’est que fragmentée. Pire, au contact de la peau de Julie, elle adhère et se reforme… C’est le début de l’enfer pour Julie, dont la vie bascule : elle n’était pas censée se trouver sur les lieux et l’armée la recherche activement, sans doute pas pour lui offrir le thé. Ce fragment de combinaison réagit également de manière étrange aux comportements de ceux qui l’entourent… surtout qu’elle n’est finalement peut-être pas la seule à avoir assisté à cette explosion, en définitive.

Sur fond de personnalité complexe, c’est à un road-movie mâtiné de S.F. que nous convie Terry Moore dans son nouveau projet (pas encore édité en France à l’heure où j’écris cette chronique), à cent lieues de la Mafia de Strangers in Paradise. De son ancienne œuvre, Terry Moore a gardé le goût prononcé du détail de ses personnages. Il leur donne une vraie dimension psychologique, donc une crédibilité renforcée. Julie Martin n’est pas une super héroïne, bien au contraire elle se retrouve embarquée dans une histoire qui la dépasse largement et dans ce premier tome elle ne peut faire autrement que de subir les événements et essayer de s’y adapter… et d’y survivre !

Malgré ce souci du détail psychologique, l’action reste dynamique, sans temps mort même dans les phases « d’introspection ». Terry Moore sait maintenir le suspense jusqu’à la fin de ce premier volume et laisse ses lecteurs sur leur faim, mais c’est de bonne guerre, tant on cherche des réponses aux problèmes qu’il a semé habilement. Le dessin, lui, n’a pas changé depuis Strangers in Paradise et ses fans reconnaîtront sa patte du premier coup d’œil. C’est peut-être là que le bât blesse un peu : on a parfois l’impression de se retrouver devant des personnages de Strangers in Paradise très légèrement relookés. Heureusement, cette impression reste suffisamment fugace pour ne pas gâcher le plaisir de lecture.

Si vous lisez l’anglais, n’hésitez pas à vous jeter sur ce premier volume, tant il augure du meilleur pour la suite. Et si vous ne lisez pas l’anglais, forcez-vous un peu, le niveau est tout à fait abordable et vous ne regretterez pas vos efforts, bien qu’on puisse espérer une édition française un de ces jours ! Pour ma part, j’attends la suite avec impatience.

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