1880, Providence, Etat du New Hampshire. Les habitants sont sous tension. Depuis quelques jours des hommes, des femmes voire des enfants ont été retrouvés morts, atrocement mutilés. Les traces laissées feraient penser à un gigantesque loup mais aucune battue n’a rien donné. Et ce grand dadais de shérif ne semble pas en mesure de les protéger.
C’est dans cette ambiance tendue qu’arrive Miss GATLING à la pension de Madame Bénédicte. Rapidement la jeune femme attire l’attention et intrigue. Pensez donc, déjà une nouvelle tête à Providence c’est pas courant, mais en plus la jeune femme semble cacher bien des mystères sur les raisons de sa venue. Comme si elle savait plus qu’elle le ne dit sur ces loups géants.
A la fin du premier tome, Eric HERENGUEL dans une lettre ouverte nous raconte tout l’amour qu’il porte au genre du western. Avec moults détails sur son enfance et la découverte des Mystères de l’ Ouest (la série), il nous parle de son attachement profond pour les cowboys, les revolvers et le grand ouest. Ha, James WEST, le fantastique et les filles en robe pourpre…
Après avoir lu les albums, impossible de remettre en doute cette profession de foi. Tout cet amour transpire littéralement des pages de Lune d’argent sur Providence.
Lune d’argent sur Providence est un excellent titre qui dépoussière avec intelligence et talent un genre un peu abandonné dans le 9e art.
Des costumes aux coutumes, des armes aux dialogues, tout a été restitué avec un sens minutieux du détail. L’album est un régal graphique. Le trait fin et minutieux, les couleurs bien choisies, les cadrages cinématographiques, tout ici concourt à immerger le lecteur dans un film de western. C’est bien simple, on s’y croirait.
Les dessins sont beaux, agréables, fluides. L’auteur ose des poses classieuses (rahhh la planche 56 !) et rend hommage au genre sans jamais tomber dans les travers des clichés inhérents au genre.
L’histoire nous conte celle de Miss GATLING, une jolie jeune femme arrivée de Washington pour procéder à l’inventaire des biens du vieux Spencer, le fou du village retrouvé atrocement mutilé par une immense bête sauvage. Mais aussi benêt soit il, le shérif se rend rapidement compte qu’elle cache des choses et qu’elle en sait plus sur ces loups amateurs de garçons vachers sortis de … d’où viennent-ils exactement d’ailleurs ? Pourquoi s’en prennent-ils uniquement à l’entourage des responsables de la nouvelle église de la ville ?
Plutôt que de se cantonner au cliché éculé des cowboys contre les indiens, l’auteur immerge son histoire dans le fantastique et nous sert une fable écologique mêlant protection de la nature et monstres sauvages. Et s’il pioche allègrement dans la mythologie indienne ou les films de MIYAZAKI, ce n’est jamais que pour mieux leur rendre hommage.
Lune d’argent sur Providence est un excellent titre qui dépoussière avec intelligence et talent un genre un peu abandonné dans le 9e art.
Des dessins magnifiques et blindés de détails, une histoire haletante et pleine de rebondissement, des personnages immédiatement attachants et de clins d’œil en pagaille. Au final, la série (terminée en deux volumes) se dévore d’une traite avec un plaisir immense. Des séries comme celle là, on en redemande.
Profitez de la sortie des albums en coffret de luxe courant novembre 2008 pour vous ruer sur cette perle. A déguster sans aucune modération.
Pour plus d’infos et avoir une idée du talent de l’artiste, retrouvez l’univers de Lune d’argent sur Providence sur le blog de Eric HERENGUEL.
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