BD Franco-Belge

Neverland

Informations complémentaires

  • Titre de la série : Neverland
  • Nombre de tomes : One shot
  • Scénariste : Stéphane PIATZSZEK
  • Dessinateur : Nicolas SURE
  • Editeur : Soleil
  • Genre : chronique sociale
  • Collection : Quadrants
  • Nombre de planches : 46
  • ISBN : 978-2-30200-289-0
Copyright editions Soleil 2008

Copyright Editions Soleil 2008

Après le départ de son amie Laura venue consulter ses mails, Betty KOLCHAK remarque que sa plante tropicale que lui a offerte son oncle a disparu. Le végétal a quitté le rebord de sa fenêtre. Une chose est sûre, elle n’a pas pu disparaître toute seule. Le mystère s’épaissit quand Betty découvre qu’une agence de publicité utilise SA plante pour vanter les mérites d’un engrais chimique. Comment se la sont-ils procurée ? Et qui est derrière tout cela ? D’interview télé en cavale, Betty finira par rencontrer trois mômes paumés qui squattent une maison vouée à la démolition. Leur logement étant destiné à héberger une agence de pub, ils ont viré terroristes antipub et n’hésitent par à faire chanter les pouvoirs publics. Betty décide d’agir elle aussi contre la lèpre publicitaire aux côtés de ses nouveaux amis. Encore faut-il pouvoir assumer sa désobéissance civile.

Tiens, ils ont remis des émissions entre les pubs ?

Neverland est le premier album de Nicolas SURE (aux dessins) et Stéphane PIATZSZEK (au scénario). Scénariste pour la télé, Stéphane a voulu tenter l’aventure du 9e art pour raconter son vécu social mais aussi combien la télé peut écraser les gens.
L’idée, nous explique-t-il dans la postface, est partie de cette maison du 20e arrondissement de Paris qu’il occupait pour monter des pièces de théâtre et qui par un beau matin a été investie par des « flics habillés en Terminator ». Blessé par le manque de respect pour l’Histoire (la maison avait servi à cacher de jeunes juifs pendant la guerre) il a voulu parler de tous ces refuges habités par les déshérités de la société et que l’Etat vire sans ménagement.
Le terreau de la pub est venu s’ajouter quand il s’est remémoré les paroles d’un dirigeant d’une grande chaîne qui disait fabriquer « du temps de cerveau disponible pendant les pubs ».
Neverland est donc une fable citoyenne qui s’attaque à tous les genres : la pub omniprésente et omnipotente, les enfants abandonnés, les pouvoirs publics qui s’en foutent et la télé qui sacrifie des vies sur l’autel de l’audimat.
Marquée socialement et politiquement, la série invite le lecteur à se questionner sans jamais tomber dans les travers inverses de la démonstration partisane ou la lourdeur pédagogique.

D’une manière générale, l’album s’adresse plutôt aux ados et préados de 12 à 15 ans.
Le dessin léger et coloré sort tout droit des canons de la BD jeunesse (Nicolas a commencé à dessiner des petits mickeys dans les cases du Journal de Spirou). Le trait est fin est tout en rondeurs et les personnages mignons comme tout. Le design lisse associé à des couleurs chaudes informatisées et des décors épurés fluidifient encore la lecture du bouquin.

Marquée socialement et politiquement, la série invite le lecteur à se questionner

Le ton employé quant à lui est dans l’ensemble léger. Pourtant les auteurs évitent les clichés infantilisants et parlent vrai à leurs jeunes lecteurs.
Ainsi, il n’est pas rare de se trouver face à des situations noires ou des expressions crues. La meilleure amie de Betty est une prostituée joviale qui parle ouvertement de son métier et des enfants meurent sous les coups de matraque des vigiles de supermarchés.
On ne tombe pas dans le polar noir et les scènes choc mais les enfants ne sont pas pris pour de gentils bêtas gavés aux niaiseries.
Les adultes quant à eux y trouveront une histoire dans l’air du temps et des thèmes forts, qu’ils pourront aborder avec leurs ados pour en débattre ensuite.

Scénario citoyen, personnages attachants, dessins agréables, Neverland cumule les bons points. L’album ne prétend pas se positionner comme un incontournable du 9e art mais il serait dommage de passer à côté de cette jolie réussite.

Discussion

2 commentaires pour “Neverland”

  1. Hey ! très intéresqsant ce billet ;) merci ! et je dois dire que le desig du blog est très réussi ! qui l’a desiné ? :) a+ et binne continuation !

    Posté par foie gras | 3 décembre 2008, 10:45
  2. Le design est créé à partir du thème The Morning After de Arun Kale. Je me suis occupé de l’adapter pour les besoins de Kroniks.net.

    Merci donc pour les compliments à ce propos. :)

    Posté par Benoît | 3 décembre 2008, 22:18

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