« Retournes sécher sur la cuisse de ta mère ! »
Spider Jerusalem est un être abjecte, odieux, cynique, paranoïaque et obscène. Et vous allez l’adorer pour ça. Parce que Spider est un putain de journaliste qui n’a qu’une obsession : traquer la Vérité où qu’elle soit et dénoncer les politiques véreux, les médias abêtissants, les religions lobotomisantes et tout ce qui compose cette société de demain afin que la masse vagissante puisse de nouveau penser par elle-même.
Rappelé à ses obligations contractuelles de pondre deux livres, Spider quitte sa montagne adorée pour retourner dans la ville qu’il a quittée cinq ans plus tôt. Le retour sera rude, pour lui bien sûr mais surtout pour ceux sur lesquels il va vomir sa bile haineuse. Assisté de ses splendides et sordides assistantes, le voilà lâché sur la ville. Ça va faire mal.
J’irai chier des articles sur vos tombes
Ne cherchez pas, si Spider vous semble familier c’est que vous avez vu Las Vegas Parano et que vous connaissez le gonzo journalisme. Warren ELLIS a repris le personnage de Hunter Thompson pour le transposer dans un futur technologique.
Bienvenue dans un monde chaotique et déshumanisé où l’homme peut changer d’ADN comme de chemise, où les chats fument des pétards et où l’électroménager se drogue.
C’est dans ce monde ultratechnologique et surmédiatisé que Spider sévit. Engagé par le Word, il publie quotidiennement des colonnes acides mais brillantes apportant un éclairage subjectif et nouveau pour faire changer les choses. Et ça marche.
Si vous avez trouvé The Boys osé voire trash, attendez de lire Transmet.
La série est une succession d’injures outrancières, de scènes obscènes et de délires toxiques
Si vous avez trouvé The Boys osé voire trash, attendez de lire Transmet.
La série est une succession d’injures outrancières, de scènes obscènes et de délires toxiques. Spider ne peut écrire sans drogue et son cerveau embrumé est capable d’inventer les pires horreurs que vous ayez jamais vues.
Le canard déchainé
Excessive la série l’est sans aucun doute. Certes elle est particulièrement plaisante voire jouissive à lire, mais s’il est de bon ton de crier au génie en parlant d’ELLIS (et à juste titre en général), dès qu’on enlève les provocs et le sexe avec des étalons sous hormones, il ne reste finalement pas grand-chose sinon des coups bas sur la politique, les médias ou la religion.
Resterait quand même le credo de Spider (et donc d’ELLIS ?) : la recherche de la Vérité et la pensée individuelle.
Reste aussi un constat finalement plein d’espoir : le monde du futur n’est pas si sombre et étouffant qu’il semble apparaître et la volonté de Spider de montrer le meilleur de chacun, de pousser les individus les uns vers les autres et contre l’oppression, rend son enthousiasme contagieux. Il nous laisse à penser que finalement tant qu’il existera des francs tireurs l’humanité a peut être encore une chance. ELLIS aimerait les gens ?!
Côté dessin, ils ont été confiés à Darick ROBERTSON. Si les premiers épisodes époustouflent le lecteur par leur densité, par les détails souvent sordides et les personnages (très) haut en couleurs, force est de constater qu’il perd en qualité en tout cas en puissance à mesure que la série avance. Non pas qu’il vire dans le laid mais sur la durée la baisse de qualité se ressent le rendant sur la fin assez quelconque.
Qu’importe, le trait reste répugnant et dégouline d’horreurs contre nature pour offrir une lecture hallucinée de bout en bout.
La série se découpe en chapitres plus ou moins indépendants. Certains frôlent littéralement le génie et pourraient figurer au panthéon des meilleures histoires de SF (le chapitre sur la cryogénisation et le réveil des congelés est une véritable leçon de SF et d’humanité). Les autres vous hallucineront par leur créativité et la vision d’ELLIS sur les pires perversions humaines (pédophilie, prostitution, agitateur d’intestins, …), sa préférence allant quand même nettement contre les malversations politiques et les mensonges médiatiques.
Publiée entre 1997 et 2002 d’abord chez DC puis chez Vertigo, la série compte 60 épisodes et 10 volumes. Du bonheur en papier.
Transmet est un titre hors norme, un mastodonte du comic book, un excès à lui tout seul à lire impérativement
Si demain l’humanité pourrissante était rayée de la carte par une bombe thermobactériologique et remplacée par des rats transgéniques éructant du sperme acide par les verrues de leurs multiples organes sexuels, alors je ne sauverai qu’un seul titre : Transmetropolitan.
Qu’on se le dise.
En savoir plus :
Excellente critique, un peu timide à notre goût mais tous le monde n’a pas Spider dans son équipe…
Non je déconnes ! C’est vraiment nickel.
A défaut de trackback, voici un de nos articles parlant de Transmet.2 http://boboys.over-blog.com/article-25659406.html
Super Cordialement.
Factor X
Pour info, à cette adresse vous pouvez télécharger légalement le premier numéro en VO.
http://www.dccomics.com/vertigo/graphic_novels/?gn=1719
excellent, je vais pouvoir juger de la qualité de la traduction