BD Franco-Belge

No comment

Informations complémentaires

  • Dessinateur : Ivan Brun
  • Editeur : Drugstore
  • Genre : social et politique
  • Nombre de planches : 85
  • ISBN : 978-2356260611
copyright Ivan Brun / Vent des Savanes - 2008

copyright Ivan Brun / Vent des Savanes - 2008

Attention, coup de poing ! No comment ne va pas vous laisser intact. Si vous avez une once de conscience sociale, vous sortirez de cet album comme après dix rounds sur un ring contre Mike Tyson. Ivan Brun frappe fort et de préférence au défaut de la cuirasse, mais dites-vous que c’est pour votre bien. En même temps, il ne vous impose rien, c’est à vous, après lecture, de voir ce que vous en ferez. Ivan Brun montre ce qu’on préfèrerait ne pas voir, force parfois le trait pour provoquer une réaction chez le lecteur, mais en même temps c’est tellement vrai ! No comment ne fait que pousser à leur paroxysme certains concepts bien présents dans nos sociétés actuelles. Téléréalité, espoirs déçus, engrenages infernaux manipulés par « ceux d’en haut » pour ne pas reprendre une expression célèbre, pauvreté, autant de thèmes et bien d’autres que No comment décortique et nous renvoie en pleine tronche.

Le tour de force d’Ivan Brun est de nous présenter tout cela sous une forme totalement paradoxale et pourtant parfaitement adaptée. Pas de texte, juste « l’action » et quelques idéogrammes limpides qui suffisent à faire passer le message. Un graphisme qui n’est pas sans rappeler une version satirique d’Arthur de Pins (Les péchés mignons) pour un propos dur et sans concession. Etonnant d’ailleurs de voir à quel point ce style graphique implique le lecteur, alors qu’il devrait le distancier normalement. Ca fait mouche à chaque fois, c’est terrible et imparable.

Ivan Brun n’en est pas à son coup d’essai. Ses précédentes œuvres (notamment Lieux communs et Lowlife) avaient une toute aussi grande portée sociale et politique, même si le graphisme était infiniment plus réaliste et glauque. Mais No comment, c’est un grand format, en couleur, donc peut-être plus accessible visuellement au grand public… Que ce dernier ne s’y trompe cependant pas : No comment n’est pas une production commerciale et est à réserver à un public averti, car c’est dur, très dur, mais en même temps tellement salutaire.

Ivan Brun mérite d’être connu et reconnu, tant que cela est encore possible au vu de la tournure que prennent les évènements en France… Ses éditeurs successifs méritent d’ailleurs d’être salués pour les risques évidents qu’ils prennent. Le Festival BD d’Angoulême ne s’y est pas trompé en l’incluant cette année (2009) dans sa sélection officielle.

Si vous voulez vous prouver ou prouver à quelqu’un que la BD, ce n’est pas uniquement Astérix ou Lanfeust de Troy, No comment est pour vous. Si vous voulez constater que la BD sait aussi délivrer des pamphlets, des brûlots sociaux et politiques implacables, No comment est pour vous. Si la réalité ne vous fait pas peur, No comment est pour vous. Ouvrez les yeux !!

Discussion

2 commentaires pour “No comment”

  1. Ça a l’air bien. Mais… de quoi ça parle exactement ? C’est bien beau de nous dire que cette histoire sans parole va nous mettre un coup de poing dans le plexus si on ne sait pas ce qu’elle raconte. Ce choc peut tout aussi être totalement gratuit (cf USHIJIMA l’usurier de l’ombre) comme moralisateur, dénué de sens comme éducateur.

    Posté par Cruchot | 3 janvier 2009, 23:35
  2. En fait, je n’ai peut-être pas bien explicité cela, mais No Comment est une collection d’histoires très courtes, entre 2 et 4 pages généralement. Cela permet notamment à Ivan Brun de faire passer son message de manière muette sans étirer inutilement l’astuce technique, ce qui pourrait devenir lassant à terme.

    De plus, ce n’est absolument pas moralisateur. Ca ne fait que te montrer les choses. Bien sûr, Ivan Brun fait passer son opinion dans ses planches, mais à aucun moment je n’ai eu le sentiment qu’il me forçait à adopter son point de vue. Qu’il me forçait à ouvrir les yeux, ça, oui, par contre !

    Posté par Xavier | 4 janvier 2009, 2:02

Poster un commentaire