BD Franco-Belge

Victor LALOUZE

Informations complémentaires

  • Titre de la série : Victor LALOUZ
  • Nombre de tomes : 3
  • Scénariste : Diego ARANEGA
  • Dessinateur : Diego ARANEGA
  • Editeur : Dargaud
  • Genre : Acné à 30 ans
  • Collection : Poisson Pilote
copyright Dargaud

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Victor LALOUZ c’est un nabot binoclard qui a arrêté de grandir à 13 ans. Il est bourré de névroses mais bardé d’ambition et surtout de questions (« pour ou contre le harcèlement sexuel si c’est bien fait ?« ) et surtout de réponses (« des randonnées pédestres ? Ouais, une fois j’ai vu un film avec des acteurs pédestres mais c’était une erreur de boîtier du vidéo club« ), ce qui le rend immédiatement sympathique.

L’auteur nous narre donc les aventures de ce petit bonhomme attachant entre ses journée à la radio Smack FM où il est standardiste et ses séances de psychanalyse qui nous permettent de mieux cerner le personnage (« Moustache ? Pourquoi voulez-vous parler de ma mère ? « ).

Écrasé par une mère castratrice, un père (transsexuel) absent, un âge mental de 13 ans et une libido associée, Victor nous fait partager son monde naïf et candide. Entre le permis à un euro et sa nouvelle colocataire, il nous immerge dans son univers premier degré.

Comme pour Focu, l’histoire n’est pas vraiment scénarisée mais tout s’articule autour de cet ado attardé qui aborde le monde des adultes avec les yeux d’un enfant.

Les gags se présentent en demies planches et en 6 cases (pour garder un rythme soutenu) et sont tour à tour légers, drôles voire carrément hilarants.

L’auteur a voulu mettre en scène un petit personnage attachant totalement à côté de la plaque.  Si Victor est totalement perdu dans ce monde qui ne le comprend pas, il n’en garde pas moins une bonne humeur inébranlable, une  « positive attitude » en toute circonstance qui le sort de toutes les situations. Tout un paradoxe, ce petit bonhomme : un looser vainqueur. D’ailleurs le choix de son nom n’est pas anodin et a été soigneusement réfléchi.

« Victor LALOUZ, la victoire et la défaite. Deux mots de 6 lettres en opposition. Un superbe oxymore! » (Diégo ARANEGA)

De la vrai bonne BD d’humour drôle très fortement conseillée.

Bonus: le lien vers le site de l’artiste: clikici

BONUS

Victor Lalouz - La dédicace

Victor Lalouz - La dédicace

Le 14 mars 2009, au Salon du Livre de Paris, j’ai pu rencontrer Diégo ARANEGA. Alléluia!

Jamais je n’aurais pu ne serait-ce qu’imaginer cette rencontre. Diégo ARANEGA, là, devant moi, en chair et en lunettes. Et qui plus est, visiblement enthousiaste à l’idée de parler de Victor.

La discussion s’est révélée particulièrement riche et m’a surtout permis de voir à quel point il l’aime ce petit bonhomme.

Il faut te dire que Victor existe, il est là, avec moi. Quand je parle de lui, c’est comme si je racontais les histoires d’un copain. Quand j’écris » les premiers jets des strips, je suis en mode « oral », je m’enferme dans mon atelier et j’enregistre les dialogues au dictaphone. La transposition du langage oral, au mot pour mot, donne à la lecture un réalisme et une fluidité qui fait que Victor en devient presque palpable. J’affine ensuite les dialogues  en mode « papier ». Mes gags sont tous découpés en 6 cases. quand j’écris les 5 premières je sais toujours pas comment je vais chuter en case 6. Pour cette chute je me mets à la place de Victor en me demandant ce qu’il pourrait bien dire ou faire de plus inapproprié dans la situation présente, en général l’esprit de Victor se fait pas attendre trop longtemps et la réplique « à coté-de la plaquesque » arrive d’elle même, comme une évidence, mais jamais là où le lecteur pourrait l’attendre. En somme, je me fais surprendre moi même par ses réactions, c’est ce qui me donne l’énergie d’écrire : la curiosité se savoir ce que va faire ou dire Victor !


Voilà donc le secret de Victor : il existe et Diégo ARANEGA l’a rencontré.


Victor c’est aussi un peu d’un de ses copains qu’il a connu aux Beaux Arts. A la différence près que celui-ci avait conscience des plans loose dans lesquels il se fourrait. “Je me suis demandé ce que donnerait en BD un héros qui aurait la loose, qui n’en aurait aucune idée et qui pour le coup aurait une confiance en lui à l’épreuve des balles. Victor vit sur sa planète. Il a cette capacité à ne jamais se comparer aux autres. Un jour, un érudit est venu à une dédicace et m’a appris qu’un psychologue des années 60 avait décrit des profils psychologiques comparables à celui de Victor, ces personnes ne souffraient  d’aucun complexe puisqu’elles ne se comparaient jamais aux autres, C’est là qu’est la force de Victor : il positive toutes les situations.


Victor vit dans sa bulle, mais au milieu des autres, ce n’est pas un autiste. Au début de la BD, les autres personnages ne savent pas s’ils ont affaire à un taré ou à un As du second degré, mais Victor, lui, il sait pas que le second degré existe, par extension il sait même pas que les degrés existent : il vit sa vie au rez-de-chaussée du premier sans jamais se poser de questions là-dessus. Au final avec son déterminisme et sa confiance en lui , Victor se fait accepter tel qu’il est, c’est une sorte de succès story par la loose.

Bon, il m’a aussi avoué qu’il y avait une part de lui dans Victor. Par respect pour sa vie privée,  je ne vous en dévoilerai pas plus, libre à lui de vous le dire le jour où vous le rencontrerez. Ce que je peux en dire c’est que Diégo a longtemps consulté et au bout d’un moment, il en est venu à jouer un rôle et dire n’importe quoi à son psy “juste pour écouter les conneries qu’il pouvait me sortir. Ça aussi, ça a beaucoup alimenté la BD. (rires)”

Et sinon, tu vas le martyriser encore longtemps comme ça notre pauvre Victor ?

Mais je l’aime mon Victor ! Quand je raconte ses aventures, j’ai vraiment l’impression de parler d’un bon copain.” Cet amour pour son personnage se ressent effectivement quand on lit les albums : quelles que soient les situations, on ne tombe jamais dans le pathos, Victor n’inspire pas la pitié et au contraire, on est gêné par l’attitude de ceux qui se moquent de lui.

Et ce tome 4 c’est pour quand ?

Je viens de finir Casiers Judiciaires et je vais bientôt  pouvoir me concentrer sur l’écriture du tome 4 . Ce sera un album un peu à part puisqu’il s’agira d’un flash back. Dans la première case on y verra Victor chez son psy, celui ci prononcera un mot qui propulsera Victor dans une faille spacio-temporelle  et  il se retrouvera coincé dans les eighties, au collège avec la peau grasse et des cheveux ! (rires). Sauf que là, y’aura pas internet, pas de Google ! Alors sera obligé de chercher les réponses à ses questions comme il pourra. (D’après sa bio sur Wikipédia, ça devrait s’appeler Total flashback. Vivement bientôt).


Finalement, il m’a rendu mon livre avec une bien chouette dédicace (”Sur le tome 1 j’ai l’habitude de faire Victor en indien parce que c’est le seul des Village People qui n’apparait pas sur la couverture“) mais aussi… des “points fidélité Diégo ARANEGA“.

Ça sert à quoi?  “Je me suis réapproprié le concept de fidélité que les marchands de lessive ont galvaudé des années durant, je promets pas de cadeaux en échange de mes points, juste de la fidélité, un pur sentiment quoi. Plus t’en auras, plus ça prouveras que tu m’es fidèle (rires)”.

Une rencontre inoubliable pour moi et un vrai moment de plaisir pour lui (enfin, c’est ce que j’ai cru comprendre) : j’ai vraiment senti toute la sympathie qu’il avait pour son anti-héros looser vainqueur. Une rencontre comme j’en aimerais plus souvent. Diégo, tu veux pas être mon ami steup ?

Discussion

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