Mangas

Nodame Cantabile

Informations complémentaires

  • Dessinateur : Tomoko Ninomiya
  • Editeur : Pika
  • Genre : musique et romance
  • Collection : shôjo
  • Nombre de planches : 183
  • Date de publication : janvier 2009 (en France)
  • ISBN : 978-2-84599-994-7
copyright Tomoko Ninomiya / Pika editions 2009

copyright Tomoko Ninomiya / Pika editions 2009

Une des particularités de l’univers des manga est d’être découpé en « secteurs », on pourrait dire en « marchés ». Il y a par exemple les mangas pour garçons, pour filles, pour adultes, pour fans de sport, etc… Ceci n’empêche pas la créativité des auteurs de s’exprimer, mais cela provoque un découpage du marché qui est parfois difficilement compréhensible pour les amateurs de bande dessinée franco-belge.

Nodame Cantabile est tout à fait un « manga de genre » : comme il y a des manga sur des apprentis cuisiniers (Yakitate ! Japan), sur des sommeliers, Nodame Cantabile touche au monde de la musique classique. Shinichi Chiaki est un élève extrêmement brillant de l’académie de musique Momogaoka. Touche-à-tout, il maitrise de nombreux instruments ; son rêve, cependant, est de devenir chef d’orchestre et de suivre les cours dispensés à Vienne par le maestro Sebastiano Viera, qu’il a rencontré dans son enfance lorsqu’il accompagnait son pianiste de père dans ses tournées.

Problème : dans ses voyages de jeunesse, Shinichi est resté traumatisé par un incident de vol. Il a aussi connu des déboires lors d’une croisière. Tout ceci fait qu’il ne peut quitter le Japon, terrifié à l’idée de prendre le bateau ou l’avion ! Cela se ressent sur son humeur : hautain, cassant, jugeant indignes de lui les autres étudiants de l’académie, il est sur une mauvaise pente lorsqu’il claque la porte de son professeur de piano qui a eu la mauvaise idée de railler son rêve de diriger un orchestre. Ajoutez à cela que son ancienne petite amie, une étudiante ténor de grand talent, fricote avec un étudiant pianiste qui a obtenu une bourse pour Vienne et vous comprendrez que Shinichi se pose des questions…

C’est dans cet état d’esprit qu’il va « entrer en collision » avec le tourbillon Nodame. De son vrai nom Megumi Noda, cette étudiante atypique de l’académie trouve un soir Shinichi sur le pas de sa porte, endormi après avoir trop bu. Et pour cause : ils sont voisins même s’ils ne se connaissent pas encore ! Lorsque Shinichi se réveille, c’est au son d’une magnifique mélodie au piano… au milieu du tombereau d’immondices qu’est l’appartement de Nodame ! Et quand celle-ci se retourne vers lui en lui demandant s’il se souvient de la nuit dernière, Shinichi n’a qu’une solution : prendre la fuite Néanmoins, il ne peut s’empêcher de reconnaître les qualités d’interprétation de Nodame…

Nodame Cantabile est un manga qui « accroche » son lecteur et lui fait découvrir de nouveaux horizons musicaux

Nodame Cantabile est donc un manga sur la musique classique, mais pas seulement. Tout en respectant le cahier des charges du « manga de genre », Tomoko Ninomiya varie les styles : amour, humour débridé, il y en a pour tout le monde et tout le monde y trouvera son compte ! Si le graphisme n’a rien d’extraordinaire, loin de là, il reste néanmoins très lisible et agréable. Le propos sait ne jamais verser dans le niais ou l’eau de rose et reste d’une bonne tenue globale.

Mais le principal intérêt de Nodame Cantabile, c’est cette découverte de la musique classique. Si, comme moi, vous pensez être réfractaire à ce genre de musique, essayez ce manga. Tomoko Ninomya sait véritablement transmettre sa passion et le manga gagne encore un peu à être lu en écoutant les musiques interprétées par les différents protagonistes. Nodame Cantabile est un manga qui « accroche » son lecteur et lui fait découvrir de nouveaux horizons musicaux. Si vous aimez déjà la musique classique, Nodame Cantabile devrait vous convenir, tant il est juste. Si vous n’aimez pas ou ne connaissez pas encore le classique, ce manga est la porte d’entrée parfaite vers ce monde !

copyright Fuji TV 2007

copyright Fuji TV 2007

A noter que, Japon oblige, le manga a été décliné sur plusieurs supports : l’anime, bien entendu, mais aussi le drama, avec Ueno Juri dans le rôle de Nodame et Tamaki Hiroshi dans celui de Shinichi Chiaki. Je vous conseille d’ailleurs ce drama, les deux acteurs sont parfaitement dans leurs rôles et la série est hilarante de bout en bout, sans compter que là, on a le son et donc on peut profiter directement des œuvres interprétées.

Le manga est à tel point juste et utile à la popularisation de la musique classique que des « concerts Nodame » ont été organisés : un vrai orchestre, dans une vraie salle, reprend pour le public un certain nombre d’œuvres présentes dans le manga ; ludique et pédagogique, l’initiative a fait salle comble à chaque fois ! Et pour avoir eu la chance d’assister à l’un de ces concerts dans la région d’Osaka, je peux vous dire que le succès était assuré et que je ne regarde plus le classique comme avant…

copyright Fuji TV 2007

copyright Fuji TV 2007

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Discussion

3 commentaires pour “Nodame Cantabile”

  1. Je suis tout à fait d’accord. Ce manga est un vrai bol « d’air frais », truffé d’humour et de moments de vrai bonheur.
    Après sa lecture, on meurt d’envie d’écouter (ou réécouter) Beethoven et ses sypmhonies. Un pur plaisir !

    Posté par mimi65 | 21 février 2009, 18:02
  2. Pourtant, en franco-belge aussi il y a de la sectorisation. L’éditeur bamboo a une collection qui s’apelle « fille », c’est on ne peut plus explicite!

    Ca montre que la BD japonaise est plus axé marketing et gros sous que la BD franco-belge, en tout cas. La plupart des auteurs de manga ne prétendent pas faire de l’art, pour eux, c’est un travail comme un autre, un travail qu’ils ont choisi parce qu’ils aimaient raconter des histoires ( alors que les auteurs de franco-belge viennent à la BD par goût du dessin en général).

    Pas de prétention artistique comme en franco-belge, mais du divertissement commercial assumé. Et c’est ça qui manque en France, oû il y trop de snobisme et de pseudo-intellectualisme, que ce soit dans la BD, la littérature oû le cinéma.

    Posté par rr88 | 22 février 2009, 17:04
  3. rr88, je suis d’accord et en même temps je nuancerais un peu ton propos.

    Par exemple, pour la collection « fille » de chez Bamboo, il serait intéressant de savoir quand elle a été lancée. Si cela ne fait pas très longtemps, on peut justement voir l’influence du manga, à mon avis, qui a fait comprendre aux éditeurs de franco-belge que la sectorisation peut avoir du bon.

    Après, sur la question du divertissement commercial, bien sûr en manga, la base c’est « il faut vendre » sinon le manga disparaît des pages des magazines de prépublication. Mais cela n’empêche pas la dimension artistique. Par contre, c’est vrai que les mangaka avec de vraies prétentions artistiques sont plutôt dans « l’underground »…

    Merci en tout cas pour ton commentaire très intéressant !

    Posté par Xavier | 23 février 2009, 0:44

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