BD Franco-Belge

La confrérie du crabe

Informations complémentaires

  • Titre de la série : La confrérie du crabe
  • Scénariste : Mathieu GALLIE
  • Dessinateur : Jean-Baptiste ANDREAE
  • Editeur : Delcourt
  • Genre : Fantastique
  • Nombre de planches : 46
Copyright Delcourt 2007

Copyright Delcourt 2007

Ça, je le lui avais bien dit, au petit nouveau. Ici, c’est pas un hôpital comme un autre. Tous les enfants ont été envoyés ici pour la même raison : se faire désencraber par les médecins. Parait que ce sont les meilleurs dans le domaine. Mais moi je sais bien ce qui se passe en réalité. Les bouts de crabe que les docteurs nous enlèvent, ce n’est pas tant pour nous sauver. Non. S’ils les récupèrent c’est pour les assembler, les rassembler, les remonter, les coudre, les souder. Et le faire revenir, Lui, l’Horrible, l’Indicible, l’Innommable, l’Inconcevable. Celui qui mangera le monde.
Alors quand on s’est réveillé tous ensemble dans cette grande bâtisse au lieu de roupiller sur le billard, j’ai bien compris qu’on Lui avait été jetés en pâture par les médecins. Tout ça parce qu’on sait. Parce qu’ils craignent notre Confrérie du Crabe.

Hommage à la Hammer

La confrérie du crabe est vraiment une série atypique à bien des égards.

Par son histoire tout d’abord. Signée GALLIE (Algernon Woodcock, Contes des Hautes Terres), elle met en scène une bande de gamins transportés lors d’une intervention médicale dans un monde aussi bizarre qu’étrange peuplé de monstres fantastiques.
Que font-ils tous là ? Comment sont- ils arrivés ici ? Est-ce le rêve de l’un d’entre eux ou une réalité alternative ?
GALLIE ne pose pas la question et n’avance même aucune forme de réponse. Après avoir présenté les protagonistes, il les plonge dans un monde totalement nouveau, irréel et dangereux peuplé de monstres mythiques.
En effet, ce ne sont pas n’importe quels montres qui veulent croquer nos héros mais bien les mythes des années 30, ceux qui s’agitaient en noir et blanc dans les cinémas de l’époque. Vampires, loup-garous, succubes, zombies, ils sont tous là. Et la série prend alors toute sa saveur, celle d’un hommage vibrant aux légendes de la Hammer.

Copyright Delcourt 2008

Copyright Delcourt 2008

L’hommage se poursuit dans les dessins de ANDREAE (Jean-Baptiste de son petit nom, responsable de bien jolies choses telles que, tiens, Mangecœur ou Terre Mécanique déjà avec GALLIE).
Soucieux de coller au mieux à l’esprit insufflé par le scénariste, il a repris les traits des grandes figures de l’époque. Le vampire ressemble comme deux gouttes d’eau à Max Schreck dans le rôle de Nosferatu, le savant fou  a tout de Colin CLIVE alias le Dr FRANKESTEIN et Michael J. Anderson est parfaitement reconnaissable. Les connaisseurs apprécieront. Et si le doute subsiste, les répliques confirmeront les références aux derniers réfractaires.
Outre son habileté au crayon (les fiancées du vampire sont un monument d’érotisme), ANDREAE est aussi connu pour ses magnifiques peintures.
Usant de pastelles tour à tour chaudes ou glaciales, il peint ses décors avec des couleurs diluées et dégradées pour donner une ambiance éthérée et vaporeuse à ce monde étrange.
Le travail est remarquable et chaque planche est une œuvre à elle toute seule.
Après quelques recherches sur son blog, il semble que le dessinateur travaille à l’encre et à l’acrylique, d’où cet aspect liquide des teintes.

Hommage au cinéma de genre, intelligence de l’écriture, envolée des dialogues, beauté des décors, la Confrérie du Crabe accumule les qualités et il serait vraiment dommage de passer à côté de ce conte fantastique.

Discussion

Aucun commentaire pour “La confrérie du crabe”

Poster un commentaire