Mangas

Rookies

Informations complémentaires

  • Nombre de tomes : 24 (série complète)
  • Dessinateur : Masanori Morita
  • Editeur : Tonkam
  • Genre : sport, vie lycéenne
  • Collection : Shônen
  • Date de publication : 2002-2004 (en France)
copyright M. Morita/Tonkam 2002

copyright M. Morita/Tonkam 2002

Rookies (« les débutants ») est une série qui me tient à cœur. Il m’a donc fallu assez longtemps pour me décider à en faire la chronique. Du coup, je risque d’être assez long et je m’en excuse par avance : la lecture sur Internet n’est pas ce qu’il y a de plus agréable… Mais je ne peux décemment faire plus court !

C’est la seconde série du mangaka Masanori Morita, après Rokudenashi Blues (édité en France sous le titre Racailles Blues par la défunte collection manga de J’ai Lu). Il a fait ses premières armes dans le manga en tant qu’assistant de Tetsuo Hara, le légendaire dessinateur de Ken le Survivant (Hokuto no Ken) entre autres. Certaines thématiques, certaines postures physiques que l’on retrouve dans Rookies (mais aussi Racaille Blues) s’expliquent sans doute de cette manière.

Le pitch de la série est assez simple : après un incident violent pendant un match de base-ball comptant pour le Kôshien (tournoi estival de base-ball lycéen suivi à la télé par tout le Japon, une institution !), le club de base-ball du lycée Futago-Tamagawa est suspendu de toute compétition pendant un an. Les élèves de dernière année de lycée savent que leur rêve du Koshien s’est définitivement envolé et quittent le club. Ce dernier devient alors le repaire de voyous sous la direction du charismatique Aniya, qui se moquent bien du base-ball et qui profitent du local pour y fumer, y jouer au mah-jong, y entreposer leurs rapines et y inviter des filles… A l’exception de Mikoshiba, qui s’accroche toujours à son rêve de participer un jour au Kôshien, mais qui est pour l’instant le souffre-douleur de la bande.

Tout cela va changer avec l’arrivée dans le lycée d’un jeune professeur atypique, Kôichi Kawato, qui va tenter de « récupérer » ces jeunes. Kawato est jeune, naïf, dynamique, résolu mais gaffeur, et surtout plein de bonne volonté, même s’il a fait des erreurs par le passé.

copyright M. Morita/Tonkam 2003

copyright M. Morita/Tonkam 2003

Rookies est à la frontière entre plusieurs genres bien codifiés du manga : le manga de sport (et plus précisément de base-ball, qui reste le sport le plus populaire au Japon) qui exalte le goût de l’effort et du dépassement de soi ; le manga de « racailles » qui montre les liens de solidarité, d’amitié, de respect et d’honneur propres à ces bandes de jeunes ; le manga « éducatif » (genre Gokusen), où l’auteur s’emploie à montrer que ces voyous ne sont pas de mauvais bougres mais qu’ils sont juste perdus et que l’attitude méprisante de bon nombre de professeurs ne peut aider à remonter la pente. L’équilibre était d’ailleurs ardu à obtenir, mais force est de constater que Masanori Morita s’en tire à merveille.

On pourrait en fait découper Rookies en trois « périodes » bien distinctes. Dans la première, Kawato va s’employer à gagner la confiance des membres de cette bande, en leur montrant qu’il les respecte, qu’il est sincère à la différence des autres adultes qu’ils connaissent et qu’ils doivent poursuivre leur rêve, quel qu’il soit. Ainsi Kawato s’échinera à faire accepter Wakana dans le club de football, même s’il sait que du coup il n’aura plus assez de joueurs pour son club de base-ball, sans savoir que Wakana lui avait dit vouloir faire du football uniquement pour être tranquille.

Dans la seconde partie, Kawato a réussi à faire enfiler le maillot de l’équipe de base-ball à toute la bande, mais maintenant il faut s’employer à faire d’eux une vraie équipe. C’est l’occasion pour lui de leur faire comprendre que le base-ball est un sport d’équipe, lorsque Aniya, le lanceur « beau gosse », tente de gagner un match à lui tout seul parce qu’il pense qu’il est le seul vrai joueur de l’équipe.

Dans la troisième partie, c’est la route vers le Kôshien qui débute véritablement. Mais encore une fois, le chemin sera parsemé d’embûches : la réputation de violence du club de base-ball de Futago-Tamagawa est ancrée dans tous les esprits et Kawato et son équipe devront tout faire pour montrer qu’ils ont changé.

Masanori Morita ne réalise pas seulement un manga fortement orienté vers le sport lorsqu’il réalise Rookies. Ce qui frappe tout d’abord, c’est son traitement graphique de cette histoire : résolument réaliste (même si bon, des lycéens comme ça, il n’y en a pas forcément beaucoup !), il donne à ses personnages une expressivité faciale fantastique, qui rendent leurs émotions transparentes au lecteur, qui n’a ainsi pas de mal à s’identifier à eux. Mikoshiba est plein de bonne volonté mais parfois un peu faible et les larmes lui viennent souvent aux yeux. A l’opposé, Shinjo, le gros dur, la montagne pourrait-on dire, a un visage de pierre ; ses émotions sont donc encore plus frappantes lorsqu’elles s’expriment. Et ne parlons pas de Hiratsuka, le crétin de la bande, persuadé qu’il est un génie du base-ball, ses mimiques sont tout bonnement irrésistibles. Tous ont une personnalité bien marquée, même les personnages secondaires, et si les trois figures proéminentes sont sans conteste le professeur Kawato, Aniya et Mikoshiba, on s’attache sans problème à tous les personnages. D’autant que le rythme du récit est enlevé, sachant être sérieux sans tomber dans le mélodrame à outrance, et que les passages comiques sont nombreux sans alourdir la narration.

copyright M. Morita/Tonkam 2004

copyright M. Morita/Tonkam 2004

Certes, Rookies a quand même des défauts. Masanori Morita cède par moments un peu à la facilité, notamment dans cette scène où des lycéens loubards envahissent le lycée pour se « bastonner » avec les membres de l’équipe de base-ball qu’ils croient être toujours des loubards eux aussi. On frôle carrément le ridicule dans cet épisode dont Masanori Morita aurait pu se passer, mais où il faut peut-être voir un lien avec Racaille Blues. Les matchs de base-ball peuvent parfois paraître un peu long, mais cela est un défaut que Rookies partage avec de nombreux manga de sports (ah, les terrains de 30km de long d’Olive et Tom, où il fallait 3 épisodes pour aller d’un but à l’autre !). L’accumulation de péripéties peut aussi parfois sembler un peu artificiel, mais il est vrai que l’auteur est forcé de recourir à ce genre d’artifice pour faire rebondir l’action. Peut-être aussi les discours un peu trop moralisateurs et idéalistes de Kawato, par moments, mais là c’est peut-être nous lecteurs qui sommes un peu trop matérialistes et désabusés…

En tout cas, ces légers défauts n’entachent pas le plaisir qu’on a à suivre Kawato et son équipe tout au long des 24 volumes de la série, qui se conclut d’ailleurs pour moi d’une manière très intelligente (c’est toujours un écueil dans les manga de sport) mais ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus !

Évidemment, succès aidant, Rookies a été adapté en feuilleton télévisé, dans une version qui mérite qu’on s’y attarde quelques instants.

Tout d’abord, les scénaristes ont su expurger l’histoire de tout ce qui ne tiendrait pas en 12 épisodes tout en conservant tous les moments-clef du manga. L’histoire est donc fidèle, même si les fans sauront pointer les différences. A noter qu’au moment où j’écris, la série n’est pas vraiment terminée puisqu’un film doit sortir le 30 mai sous le titre « Sotsugyô » (diplôme).

Autre excellent point, les acteurs : le choix a été particulièrement judicieux puisque bon nombre d’entre eux partagent une réelle ressemblance physique avec les personnages de papier. Mention spéciale à Kawato, Aniya, Sekikawa ou encore Wakana ! Les acteurs sont bons, pour la plupart de « vieux routiers » de ce genre de production. Rookies fait alors tout de suite penser à Waterboys (le film et les séries), dans cette exaltation de la vie

copyright M.Morita/TBS 2008

copyright M.Morita/TBS 2008

lycéenne, des défis à relever et de la camaraderie. Seul petit bémol, là encore, les monologues de Kawato, parfois un petit peu longs et forcément difficiles à mettre en scène de manière dynamique. Mais Rookies reste une série TV qui ne trahit pas son modèle et qui fait passer un excellent moment ! Il est bien dommage qu’aucun éditeur vidéo ne se lance dans le sous-titrage et la vente en France de bon nombre de ces séries TV japonaises, qui soutiennent sans problème la comparaison avec leurs homologues américains.

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Discussion

Un commentaire pour “Rookies”

  1. Hello,

    Cette série est vraiment génial :D

    Posté par Oyo | 21 avril 2009, 16:19

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