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The Goon – Chinatown

Informations complémentaires

  • Titre de la série : The Goon
  • Titre du tome : Chinatown
  • Dessinateur : Eric Powell
  • Editeur : Delcourt
  • Genre : action/horreur/fantastique/humour, et encore, j'ai pas tout mis !
  • Collection : Contrebande
  • Nombre de planches : 110
  • Date de publication : janvier 2009
  • ISBN : 978-2756017228
copyright E. Powell / Delcourt 2009

copyright E. Powell / Delcourt 2009

Enfin ! Depuis longtemps les fans du Goon attendaient de savoir ce qui s’était passé à Chinatown. C’est désormais chose faite avec ce tome 6 des aventures du Goon par Eric Powell. Et croyez-moi, vous ne serez pas déçus du voyage !

Mais auparavant, un petit point sur le Goon est nécessaire, pour ceux qui n’auraient pas encore commencé la lecture de cette fantastique série. Le Goon est le surnom de l’homme de main de Labrazio, fameux chef de gang qui domine la ville. Il doit sans cesse régler les problèmes de territoire, de « contribution de protection », etc… Bref, à première vue, pas un individu très recommandable. D’autant qu’il est flanqué de son acolyte Franky, sorte de nabot vicieux dont la technique de frappe préférée est le « couteau dans l’oeil ! », tout un programme…

Pour autant, le Goon et Franky ne sont pas non plus des caractères monolithiques. Le Goon a été recueilli par Labrazio après que celui-ci se soit réfugié dans le cirque où le Goon et sa tante Kizzie vivaient et travaillaient. Après la mort de Kizzie, le Goon quitte le cirque, bien décidé à tailler son chemin dans la vie. Franky, lui, voue une admiration sans bornes au Goon, puisque c’est ce dernier qui l’a aidé à affirmer son caractère et à ne plus être la victime de brimades de la part de ses camarades d’école. Avant le Goon, Franky n’étaient en fait qu’une chiffe molle. Bien sûr, tout cela est encore plus complexe en vérité, mais je ne peux en dire plus sans gâcher votre plaisir de lecture.

Le Goon et Franky font juste ce qu’ils peuvent pour s’en sortir dans ce monde difficile. Imaginez, en plus des autres clans de mafia, le Goon doit composer également avec le fait que les vampires, les loups-garous, les morts-vivants, les savants fous et autres monstres, ça existe ! Comme les malédictions ou la magie, d’ailleurs, sans oublier le FBI bien sûr. Alors non, la vie n’est pas spécialement facile pour le Goon et Franky. Ca ne les empêche pas pour autant d’être un peu les protecteurs du quartiers et que les habitants les en remercient. Oh, pas uniquement par bonté d’âme, hein ! C’est aussi bon pour le commerce… Mais le Goon sait s’attacher la fidélité de ceux qui travaillent pour lui et si certains sont tentés de passer à la concurrence, ils en paieront le prix…

« Ce qui suit n’est pas drôle… »

Donc voilà, dans ce tome 6, vous en saurez plus sur cette tranche du passé que le Goon refuse toujours d’évoquer, à part à demi-mot avec Franky. Vous en saurez plus sur Isabella (et Lorna par voie de conséquence), sur les balafres du Goon et pourquoi il ne veut plus s’attacher à aucune femme…

copyright E. Powell / Delcourt 2005

copyright E. Powell / Delcourt 2005

Le style graphique d’Eric Powell ne change pas dans ce volume : noir/blanc/sépia, ambiance des vieux pulps des années 50, influences du cinéma d’horreur classique (Frankenstein, Dracula, la Hammer) assumées, ses personnages ont toujours des « gueules », comme dans un bon épisode de Dick Tracy de la grande époque. C’est gore sans concessions, mais pas de manière graphique. En exagérant un peu, on pourrait honnêtement dire que chaque goutte de sang est pensée et justifiée par le scénario.

Si la série se caractérise par un humour noir bien trempé qui ravit les amateurs de grincements de dents, Eric Powell vous prévient dans ce tome 6 : « Ce qui suit n’est pas drôle ». Et c’est vrai. C’est dur, c’est triste, presque pathétique par certains côtés, mais pas trace de l’humour des autres tomes. Et c’est tant mieux. De telles révélations ne pouvaient être traitées aussi légèrement que bien d’autres épisodes de la vie du Goon. Malgré cela, Eric Powell prouve qu’il ne perd rien en efficacité dans sa narration. Tous les plans sont pensés et s’enchaînent naturellement, ce qui fait qu’on dévore le tome à une vitesse folle, tant on veut savoir le fin mot de l’histoire. Ce tome 6 est un drame, magistral, qui prend aux tripes et ne les relâche plus.

En bref, Eric Powell ne déçoit pas dans la pourtant délicate révélation de certains pans du passé de son héros, bien au contraire. Le Goon y gagne encore en profondeur, en densité et en complexité psychologique. Ce tome était un passage obligé dans l’évolution du personnage du Goon et Eric Powell s’en tire avec tous les honneurs. Une lecture chaudement recommandée donc, même s’il est indispensable d’avoir lu les autres volumes de la série auparavant pour en goûter tout le sel.

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