Espions en costume contre vilains high tech
Le Colonel Nick FURY, chef du S.H.I.E.L.D, découvre que des supers vilains sont entrain de se rassembler et tenter une action d’envergure contre les USA. Puisque le Président a décidé de faire la sourde oreille, FURY monte une équipe de super-héros pour une mission secrète contre l’employeur de ces terroristes.
Un an plus tard, Luke CAGE est attaqué chez lui et laissé pour mort et New York est la cible d’une attaque suicide. Qui ? Et pourquoi ?
Vous saurez tout en lisant ce beau bouquin.
Que les espions en lycra lèvent le doigt
Derrière ce pitch improbable se cache en fait une des toutes meilleures maxi série de l’univers Marvel.
Si on en croit la préface, cette histoire serait née de celles, vraies, racontées par un espion d’une agence gouvernementale au petit BENDIS. Vérité ou coup marketing il n’en reste pas moins que les dialogues ou les situations sonnent juste et si on enlève les super pouvoirs, cette histoire pourrait être terriblement réelle.Le Président connaît ses ennemis mais préfère sacrifier des innocents sur l’autel de juteux contrats pétroliers. Une fiction vraiment ?
Qui plus est, elle se pose en préambule de la maxi série Civil War et est à l’origine du départ du S.H.I.E.L.D. du Colonel borgne.
Bendis est un des scénaristes les plus talentueux du moment dans l’univers Marvel et ailleurs. Auteur de polars noirs (Torso, Jinx, Goldfish), responsable des meilleurs moments de certains super héros (le run sur Daredevil Underboss) ou premier à décrire les coulisses des supers (Alias, Powers…) C’est lui qui a créée l’infirmière secrète des super héros blessés ou le fabricant des gadgets high techs des vilains. Ici, il nous explique comment Wolverine fait pour prendre l’avion avec son squelette en métal ou encore comment se déroule un interrogatoire sur l’héliporteur du SHIELD. Le scénariste prouve encore une fois qu’il a mérité tous ses prix.
Dans cette guerre secrète (à ne surtout pas confondre avec les guerres secrètes de 1984, au cours de laquelle Spider Man a reçu son costume noir), Bendis reste dans le mature et transporte les héros costumés dans le monde des missions illégales.
L’histoire est un régal à suivre, même si sa lecture se révèle assez difficile. En effet, le scénariste a choisi de dissimuler son histoire en utilisant des flashbacks sybillins au milieu d’une attaque d’envergure sur New York. Le résultat donne une intrigue dense dont il est impossible de prévoir le dénouement dès la première lecture. Et tout à coup, toutes les pièces du puzzle se mettent en place pour expliquer tous ces mystères savamment entretenus. Dès lors, une deuxième lecture s’impose pour apprécier toutes les subtilités et réorganiser les informations distillées par ce scénariste retors.
Ce thriller haletant, réaliste et brûlant d’actualité est transcendé par Gabriele DELL’OTTO, dont les peintures tranchent radicalement avec le style bondissant et flashy habituel de la Maison des Idées. L’association entre ces deux auteurs est tout simplement explosive.
Son trait réaliste et magnifique l’a immédiatement propulsé sur le devant de la scène avec cette série, le rendant « instantanément culte ». Utilisant tout l’espace qui lui est alloué, il nous gratifie de magnifiques peintures aux textures riches et palpables et nous offre de splendides et vertigineuses doubles pages dès que l’occasion se présente. Un véritable feu d’artifice.
D’ailleurs, même si vous n’achetez pas le bouquin, je vous conseille quand même de le feuilleter, juste par curiosité pour découvrir le splendide travail de l’artiste. Ses peintures, sa redéfinition des costumes, ses cases explosives méritent sinon d’être lues au moins d’être vues. On a rarement vu ça dans un comic book mainstream.
Outre tous les chapitres de la série, le bouquin compile en fin de volume des notes type « renseignement » sur certains héros envisagés pour la mission et annotées par FURY lui même (on y apprend par exemple que Hulk mesure 2 m 10 pour 468 kg), les couvertures originales, des esquisses de DELL’OTTO, des crayonnés choisis par le peintre, le découpage vu par BENDIS et d’autres surprises encore. Ces suppléments ajoutent une vraie richesse à un background général déjà bien dense.
Du bon, de l’excellent travail de l’éditeur qui ravira sans aucun doute possible les fans et les autres.
Vous allez dire que je fais encore des tonnes, que je tombe (encore) dans le dithyrambique obséquieux. Je répondrais simplement que BENDIS est un scénariste de génie qui à chaque série réinvente le monde des supers héros et que DELL’OTTO mérite amplement son statut.
Que vous ayez ou non grandi avec la mythologie Marvel, si vous aimez les thrillers adultes et complexes et les beaux dessins, lisez Secret War. De toute façon, lisez tout BENDIS, vous ne pouvez pas le regretter.
En attendant d’acheter le bouquin ASAP comme on dit, visitez déjà le site officiel de BENDIS et admirez les belles images de DELL’OTTO.
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