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Fables

Informations complémentaires

  • Nombre de tomes : 7 pour le moment, série en cours
  • Scénariste : Bill Willingham
  • Dessinateur : Lan Medina puis Mark Buckingham
  • Editeur : Panini Comics
  • Genre : fantastique
  • Collection : Vertigo

copyright B. Willingham / Panini comics 2009

copyright B. Willingham / Panini comics 2009

Vous connaissez tous le Petit Chaperon Rouge, Barbe Bleue, le Chat Botté, Blanche-Neige, Pinocchio, Mowgli et autres personnages de contes, popularisés pour bon nombre d’entre eux par Walt Disney. Mais… et si ces personnages existaient vraiment ? Et qu’ils vivaient à nos côtés tout en se dissimulant pour ne pas attirer notre attention ?

C’est le postulat posé par Fables, magnifique série de comics créée par Bill Willingham au scénario et de nombreux auteurs de talent au dessin. Les Fables sont en effet venus se réfugier dans le monde des humains normaux suite à l’invasion de leurs différents royaumes par l’Ennemi, mystérieuse menace dont les légions de gobelins et de démons ont déferlé sur les Terres Magiques. Ils ont opté pour des règles de vie commune, en faisant table rase des différends qui les opposent. Bien entendu, le secret est de mise, notamment pour les nombreux Fables qui n’ont pas forme humaine (pensons aux personnages du Livre de la Jungle, par exemple). Leurs résidences sont protégées par de nombreux sortilèges de dissimulation et de protection. Et même s’ils rêvent du jour où ils pourront reconquérir leurs domaines, la plupart se sont accommodés de leur vie « humaine ».

Le calme est cependant précaire et les Fables ne sont pas assez naïfs pour ne pas entretenir une surveillance étroite des moyens d’accès du monde des humains, au cas où l’Ennemi aurait envie de s’y aventurer lui aussi. D’ailleurs, cela ne tarde pas et le premier assaut prend la forme de poupées de bois qui ressemblent étrangement à Pinocchio ! Cela voudrait-il dire que Gepetto est toujours vivant et qu’il est forcé par l’Ennemi de produire une armée de pantins animés ? Cette attaque va aussi provoquer des bouleversements politiques au sein de la communauté des Fables, puisque le nouveau maire ne sera autre que le Prince Charmant !

Ce tome 7 de la série voit Boy Blue, fidèle adjoint de l’ancien maire, disparaître de Fableville en emportant de précieux objets et s’enfoncer en territoire ennemi, à la recherche de l’Empereur, qu’il est bien décidé à abattre. Il va cependant avoir une énorme surprise : l’Empereur n’est pas celui qu’il pensait ! Tout ce tome jouant sur cette quête et cette révélation qu’il m’est impossible de vous en dire plus sur le scénario, malheureusement. Sachez cependant qu’à l’instar des volumes précédents, Bill Willingham nous livre une histoire haletante et diabolique d’inventivité.

L’un des principaux attraits de la série Fable tient justement à cette réutilisation de personnages que tout le monde connait au moins par ses lectures d’enfance. Bill Willingham en fait des personnages modernes, avec une vraie psychologie, dépassant les stéréotypes des contes de notre enfance. Le Grand Méchant Loup en shérif de Fableville, Blanche-Neige légèrement névrosée en assistante du maire, le Prince Charmant en gigolo pique-assiette, Pinocchio en adulte aux envies charnelles contrariées par le corps d’un éternel enfant (merci la Fée Bleue !) tout cela vaut son pesant de cacahuètes, d’autant que tous disposent d’une psychologie fouillée et crédible. Le premier tome de la série se présente d’ailleurs comme une simple enquête policière, loin de la guerre contre l’Ennemi qui n’est qu’évoquée ; cela a l’avantage de faire rentrer le lecteur dans le monde des Fables sans le surcharger d’informations qui ne trouveraient de toutes façons leur explication que plusieurs tomes plus tard. Les tomes 2 et surtout 3 marquent en cela une transition dans la narration, où la guerre contre l’Ennemi va prendre la place centrale de l’intrigue.

copyright B. Willingham / Panini Comics 2007

copyright B. Willingham / Panini Comics 2007

Les dessinateurs qui se sont succédés sur ce titre, Lan Medina et Mark Buckingham, rendent tout à fait justice aux scénarii qui leur sont proposés, avec un vrai sens de la mise en scène et du travail des couleurs, oscillant toujours entre réalisme pur et dur et intégration du fantastique le plus radical, le tout dans un style assez éloigné des comics de super héros.

A noter un spin-off, Fables : 1001 nuits de Neige, qui voit Blanche-Neige agir en tant qu’ambassadrice officielle de Fableville auprès du Sultan des 1001 nuits, dans une réinterprétation de ce très célèbre conte arabe. Recueil de courtes nouvelles, confiées chacune à un dessinateur différent, il doit être considéré comme un « à-côté » de l’histoire principale, pour ceux qui voudraient en savoir plus (et ils auraient bien raison !) sur les Fables et la guerre contre l’Ennemi.

Fables est donc une de ces œuvres surprenantes, qui jouent avec les clichés et les stéréotypes pour mieux les détourner et les réaccommoder. On a plaisir à retrouver les personnages des contes de notre enfance, dans une narration plus adulte aussi bien sur le fond que dans la forme. Voilà un parfait exemple de la diversité du monde du comics, qu’on a encore trop souvent le réflexe d’associer à Superman ou Batman.

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