Illustratrice, modiste, journaliste freelance (notamment pour le magazine « Muteen »), Margaux MOTIN raconte sa vie de trentenaire dynamique sur son blog depuis début 2008. Repérée par MARABOUT, la voilà compilée dans J’aurais adoré être ethnologue. Il s’agit donc (encore une fois) d’un recueil d’illustrations précédemment postées sur un blog, dont certaines ont été un peu retouchées, et complété d’inédits.
C’est qu’elle en a des choses à dire la miss: trentenaire bien dans sa peau, fashion victime assumée, en ménage avec un geek, maman d’un petit bout envahissant…, ça en fait des idées de gags.
Classique? Pas vraiment car si les dessins, quoique forts jolis, ne sortent pas de l’ordinaire, la manière d’aborder les choses change radicalement des autres productions pour fillasses. L’auteur ici se démarque par un style plein de verve et de dynamisme. Assumant pleinement sa vie, elle se met en scène dans des situations réellement drôles et bourrées d’énergie, sans jamais tomber dans le gnangnan ni la pleurnicherie féminine.
Mieux, prenant le contre-pied de l’idée qu’une fille c’est beau, ça sent bon et c’est glamour, Margaux entraine ses lectrices dans les coulisses des femmes pour montrer l’envers du décor: les poils, le gras, les masques au concombre. Mais pas que, il y a aussi les réveils en survêtement, les culottes de ragnagnas, les soirées bourrées et les toutes ces petites choses qu’elles ne se racontent qu’entre elles. Le mythe en prend un coup mais c’est tellement drôle.
Pour ne rien gâcher, le livre en lui-même est superbe: épais, beau papier, couverture rigide, c’est un plaisir de le tenir en mains et de le feuilleter.
Certes, on pourrait lui reprocher de surfer sur la vague des compiles de blogs féminins et de s’engouffrer sans vergogne dans la brèche ouverte par Pénélope BAGIEU. Mais la classer dans la catégorie « copiteuse-profiteuse » serait une grave erreur de casting. Par son énergie et sa fantaisie, sa vision décomplexée de la vie et son dessin subtil, Margaux MOTIN arrive à apporter de l’originalité dans un genre qui commence doucement à s’essouffler à force de déprime post-épilation et de gags convenus.
On dit qu’avoir de l’humour c’est savoir se moquer de soi. Dans ce cas, Margaux MOTIN a autant d’humour que de talent. Le bouquin est franchement marrant et s’il s’adresse prioritairement aux lectrices, les lecteurs handicapés par un chromosome Y et un surplus de poils peuvent sans problème se jeter (en douce) dessus.
[...] vous faites, la preuve au bout du lien (et là, j’avais mis l’adresse de la kronik de J’aurais adoré être ethnologue), vous seriez d’accord pour répondre à des questions? ». Et vous savez pas quoi? [...]