Tessa est une lycéenne comme les autres. Bon, ok, elle est casse-cou, tête en l’air, cœur d’artichaut et utilise plein de mots à la mode. Ah, ben oui, en fait, Tessa est une lycéenne comme les autres ! Sauf que…
Sauf que, depuis qu’elle est toute petite, elle rêve toutes les nuits d’aventures inter-galactiques. Et le pire, c’est que chaque nuit, son rêve semble reprendre au moment même où il s’était terminé la nuit précédente. Une nuit, cependant, elle va apprendre que ses rêves n’en sont pas : une créature à trois visages se matérialise dans sa chambre et l’emmène avec elle ! Elle doit en effet participer à un tournoi pour déterminer qui sera le 42e Agent Intergalactique. Car oui, ses rêves n’en étaient finalement pas : Tessa est bel et bien une A.I. ! Elle devra faire ses preuves, sous la direction de son llaron (mentor), le laminoxien Swidzernaïv. Et vu le caractère de la belle, ce n’est pas gagné…
Tessa Agent Intergalactique est donc une série de science-fiction, résolument placée sous le signe de l’humour. Les jeux de mots sont omniprésents et permettent aussi aux auteurs de placer leurs références culturelles. Lisez à l’envers le nom de Suhtt-Kalag, le dévoreur de mondes, par exemple, et si vous êtes in familier des comics Marvel, le clin d’œil ne vous échappera pas. Graphiquement de même, en parcourant attentivement les cases, on décèle des personnages venus d’autres séries. Le contexte, un univers aux races multiples, permet aux auteurs de laisser libre cours à leur imagination en termes de design de vaisseaux, de races aliens et de planètes étranges à tendance bizarres. Imagination influencée visiblement à la fois par la BD de type Valérian, les comics (Tessa est elle-même quelque part un super-héros) mais aussi les manga. Des séries télé du genre Star Trek, Babylon5 ou autres films de SF typés Star Wars, les influences du petit et du grand écran se font aussi sentir. Il y a pire comme références, d’autant que les auteurs parviennent à ne pas les laisser phagocyter leur narration ou leur univers visuel. Cela reste des clins d’œil et c’est très bien comme ça.
Soyons honnêtes : si les trois premiers volumes de Tessa se lisent sans déplaisir, ils restent tout de même assez « légers ». L’humour est parfois un peu trop potache et capillotracté et Tessa fait un peu partie de ces petits plaisirs honteux, de ces séries que l’on suit parce qu’on se marre bien mais qu’on ne cite pas dans les réunions de bédéphiles (à tort sans doute). Mais il faut bien avouer qu’avec la parution du premier tome de Tessa-42, le spin-off de la série s’attachant aux autres A.I., puis le tome 4 de Tessa, les choses ont évolué. L’humour reste très présent, les clins d’œil aussi, mais l’histoire avance enfin, les choses se complexifient et Tessa commence petit à petit à évoluer psychologiquement. Le tome 5, récemment sorti, confirme tout cela : l’ambiance est plus
sombre, Tessa doit faire des choix et peser les conséquences de ses actes. Et franchement, c’est plutôt agréable de voir cette évolution. D’autant que les sorties des autres tomes de Tessa-42 sont planifiées et promettent d’approfondir encore cet univers somme toute plutôt intéressant. Le fait que ces albums seront confiés à d’autres auteurs que ceux de Tessa Agent Intergalactique augure aussi du meilleur, les points de vue vont se multiplier et les deux séries vont pouvoir continuer à se construire l’une sur l’autre. Un peu sur le modèle récent des aventures de Spirou.
En résumé, il serait donc dommage de snober Tessa Agent Intergalactique au vu de ses 3 premiers tomes. Les tomes suivants promettent de vrais enjeux, posent de vraies questions et mettent plutôt l’eau à la bouche. Ca va vraiment devenir « intergalactique », si les auteurs tiennent le rythme. N’hésitez donc pas à vous laisser tenter par cette série très sympathique !
Tessa Agent intergalactique dispose en plus d’un blog régulièrement mis à jour par les auteurs et qui se trouve à cette adresse
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