Chii’s sweet home est un de ces OVNI bédéistiques que seuls les japonais semblent pouvoir réaliser pour le moment.
Jugez plutôt : un tout jeune chaton, Chii (prononcé Tchii), se promène avec sa mère et ses frères et sœurs dans un parc. Chii étant très tête en l’air, son attention est distraite par quelque chose, elle s’éloigne et… évidemment, se perd ! Elle est donc là à se désespérer, quand elle est découverte par un petit garçon Yôhei Yamada, et sa mère.
Prenant Chii en pitié, ils la ramènent chez eux, mais le règlement de leur immeuble interdit les animaux ; ils essaient donc de trouver à Chii un nouveau foyer, mais Yôhei s’attache à Chii et la séparation devient vite impossible. Les Yamada vont donc devoir trouver un nouveau logement, pour éviter de devoir toujours ruser pour cacher Chii.
Et Chii dans tout cela ? Eh bien, si au début elle cherche bien sûr à retrouver sa mère, elle va s’apercevoir rapidement que les Yamada sont un foyer accueillant et qu’il fait bon y vivre. C’est donc le début de sa découverte du monde, et on pourrait appeler ça « les tribulations de Chii ».
Vous allez fondre
Plutôt mince comme argument scénaristique, non ? Eh bien oui, mais franchement, ce n’est pas un problème ! Après tout, il s’agit ici de vie quotidienne ; le découpage en petits chapitres, le rythme assez lent (mais pas trop), tout cela convient à la perfection au sujet. D’autant qu’au fur et à mesure de ses tribulations, Chii se fera de nouveaux amis, découvrira de nouvelles choses, autant d’éléments qui l’inscriront dans un contexte plus large, pas limité aux Yamada et à leur appartement.
Mais surtout, il faut avoir un cœur enrobé de béton armé et recouvert d’acier blindé pour rester insensible aux mimiques de Chii ! Konami Kanata, l’auteur, utilise un trait simplissime mais qui lui permet toutes les fantaisies possibles. Il faut voir les yeux de Chii s’agrandir quand la bouteille de lait sort du frigo !! C’est simple, Chii est aussi craquant qu’un véritable petit chaton.
Une friandise pour tous les âges
Le tour de force de Konami Kanata est d’avoir fait de Chii’s sweet home une œuvre craquante mais jamais gnangnan, jamais infantilisante. Il y a des fois c’est un peu triste, d’autres fois complètement loufoque, naïf, exubérant… Bref, comme un chat peut l’être ! Du coup, c’est une lecture accessible à tous, hommes, femmes, enfants, jeunes, vieux, avec ou sans animaux à la maison.
Bien sûr, les adultes liront Chii comme un plaisir un petit peu coupable, ce chocolat chaud bu un soir d’hiver au coin du feu alors qu’on a encore du boulot. Et alors ? Franchement, Chii pourrait personnaliser à elle seule l’expression « un peu de douceur dans un monde de brutes » ! Chii, c’est un vraiment moment de bonheur.
Si la parution de Chii’s sweet home se fait en noir et blanc dans le magazine qui le publie, la version reliée (un « tankôbon ») est entièrement colorisée. Et là encore, c’est une réussite ! Toute en tons pastels marqués mais doux, cette colorisation apporte un vrai plus à Chii.
7 tankôbons sont maintenant parus au Japon, pour une série qui a commencé en novembre 2004. Le rythme de parution n’est donc pas effréné, et c’est tant mieux. Evidemment, un tel sujet se prête à merveille au passage en version animée, et c’est ce qui a été fait. Deux saisons de 104 (!) épisodes ont été réalisées, en 2008 et 2009, par le studio Madhouse. 104 épisodes, cela peut paraitre délirant, mais il faut savoir que chacun ne dure que 3 minutes environ. Il existe aussi un jeu d’aventure/virtual pet de Chii sur Nintendo DS (japonais uniquement).
Plus intéressant pour les lecteurs français, Konami Kanata a récemment indiqué sur son site internet que Chii allait être bientôt adapté en français !! Vu qu’il est déjà paru en espagnol (« El dulce hogar del Chi ») chez Glénat Espagne, c’est en toute logique chez Glénat France que Chii sera disponible. Ne le ratez pas !
En attendant, vous pouvez toujours aller faire un tour sur le site officiel (en japonais)
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