BD Franco-Belge

Bd et manga de S.F. se rencontrent à Kyôto !

Informations complémentaires

    Quand BD française et manga se rencontre, cela donne un superbe exposition à Kyoto... Xavier y était pour Kroniks.

copyright J-C. Mézières / Musée International du Manga 2010

Il y a de cela plus d’un an, je vous avais parlé du Musée International du Manga de Kyôto. C’est le moment de lui redonner un petit coup de projecteur, puisque très récemment s’y est déroulée une animation autour de la BD de SF française.

Le Musée n’a d’ailleurs pas traité le sujet à la légère : deux expositions et plusieurs conférences ont permis d’aborder le thème en profondeur. Les invités étaient aussi au rendez-vous : J-C. Mézières & P. Christin (Valérian), le scénariste J-D. Morvan (Sillage, le Petit monde, etc…) du côté français, Jirô Taniguchi (Icare avec Moebius, Seton, etc…) et Yoshikazu Yasuhiko (Gundam, Arion). Excusez du peu !! Pas de photos de l’intérieur du musée, vous devrez donc vous contenter de photos du mur de dédicaces situé dans le petit café attenant au musée. Comme vous le voyez, y a quand même de quoi se régaler les yeux !

Une des expositions était centrée sur l’univers de Valérian. Composée de reproductions de planches originales, ordonnées par année de publication, elle permet de suivre l’évolution graphique et thématique de la série. De nombreux exemplaires des aventures de Valérian et Laureline sont en libre accès. Il faut dire aussi que son univers jouit indirectement de la popularité du film Le Cinquième Elément (Luc Besson), puisque J-C. Méziers a effectué un très gros travail de recherche graphique pour le film. Cet aspect est aussi bien mis en valeur dans cette exposition.

Laureline, Valérian, Gundam, Ashita no Jô, une rencontre inédite !

La seconde met en parallèle les manga et les BD de SF, au travers d’une trentaine d’exemples, sur le principe de l’alternance : 1 manga, 1 BD. On y retrouve tous les grands classiques des deux catégories : Blame, Gunnm, Akira, Universal War One, Sillage, Le Complexe du Chimpanzé, etc… Là encore, de nombreux ouvrages sont à la disposition du public. Un choix éclectique mais très intéressant !

Soyons réalistes : la première des deux expositions intéressera surtout les visiteurs européens de passage, qui constitue une part non négligeable de la fréquentation du musée. La seconde sera plus familière aux visiteurs japonais, de par la présence des manga. Néanmoins, les deux expositions étant à proximité l’une de l’autre, les rencontres restent possibles et contribueront à familiariser la BD auprès du public japonais.

Côté conférences maintenant : je n’ai malheureusement pas pu assister à celle qui réunissait J-C. Mézières, P. Christin et J. Taniguchi. Je remercie donc Frédéric Toutlemonde, le rédac-chef d’Euromanga qui était sur place et qui m’en a livré la substantifique moelle. Même si le public a été un peu moins nombreux que prévu, la rencontre a porté ses fruits : Christin & Mézières ont parlé de leurs 40 ans de collaboration et ont offert au public nippon une approche quasi ethnologique de Valérian, insistant sur le fait qu’il n’y a pas de bons et de méchants à proprement parler, mais simplement des personnages dont les aspirations entrent parfois en conflit. La séance s’est clôturée sur un dessin de Laureline par Mézières et un autre de Taniguchi sur la série de SF qu’il dessine actuellement, où il a explicité le processus d’encrage et d’ombre aux évidentes inspirations BD.

Le lendemain, la salle était quasiment comble. Il est vrai que la venue de Yoshikazu Yasuhiko fait bouger les fans japonais, Gundam étant aussi ancré dans l’imaginaire nippon que peuvent l’être pour nous Tintin ou Astérix. La conférence était d’ailleurs retransmise en direct sur internet. Rencontre d’autant plus intéressante que Morvan et Yasuhiko appartiennent à des générations très différentes, Morvan étant de son propre aveu un véritable « enfant de la japanim », élevé au Goldorak grand teint. On sentait toute l’admiration de Morvan pour son homologue japonais.

Moebius, Monkey Punch... du beau monde on vous dit !!

Ce dernier ne se considère d’ailleurs pas comme un auteur S.F. à part entière, insistant sur le fait qu’il a créé d’autres séries, comme Jésus, Jeanne (toutes deux publiées chez Tonkam) ou Arion, mais qu’elles n’ont pas connu le même succès que Gundam. Il a insisté sur le caractère presque « anti-héros » de ses personnages, dans un monde où rien n’est ni tout blanc ni tout noir, faisant par là le pont avec l’univers de Valérian évoqué la veille. J.-D. Morvan est revenu quant à lui sur les différentes séries S.F. qu’il a initiées avec des auteurs japonais, comme par exemple le Petit Monde, avec Toru Terada (Dargaud).

Malheureusement, avec les impératifs de traduction français-japonais, la séance n’a pu se clôturer par la traditionnelle série de questions du public, mais Yasuhiko Yoshikazu nous a, à l’instar de Mézières la veille, gratifié d’une démonstration de sa technique de dessin et des codes manga qui la régissent, sur Gundam.

Une excellente initiative donc que celle du Musée International du Manga, pour une manifestation réussie. Espérons qu’elle soit un des jalons vers une meilleure connaissance de la BD européenne au Japon, et que des évènements de ce type se reproduiront bientôt !

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