Comics

Scott Pilgrim

Informations complémentaires

  • Titre de la série : Scott Pilgrim
  • Nombre de tomes : 6 en anglais (série complète) 4 en français (en cours de publication)
  • Titre du tome : (publication française, au 12 décembre 2010) tome 1 : Precious little life tome 2 : VS the world tome 3 : & the infinite sadness tome 4 : Gets it together
  • Dessinateur : Bryan Lee O'Malley
  • Editeur : Oni Press (USA) Milady (France)
  • Genre : indéfinissable
  • Nombre de planches : 150 à 200 en général
  • ISBN : (français) tome 1 : 978-2-8112-0323-8 tome 2 : 978-2-8112-0352-8 tome 3 : 978-2-8112-0418-1 tome 4 : 978-2-8112-0448-8

copyright Bryan Lee O'Mally / Milady 2010

Perplexe, je le suis. On a l’habitude, sur Kroniks.net, de publier des chroniques de nos coups de cœur, des lectures qu’on vous conseille. Et là, pour une fois, c’est plutôt moi qui vais vous demander, à vous lecteurs, votre opinion.

Scott Pilgrim me laisse en effet perplexe. Oh, j’ai lu les 6 tomes, en anglais puisque la parution française est en cours, et je verrai le film sans doute bientôt. Mais voilà : après lecture de Scott Pilgrim, je ne comprends toujours pas quel intérêt cette BD peut avoir.

Eliminons les possibles interférences : j’ai lu la série complète, donc à priori il ne me manque pas de « bout » d’histoire. Je l’ai lue en anglais, mais je pense avoir une maitrise suffisamment grande de la langue de Bruce Willis pour en avoir saisi les subtilités, y compris au niveau des références culturelles. Mais voilà, rien n’y fait, tout ce que m’évoque Scott Pilgrim, c’est un vide intersidéral.

Résumons l’histoire, pour ceux d’entre vous qui ne la connaitraient pas : Scott Pilgrim narre les aventures de… Scott Pilgrim (facile jusque-là), post-ado glandeur, joueur de basse dans le groupe Sex Bob-omb, et qui vit à Toronto.

Scott fait la connaissance de Knives Chau, une lycéenne d’origine asiatique, et décide de sortir avec elle. Mais voilà, dans ses rêves il voit une jeune femme en rollers et en tombe amoureux. Jusqu’au moment où il découvre que la jeune femme existe, qu’elle s’appelle Ramona Flowers et que si elle passe dans ses rêves c’est que ceux-ci sont connectés au sub-espace par lequel elle passe pour faire ses livraisons (elle travaille pour Amazon Canada)… Le truc, c’est que si Ramona n’est pas indifférente aux charmes de Scott, ce dernier va devoir battre en duel les 7 méchants ex-petits amis de Ramona avant de pouvoir officiellement sortir avec elle.

Le décor est planté, autour de ces deux personnages gravitent d’autres personnages bien typés, comme le coloc gay, les ex-camarades de classe, etc. Tout cela pourrait être d’une banalité affligeante s’il n’y avait pas ce sub-espace et le fait que Scott gagne des niveaux et des nouveaux pouvoirs quand il bat ses adversaires. Oui, là, c’est déjà nettement plus étrange.

Le style graphique est résolument « jeune », à mi-chemin entre manga et comics : très stylisé, avec une action très dynamique. Les dialogues sont dans la veine des teen-movies, les personnages font assaut de cynisme, de bons mots et de philosophie de vie.

Oui mais voilà : à aucun moment la sauce ne prend, en tout cas pour moi. Scott est plus une amibe qu’un être humain, difficile d’avoir plus de trois cases de discours cohérent en ce qui le concerne. Au début, c’est rigolo, rapidement, ça gonfle. Knives et Ramona ? respectivement la fan et la nana tourmentée, oui, bon, on a déjà vu ça 1000 fois en plus intéressant. Les ex de Ramona ? A chaque fois, un gros soufflet qui retombe : on a l’impression d’être devant un mauvais jeu vidéo, et le boss final (le 7e petit ami de Ramona) y ressemble aussi, un espèce de super-vilain imbattable par le héros sauf avec le concours de sa bien-aimée.

Les « sidekicks » de Scott sont aussi rapidement gonflants. A faire assaut de cynisme tout le temps, j’ai vite eu envie de leur conseiller de s’acheter une vie, parce que là, à part se morfondre sur des canapés ou dans des cafés en ironisant sur la vie, l’amour et la tenue de la rivale, bien rien, quoi.

copyright Bryan Lee O'Mally / Milady 2010

Comprenez-moi bien : je n’ai rien contre les personnages qui se laissent porter par la vie parce qu’ils ne savent pas quoi faire, qu’ils doutent. Ma chronique de « Celle que je ne suis pas » (par Vanyda) vous en convaincra sans doute.

Mais non, là, Scott Pilgrim, aucun déclic, juste de l’ennui. Et pourtant, j’ai lu tous les tomes, pour savoir justement quelle était la finalité de tout ça ! Ce n’est pas nul, hein, simplement je n’ai trouvé aucun intérêt à la lecture de cette série. Il y a des éléments sympathiques, Scott Pilgrim n’est pas une œuvre à « jeter », loin de là, mais voilà, pour moi ça n’a pas marché.

Du coup, je suis perplexe : ai-je affaire à un produit BD dont le succès repose totalement sur une fausse hype ? Suis-je passé à côté de quelque chose ? Les codes narratifs sont-ils déjà trop « jeunes » pour moi, sale vieux con trentenaire ? Auquel cas j’ai du mouron à me faire…

Alors voilà, du coup je vous pose la question : Scott Pilgrim, ça vaut quelque chose ?

Discussion

2 commentaires pour “Scott Pilgrim”

  1. T’es trop vieux, voilà tout … :-p

    Je ne me permettrais pas de critiquer cette série que je ne connais pas, mais à te lire ça ressemble à beaucoup d’autres qui n’existent que pour être vendues et rapporter de l’argent, pas parce que l’auteur veut nous faire partager ce qu’il a en tête … donc voilà peut être le but ?

    Posté par Loone | 28 décembre 2010, 16:05
  2. En fait, Loone, tu soulèves un point important : la motivation de l’auteur. Je pense que dans ce cas précis, il était honnête et voulait vraiment transmettre l’histoire qu’il avait en tête. Sinon il aurait fait plus que 7 tomes, après tout, il pouvait trouver une pirouette scénaristique pour prolonger la sauce.

    Non, là je crois Bryan Lee O’Malley tout à fait honnête dans sa démarche, simplement ça n’a pas « cliqué » avec moi.

    Posté par Xavier | 31 décembre 2010, 10:25

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