Le premier tome de Thermae Romae, dont je vous avais parlé dans les colonnes de Kroniks, était pour moi une des révélations manga de ces dernières années. Nous voici déjà rendu au tome 3, et l’impression demeure !
Nous retrouvons donc Lucius, notre architecte romain, toujours en proie aux déplacements temporels avec le Japon moderne. Si l’expérience est toujours aussi déstabilisante pour lui, il commence cependant à y prendre goût et à apprécier le Japon.
Il faut dire que la situation de Lucius à Rome a évolué : ses « innovations » l’ont fait connaitre et il est maintenant en relation de travail avec rien de moins que l’empereur en personne ! Si lui n’a pas changé d’attitude dans sa vie de tous les jours, sa notoriété lui a évidemment attiré des inimitiés, notamment au sein du Sénat romain, car certains sénateurs voient d’un mauvais œil cet architecte sorti de nulle part devenu proche de l’empereur…
C’est ainsi qu’il est envoyé en Campanie, dans la région de Bénévent, par un message officiel en provenance du Sénat. On aurait apparemment besoin de ses services d’architecte là-bas… Même si l’ordre le surprend, Lucius n’a d’autre choix que de s’exécuter et de partir séance tenante. Problème : la Campanie est loin d’être une région paisible et évidemment, il tombe sur des brigands, chose que les sénateurs à l’origine du message espéraient d’ailleurs.
Imaginez donc la surprise des brigands quand ils découvrent que leur dernière proie n’est autre qu’un architecte expert en bains… Pourtant, Lucius remarque que la région, volcanique, se prête tout à fait à son art (surtout depuis qu’il a découvert les onsen japonais) et entreprend de convaincre les brigands qu’ils sont assis sur un trésor… s’ils veulent bien se donner la peine de l’exploiter !
Évidemment, au cours de l’aménagement du site, Lucius trébuche et tombe à l’eau… pour en sortir à nouveau dans le Japon moderne, dans une station thermale. Là, il va découvrir tout le business qui entoure les sources, les restaurants, les boutiques de souvenirs… et les lupanars, et va bien entendu s’empresser d’essayer d’adapter tout cela à son époque.
C’est là tout le mérite de Mari Yamazaki : tout en continuant les allers retours entre l’époque romaine et l’époque moderne, elle sait faire évoluer son personnage principal, ses motivations, son entourage, évitant ainsi de s’enfermer dans un pur comique de répétition. Certes, chaque chapitre est l’occasion d’un voyage dans le temps, mais à chaque fois, les tribulations de Lucius sont aussi bien un jeu sur le décalage des époques qu’une réflexion sur les cultures romaine et japonaise du bain.
Il est vrai que le rythme de parution des aventures de Lucius n’a pas de comparaison possible avec celui des séries-phares du manga japonais. Tant mieux, cela laisse à Mari Yamazaki le temps de prendre son propre rythme, de fouiller ses personnages et de s’assurer que jamais la lassitude du procédé du voyage temporel ne s’installe.
Le public japonais ne s’y trompe d’ailleurs pas : les deux premiers tomes ont été un vrai succès et la parution du tome 3 a été l’occasion d’annoncer qu’un film (sur un scénario apparemment original) est déjà en cours de planification. Lucius y serait joué par ABE Hiroshi (que les fans de séries télé japonaises connaissent déjà avec Dragonzakura, par exemple), quant au personnage féminin principal (parce qu’il en faut bien un, d’où le scénario original), il serait tenu par UETO Aya, chanteuse et star du petit et du grand écran japonais. Pas de date encore, mais la production est apparemment assurée.
J’espère franchement que cette série parviendra en France rapidement. Il y a encore peu, j’aurais dit que c’était fort improbable, mais j’ai dit la même chose de Saint Onii-san et le premier tome français vient de paraitre ! Tous les espoirs sont donc permis… En attendant, si vous lisez le japonais, jetez-vous dessus !
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