A partir de maintenant, vous êtes tous sur Global Frequency.
Global Frequency est une organisation de sauvetage non gouvernementale fondée et dirigée par Miranda ZERO (et c’est le seul nom que vous aurez). Elle a pour mission de gérer les situations de crise partout dans le monde qui ne sauraient être résolues par des moyens conventionnels : prise d’otages, alerte à la bombe, soldat bionique fou ou satellite tueur déréglé.
Pour ce faire, Miranda ZERO a recruté plus de mille membres à travers la planète (mille et un membres pour être précis), chacun étant le meilleur dans sa spécialité : pirate informatique, détective, généticien, psychologue, adepte du parkours et même un magicien. Chacun a accepté de participer au programme et tous sont prêts à tout pour mener leur mission à bien, jusqu’au sacrifice ultime s’il le faut.
Même s’ils sont rapidement esquissés, à l’occasion d’une réplique bien sentie ou d’une courte présentation par Miranda, tous les agents de GF ont leur propre personnalité et deviennent rapidement attachant le temps d’un épisode dense et riche.
Chacun d’entre eux est relié par un téléphone satellitaire high tech au central de Global Frenquency, dont la localisation est tenue secrète, géré par Aleph, jeune femme délurée dont le cerveau fonctionne comme un super-processeur.
Scénarisée de bout en bout par Warren Ellis, la série a cette particularité de ne compter que 12 épisodes, tous distincts et sans liens les uns avec les autres, si ce n’est la présence de deux femmes fortes Miranda et Aleph. Chaque histoire commence à chaque fois en pleine situation de crise et le lecteur, comme les agents intervenants, est briefé dans les premières pages. Le reste montre l’intervention, souvent musclée, des agents de GF. La série est donc constituée d’une succession d’épisodes courts mais intenses en action comme en suspens.
Si les scénarii sont tous signés par Warren Ellis – et les couvertures Brian Wood (DMZ, Northlander) – chaque épisode est mis en image par un dessinateur différent. Mais attention, Ellis n’a pas fait appel à des débutants ou de parfaits inconnus, mais bien à de grands noms de la bd américaine contemporaine. Jugez plutôt : on y retrouve Glenn FABRY (Slaine, Judge Dredd, The Authority : Kev ou pour les connaisseurs des visuels pour Magic l’Assemblée), David Lloyd (V pour Vendetta), Steve Dillon (Wildcats mais surtout Preacher et Hellblazer), Gene Ha (The Authority, Top Ten avec Alan Moore), Chris Sprouse (Ocean avec Ellis, très bonne histoire de SF) ou encore Simon Bisley (Slain).
La cohérence est assurée par la présence d’un seul scénariste, Warren Ellis donc. La série porte sans conteste sa patte puisqu’on y retrouve tous les thèmes chers au britannique : complots, organisations secrètes, mensonges d’Etat et catastrophes conséquentes, sans oublier son prosélytisme habituels sur le sexe ou les drogues. Les aficionados du scénariste y trouveront des références à ses œuvres précédents, à commencer par Planetary, l’organisation secrète qui décrypte les mystères du monde (Miranda a d’ailleurs un côté Jakita, les pouvoirs en moins) ou Desolation Jones (pour sa passion pour les espions de tous bords).
Série courte mais intense, compilée en seulement deux volumes (toujours disponibles en français), scénarisée par Ellis (et ce point devrait être suffisant à lui seul) et dessinée par quelques uns des plus grands noms du comic book, Global Frequency est une excellente série maitrisée de bout en bout. Elle n’a finalement qu’un seul défaut : ne compter que 12 épisodes, et aucune suite ou reprise n’est prévue pour le moment.
Considérant sa structure, pensée comme une série télé, et son joli succès aux USA et en Grande Bretagne, la Warner a produit et tourné en 2005 le pilote d’une série, avec Michelle Forbes (l’Amiral Helena Cain de Battlestar Galactica, Karen Decker dans Lost ou plus récemment Sarah dans la première saison de The Walking Dead) dans le rôle de Miranda Zero.
Même si ce pilote n’a jamais été suivi ni même diffusé, il a rencontré un certain succès auprès des fans grâce aux réseaux de partages. A tel point que certains d’entre eux lui ont même dédié un site internet, plutôt bien réalisé d’ailleurs.
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