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	<title>Kroniks &#187; Cruchot</title>
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	<description>le blog bd qui vous dit bonne année</description>
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		<title>La saga Green Lantern: de Renaissance à Blackest Night (1/2)</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Sep 2011 07:55:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comics]]></category>
		<category><![CDATA[Geoff Johns]]></category>
		<category><![CDATA[Green Lantern]]></category>
		<category><![CDATA[super héros]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a quelques jours, alors que nous prenions une belle rouste sur le Seigneur des Anneaux Online, Xavier et moi évoquions les derniers comics que j’avais lus, les changements à venir aux États-Unis et en France et le film de Green Lantern sorti quelques semaines auparavant. Bref, on papotait gentiment. Et tout à coup, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quelques jours, alors que nous prenions une belle rouste sur le Seigneur des Anneaux Online, Xavier et moi évoquions les derniers comics que j’avais lus, les changements à venir aux États-Unis et en France et le film de Green Lantern sorti quelques semaines auparavant. Bref, on papotait gentiment. Et tout à coup, il m’a balancé avec la plus grande candeur cette question traîtresse, simplissime en apparence et que je vous livre telle quelle, dans sa forme la plus crue : « Et sinon, Blackest Night, c’est bien ? ».</p>
<p>Oh le vilain piège. Est-ce que Blackest Night c’est bien ? Il aurait pu me demander mon avis sur pas mal d’autres trucs récents, mais non, il a fallu qu’il me lance sur ce cross-over monstrueux.</p>
<p>Je vous explique : normalement, quand on évoque entre nous nos récentes lectures (et ça arrive très souvent), ce genre de question est assez rapidement évacuée : « Ouais, c’est pas mal » ou alors « C’est génial, il faut absolument que tu le lises, les auteurs se sont surpassés », voire parfois « Ouhlà, oublie, tu vas te faire mal ». Sauf qu’une réponse même un peu argumentée ne convient pas quand il s’agit de parler du meilleur cross-over de DC. Parce que pour évoquer Blackest Night et expliquer le pourquoi du comment de l’évènement, et surtout pourquoi c’est bien, il faut remonter plusieurs années dans le temps. En 2004, pour être précis, l’année où Geoff Johns a mis la main sur Green Lantern et ne l’a plus lâché depuis. Ca tombe bien, ça fait un petit moment que je songe à vous parler du renouveau de la lanterne verte.</p>
<p>Allez, suivez-moi, je vais expliquer pourquoi Blackest Night c’est bien, pourquoi vous devez lire la saga Green Lantern et pourquoi Geoff Johns est un génie.</p>
<p><strong>Hal Jordan, le premier policier spatial vert de terre.</strong></p>
<div id="attachment_2908" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Alan-Scott.jpg"  class="wmp" id="wmp1"><img class="size-full wp-image-2908 " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Alan-Scott.jpg" alt="" width="200" height="316" /></a><p class="wp-caption-text">Alan Scott, le génie de la lanterne</p></div>
<p>Au départ était le premier Green Lanten (GL), Alan Scott, personnage créé pendant l’Age d’Or par Martin Nodell et Bill Finger<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_0_2905" id="identifier_0_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" celui l&agrave; m&ecirc;me qui a cr&eacute;&eacute; le Batman mais s&rsquo;est fait piquer l&rsquo;id&eacute;e par Bob KANE. Peut-&ecirc;tre qu&rsquo;un jour je vous raconterai tout &ccedil;a ">1</a>]</sup> et largement copié sur la légende d’Aladin<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_1_2905" id="identifier_1_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" le premier nom du personnage &eacute;tait d&rsquo;ailleurs Alan Ladd ">2</a>]</sup>. Plusieurs milliers d’années dans le passé, une flamme verte magique s’est écrasée sur terre et a prophétisé qu’elle donnerait la mort (ce qu’elle fit en s’écrasant sur terre), puis la vie (en guérissant celui qui la trouva) et enfin le pouvoir à celui qui la porterait. Remodelée en lanterne magique par un artisan, elle est découverte par Alan Scott, donc, qui l’utilisa pour faire le bien une fois qu’il eut forgé un anneau de pouvoir magique.</p>
<p>A la fin des années 50, la série ne fait plus recette. En 1959, DC demande à John Broom de relancer Green Lantern avec le même succès qu&#8217;il a eu pour The Flash. Un nouveau GL apparaît donc sous la plume de Broom et les pinceaux de Gil Kane dans la revue Showcase #22. Hal Jordan, capitaine et pilote d’essai dans l’US Air Force, est choisi par un anneau de puissance pour succéder à son ancien porteur mourant, l’extraterrestre Abin Sur, échoué sur terre à bord de son vaisseau. Contrairement à Alan Scott, qui tire son pouvoir de la magie, Jordan tire sa puissance de la science, en l’espèce de la technologie plusieurs fois millénaire des créateurs de l’anneau. Cet artefact lui permet de matérialiser ses pensées sous forme de constructions composées d’énergie pure. La série connaîtra des hauts et des bas, Jordan aura sa propre série et finira naturellement par faire partie du noyau dur de la Justice League Of America (JLA)<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_2_2905" id="identifier_2_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" son meilleur ami y est &hellip; Green Arrow bien &eacute;videmment ">3</a>]</sup> aux côté de la Trinité (Batman, Superman, Wonder Woman).</p>
<div id="attachment_2910" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Guy-Gardner-Hal-Jordan-John-Stewart.jpg"  class="wmp" id="wmp2"><img class="size-full wp-image-2910" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Guy-Gardner-Hal-Jordan-John-Stewart.jpg" alt="" width="200" height="304" /></a><p class="wp-caption-text">Guy Gardner, Hal Jordan, John Stewart, les trois verts de Terre.</p></div>
<p>Hal Jordan ne restera pas un vert solitaire bien longtemps. Broom et Kane vont rapidement peupler l&#8217;univers de la Lantern. On voit donc apparaitre le jaune Sinestro<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_3_2905" id="identifier_3_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Broome avait cr&eacute;e auparavant la N&eacute;m&eacute;sis de Flash, Reverse-Flash, elle aussi jaune">4</a>]</sup>, les Gardiens de l&#8217;univers, Star Sapphire, etc&#8230; Les lecteurs découvrent qu&#8217;Hal Jordan est en fait un officier du Green Lantern Corps, une sorte de police spatiale chargée de protéger l’univers. Le QG de celle-ci se trouve se la planète Oa, située dans le secteur 0, sur laquelle se trouve Batterie Centrale qui alimente tous les anneaux du Corps. On apprend enfin que le Green Lantern Corps a été fondé par les Gardiens, une race aussi vieille que l’univers, et qu’au sein du Corps, chaque porteur d’anneau est responsable d’un secteur de l’univers. Issu de la terre, Jordan est responsable du secteur 2814 sur les 3600 que compte l’univers connu.</p>
<p>De nouveaux alliés humains font leur apparition, Guy Gardner (en 1960, pendant l’âge de bronze), John Stewart (1970, fin de l’âge de bronze) et Kyle Rayner (1994, à l’âge moderne), ainsi que toute une tripotée d’aliens.</p>
<p>A la fin des années 90, DC tente un coup osé pour relancer les ventes de la série: tuer Jordan. Tout commence par l’incinération de Coast City, sa ville d’origine, par Mongul. Fou de rage, Hal Jordan se laisse infecter par le parasite Parallax, incarnation de la peur, détruit le GL Corps et tente de réécrire l’histoire dans le sens qui lui convient<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_4_2905" id="identifier_4_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" cross-over Zero Hour, crisis in time, 1994 ">5</a>]</sup>. Et en 1998, DC publie le cross-over Final Night au cours duquel un dévoreur de soleils s’attaque à l’étoile de la terre. Alors que tout semble perdu, Jordan/Parallax apparaît et se sacrifie au dernier moment pour rallumer le soleil.</p>
<p>Privées de Jordan, les séries GL et GL Corps vont vivoter gentiment dans le catalogue DC au point de presque tomber dans l’oubli. Et puis il y eut Geoff Johns.</p>
<p><strong>Geoff Johns, le génie de la lanterne.</strong></p>
<div id="attachment_2915" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Geoff-Johns.jpg"  class="wmp" id="wmp3"><img class="size-full wp-image-2915" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Geoff-Johns.jpg" alt="" width="200" height="307" /></a><p class="wp-caption-text">Frottez l&#039;image pour faire apparaitre un génie.</p></div>
<p>Geoff Johns<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_5_2905" id="identifier_5_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="n&eacute; le 25 janvier 1973 &agrave; Detroit &ndash; Michigan">6</a>]</sup> est un scénariste touche à tout. Il a un peu travaillé pour la télé et le ciné (il a participé à l’épisode pilote de la série Blade (2006) et à Green Lantern le film, bien évidement) mais c’est en tant que scénariste de bd qu’il est le plus connu. En 1997, en visite à New York lors de la production du film Complots à laquelle il participe, il rencontre Eddie Berganza<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_6_2905" id="identifier_6_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&eacute;diteur en chef de DC Comics depuis 2010">7</a>]</sup> à qui il fait part de son amour pour les comics. Pistonné par Berganza, le jeune Johns entre chez l’éditeur de Broadway<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_7_2905" id="identifier_7_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="les deux grands concurrents ont leurs bureaux &agrave; New York. Ceux de DC se situent 1700 Broadway avenue et Marvel &agrave; son si&egrave;ge au 417, 5th avenue">8</a>]</sup> qu’il ne quittera plus (même s’il a rendu quelques rares travaux pour Marvel ou Dark Horse, avec quelques épisodes X-Men ou Avengers ainsi qu’un peu de BPRD ou de Witchblade). Autant dire que depuis le temps, il connaît très bien les personnages de la Distinguée Concurrence et surtout, tout ce qu’il touche se transforme en or (Superman : Secret Origin, The Flash : Rebirth, c’est lui. La série évènement 52 ? Encore lui).</p>
<p>Or il se trouve que Johns a un faible pour la série Green Lantern et spécialement pour Hal Jordan, le seul Lantern digne de ce nom à ses yeux. Bien décidé à écrire en vert, il sollicite et obtient en 2003 l’autorisation de plancher sur l’univers du GL. Problème, Jordan est mort. Mais Johns n’est pas du genre à se faire arrêter par un pareil détail.</p>
<p>En 2004, associé à Ivan Reis aux pinceaux, il sort Green Lantern : Rebirth, relaunch osé d’une série qui n’était attendue par personne. Et c’est le carton plein. Car Johns n’est pas un amateur. Petit génie de l’écriture, il ressuscite Jordan avec intelligence et surtout crédibilité. Ici, pas de machine à cloner, de héros renvoyé dans le passé ou d’imposteur polymorphe. A sa mort, l’esprit de Jordan s’est retrouvé mêlé à celui du Spectre, l’esprit de la vengeance<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_8_2905" id="identifier_8_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" un personnage vert, bien entendu">9</a>]</sup> pendant que son corps repose au centre du soleil, protégé par son anneau de puissance. Le but premier de Johns était d’absoudre Jordan des atrocités commises pendant qu’il était sous l’emprise de Parallax. Pour lui permettre d’aller de l’avant, le scénariste tenait en effet absolument à repartir avec un héros neuf et positif, qui n’a rien à prouver et encore moins à se faire pardonner en permanence.</p>
<p>Absout de ses péchés, Jordan peut reprendre son travail au sein du Corps. Les premières histoires vont le remettre dans le train. Les auteurs lui réservent au début quelques aventures solos, lui créent de nouveaux ennemis ou en font revenir d’anciens. Bref, ils posent les bases et présentent le personnage. Rien de bien novateur finalement au pays des supers, si ce n’est le talent de Johns pour écrire de bonnes histoires et de Reis pour les mettre en action. Cette réintroduction de personnage et de son univers constitue la première partie de la trilogie Blackest Night. Elle se compose des arcs Rebirth, Revenge of the Green Lantern Corps, No fear et Wanted : Hal Jordan (Green Lantern vol.4 #1 à #20).</p>
<p>Mais le plat de résistance reste à venir. Il arrive trois ans plus tard avec Sinestro Corps War, une maxi-série de 11 épisodes publiés entre juin et décembre 2007 (Green Lantern vol.4, #21 à #25 et Green Lanter Corps #14 à #19).</p>
<div id="attachment_2918" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sinestro-Corps.jpg"  class="wmp" id="wmp4"><img class="size-full wp-image-2918" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sinestro-Corps.jpg" alt="" width="200" height="181" /></a><p class="wp-caption-text">Le Sinestro Corps, prêt à casser du Vert</p></div>
<p>Sinestro était le meilleur GL du Corps. Mais face au conservatisme des Gardiens et à leur retenue qu’il considère comme de la faiblesse, il décide de tourner le dos à sa famille pour se laisser envahir par une émotion qu’il juge bien plus puissante : la Peur.<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_9_2905" id="identifier_9_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La trahison de Sinestro pourrait constituer la base de la suite du film Green Lantern si on se fie &agrave; l&rsquo;apr&egrave;s g&eacute;n&eacute;rique">10</a>]</sup>. Il se retrouve alors à la tête d’une armée de tueurs, tous choisis dans les différents secteurs de l’univers pour leur « capacité à instiller une grande peur ». Même le Batman se verra proposer le job par l’anneau jaune de son secteur (le 2814 pour ceux qui ne suivent pas), mais il déclinera peu poliment l’offre. A travers son Corps, Sinestro entend faire régner enfin l’ordre dans l’univers par la peur. Ce faisant il déclenche une guerre contre son ennemi intime, le GL Corps. Après de nombreux combats épiques, le sauvetage in extremis de la Terre (présentée comme le point d’équilibre du multivers, vive nous) et de très lourdes pertes chez les GL, Sinestro est finalement arrêté et placé en détention sur Oa jusqu’à son jugement.</p>
<p>Si le public avait très bien accueilli le retour de Jordan, la série Sinestro Corps War, va exploser tous les scores de ventes de l’éditeur. Geoff Johns et son comparse Dave Gibbons ont repris un concept développé en 1986 par Alan Moore et Kevin O’Neil<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_10_2905" id="identifier_10_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="dans la s&eacute;rie Tales of the Green Lantern Corps Annual #2">11</a>]</sup>. Mais les deux scénaristes sont allés bien plus loin et ont considérablement enrichi l’idée de base.</p>
<p>La recette du succès est assez simple et tient en un mot: démesure. Prenez 3600 tueurs et mélangez à autant de flics spatiaux préalablement dépouillés de toute force létale. Mixez jusqu&#8217;à ce que la préparation jaunisse. Ajoutez une large dose de Manhunters, les robots que les Green Lanterns ont remplacé quand ils sont devenus fous, menés par le cyborg-Superman et secouez. Pour épicer, saupoudrez d&#8217;un trait de Superman Prime enragé. Et, cerise sur le gâteau, décorez avec le Gardien du Sinestro Corps: l&#8217;Anti-Monitor.  &laquo;&nbsp;<em>Je voulais totalement truquer le jeu contre le Corps des Green Lanterns. Je voulais qu&#8217;ils se retrouvent face au plus puissant rassemblement de supers-vilains de leur histoire. Alors je suis allé aussi loin que je pensais pouvoir le faire</em>&nbsp;&raquo;<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_11_2905" id="identifier_11_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Geoff Johns dans son Journal de Guerre, publi&eacute; dans le tome 2 de Sinestro Corps War">12</a>]</sup>.</p>
<p>Sinestro Corps War a été classé par les journalistes spécialisés dans le top 10 des séries de l’année. Et les dessinateurs Ivan Reis et Ethan Van Sciver furent nominés dans la catégorie « meilleurs dessins et encrages » pour les Eisner Awards de 2008. La série a par ailleurs été une des meilleures ventes de DC et a redonné le sourire à son éditeur en chef, Dan Didio. Au vu du succès et de la qualité de l’arc, ce dernier a d’ailleurs insisté auprès de Johns pour qu’il intègre l’intrigue au scénario du futur MMORPG DC Universe Online.</p>
<div id="attachment_2920" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Green-Lantern-Secret-Origin.jpg"  class="wmp" id="wmp5"><img class="size-large wp-image-2920" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Green-Lantern-Secret-Origin-686x1024.jpg" alt="" width="200" height="299" /></a><p class="wp-caption-text">L&#039;uni vert lui va si bien</p></div>
<p>D’aucuns auraient pu penser que le soufflé retomberait après une telle réussite. C’était mal connaître Johns. Avant de se lancer dans la troisième et dernière partie de sa trilogie, le scénariste choisit ce temps mort  pour sortir enfin sa réécriture des origines de Jordan, annoncée à coups de courts flashbacks alléchants tout au long des épisodes précédents.</p>
<p>Car comme on l’a dit, Jordan est apparu en 1959. Pendant près de 50 ans, les différents auteurs qui sont passés sur le personnage ont ajouté des éléments parfois très disparates à la mythologie du héros. Tellement qu’au bout d’un moment, tout et son contraire coexistait, les scénaristes se contredisant les uns les autres ou étant à la peine pour embrayer sur les idées parfois farfelues de leurs prédécesseurs.</p>
<p>Conscient du problème, le premier fan du personnage et nouveau roi de la galaxie DC va s’atteler à remettre de l’ordre là-dedans. Green Lantern : Secret Origin a été publié dans Green Lantern Vol. 4 #29 à #35 (mars à septembre 2008). Et là encore le public fut au rendez-vous. Tout y est : Abin Sur, Sinestro vert, le premier serment de Jordan, son béguin pour Carol FERRIS. Mais en plus de réussir à synthétiser et actualiser 50 ans d’évènements, Johns arrive à apporter des explications à des éléments jusqu’alors jamais précisés (par exemple, on sait maintenant pourquoi Jordan tient tant à son blouson d’aviateur). Brillante, l’histoire a été pensée pour pouvoir être lue de manière autonome mais aussi pour s’insérer dans la trilogie en cours. Et elle réussit le pari de satisfaire les anciens, attentifs au respect de la mythologie du policier spatial, comme les néophytes, qui peuvent découvrir le héros dans une histoire abordable et contemporaine.</p>
<p>Les nouvelles origines de Jordan réécrites et les bases de Blackest Night posées, Johns peut enfin attaquer la dernière partie du prélude de son cross-over.</p>
<p><strong>Quand les Rainbow Warriors débarquent.</strong></p>
<p>La plus grande réussite de Johns est a donc été de mettre en place le gros évènement qu’il avait en tête dès le début. Par petites touches discrètes, lors d’apartés au premier abord sans intérêt ou de discussions sibyllines entre les Gardiens, Johns annonce progressivement une prophétie sur le point de se réaliser : l’arrivée de la Blackest Night, la Nuit la plus Noire, qui doit signer la fin de toute vie dans l’univers.</p>
<p>Le nom de cet évènement n’a pas été choisi au hasard. Le scénariste est allé le chercher … dans le serment des Green Lantern prononcé lorsqu’ils rechargent leur anneau :</p>
<p><em>In brightest day, in blackest night,</em><br />
<em>No evil shall escape my sight</em><br />
<em>Let those who worship evil&#8217;s might,</em><br />
<em>Beware my power&#8230; Green Lantern&#8217;s light!<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_12_2905" id="identifier_12_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="J&rsquo;aurai quand m&ecirc;me r&eacute;ussi &agrave; le placer celui-l&agrave;">13</a>]</sup></em></p>
<div id="attachment_2928" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Larfleez-lagent-orange.jpg"  class="wmp" id="wmp6"><img class="size-full wp-image-2928" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Larfleez-lagent-orange.jpg" alt="" width="200" height="301" /></a><p class="wp-caption-text">Je veux cette belle image brillante. A moi, à moi</p></div>
<p>Ce serment n’était à l’origine qu’un gimmick identitaire propre à la série. Johns en fera une prophétie.</p>
<p>Par ailleurs, le scénariste avait dès le début en tête l’image d’un spectre d’émotions, à la manière d’un arc en ciel. Si la nuit noire arrive, seul le blanc peut la combattre. Or qu’est-ce que le blanc sinon la fusion de sept couleurs dont … le vert et le jaune ?</p>
<p style="text-align: left">Le vert (la volonté) et le jaune (la peur) sont à la base de la mythologie de la série. Le violet (l’amour) était lui aussi présent mais sous une forme différente. Grâce à Johns, on apprend en effet que les Star Sapphire sont en fait les femmes des Gardiens. Quand elles apprirent les plans de leurs hommes, abandonner toute forme d’émotion pour préserver l’univers, elles décidèrent de s’exiler sur la planète Zamaron pour y créer leur propre Corps. Il aura « juste » suffit à Geoff Johns de transformer leurs pierres de puissance en anneaux pour les intégrer à l’univers des Lantern (Green Lantern vol.4 #20 de juillet 2007 et compilé dans le recueil Wanted : Hal Jordan).</p>
<p>Johns va donc utiliser la dernière partie du prélude à Blackest Night pour présenter les couleurs manquantes et révéler enfin un spectre d’émotions complet.</p>
<p>Tout d’abord le rouge (associé à la rage) dans Rage of the Red Lantern (qui contient les épisodes Green Lantern vol. 4 # 26 à #28 relatifs aux Alpha Lantern, sorte de police de la police verte, et #36 à #38 consacrés donc aux lanternes rouges), puis l’orange (l’avarice) dans Agent Orange<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_13_2905" id="identifier_13_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un nom qui renvoie au d&eacute;foliant utilis&eacute; pendant la guerre du Vietnam">14</a>]</sup> (Green Lantern vol. 4 #39 à #42). Et entre deux bastons spatiales, le scénariste trouve le temps d’installer le Blue Lantern Corps (associé à l’espoir) mené par Saint Walker et l’Indigo Tribe (gardienne la compassion), pour laquelle tout reste à écrire.</p>
<p>Fidèle à sa réputation de perfectionniste, Johns a organisé son spectre des émotions sur la même structure que celui des couleurs. Le vert, le plus puissant, est au milieu et sert de point d’équilibre et de canaliseur pour les autres couleurs. Les couleurs situées en bas du spectre (jaune, orange et rouge) sont celle du mal et tous leurs « infectés »<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_14_2905" id="identifier_14_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="le sc&eacute;nario de Rage of the Red Lantern lorgne sur celui de 28 jours plus tard, l&rsquo;un des films pr&eacute;f&eacute;r&eacute;s d&rsquo;Ethan Van Sciver">15</a>]</sup> sont dominés par leur anneau. Alors que les couleurs du haut du spectre (bleu, violet et indigo) sont associées au bien et leurs porteurs contrôlent leurs émotions donc leurs anneaux. Ce genre de détail peut paraître simple mais il est révélateur de la propension qu’a Johns à tout penser, organiser et expliquer. Mieux, en plus de créer ces corps, de leur inventer une histoire, un QG et des capacités propres, Johns va jusqu’à leur donner à chacun … un serment, dont la structure est calquée sur celui des Green Lantern. Ce type est tout simplement un génie.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 530px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/7-couleurs-7-%C3%A9motions.jpg"  class="wmp" id="wmp7"><img class=" " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/7-couleurs-7-%C3%A9motions-1024x511.jpg" alt="" width="520" height="259" /></a><p class="wp-caption-text">Les rainbow warriors débarquent en force</p></div>
<p>Sept couleurs, sept émotions, tous les pions sont en place. L’arc Agent Orange marque la fin de la troisième partie du prélude à Blackest Night. La guerre de la Lumière peut avoir lieu.</p>
<p>Mais, ça ce sera pour plus tard.</p>
<p>&#8230;</p>
<p>Non on plaisante.  <a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-blackest-night-22/">Tout de suite, la suite.</a>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp1"></div>
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<hr><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2905" class="footnote"> celui là même qui a créé le Batman mais s’est fait piquer l’idée par Bob KANE. Peut-être qu’un jour je vous raconterai tout ça </li><li id="footnote_1_2905" class="footnote"> le premier nom du personnage était d’ailleurs Alan Ladd </li><li id="footnote_2_2905" class="footnote"> son meilleur ami y est … Green Arrow bien évidemment </li><li id="footnote_3_2905" class="footnote">Broome avait crée auparavant la Némésis de Flash, Reverse-Flash, elle aussi jaune</li><li id="footnote_4_2905" class="footnote"> cross-over Zero Hour, crisis in time, 1994 </li><li id="footnote_5_2905" class="footnote">né le 25 janvier 1973 à Detroit – Michigan</li><li id="footnote_6_2905" class="footnote">éditeur en chef de DC Comics depuis 2010</li><li id="footnote_7_2905" class="footnote">les deux grands concurrents ont leurs bureaux à New York. Ceux de DC se situent 1700 Broadway avenue et Marvel à son siège au 417, 5th avenue</li><li id="footnote_8_2905" class="footnote"> un personnage vert, bien entendu</li><li id="footnote_9_2905" class="footnote">La trahison de Sinestro pourrait constituer la base de la suite du film Green Lantern si on se fie à l’après générique</li><li id="footnote_10_2905" class="footnote">dans la série <em>Tales of the Green Lantern Corps Annual</em> #2</li><li id="footnote_11_2905" class="footnote">Geoff Johns dans son Journal de Guerre, publié dans le tome 2 de Sinestro Corps War</li><li id="footnote_12_2905" class="footnote">J’aurai quand même réussi à le placer celui-là</li><li id="footnote_13_2905" class="footnote">Un nom qui renvoie au défoliant utilisé pendant la guerre du Vietnam</li><li id="footnote_14_2905" class="footnote">le scénario de Rage of the Red Lantern lorgne sur celui de 28 jours plus tard, l’un des films préférés d’Ethan Van Sciver</li></ol>
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		<title>La saga Green Lantern : Blackest Night (2/2)</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Sep 2011 07:54:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Suite et fin du dossier consacré à la saga Green Lantern par Geoff Johns.  Noir c&#8217;est noir, il n&#8217;y a plus d&#8217;espoir L’histoire commence alors que Green Lantern et Flash (Barry Allen, revenu d’entre les morts et nouvelle tête d’affiche chez DC grâce à … Geoff Johns) se recueillent sur la tombe de Bruce Wayne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Suite et fin du <a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/">dossier consacré</a> à la saga Green Lantern par Geoff Johns.</p>
<p><strong> Noir c&#8217;est noir, il n&#8217;y a plus d&#8217;espoir</strong></p>
<div id="attachment_2968" class="wp-caption alignleft" style="width: 211px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Blackest-Night.jpg"  class="wmp" id="wmp8"><img class="size-full wp-image-2968" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Blackest-Night.jpg" alt="" width="201" height="303" /></a><p class="wp-caption-text">En vert et contre tous.</p></div>
<p>L’histoire commence alors que Green Lantern et Flash (Barry Allen, revenu d’entre les morts et nouvelle tête d’affiche chez DC grâce à … Geoff Johns) se recueillent sur la tombe de Bruce Wayne et évoquent leurs amis tombés au combat, dont le dernier n’est autre que le Martian Manhunter. Dans le même temps, un sinistre personnage au costume aussi noir que son âme, Black HAND (alias William HAND)<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-blackest-night-22/#footnote_0_2967" id="identifier_0_2967" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="William Hand est un ennemi de Jordan cr&eacute;e par John Broom en 1964 dans Green Lantern #29. Il s&amp;#8217;agit en fait d&amp;#8217;un clin d&rsquo;&oelig;il &agrave; son ami William &amp;laquo;&amp;nbsp;Bill&amp;nbsp;&amp;raquo; Finger. Comme Finger, Hand a la manie de tout noter dans un petit carnet.">1</a>]</sup> , distribue des anneaux noirs à tous les guerriers récemment morts. Son objectif est de se constituer une armée de zombies qui doit lui permettre d’invoquer l’esprit de la mort. Et d’enfin régner sur un univers apaisé, libéré de toute vie donc d’émotion. Connectés à leur anneau noir, ses zombies se nourrissent des émotions de leurs ennemis, sont indestructibles et bien entendu tout héros tué est immédiatement ressuscité par un anneau noir et passe dans l’autre camp. La crise est totale et tous les personnages de l’univers DC sont touchés, héros comme vilains.</p>
<p>Blackest Night a été le plus gros évènement comics 2009-2010. Servi par les talents conjugués de Johns et Reis, ce cross-over a réussi un double exploit : éclipser les productions Marvel parues à la même période, dont le cross-over Siege de Brian Bendis et Olivier Coipel<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-blackest-night-22/#footnote_1_2967" id="identifier_1_2967" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;&eacute;diteur en tirera des le&ccedil;ons puisque l&rsquo;ann&eacute;e suivante les X-men seront confront&eacute;s &agrave; une arm&eacute;e de mutants zombies r&eacute;veill&eacute;s par S&eacute;l&egrave;ne et le cross-over annuel de l&amp;#8217;&eacute;diteur confronte les super-h&eacute;ros &agrave; l&rsquo;incarnation de la peur dans Fear Itself, et sa suite en n&eacute;gatif No Fear">2</a>]</sup> et faire passer Flash et Green Lantern devant la sacro-sainte Trinité Batman-Superman-Wonder Woman en terme de popularité comme de ventes.</p>
<p>Autre point positif de la série, elle permet à Johns de ressusciter de nombreux personnages importants de l’univers DC (notamment Aquaman, pour lequel il a un faible et un plan) et de mettre en avant des personnages jusqu&#8217;alors secondaires, dans le but avoué d’apporter de la nouveauté dans l&#8217;univers DC. Johns va notamment donner ses galons de star à Méra, l&#8217;épouse d&#8217;Aquaman, véritable furie capable de faire jeu égal avec Wonder Woman.</p>
<p>Blackest Night est donc à de nombreux égards une immense réussite, une histoire parfaite, maîtrisée de bout en bout, dont les bases ont été subtilement posées pendant cinq ans. Pour autant une question subsiste. Celle-là même que Xavier avait posée : est-ce que c’est bien. Comprenez, « Est-ce que sa lecture est conseillée ? ». Et c’est là que ça se complique.</p>
<p>Oui, Blackest Night doit être lue. Mais pour apprécier pleinement ce copieux repas et éviter l’indigestion, le lecteur averti doit remplir deux conditions sous peine d’être rapidement perdu voire découragé.</p>
<ol>
<li>Connaître les prémisses et les clefs de cette histoire (et cet article est une modeste tentative pour vous y aider). Et pour ça, il n’y a pas de miracle, il faut en passer par la lecture des épisodes de Green Lantern depuis son retour sous la plume de Johns et les pinceaux de Reis. Ça tombe bien, ces histoires sont toutes excellentes.</li>
<li>Avoir la même culture encyclopédique de l’univers DC que Johns. Et ça, ça ne s’invente pas. Heureusement entre les explications des auteurs<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-blackest-night-22/#footnote_2_2967" id="identifier_2_2967" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sinestro Corps War vol.2 et Blackest Night contiennent des cahiers bonus extr&ecirc;mement riches en informations">3</a>]</sup> et internet il est facile de rattraper le retard.</li>
</ol>
<div id="attachment_2969" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Mera.jpg"  class="wmp" id="wmp9"><img class="size-full wp-image-2969" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Mera.jpg" alt="" width="200" height="310" /></a><p class="wp-caption-text">Mera la rousse, son lit est fait de mousse</p></div>
<p>On l’a dit, Geoff Johns a majoritairement écrit pour DC depuis le début de sa carrière. Il connaît excellemment bien tous les personnages de l’éditeur, du héros de premier plan au vilain de seconde zone. Et perfectionniste comme il est, il ne connaît pas seulement leur existence mais tout de leurs histoires à leurs traits de caractère. Si vous voulez vous lancer dans Blackest Night, et je ne peux que vous encourager à le faire, vous devrez soit être un pro de l’univers DC (vous savez qui est Méra ? Vous avez déjà entendu parler de Hawk &amp; Dove ? Vous connaissez la malédiction qui pèse sur Hawkgirl et Hawkman ?), soit accepter d’avance l’idée d’approfondir vos connaissances.</p>
<p>Pour autant, si Johns à travers Blackest Night a permis à DC de revenir sur le devant de la scène, tout son apport vient de s’effondrer. Entre-temps, l’industrie des comics a plongé dans une crise sans précédent et tous les éditeurs, du plus petit au plus grand, cherchent de nouvelles solutions pour continuer d’exister.</p>
<p>C’est ainsi que DC a annoncé une refonte totale de son univers dès septembre 2011, un reboot de l’ensemble de ses séries et personnages (seul Batman échappe à cette remise à zéro). Tous les personnages et toutes les séries repartent du numéro #1, 52 séries sont prévues pour sortir simultanément tous les mois, avec 52<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-blackest-night-22/#footnote_3_2967" id="identifier_3_2967" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="chez DC on aime bien le nombre 52: la Terre est au centre d&amp;#8217;un multivers de 52 univers, la s&eacute;rie &eacute;v&egrave;nement 52, les 26 &eacute;pisodes de Brightest Day pr&eacute;vus sur 52 semaines&amp;#8230;">4</a>]</sup> équipes artistiques différentes qui, sous la supervision de Jim Lee, auront pour mission de réécrire intégralement toutes les origines des personnages<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-blackest-night-22/#footnote_4_2967" id="identifier_4_2967" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Geoff Johns ne quitte pas le navire pour autant puisqu&rsquo;il &eacute;crira les nouvelles aventures d&rsquo;Aquaman mises en image par Ivan Reis et bien &eacute;videmment celles du Green Lantern nouveau. L&rsquo;autre grande annonce dans ce reboot, c&rsquo;est le retour de Jim Lee aux pinceaux. Le dessinateur doit en effet reprendre la JLA, sous la plume de &hellip;Geoff Johns.">5</a>]</sup>. De tout ce qui a été, DC fait table rase et recommence avec un univers principal plus jeune et plus contemporain (un peu comme l’a fait Marvel avec son univers Ultimate).</p>
<p>Dès lors, facile de comprendre que tout le travail de Johns tombe à l’eau : tous les personnages qu’il avait sorti des fonds de placard sont abandonnés et tout son travail de réécriture est oublié. Difficile de se motiver à lire une série et son point d’orgue en se disant qu’il n’y aura pas de suite. Reste quand même de superbes histoires qui auront marqué l’histoire des comics et de DC.</p>
<div id="attachment_2970" class="wp-caption aligncenter" style="width: 530px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/JLA-Jim-Lee.jpeg"  class="wmp" id="wmp10"><img class="size-full wp-image-2970" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/JLA-Jim-Lee.jpeg" alt="" width="520" height="331" /></a><p class="wp-caption-text">JLA : Jim Lee Assure!</p></div>
<p>Si on a beaucoup parlé ici du travail du scénariste, il ne faudrait pas occulter celui du dessinateur. Pendant sept ans, Ivan Reis a rendu comme un métronome des planches frôlant la perfection. Méticuleux, il s’est chargé seul du design de centaines d’aliens, de tous les costumes (permanents ou temporaires) des personnages principaux ou secondaires, des emblèmes des factions, des différents mondes visités, poussant le vice jusqu’à imaginer un design différent pour chaque anneau ! Un travail d’orfèvre à la qualité constante. Et il reste à l’aise aussi bien dans les scènes intimistes qu’avec des centaines de personnages se mettant royalement sur la courge dans des doubles pages explosives.</p>
<p>A noter que Reis a parfois laissé la main à quelques invités prestigieux (Carlos Pacheco, Ethan Van Sciver, …). Dans l’ensemble, ces <em>fill in</em> sont réussis et on ne relève au final qu’un malheureux accident (dans Wanted : Hal Jordan, le travail d’Oclair ALBERT sur l’épisode des Star Sapphire est … comment dire … affreux ?).</p>
<p><strong> « C’est bien beau tout ça, mais nous quoi qu’on lit là dedans ».</strong></p>
<p>C’est facile : tout ce qui vient d’être évoqué dans cet article. Coup de chance, à la faveur de la sortie du film Green Lantern, Panini a commencé à publier les premiers recueils consacrés au flic de l’espace.</p>
<div id="attachment_2976" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Renaissance.jpg"  class="wmp" id="wmp11"><img class="size-full wp-image-2976" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Renaissance.jpg" alt="" width="200" height="301" /></a><p class="wp-caption-text">Hal Jordan, 50 ans et toujours vert</p></div>
<p>Les lecteurs français peuvent donc trouver en librairie Green Lantern : Secret Origin en version Deluxe (livre relié, couverture cartonnée) ainsi que Green Lantern : Renaissance en recueil souple broché. Idéal pour se lancer dans l’univers du porteur de l’anneau.</p>
<p>L’intégralité de la série de GL et les huit épisodes de Blackest Night ont été publiés dans le mensuel DC Universe. Si une édition en recueils est pour le moment incertaine, vous pouvez toujours vous procurer les fascicules en occasion et reconstituer l’intégralité de l’histoire. Mais à la difficulté de les trouver tous s’ajoutent celle de suivre une histoire fragmentée et l’obligation de se farcir les autres séries du mensuel, pas toujours intéressantes.</p>
<p>Enfin, on peut trouver depuis peu en librairie Blackest Night &#8211; Green Lantern Corps dans la collection DC Big Book (recueil broché, papier poreux recyclé, mais prix compétitif). Si ce choix parait évident pour un lectorat peu habité à l’univers de la lanterne (l’éditeur prend peu de risque avec le GL Corps et Kilowog en couverture après que les rues ont été arrosées d’affiches pour le film), il est dommage que Panini n’ose pas aller au bout pour proposer d’autres annexes, notamment celle consacrée au Black Lantern Corps, de loin la série parallèle la plus intéressante.</p>
<p>Deux points viennent toutefois ternir ces sorties pourtant attendues des fans français.</p>
<p>Tout d’abord la qualité des livres : depuis que Panini a repris le catalogue et les droits DC et Marvel à Semic, l’éditeur s’est fait remarquer pour la qualité déplorable de ses traductions. Au point que certains traducteurs sont maintenant connus et régulièrement conspués sur les forums. Origines Secrètes est à ce titre un modèle de ratage, critiqué de toute part tant pour son niveau de français affligeant que pour ses erreurs d’impression (de nombreuses cases de bas de page ont été coupées).</p>
<div id="attachment_2972" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Brightest-Day.jpg"  class="wmp" id="wmp12"><img class="size-large wp-image-2972 " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Brightest-Day-669x1024.jpg" alt="" width="200" height="307" /></a><p class="wp-caption-text">Chacun son vert à soi comme dit Aquaman.</p></div>
<p>Surtout, Panini a annoncé qu’il perdrait en 2012 ses droits sur les publications DC Comics au profit de Dargaud. Il ne reste donc que quelques mois à l’éditeur italien pour publier l’intégralité des épisodes de GL par Johns et Reis en recueils. Ça, mais aussi le reste des séries en cours. Autant dire mission impossible. Et rien ne nous assure que Dargaud poursuivra le travail commencé par son prédécesseur.</p>
<p>Pour lire les aventures de Green Lantern en recueil, il est donc préférable de se rabattre sur les versions américaines, qui assurent d’avoir une collection complète, respectueuse et moins chère mais qui sanctionne les lecteurs les moins anglophones.</p>
<p>Cette question de changement d’éditeur en France se pose avec encore plus d’acuité quand on sait que Panini vient de commencer la publication en kiosque de Brightest Days, mini-série de 26 épisodes commencée en avril 2010 aux États Unis. Scénarisée par Geoff Johns et Peter Tomasi, dessinée en alternance par Ardian Syaf, Scott Clark, Patrick Gleason, Joe Prado et bien évidemment Ivan Reis<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-blackest-night-22/#footnote_5_2967" id="identifier_5_2967" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="les couvertures sont sign&eacute;es David Finch">6</a>]</sup>, elle constitue la suite directe de Blackest Night.</p>
<p>Elle narre les aventures des 12 héros et vilains revenus à la vie à l’issue de Blackest Night<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-blackest-night-22/#footnote_6_2967" id="identifier_6_2967" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Professor Zoom (la N&eacute;m&eacute;sis de Flash), Jade (la fille d&rsquo;Alan Scott et petite amie de Kyle Rayner), Osiris, Maxwell Lord, Hawkgirl et Hawkman (lib&eacute;r&eacute;s de leur mal&eacute;diction), Aquaman Martian Manhunter, Jason Rusch, Captain Boomerang, Hawk (du duo Hawk &amp;amp; Dove), et Boston Brand. Et Batman&nbsp;? Ben non, pas Batman. Et pourquoi&nbsp;? Parce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas vraiment mort.">7</a>]</sup> alors qu’ils cherchent à comprendre les raisons de leur salut.</p>
<p>Petit aparté pour vous prévenir : si vous étiez perdu avec les personnages de Blackest Night, il vous sera encore plus difficile de suivre Brightest Day si vous ne connaissez aucun des ressuscités.</p>
<p><strong>Conclusion : Blackest Night c’est bien, vous devez lire la saga Green Lantern et Goeff Johns est un génie.</strong></p>
<p>Chacune des arches narratives de la saga Green Lantern, depuis Renaissance jusqu’à Blackest Night, mériterait un article particulier tant elles foisonnent de détails et de références. En donner quelques exemples serait réducteur, les lister tous, impossible. Avec Johns, chaque case, chaque bulle contient un élément important, chaque mot est soigneusement choisi. Et pourtant, tout reste fluide et compréhensible malgré des interactions entre des centaines de personnages.</p>
<p>Au final, la saga de Johns et Reis s’impose à tous les niveaux : histoire simple à même de contenter facilement les lecteurs occasionnels, elle recèle suffisamment  de référence et de détails pour occuper les aficionados longtemps après qu’ils auront terminé leur lecture.</p>
<p>Portée par un couple d’auteurs au somment de leur art et à l’aise aussi bien dans les scènes psychologiques que dans les bastons spatiales homériques, la saga Green Lantern ne faiblit à aucun moment et s’achève en apothéose. Riche, brillante, addictive, explosive, elle mérite son succès public et tous les superlatifs décernés pendant sept ans par la presse spécialisée comme généraliste<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-blackest-night-22/#footnote_7_2967" id="identifier_7_2967" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="dont le prestigieux New York Times">8</a>]</sup>.
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<hr><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2967" class="footnote">William Hand est un ennemi de Jordan crée par John Broom en 1964 dans Green Lantern #29. Il s&#8217;agit en fait d&#8217;un clin d’œil à son ami William &laquo;&nbsp;Bill&nbsp;&raquo; Finger. Comme Finger, Hand a la manie de tout noter dans un petit carnet.</li><li id="footnote_1_2967" class="footnote">L’éditeur en tirera des leçons puisque l’année suivante les X-men seront confrontés à une armée de mutants zombies réveillés par Sélène et le cross-over annuel de l&#8217;éditeur confronte les super-héros à l’incarnation de la peur dans Fear Itself, et sa suite en négatif No Fear</li><li id="footnote_2_2967" class="footnote">Sinestro Corps War vol.2 et Blackest Night contiennent des cahiers bonus extrêmement riches en informations</li><li id="footnote_3_2967" class="footnote">chez DC on aime bien le nombre 52: la Terre est au centre d&#8217;un multivers de 52 univers, la série évènement <em>52</em>, les 26 épisodes de Brightest Day prévus sur 52 semaines&#8230;</li><li id="footnote_4_2967" class="footnote">Geoff Johns ne quitte pas le navire pour autant puisqu’il écrira les nouvelles aventures d’Aquaman mises en image par Ivan Reis et bien évidemment celles du Green Lantern nouveau. L’autre grande annonce dans ce reboot, c’est le retour de Jim Lee aux pinceaux. Le dessinateur doit en effet reprendre la JLA, sous la plume de …Geoff Johns.</li><li id="footnote_5_2967" class="footnote">les couvertures sont signées David Finch</li><li id="footnote_6_2967" class="footnote">Professor Zoom (la Némésis de Flash), Jade (la fille d’Alan Scott et petite amie de Kyle Rayner), Osiris, Maxwell Lord, Hawkgirl et Hawkman (libérés de leur malédiction), Aquaman Martian Manhunter, Jason Rusch, Captain Boomerang, Hawk (du duo Hawk &amp; Dove), et Boston Brand. Et Batman ? Ben non, pas Batman. Et pourquoi ? Parce qu’il n’est pas vraiment mort.</li><li id="footnote_7_2967" class="footnote">dont le prestigieux New York Times</li></ol>
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		<title>Global Frequency</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Jun 2011 16:31:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comics]]></category>
		<category><![CDATA[action]]></category>
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		<category><![CDATA[Warren ELLIS]]></category>

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		<description><![CDATA[A partir de maintenant, vous êtes tous sur Global Frequency. Global Frequency est une organisation de sauvetage non gouvernementale fondée et dirigée par Miranda ZERO (et c’est le seul nom que vous aurez). Elle a pour mission de gérer les situations de crise partout dans le monde qui ne sauraient être résolues par des moyens [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Global-Frequency-1.jpg"  class="wmp" id="wmp15"><img class="alignleft size-full wp-image-2792" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Global-Frequency-1.jpg" alt="Copyright Wildstorm/Panini" width="200" height="300" /></a>A partir de maintenant, vous êtes tous sur Global Frequency.</strong></p>
<p>Global Frequency est une organisation de sauvetage non gouvernementale fondée et dirigée par Miranda ZERO (et c’est le seul nom que vous aurez). Elle a pour mission de gérer les situations de crise partout dans le monde qui ne sauraient être résolues par des moyens conventionnels : prise d’otages, alerte à la bombe, soldat bionique fou ou satellite tueur déréglé.</p>
<p>Pour ce faire, Miranda ZERO a recruté plus de mille membres à travers la planète (mille et un membres pour être précis), chacun étant le meilleur dans sa spécialité : pirate informatique, détective, généticien, psychologue, adepte du <em>parkours</em> et même un magicien. Chacun a accepté de participer au programme et tous sont prêts à tout pour mener leur mission à bien, jusqu’au sacrifice ultime s’il le faut.</p>
<p>Même s’ils sont rapidement esquissés, à l’occasion d’une réplique bien sentie ou d’une courte présentation par Miranda, tous les agents de GF ont leur propre personnalité et deviennent rapidement attachant le temps d’un épisode dense et riche.</p>
<p>Chacun d’entre eux est relié par un téléphone satellitaire high tech au central de Global Frenquency, dont la localisation est tenue secrète, géré par Aleph, jeune femme délurée dont le cerveau fonctionne comme un super-processeur.</p>
<p>Scénarisée de bout en bout par Warren Ellis, la série a cette particularité de ne compter que 12 épisodes, tous distincts et sans liens les uns avec les autres, si ce n’est la présence de deux femmes fortes Miranda et Aleph. Chaque histoire commence à chaque fois en pleine situation de crise et le lecteur, comme les agents intervenants, est briefé dans les premières pages. Le reste montre l’intervention, souvent musclée, des agents de GF. La série est donc constituée d’une succession d’épisodes courts mais intenses en action comme en suspens.</p>
<p>Si les scénarii sont tous signés par Warren Ellis &#8211; et les couvertures Brian Wood (<em>DMZ</em>, <em>Northlander</em>) &#8211; chaque épisode est mis en image par un dessinateur différent. Mais attention, Ellis n’a pas fait appel à des débutants ou de parfaits inconnus, mais bien à de grands noms de la bd américaine contemporaine. Jugez plutôt : on y retrouve Glenn FABRY (<em>Slaine</em>, <em>Judge Dredd</em>, <em>The Authority : Kev</em> ou pour les connaisseurs des visuels pour Magic l’Assemblée), David Lloyd (<em>V pour Vendetta</em>), Steve Dillon (<em>Wildcats</em> mais surtout <em>Preacher</em> et <em>Hellblazer</em>), Gene Ha (<em>The Authority</em>, <em>Top Ten</em> avec Alan Moore), Chris Sprouse (<em>Ocean</em> avec Ellis, très bonne histoire de SF) ou encore Simon Bisley (<em>Slain</em>).</p>
<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Global-Frequency-2.jpg"  class="wmp" id="wmp16"><img class="alignright size-full wp-image-2793" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Global-Frequency-2.jpg" alt="" width="200" height="303" /></a>La cohérence est assurée par la présence d’un seul scénariste, Warren Ellis donc. La série porte sans conteste sa patte puisqu’on y retrouve tous les thèmes chers au britannique : complots, organisations secrètes, mensonges d’Etat et catastrophes conséquentes, sans oublier son prosélytisme habituels sur le sexe ou les drogues. Les aficionados du scénariste y trouveront des références à ses œuvres précédents, à commencer par <em>Planetary</em>, l’organisation secrète qui décrypte les mystères du monde (Miranda a d’ailleurs un côté Jakita, les pouvoirs en moins) ou <em>Desolation Jones</em> (pour sa passion pour les espions de tous bords).</p>
<p>Série courte mais intense, compilée en seulement deux volumes (toujours disponibles en français), scénarisée par Ellis (et ce point devrait être suffisant à lui seul) et dessinée par quelques uns des plus grands noms du comic book, Global Frequency est une excellente série maitrisée de bout en bout. Elle n’a finalement qu’un seul défaut : ne compter que 12 épisodes, et aucune suite ou reprise n’est prévue pour le moment.</p>
<p>Considérant sa structure, pensée comme une série télé, et son joli succès aux USA et en Grande Bretagne, la Warner a produit et tourné en 2005 le pilote d’une série, avec Michelle Forbes (l’Amiral Helena Cain de <em>Battlestar Galactica</em>, Karen Decker dans <em>Lost</em> ou plus récemment Sarah dans la première saison de <em>The Walking Dead</em>) dans le rôle de Miranda Zero.</p>
<p>Même si ce pilote n’a jamais été suivi ni même diffusé, il a rencontré un certain succès auprès des fans grâce aux réseaux de partages. A tel point que certains d’entre eux lui ont même dédié <a href="http://www.frequencysite.com/" target="_blank">un site internet</a>, plutôt bien réalisé d’ailleurs.</p>

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		<title>Marvel: Les Grandes Sagas</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Apr 2011 21:23:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Asides]]></category>
		<category><![CDATA[Comics]]></category>
		<category><![CDATA[Marvel]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour marquer la sortie prochaine du film Thor et l’arrivée cet été de Captain America, Panini France réédite en kiosques une série de récits centrés sur les héros Marvel adaptés au ciné. Dix volumes de 144 pages sont programmés, à raison de deux par mois. Par ailleurs chaque volume sera accompagné d’un fascicule de 24 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour marquer la sortie prochaine du film Thor et l’arrivée cet été de Captain America, Panini France réédite en kiosques une série de récits centrés sur les héros Marvel adaptés au ciné.</p>
<p>Dix volumes de 144 pages sont programmés, à raison de deux par mois. Par ailleurs chaque volume sera accompagné d’un fascicule de 24 pages. Il s’agit en fait du découpage en 10 parties de Marvels par Kurt Busiek et Alex Ross.</p>
<p>Le premier numéro est déjà en kiosque à l’heure où j’écris ces lignes, proposé au prix de départ de 4,95€. Le suivant, Thor, est prévu pour le 26 avril à 6,95€ et Iron Man pour le 15 mai 2011. Si on en croit certains sites marchands, les suivants devraient avoisiner les 8,5O€.</p>
<p>La liste des dix volumes est la suivante :</p>
<p><span id="more-2750"></span><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Spiderman.jpg"  class="wmp" id="wmp20"><img class="alignleft size-full wp-image-2752" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Spiderman.jpg" alt="Copyright Panini 2001" width="150" height="231" /></a><strong>Spiderman par J. Michael Straczynski et John Romita Jr</strong></p>
<p>Il s’agit de l’arc Happy Birthday en 3 épisodes où Spidey remonte le temps pour affronter ses ennemis intimes, agrémentés de récits autoclusifs scénarisés et dessinés par d’autres auteurs (Mark Waid, Alberti Mario, …)</p>
<p><strong>Thor par Dan Jurgens et John Romita Jr</strong></p>
<p>Run de Jurgens et Romita paru entre juillet et décembre  1998 et relatant la (nouvelle) résurrection du dieu du tonnerre. Dommage qu’il s’agisse d’un début d’histoire et que ceux qui voudraient poursuivre aient à trouver la suite en occasion. Ça reste un excellent (début de) run.</p>
<p><strong>Iron Man – Extremis par Warren Ellis et Adi Granov</strong></p>
<p>Il s’agit de la série Extremis (conclue en 6 partie) de Warren Ellis et Andi Granov, réécrivant une nouvelle fois les origines (maintenant actuelles) de Tony Stark. Une série à lire ne serait-ce que pour sur le nom de Warren Ellis (qui a par la suite travaillé sur Ultimate Iron Man – Armor Wars, paru en France en deux fascicules en juillet 2006 et octobre 2010). Quant à Andi Granov, on rappellera juste qu’il a designé les armures des films ciné. Autant dire que les auteurs connaissent leur sujet.</p>
<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Thor.jpg"  class="wmp" id="wmp21"><img class="alignright size-full wp-image-2753" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Thor.jpg" alt="Copyright Panini Comics 2001" width="150" height="230" /></a><strong>X-Men – Genèse mortelle (Deadlky Genesis) par Ed Brubacker et Trevor Hairsine</strong></p>
<p>Cette mini série de 6 épisodes (parue entre janvier et juillet 2006) se situe après <em>House of M</em> et narre la recherche de Xavier par ses élèves mutants. Pas le meilleur des mutants, mais une très bonne série signée quand même par Ed Brubaker.</p>
<p><strong>Wolverine Evolution par Jeph Loeb et Simone Bianchi</strong></p>
<p>Peut-être la moins bonne surprise du lot. Une histoire scénarisée par Loeb donc basique et pleine de bagarre où le mutant griffu se castagne avec Sabretooth.</p>
<p><strong>Hulk  &#8211; Le retour du monstre (Return of the monster) par Bruce Jones et John Romita Jr</strong></p>
<p>Série correspondant aux premiers numéros du relancement de la série sous le titre <em>Incredible Hulk Vol. 1 : Return of the Monster</em>, parue out atlantique entre janvier et juin 2002 et en France en partie dans la revue Hulk, dans un 100% Marvel et dans la collection Monster Edition. Un relaunch apparemment très apprécié des fans.</p>
<p><strong>Captain America par Mark Waid et Andy Kubert</strong></p>
<p>Il s’agit de la série American Nightmare – Nuclear Dawn (Cauchemar Américain), parue aux États Unis en décembre 1998 et en France dans la revue Marvel Top de Janvier 2000. Une très bonne histoire, bien qu’ancienne, ficelée par Waid et ciselée Kubert (<em>1602</em>, <em>Ultimate Iron Man</em>, <em>Batman</em>).</p>
<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Hulk.jpg"  class="wmp" id="wmp22"><img class="alignleft size-full wp-image-2754" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Hulk.jpg" alt="Copyright Panini Comics 2001" width="150" height="229" /></a><strong>Daredevil par Frank Miller et David Mazzuchelli</strong></p>
<p>LA bonne surprise du lot. L’album à acheter impérativement. Il s’agit ni plus ni moins que de l’une des meilleures histoires de DD, voire la meilleure histoire jamais écrite pour le justicier aveugle. Intitulée <em>Renaissance</em>, il s’agit du Year One offert à DD par Frank Miller et David Mazuchelli, responsables du nouveau départ de Batman (<em>Year One</em>,justement). Cette histoire a d’abord été massacrée par Lug dans Strange (censurée, découpée, remontée, mal traduite) puis rééditée par Bethy dans une édition aujourd’hui introuvable. A acheter les yeux fermés et à ranger soigneusement sous plastique pour les siècles à venir (sous réserve qu&#8217;il s&#8217;agisse bien de la série originale et pas de la récupération des planches de Strange).</p>
<p><strong>Les Vengeurs par Kurt Busiek et George Perez</strong></p>
<p>Une histoire ancienne mais très plaisante opposant l’équipe à Ultron, parue sous le titre initial <em>Ultron Unlimited</em> en novembre 1999 (4 parties) et en France dans le magazine Iron Man, en 2000. Une histoire classique mais de bonne facture.</p>
<p><strong>Fantastic Four par Mark Waid et Mike Wieringo</strong></p>
<p>Très agréable surprise que cette réédition d&#8217;une série des FF  réalisée par les deux auteurs qui ont permis de relancer et de sauver le groupe: <em>Impensable</em> (<em>Unthikable</em>). Fatalis revient (encore et toujours) mais cette fois, il s’attaque aux fondations même de la famille Richards. Un arc sombre qui démontre une nouvelle fois le talent de Waid.</p>
<p>Au final, que penser de cette collection <em>Marvel Les Grandes Sagas</em>? A priori que du bien : elle semble plus homogène que la collection précédente sortie en kiosque (<em>Les indispensables de Marvel</em> qui mélangeait les groupes, les héros et mêmes les univers classiques et Ultimate) et les choix opérés semblent plus que judicieux. L’éditeur a ressorti des séries anciennes mais d’excellente facture, allant du moyen (Wolverine) à l’indispensable (Daredevil).<br />
On peut toutefois regretter l’omniprésence de Mark Waid et de Romita Jr (tant pis pour les détracteurs du dessinateur) et le faux cadeau de <em>Marvels 1</em>, qui obligera les complétistes à acheter toute la série (l’album complet est toujours disponible en librairie  cela dit).</p>
<p>Reste quelques petits points à éclaircir : quid de la qualité des livres (papier, impression, traduction) ? Et tous les titres paraitront-ils effectivement en kiosque ou faudra-t-il passer par un abonnement. A voir.</p>
<p>En ce qui me concerne, je vais tenter le coup avec le Spiderman (moins de 5€ pour un 144 pages ça ne se refuse pas) et si l’essai est concluant, je pense acheter le reste de la collection (même si je connais certaines des histoires mais ne les possède pas en recueil et si je vais me retrouver avec un doublon. Mais quel doublon : DD par Miller !!).</p>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/marvel/" title="Marvel" rel="tag">Marvel</a><br />
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		<title>Crossed</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Apr 2011 16:13:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Crossed est une série scénarisée par Garth ENNIS  et sortie en 10 épisodes (0 à 9) en 2010 chez Avatar Press, petit éditeur underground américain qui a publié Warren ELLIS, Frank MILLER ou encore Mark MILLAR. La série vient d&#8217;être publiée chez Milady Bragelone, éditeur de romans de fantasy qui a récemment ouvert son catalogue [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Crossed.jpg"  class="wmp" id="wmp24"><img class="alignleft size-full wp-image-2702" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Crossed.jpg" alt="Copyright Milady Graphics 2011" width="300" height="471" /></a>Crossed</em> est une série scénarisée par Garth ENNIS  et sortie en 10 épisodes (0 à 9) en 2010 chez Avatar Press, petit éditeur underground américain qui a publié Warren ELLIS, Frank MILLER ou encore Mark MILLAR. La série vient d&#8217;être publiée chez Milady Bragelone, éditeur de romans de fantasy qui a récemment ouvert son catalogue aux comics, et notamment ceux d’Avatar Press.</p>
<p>ENNIS et Milady ? Autant dire que cette annonce avait attisé ma curiosité et j’étais impatient de découvrir le nouveau titre du scénariste de <em>The Boys</em>.</p>
<p>Horreur, malheur, erreur ! J’étais préparé à tout de la part du scénariste irlandais mais pas à ça.</p>
<p><em>Crossed</em> s’inscrit dans le genre « torture porn », sous genre cinématographique apparu au début des années 2000 avec des films comme <em>Hostel</em>, <em>Saw</em> ou <em>Martyr</em>. Ici, le virus imaginé par ENNIS transforme ses victimes en sadiques pervers cherchant l’orgasme dans la violence et la brutalité.</p>
<p>L’histoire suit un petit groupe de rescapés qui tente de survivre après l’apparition d’un virus qui a métamorphosé la population en sadiques habités par le mal. Dans <em>Crossed</em>, point de zombies carnivores claudiquant mais des infectés brutaux (et rapides !) reconnaissables à la croix qui leur barre le visage.</p>
<p>Dans <em>The Walking Dead</em>, Robert KIRKMAN prenait le temps de poser ses héros, de les développer dans un monde apocalyptique où finalement les zombies sont moins importants que les réactions et évolutions des personnages principaux. Pour son survival, ENNIS a choisi la fuite en avant. Confrontés à l’horreur absolue, les survivants n’ont pas d’autres choix que courir sans s’arrêter, sans se poser plus de deux jours au même endroit.  Résultat, les personnages sont inexistants, sans aucune personnalité ni évolution. Impossible d’éprouver de l’intérêt ou de l’empathie pour eux. Non, dans <em>Crossed</em> l’intérêt est ailleurs.</p>
<p>En effet, le scénariste a clairement choisi de privilégier les scènes de tortures et de viols (d’une jambe coupée…).  ENNIS a déjà prouvé son inventivité en matière de supplices et de bizarreries sexuelles. Avec <em>Crossed</em>, il repousse encore les limites de la perversité, au détriment de l’intrigue.</p>
<p>L&#8217;histoire se résume à une alternance de scènes d&#8217;horreur et de séquences où les protagonistes planifient leur prochain mouvement. Le scénariste a choisi de totalement délaisser ses personnages dont on ne sait toujours rien à la fin de cette première moitié.  Ce défaut d’écriture se ressent jusque dans les flashbacks, mal amenés et surtout mal intégrés. Impossible de savoir au premier coup d&#8217;œil  s’il s’agit du présent ou d’un retour en arrière,  ce qui rend l&#8217;histoire encore plus difficile à suivre.</p>
<p>Les dessins sont signés Jacen BURROWS, qui avait déjà travaillé avec ENNIS sur la mini série <em>303 </em>(publiée en 2006 dans la collection Angle Comics des éditions Bamboo, abandonnée depuis). Le dessinateur a notamment illustré les textes de Warren ELLIS (avec un passage sur <em>Transmetropolitan</em>), Alan MOORE et bien sûr ENNIS.</p>
<p>S’il excelle dans les scènes d’ultra violence, BURROWS trouve ses limites dans les séquences plus calmes où ses personnages, parfois mal finis, apparaissent comme figés et inexpressifs. Et les couleurs informatisées achèvent de lisser les planches.</p>
<p><em>Crossed</em> est une série difficile à lire tant par son histoire, bancale et sans intérêt, que par ses scènes nauséeuses.  Le but n’est clairement pas de « raconter » mais bien de verser gratuitement dans la surabondance glauque. A réserver aux lecteurs (très) avertis, amateurs du genre ou « complétistes » d’ENNIS. Les autres peuvent passer leur chemin sans soucis. Quant à moi, je vais de ce pas rendre le livre à ma libraire.</p>
<p>Pour vous faire une idée, il est possible de feuilleter les premières pages <a href="http://issuu.com/bragelonne/docs/extrait-crossed?mode=embed&amp;layout=http%3A//skin.issuu.com/v/light/layout.xml" target="_blank">sur le site de l’éditeur</a>.</p>
<p>En prime, le site des éditeurs américains <a href="http://www.avatarpress.com/">Avatar Press</a> et français <a href="http://www.milady.fr/">Milady</a>.</p>

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		<title>Burquette 2</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Feb 2011 18:52:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Featured]]></category>
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		<category><![CDATA[Francis Desharnais]]></category>
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		<description><![CDATA[En 2008, Francis DESHARNAIS sortait un album surprise autour du thème inédit en BD du voile intégral, où une ado de 14 ans prenait une leçon de vie de la part de son père militant. Par son thème, fort et sans précédent, et sa manière de le traiter, avec humour et cynisme, le livre avait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2576" class="wp-caption alignleft" style="width: 298px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Burquette2.jpg"  class="wmp" id="wmp25"><img class="size-full wp-image-2576" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Burquette2.jpg" alt="Copyright Les 400 coups 2010" width="288" height="304" /></a><p class="wp-caption-text">Burquette - Tome 2</p></div>
<p>En 2008, Francis DESHARNAIS <a href="http://www.kroniks.net/2011/02/15/burquette/">sortait un album surprise autour du thème inédit en BD du voile intégral</a>, où une ado de 14 ans prenait une leçon de vie de la part de son père militant. Par son thème, fort et sans précédent, et sa manière de le traiter, avec humour et cynisme, le livre avait frappé les esprits et marqué le petit monde de la BD.</p>
<p>En 2010, Alberte est de retour dans un album inattendu. Désormais surnommée <em>Burquette </em>par ses amis, Alberte retrouve enfin sa mère et décide de partir avec elle en Balaysie pour l’aider dans son combat contre l’esclavage sexuel. Elle espère du même coup échapper à son père et ses méthodes personnelles d’éducation.</p>
<p>C’est sans compter sur le militantisme et surtout la ténacité de ce dernier, qui se met en tête de libérer les peuples opprimés de l’Asie. Et cette fois, son support pédagogique sera … une machine à coudre en fonte, à laquelle il enchaine purement et simplement sa fille.</p>
<p>A la lecture du nouveau pitch, on aurait pu craindre que <em>Burquette </em>tome 2 ne soit qu’une redite du premier et tombe dans la redondance facile. Ce n’est heureusement pas le cas. L’auteur a eu l’intelligence de rapidement (et littéralement) enterrer sa machine à coudre pour s’éloigner de toute démonstration trop pesante. Ce choix finalement judicieux permet surtout d’éviter à l’auteur de s’enfermer dans le genre « BD engagée » et du coup de se concentrer sur ses personnages, les développer et même d’en  amener de nouveaux.</p>
<p>Ce nouveau tome nous permet dès lors d’en apprendre un peu plus sur la famille d’Alberte. A commencer par son père. S’il était présenté dans un premier temps comme un irréductible hurluberlu militant, avec ce tome 2 on découvre un homme perdu qui essaye en fait, à travers ses lubies, de se rapprocher de sa fille. Quant à la mère d’Alberte, on peut dire que les retrouvailles avec sa fille ne se passent pas vraiment comme prévu. Elle qui s’attendait à trouver une mère attentive et maternelle, elle découvre une mère fantasque qui, malgré ses « convictions » humanitaires, ne cherche pas vraiment à créer des liens avec sa fille. Quant aux nouveaux venus, ils s’inscrivent eux aussi dans la caricature pour mieux dénoncer tous les travers de nos sociétés occidentales. A ce titre, la parodie de l’héritière hôtelière est cruellement drôle et affutée.</p>
<p>Ce nouvel album ne se démarque pas seulement par un changement de ton, mais aussi par un changement de technique : ici le trait se fait plus fin et les ombres moins présentes. Francis DESHARNAIS a en effet décidé de passer pour le tome 2 du feutre au crayon et d’atténuer les ombrages. Ce changement allège et éclaircit le dessin et par là même le ton général. Qu’on se rassure, <em>Burquette </em>n’en a pour autant pas perdu de sa verve et de son mordant et comme dans le premier les gags  se succèdent, là encore en demie teinte (les ourlets de pantalons ne resteront pas la meilleure trouvaille de l’auteur). Fidèle à la recette de son premier livre, DESHARNAIS continue d’alterner un humour simple et direct et des répliques noires et grinçantes. Car tout comme le premier volume, <em>Burquette </em>2 est régulièrement parcouru de réplique féroces qui, sous couvert de légèreté, visent juste et font régulièrement mouche (notamment envers les forums et les aigris qui se cachent derrière leurs pseudos sur internet).</p>
<p>Au final, et parce qu’il faut bien conclure et donner un avis, <em>Burquette 2</em> se révèle être un bon livre, drôle, amusant et féroce, à la galerie de personnages bien loufoques. Mais seulement bon parce que nécessairement comparé à l’aune du premier. Si ce tome était sorti le premier ou sans référence au tome 1, il aurait été un très bon livre. Le problème c’est qu’il est très difficile de passer après un thème aussi fort que la burqa. Comparé au premier, <em>Burquette</em> 2 apparait certes drôle mais moins mordant, moins acide et moins engagé (même si encore une fois il s’agit d’une volonté délibérée de l’auteur). Mais un livre « juste » bon, drôle, féroce c’est déjà pas mal non ?
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp25">Copyright Les 400 coups 2010</div>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/burquette/" title="Burquette" rel="tag">Burquette</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/francis-desharnais/" title="Francis Desharnais" rel="tag">Francis Desharnais</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/humour/" title="humour" rel="tag">humour</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/social/" title="social" rel="tag">social</a><br />
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		<title>Entretien avec Francis Desharnais (1ère partie)</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Feb 2011 11:21:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nos billets d'humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Burquette]]></category>
		<category><![CDATA[entretien]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme nous le racontons dans l’édito spécial Burquette, cette interview est un peu particulière puisqu’elle a été réalisée à la demande de l’auteur lui-même, qui a insisté pour nous rencontrer (oui oui, insisté !). Et on peut vous dire qu’on n’en est pas peu fier ! Et donc j’annonce, dans le cadre des belles interviews de Tonton [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2594" class="wp-caption alignleft" style="width: 308px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/photo2.jpg"  class="wmp" id="wmp26"><img class="size-full wp-image-2594" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/photo2.jpg" alt="Avec l'aimable autorisation du sujet" width="298" height="363" /></a><p class="wp-caption-text">Francis Desharnais</p></div>
<p>Comme nous le racontons dans l’<a href="http://www.kroniks.net/edito-special-burquette/">édito spécial Burquette</a>, cette interview est un peu particulière puisqu’elle a été réalisée à la demande de l’auteur lui-même, qui a insisté pour nous rencontrer (oui oui, insisté !). Et on peut vous dire qu’on n’en est pas peu fier !</p>
<p>Et donc j’annonce, dans le cadre des belles interviews de Tonton Cruchot (et de Xavier !), Kroniks vous propose <span style="text-decoration: underline;"><strong>un entretien exclusif avec <a href="http://www.francisd.com/">Francis Desharnais</a></strong></span>. A déguster lentement et avec l’accent de la belle Province.</p>
<p><strong>Kroniks :</strong> <strong>Francis, bonjour. On va commencer par la première question, c’est plus simple : qui es-tu et d’où viens-tu ?</strong></p>
<p><strong>Francis Desharnais :</strong> Bon ben, Francis Desharnais, j’ai écrit et dessiné <a href="http://www.kroniks.net/2011/02/15/burquette/">Burquette</a>. Le tome 1 sorti en 2008 et le tome 2 en 2010. Et là, je suis de passage à Paris pour rencontrer des médias, faire une séance de signatures à Paris et puis je vais aller à Angoulême. Mais plus comme touriste que comme auteur qui signe ; quoique je vais apporter des livres que je vais essayer de vendre sur place (rires).</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Tu as déjà participé au festival de BD d’Angoulême en tant que visiteur ou qu’auteur ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> En 2006 ou 2007, je suis allé à Angoulême parce que j’avais gagné un concours organisé par l’Office Franco-Québécois pour la jeunesse (OFQJ). C’était un concours de bande dessinée, j’avais fait une planche et j’avais gagné un séjour en France dont quatre jours au festival de BD d’Angoulême.</p>
<p><strong>K : Qu’est-ce que tu en as pensé ? En France, c’est LE gros évènement BD</strong>.</p>
<p><strong>F D: </strong>Ben partout dans le monde en fait, je crois qu’Angoulême est LE gros évènement. Au Québec aussi on connait. Sauf qu’on a moins l’occasion d’y aller (rires) !</p>
<p>J’ai trouvé ça gigantesque. Au Québec on fait plus des salons du livre. C’est aussi gros, même un peu plus gros qu’un salon du livre au Québec, mais ce n’est que pour la bande dessinée. Donc c’était assez impressionnant.</p>
<p>Voir aussi toutes les expos et puis d’avoir accès aux auteurs aussi. Enfin, moi j’étais trop gêné, donc je n’ai pas parlé avec les autres auteurs à ce moment-là. Mais bon, ils sont là, tu les vois, tous les grands noms dont tu entends parler !</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>En faisant des recherches, on a trouvé que tu as travaillé dans l’animation. Est-ce que tu peux nous en parler ? Parce que tu es venu à la BD après, j’imagine.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> En fait je viens de la BD au départ, mais quand je dis au départ c’est à l’âge de 8 ans !</p>
<p>J’ai toujours aimé la bande dessinée, j’ai suivi des cours. Je ne sais pas comment vous dites ici, mais nous on appelle ça l’Ecole des loisirs. C’est après l’école, le vendredi soir ou le samedi matin. J’avais des ateliers de bande dessinée. Donc j’ai appris comme ça. Sauf que dans les années 90, quand j’ai terminé mes études, le milieu de la bande dessinée au Québec était proche de zéro, il n’y avait pas grand-chose qui se publiait ou en tout cas rien à mon goût. Donc c’était absolument impensable de l’envisager comme une carrière.</p>
<p>Donc je suis allé en graphisme, pour pouvoir travailler après. Et puis c’était un truc qui se rapprochait presque de la bande dessinée.</p>
<p>Après j’ai bifurqué vers le cinéma d’animation, j’ai fini par travailler pour l’Office National du Film du Canada, qui est une maison de production d’Etat et qui produit beaucoup de films documentaires et des courts-métrages d’animation. On a une très très belle et riche histoire en cinéma d’animation au Canada, les films se font souvent remarquer dans les gros festivals et même aux Oscars. Donc c’est une belle école et il y a les moyens de faire une animation différente de ce qu’on voit souvent à la télé le samedi matin.</p>
<p>Mais j’avais toujours envie de revenir à la bande dessinée. Et puis en 2003-2004, j’ai travaillé pour une réalisatrice française, qui s’appelle Florence Miailhe, j’étais ici à Paris pendant ces années-là et c’est là que j’ai commencé à travailler sur Burquette.</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Donc la genèse de Burquette s’est déroulée en partie en France ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Oui, oui, tout à fait.</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Burquette a créé la surprise avec le thème atypique du voile intégral. Autant qu’on le sache &#8211; et on a bien cherché tous les deux &#8211; à part dans l’Affaire du voile de Pétillon, ce thème n’a jamais été abordé en BD. Pourquoi cet angle d’approche ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Quand j’ai eu le « flash », parce que c’est un peu ça qui est arrivé, j’étais à Paris et c’était tout le débat sur le voile à l’école en 2004. Tout le monde ne parlait que de ça, dans les journaux, à la télé, à la radio. Ça me faisait mijoter.</p>
<p>J’avais aussi un ami qui allait avoir son premier enfant et il ne savait pas encore si ça serait un petit garçon ou une petite fille. Il avait très peur d’avoir une petite fille qui serait un peu une « princesse » superficielle. Il disait « si j’ai une princesse, je l’envoie en Afrique ou dans un pays pauvre pour qu’elle voie d’autres façons d’être, d’autres façons de vivre ».</p>
<p>Donc ce sont ces deux évènements-là, mixés ensemble, qui m’ont donné l’idée d’un père qui va trop loin dans son désir d’éveiller son enfant à d’autres réalités que la sienne, à avoir une conscience sociale un peu plus développée. Le voile se portait super bien à ce thème-là, parce que là l’apparence est absolument « castrée », on va dire.</p>
<p>En même temps il y a l’aspect religieux qui peut être assez présent, assez fort. C’est à la fois le truc le plus « exotique » et le plus lourd de sens pour nous, en tant qu’occidentaux. C’est un truc qu’on ne comprend pas, qui est absolument à l’opposé des valeurs que nous prônons en général dans notre société.</p>
<p>Donc je me disais que c’était assez fort comme thème pour que ça marche bien et surtout j’avais des idées de gags. C’est ça en premier lieu qui a fait que j’ai continué dans cette voie-là.  Au début je me disais que je serais bon pour une dizaine de gags, que je ne pourrais jamais faire un album complet en ne parlant que de burqa. Mais à force d’en faire, à force de prendre le personnage d’Alberte et de le mettre dans différentes situations, je pouvais essayer de voir quel type de réactions ça pouvait susciter, ce que ça pouvait faire une adolescente en burqa dans une discothèque ou dans un bar de danseuses…</p>
<p><strong>K : …dans la société occidentale en général</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Voilà, exactement. Ça c’est un peu ça la réponse longue, je dirais (rires) !</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Ce qu’on a ressenti dans ce tome 1 c’est que la burqa n’est que la première accroche. Pour autant elle n’est qu’un accessoire à l’histoire. La réflexion porte plutôt sur la famille et la difficulté d’élever des ados, non ?</strong></p>
<p><strong>F :</strong> Oui, parce que ce qui m’intéressait, à la base, au-delà de mettre du comique de situation, c’était justement cet aspect-là de la relation entre père et fille. Je crois que c’est ce qui fait que la BD fonctionne bien.</p>
<p>Et puis c’est aussi ce qui me donne l’envie d’en faire d’autres ; c’est pour ça que j’ai fait un tome 2, parce que je me suis dit, ben le père il peut avoir d’autres idées, il peut avoir d’autres façons d’éveiller sa fille.</p>
<p>Donc oui pour moi ce qui fait la base de cette bande dessinée c’est beaucoup plus la relation entre le père et la fille, la dynamique entre les deux, avoir un père très…</p>
<p><strong>K : …Caricatural ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> …caricatural, c’est ça, de gauche caricaturée. Bon, de gauche, de droite on ne sait pas trop. Et puis d’avoir une fille plus euh… Bon, je la dis superficielle, mais en même temps c’est une adolescente. C’est tout à fait normal à 14 ans… C’est un genre d’éveil qui peut arriver beaucoup plus tard, soit à l’école, soit en lisant.</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Justement, le père, tu dis l’avoir voulu caricatural, gauchiste militant. Est-ce que c’est vraiment une caricature que tu as voulu faire ou il y a une partie de toi que tu as mis dedans ? Est-ce que tu ne serais pas un peu militant et que tu essaierais de faire passer un message à travers tes albums ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> On me pose souvent la question (rires).</p>
<p><strong>K : C’est toujours la question qu’on pose à un jeune auteur quand il sort son premier album !</strong></p>
<p><strong>F D : </strong>C’est aussi parce que j’ai toujours des difficultés à répondre ! Je n’ai pas la prétention de vouloir affirmer quoi que ce soit, de vouloir faire la leçon, faire la morale à qui que ce soit.</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Tu peux vouloir faire passer un message, tout simplement. « Voilà ma position, je préfère en rire et voilà ce que moi je pense ».</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Ben je crois que c’est un peu ce qui se passe de toutes façons, je pense qu’on voit par la bande dessinée que je ne suis pas en faveur de la burqa.</p>
<p><strong>K : C’est difficile de l’être, en même temps, c’est sûr.</strong></p>
<p><strong>F D : </strong>C’est à peu près impossible. Mais en même temps je n’ai pas voulu condamner de l’extérieur. C’est pour ça que je me suis dit que c’était quand même intéressant de prendre le point de vue de la femme, de la fille <span style="text-decoration: underline;">à l’intérieur </span>de la burqa. Ça, ça me plaisait bien. Donc comme approche, je me disais plutôt que d’être continuellement en confrontation je me demanderais ce qui ne marche pas à l’intérieur de la burqa. Donc je dirais que oui, de ce point de vue-là, y a un message mais…</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Tu as voulu pointer du doigt, quand même.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Je ne propose pas de solution, je ne propose pas UNE façon de voir ou une façon de dire « pour régler le problème il faut faire ci et ça ». Je n’ai pas voulu aller dans cette direction-là.</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Est-ce qu’au Canada vous avez aussi des voiles intégraux, des intégristes, des problèmes de montée du fondamentalisme ? Est-ce que la BD a été bien accueillie, est-ce que ce n’était pas trop « exotique » par chez toi ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Non, la BD a été bien accueillie parce que, pas longtemps après, 2007-2008, on a eu à peu près le même genre de débat que vous avez eu en 2004.</p>
<p>Nous on a appelé ça le débat des « accommodements raisonnables ». Qu’est-ce qu’un « accommodement raisonnable » ? Ce sont des mesures au cas par cas où des gens issus d’une religion vont demander un accommodement, justement, pour pouvoir pratiquer ou vivre leur foi.</p>
<p><strong>K : Du communautarisme ?</strong></p>
<p><strong>F D:</strong> Hmmm, je ne sais pas, je n’irais pas jusque là. Par exemple quelqu’un qui demanderait un local un peu isolé pour pouvoir faire sa prière, ça rentre dans ce qu’on appelle un « accommodement raisonnable ».</p>
<p>Sauf que parfois c’est allé trop loin. Au Québec, à part Montréal qui est assez multiculturel, la société est assez homogène, c’est très blanc francophone ; les gens qui pratiquent leur religion restent assez discrets.</p>
<p>Sauf qu’avec ce débat là qu’on a eu, chaque cas a été monté en épingle. Chaque fois qu’on en parlait dans les médias, une partie de la population « pétait un plomb » : « on va pas commencer à tout le temps nier nos valeurs », tu vois.</p>
<p>Il y a des extrémistes, mais on ne les entend pas tant que ça. Et puis le niqab, même si on en trouve un peu à Montréal, reste quand même marginal. Évidemment beaucoup de gens ont peur qu’il se répande. Donc la société québécoise se braque assez rapidement quand il y a des faits divers en rapport avec des femmes qui portent ce voile-là.</p>
<p>Il y a une peur qui, à mon sens, est démesurée par rapport à la réalité.</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Dans le tome 2, c’est la réunion tant attendue d’Alberte et de sa mère. Mais on ne peut pas vraiment dire que tout se passe comme prévu pour Alberte.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Ben, non, il fallait pas ! (rires)</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Finalement sa mère ne vaut pas tellement mieux que son père, non ? Est-ce que c’est un regard sur la difficulté d’être parent ? Il y a un strip que j’aime beaucoup qui dit « ça fait 14 ans que j’ai envie de vivre avec ma fille, mais pas forcément d’être sa mère ».</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Je me disais que si je voulais faire d’autres strips d’Alberte et de son père, il ne fallait pas que la mère puisse trop s’ingérer dans cette dynamique-là, parce qu’une vraie mère laisserait pas faire ce que le père fait à la fille. J’avais besoin de la mère – pas que je m’en débarrasse, parce que j’y tiens, c’est quand même un personnage intéressant – mais il ne fallait pas que je l’intègre trop à la dynamique entre les deux.</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Et du coup elle a sa propre dynamique à elle.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Ben c’est ça, exactement. Elle demeure très individualiste, même si elle prétend vouloir un peu changer le monde.</p>
<p>Moi je trouve que la relation entre la mère et la fille est presque plus horrible qu’entre le père et la fille, parce que je me dis qu’une mère qui refuse, enfin pas qui refuse, mais qui ne veut pas s’occuper de ses enfants, moi ça me trouble encore plus. Alors qu’un père qui s’occupe mal de ses enfants, on l’a déjà vu (rires).</p>
<p>Mais en même temps je me suis demandé : est-ce que c’est réaliste ? Est-ce que c’est plausible ? Et je me suis dit que oui, malheureusement ça existe des mères qui ne veulent pas s’occuper de leurs enfants. Alors je me suis dit ok, allons dans cette direction-là. Et j’ai fait en sorte que la mère ait beaucoup de doutes quant à sa capacité d’être une bonne mère.</p>
<p><strong>K : Du coup, ça fait un contrecoup terrible parce que tu termines le premier volume sur un espoir fou pour Alberte, qui se dit qu’enfin elle va pouvoir vivre avec sa mère et à peine montées dans l’avion les nuages s’amoncèlent.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Ouais, je ne perds pas de temps, là (rires) !</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Ce qui est intéressant c’est que la mère est consciente de ses propres défauts.</strong></p>
<p><strong>F D : </strong>Oui, alors que le père ne l’est pas tant que ça. Ce que j’aime bien dans le tome 2, c’est que la mère, malgré tout, est moins caricaturale que ce que le père l&#8217;est. Ça se passe plus au niveau de ses réflexions, de ses doutes et de ses choix finalement. Mais je pense l’avoir présentée d’une manière plausible.</p>
<p>Alors que le père, lui, on va dans la caricature, il est…</p>
<p><strong>K : … Il est complètement à l’ouest !!</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Ouais, c’est ça. Donc je suis peut-être un peu moins allé dans la caricature pour ce qui est de la mère.</p>
<p><strong>K : Quoique, dans le tome 2, le père, du fait qu’il se retrouve tout seul, change quand même un petit peu, non ? On n’est pas dupe, il part en Balynaisie « libérer le peuple opprimé » mais il laisse tomber dès qu’il a retrouvé sa fille.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Oui, je voulais quand même mettre des petites touches de tendresse (rires) !</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Le père n’est pas un psychopathe complet, quand même.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Dans le premier ça faisait un peu ça, il avait l’air complètement fou. Mais je pense qu’il est quand même attaché à sa fille. Je tenais à présenter aussi cet aspect-là. Et puis, ça explique aussi un peu pourquoi Alberte reste avec lui et pourquoi elle « accepte » son autorité, même quand il lui fait faire des choses qui n’ont pas de bon sens, comme la burqa ou la machine à coudre.</p>
<p><strong>K : Tu joues quand même un peu avec le chaud et froid. Par exemple, dans le tome 1, quand ils regardent ensemble le documentaire sur l’excision, ça fait peur !</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Oui, ça c’était le moment qui aurait pu aller trop loin, mais bon, j’irais pas jusque là, quand même !</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Autant la burqa arrive à tenir tout le long du premier album et tu arrives à rebondir sur des choses intéressantes, autant la machine à coudre est une super idée que tu abandonnes assez rapidement. Dans le tome deux tu es plus sur une critique de tes personnages. Et l’idée de départ qui aurait pu être le fil rouge de tous tes albums est abandonnée assez vite.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Oui, c’est parce que je ne voulais pas répéter Burquette 1. Le symbole est là, mais il est quand même moins fort que la burqa.</p>
<p>Et puis pour ce deuxième tome, j’avais deux objectifs : faire voyager Alberte et la mettre dans un contexte où elle découvre un peu ce que le père essaie de lui inculquer, de le voir en face ; et je voulais que le père se retrouve pris avec ses idées.</p>
<p>Au final, c’est le père qui se retrouve empêtré avec cette espèce de gros machin en fonte qui n’est absolument pas transportable facilement.</p>
<p><strong><a href="http://www.kroniks.net/2011/02/15/entretien-avec-francis-desharnais-2eme-partie/">Tout de suite la suite ! &#8230;</a><br />
</strong>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp26">Avec l&#8217;aimable autorisation du sujet</div>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/burquette/" title="Burquette" rel="tag">Burquette</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/entretien/" title="entretien" rel="tag">entretien</a><br />
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		<title>Entretien avec Francis Desharnais (2ème partie)</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Feb 2011 11:20:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nos billets d'humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Burquette]]></category>
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		<description><![CDATA[Suite et fin de l’entretien exclusif que nous a accordé Francis Desharnais, le papa de Burquette. K : Nous, on a trouvé que le tome 2 était un petit peu moins mordant que le premier. Toujours drôle, mais moins mordant, moins incisif. Maintenant tout s’explique : tu n’as pas voulu rester dans cette ligne de dénoncer l’oppression, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2600" class="wp-caption alignleft" style="width: 461px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Burquette-1_0002.jpg"  class="wmp" id="wmp27"><img class="size-full wp-image-2600" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Burquette-1_0002.jpg" alt="Francis Desharnais - 24-01-11" width="451" height="418" /></a><p class="wp-caption-text">Dédicace du tome 1</p></div>
<p>Suite et fin de l’<a href="http://www.kroniks.net/2011/02/15/entretien-avec-francis-desharnais-1ere-partie/">entretien exclusif </a>que nous a accordé Francis Desharnais, le papa de <em>Burquette</em>.</p>
<p><strong>K : Nous, on a trouvé que le tome 2 était un petit peu moins mordant que le premier. Toujours drôle, mais moins mordant, moins incisif. Maintenant tout s’explique : tu n’as pas voulu rester dans cette ligne de dénoncer l’oppression, tu as voulu te concentrer sur tes personnages.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Ouais, exactement, parce que …</p>
<p><strong>K : … tu as eu peur !</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Non, pas que j’ai eu peur, je ne voulais pas développer une recette non plus. Je voulais raconter une histoire différente, un peu plus en continu. Maintenant, moins mordant…</p>
<p><strong>K : … Non, socialement moins mordant je veux dire, parce qu’il y a quand même des répliques qu’on a retrouvées qui sont assez géniales, on y reviendra après. Sur les forums, Paris Hilton, sur la jeunesse dorée, ça reste mordant, mais moins engagé que le premier.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Ouais sans doute, mais c’est parce que la burqa, c’est tellement fort comme sujet… sauf que je ne voulais pas refaire une histoire de burqa parce que j’aurais étiré la sauce inutilement.</p>
<p><strong>K : Et puis tu te serais enfermé dans un genre, finalement.</strong></p>
<p><strong>F D : </strong>Oui, c’est ça. Donc j’aimais mieux miser sur mes personnages, sur la dynamique entre le père, la fille et la mère.</p>
<p><strong>K : Et ce n’est pas facile, sans doute, de trouver un nouvel objet symboliquement aussi fort que la burqa. On aura beau dire, enchaîné à sa machine à coudre, ça n’a pas le même impact dans nos sociétés occidentales.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Non, parce qu’on n’a pas en Occident d’images d’enfants enchaînés à des métiers à tisser. C’est une réalité qui existe, ou qui a existé dans un passé assez proche, mais ce n’est pas un truc auquel on est confronté dans les médias tous les jours.</p>
<p>Contrairement à la burqa qui est un symbole qui revient assez périodiquement. L’année dernière vous avez eu un débat en France sur le thème de la burqa, précisément. Le travail des enfants, c’est un truc qui est super grave aussi mais auquel on n’est pas confronté tous les jours.</p>
<p><strong>K : Bon, et alors, sur la suite, ton prochain cheval de bataille, ce sera quoi ? Quelle sera la prochaine lubie du père ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> En fait je ne peux pas le dire ! (rires)</p>
<p><strong>K : Mais tu l’as déjà en tête ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Oui, j’ai quand même un truc en tête, ça va être complètement différent du premier et du deuxième. Là, j’hésite encore à savoir si je ramène un peu la burqa comme je l’ai fait dans le deuxième, plus saupoudré, pas comme un élément central. Je ne sais pas, on va voir.</p>
<p>Mais là en ce moment, je suis en train de préparer l’adaptation en animation du tome 1.</p>
<p><strong>K : On a quand même un scoop ! (rires). C’est vrai que tes strips se prêteraient bien à une adaptation animée ! Ça serait des courts ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Oui, c’est ça. Ça va être vingt épisodes d’une minute. Donc, je suis là-dedans en ce moment, je suis en train d’écrire des scenarii, de choisir des comédiens, préparer l’animation.</p>
<p><strong>K : Tu vas pouvoir retrouver ton passé d’animateur ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Oui oui ! Mais je ne serai pas tout seul, je vais avoir une équipe, on va être un mini studio. J’ai hâte ! Surtout que c’est mon projet.</p>
<p>J’ai hâte de voir justement si ça s’adapte si bien que ça. Je pense que oui, mais bon, je peux me planter, je vais être réalisateur. Donc, si ça ne marche pas, ce sera de ma faute ! (rires)</p>
<p><strong>K : Et donc, une diffusion au Québec, dans les espaces francophones, en Europe peut-être ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> En fait l’objectif est de mettre ça sur internet, d’avoir un site sur <em>Burquette</em>. Ces capsules-là seront diffusées uniquement sur internet, donc disponibles partout dans le monde.</p>
<p><strong>K : D’accord ! C’est drôlement bien ! En plus, vous allez vous charger de tout, vous ne sous-traitez pas ailleurs dans le monde (genre une animation réalisée par des enfants)</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> (rires) Non, ça va être fait au Québec au complet. Deux producteurs sont impliqués dans cette aventure.</p>
<p><strong>K : Donc vous allez mettre en place un site entièrement dédié à ce projet ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Oui. Chaque semaine je vais faire un strip original qui pourra être inspiré de l’actualité du moment  et il va y avoir aussi des prestations live où je vais faire des dessins en direct sur internet.</p>
<p>Il va probablement y avoir aussi un blog d’Alberte ou un truc dans le genre. Et une page Facebook aussi.</p>
<p><strong>K : Alberte va nous faire part de ses états d’âme ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> C’est ça, mais aussi son père et les autres personnages.</p>
<p><strong>K : J’aurais envie de rebondir un peu sur l’actualité que tu nous as livrée, sur le site internet, parce que dans le tome 2 tu portes un regard assez cinglant sur internet et les forums.</strong></p>
<p><strong>Parmi toutes les réflexions intéressantes, on a retenu la remarque de Kader qui dit « c’est comme si on engageait quelqu’un pour être en colère à sa place » à propos des gens qui se lâchent sur les forums sous couvert de pseudonyme.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Oui, c’est à cause de cette espèce de façon de faire que tout est anonyme. Tout fonctionne par surnoms, c’est le phénomène des trolls. Vous avez ça ici aussi ?</p>
<p>C’est un truc sur internet qui m’énerve profondément. C’est une super belle plateforme, justement, pour réfléchir et réagir, mais parfois t’en as qui profitent du fait qu’on ne signe pas pour envoyer des tonnes et des tonnes de fiel et de conneries. Même pour des opinions qui sont contraires aux miennes ça ne me dérange pas mais le manque de civilité c’est quelque chose qui me fait assez ch….</p>
<p><strong>K : Quelle interaction avec ton public vas-tu mettre en place sur le site de l’adaptation de <em>Burquette </em>?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> On est encore un peu en train de planifier, mais c’est sûr qu’on recherche le plus d’interaction possible.</p>
<p>Déjà, les strips originaux dont je parlais, quand je vais faire du dessin en direct. On aura un genre de petit jeu où les gens pourront essayer de deviner ce que je suis en train de dessiner.</p>
<p>On va aussi demander 6 fois par année aux internautes de nous donner des anecdotes en rapport avec un moment de l’année. Ça peut être Noël ou la St-Valentin. Et moi je vais créer un strip de <em>Burquette </em>en fonction d’une anecdote qui aura été choisie.</p>
<p>Via le blog, j’imagine qu’on va avoir un système de commentaires où Alberte, son père ou ses amis, pourront réagir. Les gens pourront écrire à ces personnages-là et les personnages pourront réagir. Alberte a une page Facebook en ce moment et c’est un peu ce que je fais : elle dit des trucs et les internautes réagissent. Même moi des fois je m’engueule avec Alberte (rires).</p>
<p><strong>K : Je vois que tout ton planning à venir, c’est sur Alberte et sa famille. Est-ce que tu n’as pas envie d’aller voir d’autres projets, de développer autre chose ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Pour la prochaine année et demie, c’est sûr que je vais être beaucoup là-dedans, parce que l’animation c’est super long. Mais j’essaie quand même de pousser d’autres projets. J’aime bien faire des strips mais j’aimerais voir pour faire des histoires plus longues.</p>
<p>Là j’ai un livre en cours avec un autre auteur de Québec qui s’appelle Pierre Bouchard. Il devrait sortir peut-être au printemps 2011.</p>
<p>C’est sûr que je veux essayer de me sortir un peu de <em>Burquette</em>, mais c’est un processus qui est assez long.</p>
<p><strong>K : C’est toi qui veux absolument développer ça, ou tu es rattrapé par le succès du phénomène et tu veux en donner plus aux gens qui aiment ça ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Ben oui, je suis surpris par le succès du truc. Mais en même temps, être capable de vivre de mes projets c’est quelque chose qui me tient beaucoup à cœur, donc c’est sûr que je vais pousser tant que je peux.</p>
<p>Pour internet, c’est un peu ça : essayer de prolonger la vie de <em>burquette </em>et de le faire découvrir à des gens qui ne lisent pas forcément de bande dessinée.</p>
<p>Et puis ça va me permettre pendant un an et demi de travailler sur un projet personnel. Et ça, c’est quelque chose d’assez précieux.</p>
<p><strong>K : T’as pas peur d’être lassé à terme, de travailler toujours sur la même histoire, les mêmes personnages ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> C’est sûr que là je vais sûrement en avoir ras la casquette de parler de burqa, donc si jamais je prépare un tome 3, je ne le commencerai sûrement pas cette année.</p>
<p>Mais c’est sûr qu’à un moment donné il va falloir que je lâche cette histoire-là pour me concentrer sur autre chose. En Septembre-Octobre, je vais revenir à Bordeaux pour une résidence de deux mois, pour travailler sur un projet de BD. Enfin je pensais travailler sur le tome 3, mais je ne sais pas encore si je vais faire que du tome 3 d’Alberte.</p>
<p><strong>K : Dans un studio à Bordeaux ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> dans un atelier, oui (<em>ndK : lors de ma dédicace privée, Francis m’a confié qu’il allait rejoindre notamment <a href="http://www.kroniks.net/2010/07/17/entretien-avec-laureline-mattuissi/">Laureline MATIUSSI</a>, une de ses très bonnes amies.</em>)</p>
<p><strong>K : Tu lis de la BD, toi-même ? Quels sont tes derniers coups de cœur ou tes auteurs fétiches ? Plutôt de la franco, du comics, du manga ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> En fait, j’ai lu beaucoup de québécois. Au Québec ces dernières années il s’est vraiment publié beaucoup de choses super bien. Je me suis procuré beaucoup d’albums de compatriotes, comme Pascal Girard, un truc publié par les 400 coups qui s’appelle « Pour en finir avec Novembre », qui parle de la crise d’Octobre et qui est super bien !</p>
<p><strong>K : Jimmy Beaulieu commence à bien marcher en France. Il est même sélectionné à Angoulême cette année (<em>ndK : pour Comédie Sentimentale pornographique chez Delcourt</em>). Tu attends quoi , toi, d’Angoulême ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Surtout rencontrer d’autres auteurs. Oui, surtout ça. Et puis signaler mon existence ! (rires)</p>
<p><strong>K : Tu ne nous as toujours pas dit ce que tu avais lu dernièrement qui t’avait marqué ! C’est de la BD canadienne, du coup, québécoise ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Non mais ça compte pas ! (rires)</p>
<p><strong>K : C’est pas que ça compte pas, c’est juste que ça a du mal à toucher nos côtes ! (rires). Je ne suis encore jamais allé au Canada mais quand on me parle du marché de la BD canadienne, j’imagine surtout de l’importation de comics américains.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> En fait la BD québécoise est un peu prise dans l’étau entre la franco-belge, l’américaine et puis le manga. Faut se débattre un peu au travers de ça, mais le public est de plus en plus ouvert aux créations du Québec. C’est beaucoup plus encourageant que ça ne l’était. On est dans une belle période en ce moment, au Québec, pour la bande dessinée.</p>
<p>Sinon, j’ai eu un gros coup de cœur pour « <em>La volupté</em> » de Blutch. J’aime beaucoup toute cette bande de l’Association. Mathieu Sapin j’aime beaucoup. J’ai aussi lu le truc sur Gainsbourg.</p>
<p><strong>K : En France, quand les mangas ont commencé à avoir une grosse part du marché, il y a pas mal d’auteurs qui se sont dit qu’ils allaient tous se faire « mettre à la porte ». Comment a été perçue au Québec cette arrivée des mangas ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Il y a un truc qui est assez positif avec les mangas, c’est que ça a amené les filles à lire de la bande dessinée. Certains mangas sont très très spécialisés dans leur façon de pêcher leur public, ils font des mangas vraiment pour les filles.</p>
<p>Il y a plein de filles qui se sont mises à lire de la bande dessinée, ce qui n’était pas nécessairement le cas avant. La BD était beaucoup un truc de gars, malheureusement, mais maintenant ça change un peu.</p>
<p>Pour le reste, au niveau graphique c’est vrai qu’il y a beaucoup d’auteurs qui sont influencés par les manga mais qui les réadaptent à leur sauce, comme Michel Falardeau, par exemple, avec <em>Mertownville</em>, que j’ai lu et que j’ai beaucoup aimé. Il a une certaine base manga, mais il fait un truc qui n’est quand même pas un manga pur et dur, qu’il a adapté à son trait.</p>
<p>Pour le reste ça ne change pas grand-chose, parce que comme je le disais, il y a déjà beaucoup de comics américains, de franco-belge, on rajoute juste beaucoup de japonais ! (rires).</p>
<p>Ce qui a changé, c’est que maintenant il y a plus de gens qui sont intéressés à lire de la québécoise. C’est ça la vraie nouveauté en fait !</p>
<p><strong>K : Comment expliques-tu  ce développement de la québécoise, justement ? Parce que tu nous as dit au début que quand tu voulais te lancer, il n’y avait rien et que donc tu t’étais tourné vers l’animation. Là tu nous décris un monde de la BD québécoise qui est riche, vivant.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Qui est en effervescence, même, je dirais.</p>
<p>Premièrement le public qui lisait de la bande dessinée plus jeune vieillit. Et à force de dire que la bande dessinée n’est pas que pour les enfants, il y en a qui comprennent le message et qui continuent à en lire même en vieillissant. Et qui constatent que justement il y a beaucoup de bandes dessinées qui ne sont pas pour les enfants et qui valent bien des romans et bien des films.</p>
<p>Du coup pour les médias c’est la même chose, tu as des jeunes qui travaillent pour des maisons d’information, qui disent « ça serait bien de parler de bande dessinée », ce qui fait qu’on en parle un peu plus qu’avant. Ce n’est pas encore l’Eldorado, là, mais c’est un peu mieux que c’était.</p>
<p>Ce sont des jeunes qui sont dans la trentaine maintenant, qui travaillent, qui ont un pouvoir d’achat parce que faut quand même se les acheter les bandes dessinées. Le marché se développe tranquillement par un public qui vieillit.</p>
<p><strong>K : Et qui suit.</strong></p>
<p><strong>F D : </strong>Et qui suit, oui, surtout (rires).</p>
<p><strong>K :</strong> En tout cas merci beaucoup Francis pour cette belle rencontre. On te souhaite un excellent festival, un bon retour chez toi et beaucoup de courage pour cette année et demi à venir à travailler sur ta série animée.</p>
<p><em>(Juste après, pendant que Xavier allait enfin se coucher, j’ai eu droit à une séance personnelle de dédicace. Hé oui.)</em></p>
<p><em>Et si vous n’en avez pas eu assez et que vous voulez en plus le son, l’image et l’accent, vous pouvez retrouver <a href="http://www.youtube.com/watch?v=BVebgYT404Q" target="_self">l’interview réalisée la veille de la nôtre pour TV5 monde</a>.</em></p>
<p><em>Nous tenons à remercier très chaleureusement Sarah et Élisabeth, des 400 coups, pour leur accueil et les efforts déployés pour qu’elle se passe dans les meilleures conditions. Et pour le petit cadeau qu’elles m’ont offert.</em>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp27">Francis Desharnais &#8211; 24-01-11</div>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/burquette/" title="Burquette" rel="tag">Burquette</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/entretien/" title="entretien" rel="tag">entretien</a><br />
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		<title>Y&#8217;a-t-il un dessinateur dans la salle ?</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Jan 2011 11:22:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[communauté]]></category>

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		<description><![CDATA[A Kroniks, on aime bien les chouettes projets. Alors quand on tombe sur une bonne idée, on la partage et on aide autant qu&#8217;on peut. Il y a quelques jours, un ami m&#8217;a demandé si je pouvais passer une annonce pour lui sur le site. Cet ami est réalisateur semi-amateur (ou semi pro, au choix) [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A Kroniks, on aime bien les chouettes projets. Alors quand on tombe sur une bonne idée, on la partage et on aide autant qu&#8217;on peut. Il y a quelques jours, un ami m&#8217;a demandé si je pouvais passer une annonce pour lui sur le site. Cet ami est réalisateur semi-amateur (ou semi pro, au choix) et il a été engagé pour filmer les futurs clips d&#8217;un chanteur français: Julien THURET.</p>
<p>Pour la troisième chanson qu&#8217;il doit mettre en image, l&#8217;équipe artistique souhaiterait réaliser un clip à base de montage de visuels, sans comédien. Pour ce faire, ils sont à la recherche d&#8217;un dessinateur pro ou amateur pour réaliser une série de dessins et/ou de petites animations (même s&#8217;ils sont bien conscients de la difficulté de réaliser seul une animation même sommaire).</p>
<p>Je vous recopie une partie de la note d&#8217;intention de Yannick (c&#8217;est mon copain), puisque c&#8217;est quand même lui qui en parle le mieux:</p>
<p>&laquo;&nbsp;Julien Thuret est un artiste compositeur‐parolier‐interprète. Il sort son premier Maxi en Juin 2010 avec 5 titres enregistrés. Parmi ces 5 titres, 2 seront clipés en vidéo avec tournage réels et un troisième sera clipé à base d’un montage visuel sans comédien. Ce dernier clip se nomme « Petit homme ».</p>
<p>Cette chanson traite des enfants enrôlés dans les cercles de la violence, de la guerre ou de la perversion dans le monde. Que ce soit des enfants‐soldats ou des enfants prostitués, tout dans le texte est là pour donner un vecteur de réflexion à l’auditeur.</p>
<p>L’idée est de faire un clip qui soit un mélange de dessins, de photos-reportages et d’extraits de films ou d’émissions traitant du sujet.</p>
<p>La trame de base sera le dessin. Le souhait est un dessin réaliste en noir et blanc avec 1 couleur dominante (le rouge sang). Deux possibilités sont envisagées : soit une sorte de dessin animé, sois des dessins fixes dans des formats hybride permettant un mouvement de camera dans le dessin (mouvements horizontaux, verticaux et zooms).</p>
<p>Ces dessins seront agrémentés de photos réelles qui viendront recouvrir les scènes dessinées comme des feuilles qui viennent recouvrir l’horreur abstraite de la représentation graphique pour l’encrée dans l’horreur bien réelle de l’image pure. Quelques images tirées de reportages ou de films seront là pour renforcer et animer le clip à des endroits précis.</p>
<p>Le clip final devra être terminé pour début Juin (montage et étalonnage) afin d’être intégré au DVD de Julien Thuret.</p>
<p>Sur le plan du timing, les dessins doivent être finis pour début juin 2010, le montage se fera le week-end des 4 et 5 juin 2010 avec les planches, les photos et les extraits. La sortie du DVD est prévue pour le 25.</p>
<p>Précisions : nous ne sommes pas en mesure de rémunérer le dessinateur. Son nom sera bien sur crédité au générique du clip, sur le DVD regroupant les 3 clips et 1 DVD sera offert au dessinateur.</p>
<p>Bien évidemment le dessinateur garde tout contrôle sur ses œuvre et en cas de bénéfices sur la vente du DVD un partie lui sera reversée à hauteur d’un cinquième des bénéfices (1/5 pour l’artiste, 1/5 pour l’association productrice du projet, 1/5 pour le réalisateur du clip « La Force », 1/5 pour le réalisateur du clip « Réunion de famille » et 1/5 pour le dessinateur du clip « Petit homme »)&nbsp;&raquo;</p>
<p>La note d&#8217;intention complète est disponible sur simple demande.</p>
<p>Si vous savez vous servir d&#8217;un crayon, si vous vous sentez en phase avec le projet, si vous avez du temps de libre pour participer à un projet humain, vous pouvez nous contacter via kroniks, on fera passer le message. Merci pour eux.</p>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/communaute/" title="communauté" rel="tag">communauté</a><br />
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		<title>The Losers</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Oct 2010 20:53:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comics]]></category>
		<category><![CDATA[action]]></category>
		<category><![CDATA[espionnage]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
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		<description><![CDATA[Attention: l&#8217;article qui suit est totalement subjectif, rempli de superlatifs, d&#8217;exagérations et autres emphases mais l&#8217;auteur assume totalement son enthousiasme débridé. Pour vous dire la vérité, je n’ai pas eu ces derniers temps de lectures qui m’aient réellement emballé. Depuis quelques temps j’ai cette méchante impression que tout ce qui sort en librairie relève du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Attention: l&#8217;article qui suit est totalement subjectif, rempli de superlatifs, d&#8217;exagérations et autres emphases mais l&#8217;auteur assume totalement son enthousiasme débridé.<br />
</em></p>
<p><em><br />
</em></p>
<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/losers.jpg"  class="wmp" id="wmp31"><img class="alignleft size-full wp-image-2458" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/losers.jpg" alt="Copyright Vertogo 2006" width="300" height="429" /></a>Pour vous dire la vérité, je n’ai pas eu ces derniers temps de lectures qui m’aient réellement emballé. Depuis quelques temps j’ai cette méchante impression que tout ce qui sort en librairie relève du déjà vu, déjà lu et me parait très très tiède. Bref, je m&#8217;ennuie.</p>
<p>Certes le dernier <em>Blacksad</em> est superbe, <em>Orbital</em> toujours aussi bon et le nouvel album de la série du <em>Troisième testament</em> ne déçoit pas. Mais c&#8217;est bien là le drame : les mêmes titres, certes de qualité, se suivent et se ressemblent, les mêmes séries s&#8217;étirent et rien de neuf ne pointe à l’horizon.</p>
<p>Sauf quand on lit <em>The Losers</em>. <em>The Loser</em>s c’est la bd qui m’a mis un coup de fouet quand je pensais avoir déjà tout lu en matière de séries d’action. Il y aura très clairement un avant et après <em>The Losers</em> et toute nouvelle bd d’action à venir sera comparée l’aune de ce titre.</p>
<p>Mais kézako <em>The Losers</em> ?</p>
<p><em>The Losers</em>, c’est une bande de cinq copains mercenaires, ex-agents des forces spéciales de la CIA, trahis par leur donneur d’ordre, Max, et laissés pour morts après une mission éprouvante.</p>
<p>Bien décidés à prendre leur revanche, les voilà à la poursuite d’un homme puissant et mystérieux, évoluant dans les plus haute sphère du renseignement et utilisant un nom de code oublié de tous depuis la deuxième guerre mondiale.</p>
<p>L’équipe est composée de Pooch, bon père de famille capable de piloter n’importe quoi, Jensen, petit génie des télécommunications littéralement amoureux de son ordinateur, Roque, la grande gueule amateur de munitions et d’armes lourdes et de Cougar, le sniper mexicain mutique. Cette bande de potes est dirigée par le Colonel CLAY, le cerveau de la bande qui ferait passer Hannibal SMITH pour un débutant.</p>
<p>Dis comme ça, la série pourrait laisser penser à un honteux plagiat de <em>l’Agence Tous Risques</em>, Barracuda en moins. C’est pas faux.</p>
<p>Mais<em> The Losers</em> c’est avant tout une excellent série d’espionnage où la CIA n’est pas avare en coups tordus, une formidable  succession de plans brillants à tiroirs (vous avez déjà assisté au braquage d’un serveur pirate en pleines eaux internationales, vous ?) et un étonnant chapelet de rebondissements dignes des meilleurs films de genre.</p>
<p>En fait,<em> The Losers</em> c’est un mélange détonnant du meilleur du thriller, du polar, de l’action, de l’espionnage et du braquage aligné sur un rythme effréné. Tout simplement.</p>
<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/The_Losers.jpg"  class="wmp" id="wmp32"><img class="alignright size-full wp-image-2466" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/The_Losers.jpg" alt="Copyright DC Comics/panini Comics 2009" width="300" height="461" /></a>Andy DIGGLE, scénariste anglais survitaminé (<em>Batman</em>, <em>Green Arrow</em>, <em>Daredevil</em> ou encore Hellblazer), passe en mode grand style et nous offre une série explosive et classieuse. Alternant comme un métronome des scène d’action dantesque, des braquages millimétrés et des répliques cassantes, il délivre ce que tout amateur de la collection Vertigo attend: du fun, de l’action et des gros guns. Et du fun aussi.</p>
<p>JOCK, alias Mark SIMPSON à l’état civil, a plusieurs fois illustré les histoires de DIGGLE (<em>Hellblazer</em> ou <em>Green Arrow : Year One</em> pour ne citer que ceux là). Les compères se connaissent bien et une fois encore le dessinateur est au diapason avec son scénariste. Il met ici son dessin semi réaliste taillé à la serpe au service d’une mise en scène nerveuse et cinématographique. Tout va à cent à l’heure, ça explose de partout et les personnages s’affichent comme des poseurs.D’ailleurs, le dessinateur a reçu le prix Eisner du meilleur artiste de couvertures en 2006 (<em>best covers artist</em> comme on dit dans les milieux autorisés).</p>
<p>Preuve de son succès, la série a récemment été adaptée en long métrage. Et le portage est tout simplement incroyable (je vous avais prévenu que ce serait emphatique, ne venez pas vous plaindre).</p>
<p>J’ai pu voir le film en vidéo (merci l’import) et je peux vous assurer que le matériau d’origine a été totalement respecté : nerveux, racé, déjanté, il reprend avec bonheur les grandes lignes de la bd pour les transcender en live (on retrouve d’ailleurs dans les génériques de début et de fin des cases et clins d’œil tirés de la bd).</p>
<p>Les acteurs sont tout simplement bluffants. A croire que c’est la bd qui a été tirée du film et que le dessinateur a tiré le portrait des comédiens. Le casting affiche de belles têtes (Jeffrey Dean MORGAN, aperçu en Comédien dans <em>Watchmen</em>, Chris &laquo;&nbsp;Captain America&nbsp;&raquo; EVANS qui joue un Jensen barré ou encore Jason PATRICK, vu aux côtés de Ray LIOTTA dans <em>Narc</em>, qui campe un Max totalement déjanté) et chacun est entré à merveille dans la peau de son personnage. (Quoique l’Aicha jouée par Zoé &laquo;&nbsp;Rahh Lovely&nbsp;&raquo; SALDANNA me parait bien trop sage au regard de la tueuse froide accroc à la violence de la série d’origine).</p>
<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/the-Losers-affiche.jpeg"  class="wmp" id="wmp33"><img class="size-full wp-image-2459 alignleft" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/the-Losers-affiche.jpeg" alt="Copyright Warner Bros 2010" width="290" height="447" /></a>Le film devait sortir au cinéma à la fin de l’année 2010 en France mais compte tenu de ses résultats jugés insuffisants aux États-Unis (moins de 23 millions de dollars les quatre premières semaines, quand même), il a été décidé de le sortir directement en vidéo (en novembre 2010 en blu-ray et DVD). Dommage, il méritait d&#8217;être vu sur grand écran.</p>
<p>Mais ne boudons pas notre plaisir pour autant: <em>The Losers</em>, le film, est un complément parfait à <em>The Losers</em>, la série (certaines scènes ou répliques sont calquées sur les bouquins) et encore une fois le portage est très respectueux (rien à voir avec certains portages ratés et honteux surfant sans vergogne sur la renommé d&#8217;un titre . Ne me parlez jamais de <em>The Spirit</em> et encore mois de <em>Wanted!</em>).</p>
<p>Doté d’un budget conséquent, le film n’apparaît à aucun moment comme un sous-produit financé par une kermesse de maternelle et tourné à la va-vite avec les pieds par un étudiant en première année de théâtre. Bien au contraire, il se hisse très facilement au niveau des meilleures productions du genre et peut sans rougir soutenir la comparaison avec des <em>Armes Fatales</em> et autres <em>Die Hard</em>. Il se révèle même meilleur que certains blockbusters pourtant sortis en salle (non, ne comptez pas sur moi pour citer <em>l’Agence tous risques</em>).</p>
<p>Attention tout de même à ne le visionner qu&#8217;après avoir lu les bouquins  et s&#8217;être imprégné des personnages. En effet, le scénario du film ne suit pas l&#8217;ordre des scènes de la bd et il dévoile de nombreuses  intrigues élucidées plus tard. Et surtout, le passage des personnages de papier  aux réels n’en sera que meilleur.</p>
<p>Au final, Qu’importe les quelques défauts que certains grincheux ne manqueront pas de soulever (humour gras, montage parfois bâclé), le film reste suffisamment jouissif pour contenter les amateurs d’action et enthousiasmer les fans de la série. Vite, une suite!</p>
<p>Habituellement, quand je rédige une chronique, j’essaye de rester objectif et mesuré. Mais <em>The Losers</em> a été un véritable coup de cœur. Un de ces titres qui vous laisse la tête en vrac, le souffle court et un sourire grand comme ça sur le visage.</p>
<p>Alors pour une fois, je vais sortir du cadre rigide de l’article posé et argumenté: <em>The Losers</em> est mon sens ce que j’ai lu de mieux depuis belle lurette et compte tenu des sorties annoncés ces prochains mois, ce que je relirais de mieux pendant un bon moment. C’est drôle, nerveux, intelligent, tordu, dynamique, classieux, percutant, jouissif, charismatique et plus encore. Un classique instantané que je range sans hésiter dans mon top 10 personnel des meilleures bd du monde. Au moins.</p>

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