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	<title>Kroniks &#187; Cruchot</title>
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	<description>le blog bd qui bronze en été</description>
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		<title>Brooklyn 62nd</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Jul 2010 09:53:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Starsky et Hutch ! Nananananin ! Starsky et Hutch! Nananananin !&#160;&#187; Le sergent REYNES et le Lieutenant KOTCHENKO sont deux flics de New York, affectés dans le 62e commissariat de la ville. Tout allait bien pour eux jusqu&#8217;à l&#8217;arrivée de leur nouveau capitaine, bien décidée à recadrer tout ce beau monde, et notamment tirer au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>&laquo;&nbsp;Starsky et Hutch ! Nananananin ! Starsky et Hutch! Nananananin !&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p><strong></strong><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Brooklyn62nd01.jpg"><img class="alignleft  size-full wp-image-2391" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Brooklyn62nd01.jpg" alt="Copyright Paquet 2005" width="200" height="266" /></a>Le sergent REYNES et le Lieutenant KOTCHENKO sont deux flics de New York, affectés dans le 62e commissariat de la ville.<br />
Tout allait bien pour eux jusqu&#8217;à l&#8217;arrivée de leur nouveau capitaine, bien décidée à recadrer tout ce beau monde, et notamment tirer au clair cette histoire de Juanito MENDEZ.<br />
Qu&#8217;est-il réellement arrivé à ce jeune dealer ? Si REYNES et KOTCHENKO ont été blanchis, pourquoi les affaires internes travaillent toujours sur eux ?</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Go ahead punk, make my day&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p><strong></strong>Dès le départ le ton est donné: KOTCHENKO et REYNES ne sont pas des anges. Casquette à l&#8217;envers, tatouages et fusil à pompe, ils n&#8217;hésitent pas à rentrer à coups de 45 fillette dans le lard de ceux qui se mettraient en travers de leur chemin, fussent-ils flics ou voyous.<br />
Mais il ne faut pas pour autant perdre de vue que même s&#8217;ils sont (un peu) pourris, ils n&#8217;en demeurent pas moins des flics. Et des bons.<br />
La preuve, pour rendre service à un indic ils vont se mettre sur la trace d&#8217;une fugueuse et découvrir un réseau qui fait disparaître des filles dans une casse de bagnoles.<br />
Il semble bien que Frankie, le parrain sur le déclin, soit dans le coup.<br />
Pourquoi? Qui? Dans quel but? Pas mal de questions qui trouveront leurs réponses au terme de cette trilogie.</p>
<p>L&#8217;histoire est très riche puisqu&#8217;on suit en parallèle trois intrigues: l&#8217;affaire du dealer dans le coma après une rencontrer mouvementée avec les deux flics, l&#8217;histoire de Frankie et enfin celle des filles disparues qui fait le lien entre les enquêteurs et le mafieux.<br />
Et le lecteur n&#8217;est jamais perdu pour autant. Tout reste parfaitement clair et compréhensible jusqu’à la fin.</p>
<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/brooklyn62nd3_18042007.jpg"><img class="alignright  size-full wp-image-2392" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/brooklyn62nd3_18042007.jpg" alt="Copyright Paquet 2007" width="200" height="268" /></a>Les personnages sont plutôt bien décrits, plus profonds qu&#8217;ils n&#8217;y paraissent, et tout n&#8217;est pas blanc ou noir. Ils ont une épaisseur très intéressante qui permet à l&#8217;auteur de les développer tranquillement, sur trois tomes, pour au final nous fournir une belle palette de caractères.</p>
<p>Quant à la mise en scène, rien à redire. Michel KOENIGER connaît son affaire. La séquence dans la casse est une merveille: cadrages osés, dessins mouillés. On s&#8217;attend presque à voir des gouttes sur la focale.<br />
Michel KOENIGER (<em>Bushido, Eight Ball Hunter</em>) travaille sur de très grandes planches (mais alors vraiment grandes), ce qui lui permet d’aérer son dessin. Du coup, les cases sont claires, les persos volumineux et les plans aérés. On respire quoi.</p>
<p>Petite série sous testostérone, Brooklyn 62nd se lit avec plaisir et permet de prolonger avec bonheur des séries télé comme The Shield ou The Wire. Idéal pour les amateurs du genre et ceux qui auront apprécié <em>Bushido</em> (d’ailleurs, les deux séries se font écho en partageant quelques personnages, notamment le parrain Franckie).</p>
<p>Un seul bémol, la couverture (rose !) du premier tome. Mais impossible d’en vouloir à l’auteur, c’est une erreur de l’éditeur… Heureusement que les deux suivantes rattrapent le coup.</p>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/policier/" title="policier" rel="tag">policier</a><br />

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		<title>Entretien avec Laureline MATTIUSSI</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Jul 2010 18:59:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Nos billets d'humeur]]></category>
		<category><![CDATA[aventure]]></category>
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		<category><![CDATA[Laureline MATTUISSI]]></category>
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		<description><![CDATA[A Kroniks on fait ce qu&#8217;on veut quand on veut. Parfois on publie des kroniks sans interviews, parfois on publie des kroniks ET des interviews. Et ben là, on a décidé de publier une interview avant une (éventuelle) kronik. Pourquoi ? D&#8217;abord et d&#8217;une, on fait ce qu&#8217;on veut (faudra le répéter à chaque fois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/SO26-l_ile_au_poulailler-cover.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2373" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/SO26-l_ile_au_poulailler-cover.jpg" alt="Copyright Treize Etranger 2010" width="294" height="394" /></a></strong>A Kroniks on fait ce qu&#8217;on veut quand on veut. Parfois on publie des kroniks sans interviews, parfois on publie des kroniks ET des interviews. Et ben là, on a décidé de publier une interview avant une (éventuelle) kronik. Pourquoi ?</p>
<p>D&#8217;abord et d&#8217;une, on fait ce qu&#8217;on veut (faudra le répéter à chaque fois ?).</p>
<p>Ensuite et de deux, parce que cette interview là, c&#8217;est celle de Laureline MATTIUSSI, une ravissante auteure aux yeux bleu azur qui a pris le temps de répondre à des questions (pas toujours) stupides et qu&#8217;elle traine depuis trop longtemps dans mes dossiers (l&#8217;interview, hein, pas Laureline).</p>
<p>Enfin et de trois parce que parler de son œuvre, l&#8217;<em>Ile au poulailler</em> publiée chez Treize Étrange, demande du temps pour rendre compte du talent de l&#8217;artiste, de sa manière de composer d&#8217;immenses planches aérées avec un style délié et stylisé. Parce qu&#8217;il faut bien choisir et peser ses mots pour raconter cette histoire de pirates qui n&#8217;en est pas une en en étant quand même une, alignant les clichés du genre mais sans en suivre les sentiers (re)battus. Bref, parce que ce n&#8217;est pas facile, voilà.</p>
<p>Alors en attendant de trouver les mots (et le temps) pour rendre compte convenablement du travail de Laureline  (mais est-ce seulement possible tant ce diptyque est à la fois étrange et merveilleux, aventureux et coquin, familier et étonnant&#8230;),  Tonton Cruchot vous propose un entretien avec l&#8217;artiste. Et si après ça, vous n&#8217;avez toujours pas envie de découvrir son univers&#8230; alors promis, vous aurez une belle kronik.</p>
<p><strong>Kroniks : Laureline bonjour. Alors avant de commencer je voudrais te décerner un prix spécial : le prix Kroniks des plus beaux yeux bleus de dessinatrice de BD. Sous vos applaudissements !</strong></p>
<p><strong>Pour ceux qui ne le saurais pas (et peu le savent), il faut expliquer qu&#8217;à l&#8217;heure où tu réponds à ces questions, tu sors d&#8217;une période d&#8217;ermite asocial pendant laquelle tu as bouclé le tome 2 de <em>l&#8217;Ile au poulailler</em>. C&#8217;était comment ? On imagine que c&#8217;est pendant ces moments d’intense création que les auteurs se font le plus plaisir, non ?</strong></p>
<p>Laureline MATTUISSI : C&#8217;était ascétique sur la fin, c&#8217;était la panique dès le début. C&#8217;était des moments de bravoure intenses et lumineux lorsque je me levais à 6 H 00 et que je me collais aussi sec au boulot, de furieux accès de colère quand je loupais mon réveil. C&#8217;est un moment où j&#8217;ai définitivement cessé de répondre au téléphone. Mais j&#8217;ai beaucoup progressé en dessin.</p>
<p><strong>K : J&#8217;ai lu ta biographie, disponible un peu partout sur internet, et j&#8217;en ai retenu que tu étais née il n&#8217;y a pas très longtemps à Nancy et qu&#8217;après tu as publié <em>L&#8217;Ile au poulailler</em>. C&#8217;est bon, je n&#8217;ai rien oublié ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;ai également pris le large et baroudé en mer pendant cinq ans avant d&#8217; aller vivre en bête sauvage dans des jungles lointaines. Depuis j&#8217;écris des livres en fumant des cigares de la Havane, je joue à lancer des couteaux en plein dans le mille comme me l&#8217;a appris mon tonton Max, je bois du calva dans des crânes en caressant un vieux chat sauvage et borgne.</p>
<p><strong>K : J&#8217;ai lu aussi que tu donnes des cours de dessins à Bordeaux. Ça ressemble à quoi un cours de dessin par Laureline MATTIUSSI ? Tu es quel genre de professeur ? Du genre à mettre des heures de colle à ceux qui n&#8217;arrivent pas à dessiner Titeuf ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;ai cessé depuis quelques années de donner des cours de dessin. Je ligotais les élèves dissidents et mon vieux chat sauvage et borgne leur griffait les parties génitales.</p>
<p><strong>K : A une époque où toutes les jeunes femmes qui dessinent font des BD pour fillasses en se comparant la taille de leur sac à main, toi tu publies un roman graphique, un vrai, tout sympa tout plein sur les petites hontes des enfants. Alors quoi, t&#8217;aimes pas les sacs à main, les blog de filles et les histoires de poils ?</strong></p>
<p>LM : Pas vraiment.</p>
<p><strong>K: Ton tout premier livre donc c&#8217;est <em>Petites hontes enfantines</em> (chez la Boîte à Bulles). Tu peux nous raconter la genèse de cet album et l&#8217;accueil qu&#8217;il a reçu ?</strong></p>
<p>LM : Les &laquo;&nbsp;Petites Hontes Enfantines&nbsp;&raquo; sont de cours récits glanés au fil des discussions avec des copains. J&#8217;ai conservé les hontes qui me semblaient les plus drôles et les plus singulières, mais qui conservaient également un caractère universel. Il y est question d&#8217;une profonde gravité de l&#8217;enfance mélangé à une vraie drôlerie. Je crois qu&#8217;il a été bien accueilli.</p>
<p><strong>K : Dans <em>L&#8217;Ile au poulailler</em> tu mets en scène une « piratesse » meneuse d&#8217;homme, bagarreuse et qui ne s&#8217;en laisse pas compter. Allez, sois franche, tu as pris qui comme modèle ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;aime les personnages féminins éminemment sexués et tapageurs&#8230; et totalement inconvenants. Ma piratesse a cette qualité qu&#8217;elle peut parcourir le pont de son bateau les fesses à l&#8217;air, vociférant auprès de ses marins comme un diable, sans jamais s&#8217;interroger sur l&#8217;indécence de son accoutrement.</p>
<p>Je ne lui connais aucun modèle.</p>
<p><strong>K : Le genre &laquo;&nbsp;aventures de pirates&nbsp;&raquo; est plutôt réservé aux hommes mais tu réussis à apporter une touche de féminité bienvenue tout en respectant les clichés du genre. Tu voulais faire la nique aux mecs et leur prouver que les filles aussi peuvent dessiner des voiliers, des combats à l&#8217;épée et des poulets plumés ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;ai voulu travailler sur la piraterie pour ce qui en fait l&#8217;essence même : la révolte, l&#8217;obstination, la démesure et toujours cette profonde inconvenance. Pour la magie du mythe également : pas de pirates sans trésor et sans revenants. Du point de vue du dessin il y avait ce plaisir à faire juxtaposer la transparence de l&#8217;air et la beauté des horizons marins, le mouvement de l&#8217;eau, quelque chose qui tient de l&#8217;atemporel et d&#8217;un certain rapport au songe et à l&#8217;infini, à du rugueux, du charnel , du grossier, à des personnages qui perdent leurs chicots, qui se grattent les couilles, qui ont des poux, qui s&#8217;emmerdent, puis qui d&#8217;un coup sont pris de folie et s&#8217;entretuent.</p>
<p>J&#8217;ai beaucoup joué sur le langage, la grossièreté et la rudesse des marins que j&#8217;aime facétieux et cruels.</p>
<p>J&#8217;aime l&#8217;idée d&#8217; un récit qui sent un peu, avec de la puissance et du rythme.</p>
<p><strong>K : A la fin du premier tome, on se retrouve en plein délire onirique, sur une île à poulets. Le ton devient presque non-sensique. C’était l’idée dès le départ ? Partir d’une histoire de pirates pour arriver … pour arriver où justement ?</strong></p>
<p>LM : Pour n&#8217;arriver nul part justement car la piraterie selon moi se joue de l&#8217;espace et du temps pour n&#8217;œuvrer qu&#8217;en des eaux circulaires où il n&#8217;y a ni début ni fin. On cavale à travers les mers en se jouant de l&#8217;Histoire et de l&#8217;organisation du terrestre, on y poursuit une révolte ou un trésor, on y joue l&#8217;histoire d&#8217;une folie et d&#8217;une déraison jusqu&#8217;à ce que mort s&#8217;en suive. C&#8217;est le leitmotiv de mon récit à moi. Et les poulets y étaient prévus depuis le début.</p>
<p><strong>K : Ton album est superbement préfacé pa rique comme toujours et véritablement dithyrambique à ton égard. Comment as tu rencontré Pierre et comment l&#8217;as tu convaincu de préfacer ton livre ? Tu l&#8217;as ensorcelé avec tes yeux bleu azur ? C&#8217;est en tout cas un magnifique cadeau qu&#8217;il t&#8217;a fait là.</strong></p>
<p>LM : Pierre Dubois est un pirate. Un vrai de vrai car non content de porter des grandes bottes et un couteau à la ceinture il est accompagné de magie. Adolescente j&#8217;ai dévoré ses contes et ses encyclopédies. J&#8217;y trouvais alors une écriture exemplaire parce qu&#8217;elle savait dire le merveilleux, avec sagacité, avec drôlerie, avec un vrai plaisir jouisseur, et cet immense savoir qui le caractérise. Il fait partie des gens qui ont le plus compté dans mes désirs de raconter et je suis très honorée par cette préface qui est une formidable préface.</p>
<p><strong>K : L&#8217;association Artémisia est tout aussi enthousiaste puisqu&#8217;elle t&#8217;a décerné son prix de l&#8217;année 2010. J&#8217;imagine que c&#8217;est mieux que le titre de &laquo;&nbsp;plus beaux yeux bleus de dessinatrice de BD&nbsp;&raquo;&#8230; Pour toi, ce prix littéraire c&#8217;est :</strong></p>
<p><strong>a) une consécration bien méritée, non mais                                                                        b) une motivation pour la suite</strong></p>
<p><strong>c) tu t&#8217;en fous, tu voulais un prix à Angoulême                                                                  d) Obi Wan Kenobi?</strong></p>
<p>LM : Ce prix a permis à mon livre d&#8217;avoir une plus grande visibilité et c&#8217;est très bien. Et j&#8217;aime bien le propos que tiennent les membres d&#8217;Artemisia sur les femmes dans l&#8217;univers de la création. ( et puis j&#8217;aime aussi l&#8217;œuvre d&#8217;Artemisia Gentileschi, ça tombe bien).</p>
<p><strong>K : Tu remercies &laquo;&nbsp;les copains de l&#8217;atelier&nbsp;&raquo;. C&#8217;est quel atelier déjà, rappelle nous ?</strong></p>
<p>LM: Koikoi com quiqui, Aux anchois des Antilles ou les Studios Johnson, les noms varient. C&#8217;est un atelier à Bordeaux et nous sommes 7 : Nicolas Dumontheuil, Jean-Denis Pendanx, David Prudhomme, Rémi Cattelain, Jérome Daviau, Christophe Dabitch et moi-même.</p>
<p><strong>K: D’ailleurs, est-ce que tu travailles encore en atelier ? Et qu&#8217;est-ce que cet environnement t&#8217;apporte que tu n’as pas en travaillant seule ?</strong></p>
<p>LM : Je n&#8217;y ai pas mis les pieds depuis quelques temps. J&#8217;aime alterner des périodes de travail totalement solitaire chez moi à des moments d&#8217;ateliers où on mélange un peu nos tendances d&#8217;ours asociaux. Et puis les temps d&#8217;atelier sont aussi des moments de discussion et d&#8217;échange sur les projets en cours et j&#8217;ai beaucoup d&#8217;estime pour le travail de mes camarades d&#8217;atelier.</p>
<p><strong>K : Plus généralement, à quoi ressemble une journée type de dessinatrice de BD ? Par exemple, tu prends quoi au petit déjeuner ?</strong></p>
<p>LM : Des pieds de porc sauce chien.</p>
<p><strong>K : Les couleurs sont de ta copine Isabelle MERLET. Comment s&#8217;est passé le travail exactement entre vous ? Et surtout, laquelle des deux faisait le thé ?</strong></p>
<p>LM : Nous ne buvions que du shrubb. Je suis très contente de cette collaboration, Isabelle a un extraordinaire culot et sait donner entièrement corps au récit par ses choix colorés. Elle sait dire les tensions, les moments de heurts, les temps suspendus&#8230; elle pense d&#8217;abord l&#8217;histoire avant de lui insuffler de la force. Ses couleurs font sens. Et elles sont superbes.</p>
<p><strong>K : Tu pourrais nous donner TA définition de la bande dessinée. Je veux dire, en tant qu&#8217;artiste, en tant qu’auteur ? Qu&#8217;est-ce que le 9<sup>e</sup> art t&#8217;apporte par rapport à l&#8217;illustration classique ? (&laquo;&nbsp;Le pognon&nbsp;&raquo; n’est pas une réponse valable).</strong></p>
<p>LM : Moi j&#8217;aime par dessus tout raconter. Et la BD me permet de dire davantage que par le biais d&#8217;autres médiums parce que c&#8217;est un art de l&#8217;écrit et de l&#8217;image confondu. C&#8217;est de fait un moyen d&#8217;expression extrêmement riche&#8230; et éminemment complexe aussi, car il faut trouver à maîtriser cette subtile imbrication de l&#8217;image et du récit.</p>
<p><strong>K : Es-tu toi-même lectrice de BD ? Quels sont tes derniers coups de cœur ? Tes albums cultes ? Voire tes auteurs de référence ?</strong></p>
<p>LM : Mon dernier coup de cœur est &laquo;&nbsp;<em>Las Rosas</em>&nbsp;&raquo; d&#8217;Anthony Pastor aux éditions de l&#8217;an 2. &laquo;&nbsp;Un western tortilla à l&#8217;eau de rose&nbsp;&raquo; écrit son auteur, un récit absolument génial. Courez l&#8217;acheter si ce n&#8217;est déjà fait.</p>
<p>Il y a aussi <em>Kaz</em>, que j&#8217;ai découvert il y a un ou deux mois en lisant &laquo;&nbsp;Terrain vague&nbsp;&raquo;, ça m&#8217;a fait beaucoup rigoler.</p>
<p>Et puis il y a eu le <em>Rébetiko </em>de Prudhomme.</p>
<p>Les auteurs que j&#8217;admire sont nombreux , en faire une liste exhaustive serait ennuyeux et les réduire à quelques-uns serait injuste&#8230; mes références se trouvent aussi dans la littérature.</p>
<p><strong>K : Après les pirates, tu vas t&#8217;attaquer à quoi ? Tu as des projets en vue, des idées d&#8217;histoire ? Des projets à plusieurs mains peut-être ?</strong></p>
<p>LM : Je pars cette fois pour la Rome Antique, avec un scénariste, Sol Hess, aux commandes. C&#8217;est une histoire qui prend pied dans les bas-fonds de la ville, une histoire qui glue et qui poisse, avec beaucoup d&#8217;ombre et un peu de lumière le tout bien emmêlé, avec des rapports humains terribles, avec de la débauche, avec des poètes, des putes et des consuls trop gros, avec beaucoup d&#8217;humour. C&#8217;est un très beau scénario.</p>
<p><strong>K : Bon je vais te laisser tranquille maintenant, en attendant de pouvoir lire la suite de <em>l&#8217;Ile au poulailler</em>, sur laquelle tu ne diras rien, bien évidemment … (Même pas un petit truc, rien qu&#8217;à moi ?) Merci beaucoup Laureline pour ta gentillesse et surtout ta patience. J’espère te revoir très bientôt, parce que les séances de dédicace ont avec toi quelque chose de magique (je sais pas, les yeux peut-être…).</strong></p>
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		<title>Black Summer &#8211; No Hero</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Jun 2010 19:09:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comics]]></category>
		<category><![CDATA[adultes]]></category>
		<category><![CDATA[super héros]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } -->En 2009, l&#8217;éditeur Milady/Bragelone, bien connu pour ses romans de fantasy et nouveau venu dans le monde de la BD, sortait en France un inédit de Warren ELLIS : <em>Black Summer</em>. Passé malheureusement inaperçu du grand public, le titre se révélait pourtant très efficace tant sur le fond, ELLIS oblige, que sur la forme (mais on y reviendra). Cet album m&#8217;avait à tel point secoué que j&#8217;étais bien décidé à vous en parler. Et puis le temps est passé et <em>Black Summer</em> n&#8217;a pas eu les honneurs de Kroniks. La sortie en juin 2010 de <em>No Hero</em>, deuxième épisode de ce qui s&#8217;annonce comme un triptyque, est l&#8217;occasion de revenir sur ces œuvres hors norme. Allez hop, deux bouquins pour le prix d&#8217;un.</p>
<h3>Black Summer</h3>
<div id="attachment_2317" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/black-summer.jpg"><img class="size-full wp-image-2317" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/black-summer.jpg" alt="Copyright Milady Graphic 2009" width="300" height="461" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Milady Graphic 2009</p></div>
<p><strong> </strong>Pour lutter contre la criminalité et la corruption galopante dans une ville ressemblant à Washington, sept personnes mues par une inébranlable volonté de changer le monde, de le rendre meilleur, acceptent de recevoir des &laquo;&nbsp;augmentations offensives et défensives de combat&nbsp;&raquo; pour devenir des Armes vivantes. Chacun engrange suffisamment de puissance pour tenir tête à une armée et tous ensemble ils forment le front de défense de l&#8217;Amérique. Tout bascule le jour où John HORUS, l&#8217;une des armes les plus appréciée du public, tue de sang froid le Président des États-Unis et ordonne au peuple américain de mettre fin à cette administration criminelle qui les gouverne pour organiser des élections libres.</p>
<p>Les six armes restantes se retrouvent prises entre deux feux : protéger les émeutiers de forces armées et se protéger eux-mêmes des armes officieuses lancées à leurs trousses par Franck BLACKSMITH, leur mentor pourtant supposé mort. Le tout en retrouvant John pour comprendre son geste et l&#8217;éliminer si besoin.</p>
<p>Pas besoin d&#8217;être un génie pour comprendre que <em>Black Summer</em> est un violent pamphlet contre l&#8217;administration BUSH et ses mensonges. Warren ELLIS avait déjà abordé ce thème des supers-héros qui rétablissent l&#8217;ordre en bottant les culs des dictateurs dans <em>The Authority</em> (la série qui lave plus blanc). Mais cette fois, il va plus loin que jeter un despote africain en pâture à  la population qu&#8217;il affamait. ELLIS et son comparse MILLAR en étaient restés à montrer les dents d&#8217;Authority au maitre du monde (<em>« Monsieur le Président vous n&#8217;êtes pas en position de déterminer ma juridiction »</em>). Chez Avatar Press, ELLIS ventile le Président et sa garde rapproché au quatre coins du bureau ovale, façon puzzle.</p>
<p>Cette séquence d&#8217;ouverture donne le ton général de l&#8217;album : ce sera sale, ce sera dur mais ce sera fait pour le bien du peuple. Et du lecteur halluciné.</p>
<p>La quatrième de couverture annonce pompeusement que « <em>si vous avez aimé Watchmen, vous aimerez Black Summer </em>».  Une accroche un poil prétentieuse, <em>Watchmen</em> reste d&#8217;une profondeur abyssale et a tellement révolutionné le genre qu&#8217;il sera difficile de lui arriver à la cheville. Mais pas si éloignée de la réalité. Car en effet sous un traitement gras et particulièrement sanglant, ELLIS a ciselé une histoire plus profonde qu&#8217;il n&#8217;y paraît et avec plusieurs niveaux de lecture.  Fidèle à lui-même, le scénariste britannique a en effet émaillé son récit de pure action avec quelques unes de ses réflexions habituelles, la première portant, de manière si évidente que c&#8217;en est sur la couverture, sur le pouvoirs et les responsabilités: quand on dit combattre pour le bien, jusqu&#8217;où peut-on aller ? Peut-on vraiment tout faire sous prétexte de pouvoir le faire ? Un homme seul peut-il se poser en seul décideur et renverser un gouvernement qu&#8217;il n&#8217;aime pas ? Mais ce n&#8217;est que la partie visible de l&#8217;iceberg puisqu&#8217;ELLIS a truffé son récit de réflexions sur, en vrac, la peine de mort, le complexe militaro-industriel ou encore la démocratie piétinée par les juteux contrats.</p>
<p>Alors oui <em>Black Summer</em> est dense,très dense, trop dense même pour certains qui ne verront que des personnages à peine esquissés (quand seuls deux ou trois se révèlent vraiment approfondis) et une accumulation de scènes d&#8217;action entre deux monologues antirépublicains. Car <em>Black Summer</em> est avant tout un défouloir pour les auteurs. Pour Warren ELLIS qui peut se lâcher comme jamais et tirer à boulets rouges sur ces républicains qu&#8217;il hait tant mais aussi pour José Juan RYP, le dessinateur. Cet espagnol né en 1971 a commencé sa carrière en dessinant des BD pornos pour Wet Comics ou des histoires de terreur pour Trece. En 2002, il est enfin remarqué et intègre l&#8217;écurie de la toute nouvelle maison Avatar Press. Il  collabore d&#8217;entrée avec rien moins qu&#8217;Alan MOORE puis Franck MILLER et finalement Warren ELLIS.</p>
<p>Son style est très particulier, mélange d&#8217;encrage épais, de personnages réalistes et de décors hyper détaillés. Les scènes d&#8217;actions sont ahurissantes de violence et de fureur, d&#8217;explosions de sang et de corps qui finissent en charpie. Ajoutez à cela de pleines pages débordant d&#8217;énergie et des designs classieux au possible et vous obtenez un condensé de nitroglycérine à boire cul sec. Son style ne plaira pas à tout le monde mais ceux qui accrocheront ne lâcheront pas le livre avant la dernière page. Promis.</p>
<h3><strong>No Hero</strong></h3>
<div id="attachment_2318" class="wp-caption alignright" style="width: 312px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/No-hero.jpg"><img class="size-full wp-image-2318" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/No-hero.jpg" alt="Copyright Milady Graphic 2010" width="302" height="470" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Milady Graphic 2010</p></div>
<p>Deuxième partie du futur triptyque <em>No Hero</em> ne partage pourtant pas grand chose avec <em>Black Summer</em>, en tout cas en apparence. L&#8217;un n&#8217;est pas la suite de l&#8217;autre, ils ne reprennent pas les mêmes personnages et ne se situent même pas dans le même univers. Et pourtant ils sont intimement liés.</p>
<p>Juin 1966, Carrick MASTERSON annonce à la télévision qu&#8217;il a créée un groupe de surhumain pour libérer le peuple de la loi de la rue, de la brutalité de la police et du monde qui se retourne contre lui. Son secret? Une drogue dérivée du LSD appelée FX7 et capable d&#8217;ouvrir les capacités extra humaines du cobaye<sup>[1]</sup>. Ou de le tuer, oui aussi. Les Levellers sont nés et vont devenir des héros, des protecteurs.</p>
<p>Quarante ans plus tard, alors que les Levellers deviennent la Front Line, deux d&#8217;entre eux sont assassinés salement par un groupe hostile non identifié. Il va falloir les remplacer au plus vite. Ça tombe bien, Joshua CARVER, jeune idéaliste surentrainé, n&#8217;aspire qu&#8217;à une chose: devenir un super-héros et protéger les gens. Et cette bonne âme a, grâce à son talent, réussi à attirer l&#8217;attention de Carrick MASTERSON. Il attend maintenant que le gourou lui propose enfin la gélule miracle qui fera de lui un héros protecteur de la loi.</p>
<p>C&#8217;est clair, Warren ELLIS est obsédé par le pouvoir et son usage; et presque toutes ses œuvres tournent autour de ce thème. Si dans <em>Black Summer</em> il se demandait jusqu&#8217;où pouvait aller un surhomme pour défendre ses idées, dans <em>No Hero</em> il met à l&#8217;honneur l&#8217;héroïsme à travers un jeune idéaliste prêt à tout pour défendre la veuve et l&#8217;orphelin. Et pose cette question: jusqu&#8217;où peut-on aller pour devenir un super-héros ? Jusqu&#8217;à sacrifier son humanité ? Ses idéaux ? Car en effet les agents de Front Line sauvent le monde mais n&#8217;oublient pas d&#8217;empocher leur part au passage, quitte à provoquer un peu les événements pour faire monter les enchères.</p>
<p>Respectueux du genre, les auteurs rendent ici hommage à ces héros de papier qui ont choisi de mettre leurs pouvoirs au service des autres. D&#8217;ailleurs, l&#8217;album est parsemé de fausses couvertures, véritables hommages à celles qui ont marqué l&#8217;histoire des héros célèbres: <em>X-Men</em>, <em>Spiderman</em>, Superman et bien évidemment <em>Watchmen</em>. Sauf si vous viviez sur Mars ces 20 dernières années, impossible de ne pas en reconnaître au moins une<sup>[2]</sup>.</p>
<p>Toujours dessiné par JJR, <em>No Hero</em> laisse un peu de côté les double pages sanglantes de gunfights hyper nerveux pour des pleines pages d&#8217;hallucinations cauchemardesques générées par la drogue ingurgitée par Joshua. Il vous montrera même quoi faire d&#8217;une colonne vertébrale fraîchement arrachée à son propriétaire.</p>
<p>Le style graphique ne change pas et reste toujours aussi précis (rappelant un peu Franck QUITELY pour les connaisseur) et saturé de détails. Ceux qui ont aimé <em>Black Summer</em> trouveront là encore leur comptant d&#8217;action, de sang et d&#8217;os.</p>
<h3><strong>Thèse, antithèse. Synthèse ?</strong></h3>
<p>On l&#8217;a dit, chacun des titres contient sa dose d&#8217;action et de réflexion et tous deux se font écho à travers ce thème de l&#8217;héroïsme. Pourtant, à bien y regarder, on pourrait y voir plus. Comme une sorte de mise en miroir dévoilant à qui regarde bien une nouvelle piste de réflexion planquée par ELLIS. Attention spoiler.</p>
<p>Dans <em>Black Summer</em> une divinité bienveillante et trop humaine descend sur terre pour renverser un gouvernement qu&#8217;elle juge néfaste et libérer les hommes. Après avoir combattu et perdu, les hommes se rendent compte que cette entité avait raison et reprennent les rênes de leur vie.</p>
<div id="attachment_2320" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Supergod.jpg"><img class=" size-full wp-image-2320" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Supergod.jpg" alt="Copyright Avatar Press 2010" width="300" height="467" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Avatar Press 2010</p></div>
<p>Dans <em>No Hero</em>, un humain qui n&#8217;en est plus vraiment un monte chez les Dieux pour mettre fin à une dictature liberticide et tenter de rendre sa liberté à l&#8217;humanité. Après avoir combattu et vaincu, les hommes se rendent compte que sans guide et livrés à eux mêmes ils sont voués au chaos.</p>
<p>A partir de là se dessinerait la position d&#8217;ELLIS : l&#8217;Humanité serait incapable de se gérer elle-même et devrait s&#8217;en remettre à une entité supérieure et bienveillante qui par sa position a le recul nécessaire pour décider.</p>
<p>L&#8217;idée n&#8217;est pas nouvelle certes, mais la démarche est plutôt innovante. Thèse, antithèse, reste à savoir comment Warren ELLIS clôturera son triptyque dans sa synthèse. Et cette synthèse s&#8217;appellera <em>Super God</em>, ce sera dessiné par Gary GASTONNY (<em>Caliber : first cannon</em>) et c&#8217;est prévu pour novembre 2010 aux États-Unis. <em>Black Summer</em> parlait de superhumains trop humains, <em>NoHero</em> d&#8217;un superhumain devenu un monstre; <em>Supergod</em> parlera d&#8217;un humain qui n&#8217;en est plus un et qui est devenu &#8230; autre chose. Plus d&#8217;infos (alléchantes mais en anglais) sur <a href="http://www.avatarpress.com/titles/supergod/">le site officiel d&#8217;Avatar Press</a>.</p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p><em>Black Summe</em>r et <em>No Hero</em> sont des œuvres hors normes qui revisitent avec bonheur le thème des supers qui pètent les plombs, une sorte d&#8217;Authority 2,0. C&#8217;est jouissif, intelligent, cynique et irrévérencieux.</p>
<p>Il serait dommage de passer à côté de ces titres sous prétexte que vous n&#8217;aimez pas le comics et encore moins les supers héros. Le triptyque d&#8217;ELLIS contient suffisamment de bonnes idées pour contenter même les plus réfractaires. D&#8217;autant que le travail de l&#8217;éditeur est superbe: traductions fidèles, beau papier et  couvertures luxueuses. A essayer avant de jeter au moins.</p>
<p>Le duo ELLIS-RYP est explosif et on croise les doigts pour que Milady sorte leur troisième livre en commun: <em>Wolfskin</em>. Compte tenu du thème (sword and sorcery à la Conan) et de la ligne éditoriale de l&#8217;éditeur, on peut espérer une bonne nouvelle sous peu.</p>
<p>Enfin, sachez qu&#8217;ELLIS, à l&#8217;instar de son pote Mark MILLAR <em>(Wanted!</em>, <em>Kick Ass</em>), aura droit aux honneur du grand écran puisque deux de ses œuvres vont sortir au cinéma en 2011 : <em>Ocean</em> (produit par Bruce WILLIS) et surtout <em>Black Summer</em>. En espérant qu&#8217;Hollywood ne dénaturera pas trop le titre.</p>
<hr><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2316" class="footnote">ELLIS glisse systématique des références aux drogues dans ses histoires,  plus ou moins visibles, plus ou moins positives.</li><li id="footnote_1_2316" class="footnote">Si vraiment vous bloquez, je veux bien donner un coup de main, mais il  faudra demander gentiment</li></ol>
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		<title>Prix Canal BD 2009-2010</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Jun 2010 17:24:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme tous les ans le réseau Canal Bd décerne son prix. Et comme tous les ans depuis trois ans Kroniks publie un article pour vous donner le résultat.</p>
<p>Petit rappel: Canal BD est un réseau de libraires spécialisés qui s&#8217;étend dans toute la France et même en Belgique et en Suisse. Et chaque bimestre les libraires sélectionnent deux albums qui marquent particulièrement l&#8217;actualité pour leurs qualités et leur surprise. 2 albums par bi-mestres, 6 bi-mestres par an donc une sélection annuelle de &#8230; 12 titres. Merci à ceux qui suivent.</p>
<p>Cette année, les nominés étaient: <strong><em>L&#8217;encre du passé</em> T.1</strong> (de Maël et Bauza, chez Dupuis), <strong><em>Rosalie Blum</em> T.3</strong> de Camille JOURDY chez Actes Sud (le coup de cœur de Mme CRUCHOT et accessoirement Grand Prix de la Révélation Angoulème 2010), <strong><a href="http://www.kroniks.net/2009/09/14/ken-games-2/" target="_blank"><em>Ken Games T.2</em></a></strong> de Robledo et Toledano chez Dargaud, <strong><em>L&#8217;or et le Sang</em> T.1</strong> de Bedouel, Merwan, Defrance et Fabien NURY chez 12Bis (une petite pépite que j&#8217;ai découverte au hasard d&#8217;un festival), <em><strong>Le signe de la lune</strong> </em>de MUNUERA et BONET chez Dargaud (mon coup de cœur à moi perso cette année), <strong><em>Rébétiko</em></strong> de Prud&#8217;homme édité par Futuropolis (prix controversé Regards sur le monde à d&#8217;Angoulème 2010), <strong><a href="http://www.kroniks.net/2010/03/02/blast/" target="_blank"><em>Blast</em> T.1</a></strong> de Larcenet (Dargaud), <strong><em>Pain d&#8217;alouette</em></strong> de LAX (Futuropolis), <strong><em>Le Montespan</em></strong> de Teulé et Bertrand (Delcourt), <strong><em>Pluto</em> T.1</strong> de Urasawa et Tezuka (Kana), <strong><em>Lydie</em></strong> de Lafebre et Zidrou (Dargaud) et enfin <strong><em>Les derniers jours d&#8217;un immortel</em></strong> de Vehlmann et de Bonneval édité par Futuropolis (un conte philosophique que j&#8217;ai tout récemment lu et que je recommande chaudement).</p>
<p>Et le gagnant cette année est &#8230;. roulement de tambour &#8230; sans aucune surprise &#8230; <strong>Blast T.1</strong> de Manu Larcenet.</p>
<p>Cette année, la sélection a été  bien fade et loin de la  qualité de  <a href="http://www.kroniks.net/2009/06/21/prix-canal-bd-2008-2009/" target="_blank">celle de l&#8217;année précédente</a>. Un seul manga, aucun comic (alors que de superbes choses sont quand même sorties cette année, en marge des grosses productions des deux maisons concurrentes. Au hasard The Losers ou Black Summer&#8230;). Et l&#8217;omniprésence de Dargaud et Futuro me gène un peu quand même. A bien y regarder, il me semble que ce serait plutôt eux les grands vainqueurs.</p>
<p>Allez, on attend la prochaine sélection en espérant un peu plus de surprise, de courage et d&#8217;éclectisme dans les futurs choix.</p>

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		<title>Patrick PINCHART n&#8217;est pas un auteur de BD&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 25 May 2010 20:53:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>A Kroniks on publie ce qu&#8217;on veut quand on veut. Et on vous en donne la preuve.  D&#8217;habitude sur un site dédié aux BD on trouve des interviews d&#8217;auteurs de BD : scénaristes, dessinateurs, coloristes même. Et bien pas nous. Cette fois, nous avons décidé de vous proposer l&#8217;interview de quelqu&#8217;un qui n&#8217;a jamais sorti de BD . Bon, on ne tombe pas trop loin puisqu&#8217;il s&#8217;agit de celle de Patrick PINCHART, ancien rédac&#8217; chef de Spirou Magazine et nouveau fondateur du site communautaire <a href="http://www.sandawe.com">Sandawe </a>dont <a href="http://www.kroniks.net/2010/05/17/devenez-editeur-de-bande-dessinee/">on vous a parlé il y a peu</a>.</p>
<p>Alléché par un peu de publicité gratuite, Patrick a bien voulu se prêter au jeu des questions (pas toujours) sérieuses de Tonton Cruchot et nous donne des réponses (pas forcément) stupides. On ne vous avait rien promis et pourtant la voilà.</p>
<p>Et donc j&#8217;annonce : Dans le cadre des belles interviews de Tonton Cruchot, voici un entretien tout en finesse avec Patrick PINCHART.</p>
<p><strong>Patrick PINCHART bonjour. On va commencer par le début, c&#8217;est toujours plus sympa. Peux tu expliquer aux nombreux lecteurs de kroniks (si si, nombreux, on a les noms) ce qu&#8217;est Sandawe, ce que ça veut dire et surtout comment ça se prononce ?</strong></p>
<p>Sandawe se prononce comme « Zimbabwe ». C&#8217;est le nom d&#8217;une tribu africaine. On a flashé dessus car elle a plein de valeurs proches de celles de la communauté qu&#8217;on veut installer: elle n&#8217;a pas de leader, tout se décide en commun; elle n&#8217;a pas le sens de la propriété, tout appartient à tout le monde (je parle des objets, pas forcément des femmes, calme-toi!); et aussi, son langage est très spécial car ces aborigènes parlent&#8230; par clics. Exactement comme nous. Je veux dire quand on clique sur un lien, quoi. « Clic ». Non? Tu ne comprends pas ? Nous, ça nous a fait rire&#8230; Bref, Sandawe est une maison d&#8217;édition de bande dessinée basée sur une communauté de lecteurs et d&#8217;auteurs de BD, dont les projets des derniers peuvent être financés par les premiers. Est-ce que je suis clair ? Non ? Bon (soupir&#8230;), tu connais « MyMajorCompany » et Grégoire ? Oui (re-soupir&#8230;) ? Eh bien, c&#8217;est le même principe, mais adapté à l&#8217;édition de bande dessinée: les auteurs proposent des projets, les internautes les financent, nous les éditons et distribuons les albums, en version papier, dans les bacs des libraires et, en version électronique, sur Internet. Les internautes qui participent à l&#8217;aventure ont leur nom imprimé dans l&#8217;album, reçoivent  des tirages « collector » de dessins inédits et planches, et, surtout, se partagent les bénéfices. C&#8217;est clair, à présent? Bien (re-re-soupir&#8230;)!</p>
<p><strong>Après avoir un peu joué au journaliste, tu as été rédacteur en chef pour Spirou Magaziiiiine (deux fois) et en 2009 tu abandonnes cette place en or pour te lancer dans un projet d&#8217;édition communautaire. C&#8217;est le fait de &laquo;&nbsp;coacher&nbsp;&raquo; les jeunes pour Spirou Magaziiiiine qui t&#8217;a poussé à te lancer dans cette aventure ?</strong></p>
<p>- « Yep! », comme disait Sarkozy,&#8230; ah non, Lucky Luke,&#8230; ou Blueberry, je ne sais plus. C&#8217;était la partie la plus passionnante du boulot&#8230; Comment ? Non, je n&#8217;ai pas dit que le reste était chiant, il ne faut pas interpréter comme ça! A part ça, c&#8217;est vrai que c&#8217;était une place en or. Surtout quand on aime la BD, les auteurs de BD et&#8230; quoi ? Mais non, pas les filles des auteurs de BD, il faut vraiment te calmer&#8230; Vous êtes tellement en manque, à Kroniks ?</p>
<p><strong>Le site comptabilise plus de 1000 pigeo… heu membres six mois à peine après sa mise en ligne. A ton avis, qu&#8217;est ce qui fait son succès ?</strong></p>
<p>- 1000? Six mois? La personne qui t&#8217;a documenté devait avoir un peu bu ce jour-là. On frise les 1500 membres si tu comptes les auteurs (ils sont déjà 250). Et on existe à peine depuis janvier. Donc, on est encore au biberon. Je pense que si les gens se sont inscrits, c&#8217;est parce que les projets qu&#8217;on leur propose sont de qualité et qu&#8217;ils ont bon espoir qu&#8217;ils soient édités. Sandawe  ne propose que des projets professionnels, ce n&#8217;est pas un blog d&#8217;amateurs (même si j&#8217;estime les amateurs, certains sont les auteurs « pros » de demain, mais il y a encore du travail! On est là pour les aider à y parvenir, il y aura même une rubrique dans le forum où on conseillera des références pour qu&#8217;ils puissent se documenter et s&#8217;exercer.)</p>
<p><strong>Sandawe propose au moment de cette interview 11 projets très variés. Peux-tu nous expliquer comment ils ont été choisis ? Surtout, avez-vous fixé des limites à leur nombre : trop peu et le choix va manquer, trop et les fonds vont se disperser, non ?</strong></p>
<p>- Exactement! La sélection se fait comme chez un éditeur traditionnel (ce qui nous différencie, c&#8217;est la méthode de financement, pas le reste) : des auteurs nous envoient des projets, je les lis, j&#8217;en discute avec eux et ceux qui atteignent un niveau qualitatif suffisant sont proposés aux internautes. La sélection est donc draconienne et le restera, donc le nombre augmentera, mais à un rythme raisonnable, avec un maximum de deux nouveaux projets par mois en vitesse de croisière.</p>
<p><strong>Parlons un peu sousous. Les pigeo… les &laquo;&nbsp;édinautes&nbsp;&raquo; vous confient de l&#8217;argent pour développer et éditer des albums de bande dessinée. Que peux-tu leur dire pour les rassurer et les inciter à investir ?</strong></p>
<p>- Que leur argent est déposé sur un compte spécial, accepté par la CBFA qui est le redouté organisme de contrôle des banques en Belgique et que je ne pourrai donc pas passer mes prochaines vacances aux Bahamas à leurs frais. De plus, ils peuvent à tout moment déplacer leur argent d&#8217;un projet à un autre, et même se faire rembourser, s&#8217;ils en font la demande à notre tueur professionnel&#8230; Tu dis?&#8230; Ça ne va pas les rassurer, ce que je viens de dire? Mais je blaguais&#8230; Tu ne trouves pas ça drôle? Bon, retourne regarder le film que tu visionnais sur Youporn quand je suis arrivé, ça semble t&#8217;avoir distrait un petit peu!</p>
<p><strong>Assez parlé des pige… des membres. Si on parlait des auteurs. N&#8217;importe qui peut soumettre un projet ? Y a-t-il un état d&#8217;avancement minimal ? Vous en prenez encore ?</strong></p>
<p>- N&#8217;importe qui peut soumettre un projet et c&#8217;est ce qui se passe en pratique, mais n&#8217;importe qui ne sera pas éditable, car nous ne prenons que ceux qui ont un potentiel, donc toutes les qualités pour que leurs albums ne se retrouvent pas au pilon quinze jours après avoir été imprimés. Par la suite, comme c&#8217;est le public qui choisit d&#8217;éditer, on a au moins la garantie que cela plaira à un certain nombre de lecteurs, que les édinautes (c&#8217;est ainsi qu&#8217;on appelle ceux qui investissent dans les projets) vont faire de la pub puisqu&#8217;ils se partagent les bénéfices, et donc que ces livres seront vus. Ce qui n&#8217;est pas évident pour les autres vu la surproduction actuelle.</p>
<p><strong>Les auteurs qui se lancent avec vous touchent-ils une avance ou ils doivent attendre que le livre soit dans les bacs pour être payés ? Et du coup pour ton équipe c&#8217;est pareil ?</strong></p>
<p>- Les auteurs touchent une avance sur leurs droits, qui leur est acquise que le livre réussisse ou non. Et, bien sûr, par la suite, ils touchent des droits sur les livres vendus, une fois cette avance atteinte. Nous, on n&#8217;est payés que sur le budget de financement et sur les ventes. Pour le moment, on mange du riz aux pâtes « premier prix »  et on boit de l&#8217;eau du robinet, car on ne touchera donc rien avant qu&#8217;un projet soit financé. Et encore, comme on est un peu tar&#8230; euh, très passionnés, on offre notre part du budget à tous les projets qui seront financés avant la rentrée. Donc, dépêchez-vous d&#8217;investir, car une fois cette date dépassée, les budgets grimperont. Et on pourra passer au champagne. Non, c&#8217;est une boutade, je ne bois que de la bonne bière belge.</p>
<p><strong>Est-ce qu&#8217;ils doivent signer une sorte de clause d&#8217;exclusivité avec vous ?</strong></p>
<p>- Ben oui, c&#8217;est normal. Ils ne vont pas demander aux internautes d&#8217;éditer leur projet et en même temps aller signer à la concurrence, ce ne serait pas honnête pour les édinautes qui leur font confiance. Le contrat d&#8217;édition est déjà signé quand le projet est mis en ligne.</p>
<p><strong>Tu as beaucoup travaillé dans la BD. Dans le désordre tu as été journaliste, fondateurs de divers festivals ou d&#8217;expositions, fondateur du site Actuabd, directeur d&#8217;édition pour Spirou Magaziiiine et même &laquo;&nbsp;éditeur du patrimoine des Editions Dupuis&nbsp;&raquo;. Classe. Donc on peut dire que tu connais un peu le média. Alors quel type de lecteur es-tu? Quels sont tes classiques absolus? Tes derniers coups de cœur ? Tes derniers coups de gueule ?</strong></p>
<p>- Comme j&#8217;ai eu la chance de grandir puis de travailler avec des personnes telles que Franquin, Morris, Will, Peyo, Sirius, Leloup, Cauvin&#8230; pour ne citer qu&#8217;eux (je me fais plein d&#8217;ennemis, là !), j&#8217;ai une bonne base classique. J&#8217;avais le journal « Spirou » et le journal « Tintin » dans mon berceau (merci, papa, merci, maman, merci bonne-maman – en Belgique, toute la famille lisait ces journaux) dès la naissance. Mais comme j&#8217;ai eu la chance de créer la première émission de radio consacrée à la bande dessinée, en 1980, j&#8217;ai découvert toute la jeune génération de l&#8217;époque, réunie autour du mensuel <em>(A suivre)</em>, et toutes les stars des journaux encore vivants tels que Pilote mensuel, Métal Hurlant, Fluide, L&#8217;Echo des Savanes (avant la période porno. Après aussi, mais ça, ça ne se dit pas), etc. A Spirou, évidemment, j&#8217;ai vu émerger de grands talents comme Tome et Janry, Midam, Zep, et plus tard Lapuss, Libon et plein d&#8217;autres. Et Didier Pasamonik me conseille en mangas, car j&#8217;ai du mal à m&#8217;y retrouver dans cette énorme production.</p>
<p>Côté « coup de gueule », c&#8217;est la surproduction actuelle qui me fait râler car certains éditeurs publient n&#8217;importe quoi simplement pour occuper de l&#8217;espace en librairie, dont beaucoup de livres qui n&#8217;auraient jamais dû être édités et dont tout le monde sait, sauf l&#8217;auteur puisqu&#8217;il n&#8217;a pas le recul nécessaire sur son travail, que cela va finir au pilon  une semaine plus tard. Et celui qui en paie le prix fort, c&#8217;est l&#8217;auteur, justement, surtout les jeunes qui commencent donc leur carrière sur un échec.</p>
<p>Autre « coup de gueule », la destruction progressive de l&#8217;image de Tintin par Nick Rodwell et ses dérapages comme ses attaques sur la vie privée de certains journalistes: je suis stupéfait que Spielberg mette ses billes dans un projet avec quelqu&#8217;un d&#8217;aussi instable psychologiquement.</p>
<p>Côté « coup de cœur », un petit livre de Zidrou et ses potes dessinateurs qui s&#8217;appelle <em>La vieille dame qui n&#8217;avait jamais joué au tennis</em>. C&#8217;est un livre qui rend heureux et qu&#8217;il faut avoir lu, offrir à tous ses potes, à toute sa famille, au poisson rouge, à tout le monde, quoi! Côté classique absolu, <em>Le nid des Marsupilamis</em> ex-æquo avec <em>Les idées noires</em> de Franquin. J&#8217;emmène sans discussion ces trois albums sur une île déserte.</p>
<p><strong>Après avoir passé tant de temps dans le milieu tu arrives encore à être surpris ?</strong></p>
<p>- Oui, le contraire serait bien triste. Je ne vais pas en rester à la nostalgie des bouquins de mon enfance, quand même ! L&#8217;âge d&#8217;or de la BD, c&#8217;est maintenant, pas dans le fond d&#8217;une bibliothèque poussiéreuse. Mais je relis toujours avec un énorme plaisir un Peyo, un Franquin, un Greg, un Christian Godard, un Goscinny, et même un Hergé malgré les énormes et répétés efforts de Nick Rodwell pour m&#8217;en dégoûter.</p>
<p><strong>Patrick, merci beaucoup pour avoir pris un peu de temps pour nous. On souhaite longue vie à ton site et plein de petites BD. Et surtout nous te souhaitons un bon rétablissement après la grosse frayeur que tu as fait à tout le monde. On se revoit pour la toute première publication ? Je te laisse le mot de la fin. Celui que tu veux.</strong></p>
<p>Oui, pour tous ceux qui ne seraient pas au courant de la « grosse frayeur » : j&#8217;ai battu le record de chute en salle d&#8217;escalade en Belgique, 18 mètres de haut sans filet, dix jours à peine après avoir lancé les éditions Sandawe et je suis un peu cassé pour de nombreux mois, ce qui a retardé le réel lancement du site de quatre mois, le temps que je sorte de l&#8217;hôpital. Il vient d&#8217;avoir lieu. Donc, si j&#8217;ai dit des conneries, c&#8217;est normal, j&#8217;ai une excuse, c&#8217;est la morphine. Donc, voici mon mot de la fin: « si vous pratiquez l&#8217;escalade, ne faites pas comme moi, vérifiez votre nœud d&#8217;assurage. »&#8230; Que dis-tu ?&#8230; Ça n&#8217;a rien à voir avec la BD ?&#8230; Ah, je devais dire quelque chose en rapport avec la BD ? Bon, euh, eh bien, euh, ben tu me prends au dépourvu, là&#8230; « Vive la BD », ça va ?&#8230; Comment ?&#8230;Tu attendais mieux que ça venant de moi ? Attends&#8230; Je réfléchis&#8230; Ah, j&#8217;ai trouvé, ça va être la citation du millénaire ! Accroche-toi ! Voici :</p>
<p>« … » (clic)</p>
<p><em>(L&#8217;enregistreur MP3 est malheureusement tombé en panne à ce moment de l&#8217;interview et notre chroniqueur ayant un peu trop arrosé l&#8217;interview après la rencontre, ne se souvient plus vraiment des paroles de Patrick Pinchart, qui devaient certainement être très intéressantes. Cela dit, on retourne visionner le film de Youporn qu&#8217;il nous a conseillé.)</em></p>

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		<title>Devenez éditeur de bande dessinée</title>
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		<pubDate>Mon, 17 May 2010 21:24:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voilà un petit moment déjà que j&#8217;essaye de trouver le temps de vous parler de Sandawe. Qu&#8217;est-ce que Sandawe me direz vous? Il s&#8217;agit simplement d&#8217;un joli projet d&#8217;édition communautaire de bande dessinée. Reprenant le modèle du &#171;&#160;crowfunding&#160;&#187;, littéralement &#171;&#160;financement communautaire&#160;&#187;, qui a fait ses preuves dans la musique (My Major Company, Grégoire… ça vous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Logo-sandawe_l-editeur-c-est-vous.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2244" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Logo-sandawe_l-editeur-c-est-vous.jpg" alt="© SANDAWE, 2010" width="232" height="251" /></a>Voilà un petit moment déjà que j&#8217;essaye de trouver le temps de vous parler de <a href="http://www.sandawe.com/fr/Index.awp" target="_blank">Sandawe</a>. Qu&#8217;est-ce que Sandawe me direz vous? Il s&#8217;agit simplement d&#8217;un joli projet d&#8217;édition communautaire de bande dessinée.</p>
<p>Reprenant le modèle du &laquo;&nbsp;crowfunding&nbsp;&raquo;, littéralement &laquo;&nbsp;financement communautaire&nbsp;&raquo;, qui a fait ses preuves dans la musique (My Major Company, Grégoire… ça vous dit quelque chose?) ou le cinéma (récemment pour Largo WINCH si ma mémoire est bonne), Patrick PINCHART  (ancien rédacteur de chef de Spirou. Deux fois même) s&#8217;est associé avec Lionel FRANKFORT pour créer un éditeur communautaire de livres.</p>
<p>Concrètement, Sandawe se tourne dans un premier temps vers des auteurs qui proposent des projets complets. Après approbation, ils sont ensuite proposés aux internautes (ou plutôt aux &laquo;&nbsp;édinautes&nbsp;&raquo;). Et ce sont dès lors ces &laquo;&nbsp;derniers qui vont participer au financement du projet. Comment? Très simple: en achetant des parts.</p>
<p>Après avoir fait le tour des jolis projets du site, vous aurez la possibilité d&#8217;acheter des parts au tarif unique de 10€ pièce et d&#8217;investir ces parts dans ou un plusieurs projets. Les parts vont alors s&#8217;accumuler jusqu&#8217;à atteindre la somme requise (environ 50 000€). Et quand c&#8217;est prêt, le bouquin est imprimé et mis en vente.</p>
<p>Et c&#8217;est là que tout ça devient très intéressant car la mise en vente vous donne droit déjà à recevoir la bd en question (un moindre mal) mais aussi à percevoir jusqu&#8217;à 60% des gains pendant 5 ans (après paiement des droits d&#8217;auteur).</p>
<p>Sandawe est le premier site d&#8217;édition physique d&#8217;album de bd. Il existe bien <a href="http://www.manolosanctis.com/" target="_blank">Manolosanctis</a>, mais ce dernier édite d&#8217;abord des bd numériques et les mieux notées par les internautes sont ensuite publiées en papier et disponibles dans la boutique du site. En édition physique, il existe aussi <a href="http://www.editeursauteursassocies.com/" target="_blank">Editeurs et Auteurs Associés</a> mais celui-ci ne s&#8217;occupe que de romans. On peut donc considérer que Sandawe innove en la matière.</p>
<p>Ce qui nous plait chez Kroniks c&#8217;est ce côté communautaire. A une époque où il paraît près 4800 albums par an, il devient très difficile de trier le bon grain de l&#8217;ivraie. Sandawe  vous permet donc de choisir les albums qui vous vous voudrez lire et de soutenir vos coups de cœur. Au moment où j&#8217;écris ces lignes, le site propose 11 projets, tous différents, tous variés. Il y en a vraiment pour tous les goûts et dans tous les styles: western, historique, drame, humour….</p>
<p>Alors, oui, vous êtes en droit de dire qu&#8217;on fait de la publicité honteuse pour un site commercial. Mais nous, à kroniks, nous pensons que Sandawe est une belle idée. Au-delà de l&#8217;aspect pécuniaire, ce qui nous plait c&#8217;est cette possibilité de soutenir un projet, un coup de cœur. Avouez que ce n&#8217;est pas tous les jours qu&#8217;un amateur de bd peut participer directement à l&#8217;élaboration et à la publication d&#8217;un album (et le recevoir imprimé, avec son nom dessus, assorti d&#8217;une belle dédicace).</p>
<p>Alors nous vous invitons à ne serait-ce qu&#8217;aller sur le site et voir de il retourne exactement. Ensuite, vous pourrez créer un compte et commencer à papoter avec les autres inscrit sur le tout nouveau forum du site (il y a même des chances pour que vous nous y croisiez). Et qui sait, peut être que porté par un coup de cœur, vous investirez quelques euros et suivrez avec attention l&#8217;évolution de votre protégé. C&#8217;est tout le mal qu&#8217;on vous souhaite. D&#8217;autant que le risque est minime puisque vous pouvez déplacer vos parts d&#8217;un projet à l&#8217;autre et même être remboursés sur simple demande.</p>
<p>Toutes les explications techniques, et bien plus encore, dans <a href="http://www.actuabd.com/Patrick-Pinchart-Lionel-Frankfort" target="_blank">la longue interview</a> que les fondateurs ont accordée à actuabd (en attendant celle de Tonton Cruchot pour très bientôt).</p>
<p><strong>Additif du 21 mai 2010</strong></p>
<p>Contacté au sujet de l&#8217;autorisation d&#8217;utiliser le logo Sandawe, Lionel CAMUS (directeur marketing et financier pour Sandawe) m&#8217;a apporté quelques précisions dans son courrier de réponse. Rien de bien méchant, mais comme elles me semblent pertinentes je les partage avec vous:</p>
<p>&laquo;&nbsp;Merci pour vos encouragements et le relais que vous donnez  à  notre aventure. C&#8217;est avec beaucoup de plaisir que j&#8217;ai  découvert votre blog et je lui souhaite une belle et longue vie.<br />
Quelques  petites précisions quant à votre article :</p>
<p>- Lionel  Frankfort, qui était effectivement à l&#8217;origine de la  création de Sandawe avec Patrick, a quitté l&#8217;aventure  récemment et c&#8217;est un autre Lionel qui a pris la relève (euh  moi en fait&#8230;).</p>
<p>- Nous avons  revu les budgets des projets grâce à des devis plus  précis et à des estimations des premiers tirages  plus réalistes avec pour conséquence que les budgets ont  diminué de façon structurelle en moyenne de 22% (par rapport aux 50.000  euros). En plus, pour enfoncer le clou, nous offrons commission de  15% à tous les projets qui seront financés avant  la rentrée. En bref, les budgets varient aujourd&#8217;hui de  19.000 euros à 40.000 euros.</p>
<p>- Enfin, nous ne prenons pas que les projets complets. Au  contraire, la plupart des projets qui nous arrivent sont des  ébauches, avec un scénario plus ou moins abouti et des  planches plus ou moins terminées. C&#8217;est le boulot de Patrick de  les accompagner pour affiner le projet. Les auteurs travaillent sur  leur projet en même temps que le financement et apportent donc du  nouveau contenu progressivement.</p>
<p>Vous avez par ailleurs bien compris la logique communautaire du site,  au-delà de l&#8217;aspect commercial car l&#8217;idée est aussi d&#8217;offrir  un nouvel espace au tandem auteur/lecteur. Nous faisons d&#8217;ailleurs la  pub pour nos auteurs sur la home (actualité) et dans nos newsletters  chaque fois qu&#8217;ils ont une actu particulière (salon, nouvel album,  dédicace&#8230;). Quand bien même cela se passe chez un  éditeur &laquo;&nbsp;concurrent&nbsp;&raquo;. Peu importe. Le tout nouveau  forum leur permet d&#8217;ailleurs de parler de ce qu&#8217;ils veulent sans qu&#8217;il n&#8217;y ait d&#8217;imposition d&#8217;une quelconque marque de fabrique Sandawe. Thierry Lamy l&#8217;a  déjà bien compris et fait l&#8217;article de son nouveau  &#8216;Père Goriot&#8217; paru chez Delcourt.</p>
<p>Quand notre  section &laquo;&nbsp;amis&nbsp;&raquo; sera opérationnelle (version 2.0), vous y  trouverez aussi votre place. En attendant, nous reprendrons votre article  dans la partie presse.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Voilà qui méritait d&#8217;être dit. Merci Lionel.</p>

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		<title>The Boys 6</title>
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		<pubDate>Sun, 16 May 2010 17:05:57 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Sixième tome français (déjà) des aventures de P&#8217;tit Huguie, le Français, la Fille, la Crème et leur chef Billy BUTCHER. Ce volume rassembles les épisodes 23 à 26 parus initialement chez Dynamite. P&#8217;tit Huguie fait désormais partie des Pt&#8217;tis Gars au même titre que les autres. Le voilà donc chargé de sa toute première mission [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/The-Boys-6.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2199" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/The-Boys-6.jpg" alt="Copyright Panini Comics 2010" width="215" height="334" /></a>Sixième tome français (déjà) des aventures de P&#8217;tit Huguie, le Français, la Fille, la Crème et leur chef Billy BUTCHER. Ce volume rassembles les épisodes 23 à 26 parus initialement chez Dynamite.</p>
<p>P&#8217;tit Huguie fait désormais partie des Pt&#8217;tis Gars au même titre que les autres. Le voilà donc chargé de sa toute première mission en solo: infiltrer l&#8217;équipe junior des G-Men, des ados attardés aux supers pouvoirs qui attendent de pouvoir intégrer l&#8217;équipe sénior. Les G-Men se présentent comme des orphelins recueillis et entraînés par le bienveillant Godolkin. En tout cas, c&#8217;est ce que l&#8217;histoire officielle présente, la réalité est elle bien plus crue. Mais surtout les G-Men c&#8217;est 7 équipes, 80 gus à pouvoirs et au final la planche à billets de Vaught.</p>
<p>Garth ENNIS n&#8217;aime toujours pas les supers et nous le fait bien savoir. Cette fois il crache son venin sur les maisons d&#8217;édition qui multiplient les titres autour d&#8217;une série pour faire &#8230; du pognon, du pognon et encore du pognon. Vous ne comprenez pas le message caché? Comme l&#8217;explique clairement le préambule (j&#8217;en connais quelques uns qui ne les lisent jamais&#8230;) remplacez simplement le G de G-Men par une des dernières lettres de l&#8217;alphabet pour y voir plus clair.</p>
<p>Comme toujours, The Boys accumule les références à la culture pop et les scènes trash. La série est toujours aussi sale, cynique et satirique. En un mot: jouissive.</p>
<p>A lire impérativement pour avoir un autre regard sur les supers slips et leur coulisses.</p>

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		<title>Jazz MAYNARD T.4</title>
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		<pubDate>Sun, 16 May 2010 16:34:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Featured]]></category>
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		<description><![CDATA[On vous en a déjà parlé, on l&#8217;a dit et répété: Jazz MAYNARD est une des meilleurs séries d&#8217;action qu&#8217;on ait eu l&#8217;occasion de lire. Prévue comme une trilogie, la série se terminait donc logiquement après trois albums et ce cri de désespoir des lecteurs: ENCORE! Les heureux papas de Jazz, RAUL et ROGER, ont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Jazz-4.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-2193" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Jazz-4.gif" alt="Copyright DARGAUD 2010" width="220" height="298" /></a>On vous en a déjà parlé, on l&#8217;a dit et répété: Jazz MAYNARD est une des meilleurs séries d&#8217;action qu&#8217;on ait eu l&#8217;occasion de lire. Prévue comme une trilogie, la série se terminait donc logiquement après trois albums et ce cri de désespoir des lecteurs: ENCORE!</p>
<p>Les heureux papas de Jazz, RAUL et ROGER, ont entendu leurs fans et se lancent pour notre plus grand plaisir dans une nouvelle trilogie.</p>
<p>Premier tome d&#8217;une nouvelle histoire, ce volume peut être rapproché du tout premier Jazz en ce sens où les auteurs posent les bases de l&#8217;histoire, quitte à délaisser quelque peu les scènes d&#8217;action qui ont fait la renommée de la série.</p>
<p>Judas MELCHIOT étant en prison et la nature ayant horreur du vide, El Raval voit apparaitre un nouveau prétendant au titre de grand patron des malfrats de la ville. Téo, le meilleur ami de Jazz, se voit proposer une offre qu&#8217;il ne peut pas refuser mais se fait piéger comme un bleu. Jazz va devoir expliquer à Caligula qu&#8217;on ne s&#8217;en prend pas à ses amis. A moins bien sûr que tout ceci ne relève d&#8217;un plan beaucoup plus large.</p>
<p>Disons le clairement, ce nouveau volume est largement à la hauteur des précédents. Les dialogues de RAULE sonnent toujours aussi juste et les dessins de Roger IBANEZ restent magnifiques et fluides. En fait, on pourrait presque dire que ce nouvel album ne surprend &laquo;&nbsp;que&nbsp;&raquo; par son arrivée: tous les éléments qui ont fait le succès de la série (personnages charismatiques, dialogues percutants, scènes d&#8217;action classieuses, chorégraphies fluides) sont là et c&#8217;est un véritable plaisir de retrouver toute la petite bande. Le passé de chacun est approfondi et les caractères des personnages affinés (qui aurait pensé que Jazz puisse être aussi maladroit avec les filles?).</p>
<p>Aucune crainte à avoir : Jazz MAYNARD 4 n&#8217;est pas une banale suite surfant sur le succès des premiers numéros mais s&#8217;inscrit bel et bien dans la continuité de la première saison, avec les mêmes qualités et la même verve. Vite, la suite!</p>

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		<title>Blast</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2010 20:53:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Featured]]></category>
		<category><![CDATA[chronique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Manu LARCENET]]></category>

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		<description><![CDATA[Le blast, c&#8217;est cette onde de choc qui suit une explosion et qui vous détruit de l&#8217;intérieur en vous traversant. Pour Polza MANCINI, le blast c&#8217;est ce craquement sourd qui perce son crâne et le libère d&#8217;un seul coup de toute sa lourdeur, de sa dépression et le soulève, le fait voler. Un blast version [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/blast.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2128" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/blast.jpg" alt="Copyright Dargaud 2009" width="300" height="384" /></a>Le blast, c&#8217;est cette onde de choc qui suit une explosion et qui vous détruit de l&#8217;intérieur en vous traversant. Pour Polza MANCINI, le blast c&#8217;est ce craquement sourd qui perce son crâne et le libère d&#8217;un seul coup de toute sa lourdeur, de sa dépression et le soulève, le fait voler. Un blast version Manu LARCENET.</p>
<p>L&#8217;histoire de Blast est celle de Polza MANCINI, écrivain, obèse, dépressif. Ce dernier traine son mal être perpétuel dans grasse carcasse. Placé en garde à vue dès le début de l&#8217;album, il va se raconter aux enquêteurs qui aimeraient comprendre comme un homme apparemment aussi doux a pu battre aussi violemment une jeune femme, Carole, dont le lecteur ne saura rien pour le moment. Ni l&#8217;identité, ni l&#8217;histoire, tout au plus qu&#8217;elle est dans un état critique.</p>
<p>Une garde à vue c&#8217;est 48 heures. Alors Polza a décidé d&#8217;utiliser ce temps pour se raconter. Et il en a des choses à dire. Ça commence avec sa femme (la première qui ait accepté de coucher avec lui), son père (chauffeur routier qui emmenait ses enfants à l&#8217;aventure), son frère (tué dans un accident de voiture), et son désir de liberté absolue. Quel sera son avenir, personne ne peut le dire, pas même l&#8217;auteur.</p>
<p>En effet, Manu LARCENET se lance dans une aventure de cinq tomes sans même savoir ce qu&#8217;il fera de son héros. Partant du fait que lui-même évolue, change et ne sait pas quel homme il sera dans cinq ans, il applique le même principe à sa création, qui évoluera librement avec le temps. Pour l&#8217;instant, rien n&#8217;est figé pour les quatre autres albums à venir. La surprise sera totale pour le lecteur comme pour l&#8217;auteur.</p>
<p>A bien y regarder, Blast est l&#8217;œuvre la plus personnelle, la plus intime de LARCENET à ce jour et de ce fait la plus difficile à appréhender.</p>
<p>Peu de gens le savent mais Manu était un enfant dépressif. Pas mélancolique ni romantique mais bel et bien dépressif. Or il y a trente ans la médecine n&#8217;envisageait même pas qu&#8217;un enfant puisse être déprimé quand bien même il en présenterait tous les symptômes. Manu a donc dû grandir avec ce mal être comme état naturel. Il lui faudra attendre l&#8217;adolescence pour être diagnostiqué et commencer une thérapie. Cette dépression l&#8217;aura marqué au point qu&#8217;il en parlera dans toutes ses œuvres, du Retour à la terre au Combat Ordinaire.</p>
<p>Et ceux qui connaissent un peu le bonhomme savent qu&#8217;il n&#8217;est pas vraiment un poids plume dans la catégorie.</p>
<p>Aussi quand il décide de parler d&#8217;un obèse dépressif, autant dire qu&#8217;il sait (un peu) de quoi il parle.</p>
<p>On retrouve enfin l&#8217;ensemble de ses thèmes de prédilection déjà aperçus dans toutes ses œuvres précédentes: le père mourant, la nature ressoursante, les SDF philosophes… Les habitués retrouveront leurs marques.</p>
<p>En fait, tout LARCENET est là: l&#8217;esprit fin, l&#8217;émotion, la sensibilité et l&#8217;humour comme dernier rempart.</p>
<p>Mais Blast c&#8217;est bien plus qu&#8217;un agrégat des (p)références de l&#8217;artiste. Cette série lui permet d&#8217;aller surtout de lâcher totalement la bête qui sommeille en lui. Car c&#8217;est avec cet album et après plus de 10 ans de travail qu&#8217;il peut enfin s&#8217;offrir le plaisir de dessiner des planches muettes et contemplatives, pleines d&#8217;émotions, dignes des plus belles réalisations de TANIGUCHI. Et c&#8217;est Manu lui-même qui revendique le plagiat. Si a 50 albums t&#8217;as pas fait du TANIGUCHI, t&#8217;as raté tes bd!</p>
<p>Un réel bonheur pour l&#8217;artiste donc, qui retrouve avec cette série le plaisir simple de dessiner. D&#8217;ailleurs, pour l&#8217;exemple, ses planches avaient été mises en vente à la galerie Christian DESBOIS à Paris. Et l&#8217;auteur confiait alors dans une interview que leur vente ne le gênait pas parce qu&#8217;elles ne lui servaient plus et qu&#8217;il ne voyait aucun intérêt de les garder. Le plaisir était derrière lui, c&#8217;était celui de tenir un crayon et de dessiner. Tout simplement. Et ce plaisir, le lecteur le partage à chaque planche, à chaque case.</p>
<p>Manu nous avait habitués à un dessin rond, coloré, tantôt enjoué, tantôt lourd selon l&#8217;émotion à transmettre. Ici, pas de couleur, pas de ligne claire. Pour Blast il opte pour un trait gras et noir, des ombres baveuses. Il suffit de regarder cette image du père mourant représenté comme un oiseau englué dans une marée noire échoué dans les draps d&#8217;un hôpital maculé. Mais malgré cette noirceur, l&#8217;album reste paradoxalement lisible, lumineux et emprunt de calme.</p>
<p>Car Blast cultive les paradoxes, à commencer par Ponzio, l&#8217;obèse critique gastronomique. Puis par e dessin, sombre et lumineux à la fois, ou encore par ces scènes bucoliques et tendres dessinées à coup de traits de mazout.</p>
<p>Tout au long de l&#8217;album, le lecteur est aspiré dans la tête de Ponzio. Il erre avec lui dans sa dépression, ses coups durs, sa soif de liberté, ses victoires sur la société qu&#8217;il rejette. Et ses blasts qui lui ouvrent l&#8217;esprit à la manière d&#8217;une drogue hallucinogène. Cette proximité crée rapidement une empathie avec le personnage et emporte l&#8217;adhésion à son monde simple.</p>
<p>Pour autant le lecteur ne perd pas pied et ne bascule pas totalement avec lui. Car les policiers ne jouent pas que le rôle de déclencheurs d&#8217;histoire ou d&#8217;environnement propice à la confidence. Leur regard distancié crée un ancrage dans la réalité. par leurs interventions ils nous rappellent que Ponzio n&#8217;est pas un romantique épris de liberté mais un alcoolique chronique, un déserteur familial et un tueur barbare. Le dosage de ces interventions est subtil et permet au lecteur de se laisser aller dans les délires de Ponzio en se sachant assuré par ce fil d&#8217;Ariane ancré dans le réel.</p>
<p>Dire que Blast est une réussite est un euphémisme. Blast est un chef d&#8217;œuvre, le plus intime et le plus profond de LARCENET. Une œuvre majeure dans la bibliographie de l&#8217;auteur et dans le 9<sup>e</sup> art mais dont il faut en connaitre quelques clefs pour l&#8217;apprécier entièrement.</p>

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		<title>DMZ</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Feb 2010 21:51:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[New York, Etats-Unis d’Amérique. Enfin, ce qu’il en reste. Le problème, à force d’envoyer des troupes dans le monde entier pour justifier sa place de shérif de la planète, c’est que les Etats-Unis n’ont pas vu venir un ennemi plus féroce et plus insidieux qu’un barbu fanatique dopé à la penthrite. Un ennemi venu de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/dmz01.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2087" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/dmz01.jpg" alt="Copyright Panini Comics 2007" width="240" height="359" /></a>New York, Etats-Unis d’Amérique. Enfin, ce qu’il en reste.<br />
Le problème, à force d’envoyer des troupes dans le monde entier pour justifier sa place de shérif de la planète, c’est que les Etats-Unis n’ont pas vu venir un ennemi plus féroce et plus insidieux qu’un barbu fanatique dopé à la penthrite. Un ennemi venu de l’intérieur qui a profité du relâchement général de l’Etat Fédéral pour revendiquer son indépendance : les Etats américains fédérés.</p>
<p>Et c’est ainsi qu’un beau jour les milices privées de divers Etats fédérés, portées par leurs revendications, se sont soulevées. L’armée régulière a été sommée de rappliquer dare-dare, les insurgés se sont fait plus nombreux, plus agressifs, le ton est monté. Et l’Amérique est entrée dans sa deuxième guerre civile.</p>
<p><strong>M. le dernier journaliste</strong></p>
<p>Les Armées des États Libres, séparatistes, se sont arrêtés à New Jersey, à l’ouest de Manhattan. Et les forces régulières contrôlent le Queens et Long Island. Aucune des deux n’a réussi à prendre Manhattan. Depuis, les combattants des deux camps s’observent à distance et les rares survivants insulaires sont pris entre deux feux, en pleine « DMZ » ou «DeMilitarized Zone »</p>
<p>Matty ROTH, un jeune naïf un peu branleur, a réussi (grâce à papa) à se faire pistonner pour travailler comme assistant aux côtés de Viktor FERGUSON, grand correspondant de guerre pour Liberty News (Des nouvelles américaines pour les vrais américains).<br />
Sa première mission est de couvrir la vie quotidienne des habitants de la DMZ, qu’on dit manger des rats et des pigeons et se terrer comme des cafards entre deux bombardements.<br />
Pas de bol pour Matty, à peine arrivé et déjà les ennuis l’attrapent : son hélico est abattu, les gardes du corps sont décimés et FERGUSON est au mieux porté disparu, au pire cramé dans la carcasse de son taxi volant.</p>
<p>Désormais livré à lui-même, il ne peut plus compter que sur sa carte de presse pour espérer survivre plus de 10 minutes. C’est toutefois une rencontre fortuite en la personne de Zee, étudiante en médecine, qui lui sauvera la vie et lui permettra de survivre et même vivre au sein de la DMZ. Et d’enfin faire son p…. de métier de journaliste.</p>
<p><strong>On fait la guerre quand on veut, on la termine quand on peut. (Nicolas Machiavel)</strong></p>
<p>DMZ raconte donc le quotidien des derniers habitants de Manhattan en pleine zone de guerre urbaine à travers les yeux d’un journaliste débutant et bourré d’idées reçues.<br />
Pour survivre et enfin faire ce pour quoi il est venu, ce pour quoi il est resté, il va d’abord devoir se débarrasser des idéaux, de ses a priori et de son innocence. Bref, il va devoir mûrir. Et quand ce sera fait, il devra encore apprendre le métier de journaliste, ne pas s’impliquer et rendre compte objectivement.<br />
Au premier abord, Matty pourrait se présenter comme une resucée de <a href="http://www.kroniks.net/2008/06/10/y-le-dernier-homme/" target="_blank">Yorick </a>: un jeune homme naïf lâché contre son gré dans un monde violent qui tente de se reconstruire. La différence, et elle est de taille, c’est qu’en tant que journaliste Matty ne peut pas prendre parti. Il se doit de rapporter les faits, sans s’impliquer dans l’un ou l’autre camp (quitte à être manipulé par l’un contre l’autre camp et inversement) et faire éclater la vérité. Même s’il doit en souffrir.</p>
<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/dmz03.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-2088" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/dmz03.jpg" alt="Copyright Panini Comics 2008" width="240" height="364" /></a>DMZ c’est aussi une vision particulièrement crédible et crue de la guerre. Mais attention, pas n’importe quelle guerre. Pas une guerre patriotique qui opposerait de gentils z’américains aux valeurs démocratiques à des terroristes venus de l’étranger. Non, ici on parle bien d’une guerre civile. Une guerre où l’ennemi est en civil, blanc et … américain.</p>
<p>Ajoutez à cette tension le style nerveux et cru de Brian WOOD. Ce petit génie de l’écriture raconte une guerre vraie, dure et moche. Des gens biens meurent, des snipers tirent sans distinction sur les hommes, les femmes et les vieux. Des soldats sont capturés, torturés et décapités. Il n’y a bien que les Généraux, le fondement bien calé dans un fauteuil en cuir, pour croire qu’il existe des règles en cas de conflit.<br />
Les soldats qui montent au front ne sont pas des héros américains au sourire ultras blancs, bien propres et bien polis. WOOD emmerde la politesse et ses personnages parlent vrai, jurent, saignent et baisent. Parce que c’est ça, la vie en zone de guerre.</p>
<p>Et si ce mix de personnages durs, de culture urbaine, de guerre de gangs et de chars dans les rues vous rappelle furieusement le goût de GTA, dites vous bien que c&#8217;est normal: Brian WOOD a bossé chez Rockstars Studios sur Max Payne et Midnight Club.</p>
<p>Il fallait à Brian WOOD un dessinateur capable de relever le défi du réalisme, sans pour autant tomber dans le voyeurisme sanglant.<br />
Riccardo BURCHIELLI est juste parfait dans le rôle. Son dessin sec et nerveux, mi réaliste mi caricatural, colle parfaitement à l’ambiance. Il a réussi à rendre palpable les émotions qui traversent ses personnages : peur, tension, désespoir, mais aussi soulagement et petits moments de bonheur. Sans jamais en faire trop, sans jamais tomber dans la caricature ou le sanguinolent. Ici, ses soldats meurent brutalement d’une balle en pleine tête, les yeux exorbités mais sans bain de sang ou cervelle sur les murs.<br />
Un seul mot : magistral. Ces deux là ne pouvaient pas travailler séparément sur une telle histoire.<br />
A noter que le crayon passe à d’autres dessinateurs sur certains chapitres annexes, toujours scénarisés par WOOD (et parfois dessinés par lui) développant un personnage particulier. Les auteurs sont variés, les styles aussi et si tous ne sont pas de la qualité, nerveuse et racée de BURCHEILLI, il faut reconnaître qu’ils s’inscrivent dans le style urbain de la série.</p>
<p>DMZ, c’est enfin le portrait d’une Amérique éclatée, une vision de ce que serait ce pays si le dernier <a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/DMZ-7.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2089" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/DMZ-7.jpg" alt="Copyright Vertigo 2010" width="240" height="377" /></a>morceau de ciment qui soude ses habitants, cette fierté d’être américain, devait s’éroder puis disparaître.<br />
Tout au long de ses récits, Brian WOOD revient sous forme de flash-backs centrés sur un ou plusieurs personnages, sur les évènements qui ont mis le feu à l’Amérique. Comment le sentiment nationaliste s’est peu a peu transformé en volonté indépendantiste. Comment le Gouvernement a négligé la menace des milices locales, dispersées aux quatre coins du pays. Comment la première étincelle a mis le feu aux poudres et poussé le pays dans une impasse.<br />
Car en effet, en lisant les péripéties de Matty et ses amis, en découvrant le futur (pas si) imaginaire de WOOD et BURCHELLI, le lecteur se rend bien qu’un retour en arrière est devenu illusoire.</p>
<p>La série compte actuellement 7 volumes, dont 6 traduits en français (le volume 7 est annoncé pour l’été 2010). Et pour une fois, on peut dire que les lecteurs français sont gâtés : la traduction est fidèle (j’ai testé les deux versions), la publication américaine est respectée et surtout, le papier glacé remplace le papier poreux des éditions originales. Le tout pour un prix quasi identique. Que du bonheur.<br />
Chaque tome est l’occasion pour WOOD d’entrer à chaque fois un peu plus dans les détails.<br />
La différence avec les séries habituelles de comics c’est qu’il n’y a pas de réelle continuité d’un volume à l’autre. Chaque nouvel album raconte une histoire complète, découpée en chapitre, où le scénariste met en lumière un ou plusieurs personnage et un ou plusieurs faits. C’est l’occasion pour les auteurs d’apporter à chaque fois une pierre à l’édifice général tout en poursuivant l’évolution des personnages principaux. Ils explorent ainsi toutes les facettes possibles et imaginables de cette guerre urbaine dans ce futur pas si improbable. Un seul mot me vient à l’esprit : brillant.</p>
<p>DMZ c’est tout ça : la guerre crue, la survie, des histoires dans l’Histoire, la possibilité qu’une île puisse être le dernier rempart de sable qui équilibre deux forces et le journaliste le dernier être sensé dans ce monde de fous.<br />
La série est brillante, intelligente, subtile et addictive. Un comic book à lire impérativement (et tous mes remerciements à la Morue pour m&#8217;avoir fait découvrir cette petite pépite).</p>
<p>Comme toujours, les liens qui vont bien:</p>
<p>le site officiel de <a href="http://www.brianwood.com/" target="_blank">Brian WOOD</a></p>
<p>et celui de <a href="http://ricxx.blogspot.com/" target="_blank">Riccardo BURCHEILLI</a>, très riche en belles images (normal pour un dessinateur)</p>

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