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	<title>Kroniks &#187; Xavier</title>
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	<description>le blog bd qui bronze en été</description>
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		<title>Sanctuary</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Jul 2010 02:47:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une Dream Team. Pas moyen de qualifier ça autrement ! Quand vous prenez Ryôichi Ikegami (Crying Freeman, Mai the Psychic Girl) et que vous lui adjoignez Shô Fumimura, dont le pseudo Buronson vous est sans doute plus connu puisque scénariste de Ken le survivant, moi j’appelle ça une Dream Team. Sanctuary narre les aventures de deux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2360" class="wp-caption alignleft" style="width: 226px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary1a_03042004.jpg"><img class="size-medium wp-image-2360" title="Sanctuary1a_03042004" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary1a_03042004-216x300.jpg" alt="" width="216" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ikegami-Fumimura / Kabuto 2004</p></div>
<p>Une Dream Team. Pas moyen de qualifier ça autrement ! Quand vous prenez Ryôichi Ikegami (Crying Freeman, Mai the Psychic Girl) et que vous lui adjoignez Shô Fumimura, dont le pseudo Buronson vous est sans doute plus connu puisque scénariste de Ken le survivant, moi j’appelle ça une Dream Team.</p>
<p>Sanctuary narre les aventures de deux jeunes hommes, Hôjô et Asami, quasiment frères de sang. Ils ont un but, lié à un passé commun douloureux : faire du Japon leur « sanctuaire », un endroit où ils pourraient être enfin chez eux. Si ça ce n’est pas de l’ambition !!</p>
<p>Pour ce faire, Hôjô va choisir la voie du Yakuza, tandis qu’Asami se lance dans la politique. Le challenge : arriver le plus vite possible en haut de l’échelle et pour cela, tous les moyens sont bons : chantages, viols, meurtres, manipulations…</p>
<p>Disons-le tout de suite : Sanctuary est un manga « adulte ». Oui, c’est violent, parfois érotique, mais c’est adulte aussi parce qu’on se prend une bonne grosse leçon de réalisme sur l’ambiance politico-sociale de l’archipel nippon.</p>
<p>En fait, si Sanctuary est une réussite incontestable sur le plan de la narration, elle l’est aussi sur celui du contenu. Y sont dénoncés tous les travers d’une société bien plus malade que ses dehors policés pourraient le laisser penser. La collusion mafia-monde politique, secret de polichinelle pour les nippons mais que les européens ne connaissent sans doute pas assez, la rigidité d’une société ultra-hiérarchique où les « vieux » accaparent tous les postes et s’y accrochent, ne laissant aucune chance aux jeunes, la prostitution étrangère, etc…</p>
<p>Du coup, la réaction de Hôjô et d’Asami est à la mesure de la déliquescence de la société : tous les coups sont permis !! Hôjô veut rapidement devenir boss de tous les yakuza du pays, mais il devra aussi compter avec les mafias chinoise et russe. Asami entre au service de l’éminence grise du gouvernement, l’homme qui tire les ficelles dans l’ombre… et va tout faire pour l’assassiner politiquement.</p>
<p>Alors oui, Sanctuary est une histoire de « salauds magnifiques », ambiance John Woo, où on ne peut pas détester les héros pour leurs actions, car le monde où ils évoluent ne leur laisse pas le choix. Hôjô et Asami sont des anti-héros et les deux auteurs les assument très bien.</p>
<div id="attachment_2359" class="wp-caption alignright" style="width: 214px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary9_22022005.jpg"><img class="size-medium wp-image-2359" title="Sanctuary9_22022005" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary9_22022005-204x300.jpg" alt="" width="204" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ikegami-Fumimura / Kabuto 2005</p></div>
<p>Car oui, Ikegami et Fumimura sont à la hauteur de leurs ambitions sur ce manga : le scénario est en béton, les personnages convaincants et pas monolithiques, le dessin confine au génie, le découpage tient en haleine le lecteur jusqu’à l’ultime page de l’ultime volume.</p>
<p>Les seuls problèmes de ce manga ? Peut-être un regard un peu trop tendre sur les agissements de Hôjô et d’Asami… mais après tout, c’est aussi pour ça qu’on aime les films de John Woo, hein ! Le second problème est matériel : l’éditeur, Kabuto, n’existe plus depuis 2008 et du coup, il peut être un peu difficile à trouver dans son intégralité.</p>
<p>Mais si vous le trouvez et que vous aimez les polars politico-mafieux, jetez-vous dessus, vous ne le regretterez pas !</p>

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		<title>Thermae Romae</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Jun 2010 01:08:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une des choses les plus remarquables au Japon est ce rapport privilégié que les japonais entretiennent avec le bain et le soin du corps. Les onsen (bains thermaux) sont une véritable institution et si leurs usages peuvent déstabiliser les occidentaux peu habitués à la nudité collective, je peux vous dire qu’une fois qu’on a essayé, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2305" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/thermae.jpg"><img class="size-medium wp-image-2305" title="thermae" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/thermae-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Marie Yamazaki / Enterbrain 2009</p></div>
<p>Une des choses les plus remarquables au Japon est ce rapport privilégié que les japonais entretiennent avec le bain et le soin du corps. Les <em>onsen</em> (bains thermaux) sont une véritable institution et si leurs usages peuvent déstabiliser les occidentaux peu habitués à la nudité collective, je peux vous dire qu’une fois qu’on a essayé, on en ressort convaincu !</p>
<p><strong>A cheval sur deux mondes</strong></p>
<p><em>Thermae Romae</em>, puisque c’est le nom de ce manga, joue de manière intelligente sur ces différences, en prenant un angle audacieux et finalement assez peu utilisé.</p>
<p>Lucius est un architecte romain. Oui, romain, comme dans Empire romain, époque empereur Hadrien ! Il traverse une période difficile : son dernier projet vient d’être refusé, au titre que ses idées architecturales seraient trop « vieilles »… En chemin vers les thermes, pour se détendre, il fait alors le bilan de ce qu’est devenu l’Empire romain depuis sa fondation et se demande si les critiques sur son travail ne seraient pas justifiées…</p>
<p>Les thermes ne sont finalement pas le meilleur endroit pour ses réflexions : très fréquentées, elles sont non seulement un lieu de relaxation mais aussi d’exercice physique et de soin du corps, dans les différents gymnases qui les composent.</p>
<p>Pour s’isoler, Lucius se plonge alors dans l’eau. Perdu dans ses méditations, il remarque cependant un étrange orifice au fond du bassin, par lequel l’eau s’échappe. S’approchant, il se fait soudain aspirer ! Lucius va-t-il mourir ainsi ?</p>
<p>Non, car il aperçoit la surface ! Mais quand il émerge… force est de constater qu’il n’est plus à Rome !! Il n’est pas le seul surpris, d’ailleurs : imaginez la tête des japonais du quartier, venus se détendre dans ce bain public, et qui voient soudain un étranger surgir de l’eau ! Hé oui, Lucius a fait un voyage temporel de la Rome antique au Japon actuel…</p>
<p><strong>Humour et salle de bains</strong></p>
<p>La série de Marie Yamazaki joue sur ce décalage : Lucius et les japonais ne sont bien entendu pas capables de se comprendre linguistiquement. Et les avancées technologiques de notre époque laissent souvent le romain perplexe. Cela donne lieu à un certain nombre de quiproquos cocasses ou de situations déstabilisantes pour Lucius : la scène où il se demande, assis sur des toilettes automatiques japonaises, combien d’esclaves cette civilisation peut employer pour faire de la musique pendant qu’on « fait son affaire », est impayable !  Surtout quand il enclenche par mégarde la fonction « bidet »…</p>
<p>Cependant, ces « glissades temporelles » (oui, cela se reproduira, prouvant à Lucius qu’il n’a pas rêvé) vont être l’occasion pour l’architecte romain de découvrir de nouvelles pratiques liées au bain et aux soins du corps. Il va d’ailleurs s’inspirer de certaines pour son propre travail, comme par exemple la sorte de chapeau qui permet de ne pas se mettre du shampooing dans les yeux, ce qui ne va pas manquer de remonter jusqu’aux oreilles de l’empereur…</p>
<p>C’est l’occasion aussi pour Lucius de découvrir de nouvelles pratiques culinaires liées aux bains, comme l’œuf cuit dans la source thermale, accompagné de saké, ou le plaisir d’une bonne bière fraîche après un bon bain chaud.</p>
<div id="attachment_2304" class="wp-caption alignright" style="width: 227px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/terumae450.jpg"><img class="size-medium wp-image-2304 " title="terumae450" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/terumae450-217x300.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Marie Yamazaki - 2010 (obtention de son prix)</p></div>
<p><strong>Un maitre mot : le réalisme</strong></p>
<p>Une telle série pourrait être vécue comme une aimable plaisanterie par des lecteurs occidentaux. Après tout, c’est un peu comme si un français s’amusait à faire une série BD sur la fabrication des katana dans le Japon du Moyen Âge : on pourrait craindre les anachronismes et les contresens.</p>
<p>Marie Yamazaki aborde cependant cet ouvrage avec un sérieux avantage : elle a vécu et étudié en Italie et elle est mariée avec un italien. Elle habite maintenant au Portugal, où travaille son mari.</p>
<p>Elle a donc pris le parti du réalisme : les voyages temporels ne sont ici qu’un prétexte scénaristique, la série n’a rien d’une série de science-fiction ou de fantastique. On se place plutôt dans une étude de civilisation. D’ailleurs, à la fin de chaque chapitre, un court texte explique au public japonais les us et coutumes de la Rome antique, avec force photos de vestiges et références historiques.</p>
<p>De plus, le dessin de Marie Yamazaki est résolument réaliste, mais elle conserve tout de même le parti pris de la narration en bande dessinée : les romains jouissent ainsi d’un dessin très détaillé, presque de « statues grecques », alors que les traits des japonais sont plus schématiques. Cela renforce cette impression d’un étranger perdu dans un autre monde, sans tomber pour autant dans la caricature.</p>
<p>Le rythme de la narration est intéressant : chaque chapitre est une glissade temporelle de Lucius, mais ces chapitres gardent une cohérence narrative entre eux. Marie Yamazaki évite ainsi l’écueil d’une démonstration culturelle trop longue et donc lassante et parvient sans mal à garder l’attention et l’intérêt de ses lecteurs.</p>
<p>Bref, <em>Thermae Romae </em>est un peu une révélation pour moi, dans le domaine « manga sérieux mais pas barbant ». Il ne reste plus qu’à espérer une traduction française le plus rapidement possible, cette œuvre le mérite amplement, d’autant qu’il a remporté un prix prestigieux au Japon !</p>

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		<title>Interview-vérité : Euromanga</title>
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		<pubDate>Sun, 30 May 2010 09:12:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Kroniks : Bonjour Frédéric, et merci d’avoir accepté de répondre aux questions de Kroniks ! Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que tu nous fais la gentillesse de nous répondre. Mais cette fois, puisque j’ai eu l’occasion de te rencontrer, on va parler de choses un peu différentes. Pour commencer, la traduction, ça ne doit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Kroniks : Bonjour Frédéric, et merci d’avoir accepté de répondre aux questions de Kroniks ! Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que tu nous fais la gentillesse de nous répondre. Mais cette fois, puisque j’ai eu l’occasion de te rencontrer, on va parler de choses un peu différentes. Pour commencer, la traduction, ça ne doit pas toujours être facile, notamment sur le <em>Bibendum Céleste</em>, non ?</strong></p>
<p><strong>Frédéric Toutlemonde</strong> : Alors c’est là que c’est intéressant parce que par exemple le traducteur (Masato Hara) du <em>Bibendum Céleste</em> est un peu l’activiste numéro 1 au Japon sur la BD. C’est lui qui dirige la BD Kenkyûkai (la communauté Mixi – équivalent nippon de facebook &#8211; sur la BD), il fait de la traduction, dont le <em>Bibendum Céleste</em> pour Euromanga, écrit des articles sur la BD et participe à l’organisation de conférences. C’est un gars qui a une formation littéraire pure souche, qui adore étudier, un vrai chercheur dans l’âme. Le langage ultra complexe de <em>Bibendum</em>, plein de surréalisme, il arrive à bien le rendre et à me démêler ça sans trop de difficultés. Sur Euromanga, je pense que j’ai réussi à faire des paires qui fonctionnent bien. La traductrice de <em>Blacksad</em>, qui est aussi celle du <em>Vol du Corbeau</em>, aime ces ambiances un peu cinématographiques, polar d’après-guerre, qui sont plutôt bien écrits sans trop de grosses difficultés. Le traducteur de <em>Rapaces</em> est un traducteur qui travaille principalement sur de la traduction en anglais, et un peu en français. Il n’a pas une très grosse culture en littérature française, et en BD  il n’y connait pas grand-chose. Par contre c’est quelqu’un qui lit du manga, qui lit de la science-fiction, du fantastique donc c’est quelqu’un qui connait cet univers un peu « entertainment », une histoire de vampire ça lui parle donc. Ce n’est pas un titre que j’aurais proposé à la traductrice de <em>Blacksad</em>, ce n’est pas du tout son univers, de même, elle serait incapable de traduire <em>Skydoll</em> … tout simplement parce que Barbara Canepa m’a demandé de traduire <em>Skydoll</em> à partir de l’italien. Je suis donc allé trouver LA japonaise qui travaille à l’Ecole internationale du manga de Rome qui est aussi agent pour des dessinateurs italiens pour faire leur promo au Japon. Mais c’est vrai que le pauvre Masato, à chaque fois que je lui donne la traduction du <em>Bibendum Céleste</em>, je me dis qu’il va en baver ! [rire]</p>
<p><strong>K : Oui, la paire œuvre/traducteur, c’est un aspect vital !</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Il faut trouver les traducteurs qui ont un peu le bon profil pour l’œuvre, qu’on sait qu’ils ne vont pas se sentir mal à l’aise avec et qu’ils vont réussir à trouver les mots adaptés pour rendre la traduction efficace. Là j’ai décidé de mettre <em>Happy Sex</em> et <em>Péchés Mignons</em>, c’est un ton très coquin, il ne faut pas avoir la langue dans sa poche, ou commencer à rougir. J’ai senti que cela ne marcherait pas avec mes quatre traducteurs. Je bossais bien avec un Japonais qui s’appelle Tsukui qui bosse beaucoup pour des maisons d’édition alternatives, sa femme dessine entre autre des manga érotiques, je me suis dit qu’il n’y aurait pas de problème avec lui et on a donc fait la traduction à deux ; il ne parle pas français du tout,  j ‘ai traduit les textes en japonais et il est repassé derrière pour les adapter comme il faut. C’est comme ça qu’on a fait la traduction des planches de <em>Péchés Mignons </em>et de <em>Happy sex</em>.</p>
<p><strong>K : Zep, c’est quand même un peu un gros coup, parce que <em>Happy Sex</em> ça a été une bonne réussite éditoriale et puis c’est un nom connu pour nous européens, même s’il est sans doute inconnu ici au Japon.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : C’est ça qui a été un peu délicat, quand je vais voir les éditeurs français et que je leur dis ce que je veux, sauf que mes moyens financiers sont ridicules, certainement pas à la hauteur de l’idée qu’on peut se faire d’un éditeur japonais. Certains éditeurs m’accordent peut-être le bénéfice du doute « Voilà, il galère, il va vraisemblablement se foirer mais sait-on jamais, si ça marche… ». On a réussi à mettre en place un networking, des contacts chez d’autres éditeurs. Il va y avoir la sortie de l’intégrale de <em>l’Incal</em> à la fin de l’année ; ils ont accepté <em>l’Incal</em> parce qu’on leur a proposé ! Donc il y a tout de même des choses qui se passent et qui vont dans le bon sens</p>
<p><strong>K : quand même, Moebius n’est pas un nom totalement inconnu au Japon. Certes, il faut être fan de recherches graphiques, d’occidentalisme dans le dessin, mais il y a des mangaka qui le citent comme influence.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Oui, et il n’y a pas que Moebius, je pense que Nicolas de Crécy commence déjà à être un petit peu connu et à mon avis peut acquérir une vraie notoriété ici chez les amateurs de BD ou les professionnels comme Moebius ou Bilal. Je pense vraiment qu’il peut percer, quand je dis percer c’est être publié par un autre éditeur qu’Euromanga.</p>
<p><strong>K : Justement, selon toi, quels sont les principaux obstacles pour la BD au Japon, en dehors de la barrière de la langue ? Sur le concept même.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Plus que la narration ou la difficulté d’appréhender les ellipses, pour moi le principal problème se pose d’abord au niveau du format. En dehors du fait que ça coûte 5 fois plus cher de publier de la BD que de publier du manga, il y a un problème concret que malheureusement les lecteurs ne voient pas qui est de l’agencement des rayons dans les librairies : il n’y a pas une seule étagère à ce format, ils ont tout standardisé sur le format manga. Ou alors, on a la chance qu’ils aient quelques grands formats comme des art-books, ou une étagère de comics américains. S’ils n’en ont pas, pour Euromanga soit ils me le renvoient soit ils les mettent avec les bouquins de jeux vidéo, n’importe où on peut caser un truc en A4 en gros. Ça c’est le gros problème, ça limite beaucoup les rencontres, le public  a de vraies difficultés à tomber dessus. Ensuite le prix d&#8217;Euromanga est très cher (1800 yens)… Il aurait fallu que je reste sur le prix du premier, à 1500 yens, mais à l’époque j’avais vraiment très peur de me manger une grosse veste. C’est un peu dommage mais on ne peut pas savoir ce qui va se passer plus tard. Il aurait peut-être fallu que je prenne un peu plus sur moi, que je prenne un peu plus de risques… Sur le moment, j’avais beaucoup de sons de cloche alarmistes, je voyais beaucoup de retours, je me disais « là je vais me retrouver avec 70% de retours, je suis mort ».</p>
<p><strong>K : Mais justement, il y a quand même un public, pour ces œuvres-là, pour la BD on va dire en gros ?</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Il y a un public, oui. On constate d’ailleurs le retour d’un public pour le comics américain, c’est un peu la bonne nouvelle des deux dernières années. Il y a beaucoup de Batman qui vont sortir, il y a un éditeur qui a relancé les <em>X-Men</em>, il y a un <em>Hellboy</em> et même <em>l’encyclopédie Marvel </em>qui sort. C’est pas mal parce que ça peut entraîner la création d’un espace comics dans les librairies. C’est important de savoir que quand le bouquin ne sera plus parmi les nouveautés, il  en restera au moins un exemplaire dans cette espace. Les deux titres qui ont fait décoller le comics, c’est <em>Watchmen</em> dont les ventes arrivent presque à 40.000 exemplaires et <em>From Hell</em> qui a dépassé les 20.000, ce sont de très très belles ventes pour des bouquins très chers.</p>
<p><strong>K : Est-ce que c’est à mettre en relation avec leurs adaptations cinématographiques ?</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Pour <em>Watchmen</em> oui, pour <em>From Hell</em> non. Pour ce dernier, pourtant, l’éditeur l’avait certainement sorti en se disant « il y a eu un film avec Johnny Depp qui fait toujours un gros carton au Japon, ça va avoir un impact », mais non, en fait. Visiblement, ce sont les lecteurs d’Alan Moore qui l’ont acheté et il a bénéficié d’un bandeau avec des citations de critiques littéraires très renommés. Il y a eu un très bon relais dans la presse et je pense que c’est la force du scénario qui l’a porté… Pourtant c’est un bouquin dur à lire <em>From Hell</em>, mais incroyablement les japonais se sont jetés dessus. C’est bizarre : il était cher, en noir et blanc, il n’avait pas lieu d’être à ce prix-là, en plus ils l’ont éclaté en deux volumes, eh bien il s’est bien vendu… a côté d’Euromanga ; c’est rageant ! [rires]</p>
<p><strong>K : Est-ce qu’il n’y a pas aussi une question relative à la couleur ? Les BD sont en grande majorité toutes en couleur, alors que les mangas, parfois les 10 premières pages le sont, mais pas plus.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Y a un rapport à l’imaginaire qui est intéressant sur l’histoire de la couleur.  J’ai lu ça dernièrement, sur une critique d’Euromanga justement, une fille qui fait de supers articles sur son blog. Là pour le 4, elle disait un truc intéressant, que la couleur enlève de l’imaginaire, c’est-à-dire que même si on fait un dessin très réaliste, le fait que ce soit en noir et blanc finalement plonge le lecteur plus dans l’imaginaire, il arrive plus à se dire qu’il est dans une fiction, tandis qu’un truc en couleur, ça va fixer en fait un peu l’œuvre dans des repères du réel. Même si le dessin est très caricatural, finalement on sera moins dans la fiction, dans l’imaginaire et plus dans le réel.  Donc il y a cette idée qu’avec la BD en couleur on rentre moins dans l’imaginaire que le manga, ce qui est sans doute vrai. Ceci étant dit, je reste convaincu qu’il faut faire comprendre au lecteur japonais que la couleur peut être une autre manière de passer dans l’imaginaire. Le plaisir de la couleur, dans la BD, c’est quand même quelque chose de jouissif, auquel il est important d’éduquer le lecteur, par exemple apprécier les belles couleurs de Rapace.</p>
<p><strong>K : C’est vrai que pour un lecteur européen, c’est très important, ce travail sur la couleur, ça participe de l’ambiance générale de l’œuvre.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : C’est un tiers, pratiquement ! C’est de l’ambiance, de la nourriture visuelle ! Nous on a l’habitude de s’arrêter sur le dessin, les japonais moins, c’est un vrai problème. Pour les japonais, ce qui compte, c’est le « flux », ce mouvement de la narration. En BD, on a peut être plus envie de pouvoir faire des pauses, de gérer tout ça, sans truc qui nous dise « accélère ». Ils réfléchissent avant tout leur création narrative sur un flux ; selon le flux que je veux donner,  je vais choisir mes cadres, mes planches, faire en sorte que le lecteur, il accélère là parce que je veux que là ça aille vite. Et finalement, le lecteur japonais est presque sur de la téloche, il ne s’en rend pas compte, mais le rythme qu’on lui donne c’est un rythme qui est très très proche d’un support télévisé, en fin de compte, où toutes les répliques sont données, où toutes les scènes sont montrées, le gros plan pleine page est roi.</p>
<p><strong>K : Pour conclure la petite interview : et le futur d’Euromanga ?</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Pour l’instant j’attends les résultats du 4 et voir l’état du nombre de lecteurs on va dire « consolidés » ; concrètement c’est assez difficile de les sortir. J’ai bénéficié du programme d’aide à la publication du Ministère des Affaires Étrangères, ce qui m’a permis de m’y retrouver dans mes comptes, mais sans ce programme-là, ça serait difficile. Bon, je pense que je vais tout de même sortir les 5 et 6. Et puis donc, je suis en pourparlers avec un éditeur pour une intégrale d’une des séries que je publie dans Euromanga, en coproduction et cofinancement. J’en suis à un stade un peu douloureux, où les gens commencent à se rendre compte qu’Euromanga c’était pas juste un coup de vent, mais que ça se poursuit même si le rythme est très lent, ça c’est bien, je commence à obtenir la confiance d’un lectorat qui commence à se dire que la publication va se poursuivre, donc si par malheur je devais arrêter, je pense que là ça serait très compliqué à gérer avec ces lecteurs. Je vais tout faire pour continuer surtout que je n ai pas vraiment de raison d’arrêter et que j’y trouve beaucoup de plaisir. Et puis sait-on jamais, il peut y avoir un vrai coup d’éclairage sur la BD en fin d’année ou l’année prochaine, ce qui permettrait de souffler un peu. Le but du jeu c’est aussi que d’autres éditeurs entrent dans la danse pour créer une émulation. Là c’est vrai que je suis un peu tout seul dans le désert donc c’est douloureux. L’intérêt des tankôbon (intégrale BD) c’est aussi de pouvoir présenter de la BD d’une autre manière, plus compacte. Et ça me permettrait surtout d’apporter de nouvelles séries à Euromanga. Y a des choses excellentes, comme du Emmanuel Lepage, ou mon coup de cœur, <em>Aquablue</em>, parce que c’est la série qui m’a fait basculer du comics vers la BD. Mais bon, c’est quelque chose qui va prendre encore beaucoup de temps.</p>
<p><strong>K : Merci à toi Frédéric !</strong></p>

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		<title>Bd et manga de S.F. se rencontrent à Kyôto !</title>
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		<pubDate>Thu, 20 May 2010 06:03:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a de cela plus d’un an, je vous avais parlé du Musée International du Manga de Kyôto. C’est le moment de lui redonner un petit coup de projecteur, puisque très récemment s’y est déroulée une animation autour de la BD de SF française. Le Musée n’a d’ailleurs pas traité le sujet à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2223" class="wp-caption alignleft" style="width: 224px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mezieres.jpg"><img class="size-medium wp-image-2223" title="mezieres" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mezieres-214x300.jpg" alt="" width="214" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright J-C. Mézières / Musée International du Manga 2010</p></div>
<p>Il y a de cela plus d’un an, je vous avais parlé du <a href="http://www.kroniks.net/2008/11/12/le-musee-international-du-manga/">Musée International du Manga</a> de Kyôto. C’est le moment de lui redonner un petit coup de projecteur, puisque très récemment s’y est déroulée une animation autour de la BD de SF française.</p>
<p>Le Musée n’a d’ailleurs pas traité le sujet à la légère : deux expositions et plusieurs conférences ont permis d’aborder le thème en profondeur. Les invités étaient aussi au rendez-vous : J-C. Mézières &amp; P. Christin (Valérian), le scénariste J-D. Morvan (Sillage, le Petit monde, etc…) du côté français, Jirô Taniguchi (Icare avec Moebius, Seton, etc…) et Yoshikazu Yasuhiko (Gundam, Arion). Excusez du peu !! Pas de photos de l’intérieur du musée, vous devrez donc vous contenter de photos du mur de dédicaces situé dans le petit café attenant au musée. Comme vous le voyez, y a quand même de quoi se régaler les yeux !</p>
<p>Une des expositions était centrée sur l’univers de Valérian. Composée de reproductions de planches originales, ordonnées par année de publication, elle permet de suivre l’évolution graphique et thématique de la série. De nombreux exemplaires des aventures de Valérian et Laureline sont en libre accès. Il faut dire aussi que son univers jouit indirectement de la popularité du film Le Cinquième Elément (Luc Besson), puisque J-C. Méziers a effectué un très gros travail de recherche graphique pour le film. Cet aspect est aussi bien mis en valeur dans cette exposition.</p>
<div id="attachment_2227" class="wp-caption alignright" style="width: 250px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image111.jpg"><img class="size-medium wp-image-2227 " title="Image111" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image111-300x225.jpg" alt="" width="240" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Laureline, Valérian, Gundam, Ashita no Jô, une rencontre inédite !</p></div>
<p>La seconde met en parallèle les manga et les BD de SF, au travers d’une trentaine d’exemples, sur le principe de l’alternance : 1 manga, 1 BD. On y retrouve tous les grands classiques des deux catégories : Blame, Gunnm, Akira, Universal War One, Sillage, Le Complexe du Chimpanzé, etc… Là encore, de nombreux ouvrages sont à la disposition du public. Un choix éclectique mais très intéressant !</p>
<p>Soyons réalistes : la première des deux expositions intéressera surtout les visiteurs européens de passage, qui constitue une part non négligeable de la fréquentation du musée. La seconde sera plus familière aux visiteurs japonais, de par la présence des manga. Néanmoins, les deux expositions étant à proximité l’une de l’autre, les rencontres restent possibles et contribueront à familiariser la BD auprès du public japonais.</p>
<p>Côté conférences maintenant : je n’ai malheureusement pas pu assister à celle qui réunissait J-C. Mézières, P. Christin et J. Taniguchi. Je remercie donc Frédéric Toutlemonde, le rédac-chef d’<a href="http://www.kroniks.net/tag/euromanga/">Euromanga </a>qui était sur place et qui m’en a livré la substantifique moelle. Même si le public a été un peu moins nombreux que prévu, la rencontre a porté ses fruits : Christin &amp; Mézières ont parlé de leurs 40 ans de collaboration et ont offert au public nippon une approche quasi ethnologique de Valérian, insistant sur le fait qu’il n’y a pas de bons et de méchants à proprement parler, mais simplement des personnages dont les aspirations entrent parfois en conflit. La séance s’est clôturée sur un dessin de Laureline par Mézières et un autre de Taniguchi sur la série de SF qu’il dessine actuellement, où il a explicité le processus d’encrage et d’ombre aux évidentes inspirations BD.</p>
<p>Le lendemain, la salle était quasiment comble. Il est vrai que la venue de Yoshikazu Yasuhiko fait bouger les fans japonais, Gundam étant aussi ancré dans l’imaginaire nippon que peuvent l’être pour nous Tintin ou Astérix. La conférence était d’ailleurs retransmise en direct sur internet. Rencontre d’autant plus intéressante que Morvan et Yasuhiko appartiennent à des générations très différentes, Morvan étant de son propre aveu un véritable « enfant de la japanim », élevé au Goldorak grand teint. On sentait toute l’admiration de Morvan pour son homologue japonais.</p>
<div id="attachment_2229" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image113.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-2229" title="Image113" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image113-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Moebius, Monkey Punch... du beau monde on vous dit !!</p></div>
<p>Ce dernier ne se considère d’ailleurs pas comme un auteur S.F. à part entière, insistant sur le fait qu’il a créé d’autres séries, comme Jésus, Jeanne (toutes deux publiées chez Tonkam) ou Arion, mais qu’elles n’ont pas connu le même succès que Gundam. Il a insisté sur le caractère presque « anti-héros » de ses personnages, dans un monde où rien n’est ni tout blanc ni tout noir, faisant par là le pont avec l’univers de Valérian évoqué la veille. J.-D. Morvan est revenu quant à lui sur les différentes séries S.F. qu’il a initiées avec des auteurs japonais, comme par exemple le Petit Monde, avec Toru Terada (Dargaud).</p>
<p>Malheureusement, avec les impératifs de traduction français-japonais, la séance n’a pu se clôturer par la traditionnelle série de questions du public, mais Yasuhiko Yoshikazu nous a, à l’instar de Mézières la veille, gratifié d’une démonstration de sa technique de dessin et des codes manga qui la régissent, sur Gundam.</p>
<p>Une excellente initiative donc que celle du Musée International du Manga, pour une manifestation réussie. Espérons qu’elle soit un des jalons vers une meilleure connaissance de la BD européenne au Japon, et que des évènements de ce type se reproduiront bientôt !</p>

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		<pubDate>Thu, 13 May 2010 05:22:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Déjà un an et demi qu’Euromanga a commencé son aventure. Le tome 4 vient en effet tout juste de sortir ! A cette occasion, Kroniks a pu réaliser une nouvelle interview de son rédacteur en chef, Frédéric Toutlemonde, que vous retrouverez très bientôt dans nos colonnes. Au sommaire de ce nouveau numéro, la suite des séries [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2184" class="wp-caption alignleft" style="width: 218px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/euromanga-44.jpg"><img class="size-medium wp-image-2184" title="glitter_cosmeE1,2.AI" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/euromanga-44-208x300.jpg" alt="" width="208" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Euromanga 2010</p></div>
<p>Déjà un an et demi qu’Euromanga a commencé son aventure. Le tome 4 vient en effet tout juste de sortir ! A cette occasion, Kroniks a pu réaliser une nouvelle interview de son rédacteur en chef, Frédéric Toutlemonde, que vous retrouverez très bientôt dans nos colonnes.</p>
<p>Au sommaire de ce nouveau numéro, la suite des séries des tomes précédents : Rapaces, le Bibendum Céleste, Sky Doll et le Vol du Corbeau. A cela, ajoutez une brève de Blacksad (« Comme chien et chat), une autre de Jodorowski/Moebius dans le cycle de l&#8217;Incal (« L’origine de Solune »). Puis inaugurez deux nouvelles séries, tout à fait friponnes et « french sex » : <a href="http://www.kroniks.net/2009/10/27/happy-sex/">Happy sex</a> (Zep) et Péchés mignons (Arthur de Pins). Quand même, Zep !!  La performance n&#8217;est pas mince, étant donné la popularité du monsieur en Europe. Bref, un joli coup pour Euromanga, et une vraie chance pour le public japonais de découvrir cet auteur culte. Et puis, Péchés mignons, eh bien c&#8217;est le genre de friandise que l&#8217;on déguste sous le manteau, en se disant rhooo, c&#8217;est pas bien quand même, mais qu&#8217;est-ce que c&#8217;est bon ! Aucune raison de se priver, donc</p>
<p>Secouez le tout, avec quelques articles (la rencontre au Musée international du Manga sur le thème de la SF dans la BD française – une interview de Hirohiko Araki, le créateur de JoJo’s Bizarre Adventures) , et vous obtenez un volume bien rempli (144 pages toutes en couleur) ! Rendez-vous cet hiver pour le tome 5 !</p>

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		<title>Chii&#8217;s sweet home</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Apr 2010 00:48:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Chii’s sweet home est un de ces OVNI bédéistiques que seuls les japonais semblent pouvoir réaliser pour le moment. Jugez plutôt : un tout jeune chaton, Chii (prononcé Tchii), se promène avec sa mère et ses frères et sœurs dans un parc. Chii étant très tête en l’air, son attention est distraite par quelque chose, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2165" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/chii.jpg"><img class="size-medium wp-image-2165" title="chii" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/chii-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Konami Kanata / Kôdansha 2004</p></div>
<p>Chii’s sweet home est un de ces OVNI bédéistiques que seuls les japonais semblent pouvoir réaliser pour le moment.</p>
<p>Jugez plutôt : un tout jeune chaton, Chii (prononcé Tchii), se promène avec sa mère et ses frères et sœurs dans un parc. Chii étant très tête en l’air, son attention est distraite par quelque chose, elle s’éloigne et… évidemment, se perd ! Elle est donc là à se désespérer, quand elle est découverte par un petit garçon Yôhei Yamada, et sa mère.</p>
<p>Prenant Chii en pitié, ils la ramènent chez eux, mais le règlement de leur immeuble interdit les animaux ; ils essaient donc de trouver à Chii un nouveau foyer, mais Yôhei s’attache à Chii et la séparation devient vite impossible. Les Yamada vont donc devoir trouver un nouveau logement, pour éviter de devoir toujours ruser pour cacher Chii.</p>
<p>Et Chii dans tout cela ? Eh bien, si au début elle cherche bien sûr à retrouver sa mère, elle va s’apercevoir rapidement que les Yamada sont un foyer accueillant et qu’il fait bon y vivre. C’est donc le début de sa découverte du monde, et on pourrait appeler ça « les tribulations de Chii ».</p>
<p><strong>Vous allez fondre</strong></p>
<p>Plutôt mince comme argument scénaristique, non ? Eh bien oui, mais franchement, ce n’est pas un problème ! Après tout, il s’agit ici de vie quotidienne ; le découpage en petits chapitres, le rythme assez lent (mais pas trop), tout cela convient à la perfection au sujet. D’autant qu’au fur et à mesure de ses tribulations, Chii se fera de nouveaux amis, découvrira de nouvelles choses, autant d’éléments qui l’inscriront dans un contexte plus large, pas limité aux Yamada et à leur appartement.</p>
<p>Mais surtout, il faut avoir un cœur enrobé de béton armé et recouvert d’acier blindé pour rester insensible aux mimiques de Chii ! Konami Kanata, l’auteur, utilise un trait simplissime mais qui lui permet toutes les fantaisies possibles. Il faut voir les yeux de Chii s’agrandir quand la bouteille de lait sort du frigo !! C’est simple, Chii est aussi craquant qu’un véritable petit chaton.</p>
<p><strong>Une friandise pour tous les âges</strong></p>
<p>Le tour de force de Konami Kanata est d’avoir fait de Chii’s sweet home une œuvre craquante mais jamais gnangnan, jamais infantilisante. Il y a des fois c’est un peu triste, d’autres fois complètement loufoque, naïf, exubérant… Bref, comme un chat peut l’être ! Du coup, c’est une lecture accessible à tous, hommes, femmes, enfants, jeunes, vieux, avec ou sans animaux à la maison.</p>
<p>Bien sûr, les adultes liront Chii comme un plaisir un petit peu coupable, ce chocolat chaud bu un soir d’hiver au coin du feu alors qu’on a encore du boulot. Et alors ? Franchement, Chii pourrait personnaliser à elle seule l’expression « un peu de douceur dans un monde de brutes » ! Chii, c’est un vraiment moment de bonheur.</p>
<p>Si la parution de Chii’s sweet home se fait en noir et blanc dans le magazine qui le publie, la version reliée (un « tankôbon ») est entièrement colorisée. Et là encore, c’est une réussite ! Toute en tons pastels marqués mais doux, cette colorisation apporte un vrai plus à Chii.</p>
<p>7 tankôbons sont maintenant parus au Japon, pour une série qui a commencé en novembre 2004. Le rythme de parution n’est donc pas effréné, et c’est tant mieux. Evidemment, un tel sujet se prête à merveille au passage en version animée, et c’est ce qui a été fait. Deux saisons de 104 (!) épisodes ont été réalisées, en 2008 et 2009, par le studio Madhouse. 104 épisodes, cela peut paraitre délirant, mais il faut savoir que chacun ne dure que 3 minutes environ. Il existe aussi un jeu d’aventure/virtual pet de Chii sur Nintendo DS (japonais uniquement).</p>
<div id="attachment_2164" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/chii2.jpg"><img class="size-medium wp-image-2164" title="chii2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/chii2-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Konami Kanata / Kôdansha 2005</p></div>
<p>Plus intéressant pour les lecteurs français, Konami Kanata a récemment indiqué sur son site internet que Chii allait être bientôt adapté en français !! Vu qu’il est déjà paru en espagnol (« El dulce hogar del Chi ») chez Glénat Espagne, c’est en toute logique chez Glénat France que Chii sera disponible. Ne le ratez pas !</p>
<p>En attendant, vous pouvez toujours aller faire un tour sur le <a href="http://morningmanga.com/chi/">site officiel</a> (en japonais)</p>

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		<title>Oui nide iou !!</title>
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		<pubDate>Wed, 31 Mar 2010 10:41:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nos billets d'humeur]]></category>
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		<description><![CDATA[Oui, chers lecteurs, vous avez bien lu, votre blog BD préféré (ouah, je m’enflamme, moi) a besoin de vous ! Oh, je vous rassure tout de suite, reposez votre American Express (quoique…), Kroniks n’en veut pas à votre argent. Non, c’est à quelque chose de plus sympa mais difficile qu’on aimerait faire appel. Dans notre Quête [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Oui, chers lecteurs, vous avez bien lu, votre blog BD préféré (ouah, je m’enflamme, moi) a besoin de vous !</p>
<p>Oh, je vous rassure tout de suite, reposez votre American Express (quoique…), Kroniks n’en veut pas à votre argent. Non, c’est à quelque chose de plus sympa mais difficile qu’on aimerait faire appel.</p>
<p>Dans notre Quête Du Toujours Faire Mieux Pour Vous (c’est beau comme du Ronsard ou du Frédéric Dard), nous cherchons en effet à améliorer l’identité visuelle de Kroniks. Pas la structure même du site, on en est assez contents. On la trouve assez claire et pratique pour ce qu’on veut en faire et le sieur Benoît fait un excellent travail pour sa conception et sa maintenance (loué soit-il, parce qu’on n’a pas les moyens financiers de l’acheter, pour le moment. Ca coûte cher, un Benoît).</p>
<p>Non, notre désir est plus futile et donc indispensable que cela : nous cherchons en effet une mascotte ou un logo qui permettrait de renforcer cette identité visuelle. Et comme nous sommes tous les trois de piètres dessineux, nous avons pensé que peut-être, vous chers lecteurs aimeriez sauter sur cette occasion pour exprimer votre créativité débordante.</p>
<p>Alors voilà, si vous avez une mascotte ou un logo à nous proposer, n’hésitez pas et contactez-nous (rubrique contact). Je rappelle néanmoins que cette œuvre doit être entièrement originale (pas de plagiat, pas même de détournement/réinterprétation d’autre logo/mascotte). Pas de rémunération bien sûr, mais vous serez évidemment crédités de votre œuvre dans les mentions légales et pour toute utilisation de votre création sur le site (pas d’utilisation prévue en dehors du site).</p>
<p>Ces bonnes choses étant dites, ce n’est pas le seul domaine dans lequel Kroniks a besoin de vous.  Nous avons noté ces derniers mois une augmentation très modeste mais réelle du nombre de nos visiteurs uniques par semaine. Cela nous fait bien sûr très très plaisir (c’est avant tout pour vous qu’on écrit), mais voilà, c’est comme une drogue, on en veut toujours plus !</p>
<p>Donc, chers lecteurs, nous aimerions que vous nous fassiez part de vos idées quant aux moyens éventuels de faire connaitre encore un peu plus Kroniks.net. Vous avez sans doute remarqué que nous avons conçu un marque-page aux couleurs du site, mais si vous avez d’autres idées, la rubrique contact est là pour vous aussi !!</p>
<p>En tout cas, merci à tous de nous lire, continuez à nous laisser des commentaires ou à nous envoyer des messages et Bonne BD à tous !</p>

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		<title>Hisashi Sakaguchi &#8211; Une rétrospective</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Feb 2010 08:41:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Hisashi Sakaguchi n&#8217;est pas un nom très connu parmi le « public manga » en France, à part sans doute par les spécialistes. C&#8217;est bien dommage et je me suis dit qu&#8217;une petite rétrospective de son œuvre publiée en France ne serait pas inappropriée. D&#8217;autant que, décédé trop tôt, ses manga n&#8217;ont sans doute pas connu le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hisashi Sakaguchi n&#8217;est pas un nom très connu parmi le « public manga » en France, à part sans doute par les spécialistes. C&#8217;est bien dommage et je me suis dit qu&#8217;une petite rétrospective de son œuvre publiée en France ne serait pas inappropriée. D&#8217;autant que, décédé trop tôt, ses manga n&#8217;ont sans doute pas connu le succès qu&#8217;ils auraient mérité.</p>
<p>Né au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, le 5 mai 1946 pour être précis, dans le département de Saitama (au Nord de Tôkyô), sa famille déménage peu de temps après dans la capitale. Alors qu&#8217;il est toujours lycéen, il entre à 17 ans dans le prestigieux Mushi Production, hé oui, le studio de Tezuka Osamu, celui-là même où il fonda les standards de l&#8217;animation télévisuelle japonaise, notamment par le biais de <em>Tetsuwan Atomu</em> (Astro le petit robot) ! Avouez qu&#8217;il y a pire à mettre sur son C.V&#8230;. Évidemment, il y débute par le bas de l&#8217;échelle, mais cela lui permet de faire ses armes sur des séries telles que Astro le petit robot, <em>Jungle Taitei</em> (Le Roi Léo) ou <em>Ribon no Kishi</em> (Princesse Saphir).</p>
<p>Il restera 5 ans dans le studio, le temps d&#8217;acquérir un solide bagage technique et narratif. Par la suite, il reprend sa liberté et devient free-lance en 1968, réalisant des films animés publicitaires, travaillant également pour de grands studios tels que la Tatsunoko prod., Nippon Sunrise ou la Toei durant les années 70-80. Parallèlement, il fait ses débuts de mangaka en 1969 avec <em>Osarabashirô!</em> (non traduit).</p>
<p>Pour son activité de mangaka, il prend la décision de réaliser ses œuvres intégralement, sans l&#8217;aide d&#8217;assistants comme cela est pourtant généralement la norme, à part sur son manga <em>Wolfguy</em> (1979). De fait, ses manga sont généralement des œuvres assez courtes, en peu de tomes.</p>
<p>Décédé prématurément en 1995, Hisashi Sakaguchi n&#8217;a pas connu un destin très enviable dans la publication de ses œuvres en France. Tout d&#8217;abord, seules trois de ses manga nous sont parvenus. Étant donné qu&#8217;il s&#8217;agit de ceux ayant rencontré le plus de succès, on ne peut en blâmer les éditeurs français. Cependant, on ne peut pas forcément toujours en dire autant de leur traitement de cette œuvre. Petite revue de détail.</p>
<p><strong>Fleur de Pierre : un autre angle sur la guerre</strong></p>
<p><em> </em></p>
<div id="attachment_2111" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><em><em><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur1.jpg"><img class="size-medium wp-image-2111" title="fleur1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur1-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></em></em><p class="wp-caption-text">copyright H. Sakaguchi / Vents d&#39;Ouest - 1997</p></div>
<p><em>Ishi no Hana</em> est la première série qui va faire connaître réellement Hisashi Sakaguchi au Japon. Il en publie 6 volumes entre 1984 et 1986. Le thème est plutôt original : la Seconde Guerre Mondiale, certes, mais dans les Balkans, en Yougoslavie pour être plus précis. Voilà un sujet bien étrange à traiter pour un japonais, mais après tout pourquoi pas ? D&#8217;autant que si la Seconde Guerre Mondiale est un support de choix pour la BD en générale, rares sont les auteurs à avoir porté leur regard sur cette partie de l&#8217;Europe&#8230;</p>
<p>L&#8217;action prend place dans la partie slovène de la Yougoslavie, non loin de la frontière italienne, en 1939. Un nouveau professeur, M. Funbelbaldinc, arrive dans un petit village pour prendre la suite de l&#8217;institutrice partie en retraite. Sur le chemin, il rencontre Krilo, un gamin un peu rebelle mais débrouillard, sans grand appétit pour les études. Parmi les gens du village, la rumeur des agissements d&#8217;Hitler gronde ; les avis sont partagés et on peut déjà sentir des dissensions entre Slovènes, Croates, Bosniaques et Serbes&#8230;</p>
<p>Cependant, ces bruits de bottes sont bien lointains et n&#8217;affectent pas vraiment la vie du village, à part lors des soirées à l&#8217;auberge, où les esprits s&#8217;échauffent parfois sous l&#8217;effet de l&#8217;alcool. La vie suit son cours et pour les enfants M. Funbelbaldinc se révèle un professeur bien particulier, toujours un peu tête en l&#8217;air et qui porte sur le monde un regard étrange&#8230;</p>
<p>Ce dernier décide d&#8217;emmener les enfants de la classe en excursion dans des grottes non loin de la frontière italienne, pour y montrer ces magnifiques « fleurs de pierre » que les concrétions rocheuses naturelles forment. Au sortir de la visite, Fi, l&#8217;une des filles de la classe et amie de Krilo, ne se sent pas bien ; M. Funbelbaldinc décide de rester un peu avec elle, laissant les enfants de la classe rentrer au village dans le camion d&#8217;un des habitants.</p>
<p>C&#8217;est là que tout bascule : sur le chemin du retour, un bruit inhabituel ; deux avions allemands à basse altitude font un premier passage au-dessus du camion puis ouvrent le feu ! Lorsque Krilo se remet du choc, c&#8217;est pour constater que le camion est en feu et que ses camarades sont tous morts&#8230; Il a juste le temps de se mettre à l&#8217;abri avant que les avions ne reviennent l&#8217;achever ! Il se rue vers le village, mais c&#8217;est pour le découvrir en proie aux flammes, et les troupes allemandes en train de perpétrer un massacre aveugle. Il n&#8217;a d&#8217;autre choix alors que de se réfugier dans la montagne, où il va tomber sur un groupe de maquisards résistants.</p>
<p>Pour Fi, la situation n&#8217;est pas meilleure : capturée, elle est envoyée dans un camp de travail au centre du pays, qui ressemble à s&#8217;y méprendre aux camps de concentration que les nazis ont dressé plus au nord de l&#8217;Europe. Elle manque y mourir, mais le commandant du camp, frappé par sa ressemblance avec sa petite sœur disparue, l&#8217;en extrait et la fait soigner. Malheureusement, les mauvais traitements ont privé Fi de la vue et nul ne sait si elle la recouvrera un jour&#8230;</p>
<div id="attachment_2112" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur2.jpg"><img class="size-medium wp-image-2112" title="fleur2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur2-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright H. Sakaguchi / Vents d&#39;Ouest - 1997</p></div>
<p>Fleur de Pierre offre un traitement réaliste de la guerre : combats, massacres, exactions, mais aussi espoirs, collaboration, marché noir, résistance&#8230; Hisashi Sakaguchi ne se voile pas la face quant à la nature de la guerre et ne souhaite pas non plus en préserver le lecteur. Il en profite d&#8217;ailleurs pour faire passer ses propres réflexions sur l&#8217;Homme, la vie, la mort&#8230; permettant à Fleur de Pierre de dépasser le simple cadre de « BD sur la guerre » pour acquérir un statut plus universel. Il y parvient très bien d&#8217;ailleurs, trouvant le juste équilibre entre action et réflexion. Son trait sert son propos admirablement, même si parfois le lecteur attentif et connaisseur pourra y déceler des vestiges de son « éducation » au sein de Mushi Prod.</p>
<p>Malheureusement, il y a un gros « mais » à Fleur de Pierre : Vents d&#8217;Ouest, qui en avait publié les trois premiers tomes en 1997, s&#8217;est arrêté là, alors que la série compte 6 tomes au Japon&#8230; Bref, dans sa version française, vous n&#8217;en connaîtrez jamais la fin ! Le format de publication n&#8217;a peut-être pas aidé : sur le modèle des volumes d&#8217;Akira publiés par Glénat à la même époque, le public français n&#8217;était peut-être pas prêt. En 1997, le manga est encore largement perçu comme un divertissement de « gamins », or Fleur de Pierre est une œuvre plutôt « adulte ».</p>
<p>Cependant, que cela ne vous rebute pas ! Fleur de Pierre, même incomplet, vaut largement la lecture ! Il reste à espérer qu&#8217;une bonne âme voudra bien un jour en reprendre la publication, pour qu&#8217;enfin on sache la fin des aventures de Krilo et de Fi&#8230;</p>
<p><strong>Version : biotech et avenir de l&#8217;humanité</strong></p>
<p>Voilà un manga prometteur : Mitsuru Happo est un détective privé un peu minable. Il ne croule pas sous les affaires et donc ne roule pas sur l&#8217;or. Alors, bien sûr, quand une charmante jeune femme vient l&#8217;embaucher pour retrouver son père, vous pensez bien qu&#8217;il ne va pas refuser !</p>
<div id="attachment_2110" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/version.jpg"><img class="size-medium wp-image-2110" title="version" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/version-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Hisashi Sakaguchi / Glénat - 1996</p></div>
<p>Seulement, l&#8217;affaire se révèle rapidement plus complexe qu&#8217;elle n&#8217;en a l&#8217;air. C&#8217;est que le père de la demoiselle est un scientifique de renom et qu&#8217;il travaillait sur un projet bien mystérieux. Il y a quelques années, il était ainsi parti de son laboratoire avec le résultat d&#8217;une expérience top secrète, rien de moins qu&#8217;une nouvelle forme de vie !</p>
<p>La dernière position connue du professeur étant l&#8217;Australie, c&#8217;est là qu&#8217;Happo et la demoiselle se rendent. Mais ils ne tarderont pas à découvrir que le projet a évolué tout seul bien au-delà des prévisions des scientifiques et surtout qu&#8217;ils ne sont pas les seuls à vouloir mettre la main sur le projet et sur le professeur&#8230;</p>
<p>Version part donc comme un thriller écolo-scientifique, avec réflexion sur la place de l&#8217;Homme dans l&#8217;Univers, sa relation à la Nature, etc&#8230; Malheureusement, Version a lui aussi souffert des aléas de la publication des manga en France. Cette fois, c&#8217;est Glénat qui n&#8217;en a publié qu&#8217;un seul volume sur les trois qui sont sortis au Japon ! C&#8217;est très regrettable, car l&#8217;histoire s&#8217;annonçait passionnante&#8230; Au moins, à la différence de Fleur de Pierre, vous pouvez toujours en chercher les éditions anglaise ou allemande&#8230; Un beau gâchis, quoi.</p>
<p><strong>Ikkyu : sur les traces de Bouddha</strong></p>
<p>Consolons-nous : Ikkyu, l&#8217;œuvre la plus connue de Hisashi Sakaguchi, a elle été éditée intégralement en France, par Glénat puis Vents d&#8217;Ouest.</p>
<p>Cette fois, c&#8217;est à une biographique que s&#8217;attelle l&#8217;auteur : Ikkyu est en effet un personnage historique du XVe siècle japonais. Fils illégitime de l&#8217;empereur Gokomatsu, il est éloigné de la Cour pour des raisons évidentes et rapidement confié par sa mère à monastère bouddhiste zen, où il va donc faire l&#8217;apprentissage du métier de bonze.</p>
<div id="attachment_2114" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ikkyu1.jpg"><img class="size-medium wp-image-2114" title="ikkyu1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ikkyu1-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright H. Sakaguchi / Glénat - 1996</p></div>
<p>Cependant, Ikkyu va rapidement développer un esprit très critique face à certaines pratiques. Il s&#8217;éloignera de son monastère d&#8217;origine pour partir en quête de sa propre vérité. Il est une figure complexe du bouddhisme japonais : philosophe, artiste, il fut aussi un jouisseur invétéré des bonnes choses de la vie, les femmes y compris.</p>
<p>Son iconoclasme fera qu&#8217;il sera adulé par certains, rejeté par d&#8217;autres ; il remplira temporairement d&#8217;importantes charges dans des monastères prestigieux, mais s&#8217;en éloignera toujours pour retrouver la solitude, la méditation et les filles de joie !</p>
<p>Le manga d&#8217;Hisashi Sakaguchi rend bien tout cela et parvient à retranscrire la complexité du cheminement intellectuel d&#8217;Ikkyu sans jamais tomber dans l&#8217;incompréhensible pour son lecteur très certainement peu habitué aux subtiles différences entre écoles de pensée bouddhique. La vie, la mort, le sexe, l&#8217;amour, l&#8217;amitié et le ressentiment, toutes ces émotions passent presque à l&#8217;état brut des planches de Sakaguchi.</p>
<p>On ne peut s&#8217;empêcher de rapprocher Ikkyu du Bouddha de Tezuka, d&#8217;autant plus quand on sait que Sakaguchi a travaillé sous les ordres du maître. Pour moi, Ikkyu dépasse Bouddha, en cela que la narration est plus resserrée ; Sakaguchi se consacre à un seul personnage, là où Tezuka devait nécessairement envisager les autres acteurs de l&#8217;histoire de Bouddha. De fait, il n&#8217;y a aucun temps mort dans Ikkyu, un comble pour un manga qui traite principalement de religion et de philosophie ! Ikkyu est aussi sans doute l&#8217;œuvre la plus personnelle de Hisashi Sakaguchi, puisqu&#8217;il est décédé quelques semaines avant que le dernier tome ne soit publié&#8230;</p>
<p>De fait, Ikkyu est une lecture chaudement conseillée, une de ces perles qui démontrent avec brio que le manga n&#8217;est pas plus pour adolescents décérébrés que ne le sont les comics ou la BD. Au-delà, c&#8217;est toute l&#8217;œuvre d&#8217;Hisashi Sakaguchi publiée en français qui mérite d&#8217;être lue et relue, en espérant qu&#8217;un jour les éditeurs combleront les regrettables manques qu&#8217;ils ont provoqué&#8230;</p>

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		<title>Family Compo</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Jan 2010 01:48:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Masahiko n&#8217;a pas eu une vie très facile jusque là : il a d&#8217;abord perdu sa mère très jeune et ne voyait pas souvent son père, trop occupé à travailler. Puis, ce dernier s&#8217;est à son tour éteint, laissant Masahiko orphelin. Masahiko a donc grandi seul, sans connaître les joies d&#8217;un anniversaire en famille, par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1974" class="wp-caption alignleft" style="width: 220px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo1.jpg"><img class="size-medium wp-image-1974" title="familycompo1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo1-210x300.jpg" alt="" width="210" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Tsukasa Hôjô / Tonkam 1999</p></div>
<p>Masahiko n&#8217;a pas eu une vie très facile jusque là : il a d&#8217;abord perdu sa mère très jeune et ne voyait pas souvent son père, trop occupé à travailler. Puis, ce dernier s&#8217;est à son tour éteint, laissant Masahiko orphelin. Masahiko a donc grandi seul, sans connaître les joies d&#8217;un anniversaire en famille, par exemple.</p>
<p>Ce printemps, cependant, les choses changent ! Tout d&#8217;abord, Masahiko va entrer à l&#8217;université. Mais beaucoup plus réjouissant, il vient d&#8217;être invité à vivre chez sa tante Yuriko Wakanae, la sœur de sa mère ! La perspective de vivre une vie de famille « normale » l&#8217;enchante au plus haut point ; et cela est encore renforcé par le fait qu&#8217;il est accueilli à bras ouvert par Sora, le mari de celle-ci. Sora est en fait un mangaka très connu et une partie de la maison est son atelier, où il travaille avec ses assistantes. Ils ont une fille, Shion, un peu plus jeune que Masahiko.</p>
<p>L&#8217;arrivée de Masahiko au sein de la famille Wakanae est l&#8217;occasion d&#8217;un grand repas en commun et la bière coule à foison. Shion arrive à en boire un peu et, sous l&#8217;emprise de l&#8217;alcool, fait d&#8217;étranges déclarations ; Masahiko n&#8217;y prête guère d&#8217;attention, il faut bien l&#8217;avouer. C&#8217;est alors que le « drame » survient : Sora et ses assistantes, bien imbibés, décident d&#8217;enlever leurs vêtements&#8230; et Masahiko de constater que Sora est une femme et que les assistantes sont des hommes ! Ayant lui aussi bien bu, il met tout cela sur le compte de l&#8217;ivresse, jusqu&#8217;au moment où il pénètre dans la salle de bain alors que sa tante prend une douche&#8230; et s&#8217;aperçoit que Yuriko a tous les attributs d&#8217;un homme !</p>
<p>Bienvenue chez les Wakanae, une famille où la femme est un homme et où l&#8217;homme est une femme ! Si la première réaction de Masahiko est de s&#8217;enfuir, il va rapidement s&#8217;apercevoir que malgré leur étrangeté, les Wakanae forment une vraie famille, solide et soudée. Et Shion dans tout cela ? Est-ce un garçon ou une fille, en définitive ? Mystère !</p>
<p>Tsukasa Hôjô a conquis ses galons de mangaka star avec des best-sellers comme Cat&#8217;s Eyes et surtout City Hunter. Ces deux séries connurent de multiples diffusions dans leur version animée en France, même si cette dernière a été largement expurgée. Le manga de City Hunter est en effet très « porté sur la chose »&#8230;</p>
<p>Après ces gros projets qui ont lancé sa carrière, Tsukasa Hôjô s&#8217;est tourné vers des envies sans doute un peu plus personnelles. Family Compo, bien qu&#8217;il s&#8217;étende sur 14 tomes, fait sans doute partie de celles-ci. Le ton de l&#8217;auteur est en effet sensiblement différent, bien qu&#8217;il garde son humour si caractéristique.</p>
<div id="attachment_1975" class="wp-caption alignright" style="width: 223px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo4.jpg"><img class="size-medium wp-image-1975" title="familycompo4" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo4-213x300.jpg" alt="" width="213" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Tsukasa Hôjô / Tonkam 2000</p></div>
<p>Tsukasa Hôjô s&#8217;attache à une question rarement abordée dans le monde de la BD : le travestissement. Il est vrai que c&#8217;est un sujet un peu « difficile » à traiter, dans le sens où on peut très rapidement dériver vers des propos intolérants ou se complaire dans la description de « folles » aussi cocasses que ridicules. Fort heureusement, rien de tout cela dans Family Compo. Au contraire, c&#8217;est un vrai manifeste pour le respect de la différence.</p>
<p>En effet, le lecteur est invité à s&#8217;identifier à Masahiko, d&#8217;où l&#8217;introduction qui nous narre le passé douloureux du jeune homme ; et puisque ce dernier, malgré ces évènements tragiques, a su garder optimisme et dynamisme, on ne peut que s&#8217;intéresser à lui. La question de la réaction quant à la vraie nature de la famille Wakanae se pose alors autant à lui qu&#8217;à nous.</p>
<p>D&#8217;autant que Shion, bien plus délurée et « adulte » que Masahiko, ne va avoir de cesse de le questionner quant à son rapport au travestissement. L&#8217;ambiguïté vient aussi du fait que Shion est un prénom double en japonais, comme Claude en français. Du coup, l&#8217;incertitude est totale et cela pique la curiosité de Masahiko.</p>
<p>Si Family Compo s&#8217;en tenait là, on aurait une comédie de mœurs familiale gentille mais finalement un peu vaine. Mais Tsukasa Hôjô étend son propos à la société toute entière. Masahiko affirme son refus du travestissement, cependant un certain nombre de quiproquos vont l&#8217;amener à endosser les habits d&#8217;une femme. Il découvrira, quasiment à son corps défendant, que la sensation n&#8217;est pas si désagréable que ça&#8230; Cela va soulever en contrepartie un certain nombre d&#8217;autres questions : quelle va être la réaction de la petite amie de Masahiko si elle le découvre ainsi travesti ? Et cela indique-t-il en lui des penchants féminins exacerbés ? Masahiko va aussi découvrir que les relations de Sora avec son père sont tendues à cause de son travestissement et que s&#8217;il n&#8217;avait jamais entendu parler de sa tante Yuriko avant de la rencontrer, c&#8217;est parce que la famille de sa mère avait décider de considérer ce garçon travesti comme un étranger à la famille.</p>
<p>Le thème du travestissement est ainsi exploré de manière quasi exhaustive par Tsukasa Hôjô, ainsi que les thèmes connexes de l&#8217;homosexualité et de la part de féminité inhérents à chaque être humain. Le travestissement peut être vu comme un mode de vie (la famille Wakanae et les assistants de Sora), comme l&#8217;expression d&#8217;une part de soi réprimée par la société (les employés du bar de travestis) ou même comme le facteur déclencheur de révélations sur la sexualité (le boss yakuza, après avoir découvert que l&#8217;hôtesse qu&#8217;il aime est Masahiko, s&#8217;apercevra que ses sentiments ne changent pas malgré cette révélation). Tsukasa Hôjô va plus loin et évoque même ouvertement la possibilité de faire le « grand saut », puisqu&#8217;on rencontre un ancien assistant de Sora qui revient des USA où il s&#8217;est fait opérer pour devenir une femme à part entière.</p>
<div id="attachment_1976" class="wp-caption alignleft" style="width: 223px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo9.jpg"><img class="size-medium wp-image-1976" title="familycompo9" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo9-213x299.jpg" alt="" width="213" height="299" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Tsukasa Hôjô / Tonkam 2001</p></div>
<p>Ce fond est soutenu par une forme en totale adéquation. Le style graphique de Tsukasa Hôjô a atteint sa maturité et les planches sont magnifiques, bien plus abouties que Cat&#8217;s Eyes ou City Hunter. Les personnages sont bien caractérisés sur le plan tant physique que psychologique et ont de multiples facettes.</p>
<p>Surtout, Tsukasa Hôjô sait trouver un équilibre délicat entre humour et drame, un équilibre qui reflète parfaitement la vraie vie, faite de joies et de peines. Il sait préserver l&#8217;humour qui caractérisait ses précédentes séries, mais son humour s&#8217;est un peu assagi en étant moins « gratuit » ; du coup, il fait plus souvent mouche, surtout auprès d&#8217;un public plus adulte. Les quatorze volumes de l&#8217;histoire se lisent alors d&#8217;une traite car Hôjô mène son scénario sans temps morts tout en sachant préserver le rythme particulier aux histoires sociales et personnelles.</p>
<p>Vous l&#8217;aurez donc compris, Family Compo est une grande réussite, peut-être le vrai chef-d&#8217;oeuvre de Tsukasa Hôjô, même si ses autres séries valent largement le détour. Hôjô montre ici qu&#8217;il sait prendre à bras le corps des thématiques plus sociales et délaisser pour un temps l&#8217;action pure. Même si son thème le réserve à un public un peu mature, Family Compo est une lecture recommandée, surtout si elle peut mettre à bas certains préjugés ! Il ne reste plus qu&#8217;à espérer une réédition rapide de cette œuvre majeure du manga.</p>
<p>Il est d&#8217;ailleurs intéressant de mettre ce manga en relation avec les évolutions récentes de la société japonaise. Très longtemps purement patriarcale, avec une domination sans partage des hommes, elle se modifie petit à petit. Les femmes accèdent de plus en plus souvent à des postes à haute responsabilité. Le regard sur l&#8217;homosexualité et le travestissement change aussi, dans une certaine mesure. A ce titre, on peut noter que Family Compo, publié au Japon entre 1996 et 2000, a précédé un mouvement où les travestis et les homosexuels ont commencé a avoir une place de plus en plus grande à la télévision. Des personnalités homosexuelles comme les jumeaux Pico et Osugi (respectivement critiques de mode et de cinéma) puis homosexuelles et/ou travesties comme Ikko-san, Kaba-chan, Haruna Ai et bien d&#8217;autres sont depuis 5-6 ans les invités réguliers de bon nombre de shows télévisés. Certes, ils y sont invités parce qu&#8217;ils sont intéressants, ont une personnalité plus exubérante que la majorité des japonais, mais leur présence à la télé a permis de faire évoluer les mentalités. Cependant, il ne faut pas croire que tout est devenu rose pour autant : l&#8217;homosexualité féminine ne s&#8217;affiche pas, elle, elle est toujours vécue comme un tabou à la télévision. Mais il faut bien commencer quelque part pour faire évoluer les mentalités&#8230;</p>

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		<title>Herobear &amp; the Kid</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Jan 2010 06:44:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tyler doit faire face à pas mal de changements dans sa vie d&#8217;enfant : son grand-père vient de décéder. Ses parents ont décidé d&#8217;habiter dans son ancienne demeure, où travaille un majordome à l&#8217;aspect austère. C&#8217;est beaucoup de changements d&#8217;un coup pour un petit garçon : la perte d&#8217;un être cher, un déménagement mais aussi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1953" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/herobear1.jpg"><img class="size-medium wp-image-1953" title="herobear1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/herobear1-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Mike Kunkel / V2O éditions 2006</p></div>
<p>Tyler doit faire face à pas mal de changements dans sa vie d&#8217;enfant : son grand-père vient de décéder. Ses parents ont décidé d&#8217;habiter dans son ancienne demeure, où travaille un majordome à l&#8217;aspect austère.</p>
<p>C&#8217;est beaucoup de changements d&#8217;un coup pour un petit garçon : la perte d&#8217;un être cher, un déménagement mais aussi une nouvelle école à fréquenter et donc de nouveaux amis à se faire. Tyler étant aussi rêveur que cœur d&#8217;artichaut, il ne peut s&#8217;empêcher de tomber amoureux de la plus jolie fille de la classe&#8230; et involontairement de ridiculiser la brute épaisse qui, avec ses deux frères, va le prendre pour tête de turc. Bref, ça ne va pas être rose tous les jours&#8230;</p>
<p>D&#8217;autant que Tyler ne comprend pas le sens des objets que son grand-père lui a légué : une montre à gousset qui ne fonctionne plus et un nounours en peluche passablement défraîchi. Quelle n&#8217;est pas la surprise de Tyler quand le nez du nounours se met à clignoter et se transforme en ours parlant de 3m !! D&#8217;un autre côté, ça ouvre des possibilités pour quelqu&#8217;un qui s&#8217;est toujours vu dans la peau d&#8217;un super-héros&#8230;</p>
<p>Herobear &amp; the Kid est un mélange de plusieurs genres : les super héros, bien sûr, puisque Tyler doit combattre les méchants avec son ours et le premier d&#8217;entre eux, un robot géant, ne tarde pas à pointer le bout de son nez. Mais on peut le rapprocher aussi de Clavin &amp; Hobbes, pour le côté « petit garçon qui parle à sa peluche » et « réflexions sur la vie ». Le grand-père de Tyler n&#8217;était en effet pas n&#8217;importe qui, mais chut ! Ce n&#8217;est pas à moi de vous en dire plus.</p>
<p>Visuellement, Herobear &amp; the Kid adopte un aspect presque purement « esquisse » : on a l&#8217;impression de se retrouver devant le carnet d&#8217;études préparatoires de l&#8217;auteur. Cet aspect inachevé est en fait totalement assumé par Mike Kunkel : outre le fait qu&#8217;elle laisse une certaine place à l&#8217;imagination du lecteur, elle lui permet également une plasticité qu&#8217;un dessin plus réaliste ou au contraire plus cartoon n&#8217;aurait sans doute pas autorisé. Mike Kunkel joue donc avec les formes, les cases, le tout en noir et blanc. Force est de constater que cela marche à 100% ! Cet aspect d&#8217;Herobear &amp; the Kid est un atout, non un handicap.</p>
<div id="attachment_1952" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/herobear3.jpg"><img class="size-medium wp-image-1952" title="herobear3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/herobear3-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Mike Kunkel / V2O éditions 2006</p></div>
<p>La réalisation et le scénario en font aussi une œuvre « transgénérationnelle » : les plus jeunes lecteurs y trouveront des personnages sympathiques, auxquels ils pourront aisément s&#8217;identifier et une narration qui ne les prend pas pour des idiots. Les plus âgés liront Herobear &amp; the Kid comme une Madeleine de Proust, se remémorant les longues heures passées sous les draps ou près du radiateur à lire, et se laisseront eux aussi prendre par l&#8217;histoire !</p>
<p>Bref, Herobear &amp; the Kid est un comic méconnu mais qui mérite amplement qu&#8217;on le découvre et qu&#8217;on le savoure, seul ou de génération en génération. Et ça, c&#8217;est suffisamment rare dans le monde de la BD pour être signalé. Le <a href="http://mikekunkel.blogspot.com/">blog de Mike Kunkel</a> est aussi un passage très intéressant, bien qu&#8217;en anglais, pour découvrir l&#8217;univers si particulier de ce dessinateur deux fois lauréat des Eisner Awards (les Oscar des comics), rien que ça !</p>

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