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	<title>Kroniks &#187; BD Franco-Belge</title>
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	<description>le blog bd qui vous dit bonne année</description>
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		<title>Seuls</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Jan 2012 01:52:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Imaginez : vous vous réveillez un beau matin pour découvrir qu’autour de vous, tout le monde a disparu ! Pourtant, la veille tout était normal, un banal soir d’été bien qu’un peu chaud, peut-être… Bref, c’est le choc. Et quand en plus, vous êtes un enfant, le choc est encore plus grand. C’est pourtant ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3126" class="wp-caption alignleft" style="width: 220px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seuls.jpg"  class="wmp" id="wmp1"><img class="size-medium wp-image-3126" title="seuls" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seuls-210x300.jpg" alt="" width="210" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Vehlmann- Gazzotti / Dupuis 2006</p></div>
<p>Imaginez : vous vous réveillez un beau matin pour découvrir qu’autour de vous, tout le monde a disparu ! Pourtant, la veille tout était normal, un banal soir d’été bien qu’un peu chaud, peut-être… Bref, c’est le choc. Et quand en plus, vous êtes un enfant, le choc est encore plus grand.</p>
<p>C’est pourtant ce qui vient de se passer à Fortville, banale petite cité française. Et Dodji erre de par les rues. Certes, il semble plus étonné qu’effrayé, mais il est tout de même heureux de tomber sur Leïla et Terry au coin d’une rue. Au moins certains ont été épargnés par « l’évènement » ! Par la suite ils vont d’ailleurs rencontrer Camille, puis Yvan, dans le même cas qu’eux.</p>
<p>Mais cinq « rescapés », ça ne fait pas beaucoup, et surtout, ça n’apporte aucune explication sur ce qui s’est passé. Pourquoi tout le monde a disparu ? Pourquoi les seuls survivants jusque-là sont des enfants ? Et pourquoi seulement ces cinq-là ? Quand est-ce que les secours vont arriver ? D’autant que si les humains ont disparu, les cinq ne sont pas seuls dans la ville : outre les chiens et autres animaux de compagnie, un certain nombre d’animaux se sont échappés d’un cirque de passage. Quand vous tombez nez-à-nez avec un tigre dans le jardin, ça surprend…</p>
<p>Il va donc falloir survivre, maintenant. Heureusement, l’électricité fonctionne toujours, comme tous les autres appareils d’ailleurs. Et nos cinq compères ne sont pas sans ressources. Si Dodji est incontestablement le plus hardi, Leïla est une bricoleuse hors pair, Camille et Yvan des têtes bien faites et Terry… bon, Terry il a 5 ans, c’est déjà pas mal ! En définitive, cela fait tout à fait penser au célèbre « Club de Cinq » de notre enfance. Et les cinq amis auront bien besoin de leurs talents respectifs, car ils ne sont peut-être pas tout à fait aussi seuls qu’ils le pensaient…</p>
<div id="attachment_3127" class="wp-caption alignright" style="width: 227px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seuls3.jpg"  class="wmp" id="wmp2"><img class="size-medium wp-image-3127" title="seuls3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seuls3-217x300.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Vehlmann- Gazzotti / Dupuis 2008</p></div>
<p>Et c’est précisément là que je ne peux plus vous parler du scénario de Seuls, au risque de vous gâcher le plaisir de la découverte. Car du plaisir, il y en a à revendre. Fabien Vehlmann (Green Manor, le Marquis d’Anaon, etc.) livre ici un scénario  bien ficelé, qui distille ses révélations, retournements de situation et coups de théâtre à très bon escient.  La tension est palpable à chaque page et pourtant, jamais il ne perd de vue qu’il met en scène des enfants, aux réactions forcément différentes de celles des adultes. On va de surprise en surprise au fil des tomes, sans jamais sacrifier à la cohérence de l’ensemble, tout en creusant vraiment la psychologie des personnages.</p>
<p>Quelque part, l’ambiance fait tout à fait penser au roman Sa majesté des Mouches, de William Golding, pour ces enfants livrés à eux-mêmes et forcés finalement de réinventer tant bien que mal une société vivable.</p>
<p>Pour épauler Fabien Vehlmann, on retrouve Bruno Gazzotti (Soda). Le choix s’avère payant, Gazzotti étant particulièrement friand des récits semi-réalistes. On a donc une parfaite alliance entre la forme et le fond, avec un trait qui sert parfaitement le propos. Un régal !</p>
<p>Seuls est qualifié de série « pour enfants ». Je nuancerais cela, en disant que c’est une série pour adolescents et plus. Il s’agit tout de même ici d’un vrai thriller, et même d’un thriller fantastique au fur et à mesure que se développe le scénario, avec son lot de morts, même si les protagonistes sont des enfants. De fait, si les adolescents sont sans doute la « cible » de l’œuvre, les adultes peuvent la lire sans aucun déplaisir, bien au contraire. Alors, si vous avez de 13 à 113 ans, n’hésitez pas !
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	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/gazzotti/" title="Gazzotti" rel="tag">Gazzotti</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/seuls/" title="Seuls" rel="tag">Seuls</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/thriller/" title="thriller" rel="tag">thriller</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/velhmann/" title="Velhmann" rel="tag">Velhmann</a><br />
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		<title>Zombillénium</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Dec 2011 02:08:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ne niez pas : vous connaissez sans doute Arthur de Pins et sa série des « Péchés mignons » (Fluide Glacial), hein, bande de coquines et de coquins !! Bah, avouez, y a rien de mal à ça, surtout que ces péchés, non contents d’être sexys en diable, sont aussi hilarants. Mais connaissez-vous la facette « narration » d’Arthur de Pins ? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3105" class="wp-caption alignleft" style="width: 227px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/zombillenium1.jpg"  class="wmp" id="wmp3"><img class="size-medium wp-image-3105" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/zombillenium1-217x300.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright A. de Pins / Dupuis 2010</p></div>
<p>Ne niez pas : vous connaissez sans doute Arthur de Pins et sa série des « Péchés mignons » (Fluide Glacial), hein, bande de coquines et de coquins !! Bah, avouez, y a rien de mal à ça, surtout que ces péchés, non contents d’être sexys en diable, sont aussi hilarants.</p>
<p>Mais connaissez-vous la facette « narration » d’Arthur de Pins ? Non ? Alors voilà une excellente occasion de vous rattraper, avec sa série « Zombillénium » !</p>
<p>Zombillénium, c’est d’abord le nom d’un parc d’attractions sur le thème des monstres et de l’épouvante. Fantômes, zombies, momies, démons déments et squelettes en goguette à tous les étages ! Situé en pleine cambrousse, c’est l’attraction du coin. Ce que les visiteurs et les habitants du coin ne savent pas, par contre… c’est qu’il n’y a aucun trucage dans ce parc ! Les monstres sont de vrais monstres.  Mais voilà, ils sont là pour le business, pas pour se repaître des humains normaux. Les temps ont bien changé, depuis les chasses aux sorcières du Moyen Âge…</p>
<p>Et cela, Aurélien Zahner va le découvrir « à son corps défendant » : déprimé par le fait que sa femme le trompe, il décide d’attaquer un bistrot. Pas de bol : c’est le bistro que Gretchen, jeune sorcière stagiaire au parc, a choisi pour acheter ses cigarettes ! Coup de bol, elle va alors gentiment neutraliser Aurélien et le convaincre de rentrer chez lui sans faire de vagues. Pas de bol, si Aurélien repart, il ne fait pas attention en traversant la rue et se fait renverser par une voiture ! Raide mort, Aurélien ! Coup de bol : dans la voiture, trois employés du parc : Aton la momie, Sirius le squelette et Francis le vampire ; ce dernier va mordre Aurélien et le ramener à la vie.</p>
<div id="attachment_3106" class="wp-caption alignright" style="width: 235px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/zombillenium2.jpg"  class="wmp" id="wmp4"><img class="size-medium wp-image-3106" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/zombillenium2-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright A. de Pins / Dupuis 2011</p></div>
<p>Pas de bol : ce faisant, Aurélien sait que Zombillénium est « vrai » et est embauché d’office dans le parc. Contrat à durée indéterminée et non révocable, cela va sans dire… Et il n’est pas au bout de ses surprises ! Que je ne révèlerai bien sûr pas ici.</p>
<p>Zombillénium est l’occasion pour Arthur de Pins de montrer à ceux qui l’ignoraient qu’il SAIT raconter une histoire suivie et dessiner autre chose que des bimbos et des beaux mecs (même si, certes, Aurélien ressemble plus à Brad Pitt qu’à Sim). Les personnages, principaux et secondaires, sont fouillés et crédibles (un comble pour des monstres !) et la plupart ont une personnalité attachante. L’histoire promet également son lot de rebondissements, vu que les choses s’accélèrent dès le deuxième tome.</p>
<p>Arthur de Pins en profite également pour truffer son récit de clins d’oeil à des séries, des films, des œuvres littéraires, etc… Tout cela est fait de manière très judicieuse, n’alourdissant jamais le rythme du récit. Mais on se prend souvent à revenir en arrière, ou à relire l’album en se disant « mais attends, là, je connais ça ! ». Bref, Arthur de Pins brasse du Monstres &amp; Cie, du Harry Potter, l’Exorciste, Michaël Jackson et je pense bien même avoir vu l’éternel Marcel Gotlib, mais je ne vous dirai évidemment pas où !</p>
<p>Alors oui, Zombillénium est une BD très attachante, qu’on relit de multiples fois rien que pour le plaisir. Et ça, c’est bien un gage de qualité !
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	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/arthur-de-pins/" title="arthur de pins" rel="tag">arthur de pins</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/bd/" title="bd" rel="tag">bd</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/fantastique/" title="fantastique" rel="tag">fantastique</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/humour/" title="humour" rel="tag">humour</a><br />
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		<title>Cité 14</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Dec 2011 01:39:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En un an, entre avril 2007 et avril 2008, Gabus et Reutimann avaient lancé chez Paquet un pari nommé Cité 14 : 12 tomes (pour 12 mois) d’une histoire cohérente, vendus chacun au prix dérisoire d’un euro. Évidemment, chaque tome était un petit format (genre B5) et ne comportait qu’une vingtaine de planches. Le pari était [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3084" class="wp-caption alignleft" style="width: 217px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cite1.jpg"  class="wmp" id="wmp5"><img class="size-medium wp-image-3084" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cite1-207x300.jpg" alt="" width="207" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Gabus-Reutimann / Paquet 2007</p></div>
<p>En un an, entre avril 2007 et avril 2008, Gabus et Reutimann avaient lancé chez Paquet un pari nommé Cité 14 : 12 tomes (pour 12 mois) d’une histoire cohérente, vendus chacun au prix dérisoire d’un euro. Évidemment, chaque tome était un petit format (genre B5) et ne comportait qu’une vingtaine de planches.</p>
<p>Le pari était audacieux tant l’œuvre différait sur la forme des standards de la BD classique. Mais pari réussi, car au-delà de la forme, le fond est solide. Dans un monde pas si éloigné que cela du nôtre, humains et animaux anthropomorphes cohabitent avec des extra-terrestres. Il y a même un super-héros, Tigerman. Oui, bon, ok, ce monde est quand même assez éloigné du nôtre !</p>
<p>Mais les parallèles sont légion. On suit ainsi l’arrivée à Cité 14, qui n’est pas sans rappeler la New York du début du XXe siècle, d’un immigré rapidement rebaptisé Michel Elizondo par les douaniers qui ne parviennent pas à prononcer son nom. Mais voilà, le lecteur sait d’emblée que Michel a « fait l’idiot » lors de son entée sur le territoire et qu’il cache pas mal de choses.</p>
<p>Il ne va d’ailleurs pas avoir de répit : alors qu’il la joue discret, il fait tomber de sa poche un sac de graines sous les yeux d’un douanier, qui lui indique qu’il va devoir le confisquer, l’importation en étant interdite. Michel voit alors rouge, rue dans les brancards et s’échappe dans la ville. Mais il tombe de Charybde en Scylla, puisqu’il déboule en plein milieu d’un rendez-vous mafieux, photographié par un journaliste en planque, Mac Keagh. Bref, on aurait pu rêver une entrée plus discrète… Toujours est-il que ce n’est que le début des aventures de Michel dans la Cité 14, où chacun tente de creuser son trou, entre les extra-terrestres, la mafia et les élites corrompues jusqu’à la moelle… Oui, Cité 14 lorgne franchement vers le thriller, et il le fait bien ! Il regorge de personnages attachants, parfois répugnants, mais toujours bien construits et crédibles.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_3085" class="wp-caption alignright" style="width: 228px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cite2.jpg"  class="wmp" id="wmp6"><img class="size-medium wp-image-3085" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cite2-218x300.jpg" alt="" width="218" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Gabus-Reutimann / Paquet 2011</p></div>
<p>Il est clair que Gabus et Reutimann ont tenté de retrouver l’esprit des pulps américains d’après-guerre, jusqu’à la qualité du papier. Et il faut reconnaitre que l’essai est transformé : chaque tome, forcément court, tient en haleine et laisse pourtant le temps aux auteurs de camper leurs personnages et de détailler le décor de cette intrigante Cité 14. On se prend au jeu et on suit les aventures de Michel et de Mac Keagh avec un intérêt grandissant. Le dessin est d’ailleurs tout à fait à la hauteur du scénario, les auteurs sachant donner vie aux animaux anthropomorphisés aussi bien que dans Blacksad et ce n’est pas rien !</p>
<p>Pourquoi vous parler de Cité 14 maintenant, alors que cette édition en 12 volumes est depuis longtemps introuvable ? Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, ces 12 volumes étaient sous-titrés « saison 1 » et puis à la fin du 12<sup>e</sup> volume… plus rien ! On se demandait donc si et quand une saison 2 verrait le jour. Eh bien joie ! Car non seulement <del>Paquet</del> Les Humanoïdes Associés, qui ont récupéré la série, ont fini la réédition de la saison 1 dans un format plus grand (qui regroupe à chaque fois 3 volumes de la série d’origine) et sur un meilleur papier, mais en plus les deux premiers tomes de la saison 2 sont maintenant disponibles dans toutes les bonnes librairies spécialisées (et ailleurs aussi) ! (Merci à Morgan pour la correction sur l&#8217;éditeur <img src='http://www.kroniks.net/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' />  )</p>
<p>Cette fois, les auteurs ont changé leur fusil d’épaule puisque ce seront 6 et non plus 12 tomes qui paraitront, au rythme d’un tous les deux mois. Ce sont donc des volumes plus épais à chaque fois, mais évidemment à un prix redevenu « classique ». Si vous avez raté la saison 1, vous pouvez maintenant réparer cette erreur. Pour ma part, j’attends avec impatience de pouvoir mettre la main sur cette nouvelle saison !
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		<title>Okko</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Nov 2011 01:36:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A l’occasion d’une chronique (déjà ancienne) sur Usagi Yojimbo, j’avais en passant évoqué la BD Okko, de Hub. Je comptais bien vous en faire la chronique. Et puis, et puis… le temps passe, les chroniques s’accumulent et on remet toujours au surlendemain ce qu’on devrait faire l’avant-veille, vous connaissez le topo. Mais pour Okko, c’est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3069" class="wp-caption alignleft" style="width: 222px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/okko1.jpg"  class="wmp" id="wmp7"><img class="size-medium wp-image-3069" title="okko1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/okko1-212x300.jpg" alt="" width="212" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Hub / Delcourt - 2005</p></div>
<p>A l’occasion d’une chronique (déjà ancienne) sur <a href="http://www.kroniks.net/2009/05/22/usagi-yojimbo/" target="_blank">Usagi Yojimbo</a>, j’avais en passant évoqué la BD Okko, de Hub. Je comptais bien vous en faire la chronique. Et puis, et puis… le temps passe, les chroniques s’accumulent et on remet toujours au surlendemain ce qu’on devrait faire l’avant-veille, vous connaissez le topo.</p>
<p>Mais pour Okko, c’est une vraie injustice, tant cette œuvre mérite qu’on s’y attache. Et puisque je viens de terminer la lecture du 3<sup>e</sup> cycle de cette fresque, quel meilleur moment que maintenant pour mettre à exécution mon projet ? Allez, hop, je me lance.</p>
<p>Oui, je me lance, le mot n’est pas trop fort. Okko est en effet une œuvre vaste, qu’il faut savoir décrypter. Tout d’abord, le décor : Hub a pris le parti de camper son histoire dans un univers qui ressemble à s’y méprendre au Japon shogunal : samourais, daimyos, geishas, ronins, moines s’y croisent. Mais Hub n’a pas voulu s’enfermer dans un cadre historique contraignant : il n’y a donc aucune référence géographique réaliste, c’est comme si ce monde n’était en définitive qu’un « écho » du Japon réel, dont il se serait éloigné sur bien des points. Bienvenue donc dans l&#8217;Empire du Pajan !</p>
<p>Oui, car en plus des éléments cités ci-dessus, on croise également dans le monde d’Okko des monstres, de la magie et des technologies surprenantes. Certains guerriers utilisent ainsi de véritables armures exosquelettes appelées « bunraku » (qui en « vrai » japonais, veut dire « théâtre de marionnettes ») mues par des sortes de vers à soie et manipulées de l’intérieur par un système de cordes et de poulies. Okko, c’est donc l’alliance du Japon médiéval traditionnel et d’un côté indéniablement « steampunk ». Le cocktail se révèle d’une richesse insoupçonnée sous la direction éclairée de Hub.</p>
<p>Mais en définitive, Okko, qu’est-ce que c’est ? C’est le nom d’un ronin, un samourai déchu, donc, qui parcourt les terres de ce monde en effectuant des contrats. Il est accompagné dans ses errances de Noburo, étrange homme fort comme un bœuf et qui ne quitte jamais son masque de kabuki, et de Noshin, prêtre alcoolique et jouisseur.</p>
<div id="attachment_3070" class="wp-caption alignright" style="width: 225px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/okko2.jpg"  class="wmp" id="wmp8"><img class="size-medium wp-image-3070" title="okko2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/okko2-215x300.jpg" alt="" width="215" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Hub / Delcourt - 2007</p></div>
<p>Au détour d’une auberge, où Noshin et Noburo attendent le retour de leur maître Okko, le petit groupe va s’agrandir en la personne de Tikku, frère de la geisha Petite Carpe, geisha préférée de Noburo d’ailleurs. Soudain, le relais est attaqué par des mercenaires, accompagnés d’un bunraku, qui enlèvent toutes les geishas, malgré l’opposition de Noburo.</p>
<p>A son retour, Okko découvre donc le relais brûlé et Noburo blessé. Quant à Noshin, couard comme il est, il n’a évidemment rien. Okko décide alors que tout cela ne le concerne pas et de poursuivre son chemin. C’est alors que Tikku se jette à ses pieds en l’implorant de partir à la recherche de sa sœur. N’ayant pas d’argent pour se payer les services d’Okko, il se propose alors de devenir son esclave. Okko cède et lui accorde alors 10 jours de recherches : si au-delà, aucune piste n’est découverte, le contrat sera alors nul. Ce n’est bien sûr que le début des aventures de Tikku auprès d’Okko. Après tout, il a juré d’entrer au service du ronin, même si ce dernier l’a confié à Noshin, pour son éducation.</p>
<p>Sur le plan visuel, Okko est tout bonnement somptueux : le train de Hub est maitrisé à la perfection, aussi bien dans les scènes d’action, aussi dynamiques qu’un film, que dans les scènes plus contemplatives. Il sait aussi bien dessiner un ronin affrontant un démon qu’un paysage maritime lors d’un coucher de soleil. Il faut dire que la colorisation magnifie encore un peu plus l’ensemble, apportant une ambiance absolument poignante. C’est donc un régal visuel que je ne peux m’empêcher de comparer, quoi que dans un tout autre style bien sûr, à la saga De Cape et de Crocs. C’est dire si le niveau est haut !</p>
<div id="attachment_3071" class="wp-caption alignleft" style="width: 231px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/okko3.jpg"  class="wmp" id="wmp9"><img class="size-medium wp-image-3071" title="okko3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/okko3-221x300.jpg" alt="" width="221" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Hub / Delcourt - 2009</p></div>
<p>Mais vous savez bien qu’un dessin aussi beau soit-il ne pallie que difficilement l’absence d’un bon scénario. Rassurez-vous, sur ce plan là également, Hub fait plus qu’être à la hauteur.  Il faut dire qu’il a choisi une astuce narrative qui se révèle être une idée formidable : il a divisé les aventures de son ronin en cycles de deux tomes, chacun basé sur une énergie élémentaire (eau, terre, etc…). De fait, ces cycles constituent des histoires complètes et on peut à la rigueur ne pas avoir lu le premier cycle avant de lire le second.</p>
<p>La conséquence est qu’Hub peut ainsi concentrer sa narration sur deux tomes à chaque fois, ce qui lui laisse assez de temps pour développer son histoire et ses protagonistes tout en ayant un cadre suffisamment contraignant pour que son scénario ne parte pas dans des directions incontrôlables. On a donc à chaque fois affaire à un scénario maitrisé de bout en bout, nerveux et rythmé. Rien de mieux pour accrocher tout de suite le lecteur !</p>
<p>Cependant, si ces histoires sont closes en deux volumes, il reste bien sûr préférable de lire les cycles dans l’ordre. En effet, si le premier cycle, en plus d’avoir un vrai scénario, présente les protagonistes, leurs histoires personnelles ne cessent d’être développées dans les cycles suivants. Et je peux vous dire que là aussi, il y a matière à rebondissement !</p>
<p>Bref, difficile de passer à côté d’Okko quand on aime la BD. Si vous ne connaissez pas encore cette série, ruez-vous dessus, le 3<sup>e</sup> cycle vient tout juste de se terminer et les choses prennent un tour vraiment dramatique, avec l&#8217;ouverture du cycle du feu, dont le premier tome est paru mi-octobre !
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		<title>Wollodrïn</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Oct 2011 02:29:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans la cité de Marmaëkard, le premier rétiaire Etzarn est condamné à mort par le grand tribunal et jeté dans la cellule XXVII de la prison en attendant l’exécution de la sentence. Non pas qu’il soit seul dans cette cellule : les autres pensionnaires vont apparemment partager son funeste destin. A la décharge d’Etzarn, on peut [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3017" class="wp-caption alignleft" style="width: 225px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/wollodrin.jpg"  class="wmp" id="wmp10"><img class="size-medium wp-image-3017" title="wollodrin" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/wollodrin-215x300.jpg" alt="" width="215" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Chauvel-Lereculey / Delcourt 2010</p></div>
<p>Dans la cité de Marmaëkard, le premier rétiaire Etzarn est condamné à mort par le grand tribunal et jeté dans la cellule XXVII de la prison en attendant l’exécution de la sentence. Non pas qu’il soit seul dans cette cellule : les autres pensionnaires vont apparemment partager son funeste destin.</p>
<p>A la décharge d’Etzarn, on peut dire qu’il a accueilli la nouvelle en vrai soldat : pas une once d’émotion à l’énoncé du verdict ; il semble de toutes façons que ce procès n’était qu’une mascarade et qu’il soit innocent des charges dont on l’accuse. On avait semble-t-il surtout besoin de se débarrasser de lui…</p>
<p>Mais le destin d’Etzarn et de ses 5 co-détenus ne semble finalement pas être de pourrir dans une geôle en attendant de passer entre les mains du bourreau. Le soir même, un haut dignitaire d’un des douze duchés du royaume s’introduit dans leur cellule et leur propose un marché : retrouver l’héritière du duché qui a été enlevée en échange de la liberté et d’une prime de 20000 pièces d’or.</p>
<p>Trop beau pour être vrai ? Il faut dire que le challenge est à la hauteur de la récompense ! La demoiselle a en effet été enlevée par des orcs et emmenée dans le territoire de ces derniers, alors même que certaines tribus orcs ont brisé la trêve qui avait été conclue avec le royaume humain. C’est donc plus une mission suicide qu’une partie de plaisir qui s’annonce…</p>
<p>Cependant, les 6 prisonniers acceptent immédiatement. Enfin presque : le 6<sup>e</sup> prisonnier, un gobelin du nom de Kahmin, sait qu’il a tout à perdre dans l’opération, puisqu’il s’agit d’un des chefs gobelins qui ont trahi les orcs lors de la dernière guerre ! Il sait donc qu’il ne servirait que de monnaie d’échange dans une éventuelle négociation entre le groupe et les orcs…</p>
<p>Bref, le dignitaire fait s’évader le groupe et le met sur la piste des orcs. A partir de là, bon courage pour échapper aux poursuivants de la prison et pour ne pas se faire tuer par les orcs…</p>
<p>Wollodrïn ne révolutionnera pas le monde de la BD médiévale-fantastique. On y retrouve bon nombre d’éléments très classiques. Mais pour une fois, cela ne constitue pas un handicap : le dessin et l’écriture des dialogues sont assez brillants pour faire oublier au lecteur cette sensation de déjà-vu qu’il pourrait éventuellement éprouver. D’autant que les personnages sont complexes et semblent ne pas être (uniquement) ce qu’ils sont à première vue. Du coup, ce premier tome d’un dyptique annoncé retient l’attention et donne envie de connaitre la suite !</p>
<p>Il faut dire que les auteurs, Chauvel et Lereculey, ne sont pas des débutants dans le monde de la BD. Derrière le dessin et le scénario, on sent que « le métier parle ». Bref, si vous cherchez un récit médiéval-fantastique pas forcément original mais solide et prenant, Wollodrïn est un candidat que vous feriez bien de ne pas sous-estimer, d&#8217;autant que le tome 2 est paru au mois de juillet 2011 et que l&#8217;histoire est maintenant complète.
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		<title>Le Voyage des pères</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Sep 2011 01:27:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Jésus… Ce n’est pas un inconnu pour la bande dessinée, et pas seulement européenne ou américaine, puisque même les japonais lui ont consacré des œuvres. C’est pourquoi sans doute David Ratte (Toxic Planet, Majipoor) a choisi un angle d’approche différent pour sa bande dessinée. Il s’intéresse en effet à Jonas, Alphée et Simon : ce sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2879" class="wp-caption alignleft" style="width: 228px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/voyage1.jpg"  class="wmp" id="wmp11"><img class="size-medium wp-image-2879" title="voyage1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/voyage1-218x300.jpg" alt="" width="218" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright D. Ratte / Paquet 2007</p></div>
<p>Jésus… Ce n’est pas un inconnu pour la bande dessinée, et pas seulement européenne ou américaine, puisque même les japonais lui ont consacré des œuvres. C’est pourquoi sans doute David Ratte (<em>Toxic Planet</em>, <em>Majipoor</em>) a choisi un angle d’approche différent pour sa bande dessinée.</p>
<p>Il s’intéresse en effet à Jonas, Alphée et Simon : ce sont les pères de certains des premiers compagnons du Christ, respectivement Pierre et André, Matthieu et Judas (oui, LE Judas). Il suffit en effet que Jésus passe pour que ces derniers « plaquent » tout et le suivent. D’où le désarroi des pères, qui se mettent à la recherche de leur progéniture pour la ramener dans le « droit » chemin. C&#8217;est le début du &laquo;&nbsp;voyage des pères&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Du coup, c’est un peu un road movie qui s’en suit, puisque Jésus et ses disciples ont toujours quelques jours d’avance sur le trio, qui ne voit donc que le résultat du passage du prophète. Leur réaction est d’ailleurs très différente : Jonas est un vieux incrédule et caustique, Alphée est de plus en plus ébranlé par les miracles accomplis par Jésus, quant à Simon, il cherche simplement son fils.</p>
<p>Le but n’est absolument pas de parler de Jésus ; ce dernier apparait toujours en négatif, jamais en véritable acteur de l’histoire : on ne voit que les conséquences de son passage (miracles, opposition du Sanhédrin, inquiétude des romains, destin funeste de Judas…) et cela que ce soit lors de son prêche, lors de sa capture, de sa crucifixion ou de sa résurrection.</p>
<p>Non, David Ratte s’intéresse à la réaction de ses personnages face à ce qu’ils ne comprennent pas, en premier lieu l’attachement des fils de ceux-ci à ce mystérieux personnage qu’est Jésus. Quelque part, c’est aussi un voyage intérieur pour ces trois personnages, et le plus ébranlé ne sera pas forcément celui qu’on croit de prime abord.</p>
<p>David Ratte nous présente donc un tryptique où la franche rigolade et les bons mots le disputent à la tragédie et aux larmes, faisant de son œuvre un petit bijou d’équilibre. Tour de force,  David Ratte parvient à parler de Jésus sans jamais verser dans la religion, ce qui fait que le récit reste agréable qu’on croie en Jésus ou pas. Ajoutez à cela un graphisme agréable et qui penche vers le réalisme et vous aurez une œuvre atypique à découvrir d’urgence.</p>
<div id="attachment_2880" class="wp-caption alignright" style="width: 237px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/voyage3.jpg"  class="wmp" id="wmp12"><img class="size-medium wp-image-2880" title="voyage3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/voyage3-227x300.jpg" alt="" width="227" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright D. Ratte / Paquet 2010</p></div>
<p>Et si d’aventure l’œuvre vous plait, sachez que l’histoire ne s’arrête pas là : David Ratte a en effet initié un nouveau cycle (dont le second tome est paru récemment), l’<em>Exode selon Yona</em>, où Jonas, le vieux grincheux du premier tryptique, apprend au chevet d’une vieille tante mourante que ses ancêtres n’étaient pas tous juifs et que l’un d’entre eux, Yona, était égyptien. Et c’est parti pour une relecture des tribulations de Moïse !
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		<title>Face cachée</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Aug 2011 01:45:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tokyo, de nos jours. Satoshi Okada est employé dans une grosse entreprise financière, sous la direction de M. Ota, patron sévère mais qui ne rechigne pas à emmener ses employés boire un coup ou chanter au karaoké après le boulot. Et bien sûr, comme on est au Japon, pas facile pour lesdits employés de s’y [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2859" class="wp-caption alignleft" style="width: 227px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/facecachee1.jpg"  class="wmp" id="wmp13"><img class="size-medium wp-image-2859" title="facecachee1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/facecachee1-217x300.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Runberg-Martin / Futuropolis 2010</p></div>
<p>Tokyo, de nos jours. Satoshi Okada est employé dans une grosse entreprise financière, sous la direction de M. Ota, patron sévère mais qui ne rechigne pas à emmener ses employés boire un coup ou chanter au karaoké après le boulot. Et bien sûr, comme on est au Japon, pas facile pour lesdits employés de s’y dérober, surtout qu’Okada déteste chanter en public.</p>
<p>Mais bon, comme Okada est un brillant élément de l’entreprise, ça ne pose pas vraiment de problème. Parmi ses collègues, il compte notamment Mayumi Watanabe, qui a clairement le béguin pour lui alors qu’il est marié et père d’une petite fille, et Junichi.</p>
<p>Face Cachée est donc une histoire du quotidien, dans le « vrai » Japon actuel. Pourtant, ne vous y trompez pas : ce n’est pas un manga. Déjà parce que les deux auteurs, Runberg et Martin, ne sont pas japonais, mais aussi parce que le style, tant graphique que narratif, est résolument « franco-belge ».</p>
<p>On suit donc le quotidien d’Okada et, comme le laissait penser le titre de la BD, tout n’est pas clair dans cette histoire. Chacun des quatre personnages principaux (même si Okada est LE héros de l’histoire) semble avoir des squelettes dans le placard, que ce soit sur le plan matériel ou sur le plan psychologique. Mayumi est ainsi clairement obsédée par Okada ; d’un autre côté, qui est cet homme assez antipathique qui semble la suivre ? M. Ota est un patron visiblement assez rigide, qui utilise la fête pour décompresser mais aussi garder le contrôle sur ses « troupes » ; en même temps, une fissure insoupçonnée va se révéler en lui au cours de l’histoire. Junichi, lui, vit dans l’ombre d’Okada, le jalousant d’abord discrètement puis de plus en plus ouvertement au fur et à mesure qu’il comprend que la belle Mayumi, pour qui son cœur bat, ne lui accordera jamais un regard. Junichi se transforme ainsi petit à petit en quelqu’un de mesquin, haineux et qui se ridiculise souvent en essayant de se mettre toujours en avant.</p>
<p>Mais le plus mystérieux reste bien entendu Okada lui-même. Il semble très amoureux de sa femme et complètement fou de leur fille, cependant il ne rentre que rarement chez lui à Kamakura et pire, entretient une liaison avec Mayumi. Mais alors, d’où viennent ces énormes cicatrices qu’il porte sur le corps ? Et qui est cette femme chez qui il se rend à la fin du premier tome et à qui il offre des fleurs, et qui lui répond qu’ils ont toute la nuit devant eux ?</p>
<p>Soyons honnêtes : le fond de l’histoire (que je ne vous révèlerai bien sûr pas ici) comme les archétypes des personnages font que tout cela aurait pu se passer quasiment n’importe où dans le monde. Cependant, les auteurs ont choisi Tokyo. L’exercice aurait pu être périlleux, on aurait pu les accuser de vouloir surfer sur la vague actuelle du manga.</p>
<p>Mais voilà, ils campent un Japon tout à fait réaliste et crédible, visiblement bien documenté, comme tous leurs lecteurs y ayant vécu ou ou l’ayant visité pourront le dire. C’est un sans faute, qui indique que le cadre n’est en définitive pas choisi par hasard. Et en effet, certains traits de la société japonaise, tant sur le plan de l’entreprise que de la vie privée, fournissent des aides bienvenues à la cohérence du récit de Runberg et Martin. Difficile en effet de croire qu’un employé ne rentrerait pas chez lui plusieurs semaines d’affilée à cause du boulot dans un pays comme la France, par exemple, surtout quand maison et entreprise ne sont distants que d’une centaine de kilomètres à peu près. Les Love Hotels fournissent aussi un cadre parfait pour les relations adultères au Japon, là où aller à l’hôtel avec sa maitresse est plus délicat en Europe ou en Amérique.</p>
<div id="attachment_2860" class="wp-caption alignright" style="width: 235px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/facecachee2.jpg"  class="wmp" id="wmp14"><img class="size-medium wp-image-2860" title="facecachee2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/facecachee2-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Runberg-Martin / Futuropolis 2011</p></div>
<p>Donc, non, le cadre du Japon n’est choisi ni par hasard ni pour « faire style ». Bien joué ! Sur le plan des personnages, là aussi c’est de l’excellent boulot : si on rencontre les différents protagonistes tout de suite dans le récit, leurs facettes ne se révèlent à nous que petit à petit, au cours du récit, à l’occasion d’enchaînements d’évènements qui sont encore une fois tout à fait crédibles. Les personnages ont donc tous une vraie épaisseur psychologique et sont crédibles et attachants (ou repoussants pour certains) ; les personnages secondaires ont d’ailleurs bénéficié du même traitement de faveur de la part des auteurs, qui rend le tout encore plus cohérent.</p>
<p>La patte graphique d’Olivier Martin sert merveilleusement le scénario de Sylvain Runberg. Presque en style croquis, il parvient à poser les émotions et les réactions de ses personnages en quelques traits à peine et à en dire bien plus que s’il avait opté pour un style réaliste pur et dur. Dans les chevelures, les plis de vêtements, les traits de crayon sont toujours là et c’est juste parfait ! Le dessin laisse alors la place à l’imagination du lecteur tout en restant précis et dynamique.</p>
<p>Il faut dire aussi que Martin et Runberg nous ont déjà gratifiés de quelques perles bédéistiques, notamment Orbital (<a href="http://www.kroniks.net/2009/01/25/orbital/">chroniqués</a> <a href="http://www.kroniks.net/2009/11/02/orbital-3/">ici même</a>) pour Sylvain Runberg et Crypto pour Olivier Martin. Si c’est leur première collaboration, force est de constater qu’ils ont tout de suite trouvé le bon équilibre !</p>
<p>A la lecture de cette chronique, vous l’aurez compris, Face cachée est pour moi un gros coup de cœur, une confirmation que la BD européenne est toujours vivante, vivace et dynamique. Les oiseaux de mauvais augure, ceux qui prédisaient que les « japoniaiseries » allaient tuer le marché de la BD, en sont pour leurs frais puisque de tels petits bijoux sortent toujours des presses des éditeurs hexagonaux. Et je prie toutes les divinités de la BD, du manga et du comics que ce dyptique trouve son public, parce qu’il le mérite amplement. A noter que Face cachée tome 1 a reçu le Silver Award des International Manga Awards 2010 au Japon, avec pas moins que Monkey Punch (créateur de Lupin III – Edgar détective cambrioleur en France), signe que les japonais ne se sont pas trompés sur la qualité de cette œuvre. Au passage, d’immenses mercis à ma sœur pour me l’avoir offert pour mon anniversaire (sinon je serais passé à côté) et à Franck, mon libraire préféré de l’univers (Bulle d’encre Poitiers – mais chut, la pub c’est mal) pour le lui avoir conseillé !
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		<title>Mélusine</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jun 2011 02:35:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Coïncidence intéressante, je vous parlais d’une BD « d’école » avec Freaks’ squeele, je remets le couvert avec Mélusine ! Bon, la comparaison s’arrête là, hein. Mélusine est donc une jeune apprentie sorcière à la chevelure rousse flamboyante, qui travaille comme domestique chez un comte (Gonzague Hernyvanz) et sa duchesse d’épouse (Aymée Döperzonn). Evidemment, ces derniers sont respectivement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2819" class="wp-caption alignleft" style="width: 227px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/melusine.jpg"  class="wmp" id="wmp15"><img class="size-medium wp-image-2819" title="melusine" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/melusine-217x300.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Clarke-Gilson / Dupuis 1995 - 2011</p></div>
<p>Coïncidence intéressante, je vous parlais d’une BD « d’école » avec Freaks’ squeele, je remets le couvert avec Mélusine ! Bon, la comparaison s’arrête là, hein.</p>
<p>Mélusine est donc une jeune apprentie sorcière à la chevelure rousse flamboyante, qui travaille comme domestique chez un comte (Gonzague Hernyvanz) et sa duchesse d’épouse (Aymée Döperzonn). Evidemment, ces derniers sont respectivement un vampire et un fantôme et le majordome n’est autre que la créature de Frankenstein.</p>
<p>L’environnement immédiat de Mélusine ne dépare pas non plus : loups garous, morts-vivants, spectres, démons des profondeurs… hé, après tout Mélusine est une sorcière ! Et brillante avec cela, pas comme sa meilleure amie, Cancrelune, qui ne sait pas correctement voler sur son balai ou dont les tentatives en termes de magie sont au mieux des catastrophes…</p>
<p>Les professeurs de l’école ne sont pas en reste, dont le terrible Hasselblatt, qui fait malheureusement souvent les frais des pitoyables tentatives magiques de Cancrelune… ou de celles fort réussies de Mélusine ! Il n’y a que deux taches dans l’univers parfait de Mélusine : elle n’a toujours pas de soupirant et sa cousine Mélisande est une bonne fée !!</p>
<p>La série, créée en 1995 par Clarke et Gilson, s’étend maintenant sur pas moins de 19 volumes, ce qui témoigne de la popularité du personnage. Il faut dire que paraître dans le Journal de Spirou, ça aide !</p>
<p>Pas d’histoire suivie ici, les différents tomes sont des recueils de gags généralement en une planche. Visuellement, c’est sympathique, même si cela n’a rien de transcendant. Il faut dire que Clarke et Gilson sont des « vieux routiers » de la BD et connaissent parfaitement leur métier. Les gags sont sympathiques et, même s’ils sont clairement orientés vers un jeune public, Mélusine pourra plaire à toute la famille.</p>
<p>Bref, si vous avez des enfants, Mélusine est une série très sympa. Et même si vous n’en avez pas, Mélusine pourrait devenir un de ces petits « plaisirs coupables », où on se dit que quand même, on n’a plus l’âge pour tout ça… tout en continuant à lire ! Bref, si vous avez conservé votre âme d’enfant, n’hésitez pas !
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		<title>Freaks&#8217; squeele</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Jun 2011 01:40:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
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		<category><![CDATA[Florent Maudoux]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
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		<description><![CDATA[Freaks’ squeele, c’est compliqué à décrire en fait. C’est pourquoi j’ai sans cesse repoussé cette chronique. Quel angle trouver pour le présenter sous son meilleur jour ? Parce que vous savez bien, si vous passez sur Kroniks régulièrement, qu’on a tendance ici à ne parler que des albums qui nous ont vraiment plu. Et c’est le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2805" class="wp-caption alignleft" style="width: 215px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs1.jpg"  class="wmp" id="wmp16"><img class="size-medium wp-image-2805" title="fs1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs1-205x300.jpg" alt="" width="205" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright F. Maudoux / Ankama éditions juillet 2008</p></div>
<p>Freaks’ squeele, c’est compliqué à décrire en fait. C’est pourquoi j’ai sans cesse repoussé cette chronique. Quel angle trouver pour le présenter sous son meilleur jour ? Parce que vous savez bien, si vous passez sur Kroniks régulièrement, qu’on a tendance ici à ne parler que des albums qui nous ont vraiment plu.</p>
<p>Et c’est le cas avec Freaks’ squeele ! Mais voilà, par où commencer ?</p>
<p>En fait, Freaks’ squeele pourrait être un peu décrit comme un gros melting-pot : dessin clairement influencé par le manga et le comics, auteur français, thématique « école » ambiance Harry Potter et Sentaï School… Oui, dit comme ça, ça ne fait pas forcément envie, ça donne l’impression d’un grand fourre-tout un peu facile histoire de surfer sur la mode.</p>
<p>Et ce serait une terrible erreur ! Que j’ai failli faire, d’ailleurs. Reprenons donc : le dessin est inspiré par le manga et le comics ? C’est vrai, mais en partie seulement ; on remarque très vite que Florent Maudoux, l’auteur, est en fait œcuménique : il y a autant de BD que de comics ou de manga dans Freaks’ squeele. Et comme il a su tirer la substantifique moelle de chacun de ces genres, son style en devient paradoxalement homogène et très agréable. On a l’expressivité et la dérision du manga, le dynamisme du comics de super héros et l’écriture des dialogues tout à fait BD. Bref, sur le plan visuel, Freaks’ squeele est une vraie réussite, avec des dessins très détaillés et pourtant toujours aussi dynamiques et plaisants.</p>
<p>Alors maintenant, la thématique. Oui, c’est vrai, c’est une BD « d’école », mais il n’y a pas l’once d’un début de plagiat dans Freaks’ squeele. Florent Maudoux détourne simplement avec brio les standards du genre. Il peuple son école de personnages aussi attachants que détestables et si la multiplicité des personnages secondaires peut faire peur au début, Il s’en sort avec brio en leur donnant de vrais traits de personnalité.</p>
<div id="attachment_2806" class="wp-caption alignright" style="width: 222px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs2.jpg"  class="wmp" id="wmp17"><img class="size-medium wp-image-2806" title="fs2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs2-212x300.jpg" alt="" width="212" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright F. Maudoux / Ankama éditions mars 2009</p></div>
<p>Mais finalement, Freaks’ squeele, c’est quoi ? C’est l’histoire de trois étudiants, Xiong Mao la purement humaine (mais qui ne vient pas de n’importe quelle famille), Chance la demi-démone, et Ombre de Loup, la montagne à tête de loup. C’est la rentrée à l’université de la F.E.A.H. et les étudiants doivent se mettre par groupes de trois ; pas de bol pour Xiong Mao et Chance, elles se retrouvent à deux, l’année commence mal… Heureusement pour elles, elles ne vont pas tarder à faire la connaissance d’Ombre de Loup, aussi baraqué que timide et gentil.</p>
<p>L’année débute donc, mais Xiong Mao a rapidement des doutes sur les intentions du directeur de la F.E.A.H. Il semble en effet plus préoccupé de publicité, aux dépends de la prestigieuse académie Saint-Ange, que de pédagogie pure : monstres trop puissants aux examens, étudiantes en paréo filmées en TV réalité à leur insu, etc., non, décidément il n’est pas net, ce type.</p>
<div id="attachment_2807" class="wp-caption alignleft" style="width: 221px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs3.jpg"  class="wmp" id="wmp18"><img class="size-medium wp-image-2807" title="fs3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs3-211x300.jpg" alt="" width="211" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright F. Maudoux / Ankama éditions janvier 2010</p></div>
<p>Il faut dire que certains professeurs, voire même un bon nombre d’étudiants détonnent dans une université censée former des héros ; on les verrait plus facilement du côté obscur de la force, mais bon…</p>
<p>Tout cela donne d’excellents ingrédients pour une histoire rythmée, pas exemple de clichés certes mais qui ne gâchent absolument rien, et des personnages plus qu’attachants. Le tout appréciable qu’on soit capable de repérer tous les clins d’œil ou non, d’ailleurs, ceux-ci n’étant jamais que des à-côtés amusants qui n’entravent en rien la compréhension de l’histoire.</p>
<p>Bref, Freaks’ squeele, c’est très bon, lisez-en ! Si on voulait partir sur des envolées lyriques, Freaks’ squeele pourrait servir d’exemple parfait pour illustrer pourquoi la BD française n’a rien à craindre de « l’envahissement » des comics et manga : il y aura toujours des auteurs talentueux comme Florent Maudoux pour en tirer le meilleur et nous offrir de petits bijoux comme Freaks’ squeele !</p>
<p><em>Note : cette chronique a été écrite sans lire le tome 4 des aventures du trio estudiantin, vu que je n’ai pas encore pu mettre la main dessus. Mais d’après des sources hautement autorisées, le niveau ne faiblit pas !</em>
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		<title>Caravane 2</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Apr 2011 01:06:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Featured]]></category>
		<category><![CDATA[Delcourt]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Milhiet]]></category>
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		<description><![CDATA[Caravane tome 1 dans les colonnes de Kroniks, c’était il y a déjà trois ans… Il est plus que temps de vous parler du second tome, sorti en 2010 ! Chaud, ça c’est sûr : le monde dans lequel Mila évolue est toujours aussi désertique et post-apocalyptique. La fillette, qui a perdu son père dans le tome [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2722" class="wp-caption alignleft" style="width: 226px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/caravane2.jpg"  class="wmp" id="wmp19"><img class="size-medium wp-image-2722" title="caravane2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/caravane2-216x300.jpg" alt="" width="216" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright O. Milhiet/Delcourt 2011</p></div>
<p>Caravane tome 1 <a href="http://www.kroniks.net/2008/06/24/mila-caravane-t-1/">dans les colonnes de Kroniks</a>, c’était il y a déjà trois ans… Il est plus que temps de vous parler du second tome, sorti en 2010 !</p>
<p>Chaud, ça c’est sûr : le monde dans lequel Mila évolue est toujours aussi désertique et post-apocalyptique. La fillette, qui a perdu son père dans le tome précédent, voyage dans la caravane de « monstres » d’Ephrahum, Pilou et Jean.</p>
<p>Tout n’est pas rose : des évènements tragiques ont conduit à la mort de plusieurs membres de la caravane dans le tome précédent, notamment par trahison. Mais, la vie continuant, le voyage reprend… Pas pour longtemps, puisque la caravane rencontre les quelques survivants d’une autre caravane de monstres, seuls rescapés d’une attaque de bandits de grand chemin. La loi des caravanes est claire : si les survivants veulent intégrer la caravane d’Ephrahum, il leur faudra recommencer tout en bas de l’échelle, indépendamment du rang qu’ils occupaient dans leur caravane précédente.</p>
<p>Mais voilà, si la solidarité leur commande d’aider leurs semblables, Ephrahum, Pilou et les autres restent plus que méfiants face à ces nouveaux venus. Et, sans pouvoir vous en dire plus, l’avenir leur montrera qu’ils ont bien raison. Rajoutez à cela la mère de Mila, bien décidée à récupérer sa fille, et vous comprendrez que tous les ingrédients pour une déflagration majeure sont rassemblés. Il n’y a plus qu’à attendre l’ignition…</p>
<p>Et Olivier Milhiet ne rate pas l’occasion : ce second tome est violent, sombre et désespéré, encore plus que le premier, même si la lueur de l’espoir de lendemains meilleurs brille toujours. Les protagonistes vont devoir faire face à des situations critiques et tous ne s’en sortiront pas indemnes.</p>
<p>L’album tourne d’ailleurs à certains moments à un jeu de massacre, ambiance Mad Max où cette fois la caméra ne se détournerait pas opportunément des mares de sang et des cadavres. Si rien n’est gratuit ou complaisamment morbide, ça secoue quand même. Cela pourrait être gratuit, si ce n’était la qualité d’écriture de scénario d’Olivier Milhiet : oui, les évènements tragiques s’enchaînent, mais tous sont « logiques » et cohérents. Cela ne fait que redoubler le caractère éprouvant de l’album.</p>
<p>Eprouvant, oui, mais éprouvant comme lorsqu’on lit un bon thriller ou qu’on regarde un film savamment réalisé : on souffre avec les personnages, mais on ne peut s’empêcher de remarquer le brio de l’auteur dans l’agencement des éléments de son récit. Rien à dire sur le trait, il est toujours aussi efficace et singulier.</p>
<p>Petit regret tout de même : le tome deux semble bel et bien être le dernier de la série, et on ne peut s’empêcher de penser qu’on aurait volontiers accompagné Mila plus loin dans ses aventures. Mais c’est sans doute aussi une manière pour Olivier Milhiet d’éviter de tomber dans la redite ou la lassitude, en conservant une dynamique et un rythme très « secs ».</p>
<p>Bref, Caravane, comme Spoogue du même auteur (il faudra que le je chronique aussi !), c’est un petit bijou de la BD franco-belge. Un bijou sombre, plein de sueur, de sang et de larmes, un bijou à réserver à des lecteurs matures, mais un vrai bijou tout de même. Lecture recommandée !!
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