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	<title>Kroniks &#187; Nos billets d&#8217;humeur</title>
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	<description>le blog bd qui vous dit bonne année</description>
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		<title>Entretien avec Francis Desharnais (1ère partie)</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Feb 2011 11:21:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nos billets d'humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Burquette]]></category>
		<category><![CDATA[entretien]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme nous le racontons dans l’édito spécial Burquette, cette interview est un peu particulière puisqu’elle a été réalisée à la demande de l’auteur lui-même, qui a insisté pour nous rencontrer (oui oui, insisté !). Et on peut vous dire qu’on n’en est pas peu fier ! Et donc j’annonce, dans le cadre des belles interviews de Tonton [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2594" class="wp-caption alignleft" style="width: 308px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/photo2.jpg"  class="wmp" id="wmp1"><img class="size-full wp-image-2594" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/photo2.jpg" alt="Avec l'aimable autorisation du sujet" width="298" height="363" /></a><p class="wp-caption-text">Francis Desharnais</p></div>
<p>Comme nous le racontons dans l’<a href="http://www.kroniks.net/edito-special-burquette/">édito spécial Burquette</a>, cette interview est un peu particulière puisqu’elle a été réalisée à la demande de l’auteur lui-même, qui a insisté pour nous rencontrer (oui oui, insisté !). Et on peut vous dire qu’on n’en est pas peu fier !</p>
<p>Et donc j’annonce, dans le cadre des belles interviews de Tonton Cruchot (et de Xavier !), Kroniks vous propose <span style="text-decoration: underline;"><strong>un entretien exclusif avec <a href="http://www.francisd.com/">Francis Desharnais</a></strong></span>. A déguster lentement et avec l’accent de la belle Province.</p>
<p><strong>Kroniks :</strong> <strong>Francis, bonjour. On va commencer par la première question, c’est plus simple : qui es-tu et d’où viens-tu ?</strong></p>
<p><strong>Francis Desharnais :</strong> Bon ben, Francis Desharnais, j’ai écrit et dessiné <a href="http://www.kroniks.net/2011/02/15/burquette/">Burquette</a>. Le tome 1 sorti en 2008 et le tome 2 en 2010. Et là, je suis de passage à Paris pour rencontrer des médias, faire une séance de signatures à Paris et puis je vais aller à Angoulême. Mais plus comme touriste que comme auteur qui signe ; quoique je vais apporter des livres que je vais essayer de vendre sur place (rires).</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Tu as déjà participé au festival de BD d’Angoulême en tant que visiteur ou qu’auteur ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> En 2006 ou 2007, je suis allé à Angoulême parce que j’avais gagné un concours organisé par l’Office Franco-Québécois pour la jeunesse (OFQJ). C’était un concours de bande dessinée, j’avais fait une planche et j’avais gagné un séjour en France dont quatre jours au festival de BD d’Angoulême.</p>
<p><strong>K : Qu’est-ce que tu en as pensé ? En France, c’est LE gros évènement BD</strong>.</p>
<p><strong>F D: </strong>Ben partout dans le monde en fait, je crois qu’Angoulême est LE gros évènement. Au Québec aussi on connait. Sauf qu’on a moins l’occasion d’y aller (rires) !</p>
<p>J’ai trouvé ça gigantesque. Au Québec on fait plus des salons du livre. C’est aussi gros, même un peu plus gros qu’un salon du livre au Québec, mais ce n’est que pour la bande dessinée. Donc c’était assez impressionnant.</p>
<p>Voir aussi toutes les expos et puis d’avoir accès aux auteurs aussi. Enfin, moi j’étais trop gêné, donc je n’ai pas parlé avec les autres auteurs à ce moment-là. Mais bon, ils sont là, tu les vois, tous les grands noms dont tu entends parler !</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>En faisant des recherches, on a trouvé que tu as travaillé dans l’animation. Est-ce que tu peux nous en parler ? Parce que tu es venu à la BD après, j’imagine.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> En fait je viens de la BD au départ, mais quand je dis au départ c’est à l’âge de 8 ans !</p>
<p>J’ai toujours aimé la bande dessinée, j’ai suivi des cours. Je ne sais pas comment vous dites ici, mais nous on appelle ça l’Ecole des loisirs. C’est après l’école, le vendredi soir ou le samedi matin. J’avais des ateliers de bande dessinée. Donc j’ai appris comme ça. Sauf que dans les années 90, quand j’ai terminé mes études, le milieu de la bande dessinée au Québec était proche de zéro, il n’y avait pas grand-chose qui se publiait ou en tout cas rien à mon goût. Donc c’était absolument impensable de l’envisager comme une carrière.</p>
<p>Donc je suis allé en graphisme, pour pouvoir travailler après. Et puis c’était un truc qui se rapprochait presque de la bande dessinée.</p>
<p>Après j’ai bifurqué vers le cinéma d’animation, j’ai fini par travailler pour l’Office National du Film du Canada, qui est une maison de production d’Etat et qui produit beaucoup de films documentaires et des courts-métrages d’animation. On a une très très belle et riche histoire en cinéma d’animation au Canada, les films se font souvent remarquer dans les gros festivals et même aux Oscars. Donc c’est une belle école et il y a les moyens de faire une animation différente de ce qu’on voit souvent à la télé le samedi matin.</p>
<p>Mais j’avais toujours envie de revenir à la bande dessinée. Et puis en 2003-2004, j’ai travaillé pour une réalisatrice française, qui s’appelle Florence Miailhe, j’étais ici à Paris pendant ces années-là et c’est là que j’ai commencé à travailler sur Burquette.</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Donc la genèse de Burquette s’est déroulée en partie en France ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Oui, oui, tout à fait.</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Burquette a créé la surprise avec le thème atypique du voile intégral. Autant qu’on le sache &#8211; et on a bien cherché tous les deux &#8211; à part dans l’Affaire du voile de Pétillon, ce thème n’a jamais été abordé en BD. Pourquoi cet angle d’approche ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Quand j’ai eu le « flash », parce que c’est un peu ça qui est arrivé, j’étais à Paris et c’était tout le débat sur le voile à l’école en 2004. Tout le monde ne parlait que de ça, dans les journaux, à la télé, à la radio. Ça me faisait mijoter.</p>
<p>J’avais aussi un ami qui allait avoir son premier enfant et il ne savait pas encore si ça serait un petit garçon ou une petite fille. Il avait très peur d’avoir une petite fille qui serait un peu une « princesse » superficielle. Il disait « si j’ai une princesse, je l’envoie en Afrique ou dans un pays pauvre pour qu’elle voie d’autres façons d’être, d’autres façons de vivre ».</p>
<p>Donc ce sont ces deux évènements-là, mixés ensemble, qui m’ont donné l’idée d’un père qui va trop loin dans son désir d’éveiller son enfant à d’autres réalités que la sienne, à avoir une conscience sociale un peu plus développée. Le voile se portait super bien à ce thème-là, parce que là l’apparence est absolument « castrée », on va dire.</p>
<p>En même temps il y a l’aspect religieux qui peut être assez présent, assez fort. C’est à la fois le truc le plus « exotique » et le plus lourd de sens pour nous, en tant qu’occidentaux. C’est un truc qu’on ne comprend pas, qui est absolument à l’opposé des valeurs que nous prônons en général dans notre société.</p>
<p>Donc je me disais que c’était assez fort comme thème pour que ça marche bien et surtout j’avais des idées de gags. C’est ça en premier lieu qui a fait que j’ai continué dans cette voie-là.  Au début je me disais que je serais bon pour une dizaine de gags, que je ne pourrais jamais faire un album complet en ne parlant que de burqa. Mais à force d’en faire, à force de prendre le personnage d’Alberte et de le mettre dans différentes situations, je pouvais essayer de voir quel type de réactions ça pouvait susciter, ce que ça pouvait faire une adolescente en burqa dans une discothèque ou dans un bar de danseuses…</p>
<p><strong>K : …dans la société occidentale en général</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Voilà, exactement. Ça c’est un peu ça la réponse longue, je dirais (rires) !</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Ce qu’on a ressenti dans ce tome 1 c’est que la burqa n’est que la première accroche. Pour autant elle n’est qu’un accessoire à l’histoire. La réflexion porte plutôt sur la famille et la difficulté d’élever des ados, non ?</strong></p>
<p><strong>F :</strong> Oui, parce que ce qui m’intéressait, à la base, au-delà de mettre du comique de situation, c’était justement cet aspect-là de la relation entre père et fille. Je crois que c’est ce qui fait que la BD fonctionne bien.</p>
<p>Et puis c’est aussi ce qui me donne l’envie d’en faire d’autres ; c’est pour ça que j’ai fait un tome 2, parce que je me suis dit, ben le père il peut avoir d’autres idées, il peut avoir d’autres façons d’éveiller sa fille.</p>
<p>Donc oui pour moi ce qui fait la base de cette bande dessinée c’est beaucoup plus la relation entre le père et la fille, la dynamique entre les deux, avoir un père très…</p>
<p><strong>K : …Caricatural ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> …caricatural, c’est ça, de gauche caricaturée. Bon, de gauche, de droite on ne sait pas trop. Et puis d’avoir une fille plus euh… Bon, je la dis superficielle, mais en même temps c’est une adolescente. C’est tout à fait normal à 14 ans… C’est un genre d’éveil qui peut arriver beaucoup plus tard, soit à l’école, soit en lisant.</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Justement, le père, tu dis l’avoir voulu caricatural, gauchiste militant. Est-ce que c’est vraiment une caricature que tu as voulu faire ou il y a une partie de toi que tu as mis dedans ? Est-ce que tu ne serais pas un peu militant et que tu essaierais de faire passer un message à travers tes albums ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> On me pose souvent la question (rires).</p>
<p><strong>K : C’est toujours la question qu’on pose à un jeune auteur quand il sort son premier album !</strong></p>
<p><strong>F D : </strong>C’est aussi parce que j’ai toujours des difficultés à répondre ! Je n’ai pas la prétention de vouloir affirmer quoi que ce soit, de vouloir faire la leçon, faire la morale à qui que ce soit.</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Tu peux vouloir faire passer un message, tout simplement. « Voilà ma position, je préfère en rire et voilà ce que moi je pense ».</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Ben je crois que c’est un peu ce qui se passe de toutes façons, je pense qu’on voit par la bande dessinée que je ne suis pas en faveur de la burqa.</p>
<p><strong>K : C’est difficile de l’être, en même temps, c’est sûr.</strong></p>
<p><strong>F D : </strong>C’est à peu près impossible. Mais en même temps je n’ai pas voulu condamner de l’extérieur. C’est pour ça que je me suis dit que c’était quand même intéressant de prendre le point de vue de la femme, de la fille <span style="text-decoration: underline;">à l’intérieur </span>de la burqa. Ça, ça me plaisait bien. Donc comme approche, je me disais plutôt que d’être continuellement en confrontation je me demanderais ce qui ne marche pas à l’intérieur de la burqa. Donc je dirais que oui, de ce point de vue-là, y a un message mais…</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Tu as voulu pointer du doigt, quand même.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Je ne propose pas de solution, je ne propose pas UNE façon de voir ou une façon de dire « pour régler le problème il faut faire ci et ça ». Je n’ai pas voulu aller dans cette direction-là.</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Est-ce qu’au Canada vous avez aussi des voiles intégraux, des intégristes, des problèmes de montée du fondamentalisme ? Est-ce que la BD a été bien accueillie, est-ce que ce n’était pas trop « exotique » par chez toi ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Non, la BD a été bien accueillie parce que, pas longtemps après, 2007-2008, on a eu à peu près le même genre de débat que vous avez eu en 2004.</p>
<p>Nous on a appelé ça le débat des « accommodements raisonnables ». Qu’est-ce qu’un « accommodement raisonnable » ? Ce sont des mesures au cas par cas où des gens issus d’une religion vont demander un accommodement, justement, pour pouvoir pratiquer ou vivre leur foi.</p>
<p><strong>K : Du communautarisme ?</strong></p>
<p><strong>F D:</strong> Hmmm, je ne sais pas, je n’irais pas jusque là. Par exemple quelqu’un qui demanderait un local un peu isolé pour pouvoir faire sa prière, ça rentre dans ce qu’on appelle un « accommodement raisonnable ».</p>
<p>Sauf que parfois c’est allé trop loin. Au Québec, à part Montréal qui est assez multiculturel, la société est assez homogène, c’est très blanc francophone ; les gens qui pratiquent leur religion restent assez discrets.</p>
<p>Sauf qu’avec ce débat là qu’on a eu, chaque cas a été monté en épingle. Chaque fois qu’on en parlait dans les médias, une partie de la population « pétait un plomb » : « on va pas commencer à tout le temps nier nos valeurs », tu vois.</p>
<p>Il y a des extrémistes, mais on ne les entend pas tant que ça. Et puis le niqab, même si on en trouve un peu à Montréal, reste quand même marginal. Évidemment beaucoup de gens ont peur qu’il se répande. Donc la société québécoise se braque assez rapidement quand il y a des faits divers en rapport avec des femmes qui portent ce voile-là.</p>
<p>Il y a une peur qui, à mon sens, est démesurée par rapport à la réalité.</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Dans le tome 2, c’est la réunion tant attendue d’Alberte et de sa mère. Mais on ne peut pas vraiment dire que tout se passe comme prévu pour Alberte.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Ben, non, il fallait pas ! (rires)</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Finalement sa mère ne vaut pas tellement mieux que son père, non ? Est-ce que c’est un regard sur la difficulté d’être parent ? Il y a un strip que j’aime beaucoup qui dit « ça fait 14 ans que j’ai envie de vivre avec ma fille, mais pas forcément d’être sa mère ».</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Je me disais que si je voulais faire d’autres strips d’Alberte et de son père, il ne fallait pas que la mère puisse trop s’ingérer dans cette dynamique-là, parce qu’une vraie mère laisserait pas faire ce que le père fait à la fille. J’avais besoin de la mère – pas que je m’en débarrasse, parce que j’y tiens, c’est quand même un personnage intéressant – mais il ne fallait pas que je l’intègre trop à la dynamique entre les deux.</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Et du coup elle a sa propre dynamique à elle.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Ben c’est ça, exactement. Elle demeure très individualiste, même si elle prétend vouloir un peu changer le monde.</p>
<p>Moi je trouve que la relation entre la mère et la fille est presque plus horrible qu’entre le père et la fille, parce que je me dis qu’une mère qui refuse, enfin pas qui refuse, mais qui ne veut pas s’occuper de ses enfants, moi ça me trouble encore plus. Alors qu’un père qui s’occupe mal de ses enfants, on l’a déjà vu (rires).</p>
<p>Mais en même temps je me suis demandé : est-ce que c’est réaliste ? Est-ce que c’est plausible ? Et je me suis dit que oui, malheureusement ça existe des mères qui ne veulent pas s’occuper de leurs enfants. Alors je me suis dit ok, allons dans cette direction-là. Et j’ai fait en sorte que la mère ait beaucoup de doutes quant à sa capacité d’être une bonne mère.</p>
<p><strong>K : Du coup, ça fait un contrecoup terrible parce que tu termines le premier volume sur un espoir fou pour Alberte, qui se dit qu’enfin elle va pouvoir vivre avec sa mère et à peine montées dans l’avion les nuages s’amoncèlent.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Ouais, je ne perds pas de temps, là (rires) !</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Ce qui est intéressant c’est que la mère est consciente de ses propres défauts.</strong></p>
<p><strong>F D : </strong>Oui, alors que le père ne l’est pas tant que ça. Ce que j’aime bien dans le tome 2, c’est que la mère, malgré tout, est moins caricaturale que ce que le père l&#8217;est. Ça se passe plus au niveau de ses réflexions, de ses doutes et de ses choix finalement. Mais je pense l’avoir présentée d’une manière plausible.</p>
<p>Alors que le père, lui, on va dans la caricature, il est…</p>
<p><strong>K : … Il est complètement à l’ouest !!</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Ouais, c’est ça. Donc je suis peut-être un peu moins allé dans la caricature pour ce qui est de la mère.</p>
<p><strong>K : Quoique, dans le tome 2, le père, du fait qu’il se retrouve tout seul, change quand même un petit peu, non ? On n’est pas dupe, il part en Balynaisie « libérer le peuple opprimé » mais il laisse tomber dès qu’il a retrouvé sa fille.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Oui, je voulais quand même mettre des petites touches de tendresse (rires) !</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Le père n’est pas un psychopathe complet, quand même.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Dans le premier ça faisait un peu ça, il avait l’air complètement fou. Mais je pense qu’il est quand même attaché à sa fille. Je tenais à présenter aussi cet aspect-là. Et puis, ça explique aussi un peu pourquoi Alberte reste avec lui et pourquoi elle « accepte » son autorité, même quand il lui fait faire des choses qui n’ont pas de bon sens, comme la burqa ou la machine à coudre.</p>
<p><strong>K : Tu joues quand même un peu avec le chaud et froid. Par exemple, dans le tome 1, quand ils regardent ensemble le documentaire sur l’excision, ça fait peur !</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Oui, ça c’était le moment qui aurait pu aller trop loin, mais bon, j’irais pas jusque là, quand même !</p>
<p><strong>K :</strong> <strong>Autant la burqa arrive à tenir tout le long du premier album et tu arrives à rebondir sur des choses intéressantes, autant la machine à coudre est une super idée que tu abandonnes assez rapidement. Dans le tome deux tu es plus sur une critique de tes personnages. Et l’idée de départ qui aurait pu être le fil rouge de tous tes albums est abandonnée assez vite.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Oui, c’est parce que je ne voulais pas répéter Burquette 1. Le symbole est là, mais il est quand même moins fort que la burqa.</p>
<p>Et puis pour ce deuxième tome, j’avais deux objectifs : faire voyager Alberte et la mettre dans un contexte où elle découvre un peu ce que le père essaie de lui inculquer, de le voir en face ; et je voulais que le père se retrouve pris avec ses idées.</p>
<p>Au final, c’est le père qui se retrouve empêtré avec cette espèce de gros machin en fonte qui n’est absolument pas transportable facilement.</p>
<p><strong><a href="http://www.kroniks.net/2011/02/15/entretien-avec-francis-desharnais-2eme-partie/">Tout de suite la suite ! &#8230;</a><br />
</strong>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp1">Avec l&#8217;aimable autorisation du sujet</div>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/burquette/" title="Burquette" rel="tag">Burquette</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/entretien/" title="entretien" rel="tag">entretien</a><br />
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		<title>Entretien avec Francis Desharnais (2ème partie)</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Feb 2011 11:20:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nos billets d'humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Burquette]]></category>
		<category><![CDATA[entretien]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite et fin de l’entretien exclusif que nous a accordé Francis Desharnais, le papa de Burquette. K : Nous, on a trouvé que le tome 2 était un petit peu moins mordant que le premier. Toujours drôle, mais moins mordant, moins incisif. Maintenant tout s’explique : tu n’as pas voulu rester dans cette ligne de dénoncer l’oppression, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2600" class="wp-caption alignleft" style="width: 461px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Burquette-1_0002.jpg"  class="wmp" id="wmp2"><img class="size-full wp-image-2600" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Burquette-1_0002.jpg" alt="Francis Desharnais - 24-01-11" width="451" height="418" /></a><p class="wp-caption-text">Dédicace du tome 1</p></div>
<p>Suite et fin de l’<a href="http://www.kroniks.net/2011/02/15/entretien-avec-francis-desharnais-1ere-partie/">entretien exclusif </a>que nous a accordé Francis Desharnais, le papa de <em>Burquette</em>.</p>
<p><strong>K : Nous, on a trouvé que le tome 2 était un petit peu moins mordant que le premier. Toujours drôle, mais moins mordant, moins incisif. Maintenant tout s’explique : tu n’as pas voulu rester dans cette ligne de dénoncer l’oppression, tu as voulu te concentrer sur tes personnages.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Ouais, exactement, parce que …</p>
<p><strong>K : … tu as eu peur !</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Non, pas que j’ai eu peur, je ne voulais pas développer une recette non plus. Je voulais raconter une histoire différente, un peu plus en continu. Maintenant, moins mordant…</p>
<p><strong>K : … Non, socialement moins mordant je veux dire, parce qu’il y a quand même des répliques qu’on a retrouvées qui sont assez géniales, on y reviendra après. Sur les forums, Paris Hilton, sur la jeunesse dorée, ça reste mordant, mais moins engagé que le premier.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Ouais sans doute, mais c’est parce que la burqa, c’est tellement fort comme sujet… sauf que je ne voulais pas refaire une histoire de burqa parce que j’aurais étiré la sauce inutilement.</p>
<p><strong>K : Et puis tu te serais enfermé dans un genre, finalement.</strong></p>
<p><strong>F D : </strong>Oui, c’est ça. Donc j’aimais mieux miser sur mes personnages, sur la dynamique entre le père, la fille et la mère.</p>
<p><strong>K : Et ce n’est pas facile, sans doute, de trouver un nouvel objet symboliquement aussi fort que la burqa. On aura beau dire, enchaîné à sa machine à coudre, ça n’a pas le même impact dans nos sociétés occidentales.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Non, parce qu’on n’a pas en Occident d’images d’enfants enchaînés à des métiers à tisser. C’est une réalité qui existe, ou qui a existé dans un passé assez proche, mais ce n’est pas un truc auquel on est confronté dans les médias tous les jours.</p>
<p>Contrairement à la burqa qui est un symbole qui revient assez périodiquement. L’année dernière vous avez eu un débat en France sur le thème de la burqa, précisément. Le travail des enfants, c’est un truc qui est super grave aussi mais auquel on n’est pas confronté tous les jours.</p>
<p><strong>K : Bon, et alors, sur la suite, ton prochain cheval de bataille, ce sera quoi ? Quelle sera la prochaine lubie du père ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> En fait je ne peux pas le dire ! (rires)</p>
<p><strong>K : Mais tu l’as déjà en tête ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Oui, j’ai quand même un truc en tête, ça va être complètement différent du premier et du deuxième. Là, j’hésite encore à savoir si je ramène un peu la burqa comme je l’ai fait dans le deuxième, plus saupoudré, pas comme un élément central. Je ne sais pas, on va voir.</p>
<p>Mais là en ce moment, je suis en train de préparer l’adaptation en animation du tome 1.</p>
<p><strong>K : On a quand même un scoop ! (rires). C’est vrai que tes strips se prêteraient bien à une adaptation animée ! Ça serait des courts ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Oui, c’est ça. Ça va être vingt épisodes d’une minute. Donc, je suis là-dedans en ce moment, je suis en train d’écrire des scenarii, de choisir des comédiens, préparer l’animation.</p>
<p><strong>K : Tu vas pouvoir retrouver ton passé d’animateur ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Oui oui ! Mais je ne serai pas tout seul, je vais avoir une équipe, on va être un mini studio. J’ai hâte ! Surtout que c’est mon projet.</p>
<p>J’ai hâte de voir justement si ça s’adapte si bien que ça. Je pense que oui, mais bon, je peux me planter, je vais être réalisateur. Donc, si ça ne marche pas, ce sera de ma faute ! (rires)</p>
<p><strong>K : Et donc, une diffusion au Québec, dans les espaces francophones, en Europe peut-être ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> En fait l’objectif est de mettre ça sur internet, d’avoir un site sur <em>Burquette</em>. Ces capsules-là seront diffusées uniquement sur internet, donc disponibles partout dans le monde.</p>
<p><strong>K : D’accord ! C’est drôlement bien ! En plus, vous allez vous charger de tout, vous ne sous-traitez pas ailleurs dans le monde (genre une animation réalisée par des enfants)</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> (rires) Non, ça va être fait au Québec au complet. Deux producteurs sont impliqués dans cette aventure.</p>
<p><strong>K : Donc vous allez mettre en place un site entièrement dédié à ce projet ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Oui. Chaque semaine je vais faire un strip original qui pourra être inspiré de l’actualité du moment  et il va y avoir aussi des prestations live où je vais faire des dessins en direct sur internet.</p>
<p>Il va probablement y avoir aussi un blog d’Alberte ou un truc dans le genre. Et une page Facebook aussi.</p>
<p><strong>K : Alberte va nous faire part de ses états d’âme ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> C’est ça, mais aussi son père et les autres personnages.</p>
<p><strong>K : J’aurais envie de rebondir un peu sur l’actualité que tu nous as livrée, sur le site internet, parce que dans le tome 2 tu portes un regard assez cinglant sur internet et les forums.</strong></p>
<p><strong>Parmi toutes les réflexions intéressantes, on a retenu la remarque de Kader qui dit « c’est comme si on engageait quelqu’un pour être en colère à sa place » à propos des gens qui se lâchent sur les forums sous couvert de pseudonyme.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Oui, c’est à cause de cette espèce de façon de faire que tout est anonyme. Tout fonctionne par surnoms, c’est le phénomène des trolls. Vous avez ça ici aussi ?</p>
<p>C’est un truc sur internet qui m’énerve profondément. C’est une super belle plateforme, justement, pour réfléchir et réagir, mais parfois t’en as qui profitent du fait qu’on ne signe pas pour envoyer des tonnes et des tonnes de fiel et de conneries. Même pour des opinions qui sont contraires aux miennes ça ne me dérange pas mais le manque de civilité c’est quelque chose qui me fait assez ch….</p>
<p><strong>K : Quelle interaction avec ton public vas-tu mettre en place sur le site de l’adaptation de <em>Burquette </em>?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> On est encore un peu en train de planifier, mais c’est sûr qu’on recherche le plus d’interaction possible.</p>
<p>Déjà, les strips originaux dont je parlais, quand je vais faire du dessin en direct. On aura un genre de petit jeu où les gens pourront essayer de deviner ce que je suis en train de dessiner.</p>
<p>On va aussi demander 6 fois par année aux internautes de nous donner des anecdotes en rapport avec un moment de l’année. Ça peut être Noël ou la St-Valentin. Et moi je vais créer un strip de <em>Burquette </em>en fonction d’une anecdote qui aura été choisie.</p>
<p>Via le blog, j’imagine qu’on va avoir un système de commentaires où Alberte, son père ou ses amis, pourront réagir. Les gens pourront écrire à ces personnages-là et les personnages pourront réagir. Alberte a une page Facebook en ce moment et c’est un peu ce que je fais : elle dit des trucs et les internautes réagissent. Même moi des fois je m’engueule avec Alberte (rires).</p>
<p><strong>K : Je vois que tout ton planning à venir, c’est sur Alberte et sa famille. Est-ce que tu n’as pas envie d’aller voir d’autres projets, de développer autre chose ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Pour la prochaine année et demie, c’est sûr que je vais être beaucoup là-dedans, parce que l’animation c’est super long. Mais j’essaie quand même de pousser d’autres projets. J’aime bien faire des strips mais j’aimerais voir pour faire des histoires plus longues.</p>
<p>Là j’ai un livre en cours avec un autre auteur de Québec qui s’appelle Pierre Bouchard. Il devrait sortir peut-être au printemps 2011.</p>
<p>C’est sûr que je veux essayer de me sortir un peu de <em>Burquette</em>, mais c’est un processus qui est assez long.</p>
<p><strong>K : C’est toi qui veux absolument développer ça, ou tu es rattrapé par le succès du phénomène et tu veux en donner plus aux gens qui aiment ça ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Ben oui, je suis surpris par le succès du truc. Mais en même temps, être capable de vivre de mes projets c’est quelque chose qui me tient beaucoup à cœur, donc c’est sûr que je vais pousser tant que je peux.</p>
<p>Pour internet, c’est un peu ça : essayer de prolonger la vie de <em>burquette </em>et de le faire découvrir à des gens qui ne lisent pas forcément de bande dessinée.</p>
<p>Et puis ça va me permettre pendant un an et demi de travailler sur un projet personnel. Et ça, c’est quelque chose d’assez précieux.</p>
<p><strong>K : T’as pas peur d’être lassé à terme, de travailler toujours sur la même histoire, les mêmes personnages ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> C’est sûr que là je vais sûrement en avoir ras la casquette de parler de burqa, donc si jamais je prépare un tome 3, je ne le commencerai sûrement pas cette année.</p>
<p>Mais c’est sûr qu’à un moment donné il va falloir que je lâche cette histoire-là pour me concentrer sur autre chose. En Septembre-Octobre, je vais revenir à Bordeaux pour une résidence de deux mois, pour travailler sur un projet de BD. Enfin je pensais travailler sur le tome 3, mais je ne sais pas encore si je vais faire que du tome 3 d’Alberte.</p>
<p><strong>K : Dans un studio à Bordeaux ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> dans un atelier, oui (<em>ndK : lors de ma dédicace privée, Francis m’a confié qu’il allait rejoindre notamment <a href="http://www.kroniks.net/2010/07/17/entretien-avec-laureline-mattuissi/">Laureline MATIUSSI</a>, une de ses très bonnes amies.</em>)</p>
<p><strong>K : Tu lis de la BD, toi-même ? Quels sont tes derniers coups de cœur ou tes auteurs fétiches ? Plutôt de la franco, du comics, du manga ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> En fait, j’ai lu beaucoup de québécois. Au Québec ces dernières années il s’est vraiment publié beaucoup de choses super bien. Je me suis procuré beaucoup d’albums de compatriotes, comme Pascal Girard, un truc publié par les 400 coups qui s’appelle « Pour en finir avec Novembre », qui parle de la crise d’Octobre et qui est super bien !</p>
<p><strong>K : Jimmy Beaulieu commence à bien marcher en France. Il est même sélectionné à Angoulême cette année (<em>ndK : pour Comédie Sentimentale pornographique chez Delcourt</em>). Tu attends quoi , toi, d’Angoulême ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Surtout rencontrer d’autres auteurs. Oui, surtout ça. Et puis signaler mon existence ! (rires)</p>
<p><strong>K : Tu ne nous as toujours pas dit ce que tu avais lu dernièrement qui t’avait marqué ! C’est de la BD canadienne, du coup, québécoise ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Non mais ça compte pas ! (rires)</p>
<p><strong>K : C’est pas que ça compte pas, c’est juste que ça a du mal à toucher nos côtes ! (rires). Je ne suis encore jamais allé au Canada mais quand on me parle du marché de la BD canadienne, j’imagine surtout de l’importation de comics américains.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> En fait la BD québécoise est un peu prise dans l’étau entre la franco-belge, l’américaine et puis le manga. Faut se débattre un peu au travers de ça, mais le public est de plus en plus ouvert aux créations du Québec. C’est beaucoup plus encourageant que ça ne l’était. On est dans une belle période en ce moment, au Québec, pour la bande dessinée.</p>
<p>Sinon, j’ai eu un gros coup de cœur pour « <em>La volupté</em> » de Blutch. J’aime beaucoup toute cette bande de l’Association. Mathieu Sapin j’aime beaucoup. J’ai aussi lu le truc sur Gainsbourg.</p>
<p><strong>K : En France, quand les mangas ont commencé à avoir une grosse part du marché, il y a pas mal d’auteurs qui se sont dit qu’ils allaient tous se faire « mettre à la porte ». Comment a été perçue au Québec cette arrivée des mangas ?</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Il y a un truc qui est assez positif avec les mangas, c’est que ça a amené les filles à lire de la bande dessinée. Certains mangas sont très très spécialisés dans leur façon de pêcher leur public, ils font des mangas vraiment pour les filles.</p>
<p>Il y a plein de filles qui se sont mises à lire de la bande dessinée, ce qui n’était pas nécessairement le cas avant. La BD était beaucoup un truc de gars, malheureusement, mais maintenant ça change un peu.</p>
<p>Pour le reste, au niveau graphique c’est vrai qu’il y a beaucoup d’auteurs qui sont influencés par les manga mais qui les réadaptent à leur sauce, comme Michel Falardeau, par exemple, avec <em>Mertownville</em>, que j’ai lu et que j’ai beaucoup aimé. Il a une certaine base manga, mais il fait un truc qui n’est quand même pas un manga pur et dur, qu’il a adapté à son trait.</p>
<p>Pour le reste ça ne change pas grand-chose, parce que comme je le disais, il y a déjà beaucoup de comics américains, de franco-belge, on rajoute juste beaucoup de japonais ! (rires).</p>
<p>Ce qui a changé, c’est que maintenant il y a plus de gens qui sont intéressés à lire de la québécoise. C’est ça la vraie nouveauté en fait !</p>
<p><strong>K : Comment expliques-tu  ce développement de la québécoise, justement ? Parce que tu nous as dit au début que quand tu voulais te lancer, il n’y avait rien et que donc tu t’étais tourné vers l’animation. Là tu nous décris un monde de la BD québécoise qui est riche, vivant.</strong></p>
<p><strong>F D :</strong> Qui est en effervescence, même, je dirais.</p>
<p>Premièrement le public qui lisait de la bande dessinée plus jeune vieillit. Et à force de dire que la bande dessinée n’est pas que pour les enfants, il y en a qui comprennent le message et qui continuent à en lire même en vieillissant. Et qui constatent que justement il y a beaucoup de bandes dessinées qui ne sont pas pour les enfants et qui valent bien des romans et bien des films.</p>
<p>Du coup pour les médias c’est la même chose, tu as des jeunes qui travaillent pour des maisons d’information, qui disent « ça serait bien de parler de bande dessinée », ce qui fait qu’on en parle un peu plus qu’avant. Ce n’est pas encore l’Eldorado, là, mais c’est un peu mieux que c’était.</p>
<p>Ce sont des jeunes qui sont dans la trentaine maintenant, qui travaillent, qui ont un pouvoir d’achat parce que faut quand même se les acheter les bandes dessinées. Le marché se développe tranquillement par un public qui vieillit.</p>
<p><strong>K : Et qui suit.</strong></p>
<p><strong>F D : </strong>Et qui suit, oui, surtout (rires).</p>
<p><strong>K :</strong> En tout cas merci beaucoup Francis pour cette belle rencontre. On te souhaite un excellent festival, un bon retour chez toi et beaucoup de courage pour cette année et demi à venir à travailler sur ta série animée.</p>
<p><em>(Juste après, pendant que Xavier allait enfin se coucher, j’ai eu droit à une séance personnelle de dédicace. Hé oui.)</em></p>
<p><em>Et si vous n’en avez pas eu assez et que vous voulez en plus le son, l’image et l’accent, vous pouvez retrouver <a href="http://www.youtube.com/watch?v=BVebgYT404Q" target="_self">l’interview réalisée la veille de la nôtre pour TV5 monde</a>.</em></p>
<p><em>Nous tenons à remercier très chaleureusement Sarah et Élisabeth, des 400 coups, pour leur accueil et les efforts déployés pour qu’elle se passe dans les meilleures conditions. Et pour le petit cadeau qu’elles m’ont offert.</em>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp2">Francis Desharnais &#8211; 24-01-11</div>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/burquette/" title="Burquette" rel="tag">Burquette</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/entretien/" title="entretien" rel="tag">entretien</a><br />
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		<title>Entretien avec Laureline MATTIUSSI</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Jul 2010 18:59:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Nos billets d'humeur]]></category>
		<category><![CDATA[aventure]]></category>
		<category><![CDATA[Bande Dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Laureline MATTIUSSI]]></category>
		<category><![CDATA[pirates]]></category>

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		<description><![CDATA[A Kroniks on fait ce qu&#8217;on veut quand on veut. Parfois on publie des kroniks sans interviews, parfois on publie des kroniks ET des interviews. Et ben là, on a décidé de publier une interview avant une (éventuelle) kronik. Pourquoi ? D&#8217;abord et d&#8217;une, on fait ce qu&#8217;on veut (faudra le répéter à chaque fois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/SO26-l_ile_au_poulailler-cover.jpg"  class="wmp" id="wmp4"><img class="alignleft size-full wp-image-2373" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/SO26-l_ile_au_poulailler-cover.jpg" alt="Copyright Treize Etranger 2010" width="294" height="394" /></a></strong>A Kroniks on fait ce qu&#8217;on veut quand on veut. Parfois on publie des kroniks sans interviews, parfois on publie des kroniks ET des interviews. Et ben là, on a décidé de publier une interview avant une (éventuelle) kronik. Pourquoi ?</p>
<p>D&#8217;abord et d&#8217;une, on fait ce qu&#8217;on veut (faudra le répéter à chaque fois ?).</p>
<p>Ensuite et de deux, parce que cette interview là, c&#8217;est celle de Laureline MATTIUSSI, une ravissante auteure aux yeux bleu azur qui a pris le temps de répondre à des questions (pas toujours) stupides et qu&#8217;elle traine depuis trop longtemps dans mes dossiers (l&#8217;interview, hein, pas Laureline).</p>
<p>Enfin et de trois parce que parler de son œuvre, l&#8217;<em>Ile au poulailler</em> publiée chez Treize Étrange, demande du temps pour rendre compte du talent de l&#8217;artiste, de sa manière de composer d&#8217;immenses planches aérées avec un style délié et stylisé. Parce qu&#8217;il faut bien choisir et peser ses mots pour raconter cette histoire de pirates qui n&#8217;en est pas une en en étant quand même une, alignant les clichés du genre mais sans en suivre les sentiers (re)battus. Bref, parce que ce n&#8217;est pas facile, voilà.</p>
<p>Alors en attendant de trouver les mots (et le temps) pour rendre compte convenablement du travail de Laureline  (mais est-ce seulement possible tant ce diptyque est à la fois étrange et merveilleux, aventureux et coquin, familier et étonnant&#8230;),  Tonton Cruchot vous propose un entretien avec l&#8217;artiste. Et si après ça, vous n&#8217;avez toujours pas envie de découvrir son univers&#8230; alors promis, vous aurez une belle kronik.</p>
<p><strong>Kroniks : Laureline bonjour. Alors avant de commencer je voudrais te décerner un prix spécial : le prix Kroniks des plus beaux yeux bleus de dessinatrice de BD. Sous vos applaudissements !</strong></p>
<p><strong>Pour ceux qui ne le saurais pas (et peu le savent), il faut expliquer qu&#8217;à l&#8217;heure où tu réponds à ces questions, tu sors d&#8217;une période d&#8217;ermite asocial pendant laquelle tu as bouclé le tome 2 de <em>l&#8217;Ile au poulailler</em>. C&#8217;était comment ? On imagine que c&#8217;est pendant ces moments d’intense création que les auteurs se font le plus plaisir, non ?</strong></p>
<p>Laureline MATTUISSI : C&#8217;était ascétique sur la fin, c&#8217;était la panique dès le début. C&#8217;était des moments de bravoure intenses et lumineux lorsque je me levais à 6 H 00 et que je me collais aussi sec au boulot, de furieux accès de colère quand je loupais mon réveil. C&#8217;est un moment où j&#8217;ai définitivement cessé de répondre au téléphone. Mais j&#8217;ai beaucoup progressé en dessin.</p>
<p><strong>K : J&#8217;ai lu ta biographie, disponible un peu partout sur internet, et j&#8217;en ai retenu que tu étais née il n&#8217;y a pas très longtemps à Nancy et qu&#8217;après tu as publié <em>L&#8217;Ile au poulailler</em>. C&#8217;est bon, je n&#8217;ai rien oublié ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;ai également pris le large et baroudé en mer pendant cinq ans avant d&#8217; aller vivre en bête sauvage dans des jungles lointaines. Depuis j&#8217;écris des livres en fumant des cigares de la Havane, je joue à lancer des couteaux en plein dans le mille comme me l&#8217;a appris mon tonton Max, je bois du calva dans des crânes en caressant un vieux chat sauvage et borgne.</p>
<p><strong>K : J&#8217;ai lu aussi que tu donnes des cours de dessins à Bordeaux. Ça ressemble à quoi un cours de dessin par Laureline MATTIUSSI ? Tu es quel genre de professeur ? Du genre à mettre des heures de colle à ceux qui n&#8217;arrivent pas à dessiner Titeuf ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;ai cessé depuis quelques années de donner des cours de dessin. Je ligotais les élèves dissidents et mon vieux chat sauvage et borgne leur griffait les parties génitales.</p>
<p><strong>K : A une époque où toutes les jeunes femmes qui dessinent font des BD pour fillasses en se comparant la taille de leur sac à main, toi tu publies un roman graphique, un vrai, tout sympa tout plein sur les petites hontes des enfants. Alors quoi, t&#8217;aimes pas les sacs à main, les blog de filles et les histoires de poils ?</strong></p>
<p>LM : Pas vraiment.</p>
<p><strong>K: Ton tout premier livre donc c&#8217;est <em>Petites hontes enfantines</em> (chez la Boîte à Bulles). Tu peux nous raconter la genèse de cet album et l&#8217;accueil qu&#8217;il a reçu ?</strong></p>
<p>LM : Les &laquo;&nbsp;Petites Hontes Enfantines&nbsp;&raquo; sont de cours récits glanés au fil des discussions avec des copains. J&#8217;ai conservé les hontes qui me semblaient les plus drôles et les plus singulières, mais qui conservaient également un caractère universel. Il y est question d&#8217;une profonde gravité de l&#8217;enfance mélangé à une vraie drôlerie. Je crois qu&#8217;il a été bien accueilli.</p>
<p><strong>K : Dans <em>L&#8217;Ile au poulailler</em> tu mets en scène une « piratesse » meneuse d&#8217;homme, bagarreuse et qui ne s&#8217;en laisse pas compter. Allez, sois franche, tu as pris qui comme modèle ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;aime les personnages féminins éminemment sexués et tapageurs&#8230; et totalement inconvenants. Ma piratesse a cette qualité qu&#8217;elle peut parcourir le pont de son bateau les fesses à l&#8217;air, vociférant auprès de ses marins comme un diable, sans jamais s&#8217;interroger sur l&#8217;indécence de son accoutrement.</p>
<p>Je ne lui connais aucun modèle.</p>
<p><strong>K : Le genre &laquo;&nbsp;aventures de pirates&nbsp;&raquo; est plutôt réservé aux hommes mais tu réussis à apporter une touche de féminité bienvenue tout en respectant les clichés du genre. Tu voulais faire la nique aux mecs et leur prouver que les filles aussi peuvent dessiner des voiliers, des combats à l&#8217;épée et des poulets plumés ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;ai voulu travailler sur la piraterie pour ce qui en fait l&#8217;essence même : la révolte, l&#8217;obstination, la démesure et toujours cette profonde inconvenance. Pour la magie du mythe également : pas de pirates sans trésor et sans revenants. Du point de vue du dessin il y avait ce plaisir à faire juxtaposer la transparence de l&#8217;air et la beauté des horizons marins, le mouvement de l&#8217;eau, quelque chose qui tient de l&#8217;atemporel et d&#8217;un certain rapport au songe et à l&#8217;infini, à du rugueux, du charnel , du grossier, à des personnages qui perdent leurs chicots, qui se grattent les couilles, qui ont des poux, qui s&#8217;emmerdent, puis qui d&#8217;un coup sont pris de folie et s&#8217;entretuent.</p>
<p>J&#8217;ai beaucoup joué sur le langage, la grossièreté et la rudesse des marins que j&#8217;aime facétieux et cruels.</p>
<p>J&#8217;aime l&#8217;idée d&#8217; un récit qui sent un peu, avec de la puissance et du rythme.</p>
<p><strong>K : A la fin du premier tome, on se retrouve en plein délire onirique, sur une île à poulets. Le ton devient presque non-sensique. C’était l’idée dès le départ ? Partir d’une histoire de pirates pour arriver … pour arriver où justement ?</strong></p>
<p>LM : Pour n&#8217;arriver nul part justement car la piraterie selon moi se joue de l&#8217;espace et du temps pour n&#8217;œuvrer qu&#8217;en des eaux circulaires où il n&#8217;y a ni début ni fin. On cavale à travers les mers en se jouant de l&#8217;Histoire et de l&#8217;organisation du terrestre, on y poursuit une révolte ou un trésor, on y joue l&#8217;histoire d&#8217;une folie et d&#8217;une déraison jusqu&#8217;à ce que mort s&#8217;en suive. C&#8217;est le leitmotiv de mon récit à moi. Et les poulets y étaient prévus depuis le début.</p>
<p><strong>K : Ton album est superbement préfacé par Pierre DUBOIS, onirique comme toujours et véritablement dithyrambique à ton égard. Comment as tu rencontré Pierre et comment l&#8217;as tu convaincu de préfacer ton livre ? C&#8217;est en tout cas un magnifique cadeau qu&#8217;il t&#8217;a fait là.</strong></p>
<p>LM : Pierre Dubois est un pirate. Un vrai de vrai car non content de porter des grandes bottes et un couteau à la ceinture il est accompagné de magie. Adolescente j&#8217;ai dévoré ses contes et ses encyclopédies. J&#8217;y trouvais alors une écriture exemplaire parce qu&#8217;elle savait dire le merveilleux, avec sagacité, avec drôlerie, avec un vrai plaisir jouisseur, et cet immense savoir qui le caractérise. Il fait partie des gens qui ont le plus compté dans mes désirs de raconter et je suis très honorée par cette préface qui est une formidable préface.</p>
<p><strong>K : L&#8217;association Artémisia est tout aussi enthousiaste puisqu&#8217;elle t&#8217;a décerné son prix de l&#8217;année 2010. J&#8217;imagine que c&#8217;est mieux que le titre de &laquo;&nbsp;plus beaux yeux bleus de dessinatrice de BD&nbsp;&raquo;&#8230; Pour toi, ce prix littéraire c&#8217;est :</strong></p>
<p><strong>a) une consécration bien méritée, non mais                                                                        b) une motivation pour la suite</strong></p>
<p><strong>c) tu t&#8217;en fous, tu voulais un prix à Angoulême                                                                  d) Obi Wan Kenobi?</strong></p>
<p>LM : Ce prix a permis à mon livre d&#8217;avoir une plus grande visibilité et c&#8217;est très bien. Et j&#8217;aime bien le propos que tiennent les membres d&#8217;Artemisia sur les femmes dans l&#8217;univers de la création. ( et puis j&#8217;aime aussi l&#8217;œuvre d&#8217;Artemisia Gentileschi, ça tombe bien).</p>
<p><strong>K : Tu remercies &laquo;&nbsp;les copains de l&#8217;atelier&nbsp;&raquo;. C&#8217;est quel atelier déjà, rappelle nous ?</strong></p>
<p>LM: Koikoi com quiqui, Aux anchois des Antilles ou les Studios Johnson, les noms varient. C&#8217;est un atelier à Bordeaux et nous sommes 7 : Nicolas Dumontheuil, Jean-Denis Pendanx, David Prudhomme, Rémi Cattelain, Jérome Daviau, Christophe Dabitch et moi-même.</p>
<p><strong>K: D’ailleurs, est-ce que tu travailles encore en atelier ? Et qu&#8217;est-ce que cet environnement t&#8217;apporte que tu n’as pas en travaillant seule ?</strong></p>
<p>LM : Je n&#8217;y ai pas mis les pieds depuis quelques temps. J&#8217;aime alterner des périodes de travail totalement solitaire chez moi à des moments d&#8217;ateliers où on mélange un peu nos tendances d&#8217;ours asociaux. Et puis les temps d&#8217;atelier sont aussi des moments de discussion et d&#8217;échange sur les projets en cours et j&#8217;ai beaucoup d&#8217;estime pour le travail de mes camarades d&#8217;atelier.</p>
<p><strong>K : Plus généralement, à quoi ressemble une journée type de dessinatrice de BD ? Par exemple, tu prends quoi au petit déjeuner ?</strong></p>
<p>LM : Des pieds de porc sauce chien.</p>
<p><strong>K : Les couleurs sont de ta copine Isabelle MERLET. Comment s&#8217;est passé le travail exactement entre vous ? Et surtout, laquelle des deux faisait le thé ?</strong></p>
<p>LM : Nous ne buvions que du shrubb. Je suis très contente de cette collaboration, Isabelle a un extraordinaire culot et sait donner entièrement corps au récit par ses choix colorés. Elle sait dire les tensions, les moments de heurts, les temps suspendus&#8230; elle pense d&#8217;abord l&#8217;histoire avant de lui insuffler de la force. Ses couleurs font sens. Et elles sont superbes.</p>
<p><strong>K : Tu pourrais nous donner TA définition de la bande dessinée. Je veux dire, en tant qu&#8217;artiste, en tant qu’auteur ? Qu&#8217;est-ce que le 9<sup>e</sup> art t&#8217;apporte par rapport à l&#8217;illustration classique ? (&laquo;&nbsp;Le pognon&nbsp;&raquo; n’est pas une réponse valable).</strong></p>
<p>LM : Moi j&#8217;aime par dessus tout raconter. Et la BD me permet de dire davantage que par le biais d&#8217;autres médiums parce que c&#8217;est un art de l&#8217;écrit et de l&#8217;image confondu. C&#8217;est de fait un moyen d&#8217;expression extrêmement riche&#8230; et éminemment complexe aussi, car il faut trouver à maîtriser cette subtile imbrication de l&#8217;image et du récit.</p>
<p><strong>K : Es-tu toi-même lectrice de BD ? Quels sont tes derniers coups de cœur ? Tes albums cultes ? Voire tes auteurs de référence ?</strong></p>
<p>LM : Mon dernier coup de cœur est &laquo;&nbsp;<em>Las Rosas</em>&nbsp;&raquo; d&#8217;Anthony Pastor aux éditions de l&#8217;an 2. &laquo;&nbsp;Un western tortilla à l&#8217;eau de rose&nbsp;&raquo; écrit son auteur, un récit absolument génial. Courez l&#8217;acheter si ce n&#8217;est déjà fait.</p>
<p>Il y a aussi <em>Kaz</em>, que j&#8217;ai découvert il y a un ou deux mois en lisant &laquo;&nbsp;Terrain vague&nbsp;&raquo;, ça m&#8217;a fait beaucoup rigoler.</p>
<p>Et puis il y a eu le <em>Rébetiko </em>de Prudhomme.</p>
<p>Les auteurs que j&#8217;admire sont nombreux , en faire une liste exhaustive serait ennuyeux et les réduire à quelques-uns serait injuste&#8230; mes références se trouvent aussi dans la littérature.</p>
<p><strong>K : Après les pirates, tu vas t&#8217;attaquer à quoi ? Tu as des projets en vue, des idées d&#8217;histoire ? Des projets à plusieurs mains peut-être ?</strong></p>
<p>LM : Je pars cette fois pour la Rome Antique, avec un scénariste, Sol Hess, aux commandes. C&#8217;est une histoire qui prend pied dans les bas-fonds de la ville, une histoire qui glue et qui poisse, avec beaucoup d&#8217;ombre et un peu de lumière le tout bien emmêlé, avec des rapports humains terribles, avec de la débauche, avec des poètes, des putes et des consuls trop gros, avec beaucoup d&#8217;humour. C&#8217;est un très beau scénario.</p>
<p><strong>K : Bon je vais te laisser tranquille maintenant, en attendant de pouvoir lire la suite de <em>l&#8217;Ile au poulailler</em>, sur laquelle tu ne diras rien, bien évidemment … (Même pas un petit truc, rien qu&#8217;à moi ?) Merci beaucoup Laureline pour ta gentillesse et surtout ta patience. J’espère te revoir très bientôt, parce que les séances de dédicace ont avec toi quelque chose de magique.</strong></p>
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	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/aventure/" title="aventure" rel="tag">aventure</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/bande-dessinee/" title="Bande Dessinée" rel="tag">Bande Dessinée</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/entretien/" title="entretien" rel="tag">entretien</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/laureline-mattiussi/" title="Laureline MATTIUSSI" rel="tag">Laureline MATTIUSSI</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/pirates/" title="pirates" rel="tag">pirates</a><br />
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		<title>Patrick PINCHART n&#8217;est pas un auteur de BD&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 25 May 2010 20:53:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A Kroniks on publie ce qu&#8217;on veut quand on veut. Et on vous en donne la preuve.  D&#8217;habitude sur un site dédié aux BD on trouve des interviews d&#8217;auteurs de BD : scénaristes, dessinateurs, coloristes même. Et bien pas nous. Cette fois, nous avons décidé de vous proposer l&#8217;interview de quelqu&#8217;un qui n&#8217;a jamais sorti [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A Kroniks on publie ce qu&#8217;on veut quand on veut. Et on vous en donne la preuve.  D&#8217;habitude sur un site dédié aux BD on trouve des interviews d&#8217;auteurs de BD : scénaristes, dessinateurs, coloristes même. Et bien pas nous. Cette fois, nous avons décidé de vous proposer l&#8217;interview de quelqu&#8217;un qui n&#8217;a jamais sorti de BD . Bon, on ne tombe pas trop loin puisqu&#8217;il s&#8217;agit de celle de Patrick PINCHART, ancien rédac&#8217; chef de Spirou Magazine et nouveau fondateur du site communautaire <a href="http://www.sandawe.com">Sandawe </a>dont <a href="http://www.kroniks.net/2010/05/17/devenez-editeur-de-bande-dessinee/">on vous a parlé il y a peu</a>.</p>
<p>Alléché par un peu de publicité gratuite, Patrick a bien voulu se prêter au jeu des questions (pas toujours) sérieuses de Tonton Cruchot et nous donne des réponses (pas forcément) stupides. On ne vous avait rien promis et pourtant la voilà.</p>
<p>Et donc j&#8217;annonce : Dans le cadre des belles interviews de Tonton Cruchot, voici un entretien tout en finesse avec Patrick PINCHART.</p>
<p><strong>Patrick PINCHART bonjour. On va commencer par le début, c&#8217;est toujours plus sympa. Peux tu expliquer aux nombreux lecteurs de kroniks (si si, nombreux, on a les noms) ce qu&#8217;est Sandawe, ce que ça veut dire et surtout comment ça se prononce ?</strong></p>
<p>Sandawe se prononce comme « Zimbabwe ». C&#8217;est le nom d&#8217;une tribu africaine. On a flashé dessus car elle a plein de valeurs proches de celles de la communauté qu&#8217;on veut installer: elle n&#8217;a pas de leader, tout se décide en commun; elle n&#8217;a pas le sens de la propriété, tout appartient à tout le monde (je parle des objets, pas forcément des femmes, calme-toi!); et aussi, son langage est très spécial car ces aborigènes parlent&#8230; par clics. Exactement comme nous. Je veux dire quand on clique sur un lien, quoi. « Clic ». Non? Tu ne comprends pas ? Nous, ça nous a fait rire&#8230; Bref, Sandawe est une maison d&#8217;édition de bande dessinée basée sur une communauté de lecteurs et d&#8217;auteurs de BD, dont les projets des derniers peuvent être financés par les premiers. Est-ce que je suis clair ? Non ? Bon (soupir&#8230;), tu connais « MyMajorCompany » et Grégoire ? Oui (re-soupir&#8230;) ? Eh bien, c&#8217;est le même principe, mais adapté à l&#8217;édition de bande dessinée: les auteurs proposent des projets, les internautes les financent, nous les éditons et distribuons les albums, en version papier, dans les bacs des libraires et, en version électronique, sur Internet. Les internautes qui participent à l&#8217;aventure ont leur nom imprimé dans l&#8217;album, reçoivent  des tirages « collector » de dessins inédits et planches, et, surtout, se partagent les bénéfices. C&#8217;est clair, à présent? Bien (re-re-soupir&#8230;)!</p>
<p><strong>Après avoir un peu joué au journaliste, tu as été rédacteur en chef pour Spirou Magaziiiiine (deux fois) et en 2009 tu abandonnes cette place en or pour te lancer dans un projet d&#8217;édition communautaire. C&#8217;est le fait de &laquo;&nbsp;coacher&nbsp;&raquo; les jeunes pour Spirou Magaziiiiine qui t&#8217;a poussé à te lancer dans cette aventure ?</strong></p>
<p>- « Yep! », comme disait Sarkozy,&#8230; ah non, Lucky Luke,&#8230; ou Blueberry, je ne sais plus. C&#8217;était la partie la plus passionnante du boulot&#8230; Comment ? Non, je n&#8217;ai pas dit que le reste était chiant, il ne faut pas interpréter comme ça! A part ça, c&#8217;est vrai que c&#8217;était une place en or. Surtout quand on aime la BD, les auteurs de BD et&#8230; quoi ? Mais non, pas les filles des auteurs de BD, il faut vraiment te calmer&#8230; Vous êtes tellement en manque, à Kroniks ?</p>
<p><strong>Le site comptabilise plus de 1000 pigeo… heu membres six mois à peine après sa mise en ligne. A ton avis, qu&#8217;est ce qui fait son succès ?</strong></p>
<p>- 1000? Six mois? La personne qui t&#8217;a documenté devait avoir un peu bu ce jour-là. On frise les 1500 membres si tu comptes les auteurs (ils sont déjà 250). Et on existe à peine depuis janvier. Donc, on est encore au biberon. Je pense que si les gens se sont inscrits, c&#8217;est parce que les projets qu&#8217;on leur propose sont de qualité et qu&#8217;ils ont bon espoir qu&#8217;ils soient édités. Sandawe  ne propose que des projets professionnels, ce n&#8217;est pas un blog d&#8217;amateurs (même si j&#8217;estime les amateurs, certains sont les auteurs « pros » de demain, mais il y a encore du travail! On est là pour les aider à y parvenir, il y aura même une rubrique dans le forum où on conseillera des références pour qu&#8217;ils puissent se documenter et s&#8217;exercer.)</p>
<p><strong>Sandawe propose au moment de cette interview 11 projets très variés. Peux-tu nous expliquer comment ils ont été choisis ? Surtout, avez-vous fixé des limites à leur nombre : trop peu et le choix va manquer, trop et les fonds vont se disperser, non ?</strong></p>
<p>- Exactement! La sélection se fait comme chez un éditeur traditionnel (ce qui nous différencie, c&#8217;est la méthode de financement, pas le reste) : des auteurs nous envoient des projets, je les lis, j&#8217;en discute avec eux et ceux qui atteignent un niveau qualitatif suffisant sont proposés aux internautes. La sélection est donc draconienne et le restera, donc le nombre augmentera, mais à un rythme raisonnable, avec un maximum de deux nouveaux projets par mois en vitesse de croisière.</p>
<p><strong>Parlons un peu sousous. Les pigeo… les &laquo;&nbsp;édinautes&nbsp;&raquo; vous confient de l&#8217;argent pour développer et éditer des albums de bande dessinée. Que peux-tu leur dire pour les rassurer et les inciter à investir ?</strong></p>
<p>- Que leur argent est déposé sur un compte spécial, accepté par la CBFA qui est le redouté organisme de contrôle des banques en Belgique et que je ne pourrai donc pas passer mes prochaines vacances aux Bahamas à leurs frais. De plus, ils peuvent à tout moment déplacer leur argent d&#8217;un projet à un autre, et même se faire rembourser, s&#8217;ils en font la demande à notre tueur professionnel&#8230; Tu dis?&#8230; Ça ne va pas les rassurer, ce que je viens de dire? Mais je blaguais&#8230; Tu ne trouves pas ça drôle? Bon, retourne regarder le film que tu visionnais sur Youporn quand je suis arrivé, ça semble t&#8217;avoir distrait un petit peu!</p>
<p><strong>Assez parlé des pige… des membres. Si on parlait des auteurs. N&#8217;importe qui peut soumettre un projet ? Y a-t-il un état d&#8217;avancement minimal ? Vous en prenez encore ?</strong></p>
<p>- N&#8217;importe qui peut soumettre un projet et c&#8217;est ce qui se passe en pratique, mais n&#8217;importe qui ne sera pas éditable, car nous ne prenons que ceux qui ont un potentiel, donc toutes les qualités pour que leurs albums ne se retrouvent pas au pilon quinze jours après avoir été imprimés. Par la suite, comme c&#8217;est le public qui choisit d&#8217;éditer, on a au moins la garantie que cela plaira à un certain nombre de lecteurs, que les édinautes (c&#8217;est ainsi qu&#8217;on appelle ceux qui investissent dans les projets) vont faire de la pub puisqu&#8217;ils se partagent les bénéfices, et donc que ces livres seront vus. Ce qui n&#8217;est pas évident pour les autres vu la surproduction actuelle.</p>
<p><strong>Les auteurs qui se lancent avec vous touchent-ils une avance ou ils doivent attendre que le livre soit dans les bacs pour être payés ? Et du coup pour ton équipe c&#8217;est pareil ?</strong></p>
<p>- Les auteurs touchent une avance sur leurs droits, qui leur est acquise que le livre réussisse ou non. Et, bien sûr, par la suite, ils touchent des droits sur les livres vendus, une fois cette avance atteinte. Nous, on n&#8217;est payés que sur le budget de financement et sur les ventes. Pour le moment, on mange du riz aux pâtes « premier prix »  et on boit de l&#8217;eau du robinet, car on ne touchera donc rien avant qu&#8217;un projet soit financé. Et encore, comme on est un peu tar&#8230; euh, très passionnés, on offre notre part du budget à tous les projets qui seront financés avant la rentrée. Donc, dépêchez-vous d&#8217;investir, car une fois cette date dépassée, les budgets grimperont. Et on pourra passer au champagne. Non, c&#8217;est une boutade, je ne bois que de la bonne bière belge.</p>
<p><strong>Est-ce qu&#8217;ils doivent signer une sorte de clause d&#8217;exclusivité avec vous ?</strong></p>
<p>- Ben oui, c&#8217;est normal. Ils ne vont pas demander aux internautes d&#8217;éditer leur projet et en même temps aller signer à la concurrence, ce ne serait pas honnête pour les édinautes qui leur font confiance. Le contrat d&#8217;édition est déjà signé quand le projet est mis en ligne.</p>
<p><strong>Tu as beaucoup travaillé dans la BD. Dans le désordre tu as été journaliste, fondateurs de divers festivals ou d&#8217;expositions, fondateur du site Actuabd, directeur d&#8217;édition pour Spirou Magaziiiine et même &laquo;&nbsp;éditeur du patrimoine des Editions Dupuis&nbsp;&raquo;. Classe. Donc on peut dire que tu connais un peu le média. Alors quel type de lecteur es-tu? Quels sont tes classiques absolus? Tes derniers coups de cœur ? Tes derniers coups de gueule ?</strong></p>
<p>- Comme j&#8217;ai eu la chance de grandir puis de travailler avec des personnes telles que Franquin, Morris, Will, Peyo, Sirius, Leloup, Cauvin&#8230; pour ne citer qu&#8217;eux (je me fais plein d&#8217;ennemis, là !), j&#8217;ai une bonne base classique. J&#8217;avais le journal « Spirou » et le journal « Tintin » dans mon berceau (merci, papa, merci, maman, merci bonne-maman – en Belgique, toute la famille lisait ces journaux) dès la naissance. Mais comme j&#8217;ai eu la chance de créer la première émission de radio consacrée à la bande dessinée, en 1980, j&#8217;ai découvert toute la jeune génération de l&#8217;époque, réunie autour du mensuel <em>(A suivre)</em>, et toutes les stars des journaux encore vivants tels que Pilote mensuel, Métal Hurlant, Fluide, L&#8217;Echo des Savanes (avant la période porno. Après aussi, mais ça, ça ne se dit pas), etc. A Spirou, évidemment, j&#8217;ai vu émerger de grands talents comme Tome et Janry, Midam, Zep, et plus tard Lapuss, Libon et plein d&#8217;autres. Et Didier Pasamonik me conseille en mangas, car j&#8217;ai du mal à m&#8217;y retrouver dans cette énorme production.</p>
<p>Côté « coup de gueule », c&#8217;est la surproduction actuelle qui me fait râler car certains éditeurs publient n&#8217;importe quoi simplement pour occuper de l&#8217;espace en librairie, dont beaucoup de livres qui n&#8217;auraient jamais dû être édités et dont tout le monde sait, sauf l&#8217;auteur puisqu&#8217;il n&#8217;a pas le recul nécessaire sur son travail, que cela va finir au pilon  une semaine plus tard. Et celui qui en paie le prix fort, c&#8217;est l&#8217;auteur, justement, surtout les jeunes qui commencent donc leur carrière sur un échec.</p>
<p>Autre « coup de gueule », la destruction progressive de l&#8217;image de Tintin par Nick Rodwell et ses dérapages comme ses attaques sur la vie privée de certains journalistes: je suis stupéfait que Spielberg mette ses billes dans un projet avec quelqu&#8217;un d&#8217;aussi instable psychologiquement.</p>
<p>Côté « coup de cœur », un petit livre de Zidrou et ses potes dessinateurs qui s&#8217;appelle <em>La vieille dame qui n&#8217;avait jamais joué au tennis</em>. C&#8217;est un livre qui rend heureux et qu&#8217;il faut avoir lu, offrir à tous ses potes, à toute sa famille, au poisson rouge, à tout le monde, quoi! Côté classique absolu, <em>Le nid des Marsupilamis</em> ex-æquo avec <em>Les idées noires</em> de Franquin. J&#8217;emmène sans discussion ces trois albums sur une île déserte.</p>
<p><strong>Après avoir passé tant de temps dans le milieu tu arrives encore à être surpris ?</strong></p>
<p>- Oui, le contraire serait bien triste. Je ne vais pas en rester à la nostalgie des bouquins de mon enfance, quand même ! L&#8217;âge d&#8217;or de la BD, c&#8217;est maintenant, pas dans le fond d&#8217;une bibliothèque poussiéreuse. Mais je relis toujours avec un énorme plaisir un Peyo, un Franquin, un Greg, un Christian Godard, un Goscinny, et même un Hergé malgré les énormes et répétés efforts de Nick Rodwell pour m&#8217;en dégoûter.</p>
<p><strong>Patrick, merci beaucoup pour avoir pris un peu de temps pour nous. On souhaite longue vie à ton site et plein de petites BD. Et surtout nous te souhaitons un bon rétablissement après la grosse frayeur que tu as fait à tout le monde. On se revoit pour la toute première publication ? Je te laisse le mot de la fin. Celui que tu veux.</strong></p>
<p>Oui, pour tous ceux qui ne seraient pas au courant de la « grosse frayeur » : j&#8217;ai battu le record de chute en salle d&#8217;escalade en Belgique, 18 mètres de haut sans filet, dix jours à peine après avoir lancé les éditions Sandawe et je suis un peu cassé pour de nombreux mois, ce qui a retardé le réel lancement du site de quatre mois, le temps que je sorte de l&#8217;hôpital. Il vient d&#8217;avoir lieu. Donc, si j&#8217;ai dit des conneries, c&#8217;est normal, j&#8217;ai une excuse, c&#8217;est la morphine. Donc, voici mon mot de la fin: « si vous pratiquez l&#8217;escalade, ne faites pas comme moi, vérifiez votre nœud d&#8217;assurage. »&#8230; Que dis-tu ?&#8230; Ça n&#8217;a rien à voir avec la BD ?&#8230; Ah, je devais dire quelque chose en rapport avec la BD ? Bon, euh, eh bien, euh, ben tu me prends au dépourvu, là&#8230; « Vive la BD », ça va ?&#8230; Comment ?&#8230;Tu attendais mieux que ça venant de moi ? Attends&#8230; Je réfléchis&#8230; Ah, j&#8217;ai trouvé, ça va être la citation du millénaire ! Accroche-toi ! Voici :</p>
<p>« … » (clic)</p>
<p><em>(L&#8217;enregistreur MP3 est malheureusement tombé en panne à ce moment de l&#8217;interview et notre chroniqueur ayant un peu trop arrosé l&#8217;interview après la rencontre, ne se souvient plus vraiment des paroles de Patrick Pinchart, qui devaient certainement être très intéressantes. Cela dit, on retourne visionner le film de Youporn qu&#8217;il nous a conseillé.)</em></p>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/bande-dessinee/" title="Bande Dessinée" rel="tag">Bande Dessinée</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/bd/" title="bd" rel="tag">bd</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/communaute/" title="communauté" rel="tag">communauté</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/entretien/" title="entretien" rel="tag">entretien</a><br />
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		<title>Devenez éditeur de bande dessinée</title>
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		<pubDate>Mon, 17 May 2010 21:24:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voilà un petit moment déjà que j&#8217;essaye de trouver le temps de vous parler de Sandawe. Qu&#8217;est-ce que Sandawe me direz vous? Il s&#8217;agit simplement d&#8217;un joli projet d&#8217;édition communautaire de bande dessinée. Reprenant le modèle du &#171;&#160;crowfunding&#160;&#187;, littéralement &#171;&#160;financement communautaire&#160;&#187;, qui a fait ses preuves dans la musique (My Major Company, Grégoire… ça vous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Logo-sandawe_l-editeur-c-est-vous.jpg"  class="wmp" id="wmp6"><img class="alignleft size-full wp-image-2244" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Logo-sandawe_l-editeur-c-est-vous.jpg" alt="© SANDAWE, 2010" width="232" height="251" /></a>Voilà un petit moment déjà que j&#8217;essaye de trouver le temps de vous parler de <a href="http://www.sandawe.com/fr/Index.awp" target="_blank">Sandawe</a>. Qu&#8217;est-ce que Sandawe me direz vous? Il s&#8217;agit simplement d&#8217;un joli projet d&#8217;édition communautaire de bande dessinée.</p>
<p>Reprenant le modèle du &laquo;&nbsp;crowfunding&nbsp;&raquo;, littéralement &laquo;&nbsp;financement communautaire&nbsp;&raquo;, qui a fait ses preuves dans la musique (My Major Company, Grégoire… ça vous dit quelque chose?) ou le cinéma (récemment pour Largo WINCH si ma mémoire est bonne), Patrick PINCHART  (ancien rédacteur de chef de Spirou. Deux fois même) s&#8217;est associé avec Lionel FRANKFORT pour créer un éditeur communautaire de livres.</p>
<p>Concrètement, Sandawe se tourne dans un premier temps vers des auteurs qui proposent des projets complets. Après approbation, ils sont ensuite proposés aux internautes (ou plutôt aux &laquo;&nbsp;édinautes&nbsp;&raquo;). Et ce sont dès lors ces &laquo;&nbsp;derniers qui vont participer au financement du projet. Comment? Très simple: en achetant des parts.</p>
<p>Après avoir fait le tour des jolis projets du site, vous aurez la possibilité d&#8217;acheter des parts au tarif unique de 10€ pièce et d&#8217;investir ces parts dans ou un plusieurs projets. Les parts vont alors s&#8217;accumuler jusqu&#8217;à atteindre la somme requise (environ 50 000€). Et quand c&#8217;est prêt, le bouquin est imprimé et mis en vente.</p>
<p>Et c&#8217;est là que tout ça devient très intéressant car la mise en vente vous donne droit déjà à recevoir la bd en question (un moindre mal) mais aussi à percevoir jusqu&#8217;à 60% des gains pendant 5 ans (après paiement des droits d&#8217;auteur).</p>
<p>Sandawe est le premier site d&#8217;édition physique d&#8217;album de bd. Il existe bien <a href="http://www.manolosanctis.com/" target="_blank">Manolosanctis</a>, mais ce dernier édite d&#8217;abord des bd numériques et les mieux notées par les internautes sont ensuite publiées en papier et disponibles dans la boutique du site. En édition physique, il existe aussi <a href="http://www.editeursauteursassocies.com/" target="_blank">Editeurs et Auteurs Associés</a> mais celui-ci ne s&#8217;occupe que de romans. On peut donc considérer que Sandawe innove en la matière.</p>
<p>Ce qui nous plait chez Kroniks c&#8217;est ce côté communautaire. A une époque où il paraît près 4800 albums par an, il devient très difficile de trier le bon grain de l&#8217;ivraie. Sandawe  vous permet donc de choisir les albums qui vous vous voudrez lire et de soutenir vos coups de cœur. Au moment où j&#8217;écris ces lignes, le site propose 11 projets, tous différents, tous variés. Il y en a vraiment pour tous les goûts et dans tous les styles: western, historique, drame, humour….</p>
<p>Alors, oui, vous êtes en droit de dire qu&#8217;on fait de la publicité honteuse pour un site commercial. Mais nous, à kroniks, nous pensons que Sandawe est une belle idée. Au-delà de l&#8217;aspect pécuniaire, ce qui nous plait c&#8217;est cette possibilité de soutenir un projet, un coup de cœur. Avouez que ce n&#8217;est pas tous les jours qu&#8217;un amateur de bd peut participer directement à l&#8217;élaboration et à la publication d&#8217;un album (et le recevoir imprimé, avec son nom dessus, assorti d&#8217;une belle dédicace).</p>
<p>Alors nous vous invitons à ne serait-ce qu&#8217;aller sur le site et voir de il retourne exactement. Ensuite, vous pourrez créer un compte et commencer à papoter avec les autres inscrit sur le tout nouveau forum du site (il y a même des chances pour que vous nous y croisiez). Et qui sait, peut être que porté par un coup de cœur, vous investirez quelques euros et suivrez avec attention l&#8217;évolution de votre protégé. C&#8217;est tout le mal qu&#8217;on vous souhaite. D&#8217;autant que le risque est minime puisque vous pouvez déplacer vos parts d&#8217;un projet à l&#8217;autre et même être remboursés sur simple demande.</p>
<p>Toutes les explications techniques, et bien plus encore, dans <a href="http://www.actuabd.com/Patrick-Pinchart-Lionel-Frankfort" target="_blank">la longue interview</a> que les fondateurs ont accordée à actuabd (en attendant celle de Tonton Cruchot pour très bientôt).</p>
<p><strong>Additif du 21 mai 2010</strong></p>
<p>Contacté au sujet de l&#8217;autorisation d&#8217;utiliser le logo Sandawe, Lionel CAMUS (directeur marketing et financier pour Sandawe) m&#8217;a apporté quelques précisions dans son courrier de réponse. Rien de bien méchant, mais comme elles me semblent pertinentes je les partage avec vous:</p>
<p>&laquo;&nbsp;Merci pour vos encouragements et le relais que vous donnez  à  notre aventure. C&#8217;est avec beaucoup de plaisir que j&#8217;ai  découvert votre blog et je lui souhaite une belle et longue vie.<br />
Quelques  petites précisions quant à votre article :</p>
<p>- Lionel  Frankfort, qui était effectivement à l&#8217;origine de la  création de Sandawe avec Patrick, a quitté l&#8217;aventure  récemment et c&#8217;est un autre Lionel qui a pris la relève (euh  moi en fait&#8230;).</p>
<p>- Nous avons  revu les budgets des projets grâce à des devis plus  précis et à des estimations des premiers tirages  plus réalistes avec pour conséquence que les budgets ont  diminué de façon structurelle en moyenne de 22% (par rapport aux 50.000  euros). En plus, pour enfoncer le clou, nous offrons commission de  15% à tous les projets qui seront financés avant  la rentrée. En bref, les budgets varient aujourd&#8217;hui de  19.000 euros à 40.000 euros.</p>
<p>- Enfin, nous ne prenons pas que les projets complets. Au  contraire, la plupart des projets qui nous arrivent sont des  ébauches, avec un scénario plus ou moins abouti et des  planches plus ou moins terminées. C&#8217;est le boulot de Patrick de  les accompagner pour affiner le projet. Les auteurs travaillent sur  leur projet en même temps que le financement et apportent donc du  nouveau contenu progressivement.</p>
<p>Vous avez par ailleurs bien compris la logique communautaire du site,  au-delà de l&#8217;aspect commercial car l&#8217;idée est aussi d&#8217;offrir  un nouvel espace au tandem auteur/lecteur. Nous faisons d&#8217;ailleurs la  pub pour nos auteurs sur la home (actualité) et dans nos newsletters  chaque fois qu&#8217;ils ont une actu particulière (salon, nouvel album,  dédicace&#8230;). Quand bien même cela se passe chez un  éditeur &laquo;&nbsp;concurrent&nbsp;&raquo;. Peu importe. Le tout nouveau  forum leur permet d&#8217;ailleurs de parler de ce qu&#8217;ils veulent sans qu&#8217;il n&#8217;y ait d&#8217;imposition d&#8217;une quelconque marque de fabrique Sandawe. Thierry Lamy l&#8217;a  déjà bien compris et fait l&#8217;article de son nouveau  &#8216;Père Goriot&#8217; paru chez Delcourt.</p>
<p>Quand notre  section &laquo;&nbsp;amis&nbsp;&raquo; sera opérationnelle (version 2.0), vous y  trouverez aussi votre place. En attendant, nous reprendrons votre article  dans la partie presse.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Voilà qui méritait d&#8217;être dit. Merci Lionel.</p>

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		<title>Oui nide iou !!</title>
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		<pubDate>Wed, 31 Mar 2010 10:41:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nos billets d'humeur]]></category>
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		<description><![CDATA[Oui, chers lecteurs, vous avez bien lu, votre blog BD préféré (ouah, je m’enflamme, moi) a besoin de vous ! Oh, je vous rassure tout de suite, reposez votre American Express (quoique…), Kroniks n’en veut pas à votre argent. Non, c’est à quelque chose de plus sympa mais difficile qu’on aimerait faire appel. Dans notre Quête [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Oui, chers lecteurs, vous avez bien lu, votre blog BD préféré (ouah, je m’enflamme, moi) a besoin de vous !</p>
<p>Oh, je vous rassure tout de suite, reposez votre American Express (quoique…), Kroniks n’en veut pas à votre argent. Non, c’est à quelque chose de plus sympa mais difficile qu’on aimerait faire appel.</p>
<p>Dans notre Quête Du Toujours Faire Mieux Pour Vous (c’est beau comme du Ronsard ou du Frédéric Dard), nous cherchons en effet à améliorer l’identité visuelle de Kroniks. Pas la structure même du site, on en est assez contents. On la trouve assez claire et pratique pour ce qu’on veut en faire et le sieur Benoît fait un excellent travail pour sa conception et sa maintenance (loué soit-il, parce qu’on n’a pas les moyens financiers de l’acheter, pour le moment. Ca coûte cher, un Benoît).</p>
<p>Non, notre désir est plus futile et donc indispensable que cela : nous cherchons en effet une mascotte ou un logo qui permettrait de renforcer cette identité visuelle. Et comme nous sommes tous les trois de piètres dessineux, nous avons pensé que peut-être, vous chers lecteurs aimeriez sauter sur cette occasion pour exprimer votre créativité débordante.</p>
<p>Alors voilà, si vous avez une mascotte ou un logo à nous proposer, n’hésitez pas et contactez-nous (rubrique contact). Je rappelle néanmoins que cette œuvre doit être entièrement originale (pas de plagiat, pas même de détournement/réinterprétation d’autre logo/mascotte). Pas de rémunération bien sûr, mais vous serez évidemment crédités de votre œuvre dans les mentions légales et pour toute utilisation de votre création sur le site (pas d’utilisation prévue en dehors du site).</p>
<p>Ces bonnes choses étant dites, ce n’est pas le seul domaine dans lequel Kroniks a besoin de vous.  Nous avons noté ces derniers mois une augmentation très modeste mais réelle du nombre de nos visiteurs uniques par semaine. Cela nous fait bien sûr très très plaisir (c’est avant tout pour vous qu’on écrit), mais voilà, c’est comme une drogue, on en veut toujours plus !</p>
<p>Donc, chers lecteurs, nous aimerions que vous nous fassiez part de vos idées quant aux moyens éventuels de faire connaitre encore un peu plus Kroniks.net. Vous avez sans doute remarqué que nous avons conçu un marque-page aux couleurs du site, mais si vous avez d’autres idées, la rubrique contact est là pour vous aussi !!</p>
<p>En tout cas, merci à tous de nous lire, continuez à nous laisser des commentaires ou à nous envoyer des messages et Bonne BD à tous !</p>

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		<title>Le point sur l&#8217;univers Marvel Ultimate</title>
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		<pubDate>Sun, 24 Jan 2010 15:29:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Panini, l&#8217;éditeur en France de Marvel et DC, vient de terminer la publication en kiosques de la première série de l&#8217;univers Ultimate. En décembre 2009 est sorti le dernier épisode et en janvier 2010 l&#8217;éditeur a proposé dans un hors série les épisodes Requiem. La publication de la nouvelle saison est d&#8217;ores et déjà programmée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Panini, l&#8217;éditeur en France de Marvel et DC, vient de terminer la publication en kiosques de la première série de l&#8217;univers Ultimate. En décembre 2009 est sorti le dernier épisode et en janvier 2010 l&#8217;éditeur a proposé dans un hors série les épisodes <em>Requiem</em>. La publication de la nouvelle saison est d&#8217;ores et déjà programmée pour avril 2010.</p>
<p>Le moment est donc idéal pour revenir sur une décennie de publication ultime et <em>in fine</em> orienter subtilement le lecteur perdu mais curieux vers le meilleur de la production.</p>
<p><em>N.D.R. : Cher lecteur, tu es prié de bien vouloir lire cet article en entier et avec attention, je ne me suis pas fadé une soirée de 4 heures à le rédiger pour des nèfles. Merci pour moi.<br />
</em></p>
<p><em>Et pour ton confort sache, estimé lecteur, que les renvois sont dynamiques : un clic sur le numéro t&#8217;emmènera directement sur la note correspondante et une fois sur la note, tu cliques sur la petite flèche pour revenir là où tu en étais dans le texte. C&#8217;est fort hein !</em></p>
<p><strong>On prend les même et on recommence.</strong></p>
<p>En 2000, alors que le monde du comic books est touché par une crise sans précédent impactant dangereusement les ventes, la maison Marvel lance sous l&#8217;impulsion de son éditeur en chef <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joe_Quesada" target="_blank">Joe QUESADA</a> et de Bill JEMAS une nouvelle ligne de super héros prenant place dans un monde alternatif au marvelverse classique<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_0_1989" id="identifier_0_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&amp;#8217;id&eacute;e n&amp;#8217;est pas neuve: les lecteurs les plus anciens se souviennent  s&ucirc;rement de la s&eacute;rie 2099 qui mettait en sc&egrave;ne les descendants  des h&eacute;ros en &hellip; 2099, les plus curieux ont certainement lu 1610,  les amateurs de chair fra&icirc;che connaissent Marvel Zombies et les  plus impatients attendent Marvel Apes.">1</a>]</sup><a href="#_ftn1"></a></p>
<p>L&#8217;idée de base était de relancer les ventes en touchant un nouveau public: d&#8217;une part celui qui avait décroché de la continuité, et d&#8217;autre part le grand public qui connait les supers à travers les médias de masse mais ne veut pas se fader 40 ans d&#8217;histoires.</p>
<p>Le thème consiste donc à reprendre les locomotives Marvel les plus connues et de les replacer dans un monde plus actuel, plus réaliste, bref plus en phase avec le siècle naissant. Les séries commencent à zéro, les héros sont à défricher et les auteurs ont toute latitude pour raconter les meilleures histoires possibles, n&#8217;étant encore une fois pas liés par la continuité classique<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_1_1989" id="identifier_1_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le monde Marvel classique est appel&eacute; Terre-616, celui d&amp;#8217;Ultimate est la  Terre-1610.">2</a>]</sup></p>
<p>La destinée de ce nouveau monde est confiée aux bons soins de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Brian_Michael_Bendis" target="_blank">Brian MICKAEL BENDIS</a>, qui a déjà prouvé sa valeur <a href="http://www.kroniks.net/2009/05/18/secret-war/" target="_blank">ici</a> ou <a href="http://www.kroniks.net/2009/05/10/powers/" target="_blank">là</a>.  BENDIS est nommé maître d&#8217;œuvre sur le projet et a carte blanche pour le développer. Il sera rapidement rejoint par le britannique <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mark_Millar" target="_blank">Mark MILLAR</a> (<em>Civil War</em>, <em>Wanted!</em>, <em>Superman Red Son</em>) qui apportera sa touche personnelle pour tirer encore la gamme vers le haut. En somme deux valeurs sûres aux épaules aussi larges que le talent.</p>
<div id="attachment_2003" class="wp-caption alignleft" style="width: 237px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ultimate-Spider-man-1.jpg"  class="wmp" id="wmp12"><img class="size-full wp-image-2003" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ultimate-Spider-man-1.jpg" alt="" width="227" height="346" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Marvel 2000</p></div>
<p>C&#8217;est Brian Mickael BENDIS qui ouvre le bal en 2000 avec <em>Ultimate Spiderman</em> où le tisseur revient vers ce qui a fait sa gloire à l&#8217;époque: un ado de 15 ans avec des problèmes de lycéen est mordu par une araignée génétiquement modifiée et acquiert des supers pouvoirs.</p>
<p>Rapidement, les ventes décollent et le monde Ultimate commence son expansion. Spidey est suivi par les <em>Ultimate X-Men</em>.  La gamme est étoffée en 2002 avec <em>Ultimates</em>, une version des Vengeurs revue et corrigée par l&#8217;impolitiquement correct Mark MILLAR et enfin 2004 avec <em>Ultimate Fantastic Four</em>. Initiés par BENDIS et MILLAR, elle est confiée sur un arc à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Warren_Ellis" target="_blank">Warren ELLIS</a> (<a href="http://www.kroniks.net/2008/11/18/transmetropolitan/" target="_blank"><em>Transmetropolitan</em></a>, <a href="http://www.kroniks.net/2008/05/31/fell/" target="_blank"><em>Fell</em></a>, et qui s&#8217;était déjà fait remarquer sur … Fatalis <em>2099</em>) avant d&#8217;être définitivement attribuée à un MILLAR hyperprolifique.</p>
<p>En France, les épisodes ont été compilés dans la collection Marvel DELUXE, épais et luxueux pavés agrémentant les épisodes de jolis bonus (interview, couvertures alternatives, recherches graphiques…). Une superbe édition que pas mal d&#8217;américains nous envient.</p>
<p>Le background de ces séries dites &laquo;&nbsp;continues&nbsp;&raquo; est enrichi par des mini séries centrées sur des personnages annexes version Ultimate: Daredevil, Elektra ou encore une version de Batman et Robin (en fait Hawk Owl et Woody). Les histoires sont alors confiées à un aéropage d&#8217;auteurs de talent, comme Greg RUCKA (<em>Queen and Country</em>, <em>Whiteout</em>,…) Brian K VAUGHAN (<a href="http://www.kroniks.net/2008/06/10/y-le-dernier-homme/"><em>Y le dernier homme</em></a>) ou encore Stuart IMMONEM (<em>Rising Stars</em>, <em>Superman; Identité Secrète</em>…) qui tous s&#8217;en donnent à cœur joie pour faire évoluer ce monde vierge.</p>
<p>Toutes les mini-séries ont été publiées par Panini sous forme de fascicules hors série, aisément trouvables en occasion, de même que les séries <em>Ulltimate Origines</em>, centrées sur les origines des héros. Toutes sont intéressantes et apportent un réel plus à ce monde.</p>
<p>Enfin, et pour être complet sur les à cotés, il faut mentionner la série de seize épisodes, tous scénarisés par BENDIS, de <em>Ultimate Marvel Team Up</em>, dans lesquels Spiderman est associé à différents héros (L&#8217;homme-Chose, Daredevil, la Torche Humaine ou encore Hulk).</p>
<p>L&#8217;univers Ultimate connaitra par ailleurs plusieurs cross over.<a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ultimate-Power.jpg"  class="wmp" id="wmp13"><img class="alignright size-full wp-image-2040" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ultimate-Power.jpg" alt="Copyright Marvel" width="223" height="341" /></a></p>
<p>Tout d&#8217;abord <em>Ultimate War</em> (mini-série en 4 épisodes scénarisée par MILLAR et mise en images par Chris BACHALO), où les X-Men affrontent les Ultimates<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_2_1989" id="identifier_2_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Disponible notamment dans le recueil Ultimate X-Men 3">3</a>]</sup>.</p>
<p><em>Ultimate Six</em> (scénarisée par BENDIS), confronte Spiderman aux Ultimates (encore et toujours).</p>
<p>Et enfin la trilogie <em>Ultimate Nightare</em>, <em>Ultimate Secret</em> (révélant la naissance des mutants) et <em>Ultimate Extinction</em>, consacrée à l&#8217;attaque de la terre par Gah Lak Tus (et marquant les apparition de Mah Vhel, de la Vision ou du Silver Surfer, grande classe dans sa version ultimate).</p>
<p>Pour être complet, sur les crossovers il faut mentionner la rencontre entre l&#8217;équipe de Captain América avec l&#8217;Esquadron Suprême (<em><a href="http://www.kroniks.net/2008/10/13/supreme-power/" target="_blank">Supreme Power</a></em>). Les deux univers partagent en effet le même réalisme. L&#8217;arc n&#8217;est pas vraiment inoubliable mais il aura des répercussions sur la suite (et notamment <em>Ultimatum</em>). En effet, à l&#8217;issue de la rencontre explosive entre les deux équipes, il y aura échange de personnages, Zarda (équivalent de Wonder Woman et l&#8217;égale de Superman) voyagera vers le monde ultime en échange de quoi Nick FURY restera dans le monde suprême. D&#8217;ailleurs, ne manquez pas la rencontre de la Princesse du Pouvoir avec Hulk (dans un court épisode d&#8217;excellente facture) qui se termine dans le noir d&#8217;une chambre de motel. Excellent !</p>
<div id="attachment_2014" class="wp-caption alignleft" style="width: 233px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Ultimate-FF-1.jpg"  class="wmp" id="wmp14"><img class="size-full wp-image-2014 " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Ultimate-FF-1.jpg" alt="Copyright Marvel 2001" width="223" height="347" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Marvel 2004</p></div>
<p>Malgré le talent des auteurs impliqués et la qualité générale des séries (principalement <em>Ultimates</em>, mais on y reviendra plus loin), les ventes atteignent difficilement celles de l&#8217;univers classique. <em>Ultimate Spiderman</em> commence à 54 000 exemplaires et passé le côté collector des premiers numéros, la série stagnera à 45 000. Rejoint par des X-Men qui démarrent pourtant fort (les mutants sont depuis longtemps la locomotive de la maison d&#8217;édition), la gamme Ultimate va stagner et certains la voient déjà reléguée dans les cartons, à côté de <em>2099</em>. Pire, les mauvaises langues s&#8217;imaginent qu&#8217;Ultimate n&#8217;est qu&#8217;un caprice de QUESADA qui cherche en douce à imposer son bébé pour remplacer l&#8217;univers classique. Et puis en 2002, tout bascule avec la sortie des <em>Ultimates</em> de MILLAR qui occuperont le haut des ventes, à plus de 130 000 exemplaires et qui deviendront la locomotive de la gamme, au point que certaines séries occuperont jusqu&#8217;à 7 places dans le Top Ten des ventes de comics<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_3_1989" id="identifier_3_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Source Comic Box #62 Janvier-F&eacute;vrier 2010.">4</a>]</sup> .</p>
<p>La série <em>Ultimates</em> est en effet la plus innovante de la gamme. Mark MILLAR sera celui qui se détachera le <a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Ultimates-2.jpg"  class="wmp" id="wmp15"><img class="alignright size-full wp-image-2004" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Ultimates-2.jpg" alt="Copyright Marvel" width="227" height="343" /></a>plus de l&#8217;univers d&#8217;origine pour proposer des personnages réalistes et des thèmes adultes où les supers costumés sont présentés comme des mercenaires aux ordres du gouvernement, prêts à envahir un pays si on le leur demande.</p>
<p>MILLAR et HITCH, s&#8217;inscrivant totalement dans le concept de base ( un univers et des personnages réalistes), emportent tous les suffrages et donnent une nouvelle image des supers héros au grand public. Pour preuve, ce sont bel et bien les versions Ultimate qui seront retenues pour les nouveaux films produits par Marvel: le catapultage de Bruce BANNER dans L&#8217;Incroyable Hulk<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_4_1989" id="identifier_4_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Produit par Universal et Marvel et r&eacute;alis&eacute; par Louis LE TERRIER, sorti  en 2008">5</a>]</sup> reprend la mise en scène de HITCH à la fin de Ultimates 1, et Robert DOWNEY JR et Samuel L. JACKSON, aperçu en Nick FURY<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_5_1989" id="identifier_5_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Aper&ccedil;u dans l&amp;#8217;apr&egrave;s g&eacute;n&eacute;rique d&amp;#8217;Iron Man. Il ne faut jamais  partir du cin&eacute; ou arr&ecirc;ter un DVD pendant le g&eacute;n&eacute;rique !">6</a>]</sup> sont les sosies de leurs personnages de papier.</p>
<p>D&#8217;ailleurs, la rupture n&#8217;est pas que scénaristique puisque tranchant avec les dessins assez cartonny des premières séries de la gamme, le dessinateur façonne des personnages réalistes et parfaitement crédibles, facilitant encore la projection du lecteur dans ce monde rendu si proche du nôtre par le scénariste.</p>
<p>Malheureusement, le remplacement de MILLAR et HITCH à la fin de la saison 2 au profit de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeph_Loeb" target="_blank">Jeph LOEB</a> (scénario) et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joe_Madureira">Joe MADUREIRA</a> (dessins) marquera le début de la fin.</p>
<p><strong>Plus ça change, plus c&#8217;est la même chose.</strong></p>
<p>Après neuf ans de publication (et plus d&#8217;une centaine d&#8217;épisodes pour Spiderman), la gamme Ultimate commence à montrer ses limites. L&#8217;idée originelle s&#8217;éloigne et les auteurs, consciemment ou non, reviennent aux fondamentaux et à l&#8217;univers d&#8217;origine.</p>
<p>C&#8217;est que le double pari d&#8217;Ultimate tend vers la schizophrénie: il faut d&#8217;un côté donner vie à un monde différent, tout en captant le grand public qui connait les héros classiques à travers les films, les dessins animés ou les jeux vidéos. Peu à peu le grand écart se réduit et les versions Ultimate finissent par se rapprocher de leurs homologues originaux. Avec le recul, le lecteur un peu connaisseur se rend compte que les différences sont finalement assez mineures: les pouvoirs des personnages, leurs relations, leurs caractères, ne diffèrent guère voire pas du tout de leurs modèles originaux.</p>
<p>Encore une fois, seuls MILLAR et HITCH avaient réussi à apporter de la réelle nouveauté: Thor est un hippie altermondialiste, Œil de Faucon est marié avec des enfants; surtout, MILLAR n&#8217;hésite pas à jouer la carte de la provocation en présentant ses Vengeurs comme une équipe suprême américaine flirtant avec le fascisme.</p>
<p>Quand la main passe au couple LOEB / MADUREIRA, les Ultimates abandonnent leur statut de mercenaires pour redevenir un groupe très classique de héros. La série, bancale, est unanimement rejetée par le public parce qu&#8217;aseptisée, apolitique et finalement régressive.</p>
<p>Quant aux autres séries, Spiderman, FF et X-Men, elles ronronnent dans leur petit monde. L&#8217;effet de nouveauté est passé, les auteurs tournent en rond et n&#8217;osent plus vraiment prendre de risques.</p>
<p>Devant la chute des ventes et la baisse générale de qualité, la direction de Marvel prend une décision radicale: des têtes doivent tomber. Ce seront celles des supers.</p>
<p><strong>On efface tout et on re- recommence</strong></p>
<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Ultimatum.jpg"  class="wmp" id="wmp16"><img class="alignleft size-full wp-image-2006" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Ultimatum.jpg" alt="" width="223" height="324" /></a>Et voilà comment on arrive à <em>Ultimatum</em>. Le principe ? Simplissime. La Sorcière Rouge, fille de Magnéto, est assassinée par Fatalis (dans <em>Ultimates 3</em>, l&#8217;arc honni de LOEB et MADUREIRA). Furieux, Magnéto décide de punir les humains et déclenche des catastrophes sur toute la planète en inversant les pôles et modifiant l&#8217;axe de la planète: une gigantesque vague déferle sur New York, l&#8217;Asie est secouée par d&#8217;immenses éruptions volcaniques et l&#8217;Europe est plongée dans une ère glaciaire.</p>
<p>En cinq épisodes, Jeph LOEB et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Finch" target="_blank">David FINCH</a> font le ménage parmi les lycras et peu en réchapperont. La liste des victimes, toutes tuées violemment, est longue et surprenante: Angel déchiqueté par Dent de Sabre, Cyclope abattu par un sniper d&#8217;une balle dans la tête, Xavier la nuque brisée par sa Némésis… Même les locomotives y passent: Wolverine (vraiment ?), Thor, Fatalis, Magnéto…  Et l&#8217;image de la Guêpe, les entrailles à l&#8217;air et dévorée par le Blob, restera longtemps gravée dans la mémoire des lecteurs (elle a un goût de poulet parait-il).</p>
<p>L&#8217;idée est simple: faire le ménage et repartir de zéro avec quelques têtes d&#8217;affiches sauvées des eaux et de <a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Ultimate-Comics-Avengers.jpg"  class="wmp" id="wmp17"><img class="alignright size-full wp-image-2012" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Ultimate-Comics-Avengers.jpg" alt="Copyright Marvel 2010" width="223" height="335" /></a>nouvelles recrues. En ce sens <em>Ultimatum</em> respecte son pitch à la lettre et ne déçoit pas: la série n&#8217;est qu&#8217;une succession de morts violentes (et parfois gores) et de règlements de comptes, parfois  grossièrs (la mort de Thor est un monument de facilité). Même la fin est ridicule: pris de remord, Magnéto rétabli les pôles et l&#8217;axe de la Terre en trois cases De toute façon, <em>Ultimatum</em> n&#8217;a jamais eu la prétention de se poser comme une série recherchée et inspirée. Elle n&#8217;est qu&#8217;un coup d&#8217;éponge sur le passé et une transition vers l&#8217;avenir. Elle est au final au monde Marvel Ultimate ce que <em>Final Crisis</em> est à la Distinguée Concurrence : une purge.</p>
<p>En France, <em>Ultimatum</em> s&#8217;est donc achevé avec le numéro 43 du mensuel <em>Ultimates</em> et Panini a publié en janvier 2010 les épisodes <em>Requiem</em>, où les X-Men enterrent leurs morts, les F.F. se séparent et J.J. JAMESON publie la nécrologie de Spiderman (mais est-il vraiment mort?). Fidèle à lui-même, BENDIS (dans Spiderman) clôt une saison en posant les bases de la suivante.</p>
<p>En Avril, l&#8217;éditeur commencera la publication des nouvelles séries baptisées &laquo;&nbsp;<em>Ultimate Comics</em>&laquo;&nbsp;  aux États Unis avec notamment le retour très attendu de MILLAR sur les <em>Ultimates (</em>et Carlos PACHECO aux dessins, plus que ravi de travailler avec MILLAR mais qui du coup regrette de ne pas pouvoir se lancer dans production de la suite d&#8217;<a href="http://www.kroniks.net/2008/09/15/arrowsmith/" target="_blank">Arrowsmith</a><sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_6_1989" id="identifier_6_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="voir son interview dans le Comic Box #62 de janvier/f&eacute;vrier 2010 o&ugrave; il explique notamment comment il a pens&eacute; les designs et &eacute;chang&eacute; avec MILLAR qu&amp;#8217;il qualifie de fou !">7</a>]</sup>.<em> </em></p>
<p>Ces nouvelles séries sont actuellement en cours de parution aux États-Unis et les ventes ne sont pas mirobolantes, à peine au niveau des séries précédentes. Les chiffres ne sont pas décevants mais tout porte à penser que les lecteurs ne sont pas dupes quant aux artifices utilisés par la Maison des Idées (un nouveau nom de gamme, une nouvelle numérotation et de presque nouveaux auteurs n&#8217;apportent pas forcément de la nouveauté).</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Oui, c&#8217;est bien beau cet article. Mais nous, alors, quoi qu&#8217;on lit dans tout ça ?&nbsp;&raquo; piaffe le lecteur très (im)patient</strong></p>
<p>Parce qu&#8217;il pose un monde nouveau mais dont la base est connue et parce qu&#8217;il n&#8217;est pas du tout besoin de se coltiner 40 ans d&#8217;histoires, l&#8217;univers Ultimate est id<a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Wolverine-vs-Hulk.jpg"  class="wmp" id="wmp18"><img class="size-full wp-image-2007 alignright" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Wolverine-vs-Hulk.jpg" alt="Copyright Marvel 2009" width="223" height="342" /></a>éal pour les lecteurs qui souhaitent lire des aventures de supers héros.</p>
<p>La gamme est vaste et globalement de bonne qualité. Je vous conseille donc les séries suivantes:</p>
<p>Les <em>Ultimates</em> de Mark MILLAR et Brian HITCH (publiés en France chez Marvel Delux) sont à lire en priorité, soit Ultimates 1, 2-1 et 2-2. La série est superbe, adulte, politique, cynique…, bref tout simplement jouissive. Hulk est une véritable machine à tuer et son &laquo;&nbsp;Hulk va t&#8217;arracher la tête et pisser dans ton crâne&nbsp;&raquo; restera longtemps dans les mémoires. A lire impérativement.</p>
<p>Le cross over Gah Lak Tus est excellent parce que scénarisé par Warren ELLIS. L&#8217;auteur, fidèle à lui-même, crée une situation apocalyptique désespérée pour la renverser au dernier moment avec un <em>deus</em> <em>ex-machina</em> impossible à prévoir. Malheureusement, la trilogie est éparpillée un peu partout dans les éditions françaises et ne fait pas l&#8217;objet d&#8217;une compilation propre. Il vous faudra soit trouver les fascicules correspondant chez  votre libraire préféré  soit vous tourner vers la compilation américaine (<em>Ultimate Galactus Trilogy</em>).</p>
<p>Ensuite, vous pouvez sans soucis aborder les mini-séries suivantes, sorties en kiosques et disponibles d&#8217;occasion: <em>Soldat de plomb</em> (ou la relecture Ultimate de Batman)<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_7_1989" id="identifier_7_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Hors S&eacute;rie n&deg; 3, Avril 2004">8</a>]</sup>, <em>Iron Man I et II</em><strong> </strong><a href="#_ftn8"><strong> </strong></a><sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_8_1989" id="identifier_8_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Hors S&eacute;rie n&deg; 5 et 6, respectivement Juillet 2006 et Octobre 2008">9</a>]</sup> et surtout <em>Wolverine VS Hulk</em><sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_9_1989" id="identifier_9_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Hors S&eacute;rie n&deg; 9, Octobre 2009">10</a>]</sup>, où le mutant griffu est littéralement coupé en deux par le géant vert et doit ramper jusqu&#8217;à ses jambes avant que le colosse ne les dévore. Les dessins taillés à la serpe et énergiques de Lenil YIU (<em>Secret Invasion</em>) sont superbes. Qui plus est l&#8217;histoire est signée Damon LINDELOF, scénariste d&#8217;<em>Avatar</em> (le dessin animé) ou de <em>Lost</em>.</p>
<p>Encore une fois, ces hors série s&#8217;inscrivent hors de la continuité et ne nécessitent aucune connaissance particulière pour être appréciés.  Tous sont auto-conclusifs (Panini appelle ça des &laquo;&nbsp;sagas complètes&nbsp;&raquo;) et peuvent être lus individuellement (surtout <em>Soldats de Plomb</em>, dont les personnages ne seront pas repris dans les séries continues).</p>
<p>La série <em>Ultimate Spiderman</em>, dirigée par BENDIS et toujours compilée chez Marvel DELUXE, est assez légère et agréable à lire. Les aventures de ce tisseur adolescent et bondissant apportent un vent de fraîcheur bienvenu. D&#8217;autant que les dessins de Mark BAGLEY, très ronds, reflètent parfaitement la cible visée des jeunes lecteurs.</p>
<p>Quant aux <em>Ultimate X-Men</em>, bien que scénarisés par MILLAR, ils manquent un peu de relief pour en faire des incontournables. Conseillés, tout comme ses FF (hé ho, c&#8217;est du MILLAR après tout !) mais après avoir découvert les séries précédentes.</p>
<p>Enfin, il sera toujours temps de découvrir les nouveaux Ultimates et consorts lors de la sortie de la toute nouvelle saison en kiosques français dès Avril 2010.</p>
<p><em>Lien utile : <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ultimate_Marvel" target="_blank">L&#8217;univers Ultimate</a> sur Wikipédia<br />
</em>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp12"></div>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp14">Copyright Marvel 2001</div>
<hr><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1989" class="footnote">L&#8217;idée n&#8217;est pas neuve: les lecteurs les plus anciens se souviennent  sûrement de la série <em>2099</em> qui mettait en scène les descendants  des héros en … 2099, les plus curieux ont certainement lu <em>1610</em>,  les amateurs de chair fraîche connaissent <em>Marvel Zombies</em> et les  plus impatients attendent <em>Marvel Apes</em>.</li><li id="footnote_1_1989" class="footnote">Le monde Marvel classique est appelé Terre-616, celui d&#8217;Ultimate est la  Terre-1610.</li><li id="footnote_2_1989" class="footnote">Disponible notamment dans le recueil Ultimate X-Men 3</li><li id="footnote_3_1989" class="footnote">Source Comic Box #62 Janvier-Février 2010.</li><li id="footnote_4_1989" class="footnote">Produit par Universal et Marvel et réalisé par Louis LE TERRIER, sorti  en 2008</li><li id="footnote_5_1989" class="footnote">Aperçu dans l&#8217;après générique d&#8217;<em>Iron Man</em>. Il ne faut jamais  partir du ciné ou arrêter un DVD pendant le générique !</li><li id="footnote_6_1989" class="footnote">voir son interview dans le Comic Box #62 de janvier/février 2010 où il explique notamment comment il a pensé les designs et échangé avec MILLAR qu&#8217;il qualifie de fou !</li><li id="footnote_7_1989" class="footnote">Hors Série n° 3, Avril 2004</li><li id="footnote_8_1989" class="footnote">Hors Série n° 5 et 6, respectivement Juillet 2006 et Octobre 2008</li><li id="footnote_9_1989" class="footnote">Hors Série n° 9, Octobre 2009</li></ol>
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		<title>Entretien avec Jérôme HEYDON</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Sep 2009 18:21:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Nos billets d'humeur]]></category>
		<category><![CDATA[entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Sahara]]></category>

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		<description><![CDATA[Quand nous rédigeons des articles, nous contactons (enfin, quand on peut) les auteurs afin de leur signaler l&#8217;existence d&#8217;un billet relatif à leur œuvre. Et dans le même temps, nous leur proposons de répondre à quelques questions, histoire de nous éclairer, pauvres lecteurs que nous sommes, sur leur manière de travailler, de voir le monde [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quand nous rédigeons des articles, nous contactons (enfin, quand on peut) les auteurs afin de leur signaler l&#8217;existence d&#8217;un billet relatif à leur œuvre. Et dans le même temps, nous leur proposons de répondre à quelques questions, histoire de nous éclairer, pauvres lecteurs que nous sommes, sur leur manière de travailler, de voir le monde de la BD de l&#8217;intérieur (&laquo;&nbsp;Youhou, quelqu&#8217;un peut allumer ?&nbsp;&raquo;) et la vie en générale.</p>
<p>Cette fois, c&#8217;est Jérôme HEYDON qui passe sous le grill des questions (pas si) bêtes de tonton Cruchot. L&#8217;auteur du diptyque <a href="http://www.kroniks.net/2009/03/17/aarib/" target="_blank">Aarib</a> revient pour nous sur son vécu dans le sable et le pourquoi-du-comment-parce-que il a voulu coucher sur papier son voyage au pays des berbères. Yallah!</p>
<p><strong>Kroniks : Jérôme HEYDON bonjour. En naviguant un peu de ci de là, j’ai découvert assez peu de choses sur toi. Tu es né en 1975, tu as tenté de dessiner en autodidacte mais ça n’a pas marché alors tu as fait l’école Emile Cohl de Lyon pour finalement sortir ta première bd à 33 ans. Alors, première question : c’est à cet âge ci que tu publies ?</strong></p>
<p>Jérôme HEYDON : Oui !</p>
<p><strong>K : Où tu étais passé ?</strong></p>
<p>J.H. : Vous voulez sans doute dire, par où suis-je passé ? Car je n&#8217;ai jamais disparu.</p>
<p><strong>K : Aarib est ton premier album. D’habitude, les jeunes auteurs commencent par dessiner des trolls, des elfes ou des vaisseaux spatiaux. Mais toi tu as choisi de raconter l’histoire d’un romancier qui part découvrir le désert et les nomades. Mais qu’est-ce qui t’a pris ?! T’aimes pas les trolls ?</strong></p>
<p>J.H. : Je n&#8217;ai jamais rencontré de trolls, ni d&#8217;elfes. Des nomades oui. Et je crois que l&#8217;on ne parle bien que de ce que l&#8217;on connait. Quant aux vaisseaux spatiaux, ils sont susceptibles de m&#8217;intéresser s&#8217;ils parlent d&#8217;êtres humains&#8230;</p>
<p><strong>K : Oui, d’accord, mais tu sais dessiner un troll quand même, hein ?</strong></p>
<p>J.H. : Je n&#8217;ai jamais essayé.</p>
<p><strong>K : J’ai lu quelque part que tu avais passé pas mal de temps dans le désert, au contact d’une tribu de nomades. Tu peux nous raconter ton voyage et ce besoin de coucher ton expérience sur des planches à dessin? Pourquoi raconter le Maroc et pas la Bretagne, c’est une question de soleil ?</strong></p>
<p>J.H. : La Bretagne est un pays arrosé de soleil, comprenne qui peut.</p>
<p>Pour ce qui est de coucher mon expérience sur la planche à dessin, il s&#8217;agissait pour moi de digérer des émotions, et de trouver un canal pour les dire. De donner du sens à une nécessité intérieure.</p>
<p><strong>K. :François Le Guennec est breton, comme toi. Il est parti à l’aventure dans le désert, comme toi. Il en est revenu transformé, comme toi. Et il est tombé amoureux d’une nomade. Comme toi ?</strong></p>
<p>J.H. : Les nomades maures sont musulmans. Une musulmane -selon l&#8217;interprétation coranique communément admise- ne peut épouser un chrétien.</p>
<p><strong>K. : Mais alors François Le Guennec, c’est toi !</strong></p>
<p>J.H. : On me l&#8217;a déjà faite celle-là. Mon nom est écrit sur la couverture de mes livres.</p>
<p><strong>K. :  Comme ça, tu utilises la bd pour satisfaire ton égo ?!</strong></p>
<p>J.H. : J&#8217;utilise la BD pour dire. C&#8217;est un travail d&#8217;auteur.</p>
<p>La nécessité, à un moment donné, peut être de crier, d&#8217;extérioriser des choses enfouies en nous.</p>
<p>La nécessité, à un autre moment, peut être de témoigner de choses extérieures à nous, des choses qui sont à d&#8217;autres, mais qui trouvent un écho dans notre propre histoire.</p>
<p>Il ne s&#8217;agit pas de satisfaire son ego. Mais d&#8217;être avec les autres. D&#8217;être en dialogue.</p>
<p>Quant à la satisfaction, si elle existe, elle est une conséquence, pas un but.</p>
<p><strong>K. : En lisant la série, j’ai été frappé par la façon dont tu rends si bien la lumière du pays. Comment tu y es tu pris ? Est-ce que tu as dessiné de mémoire, sur photo ou sur place ? Plus généralement peux tu nous dire comment tu travailles ?</strong></p>
<p>J&#8217;ai dessiné principalement de mémoire, en m&#8217;appuyant sur de la documentation photographique pour les choses complexes (l&#8217;anatomie du dromadaire notamment).</p>
<p>Pour ce qui est des couleurs, elle sont venues naturellement sous mon pinceau numérique; la rétine encore imprégnée des couleurs sahariennes.</p>
<p><strong>K. : Quelles sont tes influences, graphiques ou scénaristiques ?</strong></p>
<p>Il serait trop long d&#8217;en faire une liste exhaustive. J&#8217;ai des goûts éclectiques.</p>
<p>Et puis je peux être influencé autant par des films, des romans, de la musique, que par des bd.</p>
<p><strong>K. : Tu travailles seul avec toi même, mais tu crois que tu pourrais envisager un projet à 4 mains ?</strong></p>
<p>Je travaille sur des projets avec d&#8217;autres auteurs&#8230;</p>
<p><strong>K. : D’une manière générale quelles sont tes envies d’auteur, d’artiste ?</strong></p>
<p>Faire des choses qui ont du sens.</p>
<p><strong>K. : Le tome deux d’Aarib est sorti depuis un moment et toujours pas de nouvel album dans les bacs. Le nouveau HEYDON c’est pour quand alors?</strong></p>
<p>Je travaille beaucoup dans le monde de l&#8217;illustration. Il n&#8217;y pas que les albums pour raconter des histoires. Vous pouvez voir mes réalisations dans différentes publications.</p>
<p><strong>K. : Il parait que les auteurs ne sont pas de gros lecteurs de bd. Allez, fais mentir cette idée et dis nous ce que tu lis. Quels sont tes auteurs favoris ? As-tu un modèle, voire un parrain dans le milieu ?</strong></p>
<p>Un parrain dans le milieu ? Non ! Je n&#8217;aimerais pas finir dans le lac Michigan avec des chaussures en béton aux pieds.</p>
<p>J&#8217;aime lire de la bd. Là encore, je ne ferai pas de liste. Disons que je pense vite à Cosey lorsqu&#8217;on me demande quel auteur j&#8217;apprécie. Mais il en est des dizaines d&#8217;autres.</p>
<p><strong>K. : Quelques unes de tes dédicaces traînent sur le net et elles sont juste magnifiques. Tu bichonnes tes lecteurs dis donc.</strong></p>
<p>Tant mieux si certaines de mes dédicaces sont plaisantes à l&#8217;œil.</p>
<p>Toutefois, les séances en salon ou en librairie doivent surtout être des moments privilégiés d&#8217;échange avec mes lecteurs ; j&#8217;ai parfois fait de belles rencontres. S&#8217;il s&#8217;agit juste de faire un beau dessin, cela ne m&#8217;intéresse pas.</p>
<p><strong>K. : Et sinon, tu sais faire le thé à la menthe ? Et les cornes de gazelles ? C’est bon, ça, les cornes de gazelles. Mme CRUCHOT demande si tu sais marcher avec des babouches (parce que moi, j’y arrive pas…) ?</strong></p>
<p>Dans le grand sud, pas de menthe ! Pas de cornes de gazelles non plus (sauf les vraies, mais ce n&#8217;est pas comestible). On mange rarement de dessert au désert, à part une sorte de melon.</p>
<p>Les babouches : pas de problème dans les villages, mais sur le reg ou dans les dunes, on leur préférera une bonne paire de sandales et/ou de la corne naturelle (au pied, pas de gazelle !).</p>
<p><strong>K. : Je crois qu’on arrive à la fin. Est-ce qu’il y a une question que j’ai ratée et à laquelle tu tiens absolument à répondre ?</strong></p>
<p>Si je tiens absolument à répondre à une question que vous ne m&#8217;avez pas posé, c&#8217;est que c&#8217;est moi qui me la pose.</p>
<p>Elle n&#8217;a donc pas sa place dans cette interview.</p>
<p><strong>K. : Et est-ce qu’il y a une question à laquelle tu tiens pas du tout à répondre ?</strong></p>
<p>J&#8217;ai répondu à toutes les questions que vous m&#8217;avez posées, donc&#8230;</p>
<p>Merci à vous.</p>
<p><strong>K. : Non, merci à toi pour ta patience et ton talent et j&#8217;espère te voir bientôt en vrai de vrai pour parler du Maroc et de tes projets. Bon vent à toi.</strong></p>

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		<title>Entretien avec Margaux MOTIN</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Sep 2009 21:00:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Nos billets d'humeur]]></category>
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		<category><![CDATA[filles]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<category><![CDATA[Margaux Motin]]></category>

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		<description><![CDATA[Cette histoire a commencé avec un simple mail qui disait en gros &#171;&#160;Bonjour Margaux MOTIN, j&#8217;aime bien ce que vous faites, la preuve au bout du lien (et là, j&#8217;avais mis l&#8217;adresse de la kronik de J&#8217;aurais adoré être ethnologue), vous seriez d&#8217;accord pour répondre à des questions?&#160;&#187;. Et vous savez pas quoi? Elle a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cette histoire a commencé avec un simple mail qui disait en gros &laquo;&nbsp;Bonjour Margaux MOTIN, j&#8217;aime bien ce que vous faites, la preuve au bout du lien (et là, j&#8217;avais mis l&#8217;adresse de la kronik de <a href="http://www.kroniks.net/2009/06/16/jaurais-adore-etre-ethnologue/" target="_blank">J&#8217;aurais adoré être ethnologue</a>), vous seriez d&#8217;accord pour répondre à des questions?&nbsp;&raquo;. Et vous savez pas quoi? Elle a accepté! Alors quand un intervieweur pose des questions un peu stupides à un auteur déchaîné ça donne un entretien complètement déjanté dans lequel, oh surprise, on apprend quand même des trucs sur l&#8217;édition, le pouvoir de la Chantilly et les théières.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">Kroniks : Margaux MOTIN bonjour. On ne va pas revenir sur ta bio vu que tu l&#8217;as toi-même mise en ligne sur ton blog. Les lecteurs n&#8217;ont qu&#8217;à se forcer un peu pour une fois (surtout que c&#8217;est bien raconté en plus). Pour commencer, dis nous plutôt comment tu en es venue à tenir un blog pour filles, en plus de tous tes boulots éditoriaux.</span></strong></p>
<p>Margaux MOTIN : C’est une terrible méprise, je voulais ouvrir un blog de rencontres en ligne et puis je sais pas, j’ai merdé, c’est complètement parti en sucette et je me suis retrouvée avec un blog bd.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">K :Vous commencez à être nombreuses sur le marché. Tu connais tes concurrentes? Vous échangez entre vous? Ou chacune reste dans son coin?</span></strong></p>
<p>M.M. : Je sais pas, c’est quoi nombreuses ? Moi j’en connais plus ou moins 5. C’est ce que tu entendais par « nombreuses » ? Mais c’est des collègues, pas des concurrentes, c’est des filles avec qui je bois parfois de l’alcool et avec qui on s’envoie des bizoux dans des mails. C’est quasi des copines tiens. Mais sinon nan je connais pas trop les filles de la blogosphère, à part de réputation, moi je suis sauvage, je parle pas à des gens dont je peux pas toucher les cheveux.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">K : Ton style se rapproche pas mal de celui de Pénélope BAGIEU. Tu la connais (je crois savoir que vous avez le même agent)? Laquelle a copié sur l&#8217;autre en fait?</span></strong></p>
<p>M.M. : Bé en fait, maintenant que tu m’en parles, je dois bien reconnaître que j’ai copié sans vergogne deux ou trois trucs. Le vernis rouge sur les ongles des mains. je le faisais jamais, ça se bousille trop vite avec la vaisselle, le shampoing et tout mais en fait c’est elle qui a raison, c’est carrément hyper féminin, genre sur toutes mes photos de vacances de cet été j’ai les ongles vernis et ben crois moi, ça claque à mort. Les robes aussi je lui ai piqué. J’en mettais plus, j’en remets. Et le Bourgogne pour éviter les lendemains de cuite ça aussi c’est elle. Mais je crois que j’ai eu mon sac Billy de Jérôme Dreyfuss avant elle. Ça équilibre.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">K : Tu as commencé par dessiner des couvertures pour des romans chez Marabout. C&#8217;est toi qui les as démarchés ou ce sont eux qui t&#8217;ont suppliée de travailler pour eux? Qui le premier a eu l&#8217;idée de sortir le livre?</span></strong></p>
<p>M.M. : Bon soyons un peu chronologiques si tu veux bien. D’abord les filles de chez Marabout m’ont contacté pour le bouquin adapté du blog. Et elle ne m’ont pas supplié je te prie, vu qu’elles ont d’abord léché les bottes de Pacco<em>*</em> et que c’est lui qui m’a transmis leur désir de nous rencontrer donc tu vois, trop pas star système quand même. Ensuite, une fois que nous avons eu fini le livre, elles m’ont demandé de bosser pour elle en tant qu’illustratrice et plus en tant qu’auteur, pour faire les couvertures d’une collection de romans. Oui j’ai deux métiers je sais c’est un truc de fou mais je suis comme ça, une meuf de l’extrême, j’ai peur de rien.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">K : La publication de ton blog en livre, c&#8217;est une consécration ou une l&#8217;évolution normale de ton travail?</span></strong></p>
<p>M.M. : Si je fais encore ce métier quand je serai toute vieille et toute ridée, là ça sera la consécration, et une incroyable et sublimissime évolution de moi même plus que de mon travail.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">K : J&#8217;imagine que ta fille doit se la péter à la crèche depuis qu&#8217;elle est l&#8217;héroïne d&#8217;un livre, non?</span></strong></p>
<p>M.M. : Ma fille steuplé elle est en maternelle. Et elle croit que sa mère, comme métier, elle fait « rester à la maison ». On a vu mieux pour se la raconter à la récré.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">K : Maintenant que tu es lancée pour de bon dans le monde impitoyable de la bd, tu vas continuer? Tu as déjà des projets? Sérieux, tu écris aussi bien que tu dessines (ou pas loin. La preuve <a href="http://www.jamesbort.com/2008/10/%E2%80%9Cetudes-de-styles%E2%80%9D-par-margaux-motin/" target="_blank">ici même</a>), tu n&#8217;as pas envie de te lancer dans tes propres projets, des trucs rien qu&#8217;à toi?</span></strong></p>
<p>M.M. : « J’aurais adoré être ethnologue », dans le concept, c’est déjà rien qu’à moi je te signale. Tellement que je vais en faire un deuxième. Mais je sens que tu parles d’un truc rien qu’à moi avec une vraie histoire, des rebondissements, des personnages avec une profondeur, peut être un drame, et un animal féroce ou une fée.  C’est ça ? J’y viendrai sûrement. Quand j’aurai la bonne idée, l’envie, le temps. Je ne sais pas quand, mais j’y viendrai sûrement. Ou bien j’ouvrirai une baraque a frites sur une plage et je ferai de la peinture sur coquillages. Je déteste pas non plus cette alternative.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">K : Tu es lectrice de bd d&#8217;ailleurs? Qu&#8217;est-ce que tu as lu qui t&#8217;a marquée dernièrement? Quels sont tes auteurs favoris?</span></strong></p>
<p>M.M. : Non je n’ai pas une grande culture BD. J’y viens doucement. Au coup de cœur. J’ai adoré toute la série <em>Aya de Yopougon </em>de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie.  <em>Esthétique et filatures</em> de Mandel et Tanxxx, je me suis régalée. J’ai frissonné avec <em>Jolies ténèbres</em> de Kerascoët et Vehlmann. <em>Vacances</em> de Cati Baur, et la série des <em>Rosalie Blum</em> de Camille Jourdy font parti de mes dernières lectures coup de cœur.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">K : Si tu pouvais travailler avec d&#8217;autres auteurs, tu aimerais monter des projets avec qui? (et réponds pas &laquo;&nbsp;Machin ou Bidule parce qu&#8217;il est hyper canon,&nbsp;&raquo; c&#8217;est pas une réponse valable).</span></strong></p>
<p>M.M. : Pacco parce qu’il est hyper canon.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">Tu as commencé une tournée nationale de dédicaces pour combler le manque affectif de tou(te)s tes fans. Comment se sont passées tes séances? Le livre a trouvé son public? Qu&#8217;est-ce que tu en as retiré de ton côté? (Et accessoirement, comment je fais moi pour décrocher une dédi pour Madame Cruchot? Parce que c&#8217;est quand même à cause d&#8217;elle que j&#8217;ai dû lire ton bouquin)</span></strong></p>
<p>M.M. : Wow 4 questions en une comme t’essaies de me la faire à l’envers !<br />
Les séances se sont dans l’ensemble super bien passées merci.<br />
Le livre est assez satisfait, il trouve qu’il s’est trouvé un bon gros public de gonzesses et ça le fait kiffer grave. Après il est un peu intenable et je suis forcée de le mettre à la niche pour le calmer mais sinon ça va.<br />
De mon coté j’en ai retiré plein d’amour de plus ou moins inconnu(e)s ce que je trouve très très <em>free hug</em>, absolument <em>Chantilly-Power-sur-mon-cœur</em> et tout a fait rafraîchissant. C’est très bon pour mon teint.<br />
Quant à Madame Cruchot a qui je dois semble t il beaucoup, on va se faire un petit plan lousedé a l’ancienne, t’inquiète.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">Tu prends quoi pour avoir autant d&#8217;énergie? C&#8217;est légal au moins? (Il t&#8217;en reste un peu?).</span></strong></p>
<p>M.M. : Mes cuticules. C’est bourré de protéines. Je mange bien 5 ou 6 cuticules par jour.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">Au fait, elle en est où ta collection de théières?</span></strong></p>
<p>M.M. : J’ai tout revendu pour m’acheter des godasses.</p>
<p>Merci Margaux pour tes réponses, je sais que ton temps est précieux. Et bon courage pour la suite de tes aventures. En espérant te retrouver rapidement dans un nouveau livre, ou ailleurs (je me déguiserai en copine de Mme de CRUCHOT pour votre sortie&#8230;)</p>
<p><em>*Pacco est l&#8217;auteur du <a href="http://www.mae-bd.fr/" target="_blank">blog de Maé</a> et du même coup du livre qui en est tiré.</em></p>

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		<title>Interview with a patator</title>
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		<pubDate>Fri, 01 May 2009 19:17:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Nos billets d'humeur]]></category>
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		<category><![CDATA[Tout public]]></category>

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		<description><![CDATA[A l’occasion de la chronique du Journal d’un remplaçant, j’avais contacté Martin VIDBERG et l’avais sollicité pour en savoir un peu plus sur son travail. Malgré un emploi du temps surchargé, il a très gentiment accepté de répondre intelligemment à des questions parfois stupides. Entretien avec Monsieur PATATE. K : Tu es à la base un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span class="apple-style-span"><span>A l’occasion de la chronique du <a href="http://www.kroniks.net/2008/11/23/journal-dun-remplacant/" target="_blank">Journal d’un remplaçant</a>, j’avais contacté Martin VIDBERG et l’avais sollicité pour en savoir un peu plus sur son travail. Malgré un emploi du temps surchargé, il a très gentiment accepté de répondre intelligemment à des questions parfois stupides.<br />
</span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span class="apple-style-span"><span>Entretien avec Monsieur PATATE.</span></span></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span class="apple-style-span"><strong>K : Tu es à la base un instituteur qui rêvait de retourner à l’école primaire et tu as bien manigancé pour y arriver. Mais comment es tu venu à la BD ? Où as-tu appris à dessiner et mettre en scène ?</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong>Martin VIDBERG :</strong> C&#8217;est amusant, je viens justement de dessiner<a href="http://www.acces-editions.com/interface/vidb3.gif"  target="_blank" class="wmp" id="wmp20"> une double planche sur le sujet</a>. Pour résumer, j&#8217;ai toujours aimé le dessin et surtout raconter des histoires mais je n&#8217;ai jamais imaginé que l&#8217;on pouvait gagner sa vie en dessinant. Peut-être par manque d&#8217;ambition, peut-être parce que, dans mon entourage, les gens ont des métiers &laquo;&nbsp;normaux&nbsp;&raquo; (prof, salariés&#8230;) il aura fallu que je m&#8217;ennuie sur les bancs de l&#8217;IUFM pour commencer à dessiner. Depuis je n&#8217;ai jamais arrêté et grâce à Internet, c&#8217;est devenu mon activité principale.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span class="apple-style-span"><strong>K : Allez, balances un peu : l’idée des personnages patatisés, tu la sors d’où ?</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong>M.V.:</strong> Bof, je n&#8217;ai rien inventé. Il y a tout un tas de dessinateur qui dessinent de manière simplifiée ou stylisée. Cela surprend toujours mais je n&#8217;y ai même pas vraiment réfléchi au début : c&#8217;est un dessin qui est venu tout seul en gribouillant et qui s&#8217;est imposé sans que je m&#8217;en aperçoive.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span class="apple-style-span"><strong>K : Et ton premier dessin, c’était quoi ?</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong>M.V.: </strong>Un gros gribouillage comme tous les gamins j&#8217;imagine. Pas mieux qu&#8217;un autre d&#8217;ailleurs : j&#8217;ai longtemps été frustré de ne pas avoir gagné le concours de dessin de mon petit village quand j&#8217;étais gamin alors que mon petit frère et ma grande soeur avaient gagné tous les deux dans leur catégorie d&#8217;âge (le premier prix était un lapin vivant). Quelques années plus tard, j&#8217;ai quand même eu ma vengeance en remportant un magnétophone Fisher Price au concours de dessin du Auchan.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><strong>K</strong> : <span class="apple-style-span"><strong>Comment tu as été découvert et par qui ? Et comment tu en es arrivé sur le dessin de presse sur le blog du Monde ? Parce que ce n’est pas le genre de proposition qu’on fait à Monsieur Tout le monde, juste à Monsieur Patate (fallait que je la place celle là, désolé…)</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong>M.V.: </strong>C&#8217;est la &laquo;&nbsp;magie&nbsp;&raquo; d&#8217;Internet : on est pas &laquo;&nbsp;découvert&nbsp;&raquo;, on se contente d&#8217;être là. J&#8217;ai ouvert mon premier blog fin 2000 et il n&#8217;y a jamais vraiment eu de pic de fréquentation lié à un évènement majeur. Ma première BD a été publiée après avoir été diffusée entièrement en ligne, mon blog d&#8217;actualité sur Le Monde est la suite de ce que je faisais déjà tout seul auparavant : je n&#8217;ai attendu personne pour me lancer. Je dois quand même remercier les éditeurs papiers et numériques qui m&#8217;ont fais confiance.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span class="apple-style-span"><strong>K : Ton premier album c’est bien Journal d’un remplaçant ? On dit souvent qu’une première œuvre parle de son auteur et tu ne fais pas exception à la règle. Mais ensuite ? Quels seront tes prochains albums ? De quoi tu as envie de parler ?</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong>M.V.: </strong>Je ne réfléchis pas tellement en terme d&#8217;album papier. Mon support &laquo;&nbsp;naturel&nbsp;&raquo; est le site internet et mes albums ont tous été réalisé &laquo;&nbsp;par accident&nbsp;&raquo;. Je ne me demande donc jamais quel sera mon prochain album. Comme j&#8217;aime bien les livres, je regrette parfois de ne pas avoir une actualité éditoriale plus excitante mais, d&#8217;un autre côté, j&#8217;ai un rythme de travail plus stable, plus confortable et moins stressant que la plupart des &laquo;&nbsp;auteurs papiers&nbsp;&raquo;.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span class="apple-style-span"><strong>K : Rassures nous, tu sais dessiner autre chose non ? Tu saurais faire, je sais pas moi, des bonshommes tomates ou des bonshommes choux-fleurs ?</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong>M.V.: </strong>Je pourrais dessiner d&#8217;autres choses mais je reconnais que je ne m&#8217;entraîne pas beaucoup.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span class="apple-style-span"><strong>K : Tu utilises ton talent de narrateur dans le cadre de ton enseignement ?</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong>M.V.:</strong>On me le demande souvent, mais c&#8217;est un peu un fantasme : dessiner n&#8217;est pas un super pouvoir pour devenir enseignant, ce sont finalement deux métiers très différents. C&#8217;est peut-être pour cela qu&#8217;ils se complètent bien.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span class="apple-style-span"><strong>K : Tu pourrais travailler en tandem avec d’autres auteurs ? Et si oui, vers qui te tournerais tu ?</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong>M.V.: </strong>Je l&#8217;ai déjà fait et j&#8217;ai toujours eu un peu de mal. Pour moi, la réalisation d&#8217;une histoire doit être un plaisir. Je ne suis ni tourmenté ni perfectionniste et j&#8217;aurais beaucoup de difficulté à travailler avec quelqu&#8217;un qui vit la création comme un  chemin de croix. Malheureusement, la plupart des dessinateurs de BD sont tourmentés et perfectionnistes&#8230;</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span class="apple-style-span"><strong>K : Et en tant que lecteur qu’est-ce qui t’attires ?</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong>M.V.:</strong>Aucun genre en particulier, je cherche juste à passer un bon moment mais cela peut être avec un recueil de gags comme avec un essai philosophique (même si c&#8217;est plus rare).</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span class="apple-style-span"><strong>K : Tu es déjà parti en dédicace ? Comment se sont passés tes contacts avec ton public ? Qu’en as-tu retiré (mis à part une énorme bouffée d’autosatisfaction ?)</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong>M.V.:</strong>Ah non, je n&#8217;ai jamais eu &laquo;&nbsp;d&#8217;autosatisfaction&nbsp;&raquo; en dédicace, il s&#8217;agit d&#8217;une rencontre un peu artificielle puisque l&#8217;une des deux personnes est assise et ne connaît pas son interlocuteur et que l&#8217;autre est souvent gênée. C&#8217;est un peu surprenant au début et finalement c&#8217;est assez agréable quand je parviens à faire plaisir à ceux qui viennent chercher un petit dessin.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span class="apple-style-span"><strong>K : D’ailleurs, comment on fait pour avoir une chouette dédicace de Martin VIDBERG ?</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong>M.V.:</strong>Il faut venir à une séance. Je n&#8217;en fais pas par correspondance, je n&#8217;en ai plus le temps.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span class="apple-style-span"><strong>K : Tes collègues ou tes élèves savent que tu es une superstar ? Comment tu gères la célébrité ?</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong>M.V.:</strong>Ah ah dans ce cas je suis une superstar anonyme qu&#8217;on ne remarque pas dans la rue ! Il y a toujours des gens qui se croient plus importants que les autres, dans la BD comme ailleurs, mais je n&#8217;ai jamais rencontré de superstars dans ce milieu, pas plus que parmi mes collègues enseignants (parmi lesquels il y a aussi quelques égocentriques).</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span class="apple-style-span"><strong>K : Aujourd’hui il n’est pas rare de tomber sur des bonshommes patates, que ce soit à la télé, sur internet ou en affichage. Où trouves tu le temps de répondre à toutes ces sollicitations ?</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong>M.V.: </strong>Etant donné le temps que j&#8217;ai mis à répondre à tes question, tu as ta réponse : j&#8217;ai bien du mal !</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span class="apple-style-span"><strong>K : Allez, parlons technique une peu. Peux tu nous expliquer comment tu travailles lorsque tu es sur un projet, que ce soit un album, une affiche ou un dessin de presse ? Par quels processus passes-tu ? Quelle est ta technique de dessin ? Dis nous tout.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong>M.V.: </strong>Rien de bien original : je réalise d&#8217;abord un crayonné que je reprends ensuite à la table lumineuse au feutre. Ensuite je scanne et je colorise sur ordinateur. Que ce soit un album, un dessin de presse ou une pub.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span class="apple-style-span"><strong>K : Instituteur,  dessinateur, scénariste, blogueur… Finalement ton vrai métier c’est quoi ?</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong>M.V.: </strong>Officiellement, je suis instituteur à mi-temps. Financièrement, c&#8217;est un peu tout à la fois. Actuellement, je gagne surtout ma vie avec le dessin de presse mais l&#8217;an prochain, ce sera peut-être autre chose.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span class="apple-style-span"><strong>K : Qu’est ce que tu fais quand tu ne prépares pas tes cours, que tu ne dessines pas ou que tu ne tiens pas ton blog à jour? Rassures moi, tu dors un peu de temps en temps ?</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong>M.V.: </strong>Voilà, tu as trouvé : je dors ou je mange. Je fais caca aussi mais souvent je scénarise en même temps.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span class="apple-style-span"><strong>K : Est-ce qu’il y a une question que je ne t’ai pas posée ?</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong>M.V.: </strong>Je ne sais pas, mais si c&#8217;est le cas, je n&#8217;y répondrai pas !</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><strong>K : Martin, merci beaucoup pour ta gentillesse et à très bientôt.</strong></p>
<p class="MsoNormal">

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