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	<title>Kroniks</title>
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	<description>le blog bd qui bronze en été</description>
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		<title>Brooklyn 62nd</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Jul 2010 09:53:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
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		<category><![CDATA[policier]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Starsky et Hutch ! Nananananin ! Starsky et Hutch! Nananananin !&#160;&#187; Le sergent REYNES et le Lieutenant KOTCHENKO sont deux flics de New York, affectés dans le 62e commissariat de la ville. Tout allait bien pour eux jusqu&#8217;à l&#8217;arrivée de leur nouveau capitaine, bien décidée à recadrer tout ce beau monde, et notamment tirer au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>&laquo;&nbsp;Starsky et Hutch ! Nananananin ! Starsky et Hutch! Nananananin !&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p><strong></strong><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Brooklyn62nd01.jpg"><img class="alignleft  size-full wp-image-2391" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Brooklyn62nd01.jpg" alt="Copyright Paquet 2005" width="200" height="266" /></a>Le sergent REYNES et le Lieutenant KOTCHENKO sont deux flics de New York, affectés dans le 62e commissariat de la ville.<br />
Tout allait bien pour eux jusqu&#8217;à l&#8217;arrivée de leur nouveau capitaine, bien décidée à recadrer tout ce beau monde, et notamment tirer au clair cette histoire de Juanito MENDEZ.<br />
Qu&#8217;est-il réellement arrivé à ce jeune dealer ? Si REYNES et KOTCHENKO ont été blanchis, pourquoi les affaires internes travaillent toujours sur eux ?</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Go ahead punk, make my day&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p><strong></strong>Dès le départ le ton est donné: KOTCHENKO et REYNES ne sont pas des anges. Casquette à l&#8217;envers, tatouages et fusil à pompe, ils n&#8217;hésitent pas à rentrer à coups de 45 fillette dans le lard de ceux qui se mettraient en travers de leur chemin, fussent-ils flics ou voyous.<br />
Mais il ne faut pas pour autant perdre de vue que même s&#8217;ils sont (un peu) pourris, ils n&#8217;en demeurent pas moins des flics. Et des bons.<br />
La preuve, pour rendre service à un indic ils vont se mettre sur la trace d&#8217;une fugueuse et découvrir un réseau qui fait disparaître des filles dans une casse de bagnoles.<br />
Il semble bien que Frankie, le parrain sur le déclin, soit dans le coup.<br />
Pourquoi? Qui? Dans quel but? Pas mal de questions qui trouveront leurs réponses au terme de cette trilogie.</p>
<p>L&#8217;histoire est très riche puisqu&#8217;on suit en parallèle trois intrigues: l&#8217;affaire du dealer dans le coma après une rencontrer mouvementée avec les deux flics, l&#8217;histoire de Frankie et enfin celle des filles disparues qui fait le lien entre les enquêteurs et le mafieux.<br />
Et le lecteur n&#8217;est jamais perdu pour autant. Tout reste parfaitement clair et compréhensible jusqu’à la fin.</p>
<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/brooklyn62nd3_18042007.jpg"><img class="alignright  size-full wp-image-2392" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/brooklyn62nd3_18042007.jpg" alt="Copyright Paquet 2007" width="200" height="268" /></a>Les personnages sont plutôt bien décrits, plus profonds qu&#8217;ils n&#8217;y paraissent, et tout n&#8217;est pas blanc ou noir. Ils ont une épaisseur très intéressante qui permet à l&#8217;auteur de les développer tranquillement, sur trois tomes, pour au final nous fournir une belle palette de caractères.</p>
<p>Quant à la mise en scène, rien à redire. Michel KOENIGER connaît son affaire. La séquence dans la casse est une merveille: cadrages osés, dessins mouillés. On s&#8217;attend presque à voir des gouttes sur la focale.<br />
Michel KOENIGER (<em>Bushido, Eight Ball Hunter</em>) travaille sur de très grandes planches (mais alors vraiment grandes), ce qui lui permet d’aérer son dessin. Du coup, les cases sont claires, les persos volumineux et les plans aérés. On respire quoi.</p>
<p>Petite série sous testostérone, Brooklyn 62nd se lit avec plaisir et permet de prolonger avec bonheur des séries télé comme The Shield ou The Wire. Idéal pour les amateurs du genre et ceux qui auront apprécié <em>Bushido</em> (d’ailleurs, les deux séries se font écho en partageant quelques personnages, notamment le parrain Franckie).</p>
<p>Un seul bémol, la couverture (rose !) du premier tome. Mais impossible d’en vouloir à l’auteur, c’est une erreur de l’éditeur… Heureusement que les deux suivantes rattrapent le coup.</p>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/policier/" title="policier" rel="tag">policier</a><br />

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		<title>Entretien avec Laureline MATTIUSSI</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Jul 2010 18:59:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Nos billets d'humeur]]></category>
		<category><![CDATA[aventure]]></category>
		<category><![CDATA[Bande Dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Laureline MATTUISSI]]></category>
		<category><![CDATA[pirates]]></category>

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		<description><![CDATA[A Kroniks on fait ce qu&#8217;on veut quand on veut. Parfois on publie des kroniks sans interviews, parfois on publie des kroniks ET des interviews. Et ben là, on a décidé de publier une interview avant une (éventuelle) kronik. Pourquoi ? D&#8217;abord et d&#8217;une, on fait ce qu&#8217;on veut (faudra le répéter à chaque fois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/SO26-l_ile_au_poulailler-cover.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2373" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/SO26-l_ile_au_poulailler-cover.jpg" alt="Copyright Treize Etranger 2010" width="294" height="394" /></a></strong>A Kroniks on fait ce qu&#8217;on veut quand on veut. Parfois on publie des kroniks sans interviews, parfois on publie des kroniks ET des interviews. Et ben là, on a décidé de publier une interview avant une (éventuelle) kronik. Pourquoi ?</p>
<p>D&#8217;abord et d&#8217;une, on fait ce qu&#8217;on veut (faudra le répéter à chaque fois ?).</p>
<p>Ensuite et de deux, parce que cette interview là, c&#8217;est celle de Laureline MATTIUSSI, une ravissante auteure aux yeux bleu azur qui a pris le temps de répondre à des questions (pas toujours) stupides et qu&#8217;elle traine depuis trop longtemps dans mes dossiers (l&#8217;interview, hein, pas Laureline).</p>
<p>Enfin et de trois parce que parler de son œuvre, l&#8217;<em>Ile au poulailler</em> publiée chez Treize Étrange, demande du temps pour rendre compte du talent de l&#8217;artiste, de sa manière de composer d&#8217;immenses planches aérées avec un style délié et stylisé. Parce qu&#8217;il faut bien choisir et peser ses mots pour raconter cette histoire de pirates qui n&#8217;en est pas une en en étant quand même une, alignant les clichés du genre mais sans en suivre les sentiers (re)battus. Bref, parce que ce n&#8217;est pas facile, voilà.</p>
<p>Alors en attendant de trouver les mots (et le temps) pour rendre compte convenablement du travail de Laureline  (mais est-ce seulement possible tant ce diptyque est à la fois étrange et merveilleux, aventureux et coquin, familier et étonnant&#8230;),  Tonton Cruchot vous propose un entretien avec l&#8217;artiste. Et si après ça, vous n&#8217;avez toujours pas envie de découvrir son univers&#8230; alors promis, vous aurez une belle kronik.</p>
<p><strong>Kroniks : Laureline bonjour. Alors avant de commencer je voudrais te décerner un prix spécial : le prix Kroniks des plus beaux yeux bleus de dessinatrice de BD. Sous vos applaudissements !</strong></p>
<p><strong>Pour ceux qui ne le saurais pas (et peu le savent), il faut expliquer qu&#8217;à l&#8217;heure où tu réponds à ces questions, tu sors d&#8217;une période d&#8217;ermite asocial pendant laquelle tu as bouclé le tome 2 de <em>l&#8217;Ile au poulailler</em>. C&#8217;était comment ? On imagine que c&#8217;est pendant ces moments d’intense création que les auteurs se font le plus plaisir, non ?</strong></p>
<p>Laureline MATTUISSI : C&#8217;était ascétique sur la fin, c&#8217;était la panique dès le début. C&#8217;était des moments de bravoure intenses et lumineux lorsque je me levais à 6 H 00 et que je me collais aussi sec au boulot, de furieux accès de colère quand je loupais mon réveil. C&#8217;est un moment où j&#8217;ai définitivement cessé de répondre au téléphone. Mais j&#8217;ai beaucoup progressé en dessin.</p>
<p><strong>K : J&#8217;ai lu ta biographie, disponible un peu partout sur internet, et j&#8217;en ai retenu que tu étais née il n&#8217;y a pas très longtemps à Nancy et qu&#8217;après tu as publié <em>L&#8217;Ile au poulailler</em>. C&#8217;est bon, je n&#8217;ai rien oublié ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;ai également pris le large et baroudé en mer pendant cinq ans avant d&#8217; aller vivre en bête sauvage dans des jungles lointaines. Depuis j&#8217;écris des livres en fumant des cigares de la Havane, je joue à lancer des couteaux en plein dans le mille comme me l&#8217;a appris mon tonton Max, je bois du calva dans des crânes en caressant un vieux chat sauvage et borgne.</p>
<p><strong>K : J&#8217;ai lu aussi que tu donnes des cours de dessins à Bordeaux. Ça ressemble à quoi un cours de dessin par Laureline MATTIUSSI ? Tu es quel genre de professeur ? Du genre à mettre des heures de colle à ceux qui n&#8217;arrivent pas à dessiner Titeuf ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;ai cessé depuis quelques années de donner des cours de dessin. Je ligotais les élèves dissidents et mon vieux chat sauvage et borgne leur griffait les parties génitales.</p>
<p><strong>K : A une époque où toutes les jeunes femmes qui dessinent font des BD pour fillasses en se comparant la taille de leur sac à main, toi tu publies un roman graphique, un vrai, tout sympa tout plein sur les petites hontes des enfants. Alors quoi, t&#8217;aimes pas les sacs à main, les blog de filles et les histoires de poils ?</strong></p>
<p>LM : Pas vraiment.</p>
<p><strong>K: Ton tout premier livre donc c&#8217;est <em>Petites hontes enfantines</em> (chez la Boîte à Bulles). Tu peux nous raconter la genèse de cet album et l&#8217;accueil qu&#8217;il a reçu ?</strong></p>
<p>LM : Les &laquo;&nbsp;Petites Hontes Enfantines&nbsp;&raquo; sont de cours récits glanés au fil des discussions avec des copains. J&#8217;ai conservé les hontes qui me semblaient les plus drôles et les plus singulières, mais qui conservaient également un caractère universel. Il y est question d&#8217;une profonde gravité de l&#8217;enfance mélangé à une vraie drôlerie. Je crois qu&#8217;il a été bien accueilli.</p>
<p><strong>K : Dans <em>L&#8217;Ile au poulailler</em> tu mets en scène une « piratesse » meneuse d&#8217;homme, bagarreuse et qui ne s&#8217;en laisse pas compter. Allez, sois franche, tu as pris qui comme modèle ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;aime les personnages féminins éminemment sexués et tapageurs&#8230; et totalement inconvenants. Ma piratesse a cette qualité qu&#8217;elle peut parcourir le pont de son bateau les fesses à l&#8217;air, vociférant auprès de ses marins comme un diable, sans jamais s&#8217;interroger sur l&#8217;indécence de son accoutrement.</p>
<p>Je ne lui connais aucun modèle.</p>
<p><strong>K : Le genre &laquo;&nbsp;aventures de pirates&nbsp;&raquo; est plutôt réservé aux hommes mais tu réussis à apporter une touche de féminité bienvenue tout en respectant les clichés du genre. Tu voulais faire la nique aux mecs et leur prouver que les filles aussi peuvent dessiner des voiliers, des combats à l&#8217;épée et des poulets plumés ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;ai voulu travailler sur la piraterie pour ce qui en fait l&#8217;essence même : la révolte, l&#8217;obstination, la démesure et toujours cette profonde inconvenance. Pour la magie du mythe également : pas de pirates sans trésor et sans revenants. Du point de vue du dessin il y avait ce plaisir à faire juxtaposer la transparence de l&#8217;air et la beauté des horizons marins, le mouvement de l&#8217;eau, quelque chose qui tient de l&#8217;atemporel et d&#8217;un certain rapport au songe et à l&#8217;infini, à du rugueux, du charnel , du grossier, à des personnages qui perdent leurs chicots, qui se grattent les couilles, qui ont des poux, qui s&#8217;emmerdent, puis qui d&#8217;un coup sont pris de folie et s&#8217;entretuent.</p>
<p>J&#8217;ai beaucoup joué sur le langage, la grossièreté et la rudesse des marins que j&#8217;aime facétieux et cruels.</p>
<p>J&#8217;aime l&#8217;idée d&#8217; un récit qui sent un peu, avec de la puissance et du rythme.</p>
<p><strong>K : A la fin du premier tome, on se retrouve en plein délire onirique, sur une île à poulets. Le ton devient presque non-sensique. C’était l’idée dès le départ ? Partir d’une histoire de pirates pour arriver … pour arriver où justement ?</strong></p>
<p>LM : Pour n&#8217;arriver nul part justement car la piraterie selon moi se joue de l&#8217;espace et du temps pour n&#8217;œuvrer qu&#8217;en des eaux circulaires où il n&#8217;y a ni début ni fin. On cavale à travers les mers en se jouant de l&#8217;Histoire et de l&#8217;organisation du terrestre, on y poursuit une révolte ou un trésor, on y joue l&#8217;histoire d&#8217;une folie et d&#8217;une déraison jusqu&#8217;à ce que mort s&#8217;en suive. C&#8217;est le leitmotiv de mon récit à moi. Et les poulets y étaient prévus depuis le début.</p>
<p><strong>K : Ton album est superbement préfacé pa rique comme toujours et véritablement dithyrambique à ton égard. Comment as tu rencontré Pierre et comment l&#8217;as tu convaincu de préfacer ton livre ? Tu l&#8217;as ensorcelé avec tes yeux bleu azur ? C&#8217;est en tout cas un magnifique cadeau qu&#8217;il t&#8217;a fait là.</strong></p>
<p>LM : Pierre Dubois est un pirate. Un vrai de vrai car non content de porter des grandes bottes et un couteau à la ceinture il est accompagné de magie. Adolescente j&#8217;ai dévoré ses contes et ses encyclopédies. J&#8217;y trouvais alors une écriture exemplaire parce qu&#8217;elle savait dire le merveilleux, avec sagacité, avec drôlerie, avec un vrai plaisir jouisseur, et cet immense savoir qui le caractérise. Il fait partie des gens qui ont le plus compté dans mes désirs de raconter et je suis très honorée par cette préface qui est une formidable préface.</p>
<p><strong>K : L&#8217;association Artémisia est tout aussi enthousiaste puisqu&#8217;elle t&#8217;a décerné son prix de l&#8217;année 2010. J&#8217;imagine que c&#8217;est mieux que le titre de &laquo;&nbsp;plus beaux yeux bleus de dessinatrice de BD&nbsp;&raquo;&#8230; Pour toi, ce prix littéraire c&#8217;est :</strong></p>
<p><strong>a) une consécration bien méritée, non mais                                                                        b) une motivation pour la suite</strong></p>
<p><strong>c) tu t&#8217;en fous, tu voulais un prix à Angoulême                                                                  d) Obi Wan Kenobi?</strong></p>
<p>LM : Ce prix a permis à mon livre d&#8217;avoir une plus grande visibilité et c&#8217;est très bien. Et j&#8217;aime bien le propos que tiennent les membres d&#8217;Artemisia sur les femmes dans l&#8217;univers de la création. ( et puis j&#8217;aime aussi l&#8217;œuvre d&#8217;Artemisia Gentileschi, ça tombe bien).</p>
<p><strong>K : Tu remercies &laquo;&nbsp;les copains de l&#8217;atelier&nbsp;&raquo;. C&#8217;est quel atelier déjà, rappelle nous ?</strong></p>
<p>LM: Koikoi com quiqui, Aux anchois des Antilles ou les Studios Johnson, les noms varient. C&#8217;est un atelier à Bordeaux et nous sommes 7 : Nicolas Dumontheuil, Jean-Denis Pendanx, David Prudhomme, Rémi Cattelain, Jérome Daviau, Christophe Dabitch et moi-même.</p>
<p><strong>K: D’ailleurs, est-ce que tu travailles encore en atelier ? Et qu&#8217;est-ce que cet environnement t&#8217;apporte que tu n’as pas en travaillant seule ?</strong></p>
<p>LM : Je n&#8217;y ai pas mis les pieds depuis quelques temps. J&#8217;aime alterner des périodes de travail totalement solitaire chez moi à des moments d&#8217;ateliers où on mélange un peu nos tendances d&#8217;ours asociaux. Et puis les temps d&#8217;atelier sont aussi des moments de discussion et d&#8217;échange sur les projets en cours et j&#8217;ai beaucoup d&#8217;estime pour le travail de mes camarades d&#8217;atelier.</p>
<p><strong>K : Plus généralement, à quoi ressemble une journée type de dessinatrice de BD ? Par exemple, tu prends quoi au petit déjeuner ?</strong></p>
<p>LM : Des pieds de porc sauce chien.</p>
<p><strong>K : Les couleurs sont de ta copine Isabelle MERLET. Comment s&#8217;est passé le travail exactement entre vous ? Et surtout, laquelle des deux faisait le thé ?</strong></p>
<p>LM : Nous ne buvions que du shrubb. Je suis très contente de cette collaboration, Isabelle a un extraordinaire culot et sait donner entièrement corps au récit par ses choix colorés. Elle sait dire les tensions, les moments de heurts, les temps suspendus&#8230; elle pense d&#8217;abord l&#8217;histoire avant de lui insuffler de la force. Ses couleurs font sens. Et elles sont superbes.</p>
<p><strong>K : Tu pourrais nous donner TA définition de la bande dessinée. Je veux dire, en tant qu&#8217;artiste, en tant qu’auteur ? Qu&#8217;est-ce que le 9<sup>e</sup> art t&#8217;apporte par rapport à l&#8217;illustration classique ? (&laquo;&nbsp;Le pognon&nbsp;&raquo; n’est pas une réponse valable).</strong></p>
<p>LM : Moi j&#8217;aime par dessus tout raconter. Et la BD me permet de dire davantage que par le biais d&#8217;autres médiums parce que c&#8217;est un art de l&#8217;écrit et de l&#8217;image confondu. C&#8217;est de fait un moyen d&#8217;expression extrêmement riche&#8230; et éminemment complexe aussi, car il faut trouver à maîtriser cette subtile imbrication de l&#8217;image et du récit.</p>
<p><strong>K : Es-tu toi-même lectrice de BD ? Quels sont tes derniers coups de cœur ? Tes albums cultes ? Voire tes auteurs de référence ?</strong></p>
<p>LM : Mon dernier coup de cœur est &laquo;&nbsp;<em>Las Rosas</em>&nbsp;&raquo; d&#8217;Anthony Pastor aux éditions de l&#8217;an 2. &laquo;&nbsp;Un western tortilla à l&#8217;eau de rose&nbsp;&raquo; écrit son auteur, un récit absolument génial. Courez l&#8217;acheter si ce n&#8217;est déjà fait.</p>
<p>Il y a aussi <em>Kaz</em>, que j&#8217;ai découvert il y a un ou deux mois en lisant &laquo;&nbsp;Terrain vague&nbsp;&raquo;, ça m&#8217;a fait beaucoup rigoler.</p>
<p>Et puis il y a eu le <em>Rébetiko </em>de Prudhomme.</p>
<p>Les auteurs que j&#8217;admire sont nombreux , en faire une liste exhaustive serait ennuyeux et les réduire à quelques-uns serait injuste&#8230; mes références se trouvent aussi dans la littérature.</p>
<p><strong>K : Après les pirates, tu vas t&#8217;attaquer à quoi ? Tu as des projets en vue, des idées d&#8217;histoire ? Des projets à plusieurs mains peut-être ?</strong></p>
<p>LM : Je pars cette fois pour la Rome Antique, avec un scénariste, Sol Hess, aux commandes. C&#8217;est une histoire qui prend pied dans les bas-fonds de la ville, une histoire qui glue et qui poisse, avec beaucoup d&#8217;ombre et un peu de lumière le tout bien emmêlé, avec des rapports humains terribles, avec de la débauche, avec des poètes, des putes et des consuls trop gros, avec beaucoup d&#8217;humour. C&#8217;est un très beau scénario.</p>
<p><strong>K : Bon je vais te laisser tranquille maintenant, en attendant de pouvoir lire la suite de <em>l&#8217;Ile au poulailler</em>, sur laquelle tu ne diras rien, bien évidemment … (Même pas un petit truc, rien qu&#8217;à moi ?) Merci beaucoup Laureline pour ta gentillesse et surtout ta patience. J’espère te revoir très bientôt, parce que les séances de dédicace ont avec toi quelque chose de magique (je sais pas, les yeux peut-être…).</strong></p>
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		<title>Sanctuary</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Jul 2010 02:47:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une Dream Team. Pas moyen de qualifier ça autrement ! Quand vous prenez Ryôichi Ikegami (Crying Freeman, Mai the Psychic Girl) et que vous lui adjoignez Shô Fumimura, dont le pseudo Buronson vous est sans doute plus connu puisque scénariste de Ken le survivant, moi j’appelle ça une Dream Team. Sanctuary narre les aventures de deux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2360" class="wp-caption alignleft" style="width: 226px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary1a_03042004.jpg"><img class="size-medium wp-image-2360" title="Sanctuary1a_03042004" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary1a_03042004-216x300.jpg" alt="" width="216" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ikegami-Fumimura / Kabuto 2004</p></div>
<p>Une Dream Team. Pas moyen de qualifier ça autrement ! Quand vous prenez Ryôichi Ikegami (Crying Freeman, Mai the Psychic Girl) et que vous lui adjoignez Shô Fumimura, dont le pseudo Buronson vous est sans doute plus connu puisque scénariste de Ken le survivant, moi j’appelle ça une Dream Team.</p>
<p>Sanctuary narre les aventures de deux jeunes hommes, Hôjô et Asami, quasiment frères de sang. Ils ont un but, lié à un passé commun douloureux : faire du Japon leur « sanctuaire », un endroit où ils pourraient être enfin chez eux. Si ça ce n’est pas de l’ambition !!</p>
<p>Pour ce faire, Hôjô va choisir la voie du Yakuza, tandis qu’Asami se lance dans la politique. Le challenge : arriver le plus vite possible en haut de l’échelle et pour cela, tous les moyens sont bons : chantages, viols, meurtres, manipulations…</p>
<p>Disons-le tout de suite : Sanctuary est un manga « adulte ». Oui, c’est violent, parfois érotique, mais c’est adulte aussi parce qu’on se prend une bonne grosse leçon de réalisme sur l’ambiance politico-sociale de l’archipel nippon.</p>
<p>En fait, si Sanctuary est une réussite incontestable sur le plan de la narration, elle l’est aussi sur celui du contenu. Y sont dénoncés tous les travers d’une société bien plus malade que ses dehors policés pourraient le laisser penser. La collusion mafia-monde politique, secret de polichinelle pour les nippons mais que les européens ne connaissent sans doute pas assez, la rigidité d’une société ultra-hiérarchique où les « vieux » accaparent tous les postes et s’y accrochent, ne laissant aucune chance aux jeunes, la prostitution étrangère, etc…</p>
<p>Du coup, la réaction de Hôjô et d’Asami est à la mesure de la déliquescence de la société : tous les coups sont permis !! Hôjô veut rapidement devenir boss de tous les yakuza du pays, mais il devra aussi compter avec les mafias chinoise et russe. Asami entre au service de l’éminence grise du gouvernement, l’homme qui tire les ficelles dans l’ombre… et va tout faire pour l’assassiner politiquement.</p>
<p>Alors oui, Sanctuary est une histoire de « salauds magnifiques », ambiance John Woo, où on ne peut pas détester les héros pour leurs actions, car le monde où ils évoluent ne leur laisse pas le choix. Hôjô et Asami sont des anti-héros et les deux auteurs les assument très bien.</p>
<div id="attachment_2359" class="wp-caption alignright" style="width: 214px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary9_22022005.jpg"><img class="size-medium wp-image-2359" title="Sanctuary9_22022005" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary9_22022005-204x300.jpg" alt="" width="204" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ikegami-Fumimura / Kabuto 2005</p></div>
<p>Car oui, Ikegami et Fumimura sont à la hauteur de leurs ambitions sur ce manga : le scénario est en béton, les personnages convaincants et pas monolithiques, le dessin confine au génie, le découpage tient en haleine le lecteur jusqu’à l’ultime page de l’ultime volume.</p>
<p>Les seuls problèmes de ce manga ? Peut-être un regard un peu trop tendre sur les agissements de Hôjô et d’Asami… mais après tout, c’est aussi pour ça qu’on aime les films de John Woo, hein ! Le second problème est matériel : l’éditeur, Kabuto, n’existe plus depuis 2008 et du coup, il peut être un peu difficile à trouver dans son intégralité.</p>
<p>Mais si vous le trouvez et que vous aimez les polars politico-mafieux, jetez-vous dessus, vous ne le regretterez pas !</p>

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		<title>Black Summer &#8211; No Hero</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Jun 2010 19:09:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En 2009, l&#8217;éditeur Milady/Bragelone, bien connu pour ses romans de fantasy et nouveau venu dans le monde de la BD, sortait en France un inédit de Warren ELLIS : Black Summer. Passé malheureusement inaperçu du grand public, le titre se révélait pourtant très efficace tant sur le fond, ELLIS oblige, que sur la forme (mais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } -->En 2009, l&#8217;éditeur Milady/Bragelone, bien connu pour ses romans de fantasy et nouveau venu dans le monde de la BD, sortait en France un inédit de Warren ELLIS : <em>Black Summer</em>. Passé malheureusement inaperçu du grand public, le titre se révélait pourtant très efficace tant sur le fond, ELLIS oblige, que sur la forme (mais on y reviendra). Cet album m&#8217;avait à tel point secoué que j&#8217;étais bien décidé à vous en parler. Et puis le temps est passé et <em>Black Summer</em> n&#8217;a pas eu les honneurs de Kroniks. La sortie en juin 2010 de <em>No Hero</em>, deuxième épisode de ce qui s&#8217;annonce comme un triptyque, est l&#8217;occasion de revenir sur ces œuvres hors norme. Allez hop, deux bouquins pour le prix d&#8217;un.</p>
<h3>Black Summer</h3>
<div id="attachment_2317" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/black-summer.jpg"><img class="size-full wp-image-2317" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/black-summer.jpg" alt="Copyright Milady Graphic 2009" width="300" height="461" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Milady Graphic 2009</p></div>
<p><strong> </strong>Pour lutter contre la criminalité et la corruption galopante dans une ville ressemblant à Washington, sept personnes mues par une inébranlable volonté de changer le monde, de le rendre meilleur, acceptent de recevoir des &laquo;&nbsp;augmentations offensives et défensives de combat&nbsp;&raquo; pour devenir des Armes vivantes. Chacun engrange suffisamment de puissance pour tenir tête à une armée et tous ensemble ils forment le front de défense de l&#8217;Amérique. Tout bascule le jour où John HORUS, l&#8217;une des armes les plus appréciée du public, tue de sang froid le Président des États-Unis et ordonne au peuple américain de mettre fin à cette administration criminelle qui les gouverne pour organiser des élections libres.</p>
<p>Les six armes restantes se retrouvent prises entre deux feux : protéger les émeutiers de forces armées et se protéger eux-mêmes des armes officieuses lancées à leurs trousses par Franck BLACKSMITH, leur mentor pourtant supposé mort. Le tout en retrouvant John pour comprendre son geste et l&#8217;éliminer si besoin.</p>
<p>Pas besoin d&#8217;être un génie pour comprendre que <em>Black Summer</em> est un violent pamphlet contre l&#8217;administration BUSH et ses mensonges. Warren ELLIS avait déjà abordé ce thème des supers-héros qui rétablissent l&#8217;ordre en bottant les culs des dictateurs dans <em>The Authority</em> (la série qui lave plus blanc). Mais cette fois, il va plus loin que jeter un despote africain en pâture à  la population qu&#8217;il affamait. ELLIS et son comparse MILLAR en étaient restés à montrer les dents d&#8217;Authority au maitre du monde (<em>« Monsieur le Président vous n&#8217;êtes pas en position de déterminer ma juridiction »</em>). Chez Avatar Press, ELLIS ventile le Président et sa garde rapproché au quatre coins du bureau ovale, façon puzzle.</p>
<p>Cette séquence d&#8217;ouverture donne le ton général de l&#8217;album : ce sera sale, ce sera dur mais ce sera fait pour le bien du peuple. Et du lecteur halluciné.</p>
<p>La quatrième de couverture annonce pompeusement que « <em>si vous avez aimé Watchmen, vous aimerez Black Summer </em>».  Une accroche un poil prétentieuse, <em>Watchmen</em> reste d&#8217;une profondeur abyssale et a tellement révolutionné le genre qu&#8217;il sera difficile de lui arriver à la cheville. Mais pas si éloignée de la réalité. Car en effet sous un traitement gras et particulièrement sanglant, ELLIS a ciselé une histoire plus profonde qu&#8217;il n&#8217;y paraît et avec plusieurs niveaux de lecture.  Fidèle à lui-même, le scénariste britannique a en effet émaillé son récit de pure action avec quelques unes de ses réflexions habituelles, la première portant, de manière si évidente que c&#8217;en est sur la couverture, sur le pouvoirs et les responsabilités: quand on dit combattre pour le bien, jusqu&#8217;où peut-on aller ? Peut-on vraiment tout faire sous prétexte de pouvoir le faire ? Un homme seul peut-il se poser en seul décideur et renverser un gouvernement qu&#8217;il n&#8217;aime pas ? Mais ce n&#8217;est que la partie visible de l&#8217;iceberg puisqu&#8217;ELLIS a truffé son récit de réflexions sur, en vrac, la peine de mort, le complexe militaro-industriel ou encore la démocratie piétinée par les juteux contrats.</p>
<p>Alors oui <em>Black Summer</em> est dense,très dense, trop dense même pour certains qui ne verront que des personnages à peine esquissés (quand seuls deux ou trois se révèlent vraiment approfondis) et une accumulation de scènes d&#8217;action entre deux monologues antirépublicains. Car <em>Black Summer</em> est avant tout un défouloir pour les auteurs. Pour Warren ELLIS qui peut se lâcher comme jamais et tirer à boulets rouges sur ces républicains qu&#8217;il hait tant mais aussi pour José Juan RYP, le dessinateur. Cet espagnol né en 1971 a commencé sa carrière en dessinant des BD pornos pour Wet Comics ou des histoires de terreur pour Trece. En 2002, il est enfin remarqué et intègre l&#8217;écurie de la toute nouvelle maison Avatar Press. Il  collabore d&#8217;entrée avec rien moins qu&#8217;Alan MOORE puis Franck MILLER et finalement Warren ELLIS.</p>
<p>Son style est très particulier, mélange d&#8217;encrage épais, de personnages réalistes et de décors hyper détaillés. Les scènes d&#8217;actions sont ahurissantes de violence et de fureur, d&#8217;explosions de sang et de corps qui finissent en charpie. Ajoutez à cela de pleines pages débordant d&#8217;énergie et des designs classieux au possible et vous obtenez un condensé de nitroglycérine à boire cul sec. Son style ne plaira pas à tout le monde mais ceux qui accrocheront ne lâcheront pas le livre avant la dernière page. Promis.</p>
<h3><strong>No Hero</strong></h3>
<div id="attachment_2318" class="wp-caption alignright" style="width: 312px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/No-hero.jpg"><img class="size-full wp-image-2318" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/No-hero.jpg" alt="Copyright Milady Graphic 2010" width="302" height="470" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Milady Graphic 2010</p></div>
<p>Deuxième partie du futur triptyque <em>No Hero</em> ne partage pourtant pas grand chose avec <em>Black Summer</em>, en tout cas en apparence. L&#8217;un n&#8217;est pas la suite de l&#8217;autre, ils ne reprennent pas les mêmes personnages et ne se situent même pas dans le même univers. Et pourtant ils sont intimement liés.</p>
<p>Juin 1966, Carrick MASTERSON annonce à la télévision qu&#8217;il a créée un groupe de surhumain pour libérer le peuple de la loi de la rue, de la brutalité de la police et du monde qui se retourne contre lui. Son secret? Une drogue dérivée du LSD appelée FX7 et capable d&#8217;ouvrir les capacités extra humaines du cobaye<sup>[1]</sup>. Ou de le tuer, oui aussi. Les Levellers sont nés et vont devenir des héros, des protecteurs.</p>
<p>Quarante ans plus tard, alors que les Levellers deviennent la Front Line, deux d&#8217;entre eux sont assassinés salement par un groupe hostile non identifié. Il va falloir les remplacer au plus vite. Ça tombe bien, Joshua CARVER, jeune idéaliste surentrainé, n&#8217;aspire qu&#8217;à une chose: devenir un super-héros et protéger les gens. Et cette bonne âme a, grâce à son talent, réussi à attirer l&#8217;attention de Carrick MASTERSON. Il attend maintenant que le gourou lui propose enfin la gélule miracle qui fera de lui un héros protecteur de la loi.</p>
<p>C&#8217;est clair, Warren ELLIS est obsédé par le pouvoir et son usage; et presque toutes ses œuvres tournent autour de ce thème. Si dans <em>Black Summer</em> il se demandait jusqu&#8217;où pouvait aller un surhomme pour défendre ses idées, dans <em>No Hero</em> il met à l&#8217;honneur l&#8217;héroïsme à travers un jeune idéaliste prêt à tout pour défendre la veuve et l&#8217;orphelin. Et pose cette question: jusqu&#8217;où peut-on aller pour devenir un super-héros ? Jusqu&#8217;à sacrifier son humanité ? Ses idéaux ? Car en effet les agents de Front Line sauvent le monde mais n&#8217;oublient pas d&#8217;empocher leur part au passage, quitte à provoquer un peu les événements pour faire monter les enchères.</p>
<p>Respectueux du genre, les auteurs rendent ici hommage à ces héros de papier qui ont choisi de mettre leurs pouvoirs au service des autres. D&#8217;ailleurs, l&#8217;album est parsemé de fausses couvertures, véritables hommages à celles qui ont marqué l&#8217;histoire des héros célèbres: <em>X-Men</em>, <em>Spiderman</em>, Superman et bien évidemment <em>Watchmen</em>. Sauf si vous viviez sur Mars ces 20 dernières années, impossible de ne pas en reconnaître au moins une<sup>[2]</sup>.</p>
<p>Toujours dessiné par JJR, <em>No Hero</em> laisse un peu de côté les double pages sanglantes de gunfights hyper nerveux pour des pleines pages d&#8217;hallucinations cauchemardesques générées par la drogue ingurgitée par Joshua. Il vous montrera même quoi faire d&#8217;une colonne vertébrale fraîchement arrachée à son propriétaire.</p>
<p>Le style graphique ne change pas et reste toujours aussi précis (rappelant un peu Franck QUITELY pour les connaisseur) et saturé de détails. Ceux qui ont aimé <em>Black Summer</em> trouveront là encore leur comptant d&#8217;action, de sang et d&#8217;os.</p>
<h3><strong>Thèse, antithèse. Synthèse ?</strong></h3>
<p>On l&#8217;a dit, chacun des titres contient sa dose d&#8217;action et de réflexion et tous deux se font écho à travers ce thème de l&#8217;héroïsme. Pourtant, à bien y regarder, on pourrait y voir plus. Comme une sorte de mise en miroir dévoilant à qui regarde bien une nouvelle piste de réflexion planquée par ELLIS. Attention spoiler.</p>
<p>Dans <em>Black Summer</em> une divinité bienveillante et trop humaine descend sur terre pour renverser un gouvernement qu&#8217;elle juge néfaste et libérer les hommes. Après avoir combattu et perdu, les hommes se rendent compte que cette entité avait raison et reprennent les rênes de leur vie.</p>
<div id="attachment_2320" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Supergod.jpg"><img class=" size-full wp-image-2320" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Supergod.jpg" alt="Copyright Avatar Press 2010" width="300" height="467" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Avatar Press 2010</p></div>
<p>Dans <em>No Hero</em>, un humain qui n&#8217;en est plus vraiment un monte chez les Dieux pour mettre fin à une dictature liberticide et tenter de rendre sa liberté à l&#8217;humanité. Après avoir combattu et vaincu, les hommes se rendent compte que sans guide et livrés à eux mêmes ils sont voués au chaos.</p>
<p>A partir de là se dessinerait la position d&#8217;ELLIS : l&#8217;Humanité serait incapable de se gérer elle-même et devrait s&#8217;en remettre à une entité supérieure et bienveillante qui par sa position a le recul nécessaire pour décider.</p>
<p>L&#8217;idée n&#8217;est pas nouvelle certes, mais la démarche est plutôt innovante. Thèse, antithèse, reste à savoir comment Warren ELLIS clôturera son triptyque dans sa synthèse. Et cette synthèse s&#8217;appellera <em>Super God</em>, ce sera dessiné par Gary GASTONNY (<em>Caliber : first cannon</em>) et c&#8217;est prévu pour novembre 2010 aux États-Unis. <em>Black Summer</em> parlait de superhumains trop humains, <em>NoHero</em> d&#8217;un superhumain devenu un monstre; <em>Supergod</em> parlera d&#8217;un humain qui n&#8217;en est plus un et qui est devenu &#8230; autre chose. Plus d&#8217;infos (alléchantes mais en anglais) sur <a href="http://www.avatarpress.com/titles/supergod/">le site officiel d&#8217;Avatar Press</a>.</p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p><em>Black Summe</em>r et <em>No Hero</em> sont des œuvres hors normes qui revisitent avec bonheur le thème des supers qui pètent les plombs, une sorte d&#8217;Authority 2,0. C&#8217;est jouissif, intelligent, cynique et irrévérencieux.</p>
<p>Il serait dommage de passer à côté de ces titres sous prétexte que vous n&#8217;aimez pas le comics et encore moins les supers héros. Le triptyque d&#8217;ELLIS contient suffisamment de bonnes idées pour contenter même les plus réfractaires. D&#8217;autant que le travail de l&#8217;éditeur est superbe: traductions fidèles, beau papier et  couvertures luxueuses. A essayer avant de jeter au moins.</p>
<p>Le duo ELLIS-RYP est explosif et on croise les doigts pour que Milady sorte leur troisième livre en commun: <em>Wolfskin</em>. Compte tenu du thème (sword and sorcery à la Conan) et de la ligne éditoriale de l&#8217;éditeur, on peut espérer une bonne nouvelle sous peu.</p>
<p>Enfin, sachez qu&#8217;ELLIS, à l&#8217;instar de son pote Mark MILLAR <em>(Wanted!</em>, <em>Kick Ass</em>), aura droit aux honneur du grand écran puisque deux de ses œuvres vont sortir au cinéma en 2011 : <em>Ocean</em> (produit par Bruce WILLIS) et surtout <em>Black Summer</em>. En espérant qu&#8217;Hollywood ne dénaturera pas trop le titre.</p>
<hr><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2316" class="footnote">ELLIS glisse systématique des références aux drogues dans ses histoires,  plus ou moins visibles, plus ou moins positives.</li><li id="footnote_1_2316" class="footnote">Si vraiment vous bloquez, je veux bien donner un coup de main, mais il  faudra demander gentiment</li></ol>
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		<title>Thermae Romae</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Jun 2010 01:08:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mangas]]></category>
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		<description><![CDATA[Une des choses les plus remarquables au Japon est ce rapport privilégié que les japonais entretiennent avec le bain et le soin du corps. Les onsen (bains thermaux) sont une véritable institution et si leurs usages peuvent déstabiliser les occidentaux peu habitués à la nudité collective, je peux vous dire qu’une fois qu’on a essayé, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2305" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/thermae.jpg"><img class="size-medium wp-image-2305" title="thermae" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/thermae-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Marie Yamazaki / Enterbrain 2009</p></div>
<p>Une des choses les plus remarquables au Japon est ce rapport privilégié que les japonais entretiennent avec le bain et le soin du corps. Les <em>onsen</em> (bains thermaux) sont une véritable institution et si leurs usages peuvent déstabiliser les occidentaux peu habitués à la nudité collective, je peux vous dire qu’une fois qu’on a essayé, on en ressort convaincu !</p>
<p><strong>A cheval sur deux mondes</strong></p>
<p><em>Thermae Romae</em>, puisque c’est le nom de ce manga, joue de manière intelligente sur ces différences, en prenant un angle audacieux et finalement assez peu utilisé.</p>
<p>Lucius est un architecte romain. Oui, romain, comme dans Empire romain, époque empereur Hadrien ! Il traverse une période difficile : son dernier projet vient d’être refusé, au titre que ses idées architecturales seraient trop « vieilles »… En chemin vers les thermes, pour se détendre, il fait alors le bilan de ce qu’est devenu l’Empire romain depuis sa fondation et se demande si les critiques sur son travail ne seraient pas justifiées…</p>
<p>Les thermes ne sont finalement pas le meilleur endroit pour ses réflexions : très fréquentées, elles sont non seulement un lieu de relaxation mais aussi d’exercice physique et de soin du corps, dans les différents gymnases qui les composent.</p>
<p>Pour s’isoler, Lucius se plonge alors dans l’eau. Perdu dans ses méditations, il remarque cependant un étrange orifice au fond du bassin, par lequel l’eau s’échappe. S’approchant, il se fait soudain aspirer ! Lucius va-t-il mourir ainsi ?</p>
<p>Non, car il aperçoit la surface ! Mais quand il émerge… force est de constater qu’il n’est plus à Rome !! Il n’est pas le seul surpris, d’ailleurs : imaginez la tête des japonais du quartier, venus se détendre dans ce bain public, et qui voient soudain un étranger surgir de l’eau ! Hé oui, Lucius a fait un voyage temporel de la Rome antique au Japon actuel…</p>
<p><strong>Humour et salle de bains</strong></p>
<p>La série de Marie Yamazaki joue sur ce décalage : Lucius et les japonais ne sont bien entendu pas capables de se comprendre linguistiquement. Et les avancées technologiques de notre époque laissent souvent le romain perplexe. Cela donne lieu à un certain nombre de quiproquos cocasses ou de situations déstabilisantes pour Lucius : la scène où il se demande, assis sur des toilettes automatiques japonaises, combien d’esclaves cette civilisation peut employer pour faire de la musique pendant qu’on « fait son affaire », est impayable !  Surtout quand il enclenche par mégarde la fonction « bidet »…</p>
<p>Cependant, ces « glissades temporelles » (oui, cela se reproduira, prouvant à Lucius qu’il n’a pas rêvé) vont être l’occasion pour l’architecte romain de découvrir de nouvelles pratiques liées au bain et aux soins du corps. Il va d’ailleurs s’inspirer de certaines pour son propre travail, comme par exemple la sorte de chapeau qui permet de ne pas se mettre du shampooing dans les yeux, ce qui ne va pas manquer de remonter jusqu’aux oreilles de l’empereur…</p>
<p>C’est l’occasion aussi pour Lucius de découvrir de nouvelles pratiques culinaires liées aux bains, comme l’œuf cuit dans la source thermale, accompagné de saké, ou le plaisir d’une bonne bière fraîche après un bon bain chaud.</p>
<div id="attachment_2304" class="wp-caption alignright" style="width: 227px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/terumae450.jpg"><img class="size-medium wp-image-2304 " title="terumae450" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/terumae450-217x300.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Marie Yamazaki - 2010 (obtention de son prix)</p></div>
<p><strong>Un maitre mot : le réalisme</strong></p>
<p>Une telle série pourrait être vécue comme une aimable plaisanterie par des lecteurs occidentaux. Après tout, c’est un peu comme si un français s’amusait à faire une série BD sur la fabrication des katana dans le Japon du Moyen Âge : on pourrait craindre les anachronismes et les contresens.</p>
<p>Marie Yamazaki aborde cependant cet ouvrage avec un sérieux avantage : elle a vécu et étudié en Italie et elle est mariée avec un italien. Elle habite maintenant au Portugal, où travaille son mari.</p>
<p>Elle a donc pris le parti du réalisme : les voyages temporels ne sont ici qu’un prétexte scénaristique, la série n’a rien d’une série de science-fiction ou de fantastique. On se place plutôt dans une étude de civilisation. D’ailleurs, à la fin de chaque chapitre, un court texte explique au public japonais les us et coutumes de la Rome antique, avec force photos de vestiges et références historiques.</p>
<p>De plus, le dessin de Marie Yamazaki est résolument réaliste, mais elle conserve tout de même le parti pris de la narration en bande dessinée : les romains jouissent ainsi d’un dessin très détaillé, presque de « statues grecques », alors que les traits des japonais sont plus schématiques. Cela renforce cette impression d’un étranger perdu dans un autre monde, sans tomber pour autant dans la caricature.</p>
<p>Le rythme de la narration est intéressant : chaque chapitre est une glissade temporelle de Lucius, mais ces chapitres gardent une cohérence narrative entre eux. Marie Yamazaki évite ainsi l’écueil d’une démonstration culturelle trop longue et donc lassante et parvient sans mal à garder l’attention et l’intérêt de ses lecteurs.</p>
<p>Bref, <em>Thermae Romae </em>est un peu une révélation pour moi, dans le domaine « manga sérieux mais pas barbant ». Il ne reste plus qu’à espérer une traduction française le plus rapidement possible, cette œuvre le mérite amplement, d’autant qu’il a remporté un prix prestigieux au Japon !</p>

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		<title>Prix Canal BD 2009-2010</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Jun 2010 17:24:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Asides]]></category>
		<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
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		<description><![CDATA[Comme tous les ans le réseau Canal Bd décerne son prix. Et comme tous les ans depuis trois ans Kroniks publie un article pour vous donner le résultat. Petit rappel: Canal BD est un réseau de libraires spécialisés qui s&#8217;étend dans toute la France et même en Belgique et en Suisse. Et chaque bimestre les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme tous les ans le réseau Canal Bd décerne son prix. Et comme tous les ans depuis trois ans Kroniks publie un article pour vous donner le résultat.</p>
<p>Petit rappel: Canal BD est un réseau de libraires spécialisés qui s&#8217;étend dans toute la France et même en Belgique et en Suisse. Et chaque bimestre les libraires sélectionnent deux albums qui marquent particulièrement l&#8217;actualité pour leurs qualités et leur surprise. 2 albums par bi-mestres, 6 bi-mestres par an donc une sélection annuelle de &#8230; 12 titres. Merci à ceux qui suivent.</p>
<p>Cette année, les nominés étaient: <strong><em>L&#8217;encre du passé</em> T.1</strong> (de Maël et Bauza, chez Dupuis), <strong><em>Rosalie Blum</em> T.3</strong> de Camille JOURDY chez Actes Sud (le coup de cœur de Mme CRUCHOT et accessoirement Grand Prix de la Révélation Angoulème 2010), <strong><a href="http://www.kroniks.net/2009/09/14/ken-games-2/" target="_blank"><em>Ken Games T.2</em></a></strong> de Robledo et Toledano chez Dargaud, <strong><em>L&#8217;or et le Sang</em> T.1</strong> de Bedouel, Merwan, Defrance et Fabien NURY chez 12Bis (une petite pépite que j&#8217;ai découverte au hasard d&#8217;un festival), <em><strong>Le signe de la lune</strong> </em>de MUNUERA et BONET chez Dargaud (mon coup de cœur à moi perso cette année), <strong><em>Rébétiko</em></strong> de Prud&#8217;homme édité par Futuropolis (prix controversé Regards sur le monde à d&#8217;Angoulème 2010), <strong><a href="http://www.kroniks.net/2010/03/02/blast/" target="_blank"><em>Blast</em> T.1</a></strong> de Larcenet (Dargaud), <strong><em>Pain d&#8217;alouette</em></strong> de LAX (Futuropolis), <strong><em>Le Montespan</em></strong> de Teulé et Bertrand (Delcourt), <strong><em>Pluto</em> T.1</strong> de Urasawa et Tezuka (Kana), <strong><em>Lydie</em></strong> de Lafebre et Zidrou (Dargaud) et enfin <strong><em>Les derniers jours d&#8217;un immortel</em></strong> de Vehlmann et de Bonneval édité par Futuropolis (un conte philosophique que j&#8217;ai tout récemment lu et que je recommande chaudement).</p>
<p>Et le gagnant cette année est &#8230;. roulement de tambour &#8230; sans aucune surprise &#8230; <strong>Blast T.1</strong> de Manu Larcenet.</p>
<p>Cette année, la sélection a été  bien fade et loin de la  qualité de  <a href="http://www.kroniks.net/2009/06/21/prix-canal-bd-2008-2009/" target="_blank">celle de l&#8217;année précédente</a>. Un seul manga, aucun comic (alors que de superbes choses sont quand même sorties cette année, en marge des grosses productions des deux maisons concurrentes. Au hasard The Losers ou Black Summer&#8230;). Et l&#8217;omniprésence de Dargaud et Futuro me gène un peu quand même. A bien y regarder, il me semble que ce serait plutôt eux les grands vainqueurs.</p>
<p>Allez, on attend la prochaine sélection en espérant un peu plus de surprise, de courage et d&#8217;éclectisme dans les futurs choix.</p>

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		<title>Interview-vérité : Euromanga</title>
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		<pubDate>Sun, 30 May 2010 09:12:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<category><![CDATA[bd]]></category>
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		<description><![CDATA[Kroniks : Bonjour Frédéric, et merci d’avoir accepté de répondre aux questions de Kroniks ! Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que tu nous fais la gentillesse de nous répondre. Mais cette fois, puisque j’ai eu l’occasion de te rencontrer, on va parler de choses un peu différentes. Pour commencer, la traduction, ça ne doit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Kroniks : Bonjour Frédéric, et merci d’avoir accepté de répondre aux questions de Kroniks ! Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que tu nous fais la gentillesse de nous répondre. Mais cette fois, puisque j’ai eu l’occasion de te rencontrer, on va parler de choses un peu différentes. Pour commencer, la traduction, ça ne doit pas toujours être facile, notamment sur le <em>Bibendum Céleste</em>, non ?</strong></p>
<p><strong>Frédéric Toutlemonde</strong> : Alors c’est là que c’est intéressant parce que par exemple le traducteur (Masato Hara) du <em>Bibendum Céleste</em> est un peu l’activiste numéro 1 au Japon sur la BD. C’est lui qui dirige la BD Kenkyûkai (la communauté Mixi – équivalent nippon de facebook &#8211; sur la BD), il fait de la traduction, dont le <em>Bibendum Céleste</em> pour Euromanga, écrit des articles sur la BD et participe à l’organisation de conférences. C’est un gars qui a une formation littéraire pure souche, qui adore étudier, un vrai chercheur dans l’âme. Le langage ultra complexe de <em>Bibendum</em>, plein de surréalisme, il arrive à bien le rendre et à me démêler ça sans trop de difficultés. Sur Euromanga, je pense que j’ai réussi à faire des paires qui fonctionnent bien. La traductrice de <em>Blacksad</em>, qui est aussi celle du <em>Vol du Corbeau</em>, aime ces ambiances un peu cinématographiques, polar d’après-guerre, qui sont plutôt bien écrits sans trop de grosses difficultés. Le traducteur de <em>Rapaces</em> est un traducteur qui travaille principalement sur de la traduction en anglais, et un peu en français. Il n’a pas une très grosse culture en littérature française, et en BD  il n’y connait pas grand-chose. Par contre c’est quelqu’un qui lit du manga, qui lit de la science-fiction, du fantastique donc c’est quelqu’un qui connait cet univers un peu « entertainment », une histoire de vampire ça lui parle donc. Ce n’est pas un titre que j’aurais proposé à la traductrice de <em>Blacksad</em>, ce n’est pas du tout son univers, de même, elle serait incapable de traduire <em>Skydoll</em> … tout simplement parce que Barbara Canepa m’a demandé de traduire <em>Skydoll</em> à partir de l’italien. Je suis donc allé trouver LA japonaise qui travaille à l’Ecole internationale du manga de Rome qui est aussi agent pour des dessinateurs italiens pour faire leur promo au Japon. Mais c’est vrai que le pauvre Masato, à chaque fois que je lui donne la traduction du <em>Bibendum Céleste</em>, je me dis qu’il va en baver ! [rire]</p>
<p><strong>K : Oui, la paire œuvre/traducteur, c’est un aspect vital !</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Il faut trouver les traducteurs qui ont un peu le bon profil pour l’œuvre, qu’on sait qu’ils ne vont pas se sentir mal à l’aise avec et qu’ils vont réussir à trouver les mots adaptés pour rendre la traduction efficace. Là j’ai décidé de mettre <em>Happy Sex</em> et <em>Péchés Mignons</em>, c’est un ton très coquin, il ne faut pas avoir la langue dans sa poche, ou commencer à rougir. J’ai senti que cela ne marcherait pas avec mes quatre traducteurs. Je bossais bien avec un Japonais qui s’appelle Tsukui qui bosse beaucoup pour des maisons d’édition alternatives, sa femme dessine entre autre des manga érotiques, je me suis dit qu’il n’y aurait pas de problème avec lui et on a donc fait la traduction à deux ; il ne parle pas français du tout,  j ‘ai traduit les textes en japonais et il est repassé derrière pour les adapter comme il faut. C’est comme ça qu’on a fait la traduction des planches de <em>Péchés Mignons </em>et de <em>Happy sex</em>.</p>
<p><strong>K : Zep, c’est quand même un peu un gros coup, parce que <em>Happy Sex</em> ça a été une bonne réussite éditoriale et puis c’est un nom connu pour nous européens, même s’il est sans doute inconnu ici au Japon.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : C’est ça qui a été un peu délicat, quand je vais voir les éditeurs français et que je leur dis ce que je veux, sauf que mes moyens financiers sont ridicules, certainement pas à la hauteur de l’idée qu’on peut se faire d’un éditeur japonais. Certains éditeurs m’accordent peut-être le bénéfice du doute « Voilà, il galère, il va vraisemblablement se foirer mais sait-on jamais, si ça marche… ». On a réussi à mettre en place un networking, des contacts chez d’autres éditeurs. Il va y avoir la sortie de l’intégrale de <em>l’Incal</em> à la fin de l’année ; ils ont accepté <em>l’Incal</em> parce qu’on leur a proposé ! Donc il y a tout de même des choses qui se passent et qui vont dans le bon sens</p>
<p><strong>K : quand même, Moebius n’est pas un nom totalement inconnu au Japon. Certes, il faut être fan de recherches graphiques, d’occidentalisme dans le dessin, mais il y a des mangaka qui le citent comme influence.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Oui, et il n’y a pas que Moebius, je pense que Nicolas de Crécy commence déjà à être un petit peu connu et à mon avis peut acquérir une vraie notoriété ici chez les amateurs de BD ou les professionnels comme Moebius ou Bilal. Je pense vraiment qu’il peut percer, quand je dis percer c’est être publié par un autre éditeur qu’Euromanga.</p>
<p><strong>K : Justement, selon toi, quels sont les principaux obstacles pour la BD au Japon, en dehors de la barrière de la langue ? Sur le concept même.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Plus que la narration ou la difficulté d’appréhender les ellipses, pour moi le principal problème se pose d’abord au niveau du format. En dehors du fait que ça coûte 5 fois plus cher de publier de la BD que de publier du manga, il y a un problème concret que malheureusement les lecteurs ne voient pas qui est de l’agencement des rayons dans les librairies : il n’y a pas une seule étagère à ce format, ils ont tout standardisé sur le format manga. Ou alors, on a la chance qu’ils aient quelques grands formats comme des art-books, ou une étagère de comics américains. S’ils n’en ont pas, pour Euromanga soit ils me le renvoient soit ils les mettent avec les bouquins de jeux vidéo, n’importe où on peut caser un truc en A4 en gros. Ça c’est le gros problème, ça limite beaucoup les rencontres, le public  a de vraies difficultés à tomber dessus. Ensuite le prix d&#8217;Euromanga est très cher (1800 yens)… Il aurait fallu que je reste sur le prix du premier, à 1500 yens, mais à l’époque j’avais vraiment très peur de me manger une grosse veste. C’est un peu dommage mais on ne peut pas savoir ce qui va se passer plus tard. Il aurait peut-être fallu que je prenne un peu plus sur moi, que je prenne un peu plus de risques… Sur le moment, j’avais beaucoup de sons de cloche alarmistes, je voyais beaucoup de retours, je me disais « là je vais me retrouver avec 70% de retours, je suis mort ».</p>
<p><strong>K : Mais justement, il y a quand même un public, pour ces œuvres-là, pour la BD on va dire en gros ?</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Il y a un public, oui. On constate d’ailleurs le retour d’un public pour le comics américain, c’est un peu la bonne nouvelle des deux dernières années. Il y a beaucoup de Batman qui vont sortir, il y a un éditeur qui a relancé les <em>X-Men</em>, il y a un <em>Hellboy</em> et même <em>l’encyclopédie Marvel </em>qui sort. C’est pas mal parce que ça peut entraîner la création d’un espace comics dans les librairies. C’est important de savoir que quand le bouquin ne sera plus parmi les nouveautés, il  en restera au moins un exemplaire dans cette espace. Les deux titres qui ont fait décoller le comics, c’est <em>Watchmen</em> dont les ventes arrivent presque à 40.000 exemplaires et <em>From Hell</em> qui a dépassé les 20.000, ce sont de très très belles ventes pour des bouquins très chers.</p>
<p><strong>K : Est-ce que c’est à mettre en relation avec leurs adaptations cinématographiques ?</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Pour <em>Watchmen</em> oui, pour <em>From Hell</em> non. Pour ce dernier, pourtant, l’éditeur l’avait certainement sorti en se disant « il y a eu un film avec Johnny Depp qui fait toujours un gros carton au Japon, ça va avoir un impact », mais non, en fait. Visiblement, ce sont les lecteurs d’Alan Moore qui l’ont acheté et il a bénéficié d’un bandeau avec des citations de critiques littéraires très renommés. Il y a eu un très bon relais dans la presse et je pense que c’est la force du scénario qui l’a porté… Pourtant c’est un bouquin dur à lire <em>From Hell</em>, mais incroyablement les japonais se sont jetés dessus. C’est bizarre : il était cher, en noir et blanc, il n’avait pas lieu d’être à ce prix-là, en plus ils l’ont éclaté en deux volumes, eh bien il s’est bien vendu… a côté d’Euromanga ; c’est rageant ! [rires]</p>
<p><strong>K : Est-ce qu’il n’y a pas aussi une question relative à la couleur ? Les BD sont en grande majorité toutes en couleur, alors que les mangas, parfois les 10 premières pages le sont, mais pas plus.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Y a un rapport à l’imaginaire qui est intéressant sur l’histoire de la couleur.  J’ai lu ça dernièrement, sur une critique d’Euromanga justement, une fille qui fait de supers articles sur son blog. Là pour le 4, elle disait un truc intéressant, que la couleur enlève de l’imaginaire, c’est-à-dire que même si on fait un dessin très réaliste, le fait que ce soit en noir et blanc finalement plonge le lecteur plus dans l’imaginaire, il arrive plus à se dire qu’il est dans une fiction, tandis qu’un truc en couleur, ça va fixer en fait un peu l’œuvre dans des repères du réel. Même si le dessin est très caricatural, finalement on sera moins dans la fiction, dans l’imaginaire et plus dans le réel.  Donc il y a cette idée qu’avec la BD en couleur on rentre moins dans l’imaginaire que le manga, ce qui est sans doute vrai. Ceci étant dit, je reste convaincu qu’il faut faire comprendre au lecteur japonais que la couleur peut être une autre manière de passer dans l’imaginaire. Le plaisir de la couleur, dans la BD, c’est quand même quelque chose de jouissif, auquel il est important d’éduquer le lecteur, par exemple apprécier les belles couleurs de Rapace.</p>
<p><strong>K : C’est vrai que pour un lecteur européen, c’est très important, ce travail sur la couleur, ça participe de l’ambiance générale de l’œuvre.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : C’est un tiers, pratiquement ! C’est de l’ambiance, de la nourriture visuelle ! Nous on a l’habitude de s’arrêter sur le dessin, les japonais moins, c’est un vrai problème. Pour les japonais, ce qui compte, c’est le « flux », ce mouvement de la narration. En BD, on a peut être plus envie de pouvoir faire des pauses, de gérer tout ça, sans truc qui nous dise « accélère ». Ils réfléchissent avant tout leur création narrative sur un flux ; selon le flux que je veux donner,  je vais choisir mes cadres, mes planches, faire en sorte que le lecteur, il accélère là parce que je veux que là ça aille vite. Et finalement, le lecteur japonais est presque sur de la téloche, il ne s’en rend pas compte, mais le rythme qu’on lui donne c’est un rythme qui est très très proche d’un support télévisé, en fin de compte, où toutes les répliques sont données, où toutes les scènes sont montrées, le gros plan pleine page est roi.</p>
<p><strong>K : Pour conclure la petite interview : et le futur d’Euromanga ?</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Pour l’instant j’attends les résultats du 4 et voir l’état du nombre de lecteurs on va dire « consolidés » ; concrètement c’est assez difficile de les sortir. J’ai bénéficié du programme d’aide à la publication du Ministère des Affaires Étrangères, ce qui m’a permis de m’y retrouver dans mes comptes, mais sans ce programme-là, ça serait difficile. Bon, je pense que je vais tout de même sortir les 5 et 6. Et puis donc, je suis en pourparlers avec un éditeur pour une intégrale d’une des séries que je publie dans Euromanga, en coproduction et cofinancement. J’en suis à un stade un peu douloureux, où les gens commencent à se rendre compte qu’Euromanga c’était pas juste un coup de vent, mais que ça se poursuit même si le rythme est très lent, ça c’est bien, je commence à obtenir la confiance d’un lectorat qui commence à se dire que la publication va se poursuivre, donc si par malheur je devais arrêter, je pense que là ça serait très compliqué à gérer avec ces lecteurs. Je vais tout faire pour continuer surtout que je n ai pas vraiment de raison d’arrêter et que j’y trouve beaucoup de plaisir. Et puis sait-on jamais, il peut y avoir un vrai coup d’éclairage sur la BD en fin d’année ou l’année prochaine, ce qui permettrait de souffler un peu. Le but du jeu c’est aussi que d’autres éditeurs entrent dans la danse pour créer une émulation. Là c’est vrai que je suis un peu tout seul dans le désert donc c’est douloureux. L’intérêt des tankôbon (intégrale BD) c’est aussi de pouvoir présenter de la BD d’une autre manière, plus compacte. Et ça me permettrait surtout d’apporter de nouvelles séries à Euromanga. Y a des choses excellentes, comme du Emmanuel Lepage, ou mon coup de cœur, <em>Aquablue</em>, parce que c’est la série qui m’a fait basculer du comics vers la BD. Mais bon, c’est quelque chose qui va prendre encore beaucoup de temps.</p>
<p><strong>K : Merci à toi Frédéric !</strong></p>

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		<title>Kroniks sur Twitter</title>
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		<pubDate>Sat, 29 May 2010 15:39:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoît</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2261" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/3.png"><img class="size-medium wp-image-2261" title="Kroniks est sur Twitter" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/3-300x300.png" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Kroniks est sur Twitter</p></div>
<p>Après Facebook qui avait fait <a href="http://www.kroniks.net/2009/03/28/kroniks-possede-son-groupe-facebook/">son entrée sur kroniks.net</a>, il y a quelques mois, avec notamment la création d&#8217;<a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=74039562597">un groupe</a> (qui possède aujourd&#8217;hui 53 membres) ainsi que la mise en place de liens permettant le partage des chroniques ou plus récemment l&#8217;ajout du bouton &laquo;&nbsp;J&#8217;aime&nbsp;&raquo; pour donner votre sentiment sur ce que vous venez de lire, nous poursuivons l&#8217;aventure dans les réseaux sociaux.</p>
<p>Cette fois, nous venons de créer notre compte Twitter disponible à cette adresse : <a href="http://twitter.com/kroniks_bd">http://twitter.com/kroniks_bd</a>.</p>
<p>Ainsi, en nous suivant sur Twitter vous resterez au courant de l&#8217;actualité de Kroniks et en direct. Dès qu&#8217;une nouvelle chronique est diffusée, un lien est immédiatement publié sur Twitter. Nous nous efforcerons de profiter de ce nouvel outil pour publier également de l&#8217;actualité BD, des liens intéressants et tout autre information qui n&#8217;aurait pas forcément une place sur le site kroniks.net.<br />
Amies lectrices et amis lecteurs, si vous twittez aussi, n&#8217;hésitez pas à nous suivre.</p>
<p>Chacun des articles publiés sur Kroniks est dorénavant doté d&#8217;un bouton qui vous permettra de facilement les partager via le réseau de micro-blogging : <a href="http://twitter.com/kroniks_bd"><img class="alignnone" title="Twitter" src="http://twitter-badges.s3.amazonaws.com/twitter-b.png" alt="Twitter" width="61" height="23" /></a></p>
<p><em><strong>Crédits image</strong></em> : <a href="http://www.mirkku.com/tweet/">Mirjami Manninen</a></p>

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		<title>Patrick PINCHART n&#8217;est pas un auteur de BD&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 25 May 2010 20:53:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A Kroniks on publie ce qu&#8217;on veut quand on veut. Et on vous en donne la preuve.  D&#8217;habitude sur un site dédié aux BD on trouve des interviews d&#8217;auteurs de BD : scénaristes, dessinateurs, coloristes même. Et bien pas nous. Cette fois, nous avons décidé de vous proposer l&#8217;interview de quelqu&#8217;un qui n&#8217;a jamais sorti [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A Kroniks on publie ce qu&#8217;on veut quand on veut. Et on vous en donne la preuve.  D&#8217;habitude sur un site dédié aux BD on trouve des interviews d&#8217;auteurs de BD : scénaristes, dessinateurs, coloristes même. Et bien pas nous. Cette fois, nous avons décidé de vous proposer l&#8217;interview de quelqu&#8217;un qui n&#8217;a jamais sorti de BD . Bon, on ne tombe pas trop loin puisqu&#8217;il s&#8217;agit de celle de Patrick PINCHART, ancien rédac&#8217; chef de Spirou Magazine et nouveau fondateur du site communautaire <a href="http://www.sandawe.com">Sandawe </a>dont <a href="http://www.kroniks.net/2010/05/17/devenez-editeur-de-bande-dessinee/">on vous a parlé il y a peu</a>.</p>
<p>Alléché par un peu de publicité gratuite, Patrick a bien voulu se prêter au jeu des questions (pas toujours) sérieuses de Tonton Cruchot et nous donne des réponses (pas forcément) stupides. On ne vous avait rien promis et pourtant la voilà.</p>
<p>Et donc j&#8217;annonce : Dans le cadre des belles interviews de Tonton Cruchot, voici un entretien tout en finesse avec Patrick PINCHART.</p>
<p><strong>Patrick PINCHART bonjour. On va commencer par le début, c&#8217;est toujours plus sympa. Peux tu expliquer aux nombreux lecteurs de kroniks (si si, nombreux, on a les noms) ce qu&#8217;est Sandawe, ce que ça veut dire et surtout comment ça se prononce ?</strong></p>
<p>Sandawe se prononce comme « Zimbabwe ». C&#8217;est le nom d&#8217;une tribu africaine. On a flashé dessus car elle a plein de valeurs proches de celles de la communauté qu&#8217;on veut installer: elle n&#8217;a pas de leader, tout se décide en commun; elle n&#8217;a pas le sens de la propriété, tout appartient à tout le monde (je parle des objets, pas forcément des femmes, calme-toi!); et aussi, son langage est très spécial car ces aborigènes parlent&#8230; par clics. Exactement comme nous. Je veux dire quand on clique sur un lien, quoi. « Clic ». Non? Tu ne comprends pas ? Nous, ça nous a fait rire&#8230; Bref, Sandawe est une maison d&#8217;édition de bande dessinée basée sur une communauté de lecteurs et d&#8217;auteurs de BD, dont les projets des derniers peuvent être financés par les premiers. Est-ce que je suis clair ? Non ? Bon (soupir&#8230;), tu connais « MyMajorCompany » et Grégoire ? Oui (re-soupir&#8230;) ? Eh bien, c&#8217;est le même principe, mais adapté à l&#8217;édition de bande dessinée: les auteurs proposent des projets, les internautes les financent, nous les éditons et distribuons les albums, en version papier, dans les bacs des libraires et, en version électronique, sur Internet. Les internautes qui participent à l&#8217;aventure ont leur nom imprimé dans l&#8217;album, reçoivent  des tirages « collector » de dessins inédits et planches, et, surtout, se partagent les bénéfices. C&#8217;est clair, à présent? Bien (re-re-soupir&#8230;)!</p>
<p><strong>Après avoir un peu joué au journaliste, tu as été rédacteur en chef pour Spirou Magaziiiiine (deux fois) et en 2009 tu abandonnes cette place en or pour te lancer dans un projet d&#8217;édition communautaire. C&#8217;est le fait de &laquo;&nbsp;coacher&nbsp;&raquo; les jeunes pour Spirou Magaziiiiine qui t&#8217;a poussé à te lancer dans cette aventure ?</strong></p>
<p>- « Yep! », comme disait Sarkozy,&#8230; ah non, Lucky Luke,&#8230; ou Blueberry, je ne sais plus. C&#8217;était la partie la plus passionnante du boulot&#8230; Comment ? Non, je n&#8217;ai pas dit que le reste était chiant, il ne faut pas interpréter comme ça! A part ça, c&#8217;est vrai que c&#8217;était une place en or. Surtout quand on aime la BD, les auteurs de BD et&#8230; quoi ? Mais non, pas les filles des auteurs de BD, il faut vraiment te calmer&#8230; Vous êtes tellement en manque, à Kroniks ?</p>
<p><strong>Le site comptabilise plus de 1000 pigeo… heu membres six mois à peine après sa mise en ligne. A ton avis, qu&#8217;est ce qui fait son succès ?</strong></p>
<p>- 1000? Six mois? La personne qui t&#8217;a documenté devait avoir un peu bu ce jour-là. On frise les 1500 membres si tu comptes les auteurs (ils sont déjà 250). Et on existe à peine depuis janvier. Donc, on est encore au biberon. Je pense que si les gens se sont inscrits, c&#8217;est parce que les projets qu&#8217;on leur propose sont de qualité et qu&#8217;ils ont bon espoir qu&#8217;ils soient édités. Sandawe  ne propose que des projets professionnels, ce n&#8217;est pas un blog d&#8217;amateurs (même si j&#8217;estime les amateurs, certains sont les auteurs « pros » de demain, mais il y a encore du travail! On est là pour les aider à y parvenir, il y aura même une rubrique dans le forum où on conseillera des références pour qu&#8217;ils puissent se documenter et s&#8217;exercer.)</p>
<p><strong>Sandawe propose au moment de cette interview 11 projets très variés. Peux-tu nous expliquer comment ils ont été choisis ? Surtout, avez-vous fixé des limites à leur nombre : trop peu et le choix va manquer, trop et les fonds vont se disperser, non ?</strong></p>
<p>- Exactement! La sélection se fait comme chez un éditeur traditionnel (ce qui nous différencie, c&#8217;est la méthode de financement, pas le reste) : des auteurs nous envoient des projets, je les lis, j&#8217;en discute avec eux et ceux qui atteignent un niveau qualitatif suffisant sont proposés aux internautes. La sélection est donc draconienne et le restera, donc le nombre augmentera, mais à un rythme raisonnable, avec un maximum de deux nouveaux projets par mois en vitesse de croisière.</p>
<p><strong>Parlons un peu sousous. Les pigeo… les &laquo;&nbsp;édinautes&nbsp;&raquo; vous confient de l&#8217;argent pour développer et éditer des albums de bande dessinée. Que peux-tu leur dire pour les rassurer et les inciter à investir ?</strong></p>
<p>- Que leur argent est déposé sur un compte spécial, accepté par la CBFA qui est le redouté organisme de contrôle des banques en Belgique et que je ne pourrai donc pas passer mes prochaines vacances aux Bahamas à leurs frais. De plus, ils peuvent à tout moment déplacer leur argent d&#8217;un projet à un autre, et même se faire rembourser, s&#8217;ils en font la demande à notre tueur professionnel&#8230; Tu dis?&#8230; Ça ne va pas les rassurer, ce que je viens de dire? Mais je blaguais&#8230; Tu ne trouves pas ça drôle? Bon, retourne regarder le film que tu visionnais sur Youporn quand je suis arrivé, ça semble t&#8217;avoir distrait un petit peu!</p>
<p><strong>Assez parlé des pige… des membres. Si on parlait des auteurs. N&#8217;importe qui peut soumettre un projet ? Y a-t-il un état d&#8217;avancement minimal ? Vous en prenez encore ?</strong></p>
<p>- N&#8217;importe qui peut soumettre un projet et c&#8217;est ce qui se passe en pratique, mais n&#8217;importe qui ne sera pas éditable, car nous ne prenons que ceux qui ont un potentiel, donc toutes les qualités pour que leurs albums ne se retrouvent pas au pilon quinze jours après avoir été imprimés. Par la suite, comme c&#8217;est le public qui choisit d&#8217;éditer, on a au moins la garantie que cela plaira à un certain nombre de lecteurs, que les édinautes (c&#8217;est ainsi qu&#8217;on appelle ceux qui investissent dans les projets) vont faire de la pub puisqu&#8217;ils se partagent les bénéfices, et donc que ces livres seront vus. Ce qui n&#8217;est pas évident pour les autres vu la surproduction actuelle.</p>
<p><strong>Les auteurs qui se lancent avec vous touchent-ils une avance ou ils doivent attendre que le livre soit dans les bacs pour être payés ? Et du coup pour ton équipe c&#8217;est pareil ?</strong></p>
<p>- Les auteurs touchent une avance sur leurs droits, qui leur est acquise que le livre réussisse ou non. Et, bien sûr, par la suite, ils touchent des droits sur les livres vendus, une fois cette avance atteinte. Nous, on n&#8217;est payés que sur le budget de financement et sur les ventes. Pour le moment, on mange du riz aux pâtes « premier prix »  et on boit de l&#8217;eau du robinet, car on ne touchera donc rien avant qu&#8217;un projet soit financé. Et encore, comme on est un peu tar&#8230; euh, très passionnés, on offre notre part du budget à tous les projets qui seront financés avant la rentrée. Donc, dépêchez-vous d&#8217;investir, car une fois cette date dépassée, les budgets grimperont. Et on pourra passer au champagne. Non, c&#8217;est une boutade, je ne bois que de la bonne bière belge.</p>
<p><strong>Est-ce qu&#8217;ils doivent signer une sorte de clause d&#8217;exclusivité avec vous ?</strong></p>
<p>- Ben oui, c&#8217;est normal. Ils ne vont pas demander aux internautes d&#8217;éditer leur projet et en même temps aller signer à la concurrence, ce ne serait pas honnête pour les édinautes qui leur font confiance. Le contrat d&#8217;édition est déjà signé quand le projet est mis en ligne.</p>
<p><strong>Tu as beaucoup travaillé dans la BD. Dans le désordre tu as été journaliste, fondateurs de divers festivals ou d&#8217;expositions, fondateur du site Actuabd, directeur d&#8217;édition pour Spirou Magaziiiine et même &laquo;&nbsp;éditeur du patrimoine des Editions Dupuis&nbsp;&raquo;. Classe. Donc on peut dire que tu connais un peu le média. Alors quel type de lecteur es-tu? Quels sont tes classiques absolus? Tes derniers coups de cœur ? Tes derniers coups de gueule ?</strong></p>
<p>- Comme j&#8217;ai eu la chance de grandir puis de travailler avec des personnes telles que Franquin, Morris, Will, Peyo, Sirius, Leloup, Cauvin&#8230; pour ne citer qu&#8217;eux (je me fais plein d&#8217;ennemis, là !), j&#8217;ai une bonne base classique. J&#8217;avais le journal « Spirou » et le journal « Tintin » dans mon berceau (merci, papa, merci, maman, merci bonne-maman – en Belgique, toute la famille lisait ces journaux) dès la naissance. Mais comme j&#8217;ai eu la chance de créer la première émission de radio consacrée à la bande dessinée, en 1980, j&#8217;ai découvert toute la jeune génération de l&#8217;époque, réunie autour du mensuel <em>(A suivre)</em>, et toutes les stars des journaux encore vivants tels que Pilote mensuel, Métal Hurlant, Fluide, L&#8217;Echo des Savanes (avant la période porno. Après aussi, mais ça, ça ne se dit pas), etc. A Spirou, évidemment, j&#8217;ai vu émerger de grands talents comme Tome et Janry, Midam, Zep, et plus tard Lapuss, Libon et plein d&#8217;autres. Et Didier Pasamonik me conseille en mangas, car j&#8217;ai du mal à m&#8217;y retrouver dans cette énorme production.</p>
<p>Côté « coup de gueule », c&#8217;est la surproduction actuelle qui me fait râler car certains éditeurs publient n&#8217;importe quoi simplement pour occuper de l&#8217;espace en librairie, dont beaucoup de livres qui n&#8217;auraient jamais dû être édités et dont tout le monde sait, sauf l&#8217;auteur puisqu&#8217;il n&#8217;a pas le recul nécessaire sur son travail, que cela va finir au pilon  une semaine plus tard. Et celui qui en paie le prix fort, c&#8217;est l&#8217;auteur, justement, surtout les jeunes qui commencent donc leur carrière sur un échec.</p>
<p>Autre « coup de gueule », la destruction progressive de l&#8217;image de Tintin par Nick Rodwell et ses dérapages comme ses attaques sur la vie privée de certains journalistes: je suis stupéfait que Spielberg mette ses billes dans un projet avec quelqu&#8217;un d&#8217;aussi instable psychologiquement.</p>
<p>Côté « coup de cœur », un petit livre de Zidrou et ses potes dessinateurs qui s&#8217;appelle <em>La vieille dame qui n&#8217;avait jamais joué au tennis</em>. C&#8217;est un livre qui rend heureux et qu&#8217;il faut avoir lu, offrir à tous ses potes, à toute sa famille, au poisson rouge, à tout le monde, quoi! Côté classique absolu, <em>Le nid des Marsupilamis</em> ex-æquo avec <em>Les idées noires</em> de Franquin. J&#8217;emmène sans discussion ces trois albums sur une île déserte.</p>
<p><strong>Après avoir passé tant de temps dans le milieu tu arrives encore à être surpris ?</strong></p>
<p>- Oui, le contraire serait bien triste. Je ne vais pas en rester à la nostalgie des bouquins de mon enfance, quand même ! L&#8217;âge d&#8217;or de la BD, c&#8217;est maintenant, pas dans le fond d&#8217;une bibliothèque poussiéreuse. Mais je relis toujours avec un énorme plaisir un Peyo, un Franquin, un Greg, un Christian Godard, un Goscinny, et même un Hergé malgré les énormes et répétés efforts de Nick Rodwell pour m&#8217;en dégoûter.</p>
<p><strong>Patrick, merci beaucoup pour avoir pris un peu de temps pour nous. On souhaite longue vie à ton site et plein de petites BD. Et surtout nous te souhaitons un bon rétablissement après la grosse frayeur que tu as fait à tout le monde. On se revoit pour la toute première publication ? Je te laisse le mot de la fin. Celui que tu veux.</strong></p>
<p>Oui, pour tous ceux qui ne seraient pas au courant de la « grosse frayeur » : j&#8217;ai battu le record de chute en salle d&#8217;escalade en Belgique, 18 mètres de haut sans filet, dix jours à peine après avoir lancé les éditions Sandawe et je suis un peu cassé pour de nombreux mois, ce qui a retardé le réel lancement du site de quatre mois, le temps que je sorte de l&#8217;hôpital. Il vient d&#8217;avoir lieu. Donc, si j&#8217;ai dit des conneries, c&#8217;est normal, j&#8217;ai une excuse, c&#8217;est la morphine. Donc, voici mon mot de la fin: « si vous pratiquez l&#8217;escalade, ne faites pas comme moi, vérifiez votre nœud d&#8217;assurage. »&#8230; Que dis-tu ?&#8230; Ça n&#8217;a rien à voir avec la BD ?&#8230; Ah, je devais dire quelque chose en rapport avec la BD ? Bon, euh, eh bien, euh, ben tu me prends au dépourvu, là&#8230; « Vive la BD », ça va ?&#8230; Comment ?&#8230;Tu attendais mieux que ça venant de moi ? Attends&#8230; Je réfléchis&#8230; Ah, j&#8217;ai trouvé, ça va être la citation du millénaire ! Accroche-toi ! Voici :</p>
<p>« … » (clic)</p>
<p><em>(L&#8217;enregistreur MP3 est malheureusement tombé en panne à ce moment de l&#8217;interview et notre chroniqueur ayant un peu trop arrosé l&#8217;interview après la rencontre, ne se souvient plus vraiment des paroles de Patrick Pinchart, qui devaient certainement être très intéressantes. Cela dit, on retourne visionner le film de Youporn qu&#8217;il nous a conseillé.)</em></p>

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		<title>Bd et manga de S.F. se rencontrent à Kyôto !</title>
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		<pubDate>Thu, 20 May 2010 06:03:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a de cela plus d’un an, je vous avais parlé du Musée International du Manga de Kyôto. C’est le moment de lui redonner un petit coup de projecteur, puisque très récemment s’y est déroulée une animation autour de la BD de SF française. Le Musée n’a d’ailleurs pas traité le sujet à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2223" class="wp-caption alignleft" style="width: 224px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mezieres.jpg"><img class="size-medium wp-image-2223" title="mezieres" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mezieres-214x300.jpg" alt="" width="214" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright J-C. Mézières / Musée International du Manga 2010</p></div>
<p>Il y a de cela plus d’un an, je vous avais parlé du <a href="http://www.kroniks.net/2008/11/12/le-musee-international-du-manga/">Musée International du Manga</a> de Kyôto. C’est le moment de lui redonner un petit coup de projecteur, puisque très récemment s’y est déroulée une animation autour de la BD de SF française.</p>
<p>Le Musée n’a d’ailleurs pas traité le sujet à la légère : deux expositions et plusieurs conférences ont permis d’aborder le thème en profondeur. Les invités étaient aussi au rendez-vous : J-C. Mézières &amp; P. Christin (Valérian), le scénariste J-D. Morvan (Sillage, le Petit monde, etc…) du côté français, Jirô Taniguchi (Icare avec Moebius, Seton, etc…) et Yoshikazu Yasuhiko (Gundam, Arion). Excusez du peu !! Pas de photos de l’intérieur du musée, vous devrez donc vous contenter de photos du mur de dédicaces situé dans le petit café attenant au musée. Comme vous le voyez, y a quand même de quoi se régaler les yeux !</p>
<p>Une des expositions était centrée sur l’univers de Valérian. Composée de reproductions de planches originales, ordonnées par année de publication, elle permet de suivre l’évolution graphique et thématique de la série. De nombreux exemplaires des aventures de Valérian et Laureline sont en libre accès. Il faut dire aussi que son univers jouit indirectement de la popularité du film Le Cinquième Elément (Luc Besson), puisque J-C. Méziers a effectué un très gros travail de recherche graphique pour le film. Cet aspect est aussi bien mis en valeur dans cette exposition.</p>
<div id="attachment_2227" class="wp-caption alignright" style="width: 250px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image111.jpg"><img class="size-medium wp-image-2227 " title="Image111" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image111-300x225.jpg" alt="" width="240" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Laureline, Valérian, Gundam, Ashita no Jô, une rencontre inédite !</p></div>
<p>La seconde met en parallèle les manga et les BD de SF, au travers d’une trentaine d’exemples, sur le principe de l’alternance : 1 manga, 1 BD. On y retrouve tous les grands classiques des deux catégories : Blame, Gunnm, Akira, Universal War One, Sillage, Le Complexe du Chimpanzé, etc… Là encore, de nombreux ouvrages sont à la disposition du public. Un choix éclectique mais très intéressant !</p>
<p>Soyons réalistes : la première des deux expositions intéressera surtout les visiteurs européens de passage, qui constitue une part non négligeable de la fréquentation du musée. La seconde sera plus familière aux visiteurs japonais, de par la présence des manga. Néanmoins, les deux expositions étant à proximité l’une de l’autre, les rencontres restent possibles et contribueront à familiariser la BD auprès du public japonais.</p>
<p>Côté conférences maintenant : je n’ai malheureusement pas pu assister à celle qui réunissait J-C. Mézières, P. Christin et J. Taniguchi. Je remercie donc Frédéric Toutlemonde, le rédac-chef d’<a href="http://www.kroniks.net/tag/euromanga/">Euromanga </a>qui était sur place et qui m’en a livré la substantifique moelle. Même si le public a été un peu moins nombreux que prévu, la rencontre a porté ses fruits : Christin &amp; Mézières ont parlé de leurs 40 ans de collaboration et ont offert au public nippon une approche quasi ethnologique de Valérian, insistant sur le fait qu’il n’y a pas de bons et de méchants à proprement parler, mais simplement des personnages dont les aspirations entrent parfois en conflit. La séance s’est clôturée sur un dessin de Laureline par Mézières et un autre de Taniguchi sur la série de SF qu’il dessine actuellement, où il a explicité le processus d’encrage et d’ombre aux évidentes inspirations BD.</p>
<p>Le lendemain, la salle était quasiment comble. Il est vrai que la venue de Yoshikazu Yasuhiko fait bouger les fans japonais, Gundam étant aussi ancré dans l’imaginaire nippon que peuvent l’être pour nous Tintin ou Astérix. La conférence était d’ailleurs retransmise en direct sur internet. Rencontre d’autant plus intéressante que Morvan et Yasuhiko appartiennent à des générations très différentes, Morvan étant de son propre aveu un véritable « enfant de la japanim », élevé au Goldorak grand teint. On sentait toute l’admiration de Morvan pour son homologue japonais.</p>
<div id="attachment_2229" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image113.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-2229" title="Image113" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image113-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Moebius, Monkey Punch... du beau monde on vous dit !!</p></div>
<p>Ce dernier ne se considère d’ailleurs pas comme un auteur S.F. à part entière, insistant sur le fait qu’il a créé d’autres séries, comme Jésus, Jeanne (toutes deux publiées chez Tonkam) ou Arion, mais qu’elles n’ont pas connu le même succès que Gundam. Il a insisté sur le caractère presque « anti-héros » de ses personnages, dans un monde où rien n’est ni tout blanc ni tout noir, faisant par là le pont avec l’univers de Valérian évoqué la veille. J.-D. Morvan est revenu quant à lui sur les différentes séries S.F. qu’il a initiées avec des auteurs japonais, comme par exemple le Petit Monde, avec Toru Terada (Dargaud).</p>
<p>Malheureusement, avec les impératifs de traduction français-japonais, la séance n’a pu se clôturer par la traditionnelle série de questions du public, mais Yasuhiko Yoshikazu nous a, à l’instar de Mézières la veille, gratifié d’une démonstration de sa technique de dessin et des codes manga qui la régissent, sur Gundam.</p>
<p>Une excellente initiative donc que celle du Musée International du Manga, pour une manifestation réussie. Espérons qu’elle soit un des jalons vers une meilleure connaissance de la BD européenne au Japon, et que des évènements de ce type se reproduiront bientôt !</p>

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