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	<title>Kroniks &#187; action</title>
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	<description>le blog bd qui vous dit bonne année</description>
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		<title>Freaks&#8217; squeele</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Jun 2011 01:40:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
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		<description><![CDATA[Freaks’ squeele, c’est compliqué à décrire en fait. C’est pourquoi j’ai sans cesse repoussé cette chronique. Quel angle trouver pour le présenter sous son meilleur jour ? Parce que vous savez bien, si vous passez sur Kroniks régulièrement, qu’on a tendance ici à ne parler que des albums qui nous ont vraiment plu. Et c’est le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2805" class="wp-caption alignleft" style="width: 215px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs1.jpg"  class="wmp" id="wmp1"><img class="size-medium wp-image-2805" title="fs1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs1-205x300.jpg" alt="" width="205" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright F. Maudoux / Ankama éditions juillet 2008</p></div>
<p>Freaks’ squeele, c’est compliqué à décrire en fait. C’est pourquoi j’ai sans cesse repoussé cette chronique. Quel angle trouver pour le présenter sous son meilleur jour ? Parce que vous savez bien, si vous passez sur Kroniks régulièrement, qu’on a tendance ici à ne parler que des albums qui nous ont vraiment plu.</p>
<p>Et c’est le cas avec Freaks’ squeele ! Mais voilà, par où commencer ?</p>
<p>En fait, Freaks’ squeele pourrait être un peu décrit comme un gros melting-pot : dessin clairement influencé par le manga et le comics, auteur français, thématique « école » ambiance Harry Potter et Sentaï School… Oui, dit comme ça, ça ne fait pas forcément envie, ça donne l’impression d’un grand fourre-tout un peu facile histoire de surfer sur la mode.</p>
<p>Et ce serait une terrible erreur ! Que j’ai failli faire, d’ailleurs. Reprenons donc : le dessin est inspiré par le manga et le comics ? C’est vrai, mais en partie seulement ; on remarque très vite que Florent Maudoux, l’auteur, est en fait œcuménique : il y a autant de BD que de comics ou de manga dans Freaks’ squeele. Et comme il a su tirer la substantifique moelle de chacun de ces genres, son style en devient paradoxalement homogène et très agréable. On a l’expressivité et la dérision du manga, le dynamisme du comics de super héros et l’écriture des dialogues tout à fait BD. Bref, sur le plan visuel, Freaks’ squeele est une vraie réussite, avec des dessins très détaillés et pourtant toujours aussi dynamiques et plaisants.</p>
<p>Alors maintenant, la thématique. Oui, c’est vrai, c’est une BD « d’école », mais il n’y a pas l’once d’un début de plagiat dans Freaks’ squeele. Florent Maudoux détourne simplement avec brio les standards du genre. Il peuple son école de personnages aussi attachants que détestables et si la multiplicité des personnages secondaires peut faire peur au début, Il s’en sort avec brio en leur donnant de vrais traits de personnalité.</p>
<div id="attachment_2806" class="wp-caption alignright" style="width: 222px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs2.jpg"  class="wmp" id="wmp2"><img class="size-medium wp-image-2806" title="fs2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs2-212x300.jpg" alt="" width="212" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright F. Maudoux / Ankama éditions mars 2009</p></div>
<p>Mais finalement, Freaks’ squeele, c’est quoi ? C’est l’histoire de trois étudiants, Xiong Mao la purement humaine (mais qui ne vient pas de n’importe quelle famille), Chance la demi-démone, et Ombre de Loup, la montagne à tête de loup. C’est la rentrée à l’université de la F.E.A.H. et les étudiants doivent se mettre par groupes de trois ; pas de bol pour Xiong Mao et Chance, elles se retrouvent à deux, l’année commence mal… Heureusement pour elles, elles ne vont pas tarder à faire la connaissance d’Ombre de Loup, aussi baraqué que timide et gentil.</p>
<p>L’année débute donc, mais Xiong Mao a rapidement des doutes sur les intentions du directeur de la F.E.A.H. Il semble en effet plus préoccupé de publicité, aux dépends de la prestigieuse académie Saint-Ange, que de pédagogie pure : monstres trop puissants aux examens, étudiantes en paréo filmées en TV réalité à leur insu, etc., non, décidément il n’est pas net, ce type.</p>
<div id="attachment_2807" class="wp-caption alignleft" style="width: 221px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs3.jpg"  class="wmp" id="wmp3"><img class="size-medium wp-image-2807" title="fs3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs3-211x300.jpg" alt="" width="211" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright F. Maudoux / Ankama éditions janvier 2010</p></div>
<p>Il faut dire que certains professeurs, voire même un bon nombre d’étudiants détonnent dans une université censée former des héros ; on les verrait plus facilement du côté obscur de la force, mais bon…</p>
<p>Tout cela donne d’excellents ingrédients pour une histoire rythmée, pas exemple de clichés certes mais qui ne gâchent absolument rien, et des personnages plus qu’attachants. Le tout appréciable qu’on soit capable de repérer tous les clins d’œil ou non, d’ailleurs, ceux-ci n’étant jamais que des à-côtés amusants qui n’entravent en rien la compréhension de l’histoire.</p>
<p>Bref, Freaks’ squeele, c’est très bon, lisez-en ! Si on voulait partir sur des envolées lyriques, Freaks’ squeele pourrait servir d’exemple parfait pour illustrer pourquoi la BD française n’a rien à craindre de « l’envahissement » des comics et manga : il y aura toujours des auteurs talentueux comme Florent Maudoux pour en tirer le meilleur et nous offrir de petits bijoux comme Freaks’ squeele !</p>
<p><em>Note : cette chronique a été écrite sans lire le tome 4 des aventures du trio estudiantin, vu que je n’ai pas encore pu mettre la main dessus. Mais d’après des sources hautement autorisées, le niveau ne faiblit pas !</em>
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	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/action/" title="action" rel="tag">action</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/florent-maudoux/" title="Florent Maudoux" rel="tag">Florent Maudoux</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/humour/" title="humour" rel="tag">humour</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/super-heros/" title="super héros" rel="tag">super héros</a><br />
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		<title>Global Frequency</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Jun 2011 16:31:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comics]]></category>
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		<category><![CDATA[Warren ELLIS]]></category>

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		<description><![CDATA[A partir de maintenant, vous êtes tous sur Global Frequency. Global Frequency est une organisation de sauvetage non gouvernementale fondée et dirigée par Miranda ZERO (et c’est le seul nom que vous aurez). Elle a pour mission de gérer les situations de crise partout dans le monde qui ne sauraient être résolues par des moyens [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Global-Frequency-1.jpg"  class="wmp" id="wmp6"><img class="alignleft size-full wp-image-2792" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Global-Frequency-1.jpg" alt="Copyright Wildstorm/Panini" width="200" height="300" /></a>A partir de maintenant, vous êtes tous sur Global Frequency.</strong></p>
<p>Global Frequency est une organisation de sauvetage non gouvernementale fondée et dirigée par Miranda ZERO (et c’est le seul nom que vous aurez). Elle a pour mission de gérer les situations de crise partout dans le monde qui ne sauraient être résolues par des moyens conventionnels : prise d’otages, alerte à la bombe, soldat bionique fou ou satellite tueur déréglé.</p>
<p>Pour ce faire, Miranda ZERO a recruté plus de mille membres à travers la planète (mille et un membres pour être précis), chacun étant le meilleur dans sa spécialité : pirate informatique, détective, généticien, psychologue, adepte du <em>parkours</em> et même un magicien. Chacun a accepté de participer au programme et tous sont prêts à tout pour mener leur mission à bien, jusqu’au sacrifice ultime s’il le faut.</p>
<p>Même s’ils sont rapidement esquissés, à l’occasion d’une réplique bien sentie ou d’une courte présentation par Miranda, tous les agents de GF ont leur propre personnalité et deviennent rapidement attachant le temps d’un épisode dense et riche.</p>
<p>Chacun d’entre eux est relié par un téléphone satellitaire high tech au central de Global Frenquency, dont la localisation est tenue secrète, géré par Aleph, jeune femme délurée dont le cerveau fonctionne comme un super-processeur.</p>
<p>Scénarisée de bout en bout par Warren Ellis, la série a cette particularité de ne compter que 12 épisodes, tous distincts et sans liens les uns avec les autres, si ce n’est la présence de deux femmes fortes Miranda et Aleph. Chaque histoire commence à chaque fois en pleine situation de crise et le lecteur, comme les agents intervenants, est briefé dans les premières pages. Le reste montre l’intervention, souvent musclée, des agents de GF. La série est donc constituée d’une succession d’épisodes courts mais intenses en action comme en suspens.</p>
<p>Si les scénarii sont tous signés par Warren Ellis &#8211; et les couvertures Brian Wood (<em>DMZ</em>, <em>Northlander</em>) &#8211; chaque épisode est mis en image par un dessinateur différent. Mais attention, Ellis n’a pas fait appel à des débutants ou de parfaits inconnus, mais bien à de grands noms de la bd américaine contemporaine. Jugez plutôt : on y retrouve Glenn FABRY (<em>Slaine</em>, <em>Judge Dredd</em>, <em>The Authority : Kev</em> ou pour les connaisseurs des visuels pour Magic l’Assemblée), David Lloyd (<em>V pour Vendetta</em>), Steve Dillon (<em>Wildcats</em> mais surtout <em>Preacher</em> et <em>Hellblazer</em>), Gene Ha (<em>The Authority</em>, <em>Top Ten</em> avec Alan Moore), Chris Sprouse (<em>Ocean</em> avec Ellis, très bonne histoire de SF) ou encore Simon Bisley (<em>Slain</em>).</p>
<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Global-Frequency-2.jpg"  class="wmp" id="wmp7"><img class="alignright size-full wp-image-2793" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Global-Frequency-2.jpg" alt="" width="200" height="303" /></a>La cohérence est assurée par la présence d’un seul scénariste, Warren Ellis donc. La série porte sans conteste sa patte puisqu’on y retrouve tous les thèmes chers au britannique : complots, organisations secrètes, mensonges d’Etat et catastrophes conséquentes, sans oublier son prosélytisme habituels sur le sexe ou les drogues. Les aficionados du scénariste y trouveront des références à ses œuvres précédents, à commencer par <em>Planetary</em>, l’organisation secrète qui décrypte les mystères du monde (Miranda a d’ailleurs un côté Jakita, les pouvoirs en moins) ou <em>Desolation Jones</em> (pour sa passion pour les espions de tous bords).</p>
<p>Série courte mais intense, compilée en seulement deux volumes (toujours disponibles en français), scénarisée par Ellis (et ce point devrait être suffisant à lui seul) et dessinée par quelques uns des plus grands noms du comic book, Global Frequency est une excellente série maitrisée de bout en bout. Elle n’a finalement qu’un seul défaut : ne compter que 12 épisodes, et aucune suite ou reprise n’est prévue pour le moment.</p>
<p>Considérant sa structure, pensée comme une série télé, et son joli succès aux USA et en Grande Bretagne, la Warner a produit et tourné en 2005 le pilote d’une série, avec Michelle Forbes (l’Amiral Helena Cain de <em>Battlestar Galactica</em>, Karen Decker dans <em>Lost</em> ou plus récemment Sarah dans la première saison de <em>The Walking Dead</em>) dans le rôle de Miranda Zero.</p>
<p>Même si ce pilote n’a jamais été suivi ni même diffusé, il a rencontré un certain succès auprès des fans grâce aux réseaux de partages. A tel point que certains d’entre eux lui ont même dédié <a href="http://www.frequencysite.com/" target="_blank">un site internet</a>, plutôt bien réalisé d’ailleurs.</p>

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		<title>Gipsy</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Jan 2011 02:57:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le Gipsy est un camionneur. Les routiers sont sympas ? Pas vraiment sa devise, lui ça serait plutôt « le routier il se démerde ». Bref, quand les choses se gâtent, le Gipsy n’hésite pas à faire le coup de poing. Il faut dire que le monde dans lequel il vit n’a rien d’un paradis : les échanges se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2549" class="wp-caption alignleft" style="width: 230px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/gipsy01.jpg"  class="wmp" id="wmp8"><img class="size-medium wp-image-2549" title="gipsy01" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/gipsy01-220x300.jpg" alt="" width="220" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Smolderen-Marini / Alpen 1993</p></div>
<p>Le Gipsy est un camionneur. Les routiers sont sympas ? Pas vraiment sa devise, lui ça serait plutôt « le routier il se démerde ». Bref, quand les choses se gâtent, le Gipsy n’hésite pas à faire le coup de poing. Il faut dire que le monde dans lequel il vit n’a rien d’un paradis : les échanges se font principalement par le biais d’une autoroute qui ceinture la planète, le climat est devenu glaciaire sur une bonne partie du globe et la Russie est déchirée entre les pillards mongols et les traditionnalistes qui militent pour le retour du Tsar…</p>
<p>Vous l’aurez compris, Gipsy est une série d’anticipation, au thème original : hé oui, pas de vaisseaux spatiaux, même si franchement les camions que les routiers pilotes se rapprochent parfois de près de ces derniers !</p>
<p>La vie du Gipsy est compliquée par le fait que, comme son nom l’indique, il est d’origine gitane et que donc, les autres le voient le plus souvent comme un voleur. Il travaille aussi pour payer l’éducation de sa petite sœur, dans une institution privée en Suisse. Après le massacre de leur communauté, le Gipsy et sa sœur sont en effet orphelins ; et le Gipsy a le sens de la famille…</p>
<p>Enfin, jusqu’à ce que ladite sœur débarque un jour mettre le souk dans tout ça !!</p>
<p>On peut diviser l’univers du Gipsy en deux cycles : les trois premiers tomes se déroulent dans la partie sibérienne de l’autoroute mondiale et met aux prises le Gipsy avec des mégacorporations peu scrupuleuses (pléonasme ?), des pillards mongols assoiffés de sang et des tsaristes fondamentalistes qui cachent quelque chose de bien plus inquiétant… Si les trois tomes suivants s’éloignent de ce cadre en passant par l’Europe, l’Arabie et finalement l’Amérique du Sud, on y retrouve bon nombre de protagonistes, assurant ainsi la continuité de l’univers, un univers qui sous la plume de Thierry Smolderen prend toute sa vitalité et sa cohérence.</p>
<p>Visuellement, Enrico Marini assure sans problèmes le soutien du scénario de son compère, mais il est très intéressant de voir son style évoluer au fil des tomes. Le premier, paru en 1993, montre sans ambiguïté qu’une des influences graphiques revendiquées par Marini n’est autre que Katsuhiro Otomo, célèbre auteur d’Akira. Plusieurs fois au cours de ce premier tome, des attitudes, des traits rappellent la bande de Kaneda et Tetsuo !</p>
<div id="attachment_2551" class="wp-caption alignright" style="width: 237px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Gipsy04.jpg"  class="wmp" id="wmp9"><img class="size-medium wp-image-2551" title="Gipsy04" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Gipsy04-227x300.jpg" alt="" width="227" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Smolderen-Marini / Dargaud 1997</p></div>
<p>Cependant, l’évolution de son style est très rapide, au point que dès le tome 4, sorti en 1997, on retrouve le style graphique qui sera son trademark dans son autre série majeure, Rapaces.</p>
<p>La série se déroule sur un rythme effréné, bourré d’action et de bons mots. Le Gipsy, c’est un personnage attachant malgré ses défauts et ses outrances ! Et Smolderen y est allé de bon cœur sur les références et les coups de griffe à notre monde à nous ; le tome 4 et ses supporters allemands de football sont un pur délice !</p>
<p>En définitive, même si elle a été créée en 1993 et que le dernier tome est paru en 2002, Gipsy n’a pas pris une ride. Si vous ne connaissez pas cette série, il est temps de vous rattraper, une bonne série SF française, ça n’est pas si courant après tout !
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		<title>Scott Pilgrim</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Dec 2010 06:52:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comics]]></category>
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		<category><![CDATA[Bryan Lee O'Malley]]></category>
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		<description><![CDATA[Perplexe, je le suis. On a l’habitude, sur Kroniks.net, de publier des chroniques de nos coups de cœur, des lectures qu’on vous conseille. Et là, pour une fois, c’est plutôt moi qui vais vous demander, à vous lecteurs, votre opinion. Scott Pilgrim me laisse en effet perplexe. Oh, j’ai lu les 6 tomes, en anglais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2506" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ScottPilgrim.jpg"  class="wmp" id="wmp10"><img class="size-medium wp-image-2506" title="ScottPilgrim" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ScottPilgrim-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Bryan Lee O&#39;Mally / Milady 2010</p></div>
<p>Perplexe, je le suis. On a l’habitude, sur Kroniks.net, de publier des chroniques de nos coups de cœur, des lectures qu’on vous conseille. Et là, pour une fois, c’est plutôt moi qui vais vous demander, à vous lecteurs, votre opinion.</p>
<p>Scott Pilgrim me laisse en effet perplexe. Oh, j’ai lu les 6 tomes, en anglais puisque la parution française est en cours, et je verrai le film sans doute bientôt. Mais voilà : après lecture de Scott Pilgrim, je ne comprends toujours pas quel intérêt cette BD peut avoir.</p>
<p>Eliminons les possibles interférences : j’ai lu la série complète, donc à priori il ne me manque pas de « bout » d’histoire. Je l’ai lue en anglais, mais je pense avoir une maitrise suffisamment grande de la langue de Bruce Willis pour en avoir saisi les subtilités, y compris au niveau des références culturelles. Mais voilà, rien n’y fait, tout ce que m’évoque Scott Pilgrim, c’est un vide intersidéral.</p>
<p>Résumons l’histoire, pour ceux d’entre vous qui ne la connaitraient pas : Scott Pilgrim narre les aventures de… Scott Pilgrim (facile jusque-là), post-ado glandeur, joueur de basse dans le groupe Sex Bob-omb, et qui vit à Toronto.</p>
<p>Scott fait la connaissance de Knives Chau, une lycéenne d’origine asiatique, et décide de sortir avec elle. Mais voilà, dans ses rêves il voit une jeune femme en rollers et en tombe amoureux. Jusqu’au moment où il découvre que la jeune femme existe, qu’elle s’appelle Ramona Flowers et que si elle passe dans ses rêves c’est que ceux-ci sont connectés au sub-espace par lequel elle passe pour faire ses livraisons (elle travaille pour Amazon Canada)… Le truc, c’est que si Ramona n’est pas indifférente aux charmes de Scott, ce dernier va devoir battre en duel les 7 méchants ex-petits amis de Ramona avant de pouvoir officiellement sortir avec elle.</p>
<p>Le décor est planté, autour de ces deux personnages gravitent d’autres personnages bien typés, comme le coloc gay, les ex-camarades de classe, etc. Tout cela pourrait être d’une banalité affligeante s’il n’y avait pas ce sub-espace et le fait que Scott gagne des niveaux et des nouveaux pouvoirs quand il bat ses adversaires. Oui, là, c’est déjà nettement plus étrange.</p>
<p>Le style graphique est résolument « jeune », à mi-chemin entre manga et comics : très stylisé, avec une action très dynamique. Les dialogues sont dans la veine des teen-movies, les personnages font assaut de cynisme, de bons mots et de philosophie de vie.</p>
<p>Oui mais voilà : à aucun moment la sauce ne prend, en tout cas pour moi. Scott est plus une amibe qu’un être humain, difficile d’avoir plus de trois cases de discours cohérent en ce qui le concerne. Au début, c’est rigolo, rapidement, ça gonfle. Knives et Ramona ? respectivement la fan et la nana tourmentée, oui, bon, on a déjà vu ça 1000 fois en plus intéressant. Les ex de Ramona ? A chaque fois, un gros soufflet qui retombe : on a l’impression d’être devant un mauvais jeu vidéo, et le boss final (le 7<sup>e</sup> petit ami de Ramona) y ressemble aussi, un espèce de super-vilain imbattable par le héros sauf avec le concours de sa bien-aimée.</p>
<p>Les « sidekicks » de Scott sont aussi rapidement gonflants. A faire assaut de cynisme tout le temps, j’ai vite eu envie de leur conseiller de s’acheter une vie, parce que là, à part se morfondre sur des canapés ou dans des cafés en ironisant sur la vie, l’amour et la tenue de la rivale, bien rien, quoi.</p>
<div id="attachment_2505" class="wp-caption alignright" style="width: 180px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Couv_111851.jpg"  class="wmp" id="wmp11"><img class="size-full wp-image-2505" title="Couv_111851" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Couv_111851.jpg" alt="" width="170" height="249" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Bryan Lee O&#39;Mally / Milady 2010</p></div>
<p>Comprenez-moi bien : je n’ai rien contre les personnages qui se laissent porter par la vie parce qu’ils ne savent pas quoi faire, qu’ils doutent. Ma chronique de « Celle que je ne suis pas » (par Vanyda) <a href="http://www.kroniks.net/2008/06/13/celle-que-je-ne-suis-pas/">vous en convaincra sans doute</a>.</p>
<p>Mais non, là, Scott Pilgrim, aucun déclic, juste de l’ennui. Et pourtant, j’ai lu tous les tomes, pour savoir justement quelle était la finalité de tout ça ! Ce n’est pas nul, hein, simplement je n’ai trouvé aucun intérêt à la lecture de cette série. Il y a des éléments sympathiques, Scott Pilgrim n’est pas une œuvre à « jeter », loin de là, mais voilà, pour moi ça n’a pas marché.</p>
<p>Du coup, je suis perplexe : ai-je affaire à un produit BD dont le succès repose totalement sur une fausse hype ? Suis-je passé à côté de quelque chose ? Les codes narratifs sont-ils déjà trop « jeunes » pour moi, sale vieux con trentenaire ? Auquel cas j’ai du mouron à me faire…</p>
<p>Alors voilà, du coup je vous pose la question : Scott Pilgrim, ça vaut quelque chose ?
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		<title>Orion</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Oct 2010 08:45:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Allez, petite séquence nostalgie aujourd’hui, je vais vous parler d’un auteur manga que j’affectionne particulièrement : Masamune Shirow. Son nom (même si ce n’est qu’un pseudo et qu’on en est toujours aux spéculations sur son vrai nom) ne vous est sans doute pas inconnu, si vous avez regardé les adaptations animées de Ghost in the Shell [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2489" class="wp-caption alignleft" style="width: 212px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/orionmanga01.jpg"  class="wmp" id="wmp12"><img class="size-medium wp-image-2489" title="orionmanga01" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/orionmanga01-202x300.jpg" alt="" width="202" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Shirow/Glénat 1994</p></div>
<p>Allez, petite séquence nostalgie aujourd’hui, je vais vous parler d’un auteur manga que j’affectionne particulièrement : Masamune Shirow. Son nom (même si ce n’est qu’un pseudo et qu’on en est toujours aux spéculations sur son vrai nom) ne vous est sans doute pas inconnu, si vous avez regardé les adaptations animées de Ghost in the Shell et d’Appleseed.</p>
<p>Masamune Shirow fut un de ces auteurs manga qui firent partie de la première vraie vague de traductions dans l’hexagone, aux côtés de Dragon Ball, Ranma ½ ou encore Akira. Du beau monde, surtout que les œuvres de Shirow ont bénéficié en France du même traitement qu’Akira, à savoir grand format et couverture rigide. Dans une bibliothèque, ça en jette !</p>
<p>Mais je ne vais pas vous parler ici de Ghost in the Shell ou d’Appleseed. Un autre jour peut-être… C’est une œuvre beaucoup moins connue qui m’intéresse : Orion.</p>
<p>Si Shirow est un habitué des univers cyber et des intrigues socio-politiques, Orion s’en démarque largement : certes, la cybernétique est importante, mais plus importante encore, le karma et la magie bouddhique dominent le monde. Grâce au karma, on peut invoquer des êtres ou propulser un vaisseau spatial plus vite que la lumière.</p>
<p>Du coup, bienvenue dans l’empire galactique de l’Empereur Sokoku, débonnaire à la limite de l’irresponsabilité. Heureusement, ce n’est pas lui notre héros ! C’est Seska Fuzen, fille de maître Fuzen, dirigeant du clan Fuze. Elle gagne sa vie comme pilote de vaisseau de passagers, mais n’en néglige pas pour autant ses devoirs envers le temple de son père.</p>
<p>Le docteur Hebime, principal conseiller scientifique de l’empereur, veut créer un naga à neuf têtes pour consommer tout le karma négatif de l’univers et ainsi le purifier. Maître Fuzen s’y oppose, pressentant que les risques sont trop grands. L’opposition entre les deux hommes est telle qu’Hebime parvient à convaincre l’empereur de mettre le clan Fuze aux arrêts ; maître Fuzen parvient cependant, au prix de sa vie, à invoquer le dieu de la guerre Susano Orbatos. Evidemment, le naga invoqué par Hebime va mal tourner et Seska, qui a échappé de peu aux troupes de l’empereur, va devoir collaborer avec un Susano rebelle pour tenter de rétablir l’équilibre.</p>
<p>Bon, autant vous le dire : Orion est à de telles années-lumière de nos références culturelles et religieuses occidentales qu’il en devient un vrai Ovni. Chapeau d’ailleurs au traducteur, qui a dû bien en baver à l’époque… Shirow puise allègrement dans le panthéon bouddhiste et shintô japonais, les écrits sanskrits, etc.</p>
<div id="attachment_2490" class="wp-caption alignright" style="width: 211px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/orionmanga02.jpg"  class="wmp" id="wmp13"><img class="size-medium wp-image-2490" title="orionmanga02" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/orionmanga02-201x300.jpg" alt="" width="201" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Shirow/Glénat 1995</p></div>
<p>Le résultat ? Un truc totalement foutraque, qui part dans tous les sens mais qui paradoxalement est passionnant si on fait l’effort de s’y plonger pour de bon. On est là à une époque où Shirow ne recourt pas encore systématiquement à l’outil informatique pour dessiner, du coup, le dessin a ce côté frais et artisanal, fouillis et fouillé d’une production manga de haut niveau. L’action se déroule à cent à l’heure, pas de répit, même si on admire la profusion de détails dont il peuple chaque case et l’érudition des notes de bas de page, sans oublier les personnages féminins ultra-sexy (ce qui ne gâche rien, bien au contraire).</p>
<p>Car oui, Shirow est un créateur de mondes et aime par-dessus tout les doter d’une solide cohérence interne. Et Orion ne fait pas exception à la règle. Des fois, même, ça fait un peu peur de voir le délire dans lequel l’auteur part…</p>
<p>Mais bref, Orion est une petite perle d’action, de mise en scène, de dialogues, le tout dans un univers totalement improbable et très attachant. Si vous avez envie de faire un petit effort pour pénétrer dans un univers assez difficile d’accès, il faut bien l’avouer, alors Orion sera une lecture plus que dépaysante ! D&#8217;autant que 2 tomes pour une série complète, ce n&#8217;est pas un investissement surhumain, et je me suis laissé dire qu&#8217;un bon nombre de bibliothèques municipales disposaient de ce titre&#8230;
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		<title>The Losers</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Oct 2010 20:53:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Attention: l&#8217;article qui suit est totalement subjectif, rempli de superlatifs, d&#8217;exagérations et autres emphases mais l&#8217;auteur assume totalement son enthousiasme débridé. Pour vous dire la vérité, je n’ai pas eu ces derniers temps de lectures qui m’aient réellement emballé. Depuis quelques temps j’ai cette méchante impression que tout ce qui sort en librairie relève du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Attention: l&#8217;article qui suit est totalement subjectif, rempli de superlatifs, d&#8217;exagérations et autres emphases mais l&#8217;auteur assume totalement son enthousiasme débridé.<br />
</em></p>
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<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/losers.jpg"  class="wmp" id="wmp17"><img class="alignleft size-full wp-image-2458" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/losers.jpg" alt="Copyright Vertogo 2006" width="300" height="429" /></a>Pour vous dire la vérité, je n’ai pas eu ces derniers temps de lectures qui m’aient réellement emballé. Depuis quelques temps j’ai cette méchante impression que tout ce qui sort en librairie relève du déjà vu, déjà lu et me parait très très tiède. Bref, je m&#8217;ennuie.</p>
<p>Certes le dernier <em>Blacksad</em> est superbe, <em>Orbital</em> toujours aussi bon et le nouvel album de la série du <em>Troisième testament</em> ne déçoit pas. Mais c&#8217;est bien là le drame : les mêmes titres, certes de qualité, se suivent et se ressemblent, les mêmes séries s&#8217;étirent et rien de neuf ne pointe à l’horizon.</p>
<p>Sauf quand on lit <em>The Losers</em>. <em>The Loser</em>s c’est la bd qui m’a mis un coup de fouet quand je pensais avoir déjà tout lu en matière de séries d’action. Il y aura très clairement un avant et après <em>The Losers</em> et toute nouvelle bd d’action à venir sera comparée l’aune de ce titre.</p>
<p>Mais kézako <em>The Losers</em> ?</p>
<p><em>The Losers</em>, c’est une bande de cinq copains mercenaires, ex-agents des forces spéciales de la CIA, trahis par leur donneur d’ordre, Max, et laissés pour morts après une mission éprouvante.</p>
<p>Bien décidés à prendre leur revanche, les voilà à la poursuite d’un homme puissant et mystérieux, évoluant dans les plus haute sphère du renseignement et utilisant un nom de code oublié de tous depuis la deuxième guerre mondiale.</p>
<p>L’équipe est composée de Pooch, bon père de famille capable de piloter n’importe quoi, Jensen, petit génie des télécommunications littéralement amoureux de son ordinateur, Roque, la grande gueule amateur de munitions et d’armes lourdes et de Cougar, le sniper mexicain mutique. Cette bande de potes est dirigée par le Colonel CLAY, le cerveau de la bande qui ferait passer Hannibal SMITH pour un débutant.</p>
<p>Dis comme ça, la série pourrait laisser penser à un honteux plagiat de <em>l’Agence Tous Risques</em>, Barracuda en moins. C’est pas faux.</p>
<p>Mais<em> The Losers</em> c’est avant tout une excellent série d’espionnage où la CIA n’est pas avare en coups tordus, une formidable  succession de plans brillants à tiroirs (vous avez déjà assisté au braquage d’un serveur pirate en pleines eaux internationales, vous ?) et un étonnant chapelet de rebondissements dignes des meilleurs films de genre.</p>
<p>En fait,<em> The Losers</em> c’est un mélange détonnant du meilleur du thriller, du polar, de l’action, de l’espionnage et du braquage aligné sur un rythme effréné. Tout simplement.</p>
<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/The_Losers.jpg"  class="wmp" id="wmp18"><img class="alignright size-full wp-image-2466" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/The_Losers.jpg" alt="Copyright DC Comics/panini Comics 2009" width="300" height="461" /></a>Andy DIGGLE, scénariste anglais survitaminé (<em>Batman</em>, <em>Green Arrow</em>, <em>Daredevil</em> ou encore Hellblazer), passe en mode grand style et nous offre une série explosive et classieuse. Alternant comme un métronome des scène d’action dantesque, des braquages millimétrés et des répliques cassantes, il délivre ce que tout amateur de la collection Vertigo attend: du fun, de l’action et des gros guns. Et du fun aussi.</p>
<p>JOCK, alias Mark SIMPSON à l’état civil, a plusieurs fois illustré les histoires de DIGGLE (<em>Hellblazer</em> ou <em>Green Arrow : Year One</em> pour ne citer que ceux là). Les compères se connaissent bien et une fois encore le dessinateur est au diapason avec son scénariste. Il met ici son dessin semi réaliste taillé à la serpe au service d’une mise en scène nerveuse et cinématographique. Tout va à cent à l’heure, ça explose de partout et les personnages s’affichent comme des poseurs.D’ailleurs, le dessinateur a reçu le prix Eisner du meilleur artiste de couvertures en 2006 (<em>best covers artist</em> comme on dit dans les milieux autorisés).</p>
<p>Preuve de son succès, la série a récemment été adaptée en long métrage. Et le portage est tout simplement incroyable (je vous avais prévenu que ce serait emphatique, ne venez pas vous plaindre).</p>
<p>J’ai pu voir le film en vidéo (merci l’import) et je peux vous assurer que le matériau d’origine a été totalement respecté : nerveux, racé, déjanté, il reprend avec bonheur les grandes lignes de la bd pour les transcender en live (on retrouve d’ailleurs dans les génériques de début et de fin des cases et clins d’œil tirés de la bd).</p>
<p>Les acteurs sont tout simplement bluffants. A croire que c’est la bd qui a été tirée du film et que le dessinateur a tiré le portrait des comédiens. Le casting affiche de belles têtes (Jeffrey Dean MORGAN, aperçu en Comédien dans <em>Watchmen</em>, Chris &laquo;&nbsp;Captain America&nbsp;&raquo; EVANS qui joue un Jensen barré ou encore Jason PATRICK, vu aux côtés de Ray LIOTTA dans <em>Narc</em>, qui campe un Max totalement déjanté) et chacun est entré à merveille dans la peau de son personnage. (Quoique l’Aicha jouée par Zoé &laquo;&nbsp;Rahh Lovely&nbsp;&raquo; SALDANNA me parait bien trop sage au regard de la tueuse froide accroc à la violence de la série d’origine).</p>
<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/the-Losers-affiche.jpeg"  class="wmp" id="wmp19"><img class="size-full wp-image-2459 alignleft" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/the-Losers-affiche.jpeg" alt="Copyright Warner Bros 2010" width="290" height="447" /></a>Le film devait sortir au cinéma à la fin de l’année 2010 en France mais compte tenu de ses résultats jugés insuffisants aux États-Unis (moins de 23 millions de dollars les quatre premières semaines, quand même), il a été décidé de le sortir directement en vidéo (en novembre 2010 en blu-ray et DVD). Dommage, il méritait d&#8217;être vu sur grand écran.</p>
<p>Mais ne boudons pas notre plaisir pour autant: <em>The Losers</em>, le film, est un complément parfait à <em>The Losers</em>, la série (certaines scènes ou répliques sont calquées sur les bouquins) et encore une fois le portage est très respectueux (rien à voir avec certains portages ratés et honteux surfant sans vergogne sur la renommé d&#8217;un titre . Ne me parlez jamais de <em>The Spirit</em> et encore mois de <em>Wanted!</em>).</p>
<p>Doté d’un budget conséquent, le film n’apparaît à aucun moment comme un sous-produit financé par une kermesse de maternelle et tourné à la va-vite avec les pieds par un étudiant en première année de théâtre. Bien au contraire, il se hisse très facilement au niveau des meilleures productions du genre et peut sans rougir soutenir la comparaison avec des <em>Armes Fatales</em> et autres <em>Die Hard</em>. Il se révèle même meilleur que certains blockbusters pourtant sortis en salle (non, ne comptez pas sur moi pour citer <em>l’Agence tous risques</em>).</p>
<p>Attention tout de même à ne le visionner qu&#8217;après avoir lu les bouquins  et s&#8217;être imprégné des personnages. En effet, le scénario du film ne suit pas l&#8217;ordre des scènes de la bd et il dévoile de nombreuses  intrigues élucidées plus tard. Et surtout, le passage des personnages de papier  aux réels n’en sera que meilleur.</p>
<p>Au final, Qu’importe les quelques défauts que certains grincheux ne manqueront pas de soulever (humour gras, montage parfois bâclé), le film reste suffisamment jouissif pour contenter les amateurs d’action et enthousiasmer les fans de la série. Vite, une suite!</p>
<p>Habituellement, quand je rédige une chronique, j’essaye de rester objectif et mesuré. Mais <em>The Losers</em> a été un véritable coup de cœur. Un de ces titres qui vous laisse la tête en vrac, le souffle court et un sourire grand comme ça sur le visage.</p>
<p>Alors pour une fois, je vais sortir du cadre rigide de l’article posé et argumenté: <em>The Losers</em> est mon sens ce que j’ai lu de mieux depuis belle lurette et compte tenu des sorties annoncés ces prochains mois, ce que je relirais de mieux pendant un bon moment. C’est drôle, nerveux, intelligent, tordu, dynamique, classieux, percutant, jouissif, charismatique et plus encore. Un classique instantané que je range sans hésiter dans mon top 10 personnel des meilleures bd du monde. Au moins.</p>

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		<title>Sanctuary</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Jul 2010 02:47:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une Dream Team. Pas moyen de qualifier ça autrement ! Quand vous prenez Ryôichi Ikegami (Crying Freeman, Mai the Psychic Girl) et que vous lui adjoignez Shô Fumimura, dont le pseudo Buronson vous est sans doute plus connu puisque scénariste de Ken le survivant, moi j’appelle ça une Dream Team. Sanctuary narre les aventures de deux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2360" class="wp-caption alignleft" style="width: 226px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary1a_03042004.jpg"  class="wmp" id="wmp20"><img class="size-medium wp-image-2360" title="Sanctuary1a_03042004" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary1a_03042004-216x300.jpg" alt="" width="216" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ikegami-Fumimura / Kabuto 2004</p></div>
<p>Une Dream Team. Pas moyen de qualifier ça autrement ! Quand vous prenez Ryôichi Ikegami (Crying Freeman, Mai the Psychic Girl) et que vous lui adjoignez Shô Fumimura, dont le pseudo Buronson vous est sans doute plus connu puisque scénariste de Ken le survivant, moi j’appelle ça une Dream Team.</p>
<p>Sanctuary narre les aventures de deux jeunes hommes, Hôjô et Asami, quasiment frères de sang. Ils ont un but, lié à un passé commun douloureux : faire du Japon leur « sanctuaire », un endroit où ils pourraient être enfin chez eux. Si ça ce n’est pas de l’ambition !!</p>
<p>Pour ce faire, Hôjô va choisir la voie du Yakuza, tandis qu’Asami se lance dans la politique. Le challenge : arriver le plus vite possible en haut de l’échelle et pour cela, tous les moyens sont bons : chantages, viols, meurtres, manipulations…</p>
<p>Disons-le tout de suite : Sanctuary est un manga « adulte ». Oui, c’est violent, parfois érotique, mais c’est adulte aussi parce qu’on se prend une bonne grosse leçon de réalisme sur l’ambiance politico-sociale de l’archipel nippon.</p>
<p>En fait, si Sanctuary est une réussite incontestable sur le plan de la narration, elle l’est aussi sur celui du contenu. Y sont dénoncés tous les travers d’une société bien plus malade que ses dehors policés pourraient le laisser penser. La collusion mafia-monde politique, secret de polichinelle pour les nippons mais que les européens ne connaissent sans doute pas assez, la rigidité d’une société ultra-hiérarchique où les « vieux » accaparent tous les postes et s’y accrochent, ne laissant aucune chance aux jeunes, la prostitution étrangère, etc…</p>
<p>Du coup, la réaction de Hôjô et d’Asami est à la mesure de la déliquescence de la société : tous les coups sont permis !! Hôjô veut rapidement devenir boss de tous les yakuza du pays, mais il devra aussi compter avec les mafias chinoise et russe. Asami entre au service de l’éminence grise du gouvernement, l’homme qui tire les ficelles dans l’ombre… et va tout faire pour l’assassiner politiquement.</p>
<p>Alors oui, Sanctuary est une histoire de « salauds magnifiques », ambiance John Woo, où on ne peut pas détester les héros pour leurs actions, car le monde où ils évoluent ne leur laisse pas le choix. Hôjô et Asami sont des anti-héros et les deux auteurs les assument très bien.</p>
<div id="attachment_2359" class="wp-caption alignright" style="width: 214px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary9_22022005.jpg"  class="wmp" id="wmp21"><img class="size-medium wp-image-2359" title="Sanctuary9_22022005" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary9_22022005-204x300.jpg" alt="" width="204" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ikegami-Fumimura / Kabuto 2005</p></div>
<p>Car oui, Ikegami et Fumimura sont à la hauteur de leurs ambitions sur ce manga : le scénario est en béton, les personnages convaincants et pas monolithiques, le dessin confine au génie, le découpage tient en haleine le lecteur jusqu’à l’ultime page de l’ultime volume.</p>
<p>Les seuls problèmes de ce manga ? Peut-être un regard un peu trop tendre sur les agissements de Hôjô et d’Asami… mais après tout, c’est aussi pour ça qu’on aime les films de John Woo, hein ! Le second problème est matériel : l’éditeur, Kabuto, n’existe plus depuis 2008 et du coup, il peut être un peu difficile à trouver dans son intégralité.</p>
<p>Mais si vous le trouvez et que vous aimez les polars politico-mafieux, jetez-vous dessus, vous ne le regretterez pas !
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		<title>Hisashi Sakaguchi &#8211; Une rétrospective</title>
		<link>http://www.kroniks.net/2010/02/24/hisashi-sakaguchi-une-retrospective/</link>
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		<pubDate>Wed, 24 Feb 2010 08:41:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Hisashi Sakaguchi n&#8217;est pas un nom très connu parmi le « public manga » en France, à part sans doute par les spécialistes. C&#8217;est bien dommage et je me suis dit qu&#8217;une petite rétrospective de son œuvre publiée en France ne serait pas inappropriée. D&#8217;autant que, décédé trop tôt, ses manga n&#8217;ont sans doute pas connu le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hisashi Sakaguchi n&#8217;est pas un nom très connu parmi le « public manga » en France, à part sans doute par les spécialistes. C&#8217;est bien dommage et je me suis dit qu&#8217;une petite rétrospective de son œuvre publiée en France ne serait pas inappropriée. D&#8217;autant que, décédé trop tôt, ses manga n&#8217;ont sans doute pas connu le succès qu&#8217;ils auraient mérité.</p>
<p>Né au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, le 5 mai 1946 pour être précis, dans le département de Saitama (au Nord de Tôkyô), sa famille déménage peu de temps après dans la capitale. Alors qu&#8217;il est toujours lycéen, il entre à 17 ans dans le prestigieux Mushi Production, hé oui, le studio de Tezuka Osamu, celui-là même où il fonda les standards de l&#8217;animation télévisuelle japonaise, notamment par le biais de <em>Tetsuwan Atomu</em> (Astro le petit robot) ! Avouez qu&#8217;il y a pire à mettre sur son C.V&#8230;. Évidemment, il y débute par le bas de l&#8217;échelle, mais cela lui permet de faire ses armes sur des séries telles que Astro le petit robot, <em>Jungle Taitei</em> (Le Roi Léo) ou <em>Ribon no Kishi</em> (Princesse Saphir).</p>
<p>Il restera 5 ans dans le studio, le temps d&#8217;acquérir un solide bagage technique et narratif. Par la suite, il reprend sa liberté et devient free-lance en 1968, réalisant des films animés publicitaires, travaillant également pour de grands studios tels que la Tatsunoko prod., Nippon Sunrise ou la Toei durant les années 70-80. Parallèlement, il fait ses débuts de mangaka en 1969 avec <em>Osarabashirô!</em> (non traduit).</p>
<p>Pour son activité de mangaka, il prend la décision de réaliser ses œuvres intégralement, sans l&#8217;aide d&#8217;assistants comme cela est pourtant généralement la norme, à part sur son manga <em>Wolfguy</em> (1979). De fait, ses manga sont généralement des œuvres assez courtes, en peu de tomes.</p>
<p>Décédé prématurément en 1995, Hisashi Sakaguchi n&#8217;a pas connu un destin très enviable dans la publication de ses œuvres en France. Tout d&#8217;abord, seules trois de ses manga nous sont parvenus. Étant donné qu&#8217;il s&#8217;agit de ceux ayant rencontré le plus de succès, on ne peut en blâmer les éditeurs français. Cependant, on ne peut pas forcément toujours en dire autant de leur traitement de cette œuvre. Petite revue de détail.</p>
<p><strong>Fleur de Pierre : un autre angle sur la guerre</strong></p>
<p><em> </em></p>
<div id="attachment_2111" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><em><em><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur1.jpg"  class="wmp" id="wmp22"><img class="size-medium wp-image-2111" title="fleur1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur1-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></em></em><p class="wp-caption-text">copyright H. Sakaguchi / Vents d&#39;Ouest - 1997</p></div>
<p><em>Ishi no Hana</em> est la première série qui va faire connaître réellement Hisashi Sakaguchi au Japon. Il en publie 6 volumes entre 1984 et 1986. Le thème est plutôt original : la Seconde Guerre Mondiale, certes, mais dans les Balkans, en Yougoslavie pour être plus précis. Voilà un sujet bien étrange à traiter pour un japonais, mais après tout pourquoi pas ? D&#8217;autant que si la Seconde Guerre Mondiale est un support de choix pour la BD en générale, rares sont les auteurs à avoir porté leur regard sur cette partie de l&#8217;Europe&#8230;</p>
<p>L&#8217;action prend place dans la partie slovène de la Yougoslavie, non loin de la frontière italienne, en 1939. Un nouveau professeur, M. Funbelbaldinc, arrive dans un petit village pour prendre la suite de l&#8217;institutrice partie en retraite. Sur le chemin, il rencontre Krilo, un gamin un peu rebelle mais débrouillard, sans grand appétit pour les études. Parmi les gens du village, la rumeur des agissements d&#8217;Hitler gronde ; les avis sont partagés et on peut déjà sentir des dissensions entre Slovènes, Croates, Bosniaques et Serbes&#8230;</p>
<p>Cependant, ces bruits de bottes sont bien lointains et n&#8217;affectent pas vraiment la vie du village, à part lors des soirées à l&#8217;auberge, où les esprits s&#8217;échauffent parfois sous l&#8217;effet de l&#8217;alcool. La vie suit son cours et pour les enfants M. Funbelbaldinc se révèle un professeur bien particulier, toujours un peu tête en l&#8217;air et qui porte sur le monde un regard étrange&#8230;</p>
<p>Ce dernier décide d&#8217;emmener les enfants de la classe en excursion dans des grottes non loin de la frontière italienne, pour y montrer ces magnifiques « fleurs de pierre » que les concrétions rocheuses naturelles forment. Au sortir de la visite, Fi, l&#8217;une des filles de la classe et amie de Krilo, ne se sent pas bien ; M. Funbelbaldinc décide de rester un peu avec elle, laissant les enfants de la classe rentrer au village dans le camion d&#8217;un des habitants.</p>
<p>C&#8217;est là que tout bascule : sur le chemin du retour, un bruit inhabituel ; deux avions allemands à basse altitude font un premier passage au-dessus du camion puis ouvrent le feu ! Lorsque Krilo se remet du choc, c&#8217;est pour constater que le camion est en feu et que ses camarades sont tous morts&#8230; Il a juste le temps de se mettre à l&#8217;abri avant que les avions ne reviennent l&#8217;achever ! Il se rue vers le village, mais c&#8217;est pour le découvrir en proie aux flammes, et les troupes allemandes en train de perpétrer un massacre aveugle. Il n&#8217;a d&#8217;autre choix alors que de se réfugier dans la montagne, où il va tomber sur un groupe de maquisards résistants.</p>
<p>Pour Fi, la situation n&#8217;est pas meilleure : capturée, elle est envoyée dans un camp de travail au centre du pays, qui ressemble à s&#8217;y méprendre aux camps de concentration que les nazis ont dressé plus au nord de l&#8217;Europe. Elle manque y mourir, mais le commandant du camp, frappé par sa ressemblance avec sa petite sœur disparue, l&#8217;en extrait et la fait soigner. Malheureusement, les mauvais traitements ont privé Fi de la vue et nul ne sait si elle la recouvrera un jour&#8230;</p>
<div id="attachment_2112" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur2.jpg"  class="wmp" id="wmp23"><img class="size-medium wp-image-2112" title="fleur2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur2-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright H. Sakaguchi / Vents d&#39;Ouest - 1997</p></div>
<p>Fleur de Pierre offre un traitement réaliste de la guerre : combats, massacres, exactions, mais aussi espoirs, collaboration, marché noir, résistance&#8230; Hisashi Sakaguchi ne se voile pas la face quant à la nature de la guerre et ne souhaite pas non plus en préserver le lecteur. Il en profite d&#8217;ailleurs pour faire passer ses propres réflexions sur l&#8217;Homme, la vie, la mort&#8230; permettant à Fleur de Pierre de dépasser le simple cadre de « BD sur la guerre » pour acquérir un statut plus universel. Il y parvient très bien d&#8217;ailleurs, trouvant le juste équilibre entre action et réflexion. Son trait sert son propos admirablement, même si parfois le lecteur attentif et connaisseur pourra y déceler des vestiges de son « éducation » au sein de Mushi Prod.</p>
<p>Malheureusement, il y a un gros « mais » à Fleur de Pierre : Vents d&#8217;Ouest, qui en avait publié les trois premiers tomes en 1997, s&#8217;est arrêté là, alors que la série compte 6 tomes au Japon&#8230; Bref, dans sa version française, vous n&#8217;en connaîtrez jamais la fin ! Le format de publication n&#8217;a peut-être pas aidé : sur le modèle des volumes d&#8217;Akira publiés par Glénat à la même époque, le public français n&#8217;était peut-être pas prêt. En 1997, le manga est encore largement perçu comme un divertissement de « gamins », or Fleur de Pierre est une œuvre plutôt « adulte ».</p>
<p>Cependant, que cela ne vous rebute pas ! Fleur de Pierre, même incomplet, vaut largement la lecture ! Il reste à espérer qu&#8217;une bonne âme voudra bien un jour en reprendre la publication, pour qu&#8217;enfin on sache la fin des aventures de Krilo et de Fi&#8230;</p>
<p><strong>Version : biotech et avenir de l&#8217;humanité</strong></p>
<p>Voilà un manga prometteur : Mitsuru Happo est un détective privé un peu minable. Il ne croule pas sous les affaires et donc ne roule pas sur l&#8217;or. Alors, bien sûr, quand une charmante jeune femme vient l&#8217;embaucher pour retrouver son père, vous pensez bien qu&#8217;il ne va pas refuser !</p>
<div id="attachment_2110" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/version.jpg"  class="wmp" id="wmp24"><img class="size-medium wp-image-2110" title="version" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/version-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Hisashi Sakaguchi / Glénat - 1996</p></div>
<p>Seulement, l&#8217;affaire se révèle rapidement plus complexe qu&#8217;elle n&#8217;en a l&#8217;air. C&#8217;est que le père de la demoiselle est un scientifique de renom et qu&#8217;il travaillait sur un projet bien mystérieux. Il y a quelques années, il était ainsi parti de son laboratoire avec le résultat d&#8217;une expérience top secrète, rien de moins qu&#8217;une nouvelle forme de vie !</p>
<p>La dernière position connue du professeur étant l&#8217;Australie, c&#8217;est là qu&#8217;Happo et la demoiselle se rendent. Mais ils ne tarderont pas à découvrir que le projet a évolué tout seul bien au-delà des prévisions des scientifiques et surtout qu&#8217;ils ne sont pas les seuls à vouloir mettre la main sur le projet et sur le professeur&#8230;</p>
<p>Version part donc comme un thriller écolo-scientifique, avec réflexion sur la place de l&#8217;Homme dans l&#8217;Univers, sa relation à la Nature, etc&#8230; Malheureusement, Version a lui aussi souffert des aléas de la publication des manga en France. Cette fois, c&#8217;est Glénat qui n&#8217;en a publié qu&#8217;un seul volume sur les trois qui sont sortis au Japon ! C&#8217;est très regrettable, car l&#8217;histoire s&#8217;annonçait passionnante&#8230; Au moins, à la différence de Fleur de Pierre, vous pouvez toujours en chercher les éditions anglaise ou allemande&#8230; Un beau gâchis, quoi.</p>
<p><strong>Ikkyu : sur les traces de Bouddha</strong></p>
<p>Consolons-nous : Ikkyu, l&#8217;œuvre la plus connue de Hisashi Sakaguchi, a elle été éditée intégralement en France, par Glénat puis Vents d&#8217;Ouest.</p>
<p>Cette fois, c&#8217;est à une biographique que s&#8217;attelle l&#8217;auteur : Ikkyu est en effet un personnage historique du XVe siècle japonais. Fils illégitime de l&#8217;empereur Gokomatsu, il est éloigné de la Cour pour des raisons évidentes et rapidement confié par sa mère à monastère bouddhiste zen, où il va donc faire l&#8217;apprentissage du métier de bonze.</p>
<div id="attachment_2114" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ikkyu1.jpg"  class="wmp" id="wmp25"><img class="size-medium wp-image-2114" title="ikkyu1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ikkyu1-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright H. Sakaguchi / Glénat - 1996</p></div>
<p>Cependant, Ikkyu va rapidement développer un esprit très critique face à certaines pratiques. Il s&#8217;éloignera de son monastère d&#8217;origine pour partir en quête de sa propre vérité. Il est une figure complexe du bouddhisme japonais : philosophe, artiste, il fut aussi un jouisseur invétéré des bonnes choses de la vie, les femmes y compris.</p>
<p>Son iconoclasme fera qu&#8217;il sera adulé par certains, rejeté par d&#8217;autres ; il remplira temporairement d&#8217;importantes charges dans des monastères prestigieux, mais s&#8217;en éloignera toujours pour retrouver la solitude, la méditation et les filles de joie !</p>
<p>Le manga d&#8217;Hisashi Sakaguchi rend bien tout cela et parvient à retranscrire la complexité du cheminement intellectuel d&#8217;Ikkyu sans jamais tomber dans l&#8217;incompréhensible pour son lecteur très certainement peu habitué aux subtiles différences entre écoles de pensée bouddhique. La vie, la mort, le sexe, l&#8217;amour, l&#8217;amitié et le ressentiment, toutes ces émotions passent presque à l&#8217;état brut des planches de Sakaguchi.</p>
<p>On ne peut s&#8217;empêcher de rapprocher Ikkyu du Bouddha de Tezuka, d&#8217;autant plus quand on sait que Sakaguchi a travaillé sous les ordres du maître. Pour moi, Ikkyu dépasse Bouddha, en cela que la narration est plus resserrée ; Sakaguchi se consacre à un seul personnage, là où Tezuka devait nécessairement envisager les autres acteurs de l&#8217;histoire de Bouddha. De fait, il n&#8217;y a aucun temps mort dans Ikkyu, un comble pour un manga qui traite principalement de religion et de philosophie ! Ikkyu est aussi sans doute l&#8217;œuvre la plus personnelle de Hisashi Sakaguchi, puisqu&#8217;il est décédé quelques semaines avant que le dernier tome ne soit publié&#8230;</p>
<p>De fait, Ikkyu est une lecture chaudement conseillée, une de ces perles qui démontrent avec brio que le manga n&#8217;est pas plus pour adolescents décérébrés que ne le sont les comics ou la BD. Au-delà, c&#8217;est toute l&#8217;œuvre d&#8217;Hisashi Sakaguchi publiée en français qui mérite d&#8217;être lue et relue, en espérant qu&#8217;un jour les éditeurs combleront les regrettables manques qu&#8217;ils ont provoqué&#8230;
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		<title>Jack of Fables</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Sep 2009 00:40:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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<div id="attachment_1587" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1587" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/jack-300x300.jpg" alt="copyright B. Willingham / Panini Comics 2009" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">copyright B. Willingham / Panini Comics 2009</p></div>
<p>Jack le tueur de géants, le héros de la fable Jack et le haricot magique, est un truand. Fort en gueule, toujours prêt à profiter de son prochain, un peu veule aussi, pas vraiment le type qu’on aimerait fréquenter… Et pourtant, il va avoir droit à une série à lui tout seul !! Vous l’aurez deviné aisément, Jack of Fables est une série dérivée (un « spin-off ») de l’excellent série de Bill Willingham, Fables, dont on vous a d’ailleurs déjà parlé sur Kroniks. Ce premier tome suit d’ailleurs le tome 8 de Fables, récemment paru, où on voyait un Jack exilé de Fableville prendre le contrôle d’un studio hollywoodien et voguer sur le succès… jusqu’à la chute, provoquée par la révélation aux autorités de Fableville de son identité. Et puisque ce qu&#8217;a fait Jack est interdit aux Fables, le Shérif de Fableville (la Bête) est envoyé y mettre bon ordre.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">
<p style="margin-bottom: 0cm">Au début de Jack of Fables, Jack fait donc du stop, avec pour tout bagage un attaché-case contenant un million de dollars en liquide. Ca ne va pas durer longtemps, il va se faire kidnapper par des agents de la mystérieuse maison de retraite du Rameau d’Or et perdre son million de dollars dans la confusion. Oui, dit comme ça, c&#8217;est vrai que ça fait bizarre… Cette maison de retraite cache en fait de bien plus sombres desseins : son directeur, le Bibliothécaire, a pour but d’éradiquer la présence des Fables dans le monde réel. Il les enferme donc dans cet endroit (qui ressemble tout de même plus à une prison dorée qu’à un bagne) pour que les Communs les oublient et donc que ces Fables perdent tout pouvoir… et toute mémoire de leur existence précédente.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">
<p style="margin-bottom: 0cm">Évidemment, ça n’est pas du goût de Jack, qui va tenter de se faire la belle, modèle Grande Evasion. Il a des alliés, dont le moindre n&#8217;est pas Boucle d&#8217;Or, la tueuse psychopathe qui avait tenté de mener la Révolution de la Ferme des Fables et qui avait été laissée pour morte. Elle avait en fait été récupérée par les agents du Bibliothécaire. Il va falloir cependant se méfier du personnel et des redoutables Bag Men, les agents de sécurité chargés de rattraper les fuyards.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">
<p style="margin-bottom: 0cm">Jack of Fables ne déçoit pas par rapport à la série dont il est issu : l’ironie mordante des scenarii est toujours là. On aurait peut-être aimé un peu plus de développements sur le Bibliothécaire, sa vraie nature et les raisons de sa haine envers les Fables. est-il un agent de l&#8217;Ennemi ? Travaille-t-il pour son propre compte ? La suite de Jack of Fables nous le dira peut-être&#8230; La patte graphique de Tony Akins se compare tout à fait à celle de Mark Buckingham, même si elle garde son identité propre. Visuellement on est dans une continuité fidèle, mais pas un bête décalque d&#8217;un style précis. Bref, c’est du bon boulot, et si vous appréciez Fables, Jack of Fables ne devrait pas vous décevoir.</p>

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		<title>Noritaka le roi de la baston</title>
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		<pubDate>Thu, 07 May 2009 01:25:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1287" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1287" title="noritaka" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/noritaka-300x300.jpg" alt="copyright Murata-Hamori / Glénat 1996 - 1999" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">copyright Murata-Hamori / Glénat 1996 - 1999</p></div>
<p>Noritaka Sawamura compte bien sur son entrée au lycée pour changer de vie. En effet, il arrive dans un nouvel établissement où personne ne le connait et où il pourra repartir de zéro. Car au collège, un zéro, c&#8217;est bien comme ça qu&#8217;il était considéré, pour son allure de gringalet et sa poltronnerie, ce qui lui valait d&#8217;être la tête de Turc de la classe&#8230;</p>
<p align="justify">Les premiers jours de lycée sont comme un rêve pour lui. Personne ne se moque de lui et sa voisine de table, l&#8217;extrêmement charmante Miki, semble bien disposée envers lui. Noritaka a tout de suite le coup de foudre et Miki ne semble pas être insensible. Mais voilà, lors d&#8217;un match de base-ball, sa couardise légendaire reprend le dessus : il se baisse pour éviter une balle qu&#8217;il aurait pu attraper et Miki, qui était derrière lui, la prend en pleine figure&#8230; C&#8217;en est fini de l&#8217;idylle, Miki lui déclarant froidement qu&#8217;elle déteste les faibles.</p>
<p align="justify">Le pauvre Noritaka ne veut pourtant pas en rester là et décide de s&#8217;inscrire dans un club de sport de combat pour prouver à sa belle qu&#8217;il n&#8217;est pas une femmelette. Hélas, tous ses essais se soldent par des échecs cuisants et il commence à devenir la risée du lycée ! Jusqu&#8217;au moment où, par hasard, il tombe sur un club décrépit : c&#8217;est le club de Muay-Thai, dirigé par le coach Maruyama et ne comptant pour tout membre qu&#8217;un étudiant étranger, le thaïlandais Tchan-Poua. A première vue, le coach ne sait pas trop quoi faire de cet adolescent tout mou, mais devant son insistance, il accepte de le laisser faire un essai. Au moment où Noritaka commence à frapper le sac de sable, le coach Maruyama semble pourtant détecter chez lui des prédispositions au combat et accepte de le prendre sous son aile !</p>
<p align="justify">Les méthodes de Maruyama sont cependant tout sauf orthodoxes et Noritaka est dubitatif quant à la capacité du coach à lui enseigner des choses. Noritaka n&#8217;aura pourtant pas le choix : sa maladresse légendaire le place dans une situation inconfortable où, pour défendre l&#8217;honneur de Miki, il doit se battre contre un des champions du club de boxe de l&#8217;école ! C&#8217;est le début pour Noritaka d&#8217;une longue série d&#8217;entraînements et de combats contre des adversaires toujours plus forts&#8230;</p>
<p align="justify">Noritaka est un manga de baston, certes, mais qui ne se prend jamais au sérieux. L&#8217;humour est omniprésent, bien que parfois tellement japonais qu&#8217;il peut sembler bizarre aux yeux des occidentaux. Si les entraînements de Maruyama sont fantaisistes, on sent que les auteurs du manga sont eux-mêmes des fans de sports de combat, ce qui permet paradoxalement de garder un certain réalisme aux scènes d&#8217;action. La série parvient à garder son dynamisme tout au long des 18 tomes, même s&#8217;il faut prendre le tournoi aux USA comme une grosse parodie des tournois à la Dragon Ball. Les auteurs ont parsemé leur manga de caricatures de personnalités, la plupart du temps très reconnaissables, comme Jean Reno ou Stan Hansen (légendaire catcheur américain) dans la seconde partie du manga.</p>
<p align="justify">Bref, Noritaka est un manga sans prétentions mais attachant, une lecture recommandée pour tous les amateurs d&#8217;humour déjanté et de baston !</p>

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