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	<title>Kroniks &#187; action</title>
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		<title>Sanctuary</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Jul 2010 02:47:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une Dream Team. Pas moyen de qualifier ça autrement ! Quand vous prenez Ryôichi Ikegami (Crying Freeman, Mai the Psychic Girl) et que vous lui adjoignez Shô Fumimura, dont le pseudo Buronson vous est sans doute plus connu puisque scénariste de Ken le survivant, moi j’appelle ça une Dream Team. Sanctuary narre les aventures de deux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2360" class="wp-caption alignleft" style="width: 226px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary1a_03042004.jpg"><img class="size-medium wp-image-2360" title="Sanctuary1a_03042004" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary1a_03042004-216x300.jpg" alt="" width="216" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ikegami-Fumimura / Kabuto 2004</p></div>
<p>Une Dream Team. Pas moyen de qualifier ça autrement ! Quand vous prenez Ryôichi Ikegami (Crying Freeman, Mai the Psychic Girl) et que vous lui adjoignez Shô Fumimura, dont le pseudo Buronson vous est sans doute plus connu puisque scénariste de Ken le survivant, moi j’appelle ça une Dream Team.</p>
<p>Sanctuary narre les aventures de deux jeunes hommes, Hôjô et Asami, quasiment frères de sang. Ils ont un but, lié à un passé commun douloureux : faire du Japon leur « sanctuaire », un endroit où ils pourraient être enfin chez eux. Si ça ce n’est pas de l’ambition !!</p>
<p>Pour ce faire, Hôjô va choisir la voie du Yakuza, tandis qu’Asami se lance dans la politique. Le challenge : arriver le plus vite possible en haut de l’échelle et pour cela, tous les moyens sont bons : chantages, viols, meurtres, manipulations…</p>
<p>Disons-le tout de suite : Sanctuary est un manga « adulte ». Oui, c’est violent, parfois érotique, mais c’est adulte aussi parce qu’on se prend une bonne grosse leçon de réalisme sur l’ambiance politico-sociale de l’archipel nippon.</p>
<p>En fait, si Sanctuary est une réussite incontestable sur le plan de la narration, elle l’est aussi sur celui du contenu. Y sont dénoncés tous les travers d’une société bien plus malade que ses dehors policés pourraient le laisser penser. La collusion mafia-monde politique, secret de polichinelle pour les nippons mais que les européens ne connaissent sans doute pas assez, la rigidité d’une société ultra-hiérarchique où les « vieux » accaparent tous les postes et s’y accrochent, ne laissant aucune chance aux jeunes, la prostitution étrangère, etc…</p>
<p>Du coup, la réaction de Hôjô et d’Asami est à la mesure de la déliquescence de la société : tous les coups sont permis !! Hôjô veut rapidement devenir boss de tous les yakuza du pays, mais il devra aussi compter avec les mafias chinoise et russe. Asami entre au service de l’éminence grise du gouvernement, l’homme qui tire les ficelles dans l’ombre… et va tout faire pour l’assassiner politiquement.</p>
<p>Alors oui, Sanctuary est une histoire de « salauds magnifiques », ambiance John Woo, où on ne peut pas détester les héros pour leurs actions, car le monde où ils évoluent ne leur laisse pas le choix. Hôjô et Asami sont des anti-héros et les deux auteurs les assument très bien.</p>
<div id="attachment_2359" class="wp-caption alignright" style="width: 214px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary9_22022005.jpg"><img class="size-medium wp-image-2359" title="Sanctuary9_22022005" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary9_22022005-204x300.jpg" alt="" width="204" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ikegami-Fumimura / Kabuto 2005</p></div>
<p>Car oui, Ikegami et Fumimura sont à la hauteur de leurs ambitions sur ce manga : le scénario est en béton, les personnages convaincants et pas monolithiques, le dessin confine au génie, le découpage tient en haleine le lecteur jusqu’à l’ultime page de l’ultime volume.</p>
<p>Les seuls problèmes de ce manga ? Peut-être un regard un peu trop tendre sur les agissements de Hôjô et d’Asami… mais après tout, c’est aussi pour ça qu’on aime les films de John Woo, hein ! Le second problème est matériel : l’éditeur, Kabuto, n’existe plus depuis 2008 et du coup, il peut être un peu difficile à trouver dans son intégralité.</p>
<p>Mais si vous le trouvez et que vous aimez les polars politico-mafieux, jetez-vous dessus, vous ne le regretterez pas !</p>

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		<title>Hisashi Sakaguchi &#8211; Une rétrospective</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Feb 2010 08:41:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Hisashi Sakaguchi n&#8217;est pas un nom très connu parmi le « public manga » en France, à part sans doute par les spécialistes. C&#8217;est bien dommage et je me suis dit qu&#8217;une petite rétrospective de son œuvre publiée en France ne serait pas inappropriée. D&#8217;autant que, décédé trop tôt, ses manga n&#8217;ont sans doute pas connu le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hisashi Sakaguchi n&#8217;est pas un nom très connu parmi le « public manga » en France, à part sans doute par les spécialistes. C&#8217;est bien dommage et je me suis dit qu&#8217;une petite rétrospective de son œuvre publiée en France ne serait pas inappropriée. D&#8217;autant que, décédé trop tôt, ses manga n&#8217;ont sans doute pas connu le succès qu&#8217;ils auraient mérité.</p>
<p>Né au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, le 5 mai 1946 pour être précis, dans le département de Saitama (au Nord de Tôkyô), sa famille déménage peu de temps après dans la capitale. Alors qu&#8217;il est toujours lycéen, il entre à 17 ans dans le prestigieux Mushi Production, hé oui, le studio de Tezuka Osamu, celui-là même où il fonda les standards de l&#8217;animation télévisuelle japonaise, notamment par le biais de <em>Tetsuwan Atomu</em> (Astro le petit robot) ! Avouez qu&#8217;il y a pire à mettre sur son C.V&#8230;. Évidemment, il y débute par le bas de l&#8217;échelle, mais cela lui permet de faire ses armes sur des séries telles que Astro le petit robot, <em>Jungle Taitei</em> (Le Roi Léo) ou <em>Ribon no Kishi</em> (Princesse Saphir).</p>
<p>Il restera 5 ans dans le studio, le temps d&#8217;acquérir un solide bagage technique et narratif. Par la suite, il reprend sa liberté et devient free-lance en 1968, réalisant des films animés publicitaires, travaillant également pour de grands studios tels que la Tatsunoko prod., Nippon Sunrise ou la Toei durant les années 70-80. Parallèlement, il fait ses débuts de mangaka en 1969 avec <em>Osarabashirô!</em> (non traduit).</p>
<p>Pour son activité de mangaka, il prend la décision de réaliser ses œuvres intégralement, sans l&#8217;aide d&#8217;assistants comme cela est pourtant généralement la norme, à part sur son manga <em>Wolfguy</em> (1979). De fait, ses manga sont généralement des œuvres assez courtes, en peu de tomes.</p>
<p>Décédé prématurément en 1995, Hisashi Sakaguchi n&#8217;a pas connu un destin très enviable dans la publication de ses œuvres en France. Tout d&#8217;abord, seules trois de ses manga nous sont parvenus. Étant donné qu&#8217;il s&#8217;agit de ceux ayant rencontré le plus de succès, on ne peut en blâmer les éditeurs français. Cependant, on ne peut pas forcément toujours en dire autant de leur traitement de cette œuvre. Petite revue de détail.</p>
<p><strong>Fleur de Pierre : un autre angle sur la guerre</strong></p>
<p><em> </em></p>
<div id="attachment_2111" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><em><em><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur1.jpg"><img class="size-medium wp-image-2111" title="fleur1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur1-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></em></em><p class="wp-caption-text">copyright H. Sakaguchi / Vents d&#39;Ouest - 1997</p></div>
<p><em>Ishi no Hana</em> est la première série qui va faire connaître réellement Hisashi Sakaguchi au Japon. Il en publie 6 volumes entre 1984 et 1986. Le thème est plutôt original : la Seconde Guerre Mondiale, certes, mais dans les Balkans, en Yougoslavie pour être plus précis. Voilà un sujet bien étrange à traiter pour un japonais, mais après tout pourquoi pas ? D&#8217;autant que si la Seconde Guerre Mondiale est un support de choix pour la BD en générale, rares sont les auteurs à avoir porté leur regard sur cette partie de l&#8217;Europe&#8230;</p>
<p>L&#8217;action prend place dans la partie slovène de la Yougoslavie, non loin de la frontière italienne, en 1939. Un nouveau professeur, M. Funbelbaldinc, arrive dans un petit village pour prendre la suite de l&#8217;institutrice partie en retraite. Sur le chemin, il rencontre Krilo, un gamin un peu rebelle mais débrouillard, sans grand appétit pour les études. Parmi les gens du village, la rumeur des agissements d&#8217;Hitler gronde ; les avis sont partagés et on peut déjà sentir des dissensions entre Slovènes, Croates, Bosniaques et Serbes&#8230;</p>
<p>Cependant, ces bruits de bottes sont bien lointains et n&#8217;affectent pas vraiment la vie du village, à part lors des soirées à l&#8217;auberge, où les esprits s&#8217;échauffent parfois sous l&#8217;effet de l&#8217;alcool. La vie suit son cours et pour les enfants M. Funbelbaldinc se révèle un professeur bien particulier, toujours un peu tête en l&#8217;air et qui porte sur le monde un regard étrange&#8230;</p>
<p>Ce dernier décide d&#8217;emmener les enfants de la classe en excursion dans des grottes non loin de la frontière italienne, pour y montrer ces magnifiques « fleurs de pierre » que les concrétions rocheuses naturelles forment. Au sortir de la visite, Fi, l&#8217;une des filles de la classe et amie de Krilo, ne se sent pas bien ; M. Funbelbaldinc décide de rester un peu avec elle, laissant les enfants de la classe rentrer au village dans le camion d&#8217;un des habitants.</p>
<p>C&#8217;est là que tout bascule : sur le chemin du retour, un bruit inhabituel ; deux avions allemands à basse altitude font un premier passage au-dessus du camion puis ouvrent le feu ! Lorsque Krilo se remet du choc, c&#8217;est pour constater que le camion est en feu et que ses camarades sont tous morts&#8230; Il a juste le temps de se mettre à l&#8217;abri avant que les avions ne reviennent l&#8217;achever ! Il se rue vers le village, mais c&#8217;est pour le découvrir en proie aux flammes, et les troupes allemandes en train de perpétrer un massacre aveugle. Il n&#8217;a d&#8217;autre choix alors que de se réfugier dans la montagne, où il va tomber sur un groupe de maquisards résistants.</p>
<p>Pour Fi, la situation n&#8217;est pas meilleure : capturée, elle est envoyée dans un camp de travail au centre du pays, qui ressemble à s&#8217;y méprendre aux camps de concentration que les nazis ont dressé plus au nord de l&#8217;Europe. Elle manque y mourir, mais le commandant du camp, frappé par sa ressemblance avec sa petite sœur disparue, l&#8217;en extrait et la fait soigner. Malheureusement, les mauvais traitements ont privé Fi de la vue et nul ne sait si elle la recouvrera un jour&#8230;</p>
<div id="attachment_2112" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur2.jpg"><img class="size-medium wp-image-2112" title="fleur2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur2-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright H. Sakaguchi / Vents d&#39;Ouest - 1997</p></div>
<p>Fleur de Pierre offre un traitement réaliste de la guerre : combats, massacres, exactions, mais aussi espoirs, collaboration, marché noir, résistance&#8230; Hisashi Sakaguchi ne se voile pas la face quant à la nature de la guerre et ne souhaite pas non plus en préserver le lecteur. Il en profite d&#8217;ailleurs pour faire passer ses propres réflexions sur l&#8217;Homme, la vie, la mort&#8230; permettant à Fleur de Pierre de dépasser le simple cadre de « BD sur la guerre » pour acquérir un statut plus universel. Il y parvient très bien d&#8217;ailleurs, trouvant le juste équilibre entre action et réflexion. Son trait sert son propos admirablement, même si parfois le lecteur attentif et connaisseur pourra y déceler des vestiges de son « éducation » au sein de Mushi Prod.</p>
<p>Malheureusement, il y a un gros « mais » à Fleur de Pierre : Vents d&#8217;Ouest, qui en avait publié les trois premiers tomes en 1997, s&#8217;est arrêté là, alors que la série compte 6 tomes au Japon&#8230; Bref, dans sa version française, vous n&#8217;en connaîtrez jamais la fin ! Le format de publication n&#8217;a peut-être pas aidé : sur le modèle des volumes d&#8217;Akira publiés par Glénat à la même époque, le public français n&#8217;était peut-être pas prêt. En 1997, le manga est encore largement perçu comme un divertissement de « gamins », or Fleur de Pierre est une œuvre plutôt « adulte ».</p>
<p>Cependant, que cela ne vous rebute pas ! Fleur de Pierre, même incomplet, vaut largement la lecture ! Il reste à espérer qu&#8217;une bonne âme voudra bien un jour en reprendre la publication, pour qu&#8217;enfin on sache la fin des aventures de Krilo et de Fi&#8230;</p>
<p><strong>Version : biotech et avenir de l&#8217;humanité</strong></p>
<p>Voilà un manga prometteur : Mitsuru Happo est un détective privé un peu minable. Il ne croule pas sous les affaires et donc ne roule pas sur l&#8217;or. Alors, bien sûr, quand une charmante jeune femme vient l&#8217;embaucher pour retrouver son père, vous pensez bien qu&#8217;il ne va pas refuser !</p>
<div id="attachment_2110" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/version.jpg"><img class="size-medium wp-image-2110" title="version" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/version-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Hisashi Sakaguchi / Glénat - 1996</p></div>
<p>Seulement, l&#8217;affaire se révèle rapidement plus complexe qu&#8217;elle n&#8217;en a l&#8217;air. C&#8217;est que le père de la demoiselle est un scientifique de renom et qu&#8217;il travaillait sur un projet bien mystérieux. Il y a quelques années, il était ainsi parti de son laboratoire avec le résultat d&#8217;une expérience top secrète, rien de moins qu&#8217;une nouvelle forme de vie !</p>
<p>La dernière position connue du professeur étant l&#8217;Australie, c&#8217;est là qu&#8217;Happo et la demoiselle se rendent. Mais ils ne tarderont pas à découvrir que le projet a évolué tout seul bien au-delà des prévisions des scientifiques et surtout qu&#8217;ils ne sont pas les seuls à vouloir mettre la main sur le projet et sur le professeur&#8230;</p>
<p>Version part donc comme un thriller écolo-scientifique, avec réflexion sur la place de l&#8217;Homme dans l&#8217;Univers, sa relation à la Nature, etc&#8230; Malheureusement, Version a lui aussi souffert des aléas de la publication des manga en France. Cette fois, c&#8217;est Glénat qui n&#8217;en a publié qu&#8217;un seul volume sur les trois qui sont sortis au Japon ! C&#8217;est très regrettable, car l&#8217;histoire s&#8217;annonçait passionnante&#8230; Au moins, à la différence de Fleur de Pierre, vous pouvez toujours en chercher les éditions anglaise ou allemande&#8230; Un beau gâchis, quoi.</p>
<p><strong>Ikkyu : sur les traces de Bouddha</strong></p>
<p>Consolons-nous : Ikkyu, l&#8217;œuvre la plus connue de Hisashi Sakaguchi, a elle été éditée intégralement en France, par Glénat puis Vents d&#8217;Ouest.</p>
<p>Cette fois, c&#8217;est à une biographique que s&#8217;attelle l&#8217;auteur : Ikkyu est en effet un personnage historique du XVe siècle japonais. Fils illégitime de l&#8217;empereur Gokomatsu, il est éloigné de la Cour pour des raisons évidentes et rapidement confié par sa mère à monastère bouddhiste zen, où il va donc faire l&#8217;apprentissage du métier de bonze.</p>
<div id="attachment_2114" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ikkyu1.jpg"><img class="size-medium wp-image-2114" title="ikkyu1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ikkyu1-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright H. Sakaguchi / Glénat - 1996</p></div>
<p>Cependant, Ikkyu va rapidement développer un esprit très critique face à certaines pratiques. Il s&#8217;éloignera de son monastère d&#8217;origine pour partir en quête de sa propre vérité. Il est une figure complexe du bouddhisme japonais : philosophe, artiste, il fut aussi un jouisseur invétéré des bonnes choses de la vie, les femmes y compris.</p>
<p>Son iconoclasme fera qu&#8217;il sera adulé par certains, rejeté par d&#8217;autres ; il remplira temporairement d&#8217;importantes charges dans des monastères prestigieux, mais s&#8217;en éloignera toujours pour retrouver la solitude, la méditation et les filles de joie !</p>
<p>Le manga d&#8217;Hisashi Sakaguchi rend bien tout cela et parvient à retranscrire la complexité du cheminement intellectuel d&#8217;Ikkyu sans jamais tomber dans l&#8217;incompréhensible pour son lecteur très certainement peu habitué aux subtiles différences entre écoles de pensée bouddhique. La vie, la mort, le sexe, l&#8217;amour, l&#8217;amitié et le ressentiment, toutes ces émotions passent presque à l&#8217;état brut des planches de Sakaguchi.</p>
<p>On ne peut s&#8217;empêcher de rapprocher Ikkyu du Bouddha de Tezuka, d&#8217;autant plus quand on sait que Sakaguchi a travaillé sous les ordres du maître. Pour moi, Ikkyu dépasse Bouddha, en cela que la narration est plus resserrée ; Sakaguchi se consacre à un seul personnage, là où Tezuka devait nécessairement envisager les autres acteurs de l&#8217;histoire de Bouddha. De fait, il n&#8217;y a aucun temps mort dans Ikkyu, un comble pour un manga qui traite principalement de religion et de philosophie ! Ikkyu est aussi sans doute l&#8217;œuvre la plus personnelle de Hisashi Sakaguchi, puisqu&#8217;il est décédé quelques semaines avant que le dernier tome ne soit publié&#8230;</p>
<p>De fait, Ikkyu est une lecture chaudement conseillée, une de ces perles qui démontrent avec brio que le manga n&#8217;est pas plus pour adolescents décérébrés que ne le sont les comics ou la BD. Au-delà, c&#8217;est toute l&#8217;œuvre d&#8217;Hisashi Sakaguchi publiée en français qui mérite d&#8217;être lue et relue, en espérant qu&#8217;un jour les éditeurs combleront les regrettables manques qu&#8217;ils ont provoqué&#8230;</p>

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		<title>Jack of Fables</title>
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<div id="attachment_1587" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1587" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/jack-300x300.jpg" alt="copyright B. Willingham / Panini Comics 2009" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">copyright B. Willingham / Panini Comics 2009</p></div>
<p>Jack le tueur de géants, le héros de la fable Jack et le haricot magique, est un truand. Fort en gueule, toujours prêt à profiter de son prochain, un peu veule aussi, pas vraiment le type qu’on aimerait fréquenter… Et pourtant, il va avoir droit à une série à lui tout seul !! Vous l’aurez deviné aisément, Jack of Fables est une série dérivée (un « spin-off ») de l’excellent série de Bill Willingham, Fables, dont on vous a d’ailleurs déjà parlé sur Kroniks. Ce premier tome suit d’ailleurs le tome 8 de Fables, récemment paru, où on voyait un Jack exilé de Fableville prendre le contrôle d’un studio hollywoodien et voguer sur le succès… jusqu’à la chute, provoquée par la révélation aux autorités de Fableville de son identité. Et puisque ce qu&#8217;a fait Jack est interdit aux Fables, le Shérif de Fableville (la Bête) est envoyé y mettre bon ordre.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">
<p style="margin-bottom: 0cm">Au début de Jack of Fables, Jack fait donc du stop, avec pour tout bagage un attaché-case contenant un million de dollars en liquide. Ca ne va pas durer longtemps, il va se faire kidnapper par des agents de la mystérieuse maison de retraite du Rameau d’Or et perdre son million de dollars dans la confusion. Oui, dit comme ça, c&#8217;est vrai que ça fait bizarre… Cette maison de retraite cache en fait de bien plus sombres desseins : son directeur, le Bibliothécaire, a pour but d’éradiquer la présence des Fables dans le monde réel. Il les enferme donc dans cet endroit (qui ressemble tout de même plus à une prison dorée qu’à un bagne) pour que les Communs les oublient et donc que ces Fables perdent tout pouvoir… et toute mémoire de leur existence précédente.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">
<p style="margin-bottom: 0cm">Évidemment, ça n’est pas du goût de Jack, qui va tenter de se faire la belle, modèle Grande Evasion. Il a des alliés, dont le moindre n&#8217;est pas Boucle d&#8217;Or, la tueuse psychopathe qui avait tenté de mener la Révolution de la Ferme des Fables et qui avait été laissée pour morte. Elle avait en fait été récupérée par les agents du Bibliothécaire. Il va falloir cependant se méfier du personnel et des redoutables Bag Men, les agents de sécurité chargés de rattraper les fuyards.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">
<p style="margin-bottom: 0cm">Jack of Fables ne déçoit pas par rapport à la série dont il est issu : l’ironie mordante des scenarii est toujours là. On aurait peut-être aimé un peu plus de développements sur le Bibliothécaire, sa vraie nature et les raisons de sa haine envers les Fables. est-il un agent de l&#8217;Ennemi ? Travaille-t-il pour son propre compte ? La suite de Jack of Fables nous le dira peut-être&#8230; La patte graphique de Tony Akins se compare tout à fait à celle de Mark Buckingham, même si elle garde son identité propre. Visuellement on est dans une continuité fidèle, mais pas un bête décalque d&#8217;un style précis. Bref, c’est du bon boulot, et si vous appréciez Fables, Jack of Fables ne devrait pas vous décevoir.</p>

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		<title>Noritaka le roi de la baston</title>
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		<pubDate>Thu, 07 May 2009 01:25:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Noritaka Sawamura compte bien sur son entrée au lycée pour changer de vie. En effet, il arrive dans un nouvel établissement où personne ne le connait et où il pourra repartir de zéro. Car au collège, un zéro, c&#8217;est bien comme ça qu&#8217;il était considéré, pour son allure de gringalet et sa poltronnerie, ce qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1287" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1287" title="noritaka" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/noritaka-300x300.jpg" alt="copyright Murata-Hamori / Glénat 1996 - 1999" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">copyright Murata-Hamori / Glénat 1996 - 1999</p></div>
<p>Noritaka Sawamura compte bien sur son entrée au lycée pour changer de vie. En effet, il arrive dans un nouvel établissement où personne ne le connait et où il pourra repartir de zéro. Car au collège, un zéro, c&#8217;est bien comme ça qu&#8217;il était considéré, pour son allure de gringalet et sa poltronnerie, ce qui lui valait d&#8217;être la tête de Turc de la classe&#8230;</p>
<p align="justify">Les premiers jours de lycée sont comme un rêve pour lui. Personne ne se moque de lui et sa voisine de table, l&#8217;extrêmement charmante Miki, semble bien disposée envers lui. Noritaka a tout de suite le coup de foudre et Miki ne semble pas être insensible. Mais voilà, lors d&#8217;un match de base-ball, sa couardise légendaire reprend le dessus : il se baisse pour éviter une balle qu&#8217;il aurait pu attraper et Miki, qui était derrière lui, la prend en pleine figure&#8230; C&#8217;en est fini de l&#8217;idylle, Miki lui déclarant froidement qu&#8217;elle déteste les faibles.</p>
<p align="justify">Le pauvre Noritaka ne veut pourtant pas en rester là et décide de s&#8217;inscrire dans un club de sport de combat pour prouver à sa belle qu&#8217;il n&#8217;est pas une femmelette. Hélas, tous ses essais se soldent par des échecs cuisants et il commence à devenir la risée du lycée ! Jusqu&#8217;au moment où, par hasard, il tombe sur un club décrépit : c&#8217;est le club de Muay-Thai, dirigé par le coach Maruyama et ne comptant pour tout membre qu&#8217;un étudiant étranger, le thaïlandais Tchan-Poua. A première vue, le coach ne sait pas trop quoi faire de cet adolescent tout mou, mais devant son insistance, il accepte de le laisser faire un essai. Au moment où Noritaka commence à frapper le sac de sable, le coach Maruyama semble pourtant détecter chez lui des prédispositions au combat et accepte de le prendre sous son aile !</p>
<p align="justify">Les méthodes de Maruyama sont cependant tout sauf orthodoxes et Noritaka est dubitatif quant à la capacité du coach à lui enseigner des choses. Noritaka n&#8217;aura pourtant pas le choix : sa maladresse légendaire le place dans une situation inconfortable où, pour défendre l&#8217;honneur de Miki, il doit se battre contre un des champions du club de boxe de l&#8217;école ! C&#8217;est le début pour Noritaka d&#8217;une longue série d&#8217;entraînements et de combats contre des adversaires toujours plus forts&#8230;</p>
<p align="justify">Noritaka est un manga de baston, certes, mais qui ne se prend jamais au sérieux. L&#8217;humour est omniprésent, bien que parfois tellement japonais qu&#8217;il peut sembler bizarre aux yeux des occidentaux. Si les entraînements de Maruyama sont fantaisistes, on sent que les auteurs du manga sont eux-mêmes des fans de sports de combat, ce qui permet paradoxalement de garder un certain réalisme aux scènes d&#8217;action. La série parvient à garder son dynamisme tout au long des 18 tomes, même s&#8217;il faut prendre le tournoi aux USA comme une grosse parodie des tournois à la Dragon Ball. Les auteurs ont parsemé leur manga de caricatures de personnalités, la plupart du temps très reconnaissables, comme Jean Reno ou Stan Hansen (légendaire catcheur américain) dans la seconde partie du manga.</p>
<p align="justify">Bref, Noritaka est un manga sans prétentions mais attachant, une lecture recommandée pour tous les amateurs d&#8217;humour déjanté et de baston !</p>

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		<title>The Goon &#8211; Chinatown</title>
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		<pubDate>Sat, 02 May 2009 04:29:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Enfin ! Depuis longtemps les fans du Goon attendaient de savoir ce qui s&#8217;était passé à Chinatown. C&#8217;est désormais chose faite avec ce tome 6 des aventures du Goon par Eric Powell. Et croyez-moi, vous ne serez pas déçus du voyage ! Mais auparavant, un petit point sur le Goon est nécessaire, pour ceux qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1265" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/goon6.jpg"><img class="size-medium wp-image-1265 " title="goon6" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/goon6-300x300.jpg" alt="copyright E. Powell / Delcourt 2009" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright E. Powell / Delcourt 2009</p></div>
<p>Enfin ! Depuis longtemps les fans du Goon attendaient de savoir ce qui s&#8217;était passé à Chinatown. C&#8217;est désormais chose faite avec ce tome 6 des aventures du Goon par Eric Powell. Et croyez-moi, vous ne serez pas déçus du voyage !</p>
<p align="justify">Mais auparavant, un petit point sur le Goon est nécessaire, pour ceux qui n&#8217;auraient pas encore commencé la lecture de cette fantastique série. Le Goon est le surnom de l&#8217;homme de main de Labrazio, fameux chef de gang qui domine la ville. Il doit sans cesse régler les problèmes de territoire, de « contribution de protection », etc&#8230; Bref, à première vue, pas un individu très recommandable. D&#8217;autant qu&#8217;il est flanqué de son acolyte Franky, sorte de nabot vicieux dont la technique de frappe préférée est le « couteau dans l&#8217;oeil ! », tout un programme&#8230;</p>
<p align="justify">Pour autant, le Goon et Franky ne sont pas non plus des caractères monolithiques. Le Goon a été recueilli par Labrazio après que celui-ci se soit réfugié dans le cirque où le Goon et sa tante Kizzie vivaient et travaillaient. Après la mort de Kizzie, le Goon quitte le cirque, bien décidé à tailler son chemin dans la vie. Franky, lui, voue une admiration sans bornes au Goon, puisque c&#8217;est ce dernier qui l&#8217;a aidé à affirmer son caractère et à ne plus être la victime de brimades de la part de ses camarades d&#8217;école. Avant le Goon, Franky n&#8217;étaient en fait qu&#8217;une chiffe molle. Bien sûr, tout cela est encore plus complexe en vérité, mais je ne peux en dire plus sans gâcher votre plaisir de lecture.</p>
<p align="justify">Le Goon et Franky font juste ce qu&#8217;ils peuvent pour s&#8217;en sortir dans ce monde difficile. Imaginez, en plus des autres clans de mafia, le Goon doit composer également avec le fait que les vampires, les loups-garous, les morts-vivants, les savants fous et autres monstres, ça existe ! Comme les malédictions ou la magie, d&#8217;ailleurs, sans oublier le FBI bien sûr. Alors non, la vie n&#8217;est pas spécialement facile pour le Goon et Franky. Ca ne les empêche pas pour autant d&#8217;être un peu les protecteurs du quartiers et que les habitants les en remercient. Oh, pas uniquement par bonté d&#8217;âme, hein ! C&#8217;est aussi bon pour le commerce&#8230; Mais le Goon sait s&#8217;attacher la fidélité de ceux qui travaillent pour lui et si certains sont tentés de passer à la concurrence, ils en paieront le prix&#8230;</p>
<blockquote><p>
&laquo;&nbsp;Ce qui suit n&#8217;est pas drôle&#8230;&nbsp;&raquo;
</p></blockquote>
<p align="justify">Donc voilà, dans ce tome 6, vous en saurez plus sur cette tranche du passé que le Goon refuse toujours d&#8217;évoquer, à part à demi-mot avec Franky. Vous en saurez plus sur Isabella (et Lorna par voie de conséquence), sur les balafres du Goon et pourquoi il ne veut plus s&#8217;attacher à aucune femme&#8230;</p>
<div id="attachment_1266" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/goon1.jpg"><img class="size-medium wp-image-1266 " title="goon1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/goon1-300x300.jpg" alt="copyright E. Powell / Delcourt 2005" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright E. Powell / Delcourt 2005</p></div>
<p align="justify">Le style graphique d&#8217;Eric Powell ne change pas dans ce volume : noir/blanc/sépia, ambiance des vieux pulps des années 50, influences du cinéma d&#8217;horreur classique (Frankenstein, Dracula, la Hammer) assumées, ses personnages ont toujours des « gueules », comme dans un bon épisode de Dick Tracy de la grande époque. C&#8217;est gore sans concessions, mais pas de manière graphique. En exagérant un peu, on pourrait honnêtement dire que chaque goutte de sang est pensée et justifiée par le scénario.</p>
<p align="justify">Si la série se caractérise par un humour noir bien trempé qui ravit les amateurs de grincements de dents, Eric Powell vous prévient dans ce tome 6 : « Ce qui suit n&#8217;est pas drôle ». Et c&#8217;est vrai. C&#8217;est dur, c&#8217;est triste, presque pathétique par certains côtés, mais pas trace de l&#8217;humour des autres tomes. Et c&#8217;est tant mieux. De telles révélations ne pouvaient être traitées aussi légèrement que bien d&#8217;autres épisodes de la vie du Goon. Malgré cela, Eric Powell prouve qu&#8217;il ne perd rien en efficacité dans sa narration. Tous les plans sont pensés et s&#8217;enchaînent naturellement, ce qui fait qu&#8217;on dévore le tome à une vitesse folle, tant on veut savoir le fin mot de l&#8217;histoire. Ce tome 6 est un drame, magistral, qui prend aux tripes et ne les relâche plus.</p>
<p align="justify">En bref, Eric Powell ne déçoit pas dans la pourtant délicate révélation de certains pans du passé de son héros, bien au contraire. Le Goon y gagne encore en profondeur, en densité et en complexité psychologique. Ce tome était un passage obligé dans l&#8217;évolution du personnage du Goon et Eric Powell s&#8217;en tire avec tous les honneurs. Une lecture chaudement recommandée donc, même s&#8217;il est indispensable d&#8217;avoir lu les autres volumes de la série auparavant pour en goûter tout le sel.</p>

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		<title>Gunnm / Gunnm Last Order</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Apr 2009 08:52:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A l&#8217;occasion de la sortie du tome 11 de Gunnm Last Order, il m&#8217;a semblé intéressant de faire un petit bilan de cette série plutôt atypique dans le monde du manga. Que ce soit bien clair : Gunnm n&#8217;est pas à mettre entre toutes les mains, de par son niveau de violence. Ça charcute, ça [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1237" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/gunnmlo.jpg"><img class="size-medium wp-image-1237 " title="gunnmlo" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/gunnmlo-300x300.jpg" alt="copyright Yukito Kishiro / Glénat 2009" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Yukito Kishiro / Glénat 2009</p></div>
<p>A l&#8217;occasion de la sortie du tome 11 de Gunnm Last Order, il m&#8217;a semblé intéressant de faire un petit bilan de cette série plutôt atypique dans le monde du manga. Que ce soit bien clair : Gunnm n&#8217;est pas à mettre entre toutes les mains, de par son niveau de violence. Ça charcute, ça étripe, ça démembre à tour de bras. Mais ce n&#8217;est jamais gratuit, c&#8217;est toujours au service d&#8217;une narration adulte et assumée comme telle.</p>
<p align="justify">Gunnm est en effet une saga complexe, qui se divise en fait entre Gunnm (1ère époque) et Gunnm Last Order sa continuation. Yukito Kishiro a d&#8217;abord mis un terme à sa saga au tome 9, offrant une conclusion cohérente bien qu&#8217;un peu expédiée à l&#8217;histoire de Gally. Quelques années plus tard, il décide cependant de relancer Gunnm sous la forme Last Order en revenant un peu en arrière dans Gunnm pour prendre un embranchement scénaristique non exploité originellement et le développer plus avant. « Créature » bicéphale, Gunnm mérite donc qu&#8217;on s&#8217;y attarde un peu.</p>
<p align="justify">Gunnm, publié par Glénat entre 1995 et 1998, fait partie des « pionniers » du manga en France, au même titre que Akira, Ranma ½ ou Dragon Ball, sortis autour de ces années-là. Elle nous propose de suivre l&#8217;histoire de Gally, bio-androïde récupéré dans une décharge par un cybernéticien de génie, Daisuke Ido. Le monde dans lequel se réveille Gally est loin d&#8217;être idyllique, même si elle est entourée de l&#8217;affection de Ido et de ses amis : la Décharge, résultante d&#8217;un univers post-apocalyptique, est un univers de violence où la vie ne vaut pas grand-chose. Elle est surplombée par Zalem, la mystérieuse citée suspendue à laquelle personne n&#8217;a accès et qui est férocement gardée par des robots. Gally, qui est amnésique, va rapidement perdre son innocence en cherchant à savoir d&#8217;où viennent les membres cybernétiques que Ido lui greffe pour lui rendre son autonomie. Elle va découvrir qu&#8217;Ido est un « hunter », un de ces chasseurs de prime qui tiennent lieu de police dans la décharge. C&#8217;est la fin de son cocon protecteur et le début de sa quête d&#8217;identité car elle s&#8217;aperçoit très vite qu&#8217;elle se souvient de techniques de combat dévastatrices&#8230;</p>
<p align="justify">Inutile d&#8217;en dire plus à ce stade si vous n&#8217;avez pas encore lu Gunnm, je m&#8217;en voudrais de gâcher le plaisir de la découverte tel que je l&#8217;ai eu une belle journée de 1995, en dévorant avidement le premier volume de cette saga. Car oui, tous les éléments d&#8217;une saga sont réunis : action à 200 à l&#8217;heure (ah, les scènes du Motorball !), grands sentiments (Gally et Yugo par exemple), trahisons, incompréhensions, retrouvailles, réflexions sur la nature humaine&#8230; Le récit est mené de main de maître, Yukito Kishiro nous fait dévorer les pages tant l&#8217;histoire est captivante. On a vraiment envie de savoir si Gally parviendra à faire la lumière sur son passé et ce que cache cette cité de Zalem&#8230; Non seulement l&#8217;histoire est captivante, mais le dessin est magistral : tous les personnages ont une vraie « gueule » et les scènes d&#8217;action sont plus que dynamiques, sans que Yukito Kishiro ne perde jamais le fil conducteur de son histoire.</p>
<p align="justify">Gunn Last Order retourne dans le passé d&#8217;environ un demi-tome par rapport à Gunnm. L&#8217;histoire de Gally s&#8217;en trouve totalement modifiée et relancée, puisque maintenant elle a accès à Zalem, qui est plus complexe que ce qu&#8217;on aurait pu penser. Là haut non plus, tout n&#8217;est pas rose. Gally poursuit son chemin et les révélations sur son passé s&#8217;accumulent. Elle fait de nouvelles rencontres et progresse encore dans ses techniques. Elle découvre qu&#8217;il y a un univers au-delà de la Terre et que maintenant les enjeux sont bien plus grands.</p>
<div id="attachment_1238" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/gunnm.jpg"><img class="size-medium wp-image-1238 " title="gunnm" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/gunnm-300x300.jpg" alt="Copyright Yukito Kishiro / Glénat 1995" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Yukito Kishiro / Glénat 1995</p></div>
<p align="justify">Last Order ouvre donc sur des perspectives bien plus vastes. Le dessin de Yukito Kishiro a encore gagné en maturité et c&#8217;est un véritable régal pour les yeux. La narration est toujours aussi soutenue et on ne s&#8217;ennuie pas une seule seconde, avec des pages d&#8217;anthologie sur la jeunesse martienne de Gally (oups ! Spoiler ! Désolé !) ou l&#8217;histoire de Sangwiss et de l&#8217;Humanité pendant l&#8217;hiver nucléaire qui s&#8217;est abattu sur terre. Seul point noir à mon sens : le tournoi du ZOTT, qui dure depuis déjà quelques tomes. Yukito Kishiro tombe là dans le travers des mangas de baston : les tournois interminables, tout à fait dans la lignée de Dragon Ball. Certes, tout cela est mis en scène de main de maître, mais quelque part cela ne « cadre pas » tellement avec l&#8217;univers de Gunnm, où Yukito Kishiro avait su éviter l&#8217;écueil en allant à l&#8217;essentiel. Pour moi, les pages de Gunnm sur le Motorball ou encore sur Den, Zapan ou Makaku sont infiniment supérieures à ce tournoi du ZOTT où il ne manque rien de l&#8217;ambiance « dragonballesque » : le commentateur qui détaille les techniques, les adversaires toujours plus puissants et toujours plus improbables, etc&#8230; Fort heureusement, la narration annexe (Gally et la Fata Morgana, Sangwiss) est toujours aussi intense et prenante, mais on en vient à souhaiter que le tournoi du ZOTT se termine bientôt et qu&#8217;on passe enfin à autre chose&#8230;</p>
<p align="justify">Cependant, au vu de l&#8217;œuvre dans sa globalité, ce n&#8217;est qu&#8217;un petit défaut (peut-être soufflé par son éditeur nippon puisque ce genre de tournoi a toujours attiré beaucoup de lecteurs) qui ne gâche pas l&#8217;immense plaisir de la lecture. Si vous ne connaissez pas encore Gunnm et Last Order, ruez-vous dessus mais en prenant soin de commencer par Gunmm pour ne pas gâcher votre plaisir.</p>

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