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	<title>Kroniks &#187; aventure</title>
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	<description>le blog bd qui bronze en été</description>
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		<title>Entretien avec Laureline MATTIUSSI</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Jul 2010 18:59:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Nos billets d'humeur]]></category>
		<category><![CDATA[aventure]]></category>
		<category><![CDATA[Bande Dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Laureline MATTUISSI]]></category>
		<category><![CDATA[pirates]]></category>

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		<description><![CDATA[A Kroniks on fait ce qu&#8217;on veut quand on veut. Parfois on publie des kroniks sans interviews, parfois on publie des kroniks ET des interviews. Et ben là, on a décidé de publier une interview avant une (éventuelle) kronik. Pourquoi ? D&#8217;abord et d&#8217;une, on fait ce qu&#8217;on veut (faudra le répéter à chaque fois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/SO26-l_ile_au_poulailler-cover.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2373" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/SO26-l_ile_au_poulailler-cover.jpg" alt="Copyright Treize Etranger 2010" width="294" height="394" /></a></strong>A Kroniks on fait ce qu&#8217;on veut quand on veut. Parfois on publie des kroniks sans interviews, parfois on publie des kroniks ET des interviews. Et ben là, on a décidé de publier une interview avant une (éventuelle) kronik. Pourquoi ?</p>
<p>D&#8217;abord et d&#8217;une, on fait ce qu&#8217;on veut (faudra le répéter à chaque fois ?).</p>
<p>Ensuite et de deux, parce que cette interview là, c&#8217;est celle de Laureline MATTIUSSI, une ravissante auteure aux yeux bleu azur qui a pris le temps de répondre à des questions (pas toujours) stupides et qu&#8217;elle traine depuis trop longtemps dans mes dossiers (l&#8217;interview, hein, pas Laureline).</p>
<p>Enfin et de trois parce que parler de son œuvre, l&#8217;<em>Ile au poulailler</em> publiée chez Treize Étrange, demande du temps pour rendre compte du talent de l&#8217;artiste, de sa manière de composer d&#8217;immenses planches aérées avec un style délié et stylisé. Parce qu&#8217;il faut bien choisir et peser ses mots pour raconter cette histoire de pirates qui n&#8217;en est pas une en en étant quand même une, alignant les clichés du genre mais sans en suivre les sentiers (re)battus. Bref, parce que ce n&#8217;est pas facile, voilà.</p>
<p>Alors en attendant de trouver les mots (et le temps) pour rendre compte convenablement du travail de Laureline  (mais est-ce seulement possible tant ce diptyque est à la fois étrange et merveilleux, aventureux et coquin, familier et étonnant&#8230;),  Tonton Cruchot vous propose un entretien avec l&#8217;artiste. Et si après ça, vous n&#8217;avez toujours pas envie de découvrir son univers&#8230; alors promis, vous aurez une belle kronik.</p>
<p><strong>Kroniks : Laureline bonjour. Alors avant de commencer je voudrais te décerner un prix spécial : le prix Kroniks des plus beaux yeux bleus de dessinatrice de BD. Sous vos applaudissements !</strong></p>
<p><strong>Pour ceux qui ne le saurais pas (et peu le savent), il faut expliquer qu&#8217;à l&#8217;heure où tu réponds à ces questions, tu sors d&#8217;une période d&#8217;ermite asocial pendant laquelle tu as bouclé le tome 2 de <em>l&#8217;Ile au poulailler</em>. C&#8217;était comment ? On imagine que c&#8217;est pendant ces moments d’intense création que les auteurs se font le plus plaisir, non ?</strong></p>
<p>Laureline MATTUISSI : C&#8217;était ascétique sur la fin, c&#8217;était la panique dès le début. C&#8217;était des moments de bravoure intenses et lumineux lorsque je me levais à 6 H 00 et que je me collais aussi sec au boulot, de furieux accès de colère quand je loupais mon réveil. C&#8217;est un moment où j&#8217;ai définitivement cessé de répondre au téléphone. Mais j&#8217;ai beaucoup progressé en dessin.</p>
<p><strong>K : J&#8217;ai lu ta biographie, disponible un peu partout sur internet, et j&#8217;en ai retenu que tu étais née il n&#8217;y a pas très longtemps à Nancy et qu&#8217;après tu as publié <em>L&#8217;Ile au poulailler</em>. C&#8217;est bon, je n&#8217;ai rien oublié ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;ai également pris le large et baroudé en mer pendant cinq ans avant d&#8217; aller vivre en bête sauvage dans des jungles lointaines. Depuis j&#8217;écris des livres en fumant des cigares de la Havane, je joue à lancer des couteaux en plein dans le mille comme me l&#8217;a appris mon tonton Max, je bois du calva dans des crânes en caressant un vieux chat sauvage et borgne.</p>
<p><strong>K : J&#8217;ai lu aussi que tu donnes des cours de dessins à Bordeaux. Ça ressemble à quoi un cours de dessin par Laureline MATTIUSSI ? Tu es quel genre de professeur ? Du genre à mettre des heures de colle à ceux qui n&#8217;arrivent pas à dessiner Titeuf ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;ai cessé depuis quelques années de donner des cours de dessin. Je ligotais les élèves dissidents et mon vieux chat sauvage et borgne leur griffait les parties génitales.</p>
<p><strong>K : A une époque où toutes les jeunes femmes qui dessinent font des BD pour fillasses en se comparant la taille de leur sac à main, toi tu publies un roman graphique, un vrai, tout sympa tout plein sur les petites hontes des enfants. Alors quoi, t&#8217;aimes pas les sacs à main, les blog de filles et les histoires de poils ?</strong></p>
<p>LM : Pas vraiment.</p>
<p><strong>K: Ton tout premier livre donc c&#8217;est <em>Petites hontes enfantines</em> (chez la Boîte à Bulles). Tu peux nous raconter la genèse de cet album et l&#8217;accueil qu&#8217;il a reçu ?</strong></p>
<p>LM : Les &laquo;&nbsp;Petites Hontes Enfantines&nbsp;&raquo; sont de cours récits glanés au fil des discussions avec des copains. J&#8217;ai conservé les hontes qui me semblaient les plus drôles et les plus singulières, mais qui conservaient également un caractère universel. Il y est question d&#8217;une profonde gravité de l&#8217;enfance mélangé à une vraie drôlerie. Je crois qu&#8217;il a été bien accueilli.</p>
<p><strong>K : Dans <em>L&#8217;Ile au poulailler</em> tu mets en scène une « piratesse » meneuse d&#8217;homme, bagarreuse et qui ne s&#8217;en laisse pas compter. Allez, sois franche, tu as pris qui comme modèle ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;aime les personnages féminins éminemment sexués et tapageurs&#8230; et totalement inconvenants. Ma piratesse a cette qualité qu&#8217;elle peut parcourir le pont de son bateau les fesses à l&#8217;air, vociférant auprès de ses marins comme un diable, sans jamais s&#8217;interroger sur l&#8217;indécence de son accoutrement.</p>
<p>Je ne lui connais aucun modèle.</p>
<p><strong>K : Le genre &laquo;&nbsp;aventures de pirates&nbsp;&raquo; est plutôt réservé aux hommes mais tu réussis à apporter une touche de féminité bienvenue tout en respectant les clichés du genre. Tu voulais faire la nique aux mecs et leur prouver que les filles aussi peuvent dessiner des voiliers, des combats à l&#8217;épée et des poulets plumés ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;ai voulu travailler sur la piraterie pour ce qui en fait l&#8217;essence même : la révolte, l&#8217;obstination, la démesure et toujours cette profonde inconvenance. Pour la magie du mythe également : pas de pirates sans trésor et sans revenants. Du point de vue du dessin il y avait ce plaisir à faire juxtaposer la transparence de l&#8217;air et la beauté des horizons marins, le mouvement de l&#8217;eau, quelque chose qui tient de l&#8217;atemporel et d&#8217;un certain rapport au songe et à l&#8217;infini, à du rugueux, du charnel , du grossier, à des personnages qui perdent leurs chicots, qui se grattent les couilles, qui ont des poux, qui s&#8217;emmerdent, puis qui d&#8217;un coup sont pris de folie et s&#8217;entretuent.</p>
<p>J&#8217;ai beaucoup joué sur le langage, la grossièreté et la rudesse des marins que j&#8217;aime facétieux et cruels.</p>
<p>J&#8217;aime l&#8217;idée d&#8217; un récit qui sent un peu, avec de la puissance et du rythme.</p>
<p><strong>K : A la fin du premier tome, on se retrouve en plein délire onirique, sur une île à poulets. Le ton devient presque non-sensique. C’était l’idée dès le départ ? Partir d’une histoire de pirates pour arriver … pour arriver où justement ?</strong></p>
<p>LM : Pour n&#8217;arriver nul part justement car la piraterie selon moi se joue de l&#8217;espace et du temps pour n&#8217;œuvrer qu&#8217;en des eaux circulaires où il n&#8217;y a ni début ni fin. On cavale à travers les mers en se jouant de l&#8217;Histoire et de l&#8217;organisation du terrestre, on y poursuit une révolte ou un trésor, on y joue l&#8217;histoire d&#8217;une folie et d&#8217;une déraison jusqu&#8217;à ce que mort s&#8217;en suive. C&#8217;est le leitmotiv de mon récit à moi. Et les poulets y étaient prévus depuis le début.</p>
<p><strong>K : Ton album est superbement préfacé pa rique comme toujours et véritablement dithyrambique à ton égard. Comment as tu rencontré Pierre et comment l&#8217;as tu convaincu de préfacer ton livre ? Tu l&#8217;as ensorcelé avec tes yeux bleu azur ? C&#8217;est en tout cas un magnifique cadeau qu&#8217;il t&#8217;a fait là.</strong></p>
<p>LM : Pierre Dubois est un pirate. Un vrai de vrai car non content de porter des grandes bottes et un couteau à la ceinture il est accompagné de magie. Adolescente j&#8217;ai dévoré ses contes et ses encyclopédies. J&#8217;y trouvais alors une écriture exemplaire parce qu&#8217;elle savait dire le merveilleux, avec sagacité, avec drôlerie, avec un vrai plaisir jouisseur, et cet immense savoir qui le caractérise. Il fait partie des gens qui ont le plus compté dans mes désirs de raconter et je suis très honorée par cette préface qui est une formidable préface.</p>
<p><strong>K : L&#8217;association Artémisia est tout aussi enthousiaste puisqu&#8217;elle t&#8217;a décerné son prix de l&#8217;année 2010. J&#8217;imagine que c&#8217;est mieux que le titre de &laquo;&nbsp;plus beaux yeux bleus de dessinatrice de BD&nbsp;&raquo;&#8230; Pour toi, ce prix littéraire c&#8217;est :</strong></p>
<p><strong>a) une consécration bien méritée, non mais                                                                        b) une motivation pour la suite</strong></p>
<p><strong>c) tu t&#8217;en fous, tu voulais un prix à Angoulême                                                                  d) Obi Wan Kenobi?</strong></p>
<p>LM : Ce prix a permis à mon livre d&#8217;avoir une plus grande visibilité et c&#8217;est très bien. Et j&#8217;aime bien le propos que tiennent les membres d&#8217;Artemisia sur les femmes dans l&#8217;univers de la création. ( et puis j&#8217;aime aussi l&#8217;œuvre d&#8217;Artemisia Gentileschi, ça tombe bien).</p>
<p><strong>K : Tu remercies &laquo;&nbsp;les copains de l&#8217;atelier&nbsp;&raquo;. C&#8217;est quel atelier déjà, rappelle nous ?</strong></p>
<p>LM: Koikoi com quiqui, Aux anchois des Antilles ou les Studios Johnson, les noms varient. C&#8217;est un atelier à Bordeaux et nous sommes 7 : Nicolas Dumontheuil, Jean-Denis Pendanx, David Prudhomme, Rémi Cattelain, Jérome Daviau, Christophe Dabitch et moi-même.</p>
<p><strong>K: D’ailleurs, est-ce que tu travailles encore en atelier ? Et qu&#8217;est-ce que cet environnement t&#8217;apporte que tu n’as pas en travaillant seule ?</strong></p>
<p>LM : Je n&#8217;y ai pas mis les pieds depuis quelques temps. J&#8217;aime alterner des périodes de travail totalement solitaire chez moi à des moments d&#8217;ateliers où on mélange un peu nos tendances d&#8217;ours asociaux. Et puis les temps d&#8217;atelier sont aussi des moments de discussion et d&#8217;échange sur les projets en cours et j&#8217;ai beaucoup d&#8217;estime pour le travail de mes camarades d&#8217;atelier.</p>
<p><strong>K : Plus généralement, à quoi ressemble une journée type de dessinatrice de BD ? Par exemple, tu prends quoi au petit déjeuner ?</strong></p>
<p>LM : Des pieds de porc sauce chien.</p>
<p><strong>K : Les couleurs sont de ta copine Isabelle MERLET. Comment s&#8217;est passé le travail exactement entre vous ? Et surtout, laquelle des deux faisait le thé ?</strong></p>
<p>LM : Nous ne buvions que du shrubb. Je suis très contente de cette collaboration, Isabelle a un extraordinaire culot et sait donner entièrement corps au récit par ses choix colorés. Elle sait dire les tensions, les moments de heurts, les temps suspendus&#8230; elle pense d&#8217;abord l&#8217;histoire avant de lui insuffler de la force. Ses couleurs font sens. Et elles sont superbes.</p>
<p><strong>K : Tu pourrais nous donner TA définition de la bande dessinée. Je veux dire, en tant qu&#8217;artiste, en tant qu’auteur ? Qu&#8217;est-ce que le 9<sup>e</sup> art t&#8217;apporte par rapport à l&#8217;illustration classique ? (&laquo;&nbsp;Le pognon&nbsp;&raquo; n’est pas une réponse valable).</strong></p>
<p>LM : Moi j&#8217;aime par dessus tout raconter. Et la BD me permet de dire davantage que par le biais d&#8217;autres médiums parce que c&#8217;est un art de l&#8217;écrit et de l&#8217;image confondu. C&#8217;est de fait un moyen d&#8217;expression extrêmement riche&#8230; et éminemment complexe aussi, car il faut trouver à maîtriser cette subtile imbrication de l&#8217;image et du récit.</p>
<p><strong>K : Es-tu toi-même lectrice de BD ? Quels sont tes derniers coups de cœur ? Tes albums cultes ? Voire tes auteurs de référence ?</strong></p>
<p>LM : Mon dernier coup de cœur est &laquo;&nbsp;<em>Las Rosas</em>&nbsp;&raquo; d&#8217;Anthony Pastor aux éditions de l&#8217;an 2. &laquo;&nbsp;Un western tortilla à l&#8217;eau de rose&nbsp;&raquo; écrit son auteur, un récit absolument génial. Courez l&#8217;acheter si ce n&#8217;est déjà fait.</p>
<p>Il y a aussi <em>Kaz</em>, que j&#8217;ai découvert il y a un ou deux mois en lisant &laquo;&nbsp;Terrain vague&nbsp;&raquo;, ça m&#8217;a fait beaucoup rigoler.</p>
<p>Et puis il y a eu le <em>Rébetiko </em>de Prudhomme.</p>
<p>Les auteurs que j&#8217;admire sont nombreux , en faire une liste exhaustive serait ennuyeux et les réduire à quelques-uns serait injuste&#8230; mes références se trouvent aussi dans la littérature.</p>
<p><strong>K : Après les pirates, tu vas t&#8217;attaquer à quoi ? Tu as des projets en vue, des idées d&#8217;histoire ? Des projets à plusieurs mains peut-être ?</strong></p>
<p>LM : Je pars cette fois pour la Rome Antique, avec un scénariste, Sol Hess, aux commandes. C&#8217;est une histoire qui prend pied dans les bas-fonds de la ville, une histoire qui glue et qui poisse, avec beaucoup d&#8217;ombre et un peu de lumière le tout bien emmêlé, avec des rapports humains terribles, avec de la débauche, avec des poètes, des putes et des consuls trop gros, avec beaucoup d&#8217;humour. C&#8217;est un très beau scénario.</p>
<p><strong>K : Bon je vais te laisser tranquille maintenant, en attendant de pouvoir lire la suite de <em>l&#8217;Ile au poulailler</em>, sur laquelle tu ne diras rien, bien évidemment … (Même pas un petit truc, rien qu&#8217;à moi ?) Merci beaucoup Laureline pour ta gentillesse et surtout ta patience. J’espère te revoir très bientôt, parce que les séances de dédicace ont avec toi quelque chose de magique (je sais pas, les yeux peut-être…).</strong></p>
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		<title>Herobear &amp; the Kid</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Jan 2010 06:44:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tyler doit faire face à pas mal de changements dans sa vie d&#8217;enfant : son grand-père vient de décéder. Ses parents ont décidé d&#8217;habiter dans son ancienne demeure, où travaille un majordome à l&#8217;aspect austère. C&#8217;est beaucoup de changements d&#8217;un coup pour un petit garçon : la perte d&#8217;un être cher, un déménagement mais aussi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1953" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/herobear1.jpg"><img class="size-medium wp-image-1953" title="herobear1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/herobear1-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Mike Kunkel / V2O éditions 2006</p></div>
<p>Tyler doit faire face à pas mal de changements dans sa vie d&#8217;enfant : son grand-père vient de décéder. Ses parents ont décidé d&#8217;habiter dans son ancienne demeure, où travaille un majordome à l&#8217;aspect austère.</p>
<p>C&#8217;est beaucoup de changements d&#8217;un coup pour un petit garçon : la perte d&#8217;un être cher, un déménagement mais aussi une nouvelle école à fréquenter et donc de nouveaux amis à se faire. Tyler étant aussi rêveur que cœur d&#8217;artichaut, il ne peut s&#8217;empêcher de tomber amoureux de la plus jolie fille de la classe&#8230; et involontairement de ridiculiser la brute épaisse qui, avec ses deux frères, va le prendre pour tête de turc. Bref, ça ne va pas être rose tous les jours&#8230;</p>
<p>D&#8217;autant que Tyler ne comprend pas le sens des objets que son grand-père lui a légué : une montre à gousset qui ne fonctionne plus et un nounours en peluche passablement défraîchi. Quelle n&#8217;est pas la surprise de Tyler quand le nez du nounours se met à clignoter et se transforme en ours parlant de 3m !! D&#8217;un autre côté, ça ouvre des possibilités pour quelqu&#8217;un qui s&#8217;est toujours vu dans la peau d&#8217;un super-héros&#8230;</p>
<p>Herobear &amp; the Kid est un mélange de plusieurs genres : les super héros, bien sûr, puisque Tyler doit combattre les méchants avec son ours et le premier d&#8217;entre eux, un robot géant, ne tarde pas à pointer le bout de son nez. Mais on peut le rapprocher aussi de Clavin &amp; Hobbes, pour le côté « petit garçon qui parle à sa peluche » et « réflexions sur la vie ». Le grand-père de Tyler n&#8217;était en effet pas n&#8217;importe qui, mais chut ! Ce n&#8217;est pas à moi de vous en dire plus.</p>
<p>Visuellement, Herobear &amp; the Kid adopte un aspect presque purement « esquisse » : on a l&#8217;impression de se retrouver devant le carnet d&#8217;études préparatoires de l&#8217;auteur. Cet aspect inachevé est en fait totalement assumé par Mike Kunkel : outre le fait qu&#8217;elle laisse une certaine place à l&#8217;imagination du lecteur, elle lui permet également une plasticité qu&#8217;un dessin plus réaliste ou au contraire plus cartoon n&#8217;aurait sans doute pas autorisé. Mike Kunkel joue donc avec les formes, les cases, le tout en noir et blanc. Force est de constater que cela marche à 100% ! Cet aspect d&#8217;Herobear &amp; the Kid est un atout, non un handicap.</p>
<div id="attachment_1952" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/herobear3.jpg"><img class="size-medium wp-image-1952" title="herobear3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/herobear3-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Mike Kunkel / V2O éditions 2006</p></div>
<p>La réalisation et le scénario en font aussi une œuvre « transgénérationnelle » : les plus jeunes lecteurs y trouveront des personnages sympathiques, auxquels ils pourront aisément s&#8217;identifier et une narration qui ne les prend pas pour des idiots. Les plus âgés liront Herobear &amp; the Kid comme une Madeleine de Proust, se remémorant les longues heures passées sous les draps ou près du radiateur à lire, et se laisseront eux aussi prendre par l&#8217;histoire !</p>
<p>Bref, Herobear &amp; the Kid est un comic méconnu mais qui mérite amplement qu&#8217;on le découvre et qu&#8217;on le savoure, seul ou de génération en génération. Et ça, c&#8217;est suffisamment rare dans le monde de la BD pour être signalé. Le <a href="http://mikekunkel.blogspot.com/">blog de Mike Kunkel</a> est aussi un passage très intéressant, bien qu&#8217;en anglais, pour découvrir l&#8217;univers si particulier de ce dessinateur deux fois lauréat des Eisner Awards (les Oscar des comics), rien que ça !</p>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/aventure/" title="aventure" rel="tag">aventure</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/comics/" title="Comics" rel="tag">Comics</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/jeunesse/" title="jeunesse" rel="tag">jeunesse</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/super-heros/" title="super héros" rel="tag">super héros</a><br />

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		<title>De Cape et de Crocs</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Jan 2010 01:15:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[aventure]]></category>
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		<description><![CDATA[Ca faisait un bout de temps que j&#8217;avais envie de la faire, cette chronique. Elle me tient à cœur, De Cape et de Crocs est une de mes séries « franco-belges » préférées. Du coup, ne vous attendez pas à un article objectif et dépassionné de ma part ! Ici, c&#8217;est le fan qui parle. Vous comprendrez [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1919" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape1.jpg"><img class="size-medium wp-image-1919" title="cape1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape1-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 1995" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 1995</p></div>
<p>Ca faisait un bout de temps que j&#8217;avais envie de la faire, cette chronique. Elle me tient à cœur, <em>De Cape et de Crocs</em> est une de mes séries « franco-belges » préférées. Du coup, ne vous attendez pas à un article objectif et dépassionné de ma part ! Ici, c&#8217;est le fan qui parle.</p>
<p>Vous comprendrez donc que je n&#8217;avais pas envie de la rater, cette chronique. J&#8217;avais envie de transmettre à mes lecteurs (et aux auteurs, si jamais ils lisent un jour ces lignes) toute la passion que je ressens pour les aventures de ce duo improbable, Don Lope le loup et Armand de Maupertuis le renard. Cette envie a souvent justifié le renvoi aux calendes grecques l&#8217;écriture de ce texte : pas le bon moment, pas le bon état d&#8217;esprit, l&#8217;angoisse de la page blanche&#8230; Bref, toutes ces bonnes raisons que l&#8217;on a de ne pas s&#8217;y mettre parce qu&#8217;on craint l&#8217;échec.</p>
<p>Mais voilà : le tome 9, <em>Revers de fortune</em>, est paru et m&#8217;accule à l&#8217;écriture. Il n&#8217;est plus temps de tergiverser, il me faut me retrousser les manches et prendre mon courage à deux mains, voire plus si vous voulez bien m&#8217;en prêter quelques-unes.</p>
<p><em>De Cape et de Crocs</em>, c&#8217;est Alexandre Dumas, Cervantès et Cyrano de Bergerac ressuscités. Ni plus, ni moins. Il y a des héritages dont on aurait plus à rougir que celui-ci, n&#8217;est-ce pas ? Cependant, c&#8217;est bien beau de l&#8217;affirmer, il faut tout de même le prouver.</p>
<p>Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou y parviennent sans aucun souci. Les deux compères se connaissent en effet depuis l&#8217;école des Beaux-Arts d&#8217;Angoulême et leur pratique des jeux de rôle n&#8217;est sans doute pas pour rien dans leurs talents pour la narration graphique. Après tout, <em>Garulfo</em>, mené parallèlement à <em>De Cape et de Crocs</em> le confirme : même si l&#8217;ambiance (et l&#8217;objectif) est différente, le souci de raconter une histoire est toujours présent.</p>
<p>Toutefois, si <em>Garulfo</em> est une œuvre à découvrir absolument, le chef-d&#8217;œuvre du duo est sans aucun doute <em>De Cape et de Crocs</em>. Le talent des deux artistes y explose, littéralement. Mais ne brûlons pas les étapes ; <em>De Cape et de Crocs</em>, qu&#8217;est-ce que c&#8217;est ? Cela peut sembler convenu de poser cette question, mais certains ne connaissent peut-être pas encore la série. Pour ceux-là, je vais mettre un point d&#8217;honneur à ne pas déflorer l&#8217;intrigue.</p>
<div id="attachment_1922" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape4.jpg"><img class="size-medium wp-image-1922" title="cape4" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape4-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2000" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2000</p></div>
<p>Bienvenue donc dans le XVIIe siècle flamboyant, celui des 3 Mousquetaires, de la conquête des Indes et des Amériques, des pirates barbaresques en Méditerranée, celui où sur les cartes marines figurent des monstres terrifiants dans les zones non explorées, où la science se cherche encore. Un XVIIe siècle un peu spécial, cependant, puisque humains et animaux anthropomorphisés se côtoient. C&#8217;est d&#8217;ailleurs le cas des deux héros, Don Lope de Villalobos y Sangrin, fier loup hidalgo espagnol, et de son inséparable compagnon, Armand Raynal de Maupertuis, renard gascon. Les deux se vouent une amitié indéfectible depuis qu&#8217;ils se sont rencontrés – et combattus – à la guerre. Lope est fier, ombrageux, sanguin, tandis qu&#8217;Armand est enjoué, prompt à la rime et au bon mot, séducteur invétéré comme tout bon français.</p>
<p>Dans <em>Le secret du Janissaire</em>, Don Lope et Armand vont se lancer dans une chasse au trésor, après la découverte d&#8217;un message dans une bouteille. Ce premier volume, qui lance leur périple, est l&#8217;occasion pour eux de rencontrer un certain nombre de ceux qui deviendront des personnages principaux par la suite : Séléné, Hermine, Eusèbe, le raïs Kader ou encore le capitaine Mendoza. Armand est en effet tombé sous le charme de Séléné, pupille du marchand Cénile Spilorcio, vieux marchand avare, et Don Lope n&#8217;a pu rester insensible à celui de la belle gitane Hermine, même s&#8217;il est d&#8217;abord trop fier pour l&#8217;admettre – pensez donc ! Un hidalgo et une gitane ! Impensable ! Mais l&#8217;Amour a ses raisons que la raison ignore&#8230; Aussi, lorsqu&#8217;Andreo Spilorcio, le fils de Cénile, épris lui aussi de la belle Hermine, l&#8217;enlève en se persuadant qu&#8217;elle finira par répondre à ses attentions, Don Lope ne peut que se précipiter à son secours.</p>
<p>Et voilà, le roman picaresque est lancé ! Car il s&#8217;agit bien de cela, en fait : un grand roman d&#8217;aventures, de cape et d&#8217;épée (c&#8217;est presque le titre, quelle coïncidence amusante !). Si le premier objectif, le trésor des mystérieuses Îles Tangerines, est déjà alléchant, les rocambolesques péripéties des deux compères et de leurs amis ne s&#8217;arrêteront pas en si bon chemin, car ce trésor n&#8217;est en fait pas celui qu&#8217;ils pensaient&#8230;</p>
<p>Et c&#8217;est là le plus frustrant pour un chroniqueur soucieux de s&#8217;adresser à tout le monde : je ne peux pas en dire plus, au risque de révéler des pans de l&#8217;intrigue et donc de gâcher votre plaisir de la découverte ! Sur un œuvre telle que celle-ci, ce serait quasiment un sacrilège&#8230; Néanmoins, une chose peut être dite en toute sécurité : le niveau ne baisse jamais au cours des 9 volumes déjà parus, certains même se hissent à des hauteurs proprement vertigineuses en termes de qualité d&#8217;écriture et de réalisation graphique.</p>
<p>On use souvent de superlatifs dans le monde de la critique littéraire et artistique, mais Jean-Luc Masbou les mérite. C&#8217;est un véritable orfèvre, ciselant chacune de ses planches avec un soin maniaque, confinant à l&#8217;enluminure, mais toujours de manière équilibrée. Résultat : ses cases foisonnent de détails mais ne sont jamais « lourdes » à l&#8217;œil. On peut passer de très longs moments à les détailler pour en saisir tous les éléments, bien souvent des clins d&#8217;œil ou des scènes annexes, telles ces étranges créatures qui s&#8217;échappent du chaudron bouillonnant de l&#8217;alchimiste que consulte le raïs Kader au début du premier tome et finiront par se jeter dans le port, sous le regard éberlué de chats de gouttière&#8230; Malgré ce sens du détail, Masbou n&#8217;oublie jamais le dynamisme qui doit soutenir toute la narration : on est dans un roman d&#8217;aventures, pas dans un drame psychologique, que diable ! Du coup, on sent le souffle de l&#8217;aventure à chaque case. Humains et animaux anthropomorphisés se mêlent harmonieusement, tel Monsieur de Cicognac en second du bateau pirate ou l&#8217;inénarrable lapin Eusèbe. Le</p>
<div id="attachment_1925" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape7.jpg"><img class="size-medium wp-image-1925" title="cape7" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape7-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2006" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2006</p></div>
<p>tout est magnifié par la palette de couleurs utilisée par Masbou : rouges flamboyants de couchers de soleil, bleus marines profonds de la nuit citadine, verts luxuriants des jungles des Îles Tangerines&#8230; Il parvient à faire du grand spectacle en cinémascope à chaque case sans que jamais cela ne paraisse clinquant !! Chapeau, l&#8217;artiste&#8230;</p>
<p>Quant à Alain Ayroles, le scénario qu&#8217;il livre, en plus de revisiter ses classiques, est une petite merveille d&#8217;écriture. Vous en connaissez beaucoup, vous, des auteurs qui prennent la peine de faire des alexandrins dans un scénario de BD ? Le style est fluide, se lit sans accroc et si parfois – souvent ! &#8211; il ressemble à celui des pièces de Molière ou des romans de cape et d&#8217;épée (le Capitaine Fracasse, le Comte de Monte-Cristo, Don Quichotte, etc&#8230;), c&#8217;est assumé et jamais pompeux.</p>
<p>Les textes regorgent d&#8217;indices, de références à des œuvres classiques, mais aussi de bons mots, de contrepèteries bien senties (notamment celles du tome 9, mes enfants, elles sont salées !!) Je ne vais pas faire ici la liste des clins d&#8217;œil dans la série, d&#8217;autres l&#8217;ont fait avant moi et avec beaucoup de talent, <a href="http://nerial.free.fr/artelio/artelio/spip_053.html">comme sur ce site</a>. Ce scénario, c&#8217;est aussi celui d&#8217;un amoureux de la langue française, j&#8217;en suis convaincu. Quand, comme moi, on aime les mots, on ne peut que se délecter de l&#8217;écriture d&#8217;Ayroles.</p>
<p>Ayroles laisse libre cours à sa fantaisie, à tel point que les deux compères font parfois une utilisation amusante de cet objet qu&#8217;est une BD : dans certains tomes, les faces intérieures de la reliure sont aussi utilisées pour la narration. La plupart du temps pour des scènes noires, où toutes les émotions des personnages ne sont retransmises que par la forme de leurs yeux, seuls éléments discernables de leur anatomie dans des cases totalement noires : le raïs et Eusèbe dans le ventre du Léviathan, Don Lope et Armand dans la marmite des sauvages&#8230; C&#8217;est très réussi !</p>
<div id="attachment_1918" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape9.jpg"><img class="size-medium wp-image-1918" title="cape9" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape9-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2009" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2009</p></div>
<p>Le maître mot de cette œuvre, à tous les niveaux, est en définitive le suivant : équilibre. Tout d&#8217;abord entre les deux auteurs. Alchimie rare, ils parviennent tous deux à déployer l&#8217;étendue de leur talent sans que cela ne nuise au travail de l&#8217;autre : jamais le dessin ne prend le pas sur le texte, ou inversement. Equilibre aussi entre action et psychologie travaillée des personnages. Si <em>De Cape et de Crocs</em> regorge de coups d&#8217;éclat, les protagonistes ne sont pas des coquilles vides ou des archétypes monolithiques. Ils ont tous leurs forces, leurs faiblesses et c&#8217;est cela qui les rend aussi attachants, notamment le pirate Bonney Boone et son inénarrable équipage.</p>
<p>Si vous ne connaissiez pas <em>De Cape et de Crocs</em>, alors il est urgent pour vous de découvrir cette œuvre majeure du paysage BD actuel, de nombreuses heures de plaisir de lecture garanties ! Et pour ceux qui veulent pousser un peu plus loin l&#8217;exploration de l&#8217;univers de Masbou et d&#8217;Ayroles, ils peuvent se reporter à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/De_cape_et_de_crocs">la page wiki</a> de la série, ou encore à cet autre <a href="http://decape.free.fr/">site amateur</a> très bien fait.</p>

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		<title>La Brigade Chimérique</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Dec 2009 21:19:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1896" class="wp-caption alignleft" style="width: 284px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/La_Brigade_Chimerique1.jpg"><img class="size-full wp-image-1896 " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/La_Brigade_Chimerique1.jpg" alt="Copyright L'Atalante 2009" width="274" height="405" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright L&#39;Atalante 2009</p></div>
<p>Septembre 1938. Le Docteur MABUSE a convoqué dans la ville secrète de Métropolis tout le gratin mondial de surhumains pour leur annoncer ses intentions : s’opposer par la force s’il le faut aux communistes et aux juifs qu’il accuse de vouloir liquider l’essence de la civilisation européenne. Les supers soldats russes dans leur armure de fer s’offusquent de cet affront. De son côté le Nyctalope, le protecteur de Paris, tente de raisonner MABUSE avec l’aide de l’Accélérateur de Londres.<br />
De retour à Paris, Irène JOLIOT-CURIE reçoit la visite d’un ancien soldat qui a été sorti d’un coma de 14 ans par sa mère, Marie CURIE, et découvre son étrange secret qui pourrait bien rétablir l’équilibre des pouvoirs à l’orée d’une guerre mondiale.</p>
<p>Voilà donc résumé très succinctement le départ de l’intrigue d’une nouvelle série de super-héros … français. Oui môssieur. Quoiqu’on devrait plutôt parler de surhommes, mais on y reviendra.</p>
<p>A l’origine de cette série prévue en six tomes se trouve Serge LEHMAN, de son vrai nom Pascal Fréjean, écrivain français passionné de science-fiction.<br />
A la fin des années 90, il s’est rendu compte que la culture française faisait constamment barrage au genre de la SF. Après quelques recherches il a déniché quelques 3 000 récits français écrits entre Jules VERNES et BARJAVEL.<br />
Bien décidé à réhabiliter le genre aux yeux du public, il a cogité et mis de côté une uchronie sur la disparition des surhommes en Europe. L’idée a germé, s’est endormie et lui est revenue en 2005. Il en a parlé à son éditeur l’Atalante, GESS (<em>Carmen Mc CALLUM</em>) a fait un bout d’essai et face à la difficulté qu’il venait de soulever il a demandé l’aide de Fabrice COLIN  (trois fois lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire).*<br />
La série de la Brigade Chimérique venait de naître.</p>
<p>La Brigade Chimérique est donc une uchronie se déroulant dans une Europe fictive peu avant 1940. Un savant fou allemand, le Docteur MABUSE, entend faire barrage aux juifs et aux communistes sur les plateaux de l’Europe de l’Est. L’équilibre des pouvoirs étant menacé, les alliances se nouent entre les protecteurs de chaque Etat pour s’opposer ou rallier cet adepte de la svastika. Deux axes prennent alors formes, une alliance franco-anglo-américaine et une entente hispano-italo-germanique.</p>
<p><strong>Ze Ligue of zi Aixtrordinèri Jeantleumène</strong></p>
<p>La Brigade Chimérique est une œuvre riche et complexe située à la croisée de très nombreuses influences, la Ligue des Gentlemen Extraordinaires en tête, mais pas que.</p>
<p>Sur la forme tout d’abord, puisque les auteurs ont calqué leurs albums sur le format américain des fascicules. Les six tomes prévus se présentent donc sous la forme de petits volumes contenant deux épisodes de 24 pages. L’idée était de sortir du carcan habituel des feuilletons d’aventure à la française, longs, pesants et redondants. En optant pour un format court, ils s’obligent à plus de « légèreté et d’insouciance »*.</p>
<p>Mais la plus grande qualité de la série reste son fond.</p>
<p>Tout comme dans la série de MOORE et O’NEIL, la Brigade se déroule dans un monde similaire au notre où les principaux protagonistes sont dotés de pouvoirs particuliers. Et tout comme dans la Ligue, les personnages sont issus de la littérature fantastique classique. Le Nyctalope est un héros crée par Jean de la Hire, le docteur MABUSE a été inventé par l&#8217;écrivain luxembourgeois Norbert Jacques et même le groupe russe Nous Autres trouve son origine dans la littérature populaire.</p>
<p>Il y aurait par ailleurs beaucoup à dire, et à écrire sur les thèmes et les références invoquées par les scénaristes. On peut citer pèle mêle bien évidemment le mythe du surhomme de NIETZCHE, Kafka, l’Art nouveau, des poulpes lovecraftiens, Albert EINSTEIN, l’expressionnisme allemand de MURNAUD ou la grandiloquence de Frtiz LANG, le tout sur fond science fiction et de machines à vapeur.</p>
<p>Enfin, et pour en finir avec les références, personne ne pourra passer à côté du graphisme de GESS qui lorgne plus qu’abondamment sur le style si particulier de MIGNOLA, fait de personnages bruts et de silhouettes esquissées dans des ombres opaques.<br />
Mais n’est pas MIGNOLA qui veut et force est de constater que les petites cases alignées en gaufrier sur de petites pages nuisent parfois à la fluidité du récit.</p>
<p>On obtient au final une série patchwork qui malgré les très nombreuses références réussit quand même à se dégager une identité propre. Le scénario est assez prenant, les références intellectuelles abondent et on ne compte plus les niveaux de lecture proposés.</p>
<p>Toutefois, il serait malhonnête de ma part de crier au génie pur et simple et au renouveau attendu du genre super héroïque français. Je me dois d’apporter quelques réserves à ceux qui voudraient se ruer dans leur boutique en s’arrêtant à ce stade du billet.</p>
<div id="attachment_1897" class="wp-caption alignright" style="width: 290px"><img class="size-full wp-image-1897" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Brigade_chimerique2.jpg" alt="Copyright L'Atalante 2009" width="280" height="428" /><p class="wp-caption-text">Copyright L&#39;Atalante 2009</p></div>
<p>La série a été conçue selon les scénaristes pour être lue au premier abord comme une aventure romanesque. Pourtant, force est de constater que la très grande richesse appesanti sensiblement la lecture. Chaque personnage, chaque situation a été pensé au point de transformer le récit en une succession d’indices et de références subtiles à décrypter (par exemple l’opposition vie/mort – angélisme/bestialité des quatre héros de la Brigade Chimériques).</p>
<p>Et puis il y a le format voulu par les auteurs. Comme je l’ai précisé la série comportera au final 6 tomes contenant chacun deux épisodes de 24 pages, vendus au prix unitaire de 11€. Autant dire que malgré toutes ses qualités, le prix risque fort de faire fuir les curieux. C’est quand même un poil plus cher qu’un album petit format classique (9,90€) et un chouilla moins cher qu’un album classique pour une taille fascicule.<br />
Certes l’idée d’un format à l’américaine est à la base une bonne idée. Mais dans ce cas pourquoi avoir choisi la version cartonnée/papier glacé (les bouquins sont très agréables à tenir cela étant. Mais pas forcément à lire) là où les fascicules mensuels contenant autant de pages sont vendus moitié moins cher ?</p>
<p>Finalement, je suis assez partagé quant à La Brigade Chimérique. J’ai réellement apprécié son histoire, innovante, dense et riche comme peu d’histoires peuvent l’être. Je ne peux que saluer bien bas le talent des auteurs. Mais j’ai été en même temps rebuté par ses nombreux défauts (taille, prix, saturations de références et autres paraboles). Je lirai la suite, bien évidemment, mais averti.</p>
<p>A réserver pour l’instant aux fortunés amateurs de SF rétro, de feuilletons romanesques et de subtilités littéraires. Pour les autres, je ne peux que leur conseiller d’attendre une éventuelle intégrale.</p>
<p>*Source l’interview riche en détails des scénaristes par <a href="http://www.bodoi.info/a-la-une/2009-09-07/ou-sont-passes-les-super-heros-europeens/20941" target="_blank">Bodoï</a></p>
<p><a href="http://www.brigadechimerique.com/" target="_blank">Le site officiel de la série</a></p>

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		<title>Jack of Fables</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Sep 2009 00:40:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comics]]></category>
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		<description><![CDATA[Jack le tueur de géants, le héros de la fable Jack et le haricot magique, est un truand. Fort en gueule, toujours prêt à profiter de son prochain, un peu veule aussi, pas vraiment le type qu’on aimerait fréquenter… Et pourtant, il va avoir droit à une série à lui tout seul !! Vous l’aurez [...]]]></description>
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<div id="attachment_1587" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1587" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/jack-300x300.jpg" alt="copyright B. Willingham / Panini Comics 2009" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">copyright B. Willingham / Panini Comics 2009</p></div>
<p>Jack le tueur de géants, le héros de la fable Jack et le haricot magique, est un truand. Fort en gueule, toujours prêt à profiter de son prochain, un peu veule aussi, pas vraiment le type qu’on aimerait fréquenter… Et pourtant, il va avoir droit à une série à lui tout seul !! Vous l’aurez deviné aisément, Jack of Fables est une série dérivée (un « spin-off ») de l’excellent série de Bill Willingham, Fables, dont on vous a d’ailleurs déjà parlé sur Kroniks. Ce premier tome suit d’ailleurs le tome 8 de Fables, récemment paru, où on voyait un Jack exilé de Fableville prendre le contrôle d’un studio hollywoodien et voguer sur le succès… jusqu’à la chute, provoquée par la révélation aux autorités de Fableville de son identité. Et puisque ce qu&#8217;a fait Jack est interdit aux Fables, le Shérif de Fableville (la Bête) est envoyé y mettre bon ordre.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">
<p style="margin-bottom: 0cm">Au début de Jack of Fables, Jack fait donc du stop, avec pour tout bagage un attaché-case contenant un million de dollars en liquide. Ca ne va pas durer longtemps, il va se faire kidnapper par des agents de la mystérieuse maison de retraite du Rameau d’Or et perdre son million de dollars dans la confusion. Oui, dit comme ça, c&#8217;est vrai que ça fait bizarre… Cette maison de retraite cache en fait de bien plus sombres desseins : son directeur, le Bibliothécaire, a pour but d’éradiquer la présence des Fables dans le monde réel. Il les enferme donc dans cet endroit (qui ressemble tout de même plus à une prison dorée qu’à un bagne) pour que les Communs les oublient et donc que ces Fables perdent tout pouvoir… et toute mémoire de leur existence précédente.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">
<p style="margin-bottom: 0cm">Évidemment, ça n’est pas du goût de Jack, qui va tenter de se faire la belle, modèle Grande Evasion. Il a des alliés, dont le moindre n&#8217;est pas Boucle d&#8217;Or, la tueuse psychopathe qui avait tenté de mener la Révolution de la Ferme des Fables et qui avait été laissée pour morte. Elle avait en fait été récupérée par les agents du Bibliothécaire. Il va falloir cependant se méfier du personnel et des redoutables Bag Men, les agents de sécurité chargés de rattraper les fuyards.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">
<p style="margin-bottom: 0cm">Jack of Fables ne déçoit pas par rapport à la série dont il est issu : l’ironie mordante des scenarii est toujours là. On aurait peut-être aimé un peu plus de développements sur le Bibliothécaire, sa vraie nature et les raisons de sa haine envers les Fables. est-il un agent de l&#8217;Ennemi ? Travaille-t-il pour son propre compte ? La suite de Jack of Fables nous le dira peut-être&#8230; La patte graphique de Tony Akins se compare tout à fait à celle de Mark Buckingham, même si elle garde son identité propre. Visuellement on est dans une continuité fidèle, mais pas un bête décalque d&#8217;un style précis. Bref, c’est du bon boulot, et si vous appréciez Fables, Jack of Fables ne devrait pas vous décevoir.</p>

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		<title>Tessa Agent Intergalactique</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2009 02:30:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
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		<description><![CDATA[Tessa est une lycéenne comme les autres. Bon, ok, elle est casse-cou, tête en l’air, cœur d’artichaut et utilise plein de mots à la mode. Ah, ben oui, en fait, Tessa est une lycéenne comme les autres ! Sauf que… Sauf que, depuis qu’elle est toute petite, elle rêve toutes les nuits d’aventures inter-galactiques. Et le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>
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<div id="attachment_1573" class="wp-caption alignleft" style="width: 234px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/tessa1.jpg"><img class="size-medium wp-image-1573   " title="tessa" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/tessa1-224x300.jpg" alt="copyright Louis/Mitric/Lamirand - Soleil 2004" width="224" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Louis/Mitric/Lamirand - Soleil 2004</p></div>
<p>Tessa est une lycéenne comme les autres. Bon, ok, elle est casse-cou, tête en l’air, cœur d’artichaut et utilise plein de mots à la mode. Ah, ben oui, en fait, Tessa est une lycéenne comme les autres ! Sauf que…</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">Sauf que, depuis qu’elle est toute petite, elle rêve toutes les nuits d’aventures inter-galactiques. Et le pire, c’est que chaque nuit, son rêve semble reprendre au moment même où il s’était terminé la nuit précédente.  Une nuit, cependant, elle va apprendre que ses rêves n’en sont pas : une créature à trois visages se matérialise dans sa chambre et l’emmène avec elle ! Elle doit en effet participer à un tournoi pour déterminer qui sera le 42<sup>e</sup> Agent Intergalactique. Car oui, ses rêves n’en  étaient finalement pas : Tessa est bel et bien une A.I. ! Elle devra faire ses preuves, sous la direction de son llaron (mentor), le laminoxien Swidzernaïv. Et vu le caractère de la belle, ce n’est pas gagné…</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">Tessa Agent Intergalactique est donc une série de science-fiction, résolument placée sous le signe de l’humour. Les jeux de mots sont omniprésents et permettent aussi aux auteurs de placer leurs références culturelles.  Lisez à l’envers le nom de Suhtt-Kalag, le dévoreur de mondes, par exemple, et si vous êtes in familier des comics Marvel, le clin d’œil ne vous échappera pas. Graphiquement de même, en parcourant attentivement les cases, on décèle des personnages venus d&#8217;autres séries. Le contexte, un univers aux races multiples, permet aux auteurs de laisser libre cours à leur imagination en termes de design de vaisseaux, de races aliens et de planètes étranges à tendance bizarres. Imagination influencée visiblement à la fois par la BD de type Valérian, les comics (Tessa est elle-même quelque part un super-héros) mais aussi les manga. Des séries télé du genre Star Trek, Babylon5 ou autres films de SF typés Star Wars, les influences du petit et du grand écran se font aussi sentir. Il y a pire comme références, d&#8217;autant que les auteurs parviennent à ne pas les laisser phagocyter leur narration ou leur univers visuel. Cela reste des clins d&#8217;œil et c&#8217;est très bien comme ça.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">Soyons honnêtes : si les trois premiers volumes de Tessa se lisent sans déplaisir, ils restent tout de même assez « légers ». L’humour est parfois un peu trop potache et capillotracté et Tessa fait un peu partie de ces petits plaisirs honteux, de ces séries que l’on suit parce qu’on se marre bien mais qu’on ne cite pas dans les réunions de bédéphiles (à tort sans doute). Mais il faut bien avouer qu’avec la parution du premier tome de Tessa-42, le spin-off de la série s’attachant aux autres A.I., puis le tome 4 de Tessa, les choses ont évolué. L’humour reste très présent, les clins d’œil aussi, mais l’histoire avance enfin, les choses se complexifient et Tessa commence petit à petit à évoluer psychologiquement. Le tome 5, récemment sorti, confirme tout cela : l’ambiance est plus</p>
<div id="attachment_1572" class="wp-caption alignright" style="width: 225px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/tessa5.jpg"><img class="size-medium wp-image-1572   " title="tessa2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/tessa5-215x300.jpg" alt="copyright Louis/Mitric/Lamirand - Soleil 2009" width="215" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Louis/Mitric/Lamirand - Soleil 2009</p></div>
<p>sombre, Tessa doit faire des choix et peser les conséquences de ses actes. Et franchement, c’est plutôt agréable de voir cette évolution. D’autant que les sorties des autres tomes de Tessa-42 sont planifiées et promettent d’approfondir encore cet univers somme toute plutôt intéressant. Le fait que ces albums seront confiés à d’autres auteurs que ceux de Tessa Agent Intergalactique augure aussi du meilleur, les points de vue vont se multiplier et les deux séries vont pouvoir continuer à se construire l’une sur l’autre. Un peu sur le modèle récent des aventures de Spirou.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">En résumé, il serait donc dommage de snober Tessa Agent Intergalactique au vu de ses 3 premiers tomes. Les tomes suivants promettent de vrais enjeux, posent de vraies questions et mettent plutôt l’eau à la bouche. Ca va vraiment devenir &laquo;&nbsp;intergalactique&nbsp;&raquo;, si les auteurs tiennent le rythme. N’hésitez donc pas à vous laisser tenter par cette série très sympathique !</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">Tessa Agent intergalactique dispose en plus d&#8217;un blog régulièrement mis à jour par les auteurs et qui se trouve <a href="http://tessa-42.blogspot.com/" target="_blank">à cette adresse</a></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">

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		<title>Usagi Yojimbo</title>
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		<pubDate>Fri, 22 May 2009 07:05:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les lapins, on connait, même en BD : Lapinot de Trondheim, Lapin par Phiip, etc&#8230;, ça n&#8217;a rien de très original. Les samouraïs, les ninjas, les bonzes, tout pareil, c&#8217;est du vu et revu en BD : Okko, Kogaratsu et bien d&#8217;autres en sont de dignes représentants. Mais des lapins samouraïs ? Des chats et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1349" class="wp-caption alignleft" style="width: 212px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/usagi.jpg"><img class="size-medium wp-image-1349 " title="usagi" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/usagi-202x300.jpg" alt="copyright Stan Sakai / Paquet Eds 2009" width="202" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Stan Sakai / Paquet Eds 2009</p></div>
<p>Les lapins, on connait, même en BD : <em>Lapinot </em>de Trondheim, <em>Lapin </em>par Phiip, etc&#8230;, ça n&#8217;a rien de très original. Les samouraïs, les ninjas, les bonzes, tout pareil, c&#8217;est du vu et revu en BD : Okko, Kogaratsu et bien d&#8217;autres en sont de dignes représentants.</p>
<p align="justify">Mais des lapins samouraïs ? Des chats et des chauve-souris ninja ? Des serpents conseillers du shogun ? Ha ha, là vous calez, hein ? C&#8217;est déjà moins banal ! Normal, c&#8217;est <em>Usagi Yojimbo</em> !</p>
<p align="justify">Créée dans les années 80 par Stan Sakai, cette série a de nombreuses particularités qui font son charme. D&#8217;abord par son créateur : bien que né au Japon, il a grandi, étudié et vit toujours aux Etas-Unis. De son héritage culturel nippon, il a retenu les thèmes, pas le style. <em>Usagi Yojimbo</em> est donc un paradoxe : créée par un japonais, sur des thèmes japonais, cette série est réalisée dans un style graphique qui n&#8217;a rien à voir avec le manga. C&#8217;est du comics, mais version « underground », loin des canons stylistiques du genre. Stan Sakai a développé sa patte propre, tout en traits simples mais très expressifs.</p>
<p align="justify">Usagi Yojimbo narre donc les aventures d&#8217;Usagi, samouraï sans maître qui vend ses services de garde du corps (un Yojimbo, donc). Cependant, Usagi n&#8217;a jamais renié les principes d&#8217;honneur et de probité inculqués par son éducation de samouraï, ce qui l&#8217;entraîne souvent dans des problèmes ; il a en effet à cœur de secourir la veuve et l&#8217;orphelin, la plupart du temps de manière désintéressée. Ce qui ne l&#8217;empêche pas de pouvoir être ami avec des personnes moins recommandables mais qui ont un bon fond, comme Gen le chasseur de primes.</p>
<p align="justify">Stan Sakai n&#8217;a pas voulu faire œuvre d&#8217;historien dans son comics. Cela lui permet donc de saupoudrer de temps en temps les aventures de son personnage d&#8217;une touche de mythologie. Dieux, démons, épées légendaires, tout cela est aussi présent dans Usagi Yojimbo, mais sans que cela alourdisse le récit ou le fasse basculer dans le fantastique complet. Usagi Yojimbo est donc un mélange des genres très réussi : aventure, amour, complots, fantastique et grands sentiments, dans une veine qu&#8217;on pourrait quasiment qualifier de cinématographique. Les aventures du samouraïs aux longues oreilles se dévorent à toute vitesse tant elles sont passionnantes.</p>
<p align="justify">Les éditions Paquet ont d&#8217;ailleurs décidé de rendre accessibles aux plus grand nombre ces aventures d&#8217;un genre peu commun: si les quatre premiers tomes furent édités en grand format en leur temps, un format beaucoup plus compact a depuis été adopté, sans que cela ne gène la lecture en aucune manière. Avantage : le prix de vente est très agressif, un des moins chers du marché. Inconvénient : vu le format, une belle dédicace n&#8217;est plus aussi facile qu&#8217;en grand format&#8230; Mais Stan Sakai sait toujours faire plaisir à ses fans d&#8217;un croquis rapide et bien senti, ainsi qu&#8217;il l&#8217;a prouvé les deux fois où il est venu au festival de BD d&#8217;Angoulême !</p>
<p align="justify">Bref, pour tous ceux qui cherchent des aventures passionnantes, ceux que le folklore japonais attire mais l&#8217;esthétique manga rebute, pour tout le monde en définitive, <em>Usagi Yojimbo</em> est une lecture recommandée !</p>
<p align="justify">A noter qu&#8217;en 2004, un art-book « The art of Usagi Yojimbo » fut produit, mais à ma connaissance il n&#8217;a pas encore été traduit en français&#8230;</p>

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		<title>Aarib</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Mar 2009 16:00:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
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		<description><![CDATA[Avril 1935. François LE GUENNEC est journaliste dans un magazine féminin dans lequel il écrit des aventures exotiques au pays des touaregs. Lassés de ne les connaître qu’à travers les livres, il décide un beau jour de tout plaquer et part pour le grand voyage. Direction : le Sahara et ses hommes bleus. En chemin [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1001" class="wp-caption alignleft" style="width: 222px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/aarib-1.jpg"><img class="size-medium wp-image-1001" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/aarib-1-212x300.jpg" alt="Copyright Vents d'Ouest 2007" width="212" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Vents d&#39;Ouest 2007</p></div>
<p>Avril 1935. François LE GUENNEC est journaliste dans un magazine féminin dans lequel il écrit des aventures exotiques au pays des touaregs.<br />
Lassés de ne les connaître qu’à travers les livres, il décide un beau jour de tout plaquer et part pour le grand voyage. Direction : le Sahara et ses hommes bleus.<br />
En chemin il fera la connaissance de Camille MOULIN, jeune française née au Maroc qui retourne voir son père et qui l’aidera à accomplir son périple.<br />
Arrivé dans un Maroc en plein protectorat français, il découvrira un monde nouveau et brut, rencontrera un militaire fan de jazz, un chamelier fraternel et Leila, gazelle sauvage aux yeux ensorceleurs. Mais tout comme le désert, la belle ne se laisse pas apprivoiser aussi facilement.</p>
<p>Pour son premier album, Jérôme HEYDON a choisi le thème de l’aventure initiatique.<br />
Son héros, un jeune français à peine sorti du cocon familial, n’a pourtant rien d’un baroudeur. Aventurier de papier, il se lance dans ce grand voyage sans réelle préparation. Timide, anxieux, naïf, il passe son temps à se plaindre des aléas de son périple et à angoisser pour tout et rien. Accroché par échanges épistolaires à ses parents « biens aimés » il aura bien du mal à accepter la réalité de son aventure.<br />
Bien évidemment, il sera confronté à la dureté de la vie, à l’amour et à la mort. Enrichi de toutes ces épreuves il quittera le désert et sa nouvelle famille grandi mais aussi débarrassé de ses illusions.</p>
<p>Jérôme HEYDON a lui-même voyagé avec les aaribs, une tribu nomade du Sahara, et s’est efforcé de rendre toute la beauté et la diversité des paysages marocains.<br />
Pari gagné : Aarib est tout simplement superbe. Que ce soit la ville de Tanger, les chemins escarpés de l’Atlas ou bien évidemment les dunes du désert, tous les décors sont magnifiquement rendus.<br />
Surtout, il a parfaitement su capter et restituer la lumière du pays. Non pas claire ni chaude mais belle et bien brûlante. Et l’on souffre avec</p>
<div id="attachment_1002" class="wp-caption alignright" style="width: 221px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/aarib-2.jpg"><img class="size-medium wp-image-1002" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/aarib-2-211x300.jpg" alt="Copyright Vents d'Ouest 2009" width="211" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Vents d&#39;Ouest 2009</p></div>
<p>François de cette chaleur écrasante et permanente, à vous momifier sur place.</p>
<p>Toutefois, si les décors sont éclatants, force est de constater que les personnages paraissent bien rigides. Peu expressifs, ils semblent comme figés dans des poses assez peu naturelles.</p>
<p>Malgré une narration lente, l&#8217;histoire, naïve et touchante, se lit avec plaisir. Tel un guide professionnel, l’auteur nous promène dans ce Maroc lumineux et accueillant qu’il a visiblement adoré.</p>
<p>Aarib, malgré quelques défauts inhérents à une première œuvre (personnages rigides, histoire un brin naïve) mérite largement le détour, ne serait-ce que pour la beauté de ses décors et le dépaysement qu’elle procure. D’autant que, mis à part le <em>Vent dans le sable</em> de Michel PLESSIX (Delcourt), peu d’albums ont exploré le Maroc, le Sahara et encore moins les hommes bleus.</p>
<p>La série est réellement agréable à suivre, d’autant qu’elle se termine en deux tomes.<br />
On en sort tout bronzé, du sable plein les pages et le goût des dattes dans la bouche avec cette furieuse envie de voir le soleil se lever sur les dunes silencieuses.</p>
<p>Une série « chaudement » recommandée.</p>
<p>Pour vous faire une idée du style coloré et aqueux de l&#8217;auteur,<a href="http://www.dessein-aventure.net/dessein-aventure.net/Accueil.html" target="_blank"> c&#8217;est par ici que ça se passe</a></p>

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		<title>Lucha Libre</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Nov 2008 19:05:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comics]]></category>
		<category><![CDATA[Featured]]></category>
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		<description><![CDATA[Prenez des luchadors. Vous savez, ces catcheurs aux techniques aériennes et aux masques colorés qui font la joie des petits et des grands. Maintenant, plongez les dans la rue et faites en des défenseurs de la veuve et de l’orphelin dans des aventures hautes en couleurs et rocambolesques. C’est en tout cas ce qu’ont fait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Prenez des luchadors. Vous savez, ces catcheurs aux techniques aériennes et aux masques colorés qui font la joie des petits et des grands. Maintenant, plongez les dans la rue et faites en des défenseurs de la veuve et de l’orphelin dans des aventures hautes en couleurs et rocambolesques.</p>
<div id="attachment_690" class="wp-caption alignleft" style="width: 217px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/luchas5.jpg"><img class="size-medium wp-image-690" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/luchas5-207x300.jpg" alt="Les Luchadores Five" width="207" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Les Luchadores Five</p></div>
<p>C’est en tout cas ce qu’ont fait Jerry FRISSEN et ses copains, de grands gamins qui voulaient parler de sympathiques loosers se prenant pour des supers héros.<br />
La série s’articule autour de sous séries chacune scénarisée par FRISSEN mais mises images par des dessinateurs différents. Chacune présente une équipe de masqués qui, sur leur propre terrain, tentent de faire régner l’ordre et la loi contre des méchants à peine plus intelligents qu’eux.</p>
<p>Toutefois, malgré la présence de dessinateurs différents sur chaque équipe, le monde des luchas libre reste cohérent, tant dans l’ambiance que dans les graphismes.<br />
Difficile voire impossible de les départager. Chacune a son ambiance et ses héros propres. Comme elles ne se croisent pas ni ne se renvoient, chacune peut être lue indépendamment des autres et dans n’importe quel ordre.</p>
<p>A l’origine Lucha Libre est un périodique rassemblant des chapitres des séries en cours, des histoires courtes dessinées par des invités, des fausses pubs ou encore des fiches personnages.<br />
Surfant sur le succès, et pour faire plaisir aux fans, Les humanoïdes Associés ont rassemblés en trois volumes cartonnés les premières histoires complètes des trois séries phares.</p>
<div id="attachment_689" class="wp-caption alignright" style="width: 215px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/lucha-cart5.jpg"><img class="size-medium wp-image-689" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/lucha-cart5-205x300.jpg" alt="Les Tikitis" width="205" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Les Tikitis</p></div>
<p><strong>Luchadores Five :</strong></p>
<p><em>Les Luchadores Five</em> est une équipe de sympathiques loosers (l’un d’entre eux a été viré du chômage) qui protège leur ville contre des loups garous voleurs d’autoradios, des bébés dinosaures alcooliques et un clone d’Elvis nain. Pour cela, ils sont aidés par les Français (des catcheurs aux trois couleurs, béret et baguette inclus) et les Jumeaux de l’Espace Igor et Grichka.</p>
<p><strong>Les Tikitis :</strong></p>
<p><em>Les tikitis</em> est une équipe de sympathiques loosers qui protège l’île paradisiaque de Tiki Island contre King Katch, le catcheur enfermé dans la montagne pour avoir tué son opposant. Mais quand un vilain crétin libère le monstre et que la maman de Philoloco débarque, il est temps pour eux de laisser tomber les siestes et les blagues au téléphone pour remettre de l’ordre sur l’île.</p>
<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/tequila.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-680" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/tequila-202x300.jpg" alt="" width="162" height="240" /></a><strong>Tequila</strong></p>
<p>Tequila est un sympathique looser sachant à peine parler qui protège son parc de caravanes contre… rien. Parce qu’il ne se passe jamais rien dans le désert. Sauf quand il est injustement accusé de meurtre.<br />
Pourchassé par le shérif crétin du coin, des pom-pom ninjas belliqueuses et un mystérieux monstre masqué, il sera temps pour lui de montrer au monde qu’on ne se moque pas de Tequila, l’homme élevé par des cactus !</p>
<p>La série est colorée, naïve, drôle et finalement très attachante. Les personnages sont tous typés, charismatiques et hilarants. Le rythme soutenu enchaîne sans temps mort les bons mots et les scènes déjantées. C’est burlesque, parodique, drôle, frais, léger et totalement décomplexé.<br />
Que du bon, foncez.</p>

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		<title>Neverland</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Oct 2008 15:34:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Featured]]></category>
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		<description><![CDATA[Après le départ de son amie Laura venue consulter ses mails, Betty KOLCHAK remarque que sa plante tropicale que lui a offerte son oncle a disparu. Le végétal a quitté le rebord de sa fenêtre. Une chose est sûre, elle n’a pas pu disparaître toute seule. Le mystère s’épaissit quand Betty découvre qu’une agence de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_628" class="wp-caption alignleft" style="width: 225px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/neverland.jpg"><img class="size-medium wp-image-628" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/neverland-215x300.jpg" alt="Copyright editions Soleil 2008" width="215" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Editions Soleil 2008</p></div>
<p>Après le départ de son amie Laura venue consulter ses mails, Betty KOLCHAK remarque que sa plante tropicale que lui a offerte son oncle a disparu. Le végétal a quitté le rebord de sa fenêtre. Une chose est sûre, elle n’a pas pu disparaître toute seule. Le mystère s’épaissit quand Betty découvre qu’une agence de publicité utilise SA plante pour vanter les mérites d’un engrais chimique. Comment se la sont-ils procurée ? Et qui est derrière tout cela ? D’interview télé en cavale, Betty finira par rencontrer trois mômes paumés qui squattent une maison vouée à la démolition. Leur logement étant destiné à héberger une agence de pub, ils ont viré terroristes antipub et n’hésitent par à faire chanter les pouvoirs publics. Betty décide d’agir elle aussi contre la lèpre publicitaire aux côtés de ses nouveaux amis. Encore faut-il pouvoir assumer sa désobéissance civile.</p>
<p><strong>Tiens, ils ont remis des émissions entre les pubs ?</strong></p>
<p>Neverland est le premier album de Nicolas SURE (aux dessins) et Stéphane PIATZSZEK (au scénario). Scénariste pour la télé, Stéphane a voulu tenter l’aventure du 9e art pour raconter son vécu social mais aussi combien la télé peut écraser les gens.<br />
L’idée, nous explique-t-il dans la postface, est partie de cette maison du 20e arrondissement de Paris qu’il occupait pour monter des pièces de théâtre et qui par un beau matin a été investie par des « flics habillés en Terminator ». Blessé par le manque de respect pour l’Histoire (la maison avait servi à cacher de jeunes juifs pendant la guerre) il a voulu parler de tous ces refuges habités par les déshérités de la société et que l’Etat vire sans ménagement.<br />
Le terreau de la pub est venu s’ajouter quand il s’est remémoré les paroles d’un dirigeant d’une grande chaîne qui disait fabriquer « du temps de cerveau disponible pendant les pubs ».<br />
Neverland est donc une fable citoyenne qui s’attaque à tous les genres : la pub omniprésente et omnipotente, les enfants abandonnés, les pouvoirs publics qui s’en foutent et la télé qui sacrifie des vies sur l’autel de l’audimat.<br />
Marquée socialement et politiquement, la série invite le lecteur à se questionner sans jamais tomber dans les travers inverses de la démonstration partisane ou la lourdeur pédagogique.</p>
<p>D’une manière générale, l’album s’adresse plutôt aux ados et préados de 12 à 15 ans.<br />
Le dessin léger et coloré sort tout droit des canons de la BD jeunesse (Nicolas a commencé à dessiner des petits mickeys dans les cases du Journal de Spirou). Le trait est fin est tout en rondeurs et les personnages mignons comme tout. Le design lisse associé à des couleurs chaudes informatisées et des décors épurés fluidifient encore la lecture du bouquin.</p>
<blockquote><p>Marquée socialement et politiquement, la série invite le lecteur à se questionner</p></blockquote>
<p>Le ton employé quant à lui est dans l’ensemble léger. Pourtant les auteurs évitent les clichés infantilisants et parlent vrai à leurs jeunes lecteurs.<br />
Ainsi, il n’est pas rare de se trouver face à des situations noires ou des expressions crues. La meilleure amie de Betty est une prostituée joviale qui parle ouvertement de son métier et des enfants meurent sous les coups de matraque des vigiles de supermarchés.<br />
On ne tombe pas dans le polar noir et les scènes choc mais les enfants ne sont pas pris pour de gentils bêtas gavés aux niaiseries.<br />
Les adultes quant à eux y trouveront une histoire dans l’air du temps et des thèmes forts, qu’ils pourront aborder avec leurs ados pour en débattre ensuite.</p>
<p>Scénario citoyen, personnages attachants, dessins agréables, Neverland cumule les bons points. L’album ne prétend pas se positionner comme un incontournable du 9e art mais il serait dommage de passer à côté de cette jolie réussite.</p>

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