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	<title>Kroniks &#187; Bande Dessinée</title>
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	<description>le blog bd qui bronze en été</description>
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		<title>Entretien avec Laureline MATTIUSSI</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Jul 2010 18:59:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Nos billets d'humeur]]></category>
		<category><![CDATA[aventure]]></category>
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		<category><![CDATA[Laureline MATTUISSI]]></category>
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		<description><![CDATA[A Kroniks on fait ce qu&#8217;on veut quand on veut. Parfois on publie des kroniks sans interviews, parfois on publie des kroniks ET des interviews. Et ben là, on a décidé de publier une interview avant une (éventuelle) kronik. Pourquoi ? D&#8217;abord et d&#8217;une, on fait ce qu&#8217;on veut (faudra le répéter à chaque fois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/SO26-l_ile_au_poulailler-cover.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2373" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/SO26-l_ile_au_poulailler-cover.jpg" alt="Copyright Treize Etranger 2010" width="294" height="394" /></a></strong>A Kroniks on fait ce qu&#8217;on veut quand on veut. Parfois on publie des kroniks sans interviews, parfois on publie des kroniks ET des interviews. Et ben là, on a décidé de publier une interview avant une (éventuelle) kronik. Pourquoi ?</p>
<p>D&#8217;abord et d&#8217;une, on fait ce qu&#8217;on veut (faudra le répéter à chaque fois ?).</p>
<p>Ensuite et de deux, parce que cette interview là, c&#8217;est celle de Laureline MATTIUSSI, une ravissante auteure aux yeux bleu azur qui a pris le temps de répondre à des questions (pas toujours) stupides et qu&#8217;elle traine depuis trop longtemps dans mes dossiers (l&#8217;interview, hein, pas Laureline).</p>
<p>Enfin et de trois parce que parler de son œuvre, l&#8217;<em>Ile au poulailler</em> publiée chez Treize Étrange, demande du temps pour rendre compte du talent de l&#8217;artiste, de sa manière de composer d&#8217;immenses planches aérées avec un style délié et stylisé. Parce qu&#8217;il faut bien choisir et peser ses mots pour raconter cette histoire de pirates qui n&#8217;en est pas une en en étant quand même une, alignant les clichés du genre mais sans en suivre les sentiers (re)battus. Bref, parce que ce n&#8217;est pas facile, voilà.</p>
<p>Alors en attendant de trouver les mots (et le temps) pour rendre compte convenablement du travail de Laureline  (mais est-ce seulement possible tant ce diptyque est à la fois étrange et merveilleux, aventureux et coquin, familier et étonnant&#8230;),  Tonton Cruchot vous propose un entretien avec l&#8217;artiste. Et si après ça, vous n&#8217;avez toujours pas envie de découvrir son univers&#8230; alors promis, vous aurez une belle kronik.</p>
<p><strong>Kroniks : Laureline bonjour. Alors avant de commencer je voudrais te décerner un prix spécial : le prix Kroniks des plus beaux yeux bleus de dessinatrice de BD. Sous vos applaudissements !</strong></p>
<p><strong>Pour ceux qui ne le saurais pas (et peu le savent), il faut expliquer qu&#8217;à l&#8217;heure où tu réponds à ces questions, tu sors d&#8217;une période d&#8217;ermite asocial pendant laquelle tu as bouclé le tome 2 de <em>l&#8217;Ile au poulailler</em>. C&#8217;était comment ? On imagine que c&#8217;est pendant ces moments d’intense création que les auteurs se font le plus plaisir, non ?</strong></p>
<p>Laureline MATTUISSI : C&#8217;était ascétique sur la fin, c&#8217;était la panique dès le début. C&#8217;était des moments de bravoure intenses et lumineux lorsque je me levais à 6 H 00 et que je me collais aussi sec au boulot, de furieux accès de colère quand je loupais mon réveil. C&#8217;est un moment où j&#8217;ai définitivement cessé de répondre au téléphone. Mais j&#8217;ai beaucoup progressé en dessin.</p>
<p><strong>K : J&#8217;ai lu ta biographie, disponible un peu partout sur internet, et j&#8217;en ai retenu que tu étais née il n&#8217;y a pas très longtemps à Nancy et qu&#8217;après tu as publié <em>L&#8217;Ile au poulailler</em>. C&#8217;est bon, je n&#8217;ai rien oublié ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;ai également pris le large et baroudé en mer pendant cinq ans avant d&#8217; aller vivre en bête sauvage dans des jungles lointaines. Depuis j&#8217;écris des livres en fumant des cigares de la Havane, je joue à lancer des couteaux en plein dans le mille comme me l&#8217;a appris mon tonton Max, je bois du calva dans des crânes en caressant un vieux chat sauvage et borgne.</p>
<p><strong>K : J&#8217;ai lu aussi que tu donnes des cours de dessins à Bordeaux. Ça ressemble à quoi un cours de dessin par Laureline MATTIUSSI ? Tu es quel genre de professeur ? Du genre à mettre des heures de colle à ceux qui n&#8217;arrivent pas à dessiner Titeuf ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;ai cessé depuis quelques années de donner des cours de dessin. Je ligotais les élèves dissidents et mon vieux chat sauvage et borgne leur griffait les parties génitales.</p>
<p><strong>K : A une époque où toutes les jeunes femmes qui dessinent font des BD pour fillasses en se comparant la taille de leur sac à main, toi tu publies un roman graphique, un vrai, tout sympa tout plein sur les petites hontes des enfants. Alors quoi, t&#8217;aimes pas les sacs à main, les blog de filles et les histoires de poils ?</strong></p>
<p>LM : Pas vraiment.</p>
<p><strong>K: Ton tout premier livre donc c&#8217;est <em>Petites hontes enfantines</em> (chez la Boîte à Bulles). Tu peux nous raconter la genèse de cet album et l&#8217;accueil qu&#8217;il a reçu ?</strong></p>
<p>LM : Les &laquo;&nbsp;Petites Hontes Enfantines&nbsp;&raquo; sont de cours récits glanés au fil des discussions avec des copains. J&#8217;ai conservé les hontes qui me semblaient les plus drôles et les plus singulières, mais qui conservaient également un caractère universel. Il y est question d&#8217;une profonde gravité de l&#8217;enfance mélangé à une vraie drôlerie. Je crois qu&#8217;il a été bien accueilli.</p>
<p><strong>K : Dans <em>L&#8217;Ile au poulailler</em> tu mets en scène une « piratesse » meneuse d&#8217;homme, bagarreuse et qui ne s&#8217;en laisse pas compter. Allez, sois franche, tu as pris qui comme modèle ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;aime les personnages féminins éminemment sexués et tapageurs&#8230; et totalement inconvenants. Ma piratesse a cette qualité qu&#8217;elle peut parcourir le pont de son bateau les fesses à l&#8217;air, vociférant auprès de ses marins comme un diable, sans jamais s&#8217;interroger sur l&#8217;indécence de son accoutrement.</p>
<p>Je ne lui connais aucun modèle.</p>
<p><strong>K : Le genre &laquo;&nbsp;aventures de pirates&nbsp;&raquo; est plutôt réservé aux hommes mais tu réussis à apporter une touche de féminité bienvenue tout en respectant les clichés du genre. Tu voulais faire la nique aux mecs et leur prouver que les filles aussi peuvent dessiner des voiliers, des combats à l&#8217;épée et des poulets plumés ?</strong></p>
<p>LM : J&#8217;ai voulu travailler sur la piraterie pour ce qui en fait l&#8217;essence même : la révolte, l&#8217;obstination, la démesure et toujours cette profonde inconvenance. Pour la magie du mythe également : pas de pirates sans trésor et sans revenants. Du point de vue du dessin il y avait ce plaisir à faire juxtaposer la transparence de l&#8217;air et la beauté des horizons marins, le mouvement de l&#8217;eau, quelque chose qui tient de l&#8217;atemporel et d&#8217;un certain rapport au songe et à l&#8217;infini, à du rugueux, du charnel , du grossier, à des personnages qui perdent leurs chicots, qui se grattent les couilles, qui ont des poux, qui s&#8217;emmerdent, puis qui d&#8217;un coup sont pris de folie et s&#8217;entretuent.</p>
<p>J&#8217;ai beaucoup joué sur le langage, la grossièreté et la rudesse des marins que j&#8217;aime facétieux et cruels.</p>
<p>J&#8217;aime l&#8217;idée d&#8217; un récit qui sent un peu, avec de la puissance et du rythme.</p>
<p><strong>K : A la fin du premier tome, on se retrouve en plein délire onirique, sur une île à poulets. Le ton devient presque non-sensique. C’était l’idée dès le départ ? Partir d’une histoire de pirates pour arriver … pour arriver où justement ?</strong></p>
<p>LM : Pour n&#8217;arriver nul part justement car la piraterie selon moi se joue de l&#8217;espace et du temps pour n&#8217;œuvrer qu&#8217;en des eaux circulaires où il n&#8217;y a ni début ni fin. On cavale à travers les mers en se jouant de l&#8217;Histoire et de l&#8217;organisation du terrestre, on y poursuit une révolte ou un trésor, on y joue l&#8217;histoire d&#8217;une folie et d&#8217;une déraison jusqu&#8217;à ce que mort s&#8217;en suive. C&#8217;est le leitmotiv de mon récit à moi. Et les poulets y étaient prévus depuis le début.</p>
<p><strong>K : Ton album est superbement préfacé pa rique comme toujours et véritablement dithyrambique à ton égard. Comment as tu rencontré Pierre et comment l&#8217;as tu convaincu de préfacer ton livre ? Tu l&#8217;as ensorcelé avec tes yeux bleu azur ? C&#8217;est en tout cas un magnifique cadeau qu&#8217;il t&#8217;a fait là.</strong></p>
<p>LM : Pierre Dubois est un pirate. Un vrai de vrai car non content de porter des grandes bottes et un couteau à la ceinture il est accompagné de magie. Adolescente j&#8217;ai dévoré ses contes et ses encyclopédies. J&#8217;y trouvais alors une écriture exemplaire parce qu&#8217;elle savait dire le merveilleux, avec sagacité, avec drôlerie, avec un vrai plaisir jouisseur, et cet immense savoir qui le caractérise. Il fait partie des gens qui ont le plus compté dans mes désirs de raconter et je suis très honorée par cette préface qui est une formidable préface.</p>
<p><strong>K : L&#8217;association Artémisia est tout aussi enthousiaste puisqu&#8217;elle t&#8217;a décerné son prix de l&#8217;année 2010. J&#8217;imagine que c&#8217;est mieux que le titre de &laquo;&nbsp;plus beaux yeux bleus de dessinatrice de BD&nbsp;&raquo;&#8230; Pour toi, ce prix littéraire c&#8217;est :</strong></p>
<p><strong>a) une consécration bien méritée, non mais                                                                        b) une motivation pour la suite</strong></p>
<p><strong>c) tu t&#8217;en fous, tu voulais un prix à Angoulême                                                                  d) Obi Wan Kenobi?</strong></p>
<p>LM : Ce prix a permis à mon livre d&#8217;avoir une plus grande visibilité et c&#8217;est très bien. Et j&#8217;aime bien le propos que tiennent les membres d&#8217;Artemisia sur les femmes dans l&#8217;univers de la création. ( et puis j&#8217;aime aussi l&#8217;œuvre d&#8217;Artemisia Gentileschi, ça tombe bien).</p>
<p><strong>K : Tu remercies &laquo;&nbsp;les copains de l&#8217;atelier&nbsp;&raquo;. C&#8217;est quel atelier déjà, rappelle nous ?</strong></p>
<p>LM: Koikoi com quiqui, Aux anchois des Antilles ou les Studios Johnson, les noms varient. C&#8217;est un atelier à Bordeaux et nous sommes 7 : Nicolas Dumontheuil, Jean-Denis Pendanx, David Prudhomme, Rémi Cattelain, Jérome Daviau, Christophe Dabitch et moi-même.</p>
<p><strong>K: D’ailleurs, est-ce que tu travailles encore en atelier ? Et qu&#8217;est-ce que cet environnement t&#8217;apporte que tu n’as pas en travaillant seule ?</strong></p>
<p>LM : Je n&#8217;y ai pas mis les pieds depuis quelques temps. J&#8217;aime alterner des périodes de travail totalement solitaire chez moi à des moments d&#8217;ateliers où on mélange un peu nos tendances d&#8217;ours asociaux. Et puis les temps d&#8217;atelier sont aussi des moments de discussion et d&#8217;échange sur les projets en cours et j&#8217;ai beaucoup d&#8217;estime pour le travail de mes camarades d&#8217;atelier.</p>
<p><strong>K : Plus généralement, à quoi ressemble une journée type de dessinatrice de BD ? Par exemple, tu prends quoi au petit déjeuner ?</strong></p>
<p>LM : Des pieds de porc sauce chien.</p>
<p><strong>K : Les couleurs sont de ta copine Isabelle MERLET. Comment s&#8217;est passé le travail exactement entre vous ? Et surtout, laquelle des deux faisait le thé ?</strong></p>
<p>LM : Nous ne buvions que du shrubb. Je suis très contente de cette collaboration, Isabelle a un extraordinaire culot et sait donner entièrement corps au récit par ses choix colorés. Elle sait dire les tensions, les moments de heurts, les temps suspendus&#8230; elle pense d&#8217;abord l&#8217;histoire avant de lui insuffler de la force. Ses couleurs font sens. Et elles sont superbes.</p>
<p><strong>K : Tu pourrais nous donner TA définition de la bande dessinée. Je veux dire, en tant qu&#8217;artiste, en tant qu’auteur ? Qu&#8217;est-ce que le 9<sup>e</sup> art t&#8217;apporte par rapport à l&#8217;illustration classique ? (&laquo;&nbsp;Le pognon&nbsp;&raquo; n’est pas une réponse valable).</strong></p>
<p>LM : Moi j&#8217;aime par dessus tout raconter. Et la BD me permet de dire davantage que par le biais d&#8217;autres médiums parce que c&#8217;est un art de l&#8217;écrit et de l&#8217;image confondu. C&#8217;est de fait un moyen d&#8217;expression extrêmement riche&#8230; et éminemment complexe aussi, car il faut trouver à maîtriser cette subtile imbrication de l&#8217;image et du récit.</p>
<p><strong>K : Es-tu toi-même lectrice de BD ? Quels sont tes derniers coups de cœur ? Tes albums cultes ? Voire tes auteurs de référence ?</strong></p>
<p>LM : Mon dernier coup de cœur est &laquo;&nbsp;<em>Las Rosas</em>&nbsp;&raquo; d&#8217;Anthony Pastor aux éditions de l&#8217;an 2. &laquo;&nbsp;Un western tortilla à l&#8217;eau de rose&nbsp;&raquo; écrit son auteur, un récit absolument génial. Courez l&#8217;acheter si ce n&#8217;est déjà fait.</p>
<p>Il y a aussi <em>Kaz</em>, que j&#8217;ai découvert il y a un ou deux mois en lisant &laquo;&nbsp;Terrain vague&nbsp;&raquo;, ça m&#8217;a fait beaucoup rigoler.</p>
<p>Et puis il y a eu le <em>Rébetiko </em>de Prudhomme.</p>
<p>Les auteurs que j&#8217;admire sont nombreux , en faire une liste exhaustive serait ennuyeux et les réduire à quelques-uns serait injuste&#8230; mes références se trouvent aussi dans la littérature.</p>
<p><strong>K : Après les pirates, tu vas t&#8217;attaquer à quoi ? Tu as des projets en vue, des idées d&#8217;histoire ? Des projets à plusieurs mains peut-être ?</strong></p>
<p>LM : Je pars cette fois pour la Rome Antique, avec un scénariste, Sol Hess, aux commandes. C&#8217;est une histoire qui prend pied dans les bas-fonds de la ville, une histoire qui glue et qui poisse, avec beaucoup d&#8217;ombre et un peu de lumière le tout bien emmêlé, avec des rapports humains terribles, avec de la débauche, avec des poètes, des putes et des consuls trop gros, avec beaucoup d&#8217;humour. C&#8217;est un très beau scénario.</p>
<p><strong>K : Bon je vais te laisser tranquille maintenant, en attendant de pouvoir lire la suite de <em>l&#8217;Ile au poulailler</em>, sur laquelle tu ne diras rien, bien évidemment … (Même pas un petit truc, rien qu&#8217;à moi ?) Merci beaucoup Laureline pour ta gentillesse et surtout ta patience. J’espère te revoir très bientôt, parce que les séances de dédicace ont avec toi quelque chose de magique (je sais pas, les yeux peut-être…).</strong></p>
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		<title>Patrick PINCHART n&#8217;est pas un auteur de BD&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 25 May 2010 20:53:30 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[A Kroniks on publie ce qu&#8217;on veut quand on veut. Et on vous en donne la preuve.  D&#8217;habitude sur un site dédié aux BD on trouve des interviews d&#8217;auteurs de BD : scénaristes, dessinateurs, coloristes même. Et bien pas nous. Cette fois, nous avons décidé de vous proposer l&#8217;interview de quelqu&#8217;un qui n&#8217;a jamais sorti [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A Kroniks on publie ce qu&#8217;on veut quand on veut. Et on vous en donne la preuve.  D&#8217;habitude sur un site dédié aux BD on trouve des interviews d&#8217;auteurs de BD : scénaristes, dessinateurs, coloristes même. Et bien pas nous. Cette fois, nous avons décidé de vous proposer l&#8217;interview de quelqu&#8217;un qui n&#8217;a jamais sorti de BD . Bon, on ne tombe pas trop loin puisqu&#8217;il s&#8217;agit de celle de Patrick PINCHART, ancien rédac&#8217; chef de Spirou Magazine et nouveau fondateur du site communautaire <a href="http://www.sandawe.com">Sandawe </a>dont <a href="http://www.kroniks.net/2010/05/17/devenez-editeur-de-bande-dessinee/">on vous a parlé il y a peu</a>.</p>
<p>Alléché par un peu de publicité gratuite, Patrick a bien voulu se prêter au jeu des questions (pas toujours) sérieuses de Tonton Cruchot et nous donne des réponses (pas forcément) stupides. On ne vous avait rien promis et pourtant la voilà.</p>
<p>Et donc j&#8217;annonce : Dans le cadre des belles interviews de Tonton Cruchot, voici un entretien tout en finesse avec Patrick PINCHART.</p>
<p><strong>Patrick PINCHART bonjour. On va commencer par le début, c&#8217;est toujours plus sympa. Peux tu expliquer aux nombreux lecteurs de kroniks (si si, nombreux, on a les noms) ce qu&#8217;est Sandawe, ce que ça veut dire et surtout comment ça se prononce ?</strong></p>
<p>Sandawe se prononce comme « Zimbabwe ». C&#8217;est le nom d&#8217;une tribu africaine. On a flashé dessus car elle a plein de valeurs proches de celles de la communauté qu&#8217;on veut installer: elle n&#8217;a pas de leader, tout se décide en commun; elle n&#8217;a pas le sens de la propriété, tout appartient à tout le monde (je parle des objets, pas forcément des femmes, calme-toi!); et aussi, son langage est très spécial car ces aborigènes parlent&#8230; par clics. Exactement comme nous. Je veux dire quand on clique sur un lien, quoi. « Clic ». Non? Tu ne comprends pas ? Nous, ça nous a fait rire&#8230; Bref, Sandawe est une maison d&#8217;édition de bande dessinée basée sur une communauté de lecteurs et d&#8217;auteurs de BD, dont les projets des derniers peuvent être financés par les premiers. Est-ce que je suis clair ? Non ? Bon (soupir&#8230;), tu connais « MyMajorCompany » et Grégoire ? Oui (re-soupir&#8230;) ? Eh bien, c&#8217;est le même principe, mais adapté à l&#8217;édition de bande dessinée: les auteurs proposent des projets, les internautes les financent, nous les éditons et distribuons les albums, en version papier, dans les bacs des libraires et, en version électronique, sur Internet. Les internautes qui participent à l&#8217;aventure ont leur nom imprimé dans l&#8217;album, reçoivent  des tirages « collector » de dessins inédits et planches, et, surtout, se partagent les bénéfices. C&#8217;est clair, à présent? Bien (re-re-soupir&#8230;)!</p>
<p><strong>Après avoir un peu joué au journaliste, tu as été rédacteur en chef pour Spirou Magaziiiiine (deux fois) et en 2009 tu abandonnes cette place en or pour te lancer dans un projet d&#8217;édition communautaire. C&#8217;est le fait de &laquo;&nbsp;coacher&nbsp;&raquo; les jeunes pour Spirou Magaziiiiine qui t&#8217;a poussé à te lancer dans cette aventure ?</strong></p>
<p>- « Yep! », comme disait Sarkozy,&#8230; ah non, Lucky Luke,&#8230; ou Blueberry, je ne sais plus. C&#8217;était la partie la plus passionnante du boulot&#8230; Comment ? Non, je n&#8217;ai pas dit que le reste était chiant, il ne faut pas interpréter comme ça! A part ça, c&#8217;est vrai que c&#8217;était une place en or. Surtout quand on aime la BD, les auteurs de BD et&#8230; quoi ? Mais non, pas les filles des auteurs de BD, il faut vraiment te calmer&#8230; Vous êtes tellement en manque, à Kroniks ?</p>
<p><strong>Le site comptabilise plus de 1000 pigeo… heu membres six mois à peine après sa mise en ligne. A ton avis, qu&#8217;est ce qui fait son succès ?</strong></p>
<p>- 1000? Six mois? La personne qui t&#8217;a documenté devait avoir un peu bu ce jour-là. On frise les 1500 membres si tu comptes les auteurs (ils sont déjà 250). Et on existe à peine depuis janvier. Donc, on est encore au biberon. Je pense que si les gens se sont inscrits, c&#8217;est parce que les projets qu&#8217;on leur propose sont de qualité et qu&#8217;ils ont bon espoir qu&#8217;ils soient édités. Sandawe  ne propose que des projets professionnels, ce n&#8217;est pas un blog d&#8217;amateurs (même si j&#8217;estime les amateurs, certains sont les auteurs « pros » de demain, mais il y a encore du travail! On est là pour les aider à y parvenir, il y aura même une rubrique dans le forum où on conseillera des références pour qu&#8217;ils puissent se documenter et s&#8217;exercer.)</p>
<p><strong>Sandawe propose au moment de cette interview 11 projets très variés. Peux-tu nous expliquer comment ils ont été choisis ? Surtout, avez-vous fixé des limites à leur nombre : trop peu et le choix va manquer, trop et les fonds vont se disperser, non ?</strong></p>
<p>- Exactement! La sélection se fait comme chez un éditeur traditionnel (ce qui nous différencie, c&#8217;est la méthode de financement, pas le reste) : des auteurs nous envoient des projets, je les lis, j&#8217;en discute avec eux et ceux qui atteignent un niveau qualitatif suffisant sont proposés aux internautes. La sélection est donc draconienne et le restera, donc le nombre augmentera, mais à un rythme raisonnable, avec un maximum de deux nouveaux projets par mois en vitesse de croisière.</p>
<p><strong>Parlons un peu sousous. Les pigeo… les &laquo;&nbsp;édinautes&nbsp;&raquo; vous confient de l&#8217;argent pour développer et éditer des albums de bande dessinée. Que peux-tu leur dire pour les rassurer et les inciter à investir ?</strong></p>
<p>- Que leur argent est déposé sur un compte spécial, accepté par la CBFA qui est le redouté organisme de contrôle des banques en Belgique et que je ne pourrai donc pas passer mes prochaines vacances aux Bahamas à leurs frais. De plus, ils peuvent à tout moment déplacer leur argent d&#8217;un projet à un autre, et même se faire rembourser, s&#8217;ils en font la demande à notre tueur professionnel&#8230; Tu dis?&#8230; Ça ne va pas les rassurer, ce que je viens de dire? Mais je blaguais&#8230; Tu ne trouves pas ça drôle? Bon, retourne regarder le film que tu visionnais sur Youporn quand je suis arrivé, ça semble t&#8217;avoir distrait un petit peu!</p>
<p><strong>Assez parlé des pige… des membres. Si on parlait des auteurs. N&#8217;importe qui peut soumettre un projet ? Y a-t-il un état d&#8217;avancement minimal ? Vous en prenez encore ?</strong></p>
<p>- N&#8217;importe qui peut soumettre un projet et c&#8217;est ce qui se passe en pratique, mais n&#8217;importe qui ne sera pas éditable, car nous ne prenons que ceux qui ont un potentiel, donc toutes les qualités pour que leurs albums ne se retrouvent pas au pilon quinze jours après avoir été imprimés. Par la suite, comme c&#8217;est le public qui choisit d&#8217;éditer, on a au moins la garantie que cela plaira à un certain nombre de lecteurs, que les édinautes (c&#8217;est ainsi qu&#8217;on appelle ceux qui investissent dans les projets) vont faire de la pub puisqu&#8217;ils se partagent les bénéfices, et donc que ces livres seront vus. Ce qui n&#8217;est pas évident pour les autres vu la surproduction actuelle.</p>
<p><strong>Les auteurs qui se lancent avec vous touchent-ils une avance ou ils doivent attendre que le livre soit dans les bacs pour être payés ? Et du coup pour ton équipe c&#8217;est pareil ?</strong></p>
<p>- Les auteurs touchent une avance sur leurs droits, qui leur est acquise que le livre réussisse ou non. Et, bien sûr, par la suite, ils touchent des droits sur les livres vendus, une fois cette avance atteinte. Nous, on n&#8217;est payés que sur le budget de financement et sur les ventes. Pour le moment, on mange du riz aux pâtes « premier prix »  et on boit de l&#8217;eau du robinet, car on ne touchera donc rien avant qu&#8217;un projet soit financé. Et encore, comme on est un peu tar&#8230; euh, très passionnés, on offre notre part du budget à tous les projets qui seront financés avant la rentrée. Donc, dépêchez-vous d&#8217;investir, car une fois cette date dépassée, les budgets grimperont. Et on pourra passer au champagne. Non, c&#8217;est une boutade, je ne bois que de la bonne bière belge.</p>
<p><strong>Est-ce qu&#8217;ils doivent signer une sorte de clause d&#8217;exclusivité avec vous ?</strong></p>
<p>- Ben oui, c&#8217;est normal. Ils ne vont pas demander aux internautes d&#8217;éditer leur projet et en même temps aller signer à la concurrence, ce ne serait pas honnête pour les édinautes qui leur font confiance. Le contrat d&#8217;édition est déjà signé quand le projet est mis en ligne.</p>
<p><strong>Tu as beaucoup travaillé dans la BD. Dans le désordre tu as été journaliste, fondateurs de divers festivals ou d&#8217;expositions, fondateur du site Actuabd, directeur d&#8217;édition pour Spirou Magaziiiine et même &laquo;&nbsp;éditeur du patrimoine des Editions Dupuis&nbsp;&raquo;. Classe. Donc on peut dire que tu connais un peu le média. Alors quel type de lecteur es-tu? Quels sont tes classiques absolus? Tes derniers coups de cœur ? Tes derniers coups de gueule ?</strong></p>
<p>- Comme j&#8217;ai eu la chance de grandir puis de travailler avec des personnes telles que Franquin, Morris, Will, Peyo, Sirius, Leloup, Cauvin&#8230; pour ne citer qu&#8217;eux (je me fais plein d&#8217;ennemis, là !), j&#8217;ai une bonne base classique. J&#8217;avais le journal « Spirou » et le journal « Tintin » dans mon berceau (merci, papa, merci, maman, merci bonne-maman – en Belgique, toute la famille lisait ces journaux) dès la naissance. Mais comme j&#8217;ai eu la chance de créer la première émission de radio consacrée à la bande dessinée, en 1980, j&#8217;ai découvert toute la jeune génération de l&#8217;époque, réunie autour du mensuel <em>(A suivre)</em>, et toutes les stars des journaux encore vivants tels que Pilote mensuel, Métal Hurlant, Fluide, L&#8217;Echo des Savanes (avant la période porno. Après aussi, mais ça, ça ne se dit pas), etc. A Spirou, évidemment, j&#8217;ai vu émerger de grands talents comme Tome et Janry, Midam, Zep, et plus tard Lapuss, Libon et plein d&#8217;autres. Et Didier Pasamonik me conseille en mangas, car j&#8217;ai du mal à m&#8217;y retrouver dans cette énorme production.</p>
<p>Côté « coup de gueule », c&#8217;est la surproduction actuelle qui me fait râler car certains éditeurs publient n&#8217;importe quoi simplement pour occuper de l&#8217;espace en librairie, dont beaucoup de livres qui n&#8217;auraient jamais dû être édités et dont tout le monde sait, sauf l&#8217;auteur puisqu&#8217;il n&#8217;a pas le recul nécessaire sur son travail, que cela va finir au pilon  une semaine plus tard. Et celui qui en paie le prix fort, c&#8217;est l&#8217;auteur, justement, surtout les jeunes qui commencent donc leur carrière sur un échec.</p>
<p>Autre « coup de gueule », la destruction progressive de l&#8217;image de Tintin par Nick Rodwell et ses dérapages comme ses attaques sur la vie privée de certains journalistes: je suis stupéfait que Spielberg mette ses billes dans un projet avec quelqu&#8217;un d&#8217;aussi instable psychologiquement.</p>
<p>Côté « coup de cœur », un petit livre de Zidrou et ses potes dessinateurs qui s&#8217;appelle <em>La vieille dame qui n&#8217;avait jamais joué au tennis</em>. C&#8217;est un livre qui rend heureux et qu&#8217;il faut avoir lu, offrir à tous ses potes, à toute sa famille, au poisson rouge, à tout le monde, quoi! Côté classique absolu, <em>Le nid des Marsupilamis</em> ex-æquo avec <em>Les idées noires</em> de Franquin. J&#8217;emmène sans discussion ces trois albums sur une île déserte.</p>
<p><strong>Après avoir passé tant de temps dans le milieu tu arrives encore à être surpris ?</strong></p>
<p>- Oui, le contraire serait bien triste. Je ne vais pas en rester à la nostalgie des bouquins de mon enfance, quand même ! L&#8217;âge d&#8217;or de la BD, c&#8217;est maintenant, pas dans le fond d&#8217;une bibliothèque poussiéreuse. Mais je relis toujours avec un énorme plaisir un Peyo, un Franquin, un Greg, un Christian Godard, un Goscinny, et même un Hergé malgré les énormes et répétés efforts de Nick Rodwell pour m&#8217;en dégoûter.</p>
<p><strong>Patrick, merci beaucoup pour avoir pris un peu de temps pour nous. On souhaite longue vie à ton site et plein de petites BD. Et surtout nous te souhaitons un bon rétablissement après la grosse frayeur que tu as fait à tout le monde. On se revoit pour la toute première publication ? Je te laisse le mot de la fin. Celui que tu veux.</strong></p>
<p>Oui, pour tous ceux qui ne seraient pas au courant de la « grosse frayeur » : j&#8217;ai battu le record de chute en salle d&#8217;escalade en Belgique, 18 mètres de haut sans filet, dix jours à peine après avoir lancé les éditions Sandawe et je suis un peu cassé pour de nombreux mois, ce qui a retardé le réel lancement du site de quatre mois, le temps que je sorte de l&#8217;hôpital. Il vient d&#8217;avoir lieu. Donc, si j&#8217;ai dit des conneries, c&#8217;est normal, j&#8217;ai une excuse, c&#8217;est la morphine. Donc, voici mon mot de la fin: « si vous pratiquez l&#8217;escalade, ne faites pas comme moi, vérifiez votre nœud d&#8217;assurage. »&#8230; Que dis-tu ?&#8230; Ça n&#8217;a rien à voir avec la BD ?&#8230; Ah, je devais dire quelque chose en rapport avec la BD ? Bon, euh, eh bien, euh, ben tu me prends au dépourvu, là&#8230; « Vive la BD », ça va ?&#8230; Comment ?&#8230;Tu attendais mieux que ça venant de moi ? Attends&#8230; Je réfléchis&#8230; Ah, j&#8217;ai trouvé, ça va être la citation du millénaire ! Accroche-toi ! Voici :</p>
<p>« … » (clic)</p>
<p><em>(L&#8217;enregistreur MP3 est malheureusement tombé en panne à ce moment de l&#8217;interview et notre chroniqueur ayant un peu trop arrosé l&#8217;interview après la rencontre, ne se souvient plus vraiment des paroles de Patrick Pinchart, qui devaient certainement être très intéressantes. Cela dit, on retourne visionner le film de Youporn qu&#8217;il nous a conseillé.)</em></p>

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		<title>Devenez éditeur de bande dessinée</title>
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		<pubDate>Mon, 17 May 2010 21:24:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voilà un petit moment déjà que j&#8217;essaye de trouver le temps de vous parler de Sandawe. Qu&#8217;est-ce que Sandawe me direz vous? Il s&#8217;agit simplement d&#8217;un joli projet d&#8217;édition communautaire de bande dessinée. Reprenant le modèle du &#171;&#160;crowfunding&#160;&#187;, littéralement &#171;&#160;financement communautaire&#160;&#187;, qui a fait ses preuves dans la musique (My Major Company, Grégoire… ça vous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Logo-sandawe_l-editeur-c-est-vous.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2244" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Logo-sandawe_l-editeur-c-est-vous.jpg" alt="© SANDAWE, 2010" width="232" height="251" /></a>Voilà un petit moment déjà que j&#8217;essaye de trouver le temps de vous parler de <a href="http://www.sandawe.com/fr/Index.awp" target="_blank">Sandawe</a>. Qu&#8217;est-ce que Sandawe me direz vous? Il s&#8217;agit simplement d&#8217;un joli projet d&#8217;édition communautaire de bande dessinée.</p>
<p>Reprenant le modèle du &laquo;&nbsp;crowfunding&nbsp;&raquo;, littéralement &laquo;&nbsp;financement communautaire&nbsp;&raquo;, qui a fait ses preuves dans la musique (My Major Company, Grégoire… ça vous dit quelque chose?) ou le cinéma (récemment pour Largo WINCH si ma mémoire est bonne), Patrick PINCHART  (ancien rédacteur de chef de Spirou. Deux fois même) s&#8217;est associé avec Lionel FRANKFORT pour créer un éditeur communautaire de livres.</p>
<p>Concrètement, Sandawe se tourne dans un premier temps vers des auteurs qui proposent des projets complets. Après approbation, ils sont ensuite proposés aux internautes (ou plutôt aux &laquo;&nbsp;édinautes&nbsp;&raquo;). Et ce sont dès lors ces &laquo;&nbsp;derniers qui vont participer au financement du projet. Comment? Très simple: en achetant des parts.</p>
<p>Après avoir fait le tour des jolis projets du site, vous aurez la possibilité d&#8217;acheter des parts au tarif unique de 10€ pièce et d&#8217;investir ces parts dans ou un plusieurs projets. Les parts vont alors s&#8217;accumuler jusqu&#8217;à atteindre la somme requise (environ 50 000€). Et quand c&#8217;est prêt, le bouquin est imprimé et mis en vente.</p>
<p>Et c&#8217;est là que tout ça devient très intéressant car la mise en vente vous donne droit déjà à recevoir la bd en question (un moindre mal) mais aussi à percevoir jusqu&#8217;à 60% des gains pendant 5 ans (après paiement des droits d&#8217;auteur).</p>
<p>Sandawe est le premier site d&#8217;édition physique d&#8217;album de bd. Il existe bien <a href="http://www.manolosanctis.com/" target="_blank">Manolosanctis</a>, mais ce dernier édite d&#8217;abord des bd numériques et les mieux notées par les internautes sont ensuite publiées en papier et disponibles dans la boutique du site. En édition physique, il existe aussi <a href="http://www.editeursauteursassocies.com/" target="_blank">Editeurs et Auteurs Associés</a> mais celui-ci ne s&#8217;occupe que de romans. On peut donc considérer que Sandawe innove en la matière.</p>
<p>Ce qui nous plait chez Kroniks c&#8217;est ce côté communautaire. A une époque où il paraît près 4800 albums par an, il devient très difficile de trier le bon grain de l&#8217;ivraie. Sandawe  vous permet donc de choisir les albums qui vous vous voudrez lire et de soutenir vos coups de cœur. Au moment où j&#8217;écris ces lignes, le site propose 11 projets, tous différents, tous variés. Il y en a vraiment pour tous les goûts et dans tous les styles: western, historique, drame, humour….</p>
<p>Alors, oui, vous êtes en droit de dire qu&#8217;on fait de la publicité honteuse pour un site commercial. Mais nous, à kroniks, nous pensons que Sandawe est une belle idée. Au-delà de l&#8217;aspect pécuniaire, ce qui nous plait c&#8217;est cette possibilité de soutenir un projet, un coup de cœur. Avouez que ce n&#8217;est pas tous les jours qu&#8217;un amateur de bd peut participer directement à l&#8217;élaboration et à la publication d&#8217;un album (et le recevoir imprimé, avec son nom dessus, assorti d&#8217;une belle dédicace).</p>
<p>Alors nous vous invitons à ne serait-ce qu&#8217;aller sur le site et voir de il retourne exactement. Ensuite, vous pourrez créer un compte et commencer à papoter avec les autres inscrit sur le tout nouveau forum du site (il y a même des chances pour que vous nous y croisiez). Et qui sait, peut être que porté par un coup de cœur, vous investirez quelques euros et suivrez avec attention l&#8217;évolution de votre protégé. C&#8217;est tout le mal qu&#8217;on vous souhaite. D&#8217;autant que le risque est minime puisque vous pouvez déplacer vos parts d&#8217;un projet à l&#8217;autre et même être remboursés sur simple demande.</p>
<p>Toutes les explications techniques, et bien plus encore, dans <a href="http://www.actuabd.com/Patrick-Pinchart-Lionel-Frankfort" target="_blank">la longue interview</a> que les fondateurs ont accordée à actuabd (en attendant celle de Tonton Cruchot pour très bientôt).</p>
<p><strong>Additif du 21 mai 2010</strong></p>
<p>Contacté au sujet de l&#8217;autorisation d&#8217;utiliser le logo Sandawe, Lionel CAMUS (directeur marketing et financier pour Sandawe) m&#8217;a apporté quelques précisions dans son courrier de réponse. Rien de bien méchant, mais comme elles me semblent pertinentes je les partage avec vous:</p>
<p>&laquo;&nbsp;Merci pour vos encouragements et le relais que vous donnez  à  notre aventure. C&#8217;est avec beaucoup de plaisir que j&#8217;ai  découvert votre blog et je lui souhaite une belle et longue vie.<br />
Quelques  petites précisions quant à votre article :</p>
<p>- Lionel  Frankfort, qui était effectivement à l&#8217;origine de la  création de Sandawe avec Patrick, a quitté l&#8217;aventure  récemment et c&#8217;est un autre Lionel qui a pris la relève (euh  moi en fait&#8230;).</p>
<p>- Nous avons  revu les budgets des projets grâce à des devis plus  précis et à des estimations des premiers tirages  plus réalistes avec pour conséquence que les budgets ont  diminué de façon structurelle en moyenne de 22% (par rapport aux 50.000  euros). En plus, pour enfoncer le clou, nous offrons commission de  15% à tous les projets qui seront financés avant  la rentrée. En bref, les budgets varient aujourd&#8217;hui de  19.000 euros à 40.000 euros.</p>
<p>- Enfin, nous ne prenons pas que les projets complets. Au  contraire, la plupart des projets qui nous arrivent sont des  ébauches, avec un scénario plus ou moins abouti et des  planches plus ou moins terminées. C&#8217;est le boulot de Patrick de  les accompagner pour affiner le projet. Les auteurs travaillent sur  leur projet en même temps que le financement et apportent donc du  nouveau contenu progressivement.</p>
<p>Vous avez par ailleurs bien compris la logique communautaire du site,  au-delà de l&#8217;aspect commercial car l&#8217;idée est aussi d&#8217;offrir  un nouvel espace au tandem auteur/lecteur. Nous faisons d&#8217;ailleurs la  pub pour nos auteurs sur la home (actualité) et dans nos newsletters  chaque fois qu&#8217;ils ont une actu particulière (salon, nouvel album,  dédicace&#8230;). Quand bien même cela se passe chez un  éditeur &laquo;&nbsp;concurrent&nbsp;&raquo;. Peu importe. Le tout nouveau  forum leur permet d&#8217;ailleurs de parler de ce qu&#8217;ils veulent sans qu&#8217;il n&#8217;y ait d&#8217;imposition d&#8217;une quelconque marque de fabrique Sandawe. Thierry Lamy l&#8217;a  déjà bien compris et fait l&#8217;article de son nouveau  &#8216;Père Goriot&#8217; paru chez Delcourt.</p>
<p>Quand notre  section &laquo;&nbsp;amis&nbsp;&raquo; sera opérationnelle (version 2.0), vous y  trouverez aussi votre place. En attendant, nous reprendrons votre article  dans la partie presse.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Voilà qui méritait d&#8217;être dit. Merci Lionel.</p>

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		<title>J&#8217;en appelle à vous</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Feb 2009 20:38:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quand j&#8217;étais petit, je n&#8217;étais pas grand. Et j&#8217;obéissais bien à ma maman. Et aussi, je lisais déjà des BD, pendant les vacances chez ma mémé (coucou mémé ! t&#8217;as vu ? Je fais des rimes sur internet!!) Et chez elle, je lisais notamment des recueils de Spirou. Et dans un de ces recueils, je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Quand j&#8217;étais petit, je n&#8217;étais pas grand.<br />
Et j&#8217;obéissais bien à ma maman.<br />
Et aussi, je lisais déjà des BD,<br />
pendant les vacances chez ma mémé</em> (coucou mémé ! t&#8217;as vu ? Je fais des rimes sur internet!!)</p>
<p>Et chez elle, je lisais notamment des recueils de Spirou. Et dans un de ces recueils, je me souviens d&#8217;une bande dessinée qui m&#8217;avait marqué.</p>
<p>Le héros était retenu contre son gré sur une île paradisiaque de l&#8217;océan pacifique. Il aurait dû en être content : soleil, cocktails et petite pépées. Mais en fait, pas du tout parce que cette île était en réalité un centre de &laquo;&nbsp;repos éternel&nbsp;&raquo;. Un centre haut de gamme dans lequel des hommes d&#8217;affaires richissimes payent pour être suicidé de la plus belle façon possible pour eux : en douceur avec des expertes aux mains agiles, empoisonné avec un cocktail suave sur fond de musique lounge ou bardé de cuir et dans la douleur. Le méchant qui retenait le héros voulait le (petit) suicider aussi mais lui, bien entendu, ne voulait pas.</p>
<p>Je suis aujourd&#8217;hui incapable de retrouver le titre de la série, encore moins du héros. Pensez donc, j&#8217;étais tout petiot. Je vous parle quand même d&#8217;un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître puisque j&#8217;avais 8 ou 10 ans. Aujourd&#8217;hui j&#8217;en ai&#8230; Alors faites la différence et vous verrez bien.</p>
<p>Comme c&#8217;était publié dans Spirou Magazine, je me doute que ça sortait de l&#8217;écurie Dupuis. En tout cas, les souvenirs que j&#8217;en ai me montrent un dessin rond et coloré, façon Franquin ou <em>Les Innommables</em>.</p>
<p>Alors, qui pourra m&#8217;aider ? J&#8217;aimerais vraiment remettre la main sur cette histoire qui m&#8217;a fortement marqué à l&#8217;époque pour son cynisme  et cette ambiance de &laquo;&nbsp;mort décontractée&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Je compte sur vous chers lecteurs, il en va de ma frustration.</p>

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		<title>Euromanga, l&#8217;interview</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Nov 2008 00:40:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Nos billets d'humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Bande Dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[entretien]]></category>
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		<category><![CDATA[Frédéric Toutlemonde]]></category>

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		<description><![CDATA[A l&#8217;occasion de la sortie dans les librairies japonaises du premier numéro d&#8217;Euromanga, dont nous avons déjà parlé ici, j&#8217;ai eu la chance de pouvoir interviewer Frédéric Toutlemonde, son fondateur. Merci à lui pour sa gentillesse, sa disponibilité et le très sympathique dessin qu&#8217;il a bien voulu fournir pour illustrer cette interview ! Kroniks : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_658" class="wp-caption alignleft" style="width: 205px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/interview.jpg"><img class="size-medium wp-image-658" title="interview" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/interview-195x300.jpg" alt="Copyright Frédéric Toutlemonde - 2008" width="195" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Frédéric Toutlemonde - 2008</p></div>
<p align="justify">A l&#8217;occasion de la sortie dans les librairies japonaises du premier numéro d&#8217;<em>Euromanga</em>, dont <a href="http://www.kroniks.net/2008/10/18/euromanga-1/">nous avons déjà parlé ici</a>, j&#8217;ai eu la chance de pouvoir interviewer Frédéric Toutlemonde, son fondateur. Merci à lui pour sa gentillesse, sa disponibilité et le très sympathique dessin qu&#8217;il a bien voulu fournir pour illustrer cette interview !</p>
<p align="justify">
<p align="justify"><strong>Kroniks : Comment l&#8217;idée d&#8217;Euromanga est-elle née ?</strong></p>
<p align="justify">
<p align="justify"><em>Frédéric Toutlemonde</em> : J&#8217;ai été amené à travailler de 2003 a 2005 sur la promotion du Livre Français au sein de l&#8217;Ambassade de France a Tokyo. Étant grand amateur de BD, je me suis un peu naturellement concentré sur la promotion de la BD au Japon. Ces deux années m ont permis de découvrir le monde de l&#8217;édition au Japon et d appréhender les difficultés propres a l introduction de la BD : ignorance des Japonais sur l&#8217;existence d une bande dessinée européenne, publications passées et présentes très rares, manque d activistes BD (a l&#8217;exception de Frédéric BOILET bien sûr!), de communauté de fan japonais&#8230;Bref le bilan peut sembler assez sombre, mais la bonne nouvelle tenait au fait qu&#8217;il n y avait pas eu véritablement de vraies tentatives éditoriales récentes pour pénétrer le marché du manga. Or, la BD connait sans doute actuellement son age d&#8217;or tant dans sa qualité, que sa diversité, avec de nouvelles tendances graphiques fortes, soit très européennes, soit influencées par le comics et le manga. C&#8217;est donc à partir de cette époque qu&#8217;est né petit à petit le concept d&#8217;Euromanga, une revue qui présenterait une sélection riche et diversifiée de la BD européenne actuelle. J avoue qu&#8217;au début, pour coller au modèle japonais de prépublication, je voyais les choses en beaucoup trop grand : lancement d&#8217;un monthly jump BD de 300 pages BD en noir et blanc axées principalement aventures, action, fantasy, couleur passée en noir et blanc sur du papier bon marche, le tout pour un prix sacrifié. Et puis petit à petit on apprend combien coûtent les choses, on revoit ses calculs à la baisse, et surtout on recherche une formule viable, qui a des chances de ne pas mourir tout de suite, comme justement les nombreux nouveaux magazines de prépublication japonais. Qu&#8217;Euromanga ne meure pas tout de suite est ma première préoccupation a vrai dire.</p>
<p align="justify">
<p align="justify"><strong>K : Quelles ont été les étapes pratiques de sa création ?</strong></p>
<p align="justify">
<p align="justify"><em>F.T.</em> : La création d&#8217;Euromanga est avant tout le fruit d&#8217;une multitude de rencontres sans lesquelles mon projet n&#8217;aurait jamais pu avancer. En 2005, une petite communauté internet de Japonais fan de BD a laquelle je participe est née dans un réseau de blog japonais. De cette communauté internet est né un cercle d&#8217;étude sur la BD, qui se regroupe une fois par mois pour échanger sur le sujet, participer a la mise en place d&#8217;événementiels. Cette communauté a petit a petit pris de l&#8217;ampleur pour compter actuellement près de 650 membres inscrits, tous n&#8217;étant bien sûr pas actifs. Les rédacteurs et traducteurs œuvrant sur Euromanga, que je n&#8217;aurai de cesse de remercier font partie de cette communauté. Côté édition, en 2004, j&#8217;ai eu l&#8217;occasion de travailler sur l&#8217;album collectif  [Japon] et d&#8217;ainsi faire la connaissance de Frédéric Boilet et de la maison d&#8217;édition japonaise qui a publié [Japon] et qui publie maintenant Euromanga, Asuka Shinsha. L&#8217;entretien de liens avec l&#8217;équipe éditoriale d Asuka Shinsha a grandement contribue a la mise en place de cette coopération dans laquelle la structure que j&#8217;ai monté cette année édite Euromanga, et Asuka Shinsha publie le livre (gestion, commercialisation).</p>
<p align="justify">
<p align="justify"><strong>K : Comment le choix des séries a-t-il été effectué ? Qu&#8217;est-ce qui a guidé vos décisions ? </strong></p>
<p align="justify"><em>F.T.</em> : J&#8217;ai choisi les séries selon mes envies, les envies des membres de la communauté BD ci-dessus citée, et les avis que j ai pu recevoir d&#8217;éditeurs japonais. Ma sélection ne se veut pas être ce qui se fait de mieux en Europe en matière de BD, mais j&#8217;espère ma sélection riche, intéressante, d&#8217;actualité, et surtout qu&#8217;elle soit lisible par le public japonais,  connaissant déjà ou non la BD. Les 4 séries présentes dans Euromanga offrent des narrations et des découpages assez dynamiques et accessibles, avec relativement peu d&#8217;ellipses, sans pavés de texte qui plombent la planche.</p>
<p align="justify">
<p align="justify"><strong>K : Comment les maisons d&#8217;édition françaises propriétaires des droits des séries que vous éditez ont-elles accueilli votre volonté de publier leurs séries dans Euromanga ?</strong></p>
<p><em>F.T.</em> : Très bien je crois. Je leur suis très reconnaissant d&#8217;avoir pris au sérieux l&#8217;aventure Euromanga en engageant une vraie discussion avec moi. Les éditeurs auxquels je me suis adressé  comprennent la démarche novatrice d&#8217;Euromanga, et l&#8217;intérêt pour la BD en général au Japon que ce magazine peut représenter.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">K : <strong>Est-ce que le fait que Blacksad ait déjà été publié au Japon a eu une influence ?</strong></p>
<p align="justify"><em>F.T.</em> : L&#8217;ambassade de France avait mis en place il y a quelques années un site internet en japonais intitule Livres Français proposant des présentations et fiches de lecture des nouveautés françaises. Blacksad a fait l&#8217;objet d une présentation ce qui a retenu l&#8217;attention d Hayakawa Shobo qui a décidé de publier les deux premiers albums. Connaissant leur choix malheureux de ne pas publier le tome 3, j&#8217;ai donc décidé d inclure ce tome 3 dans le volume 1 d&#8217;Euromanga, à mon plus grand plaisir!</p>
<p><strong>K : Quel(s) objectif(s) concret(s) visez-vous ? </strong></p>
<p align="justify"><em>F.T.</em> : Euromanga est pour l&#8217;instant semestriel, le prochain numéro étant prévu pour mars 2009, c est long, beaucoup trop long pour le public japonais. Mon premier objectif est avant tout qu&#8217;Euromanga ne meure pas dans un premier temps, et s il trouve son public (disons 5 000 lecteurs assidus) qu&#8217;il puisse passer en trimestriel. Et si vraiment ça marche bien après, pourquoi pas en bimensuel, mensuel, sortir un autre magazine en noir et blanc de 300 pages de romans graphiques..Tous les rêves sont permis mais mon souhait le plus cher est qu&#8217;Euromanga et la BD en général, trouvent une place ne serait-ce que toute petite, chez le lectorat japonais.. et dans les librairies aussi!</p>
<div id="attachment_573" class="wp-caption alignright" style="width: 222px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/euromanga.jpg"><img class="size-medium wp-image-573" title="euromanga" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/euromanga-212x300.jpg" alt="copyright 2008 Euromanga" width="212" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright 2008 Euromanga</p></div>
<p align="justify"><strong>K : Il est bien sur trop tôt pour conclure définitivement, mais quels sont les premiers retours sur la publication d&#8217;Euromanga ? Celle-ci rencontre-t-elle un écho en France ? </strong></p>
<p align="justify"><em>F.T.</em> : Oui il est trop tôt pour parler des ventes, maintenant, le bouquin a été bien accueilli par les fans de manga étranger, et a reçu les louanges du Journal de l&#8217;édition, dans un article à sa une cette semaine. Le Bibendum Céleste de De Crécy, suivi de Blacksad, remporte un grand succès.</p>
<p align="justify"><strong>K : Quel est l&#8217;état du marché de la bande dessinée européenne au Japon ? </strong></p>
<p align="justify"><em>F.T.</em> : J&#8217;aimerais dire qu&#8217;il est à développer, mais la vérité est que ce marché est plutôt à construire, à inventer. Il y a certes eu quelques publications ces dernières années de BD (Blacksad, Persépolis, l&#8217;Ascension du Haut mal..) qui donne de l&#8217;espoir après 4 années ou rien n&#8217;a été publié au Japon après Bilal en 1999-2001. Avec l&#8217;activisme de la nouvelle communauté internet de fan de BD, il ne manque peut-être qu&#8217;un ou deux éditeurs japonais prêts à se lancer dans l&#8217;édition de la BD pour assister a un vrai début d&#8217;activité. Dans ce sens Euromanga peut aider a déterminer s il y a déjà un lectorat potentiel, ce qui est un élément crucial pour tout éditeur.</p>
<p align="justify">
<p align="justify"><strong>K : Quelles sont les concessions qu&#8217;il faut être prêt a faire pour éditer une bande dessinée européenne au Japon ? Quelles sont les contraintes imposées par les maisons d&#8217;édition nippones ?</strong></p>
<p align="justify">
<p align="justify"><em>F.T.</em> : Je pense qu&#8217;il y a trop peu d&#8217;exemples de publication de BD au Japon pour répondre à cette question. Dans le cas de Bilal, l&#8217;éditeur a respecté le format et la couverture cartonnée originale, alors que pour Blacksad, l&#8217;éditeur a privilégié un format un peu plus petit avec une soft cover, très belle d ailleurs. Bref je ne vois pas beaucoup de contrainte dans le cas des traductions. Par contre,  il est possible qu&#8217;une majorité d&#8217;éditeurs préfèrent la réalisation d une œuvre originale avec des étrangers plutôt que l&#8217;achat de droits d une œuvre déjà existante avec traduction.</p>
<p><strong>K : Que pensez-vous de l&#8217;exposition qui a lieu actuellement au Musée International du Manga de Kyôto ? Est-elle de nature a « révéler » la Bande Dessinée au public japonais, au moins dans une certaine mesure ? </strong></p>
<p align="justify"><em>F.T.</em> : C&#8217;est une très belle initiative à laquelle les membres du Cercle d&#8217;étude sur la BD ont contribué grandement. De plus cette exposition a lieu jusqu&#8217;au début 2009. Le Musée International du Manga de Kyoto étant très visité, notamment par les scolaires, gageons qu&#8217;une partie de ces visiteurs gardera en mémoire qu&#8217;il existe un manga européen, qui vit et palpite, sous des formes différentes du manga japonais, et dont on peut retrouver la trace en librairie en japonais (en cherchant bien certes)</p>
<p><strong>K : Quelles sont, pour vous, les principales différences entre manga et bande dessinée ? Rejoignez-vous sur ce point les conceptions de Frédéric Boilet (qui a popularisé le « manga d&#8217;auteur » en France au travers de la collection Sakka) ?</strong></p>
<p align="justify"><em>F.T.</em> : Je ne me souviens plus exactement des conceptions de Frédéric Boilet mais je me souviens de mes premières impressions a la lecture de mon premier manga: toutes ces spécificités liées au dessin, sens de lecture inverse, choix de cadrage des scènes ou système narratif qui perturbe l&#8217;œil et nos repères de BDphiles. C&#8217;est valable dans un sens comme dans l autre. Comme on l&#8217;a constaté il y a près de 15 ans en France, BD et manga sont très différents mais les deux racontent au final la même chose: une histoire.  Offrir à l&#8217;autre, ou recevoir de l&#8217;autre de bonnes histoires doit être au cœur du processus de découverte interculturelle.  En tant qu&#8217;auteur et aussi en tant qu&#8217;éditeur pour Sakka, Frédéric Boilet a une expertise phénoménale a la fois de la Bande dessinée et du manga (je mets le mot manga au masculin comme je mets gameboy au féminin, pas par revendication idéologique mais par habitude), et l&#8217;action qu&#8217;il a su mener pour la promotion de la bande dessinée d&#8217;auteur est tout a fait remarquable. Personnellement, je  n&#8217;aurai jamais son expérience et ses connaissances qui nourrissent son engagement pour un type de BD en particulier. Sans doute par manque d&#8217;attache personnelle avec le monde de la BD, je n&#8217;ai pas sa vision assez dualiste BD d&#8217;auteur / BD commerciale. Je ne veux pas dire que tout est bon dans la BD, mais il y a du bon dans tous les genres en BD. Et c&#8217;est justement cette richesse, comparable au cinéma ou à la gastronomie qu&#8217;il faut savoir offrir aux pays étrangers, plus que les produits de luxe ou nos chaines de supermarchés.</p>

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		<title>Euromanga 1</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Oct 2008 03:39:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On le sait, le manga s&#8217;est taillé une place de choix dans le paysage bédéistique français, à tel point que certains ont eu peur au début qu&#8217;il ne supplante définitivement son rival franco-belge. Quelques années plus tard, on peut constater qu&#8217;il n&#8217;en a fort heureusement rien été et que le manga est simplement venu diversifier [...]]]></description>
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<p align="justify">On le sait, le manga s&#8217;est taillé une place de choix dans le paysage bédéistique français, à tel point que certains ont eu peur au début qu&#8217;il ne supplante définitivement son rival franco-belge. Quelques années plus tard, on peut constater qu&#8217;il n&#8217;en a fort heureusement rien été et que le manga est simplement venu diversifier l&#8217;offre proposée aux lecteurs.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Au Japon, en revanche, la Bande Dessinée reste encore très largement méconnue du grand public. Rares sont les albums européens ou les auteurs à avoir percé en milieu nippon, à l&#8217;exception peut-être de Frédéric Boilet, il est vrai déjà installé au Japon depuis de nombreuses années et qui n&#8217;a eu de cesse de le mettre en scène dans ses différents albums (Tôkyô est mon jardin, L&#8217;Epinard de Yukiko, Mariko parade, etc&#8230;).</p>
<p align="justify">
<p align="justify">A cela sans doute plusieurs raisons. La première est certainement la différence technique fondamentale qui existe entre BD et manga : aux 46 planches couleur publiées au mieux une fois l&#8217;an s&#8217;opposent les centaines de planches noir et blanc que les auteurs nippons sont obligés de remettre aux magazines de prépublication pour espérer un jour une édition en album. Le prix également, qui fait du manga un objet de consommation courante, qu&#8217;on lit puis qu&#8217;on revend ou qu&#8217;on abandonne dans un métro ou qu&#8217;on recycle.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Peut-être cela est-il en train de changer, cependant, comme l&#8217;image du manga a évolué en France ces dernières années. Un certain nombre d&#8217;albums franco-belges sont traduits et édités en japonais (Blacksad, Persépolis, Petit vampire, l&#8217;Ascension du Haut Mal&#8230;), sans parler de certaines collaborations artistiques franco-japonaises, comme par exemple avec Katsuya Terada. On peut noter également la tenue d&#8217;une exposition sur la Bande Dessinée au Musée International du Manga de Kyôto : <a href="http://www.kyotomm.com/2008/09/bande_dessinee.php">http://www.kyotomm.com/2008/09/bande_dessinee.php</a></p>
<blockquote>
<p align="justify">Le pari est ambitieux, mais ce magazine semble s&#8217;être donné les moyens d&#8217;y parvenir</p>
</blockquote>
<p align="justify">
<p align="justify">Et puis il y a Euromanga. Toute jeune parution, puisque ce numéro 1 date de septembre 2008, elle a pour ambition affichée de faire découvrir et mieux comprendre la bande dessinée occidentale au public japonais. Le pari est ambitieux, mais ce magazine semble s&#8217;être donné les moyens d&#8217;y parvenir : il s&#8217;ouvre en effet sur quatre pages richement illustrées expliquant au public japonais ce qu&#8217;est la bande dessinée en essayant de faire comprendre la diversité, la richesse que recouvre ce terme (les références sont multiples, entre BD de grandes maisons d&#8217;édition et éditeurs indépendants), mais aussi les différences de pratique culturelle entre français et japonais ; le petit strip « BD attitude » réalisé par le duo Torta/Cardona (Sentaï School entre autres) en est la plus éclatante manifestation.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Euromanga est aussi un magazine de prépublication, car il ne sert à rien de théoriser la BD sans la montrer. Les choix éditoriaux sont intéressants car variés : Skydoll (Barbucci/Canepa), Rapaces (Marini/Dufaux), Blacksad (Guarnido/Canales) et le Bibendum Céleste (de Crécy) ouvrent ce premier numéro, accompagnés d&#8217;une interview de Nicolas de Crécy, d&#8217;un portait de Canepa et Barbucci et que quelques dessins tirés d&#8217;une rencontre franco-japonaise qui a eu lieu à l&#8217;île de la Réunion. Bref, un bien beau programme !</p>
<p align="justify">
<p align="justify">D&#8217;autant que techniquement, Euromanga met la barre très haut : format BD mais reliure souple, papier de très bonne qualité, planches traitées avec respect et traduction qui va bien. Évidemment, tout cela a un prix, 1500 yens (un peu moins de 10€ selon les cours de la bourse qui fluctuent comme on sait) ce qui est bien plus cher qu&#8217;un magazine de prépublication japonais, et une parution bi-annuelle, puisque le numéro 2 est attendu pour le mois de mars 2009. Mais l&#8217;objectif n&#8217;est clairement pas de concurrencer Shônen Jump ou autres monstres éditoriaux hebdomadaire&#8230; Le défi est énorme, mais Euromanga s&#8217;annonce prometteur. Une initiative à suivre, sans aucun doute !</p>

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