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	<title>Kroniks &#187; bd</title>
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	<description>le blog bd qui vous dit bonne année</description>
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		<title>Zombillénium</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Dec 2011 02:08:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ne niez pas : vous connaissez sans doute Arthur de Pins et sa série des « Péchés mignons » (Fluide Glacial), hein, bande de coquines et de coquins !! Bah, avouez, y a rien de mal à ça, surtout que ces péchés, non contents d’être sexys en diable, sont aussi hilarants. Mais connaissez-vous la facette « narration » d’Arthur de Pins ? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3105" class="wp-caption alignleft" style="width: 227px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/zombillenium1.jpg"  class="wmp" id="wmp1"><img class="size-medium wp-image-3105" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/zombillenium1-217x300.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright A. de Pins / Dupuis 2010</p></div>
<p>Ne niez pas : vous connaissez sans doute Arthur de Pins et sa série des « Péchés mignons » (Fluide Glacial), hein, bande de coquines et de coquins !! Bah, avouez, y a rien de mal à ça, surtout que ces péchés, non contents d’être sexys en diable, sont aussi hilarants.</p>
<p>Mais connaissez-vous la facette « narration » d’Arthur de Pins ? Non ? Alors voilà une excellente occasion de vous rattraper, avec sa série « Zombillénium » !</p>
<p>Zombillénium, c’est d’abord le nom d’un parc d’attractions sur le thème des monstres et de l’épouvante. Fantômes, zombies, momies, démons déments et squelettes en goguette à tous les étages ! Situé en pleine cambrousse, c’est l’attraction du coin. Ce que les visiteurs et les habitants du coin ne savent pas, par contre… c’est qu’il n’y a aucun trucage dans ce parc ! Les monstres sont de vrais monstres.  Mais voilà, ils sont là pour le business, pas pour se repaître des humains normaux. Les temps ont bien changé, depuis les chasses aux sorcières du Moyen Âge…</p>
<p>Et cela, Aurélien Zahner va le découvrir « à son corps défendant » : déprimé par le fait que sa femme le trompe, il décide d’attaquer un bistrot. Pas de bol : c’est le bistro que Gretchen, jeune sorcière stagiaire au parc, a choisi pour acheter ses cigarettes ! Coup de bol, elle va alors gentiment neutraliser Aurélien et le convaincre de rentrer chez lui sans faire de vagues. Pas de bol, si Aurélien repart, il ne fait pas attention en traversant la rue et se fait renverser par une voiture ! Raide mort, Aurélien ! Coup de bol : dans la voiture, trois employés du parc : Aton la momie, Sirius le squelette et Francis le vampire ; ce dernier va mordre Aurélien et le ramener à la vie.</p>
<div id="attachment_3106" class="wp-caption alignright" style="width: 235px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/zombillenium2.jpg"  class="wmp" id="wmp2"><img class="size-medium wp-image-3106" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/zombillenium2-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright A. de Pins / Dupuis 2011</p></div>
<p>Pas de bol : ce faisant, Aurélien sait que Zombillénium est « vrai » et est embauché d’office dans le parc. Contrat à durée indéterminée et non révocable, cela va sans dire… Et il n’est pas au bout de ses surprises ! Que je ne révèlerai bien sûr pas ici.</p>
<p>Zombillénium est l’occasion pour Arthur de Pins de montrer à ceux qui l’ignoraient qu’il SAIT raconter une histoire suivie et dessiner autre chose que des bimbos et des beaux mecs (même si, certes, Aurélien ressemble plus à Brad Pitt qu’à Sim). Les personnages, principaux et secondaires, sont fouillés et crédibles (un comble pour des monstres !) et la plupart ont une personnalité attachante. L’histoire promet également son lot de rebondissements, vu que les choses s’accélèrent dès le deuxième tome.</p>
<p>Arthur de Pins en profite également pour truffer son récit de clins d’oeil à des séries, des films, des œuvres littéraires, etc… Tout cela est fait de manière très judicieuse, n’alourdissant jamais le rythme du récit. Mais on se prend souvent à revenir en arrière, ou à relire l’album en se disant « mais attends, là, je connais ça ! ». Bref, Arthur de Pins brasse du Monstres &amp; Cie, du Harry Potter, l’Exorciste, Michaël Jackson et je pense bien même avoir vu l’éternel Marcel Gotlib, mais je ne vous dirai évidemment pas où !</p>
<p>Alors oui, Zombillénium est une BD très attachante, qu’on relit de multiples fois rien que pour le plaisir. Et ça, c’est bien un gage de qualité !
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		<title>Okko</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Nov 2011 01:36:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A l’occasion d’une chronique (déjà ancienne) sur Usagi Yojimbo, j’avais en passant évoqué la BD Okko, de Hub. Je comptais bien vous en faire la chronique. Et puis, et puis… le temps passe, les chroniques s’accumulent et on remet toujours au surlendemain ce qu’on devrait faire l’avant-veille, vous connaissez le topo. Mais pour Okko, c’est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3069" class="wp-caption alignleft" style="width: 222px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/okko1.jpg"  class="wmp" id="wmp3"><img class="size-medium wp-image-3069" title="okko1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/okko1-212x300.jpg" alt="" width="212" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Hub / Delcourt - 2005</p></div>
<p>A l’occasion d’une chronique (déjà ancienne) sur <a href="http://www.kroniks.net/2009/05/22/usagi-yojimbo/" target="_blank">Usagi Yojimbo</a>, j’avais en passant évoqué la BD Okko, de Hub. Je comptais bien vous en faire la chronique. Et puis, et puis… le temps passe, les chroniques s’accumulent et on remet toujours au surlendemain ce qu’on devrait faire l’avant-veille, vous connaissez le topo.</p>
<p>Mais pour Okko, c’est une vraie injustice, tant cette œuvre mérite qu’on s’y attache. Et puisque je viens de terminer la lecture du 3<sup>e</sup> cycle de cette fresque, quel meilleur moment que maintenant pour mettre à exécution mon projet ? Allez, hop, je me lance.</p>
<p>Oui, je me lance, le mot n’est pas trop fort. Okko est en effet une œuvre vaste, qu’il faut savoir décrypter. Tout d’abord, le décor : Hub a pris le parti de camper son histoire dans un univers qui ressemble à s’y méprendre au Japon shogunal : samourais, daimyos, geishas, ronins, moines s’y croisent. Mais Hub n’a pas voulu s’enfermer dans un cadre historique contraignant : il n’y a donc aucune référence géographique réaliste, c’est comme si ce monde n’était en définitive qu’un « écho » du Japon réel, dont il se serait éloigné sur bien des points. Bienvenue donc dans l&#8217;Empire du Pajan !</p>
<p>Oui, car en plus des éléments cités ci-dessus, on croise également dans le monde d’Okko des monstres, de la magie et des technologies surprenantes. Certains guerriers utilisent ainsi de véritables armures exosquelettes appelées « bunraku » (qui en « vrai » japonais, veut dire « théâtre de marionnettes ») mues par des sortes de vers à soie et manipulées de l’intérieur par un système de cordes et de poulies. Okko, c’est donc l’alliance du Japon médiéval traditionnel et d’un côté indéniablement « steampunk ». Le cocktail se révèle d’une richesse insoupçonnée sous la direction éclairée de Hub.</p>
<p>Mais en définitive, Okko, qu’est-ce que c’est ? C’est le nom d’un ronin, un samourai déchu, donc, qui parcourt les terres de ce monde en effectuant des contrats. Il est accompagné dans ses errances de Noburo, étrange homme fort comme un bœuf et qui ne quitte jamais son masque de kabuki, et de Noshin, prêtre alcoolique et jouisseur.</p>
<div id="attachment_3070" class="wp-caption alignright" style="width: 225px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/okko2.jpg"  class="wmp" id="wmp4"><img class="size-medium wp-image-3070" title="okko2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/okko2-215x300.jpg" alt="" width="215" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Hub / Delcourt - 2007</p></div>
<p>Au détour d’une auberge, où Noshin et Noburo attendent le retour de leur maître Okko, le petit groupe va s’agrandir en la personne de Tikku, frère de la geisha Petite Carpe, geisha préférée de Noburo d’ailleurs. Soudain, le relais est attaqué par des mercenaires, accompagnés d’un bunraku, qui enlèvent toutes les geishas, malgré l’opposition de Noburo.</p>
<p>A son retour, Okko découvre donc le relais brûlé et Noburo blessé. Quant à Noshin, couard comme il est, il n’a évidemment rien. Okko décide alors que tout cela ne le concerne pas et de poursuivre son chemin. C’est alors que Tikku se jette à ses pieds en l’implorant de partir à la recherche de sa sœur. N’ayant pas d’argent pour se payer les services d’Okko, il se propose alors de devenir son esclave. Okko cède et lui accorde alors 10 jours de recherches : si au-delà, aucune piste n’est découverte, le contrat sera alors nul. Ce n’est bien sûr que le début des aventures de Tikku auprès d’Okko. Après tout, il a juré d’entrer au service du ronin, même si ce dernier l’a confié à Noshin, pour son éducation.</p>
<p>Sur le plan visuel, Okko est tout bonnement somptueux : le train de Hub est maitrisé à la perfection, aussi bien dans les scènes d’action, aussi dynamiques qu’un film, que dans les scènes plus contemplatives. Il sait aussi bien dessiner un ronin affrontant un démon qu’un paysage maritime lors d’un coucher de soleil. Il faut dire que la colorisation magnifie encore un peu plus l’ensemble, apportant une ambiance absolument poignante. C’est donc un régal visuel que je ne peux m’empêcher de comparer, quoi que dans un tout autre style bien sûr, à la saga De Cape et de Crocs. C’est dire si le niveau est haut !</p>
<div id="attachment_3071" class="wp-caption alignleft" style="width: 231px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/okko3.jpg"  class="wmp" id="wmp5"><img class="size-medium wp-image-3071" title="okko3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/okko3-221x300.jpg" alt="" width="221" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Hub / Delcourt - 2009</p></div>
<p>Mais vous savez bien qu’un dessin aussi beau soit-il ne pallie que difficilement l’absence d’un bon scénario. Rassurez-vous, sur ce plan là également, Hub fait plus qu’être à la hauteur.  Il faut dire qu’il a choisi une astuce narrative qui se révèle être une idée formidable : il a divisé les aventures de son ronin en cycles de deux tomes, chacun basé sur une énergie élémentaire (eau, terre, etc…). De fait, ces cycles constituent des histoires complètes et on peut à la rigueur ne pas avoir lu le premier cycle avant de lire le second.</p>
<p>La conséquence est qu’Hub peut ainsi concentrer sa narration sur deux tomes à chaque fois, ce qui lui laisse assez de temps pour développer son histoire et ses protagonistes tout en ayant un cadre suffisamment contraignant pour que son scénario ne parte pas dans des directions incontrôlables. On a donc à chaque fois affaire à un scénario maitrisé de bout en bout, nerveux et rythmé. Rien de mieux pour accrocher tout de suite le lecteur !</p>
<p>Cependant, si ces histoires sont closes en deux volumes, il reste bien sûr préférable de lire les cycles dans l’ordre. En effet, si le premier cycle, en plus d’avoir un vrai scénario, présente les protagonistes, leurs histoires personnelles ne cessent d’être développées dans les cycles suivants. Et je peux vous dire que là aussi, il y a matière à rebondissement !</p>
<p>Bref, difficile de passer à côté d’Okko quand on aime la BD. Si vous ne connaissez pas encore cette série, ruez-vous dessus, le 3<sup>e</sup> cycle vient tout juste de se terminer et les choses prennent un tour vraiment dramatique, avec l&#8217;ouverture du cycle du feu, dont le premier tome est paru mi-octobre !
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		<title>Face cachée</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Aug 2011 01:45:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2859" class="wp-caption alignleft" style="width: 227px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/facecachee1.jpg"  class="wmp" id="wmp6"><img class="size-medium wp-image-2859" title="facecachee1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/facecachee1-217x300.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Runberg-Martin / Futuropolis 2010</p></div>
<p>Tokyo, de nos jours. Satoshi Okada est employé dans une grosse entreprise financière, sous la direction de M. Ota, patron sévère mais qui ne rechigne pas à emmener ses employés boire un coup ou chanter au karaoké après le boulot. Et bien sûr, comme on est au Japon, pas facile pour lesdits employés de s’y dérober, surtout qu’Okada déteste chanter en public.</p>
<p>Mais bon, comme Okada est un brillant élément de l’entreprise, ça ne pose pas vraiment de problème. Parmi ses collègues, il compte notamment Mayumi Watanabe, qui a clairement le béguin pour lui alors qu’il est marié et père d’une petite fille, et Junichi.</p>
<p>Face Cachée est donc une histoire du quotidien, dans le « vrai » Japon actuel. Pourtant, ne vous y trompez pas : ce n’est pas un manga. Déjà parce que les deux auteurs, Runberg et Martin, ne sont pas japonais, mais aussi parce que le style, tant graphique que narratif, est résolument « franco-belge ».</p>
<p>On suit donc le quotidien d’Okada et, comme le laissait penser le titre de la BD, tout n’est pas clair dans cette histoire. Chacun des quatre personnages principaux (même si Okada est LE héros de l’histoire) semble avoir des squelettes dans le placard, que ce soit sur le plan matériel ou sur le plan psychologique. Mayumi est ainsi clairement obsédée par Okada ; d’un autre côté, qui est cet homme assez antipathique qui semble la suivre ? M. Ota est un patron visiblement assez rigide, qui utilise la fête pour décompresser mais aussi garder le contrôle sur ses « troupes » ; en même temps, une fissure insoupçonnée va se révéler en lui au cours de l’histoire. Junichi, lui, vit dans l’ombre d’Okada, le jalousant d’abord discrètement puis de plus en plus ouvertement au fur et à mesure qu’il comprend que la belle Mayumi, pour qui son cœur bat, ne lui accordera jamais un regard. Junichi se transforme ainsi petit à petit en quelqu’un de mesquin, haineux et qui se ridiculise souvent en essayant de se mettre toujours en avant.</p>
<p>Mais le plus mystérieux reste bien entendu Okada lui-même. Il semble très amoureux de sa femme et complètement fou de leur fille, cependant il ne rentre que rarement chez lui à Kamakura et pire, entretient une liaison avec Mayumi. Mais alors, d’où viennent ces énormes cicatrices qu’il porte sur le corps ? Et qui est cette femme chez qui il se rend à la fin du premier tome et à qui il offre des fleurs, et qui lui répond qu’ils ont toute la nuit devant eux ?</p>
<p>Soyons honnêtes : le fond de l’histoire (que je ne vous révèlerai bien sûr pas ici) comme les archétypes des personnages font que tout cela aurait pu se passer quasiment n’importe où dans le monde. Cependant, les auteurs ont choisi Tokyo. L’exercice aurait pu être périlleux, on aurait pu les accuser de vouloir surfer sur la vague actuelle du manga.</p>
<p>Mais voilà, ils campent un Japon tout à fait réaliste et crédible, visiblement bien documenté, comme tous leurs lecteurs y ayant vécu ou ou l’ayant visité pourront le dire. C’est un sans faute, qui indique que le cadre n’est en définitive pas choisi par hasard. Et en effet, certains traits de la société japonaise, tant sur le plan de l’entreprise que de la vie privée, fournissent des aides bienvenues à la cohérence du récit de Runberg et Martin. Difficile en effet de croire qu’un employé ne rentrerait pas chez lui plusieurs semaines d’affilée à cause du boulot dans un pays comme la France, par exemple, surtout quand maison et entreprise ne sont distants que d’une centaine de kilomètres à peu près. Les Love Hotels fournissent aussi un cadre parfait pour les relations adultères au Japon, là où aller à l’hôtel avec sa maitresse est plus délicat en Europe ou en Amérique.</p>
<div id="attachment_2860" class="wp-caption alignright" style="width: 235px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/facecachee2.jpg"  class="wmp" id="wmp7"><img class="size-medium wp-image-2860" title="facecachee2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/facecachee2-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Runberg-Martin / Futuropolis 2011</p></div>
<p>Donc, non, le cadre du Japon n’est choisi ni par hasard ni pour « faire style ». Bien joué ! Sur le plan des personnages, là aussi c’est de l’excellent boulot : si on rencontre les différents protagonistes tout de suite dans le récit, leurs facettes ne se révèlent à nous que petit à petit, au cours du récit, à l’occasion d’enchaînements d’évènements qui sont encore une fois tout à fait crédibles. Les personnages ont donc tous une vraie épaisseur psychologique et sont crédibles et attachants (ou repoussants pour certains) ; les personnages secondaires ont d’ailleurs bénéficié du même traitement de faveur de la part des auteurs, qui rend le tout encore plus cohérent.</p>
<p>La patte graphique d’Olivier Martin sert merveilleusement le scénario de Sylvain Runberg. Presque en style croquis, il parvient à poser les émotions et les réactions de ses personnages en quelques traits à peine et à en dire bien plus que s’il avait opté pour un style réaliste pur et dur. Dans les chevelures, les plis de vêtements, les traits de crayon sont toujours là et c’est juste parfait ! Le dessin laisse alors la place à l’imagination du lecteur tout en restant précis et dynamique.</p>
<p>Il faut dire aussi que Martin et Runberg nous ont déjà gratifiés de quelques perles bédéistiques, notamment Orbital (<a href="http://www.kroniks.net/2009/01/25/orbital/">chroniqués</a> <a href="http://www.kroniks.net/2009/11/02/orbital-3/">ici même</a>) pour Sylvain Runberg et Crypto pour Olivier Martin. Si c’est leur première collaboration, force est de constater qu’ils ont tout de suite trouvé le bon équilibre !</p>
<p>A la lecture de cette chronique, vous l’aurez compris, Face cachée est pour moi un gros coup de cœur, une confirmation que la BD européenne est toujours vivante, vivace et dynamique. Les oiseaux de mauvais augure, ceux qui prédisaient que les « japoniaiseries » allaient tuer le marché de la BD, en sont pour leurs frais puisque de tels petits bijoux sortent toujours des presses des éditeurs hexagonaux. Et je prie toutes les divinités de la BD, du manga et du comics que ce dyptique trouve son public, parce qu’il le mérite amplement. A noter que Face cachée tome 1 a reçu le Silver Award des International Manga Awards 2010 au Japon, avec pas moins que Monkey Punch (créateur de Lupin III – Edgar détective cambrioleur en France), signe que les japonais ne se sont pas trompés sur la qualité de cette œuvre. Au passage, d’immenses mercis à ma sœur pour me l’avoir offert pour mon anniversaire (sinon je serais passé à côté) et à Franck, mon libraire préféré de l’univers (Bulle d’encre Poitiers – mais chut, la pub c’est mal) pour le lui avoir conseillé !
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		<title>Interview-vérité : Euromanga</title>
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		<pubDate>Sun, 30 May 2010 09:12:02 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Kroniks : Bonjour Frédéric, et merci d’avoir accepté de répondre aux questions de Kroniks ! Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que tu nous fais la gentillesse de nous répondre. Mais cette fois, puisque j’ai eu l’occasion de te rencontrer, on va parler de choses un peu différentes. Pour commencer, la traduction, ça ne doit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Kroniks : Bonjour Frédéric, et merci d’avoir accepté de répondre aux questions de Kroniks ! Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que tu nous fais la gentillesse de nous répondre. Mais cette fois, puisque j’ai eu l’occasion de te rencontrer, on va parler de choses un peu différentes. Pour commencer, la traduction, ça ne doit pas toujours être facile, notamment sur le <em>Bibendum Céleste</em>, non ?</strong></p>
<p><strong>Frédéric Toutlemonde</strong> : Alors c’est là que c’est intéressant parce que par exemple le traducteur (Masato Hara) du <em>Bibendum Céleste</em> est un peu l’activiste numéro 1 au Japon sur la BD. C’est lui qui dirige la BD Kenkyûkai (la communauté Mixi – équivalent nippon de facebook &#8211; sur la BD), il fait de la traduction, dont le <em>Bibendum Céleste</em> pour Euromanga, écrit des articles sur la BD et participe à l’organisation de conférences. C’est un gars qui a une formation littéraire pure souche, qui adore étudier, un vrai chercheur dans l’âme. Le langage ultra complexe de <em>Bibendum</em>, plein de surréalisme, il arrive à bien le rendre et à me démêler ça sans trop de difficultés. Sur Euromanga, je pense que j’ai réussi à faire des paires qui fonctionnent bien. La traductrice de <em>Blacksad</em>, qui est aussi celle du <em>Vol du Corbeau</em>, aime ces ambiances un peu cinématographiques, polar d’après-guerre, qui sont plutôt bien écrits sans trop de grosses difficultés. Le traducteur de <em>Rapaces</em> est un traducteur qui travaille principalement sur de la traduction en anglais, et un peu en français. Il n’a pas une très grosse culture en littérature française, et en BD  il n’y connait pas grand-chose. Par contre c’est quelqu’un qui lit du manga, qui lit de la science-fiction, du fantastique donc c’est quelqu’un qui connait cet univers un peu « entertainment », une histoire de vampire ça lui parle donc. Ce n’est pas un titre que j’aurais proposé à la traductrice de <em>Blacksad</em>, ce n’est pas du tout son univers, de même, elle serait incapable de traduire <em>Skydoll</em> … tout simplement parce que Barbara Canepa m’a demandé de traduire <em>Skydoll</em> à partir de l’italien. Je suis donc allé trouver LA japonaise qui travaille à l’Ecole internationale du manga de Rome qui est aussi agent pour des dessinateurs italiens pour faire leur promo au Japon. Mais c’est vrai que le pauvre Masato, à chaque fois que je lui donne la traduction du <em>Bibendum Céleste</em>, je me dis qu’il va en baver ! [rire]</p>
<p><strong>K : Oui, la paire œuvre/traducteur, c’est un aspect vital !</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Il faut trouver les traducteurs qui ont un peu le bon profil pour l’œuvre, qu’on sait qu’ils ne vont pas se sentir mal à l’aise avec et qu’ils vont réussir à trouver les mots adaptés pour rendre la traduction efficace. Là j’ai décidé de mettre <em>Happy Sex</em> et <em>Péchés Mignons</em>, c’est un ton très coquin, il ne faut pas avoir la langue dans sa poche, ou commencer à rougir. J’ai senti que cela ne marcherait pas avec mes quatre traducteurs. Je bossais bien avec un Japonais qui s’appelle Tsukui qui bosse beaucoup pour des maisons d’édition alternatives, sa femme dessine entre autre des manga érotiques, je me suis dit qu’il n’y aurait pas de problème avec lui et on a donc fait la traduction à deux ; il ne parle pas français du tout,  j ‘ai traduit les textes en japonais et il est repassé derrière pour les adapter comme il faut. C’est comme ça qu’on a fait la traduction des planches de <em>Péchés Mignons </em>et de <em>Happy sex</em>.</p>
<p><strong>K : Zep, c’est quand même un peu un gros coup, parce que <em>Happy Sex</em> ça a été une bonne réussite éditoriale et puis c’est un nom connu pour nous européens, même s’il est sans doute inconnu ici au Japon.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : C’est ça qui a été un peu délicat, quand je vais voir les éditeurs français et que je leur dis ce que je veux, sauf que mes moyens financiers sont ridicules, certainement pas à la hauteur de l’idée qu’on peut se faire d’un éditeur japonais. Certains éditeurs m’accordent peut-être le bénéfice du doute « Voilà, il galère, il va vraisemblablement se foirer mais sait-on jamais, si ça marche… ». On a réussi à mettre en place un networking, des contacts chez d’autres éditeurs. Il va y avoir la sortie de l’intégrale de <em>l’Incal</em> à la fin de l’année ; ils ont accepté <em>l’Incal</em> parce qu’on leur a proposé ! Donc il y a tout de même des choses qui se passent et qui vont dans le bon sens</p>
<p><strong>K : quand même, Moebius n’est pas un nom totalement inconnu au Japon. Certes, il faut être fan de recherches graphiques, d’occidentalisme dans le dessin, mais il y a des mangaka qui le citent comme influence.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Oui, et il n’y a pas que Moebius, je pense que Nicolas de Crécy commence déjà à être un petit peu connu et à mon avis peut acquérir une vraie notoriété ici chez les amateurs de BD ou les professionnels comme Moebius ou Bilal. Je pense vraiment qu’il peut percer, quand je dis percer c’est être publié par un autre éditeur qu’Euromanga.</p>
<p><strong>K : Justement, selon toi, quels sont les principaux obstacles pour la BD au Japon, en dehors de la barrière de la langue ? Sur le concept même.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Plus que la narration ou la difficulté d’appréhender les ellipses, pour moi le principal problème se pose d’abord au niveau du format. En dehors du fait que ça coûte 5 fois plus cher de publier de la BD que de publier du manga, il y a un problème concret que malheureusement les lecteurs ne voient pas qui est de l’agencement des rayons dans les librairies : il n’y a pas une seule étagère à ce format, ils ont tout standardisé sur le format manga. Ou alors, on a la chance qu’ils aient quelques grands formats comme des art-books, ou une étagère de comics américains. S’ils n’en ont pas, pour Euromanga soit ils me le renvoient soit ils les mettent avec les bouquins de jeux vidéo, n’importe où on peut caser un truc en A4 en gros. Ça c’est le gros problème, ça limite beaucoup les rencontres, le public  a de vraies difficultés à tomber dessus. Ensuite le prix d&#8217;Euromanga est très cher (1800 yens)… Il aurait fallu que je reste sur le prix du premier, à 1500 yens, mais à l’époque j’avais vraiment très peur de me manger une grosse veste. C’est un peu dommage mais on ne peut pas savoir ce qui va se passer plus tard. Il aurait peut-être fallu que je prenne un peu plus sur moi, que je prenne un peu plus de risques… Sur le moment, j’avais beaucoup de sons de cloche alarmistes, je voyais beaucoup de retours, je me disais « là je vais me retrouver avec 70% de retours, je suis mort ».</p>
<p><strong>K : Mais justement, il y a quand même un public, pour ces œuvres-là, pour la BD on va dire en gros ?</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Il y a un public, oui. On constate d’ailleurs le retour d’un public pour le comics américain, c’est un peu la bonne nouvelle des deux dernières années. Il y a beaucoup de Batman qui vont sortir, il y a un éditeur qui a relancé les <em>X-Men</em>, il y a un <em>Hellboy</em> et même <em>l’encyclopédie Marvel </em>qui sort. C’est pas mal parce que ça peut entraîner la création d’un espace comics dans les librairies. C’est important de savoir que quand le bouquin ne sera plus parmi les nouveautés, il  en restera au moins un exemplaire dans cette espace. Les deux titres qui ont fait décoller le comics, c’est <em>Watchmen</em> dont les ventes arrivent presque à 40.000 exemplaires et <em>From Hell</em> qui a dépassé les 20.000, ce sont de très très belles ventes pour des bouquins très chers.</p>
<p><strong>K : Est-ce que c’est à mettre en relation avec leurs adaptations cinématographiques ?</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Pour <em>Watchmen</em> oui, pour <em>From Hell</em> non. Pour ce dernier, pourtant, l’éditeur l’avait certainement sorti en se disant « il y a eu un film avec Johnny Depp qui fait toujours un gros carton au Japon, ça va avoir un impact », mais non, en fait. Visiblement, ce sont les lecteurs d’Alan Moore qui l’ont acheté et il a bénéficié d’un bandeau avec des citations de critiques littéraires très renommés. Il y a eu un très bon relais dans la presse et je pense que c’est la force du scénario qui l’a porté… Pourtant c’est un bouquin dur à lire <em>From Hell</em>, mais incroyablement les japonais se sont jetés dessus. C’est bizarre : il était cher, en noir et blanc, il n’avait pas lieu d’être à ce prix-là, en plus ils l’ont éclaté en deux volumes, eh bien il s’est bien vendu… a côté d’Euromanga ; c’est rageant ! [rires]</p>
<p><strong>K : Est-ce qu’il n’y a pas aussi une question relative à la couleur ? Les BD sont en grande majorité toutes en couleur, alors que les mangas, parfois les 10 premières pages le sont, mais pas plus.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Y a un rapport à l’imaginaire qui est intéressant sur l’histoire de la couleur.  J’ai lu ça dernièrement, sur une critique d’Euromanga justement, une fille qui fait de supers articles sur son blog. Là pour le 4, elle disait un truc intéressant, que la couleur enlève de l’imaginaire, c’est-à-dire que même si on fait un dessin très réaliste, le fait que ce soit en noir et blanc finalement plonge le lecteur plus dans l’imaginaire, il arrive plus à se dire qu’il est dans une fiction, tandis qu’un truc en couleur, ça va fixer en fait un peu l’œuvre dans des repères du réel. Même si le dessin est très caricatural, finalement on sera moins dans la fiction, dans l’imaginaire et plus dans le réel.  Donc il y a cette idée qu’avec la BD en couleur on rentre moins dans l’imaginaire que le manga, ce qui est sans doute vrai. Ceci étant dit, je reste convaincu qu’il faut faire comprendre au lecteur japonais que la couleur peut être une autre manière de passer dans l’imaginaire. Le plaisir de la couleur, dans la BD, c’est quand même quelque chose de jouissif, auquel il est important d’éduquer le lecteur, par exemple apprécier les belles couleurs de Rapace.</p>
<p><strong>K : C’est vrai que pour un lecteur européen, c’est très important, ce travail sur la couleur, ça participe de l’ambiance générale de l’œuvre.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : C’est un tiers, pratiquement ! C’est de l’ambiance, de la nourriture visuelle ! Nous on a l’habitude de s’arrêter sur le dessin, les japonais moins, c’est un vrai problème. Pour les japonais, ce qui compte, c’est le « flux », ce mouvement de la narration. En BD, on a peut être plus envie de pouvoir faire des pauses, de gérer tout ça, sans truc qui nous dise « accélère ». Ils réfléchissent avant tout leur création narrative sur un flux ; selon le flux que je veux donner,  je vais choisir mes cadres, mes planches, faire en sorte que le lecteur, il accélère là parce que je veux que là ça aille vite. Et finalement, le lecteur japonais est presque sur de la téloche, il ne s’en rend pas compte, mais le rythme qu’on lui donne c’est un rythme qui est très très proche d’un support télévisé, en fin de compte, où toutes les répliques sont données, où toutes les scènes sont montrées, le gros plan pleine page est roi.</p>
<p><strong>K : Pour conclure la petite interview : et le futur d’Euromanga ?</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Pour l’instant j’attends les résultats du 4 et voir l’état du nombre de lecteurs on va dire « consolidés » ; concrètement c’est assez difficile de les sortir. J’ai bénéficié du programme d’aide à la publication du Ministère des Affaires Étrangères, ce qui m’a permis de m’y retrouver dans mes comptes, mais sans ce programme-là, ça serait difficile. Bon, je pense que je vais tout de même sortir les 5 et 6. Et puis donc, je suis en pourparlers avec un éditeur pour une intégrale d’une des séries que je publie dans Euromanga, en coproduction et cofinancement. J’en suis à un stade un peu douloureux, où les gens commencent à se rendre compte qu’Euromanga c’était pas juste un coup de vent, mais que ça se poursuit même si le rythme est très lent, ça c’est bien, je commence à obtenir la confiance d’un lectorat qui commence à se dire que la publication va se poursuivre, donc si par malheur je devais arrêter, je pense que là ça serait très compliqué à gérer avec ces lecteurs. Je vais tout faire pour continuer surtout que je n ai pas vraiment de raison d’arrêter et que j’y trouve beaucoup de plaisir. Et puis sait-on jamais, il peut y avoir un vrai coup d’éclairage sur la BD en fin d’année ou l’année prochaine, ce qui permettrait de souffler un peu. Le but du jeu c’est aussi que d’autres éditeurs entrent dans la danse pour créer une émulation. Là c’est vrai que je suis un peu tout seul dans le désert donc c’est douloureux. L’intérêt des tankôbon (intégrale BD) c’est aussi de pouvoir présenter de la BD d’une autre manière, plus compacte. Et ça me permettrait surtout d’apporter de nouvelles séries à Euromanga. Y a des choses excellentes, comme du Emmanuel Lepage, ou mon coup de cœur, <em>Aquablue</em>, parce que c’est la série qui m’a fait basculer du comics vers la BD. Mais bon, c’est quelque chose qui va prendre encore beaucoup de temps.</p>
<p><strong>K : Merci à toi Frédéric !</strong></p>

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		<title>Patrick PINCHART n&#8217;est pas un auteur de BD&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 25 May 2010 20:53:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Nos billets d'humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Bande Dessinée]]></category>
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		<description><![CDATA[A Kroniks on publie ce qu&#8217;on veut quand on veut. Et on vous en donne la preuve.  D&#8217;habitude sur un site dédié aux BD on trouve des interviews d&#8217;auteurs de BD : scénaristes, dessinateurs, coloristes même. Et bien pas nous. Cette fois, nous avons décidé de vous proposer l&#8217;interview de quelqu&#8217;un qui n&#8217;a jamais sorti [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A Kroniks on publie ce qu&#8217;on veut quand on veut. Et on vous en donne la preuve.  D&#8217;habitude sur un site dédié aux BD on trouve des interviews d&#8217;auteurs de BD : scénaristes, dessinateurs, coloristes même. Et bien pas nous. Cette fois, nous avons décidé de vous proposer l&#8217;interview de quelqu&#8217;un qui n&#8217;a jamais sorti de BD . Bon, on ne tombe pas trop loin puisqu&#8217;il s&#8217;agit de celle de Patrick PINCHART, ancien rédac&#8217; chef de Spirou Magazine et nouveau fondateur du site communautaire <a href="http://www.sandawe.com">Sandawe </a>dont <a href="http://www.kroniks.net/2010/05/17/devenez-editeur-de-bande-dessinee/">on vous a parlé il y a peu</a>.</p>
<p>Alléché par un peu de publicité gratuite, Patrick a bien voulu se prêter au jeu des questions (pas toujours) sérieuses de Tonton Cruchot et nous donne des réponses (pas forcément) stupides. On ne vous avait rien promis et pourtant la voilà.</p>
<p>Et donc j&#8217;annonce : Dans le cadre des belles interviews de Tonton Cruchot, voici un entretien tout en finesse avec Patrick PINCHART.</p>
<p><strong>Patrick PINCHART bonjour. On va commencer par le début, c&#8217;est toujours plus sympa. Peux tu expliquer aux nombreux lecteurs de kroniks (si si, nombreux, on a les noms) ce qu&#8217;est Sandawe, ce que ça veut dire et surtout comment ça se prononce ?</strong></p>
<p>Sandawe se prononce comme « Zimbabwe ». C&#8217;est le nom d&#8217;une tribu africaine. On a flashé dessus car elle a plein de valeurs proches de celles de la communauté qu&#8217;on veut installer: elle n&#8217;a pas de leader, tout se décide en commun; elle n&#8217;a pas le sens de la propriété, tout appartient à tout le monde (je parle des objets, pas forcément des femmes, calme-toi!); et aussi, son langage est très spécial car ces aborigènes parlent&#8230; par clics. Exactement comme nous. Je veux dire quand on clique sur un lien, quoi. « Clic ». Non? Tu ne comprends pas ? Nous, ça nous a fait rire&#8230; Bref, Sandawe est une maison d&#8217;édition de bande dessinée basée sur une communauté de lecteurs et d&#8217;auteurs de BD, dont les projets des derniers peuvent être financés par les premiers. Est-ce que je suis clair ? Non ? Bon (soupir&#8230;), tu connais « MyMajorCompany » et Grégoire ? Oui (re-soupir&#8230;) ? Eh bien, c&#8217;est le même principe, mais adapté à l&#8217;édition de bande dessinée: les auteurs proposent des projets, les internautes les financent, nous les éditons et distribuons les albums, en version papier, dans les bacs des libraires et, en version électronique, sur Internet. Les internautes qui participent à l&#8217;aventure ont leur nom imprimé dans l&#8217;album, reçoivent  des tirages « collector » de dessins inédits et planches, et, surtout, se partagent les bénéfices. C&#8217;est clair, à présent? Bien (re-re-soupir&#8230;)!</p>
<p><strong>Après avoir un peu joué au journaliste, tu as été rédacteur en chef pour Spirou Magaziiiiine (deux fois) et en 2009 tu abandonnes cette place en or pour te lancer dans un projet d&#8217;édition communautaire. C&#8217;est le fait de &laquo;&nbsp;coacher&nbsp;&raquo; les jeunes pour Spirou Magaziiiiine qui t&#8217;a poussé à te lancer dans cette aventure ?</strong></p>
<p>- « Yep! », comme disait Sarkozy,&#8230; ah non, Lucky Luke,&#8230; ou Blueberry, je ne sais plus. C&#8217;était la partie la plus passionnante du boulot&#8230; Comment ? Non, je n&#8217;ai pas dit que le reste était chiant, il ne faut pas interpréter comme ça! A part ça, c&#8217;est vrai que c&#8217;était une place en or. Surtout quand on aime la BD, les auteurs de BD et&#8230; quoi ? Mais non, pas les filles des auteurs de BD, il faut vraiment te calmer&#8230; Vous êtes tellement en manque, à Kroniks ?</p>
<p><strong>Le site comptabilise plus de 1000 pigeo… heu membres six mois à peine après sa mise en ligne. A ton avis, qu&#8217;est ce qui fait son succès ?</strong></p>
<p>- 1000? Six mois? La personne qui t&#8217;a documenté devait avoir un peu bu ce jour-là. On frise les 1500 membres si tu comptes les auteurs (ils sont déjà 250). Et on existe à peine depuis janvier. Donc, on est encore au biberon. Je pense que si les gens se sont inscrits, c&#8217;est parce que les projets qu&#8217;on leur propose sont de qualité et qu&#8217;ils ont bon espoir qu&#8217;ils soient édités. Sandawe  ne propose que des projets professionnels, ce n&#8217;est pas un blog d&#8217;amateurs (même si j&#8217;estime les amateurs, certains sont les auteurs « pros » de demain, mais il y a encore du travail! On est là pour les aider à y parvenir, il y aura même une rubrique dans le forum où on conseillera des références pour qu&#8217;ils puissent se documenter et s&#8217;exercer.)</p>
<p><strong>Sandawe propose au moment de cette interview 11 projets très variés. Peux-tu nous expliquer comment ils ont été choisis ? Surtout, avez-vous fixé des limites à leur nombre : trop peu et le choix va manquer, trop et les fonds vont se disperser, non ?</strong></p>
<p>- Exactement! La sélection se fait comme chez un éditeur traditionnel (ce qui nous différencie, c&#8217;est la méthode de financement, pas le reste) : des auteurs nous envoient des projets, je les lis, j&#8217;en discute avec eux et ceux qui atteignent un niveau qualitatif suffisant sont proposés aux internautes. La sélection est donc draconienne et le restera, donc le nombre augmentera, mais à un rythme raisonnable, avec un maximum de deux nouveaux projets par mois en vitesse de croisière.</p>
<p><strong>Parlons un peu sousous. Les pigeo… les &laquo;&nbsp;édinautes&nbsp;&raquo; vous confient de l&#8217;argent pour développer et éditer des albums de bande dessinée. Que peux-tu leur dire pour les rassurer et les inciter à investir ?</strong></p>
<p>- Que leur argent est déposé sur un compte spécial, accepté par la CBFA qui est le redouté organisme de contrôle des banques en Belgique et que je ne pourrai donc pas passer mes prochaines vacances aux Bahamas à leurs frais. De plus, ils peuvent à tout moment déplacer leur argent d&#8217;un projet à un autre, et même se faire rembourser, s&#8217;ils en font la demande à notre tueur professionnel&#8230; Tu dis?&#8230; Ça ne va pas les rassurer, ce que je viens de dire? Mais je blaguais&#8230; Tu ne trouves pas ça drôle? Bon, retourne regarder le film que tu visionnais sur Youporn quand je suis arrivé, ça semble t&#8217;avoir distrait un petit peu!</p>
<p><strong>Assez parlé des pige… des membres. Si on parlait des auteurs. N&#8217;importe qui peut soumettre un projet ? Y a-t-il un état d&#8217;avancement minimal ? Vous en prenez encore ?</strong></p>
<p>- N&#8217;importe qui peut soumettre un projet et c&#8217;est ce qui se passe en pratique, mais n&#8217;importe qui ne sera pas éditable, car nous ne prenons que ceux qui ont un potentiel, donc toutes les qualités pour que leurs albums ne se retrouvent pas au pilon quinze jours après avoir été imprimés. Par la suite, comme c&#8217;est le public qui choisit d&#8217;éditer, on a au moins la garantie que cela plaira à un certain nombre de lecteurs, que les édinautes (c&#8217;est ainsi qu&#8217;on appelle ceux qui investissent dans les projets) vont faire de la pub puisqu&#8217;ils se partagent les bénéfices, et donc que ces livres seront vus. Ce qui n&#8217;est pas évident pour les autres vu la surproduction actuelle.</p>
<p><strong>Les auteurs qui se lancent avec vous touchent-ils une avance ou ils doivent attendre que le livre soit dans les bacs pour être payés ? Et du coup pour ton équipe c&#8217;est pareil ?</strong></p>
<p>- Les auteurs touchent une avance sur leurs droits, qui leur est acquise que le livre réussisse ou non. Et, bien sûr, par la suite, ils touchent des droits sur les livres vendus, une fois cette avance atteinte. Nous, on n&#8217;est payés que sur le budget de financement et sur les ventes. Pour le moment, on mange du riz aux pâtes « premier prix »  et on boit de l&#8217;eau du robinet, car on ne touchera donc rien avant qu&#8217;un projet soit financé. Et encore, comme on est un peu tar&#8230; euh, très passionnés, on offre notre part du budget à tous les projets qui seront financés avant la rentrée. Donc, dépêchez-vous d&#8217;investir, car une fois cette date dépassée, les budgets grimperont. Et on pourra passer au champagne. Non, c&#8217;est une boutade, je ne bois que de la bonne bière belge.</p>
<p><strong>Est-ce qu&#8217;ils doivent signer une sorte de clause d&#8217;exclusivité avec vous ?</strong></p>
<p>- Ben oui, c&#8217;est normal. Ils ne vont pas demander aux internautes d&#8217;éditer leur projet et en même temps aller signer à la concurrence, ce ne serait pas honnête pour les édinautes qui leur font confiance. Le contrat d&#8217;édition est déjà signé quand le projet est mis en ligne.</p>
<p><strong>Tu as beaucoup travaillé dans la BD. Dans le désordre tu as été journaliste, fondateurs de divers festivals ou d&#8217;expositions, fondateur du site Actuabd, directeur d&#8217;édition pour Spirou Magaziiiine et même &laquo;&nbsp;éditeur du patrimoine des Editions Dupuis&nbsp;&raquo;. Classe. Donc on peut dire que tu connais un peu le média. Alors quel type de lecteur es-tu? Quels sont tes classiques absolus? Tes derniers coups de cœur ? Tes derniers coups de gueule ?</strong></p>
<p>- Comme j&#8217;ai eu la chance de grandir puis de travailler avec des personnes telles que Franquin, Morris, Will, Peyo, Sirius, Leloup, Cauvin&#8230; pour ne citer qu&#8217;eux (je me fais plein d&#8217;ennemis, là !), j&#8217;ai une bonne base classique. J&#8217;avais le journal « Spirou » et le journal « Tintin » dans mon berceau (merci, papa, merci, maman, merci bonne-maman – en Belgique, toute la famille lisait ces journaux) dès la naissance. Mais comme j&#8217;ai eu la chance de créer la première émission de radio consacrée à la bande dessinée, en 1980, j&#8217;ai découvert toute la jeune génération de l&#8217;époque, réunie autour du mensuel <em>(A suivre)</em>, et toutes les stars des journaux encore vivants tels que Pilote mensuel, Métal Hurlant, Fluide, L&#8217;Echo des Savanes (avant la période porno. Après aussi, mais ça, ça ne se dit pas), etc. A Spirou, évidemment, j&#8217;ai vu émerger de grands talents comme Tome et Janry, Midam, Zep, et plus tard Lapuss, Libon et plein d&#8217;autres. Et Didier Pasamonik me conseille en mangas, car j&#8217;ai du mal à m&#8217;y retrouver dans cette énorme production.</p>
<p>Côté « coup de gueule », c&#8217;est la surproduction actuelle qui me fait râler car certains éditeurs publient n&#8217;importe quoi simplement pour occuper de l&#8217;espace en librairie, dont beaucoup de livres qui n&#8217;auraient jamais dû être édités et dont tout le monde sait, sauf l&#8217;auteur puisqu&#8217;il n&#8217;a pas le recul nécessaire sur son travail, que cela va finir au pilon  une semaine plus tard. Et celui qui en paie le prix fort, c&#8217;est l&#8217;auteur, justement, surtout les jeunes qui commencent donc leur carrière sur un échec.</p>
<p>Autre « coup de gueule », la destruction progressive de l&#8217;image de Tintin par Nick Rodwell et ses dérapages comme ses attaques sur la vie privée de certains journalistes: je suis stupéfait que Spielberg mette ses billes dans un projet avec quelqu&#8217;un d&#8217;aussi instable psychologiquement.</p>
<p>Côté « coup de cœur », un petit livre de Zidrou et ses potes dessinateurs qui s&#8217;appelle <em>La vieille dame qui n&#8217;avait jamais joué au tennis</em>. C&#8217;est un livre qui rend heureux et qu&#8217;il faut avoir lu, offrir à tous ses potes, à toute sa famille, au poisson rouge, à tout le monde, quoi! Côté classique absolu, <em>Le nid des Marsupilamis</em> ex-æquo avec <em>Les idées noires</em> de Franquin. J&#8217;emmène sans discussion ces trois albums sur une île déserte.</p>
<p><strong>Après avoir passé tant de temps dans le milieu tu arrives encore à être surpris ?</strong></p>
<p>- Oui, le contraire serait bien triste. Je ne vais pas en rester à la nostalgie des bouquins de mon enfance, quand même ! L&#8217;âge d&#8217;or de la BD, c&#8217;est maintenant, pas dans le fond d&#8217;une bibliothèque poussiéreuse. Mais je relis toujours avec un énorme plaisir un Peyo, un Franquin, un Greg, un Christian Godard, un Goscinny, et même un Hergé malgré les énormes et répétés efforts de Nick Rodwell pour m&#8217;en dégoûter.</p>
<p><strong>Patrick, merci beaucoup pour avoir pris un peu de temps pour nous. On souhaite longue vie à ton site et plein de petites BD. Et surtout nous te souhaitons un bon rétablissement après la grosse frayeur que tu as fait à tout le monde. On se revoit pour la toute première publication ? Je te laisse le mot de la fin. Celui que tu veux.</strong></p>
<p>Oui, pour tous ceux qui ne seraient pas au courant de la « grosse frayeur » : j&#8217;ai battu le record de chute en salle d&#8217;escalade en Belgique, 18 mètres de haut sans filet, dix jours à peine après avoir lancé les éditions Sandawe et je suis un peu cassé pour de nombreux mois, ce qui a retardé le réel lancement du site de quatre mois, le temps que je sorte de l&#8217;hôpital. Il vient d&#8217;avoir lieu. Donc, si j&#8217;ai dit des conneries, c&#8217;est normal, j&#8217;ai une excuse, c&#8217;est la morphine. Donc, voici mon mot de la fin: « si vous pratiquez l&#8217;escalade, ne faites pas comme moi, vérifiez votre nœud d&#8217;assurage. »&#8230; Que dis-tu ?&#8230; Ça n&#8217;a rien à voir avec la BD ?&#8230; Ah, je devais dire quelque chose en rapport avec la BD ? Bon, euh, eh bien, euh, ben tu me prends au dépourvu, là&#8230; « Vive la BD », ça va ?&#8230; Comment ?&#8230;Tu attendais mieux que ça venant de moi ? Attends&#8230; Je réfléchis&#8230; Ah, j&#8217;ai trouvé, ça va être la citation du millénaire ! Accroche-toi ! Voici :</p>
<p>« … » (clic)</p>
<p><em>(L&#8217;enregistreur MP3 est malheureusement tombé en panne à ce moment de l&#8217;interview et notre chroniqueur ayant un peu trop arrosé l&#8217;interview après la rencontre, ne se souvient plus vraiment des paroles de Patrick Pinchart, qui devaient certainement être très intéressantes. Cela dit, on retourne visionner le film de Youporn qu&#8217;il nous a conseillé.)</em></p>

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		<title>Bd et manga de S.F. se rencontrent à Kyôto !</title>
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		<pubDate>Thu, 20 May 2010 06:03:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a de cela plus d’un an, je vous avais parlé du Musée International du Manga de Kyôto. C’est le moment de lui redonner un petit coup de projecteur, puisque très récemment s’y est déroulée une animation autour de la BD de SF française. Le Musée n’a d’ailleurs pas traité le sujet à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2223" class="wp-caption alignleft" style="width: 224px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mezieres.jpg"  class="wmp" id="wmp8"><img class="size-medium wp-image-2223" title="mezieres" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mezieres-214x300.jpg" alt="" width="214" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright J-C. Mézières / Musée International du Manga 2010</p></div>
<p>Il y a de cela plus d’un an, je vous avais parlé du <a href="http://www.kroniks.net/2008/11/12/le-musee-international-du-manga/">Musée International du Manga</a> de Kyôto. C’est le moment de lui redonner un petit coup de projecteur, puisque très récemment s’y est déroulée une animation autour de la BD de SF française.</p>
<p>Le Musée n’a d’ailleurs pas traité le sujet à la légère : deux expositions et plusieurs conférences ont permis d’aborder le thème en profondeur. Les invités étaient aussi au rendez-vous : J-C. Mézières &amp; P. Christin (Valérian), le scénariste J-D. Morvan (Sillage, le Petit monde, etc…) du côté français, Jirô Taniguchi (Icare avec Moebius, Seton, etc…) et Yoshikazu Yasuhiko (Gundam, Arion). Excusez du peu !! Pas de photos de l’intérieur du musée, vous devrez donc vous contenter de photos du mur de dédicaces situé dans le petit café attenant au musée. Comme vous le voyez, y a quand même de quoi se régaler les yeux !</p>
<p>Une des expositions était centrée sur l’univers de Valérian. Composée de reproductions de planches originales, ordonnées par année de publication, elle permet de suivre l’évolution graphique et thématique de la série. De nombreux exemplaires des aventures de Valérian et Laureline sont en libre accès. Il faut dire aussi que son univers jouit indirectement de la popularité du film Le Cinquième Elément (Luc Besson), puisque J-C. Méziers a effectué un très gros travail de recherche graphique pour le film. Cet aspect est aussi bien mis en valeur dans cette exposition.</p>
<div id="attachment_2227" class="wp-caption alignright" style="width: 250px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image111.jpg"  class="wmp" id="wmp9"><img class="size-medium wp-image-2227 " title="Image111" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image111-300x225.jpg" alt="" width="240" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Laureline, Valérian, Gundam, Ashita no Jô, une rencontre inédite !</p></div>
<p>La seconde met en parallèle les manga et les BD de SF, au travers d’une trentaine d’exemples, sur le principe de l’alternance : 1 manga, 1 BD. On y retrouve tous les grands classiques des deux catégories : Blame, Gunnm, Akira, Universal War One, Sillage, Le Complexe du Chimpanzé, etc… Là encore, de nombreux ouvrages sont à la disposition du public. Un choix éclectique mais très intéressant !</p>
<p>Soyons réalistes : la première des deux expositions intéressera surtout les visiteurs européens de passage, qui constitue une part non négligeable de la fréquentation du musée. La seconde sera plus familière aux visiteurs japonais, de par la présence des manga. Néanmoins, les deux expositions étant à proximité l’une de l’autre, les rencontres restent possibles et contribueront à familiariser la BD auprès du public japonais.</p>
<p>Côté conférences maintenant : je n’ai malheureusement pas pu assister à celle qui réunissait J-C. Mézières, P. Christin et J. Taniguchi. Je remercie donc Frédéric Toutlemonde, le rédac-chef d’<a href="http://www.kroniks.net/tag/euromanga/">Euromanga </a>qui était sur place et qui m’en a livré la substantifique moelle. Même si le public a été un peu moins nombreux que prévu, la rencontre a porté ses fruits : Christin &amp; Mézières ont parlé de leurs 40 ans de collaboration et ont offert au public nippon une approche quasi ethnologique de Valérian, insistant sur le fait qu’il n’y a pas de bons et de méchants à proprement parler, mais simplement des personnages dont les aspirations entrent parfois en conflit. La séance s’est clôturée sur un dessin de Laureline par Mézières et un autre de Taniguchi sur la série de SF qu’il dessine actuellement, où il a explicité le processus d’encrage et d’ombre aux évidentes inspirations BD.</p>
<p>Le lendemain, la salle était quasiment comble. Il est vrai que la venue de Yoshikazu Yasuhiko fait bouger les fans japonais, Gundam étant aussi ancré dans l’imaginaire nippon que peuvent l’être pour nous Tintin ou Astérix. La conférence était d’ailleurs retransmise en direct sur internet. Rencontre d’autant plus intéressante que Morvan et Yasuhiko appartiennent à des générations très différentes, Morvan étant de son propre aveu un véritable « enfant de la japanim », élevé au Goldorak grand teint. On sentait toute l’admiration de Morvan pour son homologue japonais.</p>
<div id="attachment_2229" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image113.jpg"  class="wmp" id="wmp10"><img class="size-thumbnail wp-image-2229" title="Image113" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image113-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Moebius, Monkey Punch... du beau monde on vous dit !!</p></div>
<p>Ce dernier ne se considère d’ailleurs pas comme un auteur S.F. à part entière, insistant sur le fait qu’il a créé d’autres séries, comme Jésus, Jeanne (toutes deux publiées chez Tonkam) ou Arion, mais qu’elles n’ont pas connu le même succès que Gundam. Il a insisté sur le caractère presque « anti-héros » de ses personnages, dans un monde où rien n’est ni tout blanc ni tout noir, faisant par là le pont avec l’univers de Valérian évoqué la veille. J.-D. Morvan est revenu quant à lui sur les différentes séries S.F. qu’il a initiées avec des auteurs japonais, comme par exemple le Petit Monde, avec Toru Terada (Dargaud).</p>
<p>Malheureusement, avec les impératifs de traduction français-japonais, la séance n’a pu se clôturer par la traditionnelle série de questions du public, mais Yasuhiko Yoshikazu nous a, à l’instar de Mézières la veille, gratifié d’une démonstration de sa technique de dessin et des codes manga qui la régissent, sur Gundam.</p>
<p>Une excellente initiative donc que celle du Musée International du Manga, pour une manifestation réussie. Espérons qu’elle soit un des jalons vers une meilleure connaissance de la BD européenne au Japon, et que des évènements de ce type se reproduiront bientôt !
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	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/bd/" title="bd" rel="tag">bd</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/euromanga/" title="Euromanga" rel="tag">Euromanga</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/exposition/" title="exposition" rel="tag">exposition</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/frederic-toutlemonde/" title="Frédéric Toutlemonde" rel="tag">Frédéric Toutlemonde</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/japon/" title="japon" rel="tag">japon</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/manga/" title="manga" rel="tag">manga</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/morvan/" title="MORVAN" rel="tag">MORVAN</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/musee/" title="musée" rel="tag">musée</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/science-fiction/" title="science fiction" rel="tag">science fiction</a><br />
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		<title>Devenez éditeur de bande dessinée</title>
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		<pubDate>Mon, 17 May 2010 21:24:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voilà un petit moment déjà que j&#8217;essaye de trouver le temps de vous parler de Sandawe. Qu&#8217;est-ce que Sandawe me direz vous? Il s&#8217;agit simplement d&#8217;un joli projet d&#8217;édition communautaire de bande dessinée. Reprenant le modèle du &#171;&#160;crowfunding&#160;&#187;, littéralement &#171;&#160;financement communautaire&#160;&#187;, qui a fait ses preuves dans la musique (My Major Company, Grégoire… ça vous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Logo-sandawe_l-editeur-c-est-vous.jpg"  class="wmp" id="wmp12"><img class="alignleft size-full wp-image-2244" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Logo-sandawe_l-editeur-c-est-vous.jpg" alt="© SANDAWE, 2010" width="232" height="251" /></a>Voilà un petit moment déjà que j&#8217;essaye de trouver le temps de vous parler de <a href="http://www.sandawe.com/fr/Index.awp" target="_blank">Sandawe</a>. Qu&#8217;est-ce que Sandawe me direz vous? Il s&#8217;agit simplement d&#8217;un joli projet d&#8217;édition communautaire de bande dessinée.</p>
<p>Reprenant le modèle du &laquo;&nbsp;crowfunding&nbsp;&raquo;, littéralement &laquo;&nbsp;financement communautaire&nbsp;&raquo;, qui a fait ses preuves dans la musique (My Major Company, Grégoire… ça vous dit quelque chose?) ou le cinéma (récemment pour Largo WINCH si ma mémoire est bonne), Patrick PINCHART  (ancien rédacteur de chef de Spirou. Deux fois même) s&#8217;est associé avec Lionel FRANKFORT pour créer un éditeur communautaire de livres.</p>
<p>Concrètement, Sandawe se tourne dans un premier temps vers des auteurs qui proposent des projets complets. Après approbation, ils sont ensuite proposés aux internautes (ou plutôt aux &laquo;&nbsp;édinautes&nbsp;&raquo;). Et ce sont dès lors ces &laquo;&nbsp;derniers qui vont participer au financement du projet. Comment? Très simple: en achetant des parts.</p>
<p>Après avoir fait le tour des jolis projets du site, vous aurez la possibilité d&#8217;acheter des parts au tarif unique de 10€ pièce et d&#8217;investir ces parts dans ou un plusieurs projets. Les parts vont alors s&#8217;accumuler jusqu&#8217;à atteindre la somme requise (environ 50 000€). Et quand c&#8217;est prêt, le bouquin est imprimé et mis en vente.</p>
<p>Et c&#8217;est là que tout ça devient très intéressant car la mise en vente vous donne droit déjà à recevoir la bd en question (un moindre mal) mais aussi à percevoir jusqu&#8217;à 60% des gains pendant 5 ans (après paiement des droits d&#8217;auteur).</p>
<p>Sandawe est le premier site d&#8217;édition physique d&#8217;album de bd. Il existe bien <a href="http://www.manolosanctis.com/" target="_blank">Manolosanctis</a>, mais ce dernier édite d&#8217;abord des bd numériques et les mieux notées par les internautes sont ensuite publiées en papier et disponibles dans la boutique du site. En édition physique, il existe aussi <a href="http://www.editeursauteursassocies.com/" target="_blank">Editeurs et Auteurs Associés</a> mais celui-ci ne s&#8217;occupe que de romans. On peut donc considérer que Sandawe innove en la matière.</p>
<p>Ce qui nous plait chez Kroniks c&#8217;est ce côté communautaire. A une époque où il paraît près 4800 albums par an, il devient très difficile de trier le bon grain de l&#8217;ivraie. Sandawe  vous permet donc de choisir les albums qui vous vous voudrez lire et de soutenir vos coups de cœur. Au moment où j&#8217;écris ces lignes, le site propose 11 projets, tous différents, tous variés. Il y en a vraiment pour tous les goûts et dans tous les styles: western, historique, drame, humour….</p>
<p>Alors, oui, vous êtes en droit de dire qu&#8217;on fait de la publicité honteuse pour un site commercial. Mais nous, à kroniks, nous pensons que Sandawe est une belle idée. Au-delà de l&#8217;aspect pécuniaire, ce qui nous plait c&#8217;est cette possibilité de soutenir un projet, un coup de cœur. Avouez que ce n&#8217;est pas tous les jours qu&#8217;un amateur de bd peut participer directement à l&#8217;élaboration et à la publication d&#8217;un album (et le recevoir imprimé, avec son nom dessus, assorti d&#8217;une belle dédicace).</p>
<p>Alors nous vous invitons à ne serait-ce qu&#8217;aller sur le site et voir de il retourne exactement. Ensuite, vous pourrez créer un compte et commencer à papoter avec les autres inscrit sur le tout nouveau forum du site (il y a même des chances pour que vous nous y croisiez). Et qui sait, peut être que porté par un coup de cœur, vous investirez quelques euros et suivrez avec attention l&#8217;évolution de votre protégé. C&#8217;est tout le mal qu&#8217;on vous souhaite. D&#8217;autant que le risque est minime puisque vous pouvez déplacer vos parts d&#8217;un projet à l&#8217;autre et même être remboursés sur simple demande.</p>
<p>Toutes les explications techniques, et bien plus encore, dans <a href="http://www.actuabd.com/Patrick-Pinchart-Lionel-Frankfort" target="_blank">la longue interview</a> que les fondateurs ont accordée à actuabd (en attendant celle de Tonton Cruchot pour très bientôt).</p>
<p><strong>Additif du 21 mai 2010</strong></p>
<p>Contacté au sujet de l&#8217;autorisation d&#8217;utiliser le logo Sandawe, Lionel CAMUS (directeur marketing et financier pour Sandawe) m&#8217;a apporté quelques précisions dans son courrier de réponse. Rien de bien méchant, mais comme elles me semblent pertinentes je les partage avec vous:</p>
<p>&laquo;&nbsp;Merci pour vos encouragements et le relais que vous donnez  à  notre aventure. C&#8217;est avec beaucoup de plaisir que j&#8217;ai  découvert votre blog et je lui souhaite une belle et longue vie.<br />
Quelques  petites précisions quant à votre article :</p>
<p>- Lionel  Frankfort, qui était effectivement à l&#8217;origine de la  création de Sandawe avec Patrick, a quitté l&#8217;aventure  récemment et c&#8217;est un autre Lionel qui a pris la relève (euh  moi en fait&#8230;).</p>
<p>- Nous avons  revu les budgets des projets grâce à des devis plus  précis et à des estimations des premiers tirages  plus réalistes avec pour conséquence que les budgets ont  diminué de façon structurelle en moyenne de 22% (par rapport aux 50.000  euros). En plus, pour enfoncer le clou, nous offrons commission de  15% à tous les projets qui seront financés avant  la rentrée. En bref, les budgets varient aujourd&#8217;hui de  19.000 euros à 40.000 euros.</p>
<p>- Enfin, nous ne prenons pas que les projets complets. Au  contraire, la plupart des projets qui nous arrivent sont des  ébauches, avec un scénario plus ou moins abouti et des  planches plus ou moins terminées. C&#8217;est le boulot de Patrick de  les accompagner pour affiner le projet. Les auteurs travaillent sur  leur projet en même temps que le financement et apportent donc du  nouveau contenu progressivement.</p>
<p>Vous avez par ailleurs bien compris la logique communautaire du site,  au-delà de l&#8217;aspect commercial car l&#8217;idée est aussi d&#8217;offrir  un nouvel espace au tandem auteur/lecteur. Nous faisons d&#8217;ailleurs la  pub pour nos auteurs sur la home (actualité) et dans nos newsletters  chaque fois qu&#8217;ils ont une actu particulière (salon, nouvel album,  dédicace&#8230;). Quand bien même cela se passe chez un  éditeur &laquo;&nbsp;concurrent&nbsp;&raquo;. Peu importe. Le tout nouveau  forum leur permet d&#8217;ailleurs de parler de ce qu&#8217;ils veulent sans qu&#8217;il n&#8217;y ait d&#8217;imposition d&#8217;une quelconque marque de fabrique Sandawe. Thierry Lamy l&#8217;a  déjà bien compris et fait l&#8217;article de son nouveau  &#8216;Père Goriot&#8217; paru chez Delcourt.</p>
<p>Quand notre  section &laquo;&nbsp;amis&nbsp;&raquo; sera opérationnelle (version 2.0), vous y  trouverez aussi votre place. En attendant, nous reprendrons votre article  dans la partie presse.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Voilà qui méritait d&#8217;être dit. Merci Lionel.</p>

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		<title>De Cape et de Crocs</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Jan 2010 01:15:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ca faisait un bout de temps que j&#8217;avais envie de la faire, cette chronique. Elle me tient à cœur, De Cape et de Crocs est une de mes séries « franco-belges » préférées. Du coup, ne vous attendez pas à un article objectif et dépassionné de ma part ! Ici, c&#8217;est le fan qui parle. Vous comprendrez [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1919" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape1.jpg"  class="wmp" id="wmp13"><img class="size-medium wp-image-1919" title="cape1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape1-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 1995" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 1995</p></div>
<p>Ca faisait un bout de temps que j&#8217;avais envie de la faire, cette chronique. Elle me tient à cœur, <em>De Cape et de Crocs</em> est une de mes séries « franco-belges » préférées. Du coup, ne vous attendez pas à un article objectif et dépassionné de ma part ! Ici, c&#8217;est le fan qui parle.</p>
<p>Vous comprendrez donc que je n&#8217;avais pas envie de la rater, cette chronique. J&#8217;avais envie de transmettre à mes lecteurs (et aux auteurs, si jamais ils lisent un jour ces lignes) toute la passion que je ressens pour les aventures de ce duo improbable, Don Lope le loup et Armand de Maupertuis le renard. Cette envie a souvent justifié le renvoi aux calendes grecques l&#8217;écriture de ce texte : pas le bon moment, pas le bon état d&#8217;esprit, l&#8217;angoisse de la page blanche&#8230; Bref, toutes ces bonnes raisons que l&#8217;on a de ne pas s&#8217;y mettre parce qu&#8217;on craint l&#8217;échec.</p>
<p>Mais voilà : le tome 9, <em>Revers de fortune</em>, est paru et m&#8217;accule à l&#8217;écriture. Il n&#8217;est plus temps de tergiverser, il me faut me retrousser les manches et prendre mon courage à deux mains, voire plus si vous voulez bien m&#8217;en prêter quelques-unes.</p>
<p><em>De Cape et de Crocs</em>, c&#8217;est Alexandre Dumas, Cervantès et Cyrano de Bergerac ressuscités. Ni plus, ni moins. Il y a des héritages dont on aurait plus à rougir que celui-ci, n&#8217;est-ce pas ? Cependant, c&#8217;est bien beau de l&#8217;affirmer, il faut tout de même le prouver.</p>
<p>Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou y parviennent sans aucun souci. Les deux compères se connaissent en effet depuis l&#8217;école des Beaux-Arts d&#8217;Angoulême et leur pratique des jeux de rôle n&#8217;est sans doute pas pour rien dans leurs talents pour la narration graphique. Après tout, <em>Garulfo</em>, mené parallèlement à <em>De Cape et de Crocs</em> le confirme : même si l&#8217;ambiance (et l&#8217;objectif) est différente, le souci de raconter une histoire est toujours présent.</p>
<p>Toutefois, si <em>Garulfo</em> est une œuvre à découvrir absolument, le chef-d&#8217;œuvre du duo est sans aucun doute <em>De Cape et de Crocs</em>. Le talent des deux artistes y explose, littéralement. Mais ne brûlons pas les étapes ; <em>De Cape et de Crocs</em>, qu&#8217;est-ce que c&#8217;est ? Cela peut sembler convenu de poser cette question, mais certains ne connaissent peut-être pas encore la série. Pour ceux-là, je vais mettre un point d&#8217;honneur à ne pas déflorer l&#8217;intrigue.</p>
<div id="attachment_1922" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape4.jpg"  class="wmp" id="wmp14"><img class="size-medium wp-image-1922" title="cape4" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape4-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2000" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2000</p></div>
<p>Bienvenue donc dans le XVIIe siècle flamboyant, celui des 3 Mousquetaires, de la conquête des Indes et des Amériques, des pirates barbaresques en Méditerranée, celui où sur les cartes marines figurent des monstres terrifiants dans les zones non explorées, où la science se cherche encore. Un XVIIe siècle un peu spécial, cependant, puisque humains et animaux anthropomorphisés se côtoient. C&#8217;est d&#8217;ailleurs le cas des deux héros, Don Lope de Villalobos y Sangrin, fier loup hidalgo espagnol, et de son inséparable compagnon, Armand Raynal de Maupertuis, renard gascon. Les deux se vouent une amitié indéfectible depuis qu&#8217;ils se sont rencontrés – et combattus – à la guerre. Lope est fier, ombrageux, sanguin, tandis qu&#8217;Armand est enjoué, prompt à la rime et au bon mot, séducteur invétéré comme tout bon français.</p>
<p>Dans <em>Le secret du Janissaire</em>, Don Lope et Armand vont se lancer dans une chasse au trésor, après la découverte d&#8217;un message dans une bouteille. Ce premier volume, qui lance leur périple, est l&#8217;occasion pour eux de rencontrer un certain nombre de ceux qui deviendront des personnages principaux par la suite : Séléné, Hermine, Eusèbe, le raïs Kader ou encore le capitaine Mendoza. Armand est en effet tombé sous le charme de Séléné, pupille du marchand Cénile Spilorcio, vieux marchand avare, et Don Lope n&#8217;a pu rester insensible à celui de la belle gitane Hermine, même s&#8217;il est d&#8217;abord trop fier pour l&#8217;admettre – pensez donc ! Un hidalgo et une gitane ! Impensable ! Mais l&#8217;Amour a ses raisons que la raison ignore&#8230; Aussi, lorsqu&#8217;Andreo Spilorcio, le fils de Cénile, épris lui aussi de la belle Hermine, l&#8217;enlève en se persuadant qu&#8217;elle finira par répondre à ses attentions, Don Lope ne peut que se précipiter à son secours.</p>
<p>Et voilà, le roman picaresque est lancé ! Car il s&#8217;agit bien de cela, en fait : un grand roman d&#8217;aventures, de cape et d&#8217;épée (c&#8217;est presque le titre, quelle coïncidence amusante !). Si le premier objectif, le trésor des mystérieuses Îles Tangerines, est déjà alléchant, les rocambolesques péripéties des deux compères et de leurs amis ne s&#8217;arrêteront pas en si bon chemin, car ce trésor n&#8217;est en fait pas celui qu&#8217;ils pensaient&#8230;</p>
<p>Et c&#8217;est là le plus frustrant pour un chroniqueur soucieux de s&#8217;adresser à tout le monde : je ne peux pas en dire plus, au risque de révéler des pans de l&#8217;intrigue et donc de gâcher votre plaisir de la découverte ! Sur un œuvre telle que celle-ci, ce serait quasiment un sacrilège&#8230; Néanmoins, une chose peut être dite en toute sécurité : le niveau ne baisse jamais au cours des 9 volumes déjà parus, certains même se hissent à des hauteurs proprement vertigineuses en termes de qualité d&#8217;écriture et de réalisation graphique.</p>
<p>On use souvent de superlatifs dans le monde de la critique littéraire et artistique, mais Jean-Luc Masbou les mérite. C&#8217;est un véritable orfèvre, ciselant chacune de ses planches avec un soin maniaque, confinant à l&#8217;enluminure, mais toujours de manière équilibrée. Résultat : ses cases foisonnent de détails mais ne sont jamais « lourdes » à l&#8217;œil. On peut passer de très longs moments à les détailler pour en saisir tous les éléments, bien souvent des clins d&#8217;œil ou des scènes annexes, telles ces étranges créatures qui s&#8217;échappent du chaudron bouillonnant de l&#8217;alchimiste que consulte le raïs Kader au début du premier tome et finiront par se jeter dans le port, sous le regard éberlué de chats de gouttière&#8230; Malgré ce sens du détail, Masbou n&#8217;oublie jamais le dynamisme qui doit soutenir toute la narration : on est dans un roman d&#8217;aventures, pas dans un drame psychologique, que diable ! Du coup, on sent le souffle de l&#8217;aventure à chaque case. Humains et animaux anthropomorphisés se mêlent harmonieusement, tel Monsieur de Cicognac en second du bateau pirate ou l&#8217;inénarrable lapin Eusèbe. Le</p>
<div id="attachment_1925" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape7.jpg"  class="wmp" id="wmp15"><img class="size-medium wp-image-1925" title="cape7" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape7-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2006" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2006</p></div>
<p>tout est magnifié par la palette de couleurs utilisée par Masbou : rouges flamboyants de couchers de soleil, bleus marines profonds de la nuit citadine, verts luxuriants des jungles des Îles Tangerines&#8230; Il parvient à faire du grand spectacle en cinémascope à chaque case sans que jamais cela ne paraisse clinquant !! Chapeau, l&#8217;artiste&#8230;</p>
<p>Quant à Alain Ayroles, le scénario qu&#8217;il livre, en plus de revisiter ses classiques, est une petite merveille d&#8217;écriture. Vous en connaissez beaucoup, vous, des auteurs qui prennent la peine de faire des alexandrins dans un scénario de BD ? Le style est fluide, se lit sans accroc et si parfois – souvent ! &#8211; il ressemble à celui des pièces de Molière ou des romans de cape et d&#8217;épée (le Capitaine Fracasse, le Comte de Monte-Cristo, Don Quichotte, etc&#8230;), c&#8217;est assumé et jamais pompeux.</p>
<p>Les textes regorgent d&#8217;indices, de références à des œuvres classiques, mais aussi de bons mots, de contrepèteries bien senties (notamment celles du tome 9, mes enfants, elles sont salées !!) Je ne vais pas faire ici la liste des clins d&#8217;œil dans la série, d&#8217;autres l&#8217;ont fait avant moi et avec beaucoup de talent, <a href="http://nerial.free.fr/artelio/artelio/spip_053.html">comme sur ce site</a>. Ce scénario, c&#8217;est aussi celui d&#8217;un amoureux de la langue française, j&#8217;en suis convaincu. Quand, comme moi, on aime les mots, on ne peut que se délecter de l&#8217;écriture d&#8217;Ayroles.</p>
<p>Ayroles laisse libre cours à sa fantaisie, à tel point que les deux compères font parfois une utilisation amusante de cet objet qu&#8217;est une BD : dans certains tomes, les faces intérieures de la reliure sont aussi utilisées pour la narration. La plupart du temps pour des scènes noires, où toutes les émotions des personnages ne sont retransmises que par la forme de leurs yeux, seuls éléments discernables de leur anatomie dans des cases totalement noires : le raïs et Eusèbe dans le ventre du Léviathan, Don Lope et Armand dans la marmite des sauvages&#8230; C&#8217;est très réussi !</p>
<div id="attachment_1918" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape9.jpg"  class="wmp" id="wmp16"><img class="size-medium wp-image-1918" title="cape9" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape9-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2009" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2009</p></div>
<p>Le maître mot de cette œuvre, à tous les niveaux, est en définitive le suivant : équilibre. Tout d&#8217;abord entre les deux auteurs. Alchimie rare, ils parviennent tous deux à déployer l&#8217;étendue de leur talent sans que cela ne nuise au travail de l&#8217;autre : jamais le dessin ne prend le pas sur le texte, ou inversement. Equilibre aussi entre action et psychologie travaillée des personnages. Si <em>De Cape et de Crocs</em> regorge de coups d&#8217;éclat, les protagonistes ne sont pas des coquilles vides ou des archétypes monolithiques. Ils ont tous leurs forces, leurs faiblesses et c&#8217;est cela qui les rend aussi attachants, notamment le pirate Bonney Boone et son inénarrable équipage.</p>
<p>Si vous ne connaissiez pas <em>De Cape et de Crocs</em>, alors il est urgent pour vous de découvrir cette œuvre majeure du paysage BD actuel, de nombreuses heures de plaisir de lecture garanties ! Et pour ceux qui veulent pousser un peu plus loin l&#8217;exploration de l&#8217;univers de Masbou et d&#8217;Ayroles, ils peuvent se reporter à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/De_cape_et_de_crocs">la page wiki</a> de la série, ou encore à cet autre <a href="http://decape.free.fr/">site amateur</a> très bien fait.
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp13">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 1995</div>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp14">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2000</div>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp15">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2006</div>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp16">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2009</div>

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		<title>Euromanga volume 3</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Dec 2009 02:09:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Euromanga poursuit sa belle aventure : faire découvrir aux lecteurs nippons la richesse de l&#8217;univers graphique et narratif de la BD Franco-belge. Ce volume 3 (Euromanga est semestriel) est aussi l&#8217;occasion de fêter la première année d&#8217;existence de ce projet ; en attendant, je l&#8217;espère une petite interview de son responsable ! Au programme, 143 [...]]]></description>
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<p>Euromanga poursuit sa belle aventure : faire découvrir aux lecteurs nippons la richesse de l&#8217;univers graphique et narratif de la BD Franco-belge. Ce volume 3 (Euromanga est semestriel) est aussi l&#8217;occasion de fêter la première année d&#8217;existence de ce projet ; en attendant, je l&#8217;espère une petite interview de son responsable !</p>
<p>Au programme, 143 pages bien remplies. Le numéro s&#8217;ouvre sur une double page consacrée à l&#8217;histoire de la BD espagnole, preuve que l&#8217;équipe éditoriale d&#8217;Euromanga prend son nom très au sérieux. Tous les grands sont au rendez-vous, de Martín à Gimenez en passant bien sûr par les désormais incontournables Guarnido, Canales ou Munuera.</p>
<p>Côté BD, beaucoup de continuations logiques des deux premiers volumes : <em>Skydoll</em> tome 2 partie 1,  le très court mais génial « Cracher au ciel » de <em>Blacksad</em>, <em>Rapaces</em> tome 2 partie 1 et <em>Le Bibendum céleste</em> tome 2 partie 1. Déjà, rien que ça il y a de quoi lire et apprécier ! Mais ce tome 3 ouvre aussi une nouvelle série, <em>Le Vol du corbeau</em> (J-P. Gibrat), un titre qui plaira sans doute aux lecteurs esthètes japonais&#8230; et aux autres !</p>
<p>Les courts inédits ne sont pas en reste, puisque Euromanga nous offre le très intéressant <em>Résister sans papiers</em> de Cyril Pedrosa, tiré de son album <em>Paroles sans papiers</em> : un bon moyen de montrer que la BD sert aussi à parler de problèmes sociaux actuels&#8230;</p>
<p>Enfin, deux épisodes des <em>Réparateurs</em> de Moebius, un auteur toujours très apprécié dans l&#8217;archipel nippon. Tirés respectivement des tomes 1 et 6 du <em>Monde d&#8217;Edena</em>, au-delà de leur histoire « très Moebius », elles permettent de constater l&#8217;étendue de la palette stylistique du maître. D&#8217;autant qu&#8217;Euromanga nous gratifie ensuite d&#8217;une très intéressante interview croisée entre Moebius, Katsuya Terada (illustrateur, mangaka) et Kôji Morimoto (le segment <em>Magnetic Rose</em> dans <em>Memories</em> de Katsuhiro Otomo, <em>Noiseman sound insect</em>, certains segments d&#8217;<em>Animatrix</em>).</p>
<p>Certes, Euromanga est assez cher (une quinzaine d&#8217;euros environ), mais cela est amplement justifié par le format, la qualité du papier, la réalisation intégralement en couleur et bien sûr le contenu, dense et passionnant. Rendez-vous donc en avril pour le tome 4 !</p>
<p><a href="http://www.euromanga.jp/index.php">Le site officiel d&#8217;Euromanga</a></p>

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		<title>Orbital 3</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Nov 2009 07:29:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1767" class="wp-caption alignleft" style="width: 234px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/orbital3.jpg"  class="wmp" id="wmp17"><img class="size-medium wp-image-1767" title="orbital3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/orbital3-224x300.jpg" alt="Copyright Pellé-Runberg / Dupuis 2009" width="224" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Pellé-Runberg / Dupuis 2009</p></div>
<p>Le second cycle d&#8217;<em>Orbital</em>, la série de Serge Pellé et Sylvain Runberg, débute par un retour sur Terre des agents Caleb (humain) et Mézoké (sandjarr), à l&#8217;occasion de la cérémonie de réconciliation entre Humains et Sandjarrs, après la terrible guerre qui les a opposés.</p>
<p>Si cela va être l&#8217;occasion pour Mézoké d&#8217;approfondir sa compréhension de la nature humaine, la tâche ne sera pas de tout repos pour Caleb. En effet, des heurts ont été signalés entre des pêcheurs humains et une étrange race de nomades extra-terrestres, les Rapakhuns, de passage sur Terre. Il faut dire que ces derniers, bien que pacifiques, sont également cannibales de par leurs croyances, ce qui ne facilite pas les choses. Le passage des Rapakhuns empiète en effet sur les zones de pêche et les pêcheurs les accusent des nombreux incidents qui se sont produits dans les environs.</p>
<p>Parallèlement, la réconciliation Humains-Sandjarrs ne fait pas que des heureux et certains, dans les deux camps, ne seraient pas mécontents si des incidents faisaient capoter cette cérémonie&#8230;</p>
<h3>La SF dans toute sa splendeur</h3>
<p>Orbital relevait en effet un pari toujours difficile : créer une série de SF « sérieuse », qui ne tombe pas dans la caricature et qui reste malgré tout crédible. Pari amplement réussi : le premier cycle (en deux volumes) avait montré que les auteurs savaient installer un univers, planter un décor et camper des personnages réalistes.</p>
<p>Ce second cycle, lui semble prouver que le duo Pellé-Runberg ne s&#8217;est pas endormi sur ses lauriers :  Nomades poursuit l&#8217;œuvre entamée précédemment. Les personnalités de Caleb et Mézoké (et dans une moindre mesure de leur vaisseau métamorphe Angus et de sa pilote Nina) sont approfondies. Mézoké est plus en retrait et c&#8217;est bien normal : elle n&#8217;est pas là dans son élément, au contraire de Caleb, qui aura de nombreuses raisons de se lamenter sur la nature humaine&#8230;</p>
<p>SF crédible, personnages attachants, intrigues politiques enchevêtrées mais compréhensibles, et toujours cet Univers vaste et peuplé en toile de fond&#8230; Que demander de plus ? On pourrait comparer Orbital à d&#8217;autres œuvres sur d&#8217;autres médias, qui font aussi le pari d&#8217;une SF « dure » et crédible, où l&#8217;Humain n&#8217;est pas au centre des choses mais doit apprendre à s&#8217;intégrer et à trouver sa place : la série TV <em>Babylon5</em> ou encore le jeu vidéo <em>Mass Effect</em> sont tout à fait dans la même veine qu&#8217;Orbital, qui n&#8217;a d&#8217;ailleurs pas à pâtir de la comparaison.</p>
<h3>La forme au service du fond</h3>
<p>Voilà ce qu&#8217;on pourrait demander : que l&#8217;aspect graphique ne soit pas le « parent pauvre » de cette œuvre. Serge Pellé confirme (après les deux premiers tomes) qu&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;inquiétude à avoir de ce côté-là. Il trouve en effet son rythme de croisière avec ce 3e tome. Son dessin, déjà excellent sur les deux premiers volumes, s&#8217;affine encore un peu plus. Précis, mais pas aride, nerveux mais pas brouillon, détaillé mais pas maniaque, il trouve l&#8217;exact équilibre qu&#8217;il fallait à <em>Orbital</em> pour mettre en  mouvement le scénario de Sylvain Runberg.</p>
<p>Il y a certes moins d&#8217;action que dans les deux tomes précédents, mais le dessin s&#8217;adapte sans problème à ce changement de rythme. L&#8217;utilisation des couleurs est aussi très judicieuse et contribue elle aussi à rentrer sans effort dans l&#8217;univers d&#8217;<em>Orbital</em>.</p>
<p>Il faut aussi saluer la performance de Sylvain Runberg, qui sait faire de la SF sans partir dans des délires grandiloquents de taille galactique. Après tout, l&#8217;opposition pêcheurs/Rapakhuns, c&#8217;est le vieux problème sédentaires/nomades, toujours tristement d&#8217;actualité à notre époque&#8230;</p>
<p><em>Orbital </em>persiste et signe donc comme une des toutes meilleures séries de S-F française de ces dernières années. Et si ses deux auteurs continuent sur leur lancée, on est bien partis pour entendre parler d&#8217;<em>Orbital </em>pendant longtemps, pour notre plus grand plaisir !
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp17">Copyright Pellé-Runberg / Dupuis 2009</div>

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