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	<title>Kroniks &#187; drame</title>
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	<description>le blog bd qui vous dit bonne année</description>
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		<title>Le Voyage des pères</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Sep 2011 01:27:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
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		<description><![CDATA[Jésus… Ce n’est pas un inconnu pour la bande dessinée, et pas seulement européenne ou américaine, puisque même les japonais lui ont consacré des œuvres. C’est pourquoi sans doute David Ratte (Toxic Planet, Majipoor) a choisi un angle d’approche différent pour sa bande dessinée. Il s’intéresse en effet à Jonas, Alphée et Simon : ce sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2879" class="wp-caption alignleft" style="width: 228px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/voyage1.jpg"  class="wmp" id="wmp1"><img class="size-medium wp-image-2879" title="voyage1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/voyage1-218x300.jpg" alt="" width="218" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright D. Ratte / Paquet 2007</p></div>
<p>Jésus… Ce n’est pas un inconnu pour la bande dessinée, et pas seulement européenne ou américaine, puisque même les japonais lui ont consacré des œuvres. C’est pourquoi sans doute David Ratte (<em>Toxic Planet</em>, <em>Majipoor</em>) a choisi un angle d’approche différent pour sa bande dessinée.</p>
<p>Il s’intéresse en effet à Jonas, Alphée et Simon : ce sont les pères de certains des premiers compagnons du Christ, respectivement Pierre et André, Matthieu et Judas (oui, LE Judas). Il suffit en effet que Jésus passe pour que ces derniers « plaquent » tout et le suivent. D’où le désarroi des pères, qui se mettent à la recherche de leur progéniture pour la ramener dans le « droit » chemin. C&#8217;est le début du &laquo;&nbsp;voyage des pères&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Du coup, c’est un peu un road movie qui s’en suit, puisque Jésus et ses disciples ont toujours quelques jours d’avance sur le trio, qui ne voit donc que le résultat du passage du prophète. Leur réaction est d’ailleurs très différente : Jonas est un vieux incrédule et caustique, Alphée est de plus en plus ébranlé par les miracles accomplis par Jésus, quant à Simon, il cherche simplement son fils.</p>
<p>Le but n’est absolument pas de parler de Jésus ; ce dernier apparait toujours en négatif, jamais en véritable acteur de l’histoire : on ne voit que les conséquences de son passage (miracles, opposition du Sanhédrin, inquiétude des romains, destin funeste de Judas…) et cela que ce soit lors de son prêche, lors de sa capture, de sa crucifixion ou de sa résurrection.</p>
<p>Non, David Ratte s’intéresse à la réaction de ses personnages face à ce qu’ils ne comprennent pas, en premier lieu l’attachement des fils de ceux-ci à ce mystérieux personnage qu’est Jésus. Quelque part, c’est aussi un voyage intérieur pour ces trois personnages, et le plus ébranlé ne sera pas forcément celui qu’on croit de prime abord.</p>
<p>David Ratte nous présente donc un tryptique où la franche rigolade et les bons mots le disputent à la tragédie et aux larmes, faisant de son œuvre un petit bijou d’équilibre. Tour de force,  David Ratte parvient à parler de Jésus sans jamais verser dans la religion, ce qui fait que le récit reste agréable qu’on croie en Jésus ou pas. Ajoutez à cela un graphisme agréable et qui penche vers le réalisme et vous aurez une œuvre atypique à découvrir d’urgence.</p>
<div id="attachment_2880" class="wp-caption alignright" style="width: 237px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/voyage3.jpg"  class="wmp" id="wmp2"><img class="size-medium wp-image-2880" title="voyage3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/voyage3-227x300.jpg" alt="" width="227" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright D. Ratte / Paquet 2010</p></div>
<p>Et si d’aventure l’œuvre vous plait, sachez que l’histoire ne s’arrête pas là : David Ratte a en effet initié un nouveau cycle (dont le second tome est paru récemment), l’<em>Exode selon Yona</em>, où Jonas, le vieux grincheux du premier tryptique, apprend au chevet d’une vieille tante mourante que ses ancêtres n’étaient pas tous juifs et que l’un d’entre eux, Yona, était égyptien. Et c’est parti pour une relecture des tribulations de Moïse !
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	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/david-ratte/" title="David Ratte" rel="tag">David Ratte</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/drame/" title="drame" rel="tag">drame</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/humour/" title="humour" rel="tag">humour</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/jesus/" title="Jésus" rel="tag">Jésus</a><br />
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		<title>Ayako</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Dec 2009 09:45:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mangas]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
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		<category><![CDATA[Osamu Tezuka]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>
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		<description><![CDATA[On ne présente plus Osamu Tezuka, le « Dieu du manga ». Ses œuvres les plus célèbres, comme Astro, le Roi Léo ou encore Blackjack, font maintenant partie de l&#8217;imaginaire collectif un peu partout dans le monde. Auteur extrêmement prolifique, seule une petite partie de ses manga a été éditée en France jusqu&#8217;à présent. Bien sûr, on [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1880" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1880" title="ayako" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ayako-300x300.jpg" alt="Copyright O. Tezuka / Delcourt 2003" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">Copyright O. Tezuka / Delcourt 2003</p></div>
<p>On ne présente plus Osamu Tezuka, le « Dieu du manga ». Ses œuvres les plus célèbres, comme <em>Astro</em>, le <em>Roi Léo</em> ou encore <em>Blackjack</em>, font maintenant partie de l&#8217;imaginaire collectif un peu partout dans le monde. Auteur extrêmement prolifique, seule une petite partie de ses manga a été éditée en France jusqu&#8217;à présent.</p>
<p>Bien sûr, on ne peut passer à côté de la notoriété d&#8217;<em>Astro</em>, de <em>Blackjack</em> ou même de <em>Bouddha</em>. Ces œuvres magistrales méritent entièrement leur notoriété. Cependant, on pourrait dire qu&#8217;elles représentent la facette « mainstream » de l&#8217;auteur.</p>
<p>Car à côté de cela, Osamu Tezuka a écrit et publié de nombreux récits moins ambitieux dans le nombre de tomes mais s&#8217;adressant à un public plus mature, notamment dans sa période tardive. Ces manga ne sont pas moins intéressants, bien au contraire ils révèlent la facette « sérieuse », presque « auteurisante » de Tezuka, qui croyait fermement que l&#8217;âge ou la condition sociale n&#8217;étaient pas un frein à la lecture des manga et que tout pouvait s&#8217;exprimer par ce média.</p>
<p><em>Ayako</em> fait partie de ces œuvres. Trois petits tomes et l&#8217;histoire est finie. Mais voilà : en trois tomes, Tezuka déploie tout son talent de narrateur et parvient à camper sans difficulté des personnages complexes, ambigus et multidimensionnels.</p>
<p><strong>Les vicissitudes d&#8217;une vieille famille</strong></p>
<p>La famille Tenge est une vieille dynastie de propriétaires terriens, régnant en maître sur ses champs et sur les paysans qui les exploitent pour son compte. La fin de la guerre n&#8217;a cependant rien arrangé : les Tenge sont en quelque sorte « victimes » de la réforme agraire ; si cela a sérieusement entamé leurs ressources, leur prestige est lui toujours intact.</p>
<p>Sur cette famille règne le père, Sakuemon, marié à la très effacée Iba. Ils ont 5 enfants : Ichirô l&#8217;aîné, destiné à prendre la suite de son père, puis Jirô, Naoko, Shiro et enfin Ayako. A cela il faut ajouter Oryo, la servante simple d&#8217;esprit, proche d&#8217;Ayako.</p>
<p>En apparence tout va bien, mais sous le vernis, la pourriture est bien installée. <strong>Sakuemon</strong> est un tyran domestique, arrogant, manipulateur, au service de ses propres désirs. La preuve en est qu&#8217;il a promis à <strong>Ichirô</strong> son héritage à la condition que ce dernier prendrait pour femme celle que son père désignerait. La pauvre Sué est ainsi mariée à Ichirô mais est contrainte de laisser Sakuemon profiter de son corps ; Ichirô ferme les yeux, ce qui l&#8217;intéresse c&#8217;est de prendre la place de son père.</p>
<p><strong>Jirô</strong> a lui fait le choix, après la guerre durant laquelle il a perdu un oeil, d&#8217;entrer au service des américains qui dirigent maintenant le pays. De fait, sa famille (et leurs dépendants) le considère plus ou moins comme un traître et il a perdu toutes ses chances à l&#8217;héritage. Problème, ses activités le conduisent à être complice d&#8217;un meurtre et Ayako en est témoin !</p>
<p><strong>Naoko</strong>, 18, fait secrètement partie d&#8217;un groupuscule communiste et entretient une liaison avec le chef de celle-ci. Mais si Ichirô l&#8217;apprend, lui qui est violemment anti-communiste, il risque de la tuer de ses propres mains&#8230;</p>
<p><strong>Shiro</strong> n&#8217;a beau avoir que 12 ans, il sait très bien ce qui se passe dans la famille. Il sait aussi qu&#8217;il ne doit rien dire pour le moment et qu&#8217;il doit garder ses cartes pour plus tard. Il y a déjà quelque chose de Sakuemon en lui.</p>
<p>Quant à <strong>Ayako</strong>, sa ressemblance avec Sué est tellement frappante que le doute n&#8217;est pas permis : elle est la fille illégitime de Sakuemon et de cette dernière. Mais si cela venait à se savoir, l&#8217;honneur des Tenge ne s&#8217;en relèverait pas&#8230; Elle est donc condamnée à la réclusion dans la demeure familiale (ce qui arrange Jirô dans un premier temps) et son seul contact avec l&#8217;extérieur est <strong>Oryo</strong>.</p>
<p><strong>Des « monstres » si humains !</strong></p>
<p>Oui, la famille Tenge est composée principalement de monstres. Sakuemon en est la figure archétypale, mais Ichirô le suit de près. Ce terme peut paraître fort et pourtant c&#8217;est l&#8217;impression qu&#8217;on en retire.</p>
<p>Attention cependant, le terme de « monstres » est à prendre au sens social du terme. Les Tenge ne sont pas des tueurs en série sanguinaires ou des adeptes du sadisme gratuit. Ce sont des « monstres » parce qu&#8217;ils représentent au bout du compte le stade ultime de la « dégénérescence » d&#8217;une (trop) vieille famille adossée à des valeurs qui n&#8217;ont plus cours dans l&#8217;après-guerre nippon.</p>
<p>Sakuemon, en chef bien établi, ne pense plus qu&#8217;à l&#8217;assouvissement des ses désirs animaux, aux dépends de Sué. Ichirô est un calculateur froid dont le seul but est de prendre la place de chef de famille, peu importent les moyens qu&#8217;il faut employer. Même Shiro fait froid dans le dos malgré son jeune âge : il sait tout, il voit tout, il garde tout pour lui, attendant son heure&#8230; La suite du récit prouvera que par certains côtés, il ne vaut pas mieux que Sakuemon.</p>
<div id="attachment_1881" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1881" title="ayako2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ayako2-300x300.jpg" alt="Copyright O. Tezuka / Delcourt 2003" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">Copyright O. Tezuka / Delcourt 2003</p></div>
<p>Du coup, Jirô et Naoko apparaissent comme des personnages plus normaux, qui font des choix qui les éloignent radicalement de ce milieu familial. Pour autant, sont-ils plus « normaux » que le reste de la famille ? Après tout Jirô ne laisse pas ses scrupules entraver sa mission et il sait profiter de l&#8217;occupation américaine pour mener son propre business&#8230; et l&#8217;engagement de Naoko est peut-être affaibli par sa liaison avec Tadashi le chef du groupuscule communiste.</p>
<p>Pour autant, Tezuka déjoue le piège d&#8217;une dépiction « monolithique » de ses personnages. Oui, ce sont des « monstres », mais des monstres humains. Ils naviguent dans cette zone grise psychologique que tout être humain connait ; par conséquent, ils ont aussi leurs bons côtés et le lecteur peut s&#8217;identifier au moins à certains traits de leurs caractères. Ainsi Jirô n&#8217;est pas insensible au sort de Naoko, de Shiro et d&#8217;Ayako. Tezuka implique donc ses lecteurs dans son récit, de manière à ce qu&#8217;ils ne restent jamais extérieurs à l&#8217;histoire qu&#8217;il décrit, sur le plan psychologique. On est aspiré dans le récit sans espoir de libération avant la dernière page du dernier tome.</p>
<p><strong>Une héroïne par antithèse</strong></p>
<p>Et Ayako dans tout cela ? Le récit porte son nom et pourtant jusque là on a surtout parlé des autres membres de sa famille. Une erreur de titrage ? Que nenni. Ayako est en effet un paradoxe, à la fois Tout et Rien. Rien, parce que dans sa famille elle doit être « rien », secret honteux qui ne devrait pas être là, condamnée à vivre recluse dans la cave et à ne voir personne à part Oryo et quelques visites sporadiques de certains autres membres du clan Tenge. Pour autant, elle n&#8217;est pas particulièrement maltraitée.</p>
<p>Elle est Tout parce qu&#8217;elle est la dernière « cheville » qui tient la famille ensemble, dans la préservation du secret, et le dernier « clou » du cercueil d&#8217;une famille condamnée par sa dégénérescence morale et sociale. Si son existence est connue, cela sonnera le glas des Tenge&#8230; C&#8217;est ce qui en fait le personnage central de cette histoire, même si le scénario est loin de s&#8217;intéresser uniquement à son sort !</p>
<p>Ayako va ainsi rester douze ans cloîtrée dans cette cave, le temps pour elle de devenir une belle jeune fille. Cet enfermement finit par lui peser, d&#8217;autant que son frère Shiro se fait pressant, et elle va s&#8217;échapper, pour tenter de retrouver son frère Jirô. Une fois à l&#8217;extérieur, elle sera encore cette incarnation du « Tout/Rien ». Tout car une fois libérée de l&#8217;emprise de sa famille, elle pourrait être ce qu&#8217;elle veut. Rien car son enfermement en a fait une sorte « d&#8217;enfant sauvage », de tablette blanche : elle ne sait rien, ne connait rien du monde extérieur, ne sait pas comment se comporter. Elle finit cependant par comprendre que ce qu&#8217;elle a subi est ignoble, victime par sa naissance et condamnée par sa propre existence.</p>
<p>Alors oui, Ayako est bien l&#8217;héroïne de cette histoire, mais une héroïne en négatif : elle ne l&#8217;est pas par ses actions (sauf sur la fin, mais je n&#8217;en dirai pas plus) mais par sa simple existence.</p>
<p>Pour autant, encore une fois, Tezuka prend un grand soin à bien camper la psychologie d&#8217;Ayako, à ne pas en faire une caricature, ce qui la rend si attachante pour le lecteur.</p>
<p>Ayako sera d&#8217;ailleurs bel et bien ce « clou dans le cercueil » car ce sera elle qui précipitera la chute de la famille Tenge&#8230; mais sans doute pas de la manière à laquelle le lecteur s&#8217;attend !</p>
<p><strong>Une œuvre réaliste et sociale</strong></p>
<p>Si l&#8217;histoire de la famille Tenge est évidemment une invention de Tezuka, le cadre social, politique et économique dans lequel elle se déroule est quant à lui tout à fait réaliste. Tezuka se sert d&#8217;ailleurs de personnages et d&#8217;évènements réels pour ancrer son récit dans la vraisemblance auprès de ses lecteurs nippons. Certes, l&#8217;effet est un peu atténué pour les lecteurs occidentaux, mais il demeure présent : le gouvernement du Japon par MacArthur est une réalité.</p>
<p>Les américains sont d&#8217;ailleurs dépeints sous un jour peu flatteur et finalement assez rare pour l&#8217;époque : arrogants, militaristes, ils ne reculent devant aucune méthode pour parvenir à leurs fins, s&#8217;assurer du contrôle du pays et « tuer » le développement du communisme. Chantages, meurtres, manœuvres politiques, tout est bon.</p>
<div id="attachment_1879" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1879" title="ayako3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ayako3-300x300.jpg" alt="copyright O. Tezuka / Delcourt 2004" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">copyright O. Tezuka / Delcourt 2004</p></div>
<p>Cette impression de réalisme est aussi renforcée par le fait que Tezuka n&#8217;utilise pas ses « trucs » habituels : il n&#8217;y a quasiment pas de personnage importé de ses autres manga ; il utilise également les effets de déformation et de ridicule avec beaucoup de parcimonie.</p>
<p>Ayako c&#8217;est aussi la peinture d&#8217;un monde qui change très vite, trop vite sans doute pour beaucoup. Certains s&#8217;en accommodent à leur manière, comme Naoko et son engagement communiste ou Jirô et son choix de profiter du système américain. D&#8217;autres restent ancrés dans le passé, comme Sakuemon et Ichirô, pour qui seuls l&#8217;honneur familiale et la richesse foncière comptent. Tezuka s&#8217;abstient cependant de juger et ne fait que constater : ces deux manières de penser sont présentées avec leurs avantages comme leurs défauts ; la voie que Jirô a suivi est-elle finalement plus honorable que celle de son père ?</p>
<p>Enfin, Ayako c&#8217;est un rapport aux femmes particulier. Tous les personnages féminins de cette œuvre  subissent des pressions, notamment sur le plan sexuel, qui peuvent aller jusqu&#8217;au viol pur et simple. On évoquera ici seulement le cas de Sué, obligée par son mari à se prostituer auprès de son beau-père par pur intérêt&#8230; La sexualité d&#8217;Ayako sera aussi un aspect douloureux de ce manga. Pour autant, Tezuka ne prend aucun plaisir à la démonstration de ces rapports placés sous le signe de la violence, ce n&#8217;est ni gratuit ni complaisant. Il dépeint simplement la difficile place de la femme dans cette société.</p>
<p>Ayako est donc un manga « coup de poing » une de ces œuvres fortes et noires qui vous marquent pour longtemps. Son format très condensé joue : pas de temps morts, Tezuka ne vous lâche pas d&#8217;un bout à l&#8217;autre des trois tomes de son récit. Il est à réserver à un public assez mature en raison de sa violence psychologique, mais c&#8217;est une lecture plus que chaudement recommandée !!</p>

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		<title>Morro Bay</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Oct 2008 19:20:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans un petit village côtier des Etats-Unis, Evangeline et Tracy enquêtent sur le passé mystérieux de Miss SCOTT, leur professeur de sport. Aidées de Marie, la jeune sœur d&#8217;Eva, elles découvriront bien des secrets et apprendront qu&#8217;il n&#8217;est pas toujours bon de remuer de vieux souvenirs. Et quand Miss SCOTT est retrouvée morte, l&#8217;été des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_508" class="wp-caption alignleft" style="width: 238px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/morrobay.jpg"  class="wmp" id="wmp3"><img class="size-medium wp-image-508" title="Morro Bay" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/morrobay-228x300.jpg" alt="Morro Bay - Copyright Casterman 2005" width="228" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Morro Bay - Copyright Casterman 2005</p></div>
<p>Dans un petit village côtier des Etats-Unis, Evangeline et Tracy enquêtent sur le passé mystérieux de Miss SCOTT, leur professeur de sport.<br />
Aidées de Marie, la jeune sœur d&#8217;Eva, elles découvriront bien des secrets et apprendront qu&#8217;il n&#8217;est pas toujours bon de remuer de vieux souvenirs. Et quand Miss SCOTT est retrouvée morte, l&#8217;été des adolescentes vire rapidement au cauchemar.</p>
<p>Morro Bay est le résultat de la première collaboration entre BOCCAR (<em>Le triangle ombilical</em>, <em>3 Vierges</em>&#8230;) et CORNETTE (<em>Jean POLPOL</em>, <em>Démons</em>&#8230;). Et pour une première, c&#8217;est plutôt réussi.</p>
<p>Le scénario, tout d&#8217;abord, est maîtrisé. Certes l&#8217;exercice du &laquo;&nbsp;one shot&nbsp;&raquo; oblige le scénariste à peu creuser ses personnages pour les mettre rapidement en place et à quelques accélérations de rythme (avec parfois jusqu&#8217;à 3 scènes en deux planches).<br />
Mais il n&#8217;en reste pas moins excellent et la fin est totalement inattendue. Vraiment surprenante vu le ton général tout au long de l&#8217;album.</p>
<p>Sous le prétexte d&#8217;une enquête sur les petits mystères de la ville, CORNETTE se penche sur les problèmes adolescents : recherche de l&#8217;identité sexuelle, découverte du pouvoir de séduction, rôle du père, place de la religion&#8230;<br />
Les personnages, sans être caricaturaux, sont tranchés et entiers. Cela permet au scénario d&#8217;avancer vite et d&#8217;être bouclé en 64 pages.</p>
<p>Quant aux dessins, ils sont&#8230; beaux, tout simplement.<br />
Seuls les contours des personnages sont marqués au crayons, le reste (ombres, plis, etc&#8230;) est composé de couches de couleurs. Du coup les arrières plans semblent flous avec des personnages nets.<br />
Les lignes de fuite, suggérées par le changement des tons et les bords noirs des cases accentuent encore ce sentiment de net/flou.<br />
Les couleurs sont bien choisies, chaudes et lisses, elles sont agréables à l’œil et facilitent l’immersion. En un mot comme en cent, c&#8217;est très beau.</p>
<p>Morro Bay est au final une bonne bédé mêlant spleen adolescent, enquête, vengeance et un soupçon d&#8217;érotisme débouchant sur une fin particulièrement surprenante. Pas indispensable mais chaudement conseillée.
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp3">Morro Bay &#8211; Copyright Casterman 2005</div>

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		<title>Seizon &#8211; Life</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Jul 2008 17:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seizon_1.jpg"  class="wmp" id="wmp7"><img class="alignleft size-medium wp-image-190" title="seizon_1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seizon_1-300x300.jpg" alt="copyright Fukumoto/Kawaguchi - Génération comics 2005" width="300" height="300" /></a>La vie n&#8217;est pas tendre avec M. Takeda. Certes, il occupe un poste enviable dans une société de construction et la possibilité d&#8217;une promotion se dessine pour lui. Mais il a perdu sa femme Naomi, morte d&#8217;un cancer et surtout sa fille Sawako, disparue il y a 14 ans sans laisser de traces. Alors, quand il apprend qu&#8217;il est atteint d&#8217;un cancer, il s&#8217;effondre et se prépare à se suicider. C&#8217;est sans compter un appel de la police : on vient de retrouver le corps de Sawako ! Pour M. Takeda, c&#8217;est un signe : le signe qu&#8217;il ne doit pas abandonner, qu&#8217;il doit à sa fille disparue de résoudre le mystère de son meurtre, même si le délai de prescription de ce crime arrive à son terme dans six mois. Six mois&#8230; c&#8217;est aussi le temps que les médecins lui donnent à vivre, comme un écho, une ironie finale de l&#8217;histoire.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">M. Takeda ne va alors avoir de cesse de reconstituer le dernier parcours connu de sa fille, en partant du journal intime de celle-ci, pour tenter de trouver de nouveaux indices. Il sait que la police ne va pas lui être d&#8217;une grande aide, étant donné la prescription toute proche de l&#8217;affaire. Il compte bien cependant rassembler assez d&#8217;éléments pour provoquer chez eux une réaction. Il va pouvoir compter sur l&#8217;inspecteur Murai, un vieux de la vieille.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seizon_2.jpg"  class="wmp" id="wmp8"><img class="alignright alignnone size-medium wp-image-191" style="float: right;" title="seizon_2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seizon_2-300x300.jpg" alt="copyright Fukumoto/Kawaguchi - Génération comics 2005" width="300" height="300" /></a>Impossible, vous vous en doutez, de vous en dire plus sur l&#8217;intrigue sans la déflorer et gâcher le plaisir de lecture. L&#8217;écriture de Nobuyuki Fukumoto est dense, serrée, pour tenir en seulement trois volumes, là où bien d&#8217;autres séries auraient pris leurs aises. C&#8217;est cette tension constante, de bout en bout de l&#8217;œuvre, qui fait qu&#8217;une fois commencé, on ne peut plus lâcher <em>Seizon</em> jusqu&#8217;à sa conclusion. Car non seulement le scénario de Nobuyuki Fukumoto est diabolique d&#8217;inventivité et de rebondissements plausible, mais le dessin de Kaiji Kawaguchi est exactement ce qu&#8217;il fallait pour sublimer cette tension dramatique. Kaiji Kawaguchi est connu en France pour bien d&#8217;autres œuvres, comme Eagle, Spirit of the Sun ou Zipang, qu&#8217;il scénarise seul. Ici, l&#8217;exercice est un peu différent puisqu&#8217;il prête son talent à l&#8217;illustration d&#8217;un scénario extérieur. Et bien lui en a pris, car la densité de l&#8217;écriture de Nobuyuki Fukumoto oblige Kaiji Kawaguchi à resserrer lui aussi sa narration graphique. Il adopte donc une mise en scène très cinématographique. Le tome trois, qui constitue le huis clos final, est à ce titre une leçon de mise en scène, que ne renieraient pas certains grands polars intimistes, comme <em>Garde à vue</em> avec Michel Serrault et Lino Ventura. On y retrouve également des parfums d&#8217;Hercule Poirot ou de Miss Marple dans l&#8217;enchainement logique des déductions de Murai et Takeda face au tueur. L&#8217;illustration la plus frappante de cette mise en scène cinématographique est certainement constituée par les quatrième de couverture des trois volumes : si le premier est un plan large d&#8217;un carrefour, le troisième est un gros plan sur le visage de M. Takeda, toujours au même endroit. L&#8217;intensité de son regard est impressionnante, on sent toute la détermination du personnage, on en a presque froid dans le dos tellement on le sent implacable.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seizon_3.jpg"  class="wmp" id="wmp9"><img class="alignleft size-medium wp-image-189" title="seizon_3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seizon_3-214x300.jpg" alt="copyright Fukumoto/Kawaguchi - Génération comics 2005" width="214" height="300" /></a>Mais <em>Seizon</em> n&#8217;est pas qu&#8217;une histoire policière de plus. Elle se double d&#8217;une dimension beaucoup plus intimiste : c&#8217;est le drame d&#8217;une famille brisée, d&#8217;abord par la disparition de Sawako, puis par la mort de Naomi. C&#8217;est aussi, pour un père et un mari, une manière d&#8217;essayer de « recoller les morceaux », de reformer une famille même de manière posthume, de montrer à sa fille et à sa femme que sous ses dehors froids, il n&#8217;a jamais cessé de les aimer. Il est plusieurs fois au bord de l&#8217;abandon, quand se présente ce qui semble être une impasse finale dans sa recherche du tueur, pourtant, en mémoire de Sawako, il ne se résigne jamais complètement et puise au fond de lui la force de continuer, malgré le cancer qui le ronge. Fukumoto et Kawaguchi n&#8217;oublient jamais cette dimension essentielle de l&#8217;histoire qu&#8217;ils narrent, ce qui leur permet d&#8217;en transmettre toute la force sans jamais tomber dans le pathos gratuit. Seizon est l&#8217;histoire de la recherche de la Vérité, celle sur le meurtre de Sawako mais aussi la vérité intérieure de M. Takeda, ce qui le raccroche à la vie.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em>Seizon</em> est donc une œuvre poignante, intense, percutante et dont la brièveté est aussi une force. On ne ressort pas indemne de ce combat d&#8217;un père et d&#8217;un mari, tant les deux auteurs ont su sublimer les émotions des personnages et ainsi tisser un vrai lien entre ces derniers et les lecteurs. Si vous voulez lire un manga intelligent, d&#8217;une écriture et d&#8217;une intensité redoutables, à mille lieux des clichés généralement véhiculés sur la production du Soleil Levant, alors Seizon est pour vous. D&#8217;autant plus qu&#8217;il constitue sans doute la meilleure porte d&#8217;entrée sur l&#8217;œuvre de Kaiji Kawaguchi. Reste à mettre la main sur ces albums sortis en 2005, mais cela ne devrait pas être trop difficile. A vos librairies !</p>
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