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	<title>Kroniks &#187; Euromanga</title>
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	<description>le blog bd qui vous dit bonne année</description>
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		<title>Interview-vérité : Euromanga</title>
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		<pubDate>Sun, 30 May 2010 09:12:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Kroniks : Bonjour Frédéric, et merci d’avoir accepté de répondre aux questions de Kroniks ! Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que tu nous fais la gentillesse de nous répondre. Mais cette fois, puisque j’ai eu l’occasion de te rencontrer, on va parler de choses un peu différentes. Pour commencer, la traduction, ça ne doit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Kroniks : Bonjour Frédéric, et merci d’avoir accepté de répondre aux questions de Kroniks ! Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que tu nous fais la gentillesse de nous répondre. Mais cette fois, puisque j’ai eu l’occasion de te rencontrer, on va parler de choses un peu différentes. Pour commencer, la traduction, ça ne doit pas toujours être facile, notamment sur le <em>Bibendum Céleste</em>, non ?</strong></p>
<p><strong>Frédéric Toutlemonde</strong> : Alors c’est là que c’est intéressant parce que par exemple le traducteur (Masato Hara) du <em>Bibendum Céleste</em> est un peu l’activiste numéro 1 au Japon sur la BD. C’est lui qui dirige la BD Kenkyûkai (la communauté Mixi – équivalent nippon de facebook &#8211; sur la BD), il fait de la traduction, dont le <em>Bibendum Céleste</em> pour Euromanga, écrit des articles sur la BD et participe à l’organisation de conférences. C’est un gars qui a une formation littéraire pure souche, qui adore étudier, un vrai chercheur dans l’âme. Le langage ultra complexe de <em>Bibendum</em>, plein de surréalisme, il arrive à bien le rendre et à me démêler ça sans trop de difficultés. Sur Euromanga, je pense que j’ai réussi à faire des paires qui fonctionnent bien. La traductrice de <em>Blacksad</em>, qui est aussi celle du <em>Vol du Corbeau</em>, aime ces ambiances un peu cinématographiques, polar d’après-guerre, qui sont plutôt bien écrits sans trop de grosses difficultés. Le traducteur de <em>Rapaces</em> est un traducteur qui travaille principalement sur de la traduction en anglais, et un peu en français. Il n’a pas une très grosse culture en littérature française, et en BD  il n’y connait pas grand-chose. Par contre c’est quelqu’un qui lit du manga, qui lit de la science-fiction, du fantastique donc c’est quelqu’un qui connait cet univers un peu « entertainment », une histoire de vampire ça lui parle donc. Ce n’est pas un titre que j’aurais proposé à la traductrice de <em>Blacksad</em>, ce n’est pas du tout son univers, de même, elle serait incapable de traduire <em>Skydoll</em> … tout simplement parce que Barbara Canepa m’a demandé de traduire <em>Skydoll</em> à partir de l’italien. Je suis donc allé trouver LA japonaise qui travaille à l’Ecole internationale du manga de Rome qui est aussi agent pour des dessinateurs italiens pour faire leur promo au Japon. Mais c’est vrai que le pauvre Masato, à chaque fois que je lui donne la traduction du <em>Bibendum Céleste</em>, je me dis qu’il va en baver ! [rire]</p>
<p><strong>K : Oui, la paire œuvre/traducteur, c’est un aspect vital !</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Il faut trouver les traducteurs qui ont un peu le bon profil pour l’œuvre, qu’on sait qu’ils ne vont pas se sentir mal à l’aise avec et qu’ils vont réussir à trouver les mots adaptés pour rendre la traduction efficace. Là j’ai décidé de mettre <em>Happy Sex</em> et <em>Péchés Mignons</em>, c’est un ton très coquin, il ne faut pas avoir la langue dans sa poche, ou commencer à rougir. J’ai senti que cela ne marcherait pas avec mes quatre traducteurs. Je bossais bien avec un Japonais qui s’appelle Tsukui qui bosse beaucoup pour des maisons d’édition alternatives, sa femme dessine entre autre des manga érotiques, je me suis dit qu’il n’y aurait pas de problème avec lui et on a donc fait la traduction à deux ; il ne parle pas français du tout,  j ‘ai traduit les textes en japonais et il est repassé derrière pour les adapter comme il faut. C’est comme ça qu’on a fait la traduction des planches de <em>Péchés Mignons </em>et de <em>Happy sex</em>.</p>
<p><strong>K : Zep, c’est quand même un peu un gros coup, parce que <em>Happy Sex</em> ça a été une bonne réussite éditoriale et puis c’est un nom connu pour nous européens, même s’il est sans doute inconnu ici au Japon.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : C’est ça qui a été un peu délicat, quand je vais voir les éditeurs français et que je leur dis ce que je veux, sauf que mes moyens financiers sont ridicules, certainement pas à la hauteur de l’idée qu’on peut se faire d’un éditeur japonais. Certains éditeurs m’accordent peut-être le bénéfice du doute « Voilà, il galère, il va vraisemblablement se foirer mais sait-on jamais, si ça marche… ». On a réussi à mettre en place un networking, des contacts chez d’autres éditeurs. Il va y avoir la sortie de l’intégrale de <em>l’Incal</em> à la fin de l’année ; ils ont accepté <em>l’Incal</em> parce qu’on leur a proposé ! Donc il y a tout de même des choses qui se passent et qui vont dans le bon sens</p>
<p><strong>K : quand même, Moebius n’est pas un nom totalement inconnu au Japon. Certes, il faut être fan de recherches graphiques, d’occidentalisme dans le dessin, mais il y a des mangaka qui le citent comme influence.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Oui, et il n’y a pas que Moebius, je pense que Nicolas de Crécy commence déjà à être un petit peu connu et à mon avis peut acquérir une vraie notoriété ici chez les amateurs de BD ou les professionnels comme Moebius ou Bilal. Je pense vraiment qu’il peut percer, quand je dis percer c’est être publié par un autre éditeur qu’Euromanga.</p>
<p><strong>K : Justement, selon toi, quels sont les principaux obstacles pour la BD au Japon, en dehors de la barrière de la langue ? Sur le concept même.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Plus que la narration ou la difficulté d’appréhender les ellipses, pour moi le principal problème se pose d’abord au niveau du format. En dehors du fait que ça coûte 5 fois plus cher de publier de la BD que de publier du manga, il y a un problème concret que malheureusement les lecteurs ne voient pas qui est de l’agencement des rayons dans les librairies : il n’y a pas une seule étagère à ce format, ils ont tout standardisé sur le format manga. Ou alors, on a la chance qu’ils aient quelques grands formats comme des art-books, ou une étagère de comics américains. S’ils n’en ont pas, pour Euromanga soit ils me le renvoient soit ils les mettent avec les bouquins de jeux vidéo, n’importe où on peut caser un truc en A4 en gros. Ça c’est le gros problème, ça limite beaucoup les rencontres, le public  a de vraies difficultés à tomber dessus. Ensuite le prix d&#8217;Euromanga est très cher (1800 yens)… Il aurait fallu que je reste sur le prix du premier, à 1500 yens, mais à l’époque j’avais vraiment très peur de me manger une grosse veste. C’est un peu dommage mais on ne peut pas savoir ce qui va se passer plus tard. Il aurait peut-être fallu que je prenne un peu plus sur moi, que je prenne un peu plus de risques… Sur le moment, j’avais beaucoup de sons de cloche alarmistes, je voyais beaucoup de retours, je me disais « là je vais me retrouver avec 70% de retours, je suis mort ».</p>
<p><strong>K : Mais justement, il y a quand même un public, pour ces œuvres-là, pour la BD on va dire en gros ?</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Il y a un public, oui. On constate d’ailleurs le retour d’un public pour le comics américain, c’est un peu la bonne nouvelle des deux dernières années. Il y a beaucoup de Batman qui vont sortir, il y a un éditeur qui a relancé les <em>X-Men</em>, il y a un <em>Hellboy</em> et même <em>l’encyclopédie Marvel </em>qui sort. C’est pas mal parce que ça peut entraîner la création d’un espace comics dans les librairies. C’est important de savoir que quand le bouquin ne sera plus parmi les nouveautés, il  en restera au moins un exemplaire dans cette espace. Les deux titres qui ont fait décoller le comics, c’est <em>Watchmen</em> dont les ventes arrivent presque à 40.000 exemplaires et <em>From Hell</em> qui a dépassé les 20.000, ce sont de très très belles ventes pour des bouquins très chers.</p>
<p><strong>K : Est-ce que c’est à mettre en relation avec leurs adaptations cinématographiques ?</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Pour <em>Watchmen</em> oui, pour <em>From Hell</em> non. Pour ce dernier, pourtant, l’éditeur l’avait certainement sorti en se disant « il y a eu un film avec Johnny Depp qui fait toujours un gros carton au Japon, ça va avoir un impact », mais non, en fait. Visiblement, ce sont les lecteurs d’Alan Moore qui l’ont acheté et il a bénéficié d’un bandeau avec des citations de critiques littéraires très renommés. Il y a eu un très bon relais dans la presse et je pense que c’est la force du scénario qui l’a porté… Pourtant c’est un bouquin dur à lire <em>From Hell</em>, mais incroyablement les japonais se sont jetés dessus. C’est bizarre : il était cher, en noir et blanc, il n’avait pas lieu d’être à ce prix-là, en plus ils l’ont éclaté en deux volumes, eh bien il s’est bien vendu… a côté d’Euromanga ; c’est rageant ! [rires]</p>
<p><strong>K : Est-ce qu’il n’y a pas aussi une question relative à la couleur ? Les BD sont en grande majorité toutes en couleur, alors que les mangas, parfois les 10 premières pages le sont, mais pas plus.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Y a un rapport à l’imaginaire qui est intéressant sur l’histoire de la couleur.  J’ai lu ça dernièrement, sur une critique d’Euromanga justement, une fille qui fait de supers articles sur son blog. Là pour le 4, elle disait un truc intéressant, que la couleur enlève de l’imaginaire, c’est-à-dire que même si on fait un dessin très réaliste, le fait que ce soit en noir et blanc finalement plonge le lecteur plus dans l’imaginaire, il arrive plus à se dire qu’il est dans une fiction, tandis qu’un truc en couleur, ça va fixer en fait un peu l’œuvre dans des repères du réel. Même si le dessin est très caricatural, finalement on sera moins dans la fiction, dans l’imaginaire et plus dans le réel.  Donc il y a cette idée qu’avec la BD en couleur on rentre moins dans l’imaginaire que le manga, ce qui est sans doute vrai. Ceci étant dit, je reste convaincu qu’il faut faire comprendre au lecteur japonais que la couleur peut être une autre manière de passer dans l’imaginaire. Le plaisir de la couleur, dans la BD, c’est quand même quelque chose de jouissif, auquel il est important d’éduquer le lecteur, par exemple apprécier les belles couleurs de Rapace.</p>
<p><strong>K : C’est vrai que pour un lecteur européen, c’est très important, ce travail sur la couleur, ça participe de l’ambiance générale de l’œuvre.</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : C’est un tiers, pratiquement ! C’est de l’ambiance, de la nourriture visuelle ! Nous on a l’habitude de s’arrêter sur le dessin, les japonais moins, c’est un vrai problème. Pour les japonais, ce qui compte, c’est le « flux », ce mouvement de la narration. En BD, on a peut être plus envie de pouvoir faire des pauses, de gérer tout ça, sans truc qui nous dise « accélère ». Ils réfléchissent avant tout leur création narrative sur un flux ; selon le flux que je veux donner,  je vais choisir mes cadres, mes planches, faire en sorte que le lecteur, il accélère là parce que je veux que là ça aille vite. Et finalement, le lecteur japonais est presque sur de la téloche, il ne s’en rend pas compte, mais le rythme qu’on lui donne c’est un rythme qui est très très proche d’un support télévisé, en fin de compte, où toutes les répliques sont données, où toutes les scènes sont montrées, le gros plan pleine page est roi.</p>
<p><strong>K : Pour conclure la petite interview : et le futur d’Euromanga ?</strong></p>
<p><strong>FT</strong> : Pour l’instant j’attends les résultats du 4 et voir l’état du nombre de lecteurs on va dire « consolidés » ; concrètement c’est assez difficile de les sortir. J’ai bénéficié du programme d’aide à la publication du Ministère des Affaires Étrangères, ce qui m’a permis de m’y retrouver dans mes comptes, mais sans ce programme-là, ça serait difficile. Bon, je pense que je vais tout de même sortir les 5 et 6. Et puis donc, je suis en pourparlers avec un éditeur pour une intégrale d’une des séries que je publie dans Euromanga, en coproduction et cofinancement. J’en suis à un stade un peu douloureux, où les gens commencent à se rendre compte qu’Euromanga c’était pas juste un coup de vent, mais que ça se poursuit même si le rythme est très lent, ça c’est bien, je commence à obtenir la confiance d’un lectorat qui commence à se dire que la publication va se poursuivre, donc si par malheur je devais arrêter, je pense que là ça serait très compliqué à gérer avec ces lecteurs. Je vais tout faire pour continuer surtout que je n ai pas vraiment de raison d’arrêter et que j’y trouve beaucoup de plaisir. Et puis sait-on jamais, il peut y avoir un vrai coup d’éclairage sur la BD en fin d’année ou l’année prochaine, ce qui permettrait de souffler un peu. Le but du jeu c’est aussi que d’autres éditeurs entrent dans la danse pour créer une émulation. Là c’est vrai que je suis un peu tout seul dans le désert donc c’est douloureux. L’intérêt des tankôbon (intégrale BD) c’est aussi de pouvoir présenter de la BD d’une autre manière, plus compacte. Et ça me permettrait surtout d’apporter de nouvelles séries à Euromanga. Y a des choses excellentes, comme du Emmanuel Lepage, ou mon coup de cœur, <em>Aquablue</em>, parce que c’est la série qui m’a fait basculer du comics vers la BD. Mais bon, c’est quelque chose qui va prendre encore beaucoup de temps.</p>
<p><strong>K : Merci à toi Frédéric !</strong></p>

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		<title>Bd et manga de S.F. se rencontrent à Kyôto !</title>
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		<pubDate>Thu, 20 May 2010 06:03:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a de cela plus d’un an, je vous avais parlé du Musée International du Manga de Kyôto. C’est le moment de lui redonner un petit coup de projecteur, puisque très récemment s’y est déroulée une animation autour de la BD de SF française. Le Musée n’a d’ailleurs pas traité le sujet à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2223" class="wp-caption alignleft" style="width: 224px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mezieres.jpg"  class="wmp" id="wmp1"><img class="size-medium wp-image-2223" title="mezieres" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mezieres-214x300.jpg" alt="" width="214" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright J-C. Mézières / Musée International du Manga 2010</p></div>
<p>Il y a de cela plus d’un an, je vous avais parlé du <a href="http://www.kroniks.net/2008/11/12/le-musee-international-du-manga/">Musée International du Manga</a> de Kyôto. C’est le moment de lui redonner un petit coup de projecteur, puisque très récemment s’y est déroulée une animation autour de la BD de SF française.</p>
<p>Le Musée n’a d’ailleurs pas traité le sujet à la légère : deux expositions et plusieurs conférences ont permis d’aborder le thème en profondeur. Les invités étaient aussi au rendez-vous : J-C. Mézières &amp; P. Christin (Valérian), le scénariste J-D. Morvan (Sillage, le Petit monde, etc…) du côté français, Jirô Taniguchi (Icare avec Moebius, Seton, etc…) et Yoshikazu Yasuhiko (Gundam, Arion). Excusez du peu !! Pas de photos de l’intérieur du musée, vous devrez donc vous contenter de photos du mur de dédicaces situé dans le petit café attenant au musée. Comme vous le voyez, y a quand même de quoi se régaler les yeux !</p>
<p>Une des expositions était centrée sur l’univers de Valérian. Composée de reproductions de planches originales, ordonnées par année de publication, elle permet de suivre l’évolution graphique et thématique de la série. De nombreux exemplaires des aventures de Valérian et Laureline sont en libre accès. Il faut dire aussi que son univers jouit indirectement de la popularité du film Le Cinquième Elément (Luc Besson), puisque J-C. Méziers a effectué un très gros travail de recherche graphique pour le film. Cet aspect est aussi bien mis en valeur dans cette exposition.</p>
<div id="attachment_2227" class="wp-caption alignright" style="width: 250px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image111.jpg"  class="wmp" id="wmp2"><img class="size-medium wp-image-2227 " title="Image111" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image111-300x225.jpg" alt="" width="240" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Laureline, Valérian, Gundam, Ashita no Jô, une rencontre inédite !</p></div>
<p>La seconde met en parallèle les manga et les BD de SF, au travers d’une trentaine d’exemples, sur le principe de l’alternance : 1 manga, 1 BD. On y retrouve tous les grands classiques des deux catégories : Blame, Gunnm, Akira, Universal War One, Sillage, Le Complexe du Chimpanzé, etc… Là encore, de nombreux ouvrages sont à la disposition du public. Un choix éclectique mais très intéressant !</p>
<p>Soyons réalistes : la première des deux expositions intéressera surtout les visiteurs européens de passage, qui constitue une part non négligeable de la fréquentation du musée. La seconde sera plus familière aux visiteurs japonais, de par la présence des manga. Néanmoins, les deux expositions étant à proximité l’une de l’autre, les rencontres restent possibles et contribueront à familiariser la BD auprès du public japonais.</p>
<p>Côté conférences maintenant : je n’ai malheureusement pas pu assister à celle qui réunissait J-C. Mézières, P. Christin et J. Taniguchi. Je remercie donc Frédéric Toutlemonde, le rédac-chef d’<a href="http://www.kroniks.net/tag/euromanga/">Euromanga </a>qui était sur place et qui m’en a livré la substantifique moelle. Même si le public a été un peu moins nombreux que prévu, la rencontre a porté ses fruits : Christin &amp; Mézières ont parlé de leurs 40 ans de collaboration et ont offert au public nippon une approche quasi ethnologique de Valérian, insistant sur le fait qu’il n’y a pas de bons et de méchants à proprement parler, mais simplement des personnages dont les aspirations entrent parfois en conflit. La séance s’est clôturée sur un dessin de Laureline par Mézières et un autre de Taniguchi sur la série de SF qu’il dessine actuellement, où il a explicité le processus d’encrage et d’ombre aux évidentes inspirations BD.</p>
<p>Le lendemain, la salle était quasiment comble. Il est vrai que la venue de Yoshikazu Yasuhiko fait bouger les fans japonais, Gundam étant aussi ancré dans l’imaginaire nippon que peuvent l’être pour nous Tintin ou Astérix. La conférence était d’ailleurs retransmise en direct sur internet. Rencontre d’autant plus intéressante que Morvan et Yasuhiko appartiennent à des générations très différentes, Morvan étant de son propre aveu un véritable « enfant de la japanim », élevé au Goldorak grand teint. On sentait toute l’admiration de Morvan pour son homologue japonais.</p>
<div id="attachment_2229" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image113.jpg"  class="wmp" id="wmp3"><img class="size-thumbnail wp-image-2229" title="Image113" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image113-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Moebius, Monkey Punch... du beau monde on vous dit !!</p></div>
<p>Ce dernier ne se considère d’ailleurs pas comme un auteur S.F. à part entière, insistant sur le fait qu’il a créé d’autres séries, comme Jésus, Jeanne (toutes deux publiées chez Tonkam) ou Arion, mais qu’elles n’ont pas connu le même succès que Gundam. Il a insisté sur le caractère presque « anti-héros » de ses personnages, dans un monde où rien n’est ni tout blanc ni tout noir, faisant par là le pont avec l’univers de Valérian évoqué la veille. J.-D. Morvan est revenu quant à lui sur les différentes séries S.F. qu’il a initiées avec des auteurs japonais, comme par exemple le Petit Monde, avec Toru Terada (Dargaud).</p>
<p>Malheureusement, avec les impératifs de traduction français-japonais, la séance n’a pu se clôturer par la traditionnelle série de questions du public, mais Yasuhiko Yoshikazu nous a, à l’instar de Mézières la veille, gratifié d’une démonstration de sa technique de dessin et des codes manga qui la régissent, sur Gundam.</p>
<p>Une excellente initiative donc que celle du Musée International du Manga, pour une manifestation réussie. Espérons qu’elle soit un des jalons vers une meilleure connaissance de la BD européenne au Japon, et que des évènements de ce type se reproduiront bientôt !
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		<title>Euromanga 4</title>
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		<pubDate>Thu, 13 May 2010 05:22:31 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Déjà un an et demi qu’Euromanga a commencé son aventure. Le tome 4 vient en effet tout juste de sortir ! A cette occasion, Kroniks a pu réaliser une nouvelle interview de son rédacteur en chef, Frédéric Toutlemonde, que vous retrouverez très bientôt dans nos colonnes. Au sommaire de ce nouveau numéro, la suite des séries [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2184" class="wp-caption alignleft" style="width: 218px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/euromanga-44.jpg"  class="wmp" id="wmp4"><img class="size-medium wp-image-2184" title="glitter_cosmeE1,2.AI" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/euromanga-44-208x300.jpg" alt="" width="208" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Euromanga 2010</p></div>
<p>Déjà un an et demi qu’Euromanga a commencé son aventure. Le tome 4 vient en effet tout juste de sortir ! A cette occasion, Kroniks a pu réaliser une nouvelle interview de son rédacteur en chef, Frédéric Toutlemonde, que vous retrouverez très bientôt dans nos colonnes.</p>
<p>Au sommaire de ce nouveau numéro, la suite des séries des tomes précédents : Rapaces, le Bibendum Céleste, Sky Doll et le Vol du Corbeau. A cela, ajoutez une brève de Blacksad (« Comme chien et chat), une autre de Jodorowski/Moebius dans le cycle de l&#8217;Incal (« L’origine de Solune »). Puis inaugurez deux nouvelles séries, tout à fait friponnes et « french sex » : <a href="http://www.kroniks.net/2009/10/27/happy-sex/">Happy sex</a> (Zep) et Péchés mignons (Arthur de Pins). Quand même, Zep !!  La performance n&#8217;est pas mince, étant donné la popularité du monsieur en Europe. Bref, un joli coup pour Euromanga, et une vraie chance pour le public japonais de découvrir cet auteur culte. Et puis, Péchés mignons, eh bien c&#8217;est le genre de friandise que l&#8217;on déguste sous le manteau, en se disant rhooo, c&#8217;est pas bien quand même, mais qu&#8217;est-ce que c&#8217;est bon ! Aucune raison de se priver, donc</p>
<p>Secouez le tout, avec quelques articles (la rencontre au Musée international du Manga sur le thème de la SF dans la BD française – une interview de Hirohiko Araki, le créateur de JoJo’s Bizarre Adventures) , et vous obtenez un volume bien rempli (144 pages toutes en couleur) ! Rendez-vous cet hiver pour le tome 5 !
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		<title>Euromanga, l&#8217;interview</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Nov 2008 00:40:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Nos billets d'humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Bande Dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Euromanga]]></category>
		<category><![CDATA[Frédéric Toutlemonde]]></category>

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		<description><![CDATA[A l&#8217;occasion de la sortie dans les librairies japonaises du premier numéro d&#8217;Euromanga, dont nous avons déjà parlé ici, j&#8217;ai eu la chance de pouvoir interviewer Frédéric Toutlemonde, son fondateur. Merci à lui pour sa gentillesse, sa disponibilité et le très sympathique dessin qu&#8217;il a bien voulu fournir pour illustrer cette interview ! Kroniks : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_658" class="wp-caption alignleft" style="width: 205px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/interview.jpg"  class="wmp" id="wmp5"><img class="size-medium wp-image-658" title="interview" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/interview-195x300.jpg" alt="Copyright Frédéric Toutlemonde - 2008" width="195" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Frédéric Toutlemonde - 2008</p></div>
<p align="justify">A l&#8217;occasion de la sortie dans les librairies japonaises du premier numéro d&#8217;<em>Euromanga</em>, dont <a href="http://www.kroniks.net/2008/10/18/euromanga-1/">nous avons déjà parlé ici</a>, j&#8217;ai eu la chance de pouvoir interviewer Frédéric Toutlemonde, son fondateur. Merci à lui pour sa gentillesse, sa disponibilité et le très sympathique dessin qu&#8217;il a bien voulu fournir pour illustrer cette interview !</p>
<p align="justify">
<p align="justify"><strong>Kroniks : Comment l&#8217;idée d&#8217;Euromanga est-elle née ?</strong></p>
<p align="justify">
<p align="justify"><em>Frédéric Toutlemonde</em> : J&#8217;ai été amené à travailler de 2003 a 2005 sur la promotion du Livre Français au sein de l&#8217;Ambassade de France a Tokyo. Étant grand amateur de BD, je me suis un peu naturellement concentré sur la promotion de la BD au Japon. Ces deux années m ont permis de découvrir le monde de l&#8217;édition au Japon et d appréhender les difficultés propres a l introduction de la BD : ignorance des Japonais sur l&#8217;existence d une bande dessinée européenne, publications passées et présentes très rares, manque d activistes BD (a l&#8217;exception de Frédéric BOILET bien sûr!), de communauté de fan japonais&#8230;Bref le bilan peut sembler assez sombre, mais la bonne nouvelle tenait au fait qu&#8217;il n y avait pas eu véritablement de vraies tentatives éditoriales récentes pour pénétrer le marché du manga. Or, la BD connait sans doute actuellement son age d&#8217;or tant dans sa qualité, que sa diversité, avec de nouvelles tendances graphiques fortes, soit très européennes, soit influencées par le comics et le manga. C&#8217;est donc à partir de cette époque qu&#8217;est né petit à petit le concept d&#8217;Euromanga, une revue qui présenterait une sélection riche et diversifiée de la BD européenne actuelle. J avoue qu&#8217;au début, pour coller au modèle japonais de prépublication, je voyais les choses en beaucoup trop grand : lancement d&#8217;un monthly jump BD de 300 pages BD en noir et blanc axées principalement aventures, action, fantasy, couleur passée en noir et blanc sur du papier bon marche, le tout pour un prix sacrifié. Et puis petit à petit on apprend combien coûtent les choses, on revoit ses calculs à la baisse, et surtout on recherche une formule viable, qui a des chances de ne pas mourir tout de suite, comme justement les nombreux nouveaux magazines de prépublication japonais. Qu&#8217;Euromanga ne meure pas tout de suite est ma première préoccupation a vrai dire.</p>
<p align="justify">
<p align="justify"><strong>K : Quelles ont été les étapes pratiques de sa création ?</strong></p>
<p align="justify">
<p align="justify"><em>F.T.</em> : La création d&#8217;Euromanga est avant tout le fruit d&#8217;une multitude de rencontres sans lesquelles mon projet n&#8217;aurait jamais pu avancer. En 2005, une petite communauté internet de Japonais fan de BD a laquelle je participe est née dans un réseau de blog japonais. De cette communauté internet est né un cercle d&#8217;étude sur la BD, qui se regroupe une fois par mois pour échanger sur le sujet, participer a la mise en place d&#8217;événementiels. Cette communauté a petit a petit pris de l&#8217;ampleur pour compter actuellement près de 650 membres inscrits, tous n&#8217;étant bien sûr pas actifs. Les rédacteurs et traducteurs œuvrant sur Euromanga, que je n&#8217;aurai de cesse de remercier font partie de cette communauté. Côté édition, en 2004, j&#8217;ai eu l&#8217;occasion de travailler sur l&#8217;album collectif  [Japon] et d&#8217;ainsi faire la connaissance de Frédéric Boilet et de la maison d&#8217;édition japonaise qui a publié [Japon] et qui publie maintenant Euromanga, Asuka Shinsha. L&#8217;entretien de liens avec l&#8217;équipe éditoriale d Asuka Shinsha a grandement contribue a la mise en place de cette coopération dans laquelle la structure que j&#8217;ai monté cette année édite Euromanga, et Asuka Shinsha publie le livre (gestion, commercialisation).</p>
<p align="justify">
<p align="justify"><strong>K : Comment le choix des séries a-t-il été effectué ? Qu&#8217;est-ce qui a guidé vos décisions ? </strong></p>
<p align="justify"><em>F.T.</em> : J&#8217;ai choisi les séries selon mes envies, les envies des membres de la communauté BD ci-dessus citée, et les avis que j ai pu recevoir d&#8217;éditeurs japonais. Ma sélection ne se veut pas être ce qui se fait de mieux en Europe en matière de BD, mais j&#8217;espère ma sélection riche, intéressante, d&#8217;actualité, et surtout qu&#8217;elle soit lisible par le public japonais,  connaissant déjà ou non la BD. Les 4 séries présentes dans Euromanga offrent des narrations et des découpages assez dynamiques et accessibles, avec relativement peu d&#8217;ellipses, sans pavés de texte qui plombent la planche.</p>
<p align="justify">
<p align="justify"><strong>K : Comment les maisons d&#8217;édition françaises propriétaires des droits des séries que vous éditez ont-elles accueilli votre volonté de publier leurs séries dans Euromanga ?</strong></p>
<p><em>F.T.</em> : Très bien je crois. Je leur suis très reconnaissant d&#8217;avoir pris au sérieux l&#8217;aventure Euromanga en engageant une vraie discussion avec moi. Les éditeurs auxquels je me suis adressé  comprennent la démarche novatrice d&#8217;Euromanga, et l&#8217;intérêt pour la BD en général au Japon que ce magazine peut représenter.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">K : <strong>Est-ce que le fait que Blacksad ait déjà été publié au Japon a eu une influence ?</strong></p>
<p align="justify"><em>F.T.</em> : L&#8217;ambassade de France avait mis en place il y a quelques années un site internet en japonais intitule Livres Français proposant des présentations et fiches de lecture des nouveautés françaises. Blacksad a fait l&#8217;objet d une présentation ce qui a retenu l&#8217;attention d Hayakawa Shobo qui a décidé de publier les deux premiers albums. Connaissant leur choix malheureux de ne pas publier le tome 3, j&#8217;ai donc décidé d inclure ce tome 3 dans le volume 1 d&#8217;Euromanga, à mon plus grand plaisir!</p>
<p><strong>K : Quel(s) objectif(s) concret(s) visez-vous ? </strong></p>
<p align="justify"><em>F.T.</em> : Euromanga est pour l&#8217;instant semestriel, le prochain numéro étant prévu pour mars 2009, c est long, beaucoup trop long pour le public japonais. Mon premier objectif est avant tout qu&#8217;Euromanga ne meure pas dans un premier temps, et s il trouve son public (disons 5 000 lecteurs assidus) qu&#8217;il puisse passer en trimestriel. Et si vraiment ça marche bien après, pourquoi pas en bimensuel, mensuel, sortir un autre magazine en noir et blanc de 300 pages de romans graphiques..Tous les rêves sont permis mais mon souhait le plus cher est qu&#8217;Euromanga et la BD en général, trouvent une place ne serait-ce que toute petite, chez le lectorat japonais.. et dans les librairies aussi!</p>
<div id="attachment_573" class="wp-caption alignright" style="width: 222px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/euromanga.jpg"  class="wmp" id="wmp6"><img class="size-medium wp-image-573" title="euromanga" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/euromanga-212x300.jpg" alt="copyright 2008 Euromanga" width="212" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright 2008 Euromanga</p></div>
<p align="justify"><strong>K : Il est bien sur trop tôt pour conclure définitivement, mais quels sont les premiers retours sur la publication d&#8217;Euromanga ? Celle-ci rencontre-t-elle un écho en France ? </strong></p>
<p align="justify"><em>F.T.</em> : Oui il est trop tôt pour parler des ventes, maintenant, le bouquin a été bien accueilli par les fans de manga étranger, et a reçu les louanges du Journal de l&#8217;édition, dans un article à sa une cette semaine. Le Bibendum Céleste de De Crécy, suivi de Blacksad, remporte un grand succès.</p>
<p align="justify"><strong>K : Quel est l&#8217;état du marché de la bande dessinée européenne au Japon ? </strong></p>
<p align="justify"><em>F.T.</em> : J&#8217;aimerais dire qu&#8217;il est à développer, mais la vérité est que ce marché est plutôt à construire, à inventer. Il y a certes eu quelques publications ces dernières années de BD (Blacksad, Persépolis, l&#8217;Ascension du Haut mal..) qui donne de l&#8217;espoir après 4 années ou rien n&#8217;a été publié au Japon après Bilal en 1999-2001. Avec l&#8217;activisme de la nouvelle communauté internet de fan de BD, il ne manque peut-être qu&#8217;un ou deux éditeurs japonais prêts à se lancer dans l&#8217;édition de la BD pour assister a un vrai début d&#8217;activité. Dans ce sens Euromanga peut aider a déterminer s il y a déjà un lectorat potentiel, ce qui est un élément crucial pour tout éditeur.</p>
<p align="justify">
<p align="justify"><strong>K : Quelles sont les concessions qu&#8217;il faut être prêt a faire pour éditer une bande dessinée européenne au Japon ? Quelles sont les contraintes imposées par les maisons d&#8217;édition nippones ?</strong></p>
<p align="justify">
<p align="justify"><em>F.T.</em> : Je pense qu&#8217;il y a trop peu d&#8217;exemples de publication de BD au Japon pour répondre à cette question. Dans le cas de Bilal, l&#8217;éditeur a respecté le format et la couverture cartonnée originale, alors que pour Blacksad, l&#8217;éditeur a privilégié un format un peu plus petit avec une soft cover, très belle d ailleurs. Bref je ne vois pas beaucoup de contrainte dans le cas des traductions. Par contre,  il est possible qu&#8217;une majorité d&#8217;éditeurs préfèrent la réalisation d une œuvre originale avec des étrangers plutôt que l&#8217;achat de droits d une œuvre déjà existante avec traduction.</p>
<p><strong>K : Que pensez-vous de l&#8217;exposition qui a lieu actuellement au Musée International du Manga de Kyôto ? Est-elle de nature a « révéler » la Bande Dessinée au public japonais, au moins dans une certaine mesure ? </strong></p>
<p align="justify"><em>F.T.</em> : C&#8217;est une très belle initiative à laquelle les membres du Cercle d&#8217;étude sur la BD ont contribué grandement. De plus cette exposition a lieu jusqu&#8217;au début 2009. Le Musée International du Manga de Kyoto étant très visité, notamment par les scolaires, gageons qu&#8217;une partie de ces visiteurs gardera en mémoire qu&#8217;il existe un manga européen, qui vit et palpite, sous des formes différentes du manga japonais, et dont on peut retrouver la trace en librairie en japonais (en cherchant bien certes)</p>
<p><strong>K : Quelles sont, pour vous, les principales différences entre manga et bande dessinée ? Rejoignez-vous sur ce point les conceptions de Frédéric Boilet (qui a popularisé le « manga d&#8217;auteur » en France au travers de la collection Sakka) ?</strong></p>
<p align="justify"><em>F.T.</em> : Je ne me souviens plus exactement des conceptions de Frédéric Boilet mais je me souviens de mes premières impressions a la lecture de mon premier manga: toutes ces spécificités liées au dessin, sens de lecture inverse, choix de cadrage des scènes ou système narratif qui perturbe l&#8217;œil et nos repères de BDphiles. C&#8217;est valable dans un sens comme dans l autre. Comme on l&#8217;a constaté il y a près de 15 ans en France, BD et manga sont très différents mais les deux racontent au final la même chose: une histoire.  Offrir à l&#8217;autre, ou recevoir de l&#8217;autre de bonnes histoires doit être au cœur du processus de découverte interculturelle.  En tant qu&#8217;auteur et aussi en tant qu&#8217;éditeur pour Sakka, Frédéric Boilet a une expertise phénoménale a la fois de la Bande dessinée et du manga (je mets le mot manga au masculin comme je mets gameboy au féminin, pas par revendication idéologique mais par habitude), et l&#8217;action qu&#8217;il a su mener pour la promotion de la bande dessinée d&#8217;auteur est tout a fait remarquable. Personnellement, je  n&#8217;aurai jamais son expérience et ses connaissances qui nourrissent son engagement pour un type de BD en particulier. Sans doute par manque d&#8217;attache personnelle avec le monde de la BD, je n&#8217;ai pas sa vision assez dualiste BD d&#8217;auteur / BD commerciale. Je ne veux pas dire que tout est bon dans la BD, mais il y a du bon dans tous les genres en BD. Et c&#8217;est justement cette richesse, comparable au cinéma ou à la gastronomie qu&#8217;il faut savoir offrir aux pays étrangers, plus que les produits de luxe ou nos chaines de supermarchés.</p>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp5">Copyright Frédéric Toutlemonde &#8211; 2008</div>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp6">copyright 2008 Euromanga</div>

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		<title>Euromanga 1</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Oct 2008 03:39:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On le sait, le manga s&#8217;est taillé une place de choix dans le paysage bédéistique français, à tel point que certains ont eu peur au début qu&#8217;il ne supplante définitivement son rival franco-belge. Quelques années plus tard, on peut constater qu&#8217;il n&#8217;en a fort heureusement rien été et que le manga est simplement venu diversifier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_573" class="wp-caption alignleft" style="width: 222px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/euromanga.jpg"  class="wmp" id="wmp7"><img class="size-medium wp-image-573" title="euromanga" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/euromanga-212x300.jpg" alt="copyright 2008 Euromanga" width="212" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright 2008 Euromanga</p></div>
<p align="justify">On le sait, le manga s&#8217;est taillé une place de choix dans le paysage bédéistique français, à tel point que certains ont eu peur au début qu&#8217;il ne supplante définitivement son rival franco-belge. Quelques années plus tard, on peut constater qu&#8217;il n&#8217;en a fort heureusement rien été et que le manga est simplement venu diversifier l&#8217;offre proposée aux lecteurs.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Au Japon, en revanche, la Bande Dessinée reste encore très largement méconnue du grand public. Rares sont les albums européens ou les auteurs à avoir percé en milieu nippon, à l&#8217;exception peut-être de Frédéric Boilet, il est vrai déjà installé au Japon depuis de nombreuses années et qui n&#8217;a eu de cesse de le mettre en scène dans ses différents albums (Tôkyô est mon jardin, L&#8217;Epinard de Yukiko, Mariko parade, etc&#8230;).</p>
<p align="justify">
<p align="justify">A cela sans doute plusieurs raisons. La première est certainement la différence technique fondamentale qui existe entre BD et manga : aux 46 planches couleur publiées au mieux une fois l&#8217;an s&#8217;opposent les centaines de planches noir et blanc que les auteurs nippons sont obligés de remettre aux magazines de prépublication pour espérer un jour une édition en album. Le prix également, qui fait du manga un objet de consommation courante, qu&#8217;on lit puis qu&#8217;on revend ou qu&#8217;on abandonne dans un métro ou qu&#8217;on recycle.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Peut-être cela est-il en train de changer, cependant, comme l&#8217;image du manga a évolué en France ces dernières années. Un certain nombre d&#8217;albums franco-belges sont traduits et édités en japonais (Blacksad, Persépolis, Petit vampire, l&#8217;Ascension du Haut Mal&#8230;), sans parler de certaines collaborations artistiques franco-japonaises, comme par exemple avec Katsuya Terada. On peut noter également la tenue d&#8217;une exposition sur la Bande Dessinée au Musée International du Manga de Kyôto : <a href="http://www.kyotomm.com/2008/09/bande_dessinee.php">http://www.kyotomm.com/2008/09/bande_dessinee.php</a></p>
<blockquote>
<p align="justify">Le pari est ambitieux, mais ce magazine semble s&#8217;être donné les moyens d&#8217;y parvenir</p>
</blockquote>
<p align="justify">
<p align="justify">Et puis il y a Euromanga. Toute jeune parution, puisque ce numéro 1 date de septembre 2008, elle a pour ambition affichée de faire découvrir et mieux comprendre la bande dessinée occidentale au public japonais. Le pari est ambitieux, mais ce magazine semble s&#8217;être donné les moyens d&#8217;y parvenir : il s&#8217;ouvre en effet sur quatre pages richement illustrées expliquant au public japonais ce qu&#8217;est la bande dessinée en essayant de faire comprendre la diversité, la richesse que recouvre ce terme (les références sont multiples, entre BD de grandes maisons d&#8217;édition et éditeurs indépendants), mais aussi les différences de pratique culturelle entre français et japonais ; le petit strip « BD attitude » réalisé par le duo Torta/Cardona (Sentaï School entre autres) en est la plus éclatante manifestation.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Euromanga est aussi un magazine de prépublication, car il ne sert à rien de théoriser la BD sans la montrer. Les choix éditoriaux sont intéressants car variés : Skydoll (Barbucci/Canepa), Rapaces (Marini/Dufaux), Blacksad (Guarnido/Canales) et le Bibendum Céleste (de Crécy) ouvrent ce premier numéro, accompagnés d&#8217;une interview de Nicolas de Crécy, d&#8217;un portait de Canepa et Barbucci et que quelques dessins tirés d&#8217;une rencontre franco-japonaise qui a eu lieu à l&#8217;île de la Réunion. Bref, un bien beau programme !</p>
<p align="justify">
<p align="justify">D&#8217;autant que techniquement, Euromanga met la barre très haut : format BD mais reliure souple, papier de très bonne qualité, planches traitées avec respect et traduction qui va bien. Évidemment, tout cela a un prix, 1500 yens (un peu moins de 10€ selon les cours de la bourse qui fluctuent comme on sait) ce qui est bien plus cher qu&#8217;un magazine de prépublication japonais, et une parution bi-annuelle, puisque le numéro 2 est attendu pour le mois de mars 2009. Mais l&#8217;objectif n&#8217;est clairement pas de concurrencer Shônen Jump ou autres monstres éditoriaux hebdomadaire&#8230; Le défi est énorme, mais Euromanga s&#8217;annonce prometteur. Une initiative à suivre, sans aucun doute !</p>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp7">copyright 2008 Euromanga</div>

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