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	<title>Kroniks &#187; fantastique</title>
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		<title>Zombillénium</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Dec 2011 02:08:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ne niez pas : vous connaissez sans doute Arthur de Pins et sa série des « Péchés mignons » (Fluide Glacial), hein, bande de coquines et de coquins !! Bah, avouez, y a rien de mal à ça, surtout que ces péchés, non contents d’être sexys en diable, sont aussi hilarants. Mais connaissez-vous la facette « narration » d’Arthur de Pins ? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3105" class="wp-caption alignleft" style="width: 227px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/zombillenium1.jpg"  class="wmp" id="wmp1"><img class="size-medium wp-image-3105" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/zombillenium1-217x300.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright A. de Pins / Dupuis 2010</p></div>
<p>Ne niez pas : vous connaissez sans doute Arthur de Pins et sa série des « Péchés mignons » (Fluide Glacial), hein, bande de coquines et de coquins !! Bah, avouez, y a rien de mal à ça, surtout que ces péchés, non contents d’être sexys en diable, sont aussi hilarants.</p>
<p>Mais connaissez-vous la facette « narration » d’Arthur de Pins ? Non ? Alors voilà une excellente occasion de vous rattraper, avec sa série « Zombillénium » !</p>
<p>Zombillénium, c’est d’abord le nom d’un parc d’attractions sur le thème des monstres et de l’épouvante. Fantômes, zombies, momies, démons déments et squelettes en goguette à tous les étages ! Situé en pleine cambrousse, c’est l’attraction du coin. Ce que les visiteurs et les habitants du coin ne savent pas, par contre… c’est qu’il n’y a aucun trucage dans ce parc ! Les monstres sont de vrais monstres.  Mais voilà, ils sont là pour le business, pas pour se repaître des humains normaux. Les temps ont bien changé, depuis les chasses aux sorcières du Moyen Âge…</p>
<p>Et cela, Aurélien Zahner va le découvrir « à son corps défendant » : déprimé par le fait que sa femme le trompe, il décide d’attaquer un bistrot. Pas de bol : c’est le bistro que Gretchen, jeune sorcière stagiaire au parc, a choisi pour acheter ses cigarettes ! Coup de bol, elle va alors gentiment neutraliser Aurélien et le convaincre de rentrer chez lui sans faire de vagues. Pas de bol, si Aurélien repart, il ne fait pas attention en traversant la rue et se fait renverser par une voiture ! Raide mort, Aurélien ! Coup de bol : dans la voiture, trois employés du parc : Aton la momie, Sirius le squelette et Francis le vampire ; ce dernier va mordre Aurélien et le ramener à la vie.</p>
<div id="attachment_3106" class="wp-caption alignright" style="width: 235px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/zombillenium2.jpg"  class="wmp" id="wmp2"><img class="size-medium wp-image-3106" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/zombillenium2-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright A. de Pins / Dupuis 2011</p></div>
<p>Pas de bol : ce faisant, Aurélien sait que Zombillénium est « vrai » et est embauché d’office dans le parc. Contrat à durée indéterminée et non révocable, cela va sans dire… Et il n’est pas au bout de ses surprises ! Que je ne révèlerai bien sûr pas ici.</p>
<p>Zombillénium est l’occasion pour Arthur de Pins de montrer à ceux qui l’ignoraient qu’il SAIT raconter une histoire suivie et dessiner autre chose que des bimbos et des beaux mecs (même si, certes, Aurélien ressemble plus à Brad Pitt qu’à Sim). Les personnages, principaux et secondaires, sont fouillés et crédibles (un comble pour des monstres !) et la plupart ont une personnalité attachante. L’histoire promet également son lot de rebondissements, vu que les choses s’accélèrent dès le deuxième tome.</p>
<p>Arthur de Pins en profite également pour truffer son récit de clins d’oeil à des séries, des films, des œuvres littéraires, etc… Tout cela est fait de manière très judicieuse, n’alourdissant jamais le rythme du récit. Mais on se prend souvent à revenir en arrière, ou à relire l’album en se disant « mais attends, là, je connais ça ! ». Bref, Arthur de Pins brasse du Monstres &amp; Cie, du Harry Potter, l’Exorciste, Michaël Jackson et je pense bien même avoir vu l’éternel Marcel Gotlib, mais je ne vous dirai évidemment pas où !</p>
<p>Alors oui, Zombillénium est une BD très attachante, qu’on relit de multiples fois rien que pour le plaisir. Et ça, c’est bien un gage de qualité !
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	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/arthur-de-pins/" title="arthur de pins" rel="tag">arthur de pins</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/bd/" title="bd" rel="tag">bd</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/fantastique/" title="fantastique" rel="tag">fantastique</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/humour/" title="humour" rel="tag">humour</a><br />
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		<title>Thermae Romae 3</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Apr 2011 07:09:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le premier tome de Thermae Romae, dont je vous avais parlé dans les colonnes de Kroniks, était pour moi une des révélations manga de ces dernières années. Nous voici déjà rendu au tome 3, et l’impression demeure ! Nous retrouvons donc Lucius, notre architecte romain, toujours en proie aux déplacements temporels avec le Japon moderne. Si [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2782" class="wp-caption alignleft" style="width: 218px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/thermae_large.jpg"  class="wmp" id="wmp3"><img class="size-medium wp-image-2782 " title="Thermae Romae 3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/thermae_large-208x300.jpg" alt="Thermae Romae 3" width="208" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Mari Yamazaki / Enterbrain 2011</p></div>
<p>Le premier tome de Thermae Romae, <a href="http://www.kroniks.net/2010/06/22/thermae-romae/">dont je vous avais parlé</a> dans les colonnes de Kroniks, était pour moi une des révélations manga de ces dernières années. Nous voici déjà rendu au tome 3, et l’impression demeure !</p>
<p>Nous retrouvons donc Lucius, notre architecte romain, toujours en proie aux déplacements temporels avec le Japon moderne. Si l’expérience est toujours aussi déstabilisante pour lui, il commence cependant à y prendre goût et à apprécier le Japon.</p>
<p>Il faut dire que la situation de Lucius à Rome a évolué : ses « innovations » l’ont fait connaitre et il est maintenant en relation de travail avec rien de moins que l’empereur en personne ! Si lui n’a pas changé d’attitude dans sa vie de tous les jours, sa notoriété lui a évidemment attiré des inimitiés, notamment au sein du Sénat romain, car certains sénateurs voient d’un mauvais œil cet architecte sorti de nulle part devenu proche de l’empereur…</p>
<p>C’est ainsi qu’il est envoyé en Campanie, dans la région de Bénévent, par un message officiel en provenance du Sénat. On aurait apparemment besoin de ses services d’architecte là-bas… Même si l’ordre le surprend, Lucius n’a d’autre choix que de s’exécuter et de partir séance tenante. Problème : la Campanie est loin d’être une région paisible et évidemment, il tombe sur des brigands, chose que les sénateurs à l’origine du message espéraient d’ailleurs.</p>
<p>Imaginez donc la surprise des brigands quand ils découvrent que leur dernière proie n’est autre qu’un architecte expert en bains… Pourtant, Lucius remarque que la région, volcanique, se prête tout à fait à son art (surtout depuis qu’il a découvert les onsen japonais) et entreprend de convaincre les brigands qu’ils sont assis sur un trésor… s’ils veulent bien se donner la peine de l’exploiter !</p>
<p>Évidemment, au cours de l’aménagement du site, Lucius trébuche et tombe à l’eau… pour en sortir à nouveau dans le Japon moderne, dans une station thermale. Là, il va découvrir tout le business qui entoure les sources, les restaurants, les boutiques de souvenirs… et les lupanars, et va bien entendu s’empresser d’essayer d’adapter tout cela à son époque.</p>
<p>C’est là tout le mérite de Mari Yamazaki : tout en continuant les allers retours entre l’époque romaine et l’époque moderne, elle sait faire évoluer son personnage principal, ses motivations, son entourage, évitant ainsi de s’enfermer dans un pur comique de répétition. Certes, chaque chapitre est l’occasion d’un voyage dans le temps, mais à chaque fois, les tribulations de Lucius sont aussi bien un jeu sur le décalage des époques qu’une réflexion sur les cultures romaine et japonaise du bain.</p>
<p>Il est vrai que le rythme de parution des aventures de Lucius n’a pas de comparaison possible avec celui des séries-phares du manga japonais. Tant mieux, cela laisse à Mari Yamazaki le temps de prendre son propre rythme, de fouiller ses personnages et de s’assurer que jamais la lassitude du procédé du voyage temporel ne s’installe.</p>
<p>Le public japonais ne s’y trompe d’ailleurs pas : les deux premiers tomes ont été un vrai succès et la parution du tome 3 a été l’occasion d’annoncer qu’un film (sur un scénario apparemment original) est déjà en cours de planification. Lucius y serait joué par ABE Hiroshi (que les fans de séries télé japonaises connaissent déjà avec Dragonzakura, par exemple), quant au personnage féminin principal (parce qu’il en faut bien un, d’où le scénario original), il serait tenu par UETO Aya, chanteuse et star du petit et du grand écran japonais. Pas de date encore, mais la production est apparemment assurée.</p>
<p>J’espère franchement que cette série parviendra en France rapidement. Il y a encore peu, j’aurais dit que c’était fort improbable, mais j’ai dit la même chose de <a href="http://www.kroniks.net/2011/04/13/les-vacances-de-jesus-et-bouddha/">Saint Onii-san</a> et le premier tome français vient de paraitre ! Tous les espoirs sont donc permis… En attendant, si vous lisez le japonais, jetez-vous dessus !
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp3">Thermae Romae 3</div>

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		<title>Osville</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Jan 2011 10:33:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Michaël Paris est bien ennuyé : la vente du bien immobilier que son grand-père vient de lui léguer ne s&#8217;annonce pas sous les meilleurs auspices. Il ne lui restait pourtant que quelques signatures à apposer au bas du contrat de vente et à repartir avec l&#8217;argent. Mais voilà : le terrain se révèle être en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2530" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/osville.jpg"  class="wmp" id="wmp4"><img class="size-medium wp-image-2530" title="osville" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/osville-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright R. Moore / Albin Michel 2006</p></div>
<p>Michaël Paris est bien ennuyé : la vente du bien immobilier que son grand-père vient de lui léguer ne s&#8217;annonce pas sous les meilleurs auspices. Il ne lui restait pourtant que quelques signatures à apposer au bas du contrat de vente et à repartir avec l&#8217;argent.</p>
<p>Mais voilà : le terrain se révèle être en fait un cimetière, dans une drôle de ville, Osville. Michaël aurait dû s&#8217;en douter quand même : l&#8217;automobiliste qui l&#8217;avait pris en stop suite à la panne de son véhicule n&#8217;a pas voulu s&#8217;approcher à moins de quelques kilomètres de la ville. Il faut dire aussi que le nuage noir qui plane en permanence sur la ville n&#8217;est pas des plus engageants&#8230;</p>
<p>Pourtant, les habitants sont plus qu&#8217;amicaux&#8230; et empressés que la vente soit conclue, en particulier M. le Maire Wormwood ! Ils font tout pour mettre à l&#8217;aise Michaël et obtenir sa signature avant qu&#8217;il ne voie le bien immobilier en question. Etonné, Michaël demande à le voir quand même&#8230; et s&#8217;aperçoit non seulement qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un cimetière mais qu&#8217;en plus il est habité !! Au rang des pensionnaires : Abby la vampire, Ralph le loup-garou, Sid le squelette joueur de poker et bien d&#8217;autres individus tout aussi folkloriques !</p>
<p>Bien sûr, Michaël tombe de haut, d&#8217;autant que malgré leur statut de &laquo;&nbsp;monstres&nbsp;&raquo;, les résidents du cimetières semblent tout à fait amicaux&#8230; et dotés d&#8217;un sacré sens de l&#8217;humour ! Va-t-il pour autant réviser son jugement et annuler la vente ? A vous de le découvrir !</p>
<p>Un avertissement avant d&#8217;aller plus loin : le tome 1 de cette série est malheureusement le seul à être sorti en français jusque là. Et vu qu&#8217;il est paru en 2006, je crois qu&#8217;on peut faire une croix sur la suite dans la langue de Molière, ce qui est regrettable&#8230; La série vient de trouver une conclusion temporaire, voire définitive, à son septième tome, sorti en juillet 2010 aux USA.</p>
<p>Pourtant, ce serait dommage de passer à côté d&#8217;Osville : l&#8217;histoire, sans être d&#8217;une originalité folle, est bien menée, les personnages sont attachants, y compris les seconds rôles. Le graphisme est sympa et a sa propre identité. Richard Moore, l&#8217;auteur, s&#8217;en sort bien et crée son univers bien à lui, ce qui est toujours appréciable. De plus, l&#8217;histoire contenue dans ce tome 1 a une conclusion, même si on se doute que l&#8217;histoire se prolonge ; ce qui fait que même si vous vous portez acquéreur de ce tome 1, vous ne vous retrouverez pas coincé en plein milieu d&#8217;une histoire dont vous ne connaîtriez jamais la fin&#8230;</p>
<p>Bref, il pourrait être utile de donner une nouvelle fois sa chance à Osville, ne serait-ce que pour encourager l&#8217;éditeur à reprendre la publication des tomes suivants !
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	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/comics/" title="Comics" rel="tag">Comics</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/fantastique/" title="fantastique" rel="tag">fantastique</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/humour/" title="humour" rel="tag">humour</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/richard-moore/" title="Richard Moore" rel="tag">Richard Moore</a><br />
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		<title>Scott Pilgrim</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Dec 2010 06:52:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comics]]></category>
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		<category><![CDATA[Bryan Lee O'Malley]]></category>
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		<description><![CDATA[Perplexe, je le suis. On a l’habitude, sur Kroniks.net, de publier des chroniques de nos coups de cœur, des lectures qu’on vous conseille. Et là, pour une fois, c’est plutôt moi qui vais vous demander, à vous lecteurs, votre opinion. Scott Pilgrim me laisse en effet perplexe. Oh, j’ai lu les 6 tomes, en anglais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2506" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ScottPilgrim.jpg"  class="wmp" id="wmp5"><img class="size-medium wp-image-2506" title="ScottPilgrim" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ScottPilgrim-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Bryan Lee O&#39;Mally / Milady 2010</p></div>
<p>Perplexe, je le suis. On a l’habitude, sur Kroniks.net, de publier des chroniques de nos coups de cœur, des lectures qu’on vous conseille. Et là, pour une fois, c’est plutôt moi qui vais vous demander, à vous lecteurs, votre opinion.</p>
<p>Scott Pilgrim me laisse en effet perplexe. Oh, j’ai lu les 6 tomes, en anglais puisque la parution française est en cours, et je verrai le film sans doute bientôt. Mais voilà : après lecture de Scott Pilgrim, je ne comprends toujours pas quel intérêt cette BD peut avoir.</p>
<p>Eliminons les possibles interférences : j’ai lu la série complète, donc à priori il ne me manque pas de « bout » d’histoire. Je l’ai lue en anglais, mais je pense avoir une maitrise suffisamment grande de la langue de Bruce Willis pour en avoir saisi les subtilités, y compris au niveau des références culturelles. Mais voilà, rien n’y fait, tout ce que m’évoque Scott Pilgrim, c’est un vide intersidéral.</p>
<p>Résumons l’histoire, pour ceux d’entre vous qui ne la connaitraient pas : Scott Pilgrim narre les aventures de… Scott Pilgrim (facile jusque-là), post-ado glandeur, joueur de basse dans le groupe Sex Bob-omb, et qui vit à Toronto.</p>
<p>Scott fait la connaissance de Knives Chau, une lycéenne d’origine asiatique, et décide de sortir avec elle. Mais voilà, dans ses rêves il voit une jeune femme en rollers et en tombe amoureux. Jusqu’au moment où il découvre que la jeune femme existe, qu’elle s’appelle Ramona Flowers et que si elle passe dans ses rêves c’est que ceux-ci sont connectés au sub-espace par lequel elle passe pour faire ses livraisons (elle travaille pour Amazon Canada)… Le truc, c’est que si Ramona n’est pas indifférente aux charmes de Scott, ce dernier va devoir battre en duel les 7 méchants ex-petits amis de Ramona avant de pouvoir officiellement sortir avec elle.</p>
<p>Le décor est planté, autour de ces deux personnages gravitent d’autres personnages bien typés, comme le coloc gay, les ex-camarades de classe, etc. Tout cela pourrait être d’une banalité affligeante s’il n’y avait pas ce sub-espace et le fait que Scott gagne des niveaux et des nouveaux pouvoirs quand il bat ses adversaires. Oui, là, c’est déjà nettement plus étrange.</p>
<p>Le style graphique est résolument « jeune », à mi-chemin entre manga et comics : très stylisé, avec une action très dynamique. Les dialogues sont dans la veine des teen-movies, les personnages font assaut de cynisme, de bons mots et de philosophie de vie.</p>
<p>Oui mais voilà : à aucun moment la sauce ne prend, en tout cas pour moi. Scott est plus une amibe qu’un être humain, difficile d’avoir plus de trois cases de discours cohérent en ce qui le concerne. Au début, c’est rigolo, rapidement, ça gonfle. Knives et Ramona ? respectivement la fan et la nana tourmentée, oui, bon, on a déjà vu ça 1000 fois en plus intéressant. Les ex de Ramona ? A chaque fois, un gros soufflet qui retombe : on a l’impression d’être devant un mauvais jeu vidéo, et le boss final (le 7<sup>e</sup> petit ami de Ramona) y ressemble aussi, un espèce de super-vilain imbattable par le héros sauf avec le concours de sa bien-aimée.</p>
<p>Les « sidekicks » de Scott sont aussi rapidement gonflants. A faire assaut de cynisme tout le temps, j’ai vite eu envie de leur conseiller de s’acheter une vie, parce que là, à part se morfondre sur des canapés ou dans des cafés en ironisant sur la vie, l’amour et la tenue de la rivale, bien rien, quoi.</p>
<div id="attachment_2505" class="wp-caption alignright" style="width: 180px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Couv_111851.jpg"  class="wmp" id="wmp6"><img class="size-full wp-image-2505" title="Couv_111851" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Couv_111851.jpg" alt="" width="170" height="249" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Bryan Lee O&#39;Mally / Milady 2010</p></div>
<p>Comprenez-moi bien : je n’ai rien contre les personnages qui se laissent porter par la vie parce qu’ils ne savent pas quoi faire, qu’ils doutent. Ma chronique de « Celle que je ne suis pas » (par Vanyda) <a href="http://www.kroniks.net/2008/06/13/celle-que-je-ne-suis-pas/">vous en convaincra sans doute</a>.</p>
<p>Mais non, là, Scott Pilgrim, aucun déclic, juste de l’ennui. Et pourtant, j’ai lu tous les tomes, pour savoir justement quelle était la finalité de tout ça ! Ce n’est pas nul, hein, simplement je n’ai trouvé aucun intérêt à la lecture de cette série. Il y a des éléments sympathiques, Scott Pilgrim n’est pas une œuvre à « jeter », loin de là, mais voilà, pour moi ça n’a pas marché.</p>
<p>Du coup, je suis perplexe : ai-je affaire à un produit BD dont le succès repose totalement sur une fausse hype ? Suis-je passé à côté de quelque chose ? Les codes narratifs sont-ils déjà trop « jeunes » pour moi, sale vieux con trentenaire ? Auquel cas j’ai du mouron à me faire…</p>
<p>Alors voilà, du coup je vous pose la question : Scott Pilgrim, ça vaut quelque chose ?
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	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/action/" title="action" rel="tag">action</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/bryan-lee-omalley/" title="Bryan Lee O&#039;Malley" rel="tag">Bryan Lee O&#039;Malley</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/comics/" title="Comics" rel="tag">Comics</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/fantastique/" title="fantastique" rel="tag">fantastique</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/humour/" title="humour" rel="tag">humour</a><br />
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		<title>Courtney Crumrin</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Sep 2010 08:59:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Ted Naifeh]]></category>

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		<description><![CDATA[Allez, je l’avoue, soyons fous : j’aime beaucoup Harry Potter (les romans, pas les films). J’ai toujours été bon public pour les histoires de magie et comme Harry Potter est remarquablement bien écrit (si, si, mais il faut aller plus loin que le battage médiatique autour !), ben j’ai craqué depuis longtemps. Maintenant que je me suis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2427" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/crumrin1.jpg"  class="wmp" id="wmp7"><img class="size-medium wp-image-2427" title="crumrin1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/crumrin1-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ted Naifeh / Akileos 2004</p></div>
<p>Allez, je l’avoue, soyons fous : j’aime beaucoup Harry Potter (les romans, pas les films). J’ai toujours été bon public pour les histoires de magie et comme Harry Potter est remarquablement bien écrit (si, si, mais il faut aller plus loin que le battage médiatique autour !), ben j’ai craqué depuis longtemps.</p>
<p>Maintenant que je me suis peut-être déconsidéré à vos yeux, quel rapport avec Courtney Crumrin, me direz-vous ? Eh bien tout ! Regardez Courtney : une pré-adolescente mal dans sa peau, embarquée avec des parents dont le seul but dans la vie est de se frotter aux stars et aux riches. On a connu mieux, comme milieu familial, non ?</p>
<p><strong>La magie au quotidien</strong></p>
<p>Et comme les parents Crumrin vivent bien au-dessus de leurs moyens, ils ont accepté avec empressement d’emménager dans la vieille maison de l’oncle Aloysius avec ce dernier : pas de loyer à payer, en échange de l’entretien de la maison et de l’ordre formel de ne pas déranger l’oncle. Pour Courtney, par contre, ce n’est pas la joie : déménagement, perte des rares amis qu’elle avait, une nouvelle école à affronter en perspective et une bâtisse aussi peu avenante que l’est l’oncle en question… Les plafonds sont trop hauts, les parquets grincent alors qu’il n’y a personne et franchement, dormir dans un lit à baldaquin, c’est moyen moyen.</p>
<p>Et pourtant… Courtney est une fouineuse, elle ne peut pas s’empêcher de se trouver souvent là où elle ne devrait pas, quand elle ne devrait pas. C’est ainsi qu’elle va rapidement s’apercevoir que l’oncle Aloysius est bien plus qu’elle ne croit et qu’elle va mettre la main sur des bouquins qu’elle est sans doute un peu jeune pour lire… D’autant que dehors, sous ses fenêtres, ça bouge, ça n’a pas l’air d’être un lapin ou autre charmante bestiole disneyenne !</p>
<p>Boum ! Voilà le lien entre Courtney et Harry : la magie au quotidien et l’existence d’un autre monde au-delà de ce qu’on voit habituellement ! Certes, Courtney n’aura pas un Ron et une Hermione pour l’épauler, mais Aloysius n’est pas si loin que ça d’une version bourrue d’un Dumbledore…</p>
<div id="attachment_2428" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/crumrin2.jpg"  class="wmp" id="wmp8"><img class="size-medium wp-image-2428" title="crumrin2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/crumrin2-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ted Naifeh / Akileos 2005</p></div>
<p>Cependant, il faut vous y faire : Ted Naifeh, l’auteur, apprécie particulièrement les ambiances gothiques, sombres et parfois sanglantes. Mortis Junior, déjà chroniqué dans nos colonnes, en est une version édulcorée, accessible aux plus jeunes. Courtney Crumrin, c’est beaucoup moins de concessions : la magie est dangereuse, les créatures « fantastiques » ne le sont pas moins, quant aux sorciers, ils sont comme beaucoup d’êtres humains, vils, veules et assoiffés de pouvoir. On meurt dans Courtney Crumrin et c’est parfois très sale. Oui, Ted Naifeh aime le macabre, peut-être pas au point d’un Roman Dirge (Lenore), mais c’est gothique, sombre et comme dans la vie, les erreurs se paient cash.</p>
<p><strong>Le roman d&#8217;une autodidacte</strong></p>
<p>Courtney va en effet faire ses premiers pas dans la magie en autodidacte. Cela résultera en catastrophe quand elle essaiera de concevoir un philtre pour que ses camarades de classe l’apprécient, et il faudra l’intervention de son oncle pour que les choses rentrent dans l’ordre. Ce dernier comprend d’ailleurs rapidement que Courtney n’est pas à l’image de ses parents et qu’elle est sans doute digne d’intérêt ; une vraie complicité va alors se nouer entre le vieil homme et l’adolescente casse-cou, dans une vraie relation mentor-élève doublée d’un réel attachement familial.</p>
<p>Et il va en falloir, parce que Courtney va en traverser, des épreuves ! Oh, pas de destinée grandiose, Courtney ne va pas sauver le monde ou je ne sais quoi d’aussi hollywoodien, il n’empêche que les périls seront tout aussi grands. Par exemple, on ne se mêle pas au « peuple d’en bas » (le peuple-fée) sans en subir les conséquences, souvent désastreuses. Vous comprendrez bien entendu que je ne vous en dise pas plus, il serait dommage de gâcher de si bonnes histoires. Car oui, Ted Naifeh, en plus de savoir dessiner, a un réel talent de scénariste.</p>
<p>Si les 4 tomes de Courtney Crumrin sont autant d’histoires indépendantes, il y a tout de même un fil rouge qui les unit et qui assure la continuité scénaristique. Cela permet à Ted Naifeh à la fois de raconter les histoires qu’il veut et de construire ses personnages sur la durée. Il peut ainsi en travailler la profondeur et les rendre attachants, à différents niveaux. Même les parents de Courtney, pourtant à mille lieux de se douter de ce que fait leur fille, obnubilés qu’ils sont par leur désir de réussite sociale, vont se révéler plus complexes qu’on aurait pu le penser de prime abord.</p>
<div id="attachment_2429" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/crumrin3.jpg"  class="wmp" id="wmp9"><img class="size-medium wp-image-2429" title="crumrin3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/crumrin3-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ted Naifeh / Akileos 2005</p></div>
<p><strong>Une réalisation sans faille</strong></p>
<p>Je disais que Ted Naifeh sait dessiner. Je devrais rajouter qu’il a un style bien à lui : tout en noir et blanc, dans un trait à la frontière entre le cartoon, le réalisme et l’esquisse, on sent dès la première page qu’on n’ouvre pas seulement une BD mais qu’on pénètre dans un monde. Malgré la simplicité des traits des personnages, on n’a aucune difficulté à ressentir leurs émotions, à comprendre leur état d’esprit. Ted Naifeh sait aussi remarquablement bien rendre la complexité de la nuit : effrayante, mais riche de mystères, de découvertes potentielles et de dangers terrifiants. Le Croquemitaine n’est pas loin, mais ses motivations ne sont peut-être pas aussi simples que l’ont croit.</p>
<p>Alors oui, pour moi Courtney Crumrin est un paradoxe : c’est une œuvre à la fois moderne et très « Madeleine de Proust », en cela qu’elle me rappelle les « kids movies » avec lesquels j’ai grandi dans les années 80 (les Goonies, Gremlins, Explorers, etc…) et les terrifiants Contes de la Crypte. Le cocktail est, je dois bien l’avouer, tout à fait enivrant. 4 tomes et un extra sur la jeunesse de l’oncle Aloysius, c’est en même temps long et court, parce que si on aime, on voudrait bien lire d’autres aventures de la chipie goth !!</p>
<p>Oui, je sais, cette chronique fait un peu dithyrambe et lèche-bottes, il n’empêche que ce fut un vrai coup de cœur dès la parution du premier tome (merci éternellement à mon libraire spécialisé de me l’avoir conseillé !) et que si vous ne connaissez pas encore ce formidable représentant de la « BD Underground » américaine, je ne peux que vous le conseiller très chaudement !!</p>
<p>J&#8217;allais oublier : si vous appréciez le style de Ted Naifeh, n&#8217;hésitez pas à consulter <a href="http://tednaifeh.com/">son site internet</a> !
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		<title>Barbara</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Aug 2010 02:52:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C’est presque inutile de parler d’Osamu Tezuka désormais, vu que son talent est maintenant tout à fait reconnu en France. Le nombre de ses œuvres éditées en est témoin, même si elles ne représentent encore qu’une faible partie de la totalité. Mais voilà, parmi ces œuvres, il y en a certaines qui sont moins connues [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2419" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/barbara1.jpg"  class="wmp" id="wmp10"><img class="size-medium wp-image-2419" title="barbara1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/barbara1-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright O. Tezuka / Delcourt 2005</p></div>
<p>C’est presque inutile de parler d’Osamu Tezuka désormais, vu que son talent est maintenant tout à fait reconnu en France. Le nombre de ses œuvres éditées en est témoin, même si elles ne représentent encore qu’une faible partie de la totalité.</p>
<p>Mais voilà, parmi ces œuvres, il y en a certaines qui sont moins connues que d’autres du grand public, et c’est dommage. Je vous avais déjà parlé sur ce blog d’Ayako, œuvre magistrale du maître et beaucoup plus réaliste dans son traitement que les séries pour lesquelles il est le plus connu.</p>
<p>C’est le cas également de Barbara, courte histoire (2 volumes) publiées initialement en 2005 par Delcourt.</p>
<p>Pour être honnête, Barbara n’est pas la plus accessible des œuvres de Tezuka. Elle narre la relation entre Yôsuke Mikura, écrivain anecdotique, et Barbara, une étrange hippie, souillon, alcoolique, lascive et sans gêne. D’où vient-elle ? Personne ne le sait. Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’à son contact, Mikura a de plus en plus de succès littéraire et s’affirme comme un des meilleurs auteurs de sa génération. A lui les prix, les distinctions, les maisons d’édition prestigieuses !</p>
<p>Cependant, sa relation avec Barbara n’est pas un long fleuve tranquille : expérimentations psychédéliques, disputes homériques, fréquentations étranges, Mikura découvre rapidement qu’il ne peut plus supporter les frasques de celle qui « squatte » son chez lui, mais que lorsqu’elle part, il n’a plus d’inspiration. Toute cette mythologie sur les Muses serait-elle donc vraie ?</p>
<p>Oui, Barbara est un manga étrange. Il ne suit pas une trame scénaristique classique, on sent que Tezuka expérimente, suit ses envies. C’est aussi un manga qui peut se lire sur plusieurs niveaux, réaliste mais aussi fantastique, voire mystique.</p>
<p>Tezuka y dépeint les affres de la création littéraire, la vie artistique japonaise des années 60-70, le basculement de l’esprit de Mikura vers un « ailleurs », l’escalade dans les actes pour garder Barbara près de lui jusqu’à leur inévitable rupture finale, le flirt avec la folie, l’alcool, l’obsession, la violence des sentiments humains…</p>
<div id="attachment_2418" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/barbara2.jpg"  class="wmp" id="wmp11"><img class="size-medium wp-image-2418" title="barbara2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/barbara2-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright O. Tezuka / Delcourt 2005</p></div>
<p>Bref, Barbara est un manga presque « ésotérique », d’un traitement totalement débarrassé des « tics » comiques du maitre. C’est poisseux, assez dérangeant, pas très optimiste, mais Tezuka réussit à faire prendre tous ses ingrédients et nous livre là une narration fascinante et passionnante.</p>
<p>Un conseil cependant : abordez Barbara comme si vous n’aviez jamais lu de Tezuka auparavant, ou alors relisez Ayako avant de vous lancer dans cette œuvre, vous y serez sans doute plus sensible, du coup ! Mais il serait dommage de passer à côté de cette facette peu connue du talent d’Osamu Tezuka.
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		<title>De Cape et de Crocs</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Jan 2010 01:15:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[aventure]]></category>
		<category><![CDATA[bd]]></category>
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		<description><![CDATA[Ca faisait un bout de temps que j&#8217;avais envie de la faire, cette chronique. Elle me tient à cœur, De Cape et de Crocs est une de mes séries « franco-belges » préférées. Du coup, ne vous attendez pas à un article objectif et dépassionné de ma part ! Ici, c&#8217;est le fan qui parle. Vous comprendrez [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1919" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape1.jpg"  class="wmp" id="wmp12"><img class="size-medium wp-image-1919" title="cape1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape1-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 1995" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 1995</p></div>
<p>Ca faisait un bout de temps que j&#8217;avais envie de la faire, cette chronique. Elle me tient à cœur, <em>De Cape et de Crocs</em> est une de mes séries « franco-belges » préférées. Du coup, ne vous attendez pas à un article objectif et dépassionné de ma part ! Ici, c&#8217;est le fan qui parle.</p>
<p>Vous comprendrez donc que je n&#8217;avais pas envie de la rater, cette chronique. J&#8217;avais envie de transmettre à mes lecteurs (et aux auteurs, si jamais ils lisent un jour ces lignes) toute la passion que je ressens pour les aventures de ce duo improbable, Don Lope le loup et Armand de Maupertuis le renard. Cette envie a souvent justifié le renvoi aux calendes grecques l&#8217;écriture de ce texte : pas le bon moment, pas le bon état d&#8217;esprit, l&#8217;angoisse de la page blanche&#8230; Bref, toutes ces bonnes raisons que l&#8217;on a de ne pas s&#8217;y mettre parce qu&#8217;on craint l&#8217;échec.</p>
<p>Mais voilà : le tome 9, <em>Revers de fortune</em>, est paru et m&#8217;accule à l&#8217;écriture. Il n&#8217;est plus temps de tergiverser, il me faut me retrousser les manches et prendre mon courage à deux mains, voire plus si vous voulez bien m&#8217;en prêter quelques-unes.</p>
<p><em>De Cape et de Crocs</em>, c&#8217;est Alexandre Dumas, Cervantès et Cyrano de Bergerac ressuscités. Ni plus, ni moins. Il y a des héritages dont on aurait plus à rougir que celui-ci, n&#8217;est-ce pas ? Cependant, c&#8217;est bien beau de l&#8217;affirmer, il faut tout de même le prouver.</p>
<p>Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou y parviennent sans aucun souci. Les deux compères se connaissent en effet depuis l&#8217;école des Beaux-Arts d&#8217;Angoulême et leur pratique des jeux de rôle n&#8217;est sans doute pas pour rien dans leurs talents pour la narration graphique. Après tout, <em>Garulfo</em>, mené parallèlement à <em>De Cape et de Crocs</em> le confirme : même si l&#8217;ambiance (et l&#8217;objectif) est différente, le souci de raconter une histoire est toujours présent.</p>
<p>Toutefois, si <em>Garulfo</em> est une œuvre à découvrir absolument, le chef-d&#8217;œuvre du duo est sans aucun doute <em>De Cape et de Crocs</em>. Le talent des deux artistes y explose, littéralement. Mais ne brûlons pas les étapes ; <em>De Cape et de Crocs</em>, qu&#8217;est-ce que c&#8217;est ? Cela peut sembler convenu de poser cette question, mais certains ne connaissent peut-être pas encore la série. Pour ceux-là, je vais mettre un point d&#8217;honneur à ne pas déflorer l&#8217;intrigue.</p>
<div id="attachment_1922" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape4.jpg"  class="wmp" id="wmp13"><img class="size-medium wp-image-1922" title="cape4" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape4-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2000" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2000</p></div>
<p>Bienvenue donc dans le XVIIe siècle flamboyant, celui des 3 Mousquetaires, de la conquête des Indes et des Amériques, des pirates barbaresques en Méditerranée, celui où sur les cartes marines figurent des monstres terrifiants dans les zones non explorées, où la science se cherche encore. Un XVIIe siècle un peu spécial, cependant, puisque humains et animaux anthropomorphisés se côtoient. C&#8217;est d&#8217;ailleurs le cas des deux héros, Don Lope de Villalobos y Sangrin, fier loup hidalgo espagnol, et de son inséparable compagnon, Armand Raynal de Maupertuis, renard gascon. Les deux se vouent une amitié indéfectible depuis qu&#8217;ils se sont rencontrés – et combattus – à la guerre. Lope est fier, ombrageux, sanguin, tandis qu&#8217;Armand est enjoué, prompt à la rime et au bon mot, séducteur invétéré comme tout bon français.</p>
<p>Dans <em>Le secret du Janissaire</em>, Don Lope et Armand vont se lancer dans une chasse au trésor, après la découverte d&#8217;un message dans une bouteille. Ce premier volume, qui lance leur périple, est l&#8217;occasion pour eux de rencontrer un certain nombre de ceux qui deviendront des personnages principaux par la suite : Séléné, Hermine, Eusèbe, le raïs Kader ou encore le capitaine Mendoza. Armand est en effet tombé sous le charme de Séléné, pupille du marchand Cénile Spilorcio, vieux marchand avare, et Don Lope n&#8217;a pu rester insensible à celui de la belle gitane Hermine, même s&#8217;il est d&#8217;abord trop fier pour l&#8217;admettre – pensez donc ! Un hidalgo et une gitane ! Impensable ! Mais l&#8217;Amour a ses raisons que la raison ignore&#8230; Aussi, lorsqu&#8217;Andreo Spilorcio, le fils de Cénile, épris lui aussi de la belle Hermine, l&#8217;enlève en se persuadant qu&#8217;elle finira par répondre à ses attentions, Don Lope ne peut que se précipiter à son secours.</p>
<p>Et voilà, le roman picaresque est lancé ! Car il s&#8217;agit bien de cela, en fait : un grand roman d&#8217;aventures, de cape et d&#8217;épée (c&#8217;est presque le titre, quelle coïncidence amusante !). Si le premier objectif, le trésor des mystérieuses Îles Tangerines, est déjà alléchant, les rocambolesques péripéties des deux compères et de leurs amis ne s&#8217;arrêteront pas en si bon chemin, car ce trésor n&#8217;est en fait pas celui qu&#8217;ils pensaient&#8230;</p>
<p>Et c&#8217;est là le plus frustrant pour un chroniqueur soucieux de s&#8217;adresser à tout le monde : je ne peux pas en dire plus, au risque de révéler des pans de l&#8217;intrigue et donc de gâcher votre plaisir de la découverte ! Sur un œuvre telle que celle-ci, ce serait quasiment un sacrilège&#8230; Néanmoins, une chose peut être dite en toute sécurité : le niveau ne baisse jamais au cours des 9 volumes déjà parus, certains même se hissent à des hauteurs proprement vertigineuses en termes de qualité d&#8217;écriture et de réalisation graphique.</p>
<p>On use souvent de superlatifs dans le monde de la critique littéraire et artistique, mais Jean-Luc Masbou les mérite. C&#8217;est un véritable orfèvre, ciselant chacune de ses planches avec un soin maniaque, confinant à l&#8217;enluminure, mais toujours de manière équilibrée. Résultat : ses cases foisonnent de détails mais ne sont jamais « lourdes » à l&#8217;œil. On peut passer de très longs moments à les détailler pour en saisir tous les éléments, bien souvent des clins d&#8217;œil ou des scènes annexes, telles ces étranges créatures qui s&#8217;échappent du chaudron bouillonnant de l&#8217;alchimiste que consulte le raïs Kader au début du premier tome et finiront par se jeter dans le port, sous le regard éberlué de chats de gouttière&#8230; Malgré ce sens du détail, Masbou n&#8217;oublie jamais le dynamisme qui doit soutenir toute la narration : on est dans un roman d&#8217;aventures, pas dans un drame psychologique, que diable ! Du coup, on sent le souffle de l&#8217;aventure à chaque case. Humains et animaux anthropomorphisés se mêlent harmonieusement, tel Monsieur de Cicognac en second du bateau pirate ou l&#8217;inénarrable lapin Eusèbe. Le</p>
<div id="attachment_1925" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape7.jpg"  class="wmp" id="wmp14"><img class="size-medium wp-image-1925" title="cape7" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape7-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2006" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2006</p></div>
<p>tout est magnifié par la palette de couleurs utilisée par Masbou : rouges flamboyants de couchers de soleil, bleus marines profonds de la nuit citadine, verts luxuriants des jungles des Îles Tangerines&#8230; Il parvient à faire du grand spectacle en cinémascope à chaque case sans que jamais cela ne paraisse clinquant !! Chapeau, l&#8217;artiste&#8230;</p>
<p>Quant à Alain Ayroles, le scénario qu&#8217;il livre, en plus de revisiter ses classiques, est une petite merveille d&#8217;écriture. Vous en connaissez beaucoup, vous, des auteurs qui prennent la peine de faire des alexandrins dans un scénario de BD ? Le style est fluide, se lit sans accroc et si parfois – souvent ! &#8211; il ressemble à celui des pièces de Molière ou des romans de cape et d&#8217;épée (le Capitaine Fracasse, le Comte de Monte-Cristo, Don Quichotte, etc&#8230;), c&#8217;est assumé et jamais pompeux.</p>
<p>Les textes regorgent d&#8217;indices, de références à des œuvres classiques, mais aussi de bons mots, de contrepèteries bien senties (notamment celles du tome 9, mes enfants, elles sont salées !!) Je ne vais pas faire ici la liste des clins d&#8217;œil dans la série, d&#8217;autres l&#8217;ont fait avant moi et avec beaucoup de talent, <a href="http://nerial.free.fr/artelio/artelio/spip_053.html">comme sur ce site</a>. Ce scénario, c&#8217;est aussi celui d&#8217;un amoureux de la langue française, j&#8217;en suis convaincu. Quand, comme moi, on aime les mots, on ne peut que se délecter de l&#8217;écriture d&#8217;Ayroles.</p>
<p>Ayroles laisse libre cours à sa fantaisie, à tel point que les deux compères font parfois une utilisation amusante de cet objet qu&#8217;est une BD : dans certains tomes, les faces intérieures de la reliure sont aussi utilisées pour la narration. La plupart du temps pour des scènes noires, où toutes les émotions des personnages ne sont retransmises que par la forme de leurs yeux, seuls éléments discernables de leur anatomie dans des cases totalement noires : le raïs et Eusèbe dans le ventre du Léviathan, Don Lope et Armand dans la marmite des sauvages&#8230; C&#8217;est très réussi !</p>
<div id="attachment_1918" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape9.jpg"  class="wmp" id="wmp15"><img class="size-medium wp-image-1918" title="cape9" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape9-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2009" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2009</p></div>
<p>Le maître mot de cette œuvre, à tous les niveaux, est en définitive le suivant : équilibre. Tout d&#8217;abord entre les deux auteurs. Alchimie rare, ils parviennent tous deux à déployer l&#8217;étendue de leur talent sans que cela ne nuise au travail de l&#8217;autre : jamais le dessin ne prend le pas sur le texte, ou inversement. Equilibre aussi entre action et psychologie travaillée des personnages. Si <em>De Cape et de Crocs</em> regorge de coups d&#8217;éclat, les protagonistes ne sont pas des coquilles vides ou des archétypes monolithiques. Ils ont tous leurs forces, leurs faiblesses et c&#8217;est cela qui les rend aussi attachants, notamment le pirate Bonney Boone et son inénarrable équipage.</p>
<p>Si vous ne connaissiez pas <em>De Cape et de Crocs</em>, alors il est urgent pour vous de découvrir cette œuvre majeure du paysage BD actuel, de nombreuses heures de plaisir de lecture garanties ! Et pour ceux qui veulent pousser un peu plus loin l&#8217;exploration de l&#8217;univers de Masbou et d&#8217;Ayroles, ils peuvent se reporter à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/De_cape_et_de_crocs">la page wiki</a> de la série, ou encore à cet autre <a href="http://decape.free.fr/">site amateur</a> très bien fait.
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp12">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 1995</div>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp13">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2000</div>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp14">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2006</div>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp15">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2009</div>

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		<title>La Brigade Chimérique</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Dec 2009 21:19:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
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		<description><![CDATA[Septembre 1938. Le Docteur MABUSE a convoqué dans la ville secrète de Métropolis tout le gratin mondial de surhumains pour leur annoncer ses intentions : s’opposer par la force s’il le faut aux communistes et aux juifs qu’il accuse de vouloir liquider l’essence de la civilisation européenne. Les supers soldats russes dans leur armure de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1896" class="wp-caption alignleft" style="width: 284px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/La_Brigade_Chimerique1.jpg"  class="wmp" id="wmp16"><img class="size-full wp-image-1896 " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/La_Brigade_Chimerique1.jpg" alt="Copyright L'Atalante 2009" width="274" height="405" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright L&#39;Atalante 2009</p></div>
<p>Septembre 1938. Le Docteur MABUSE a convoqué dans la ville secrète de Métropolis tout le gratin mondial de surhumains pour leur annoncer ses intentions : s’opposer par la force s’il le faut aux communistes et aux juifs qu’il accuse de vouloir liquider l’essence de la civilisation européenne. Les supers soldats russes dans leur armure de fer s’offusquent de cet affront. De son côté le Nyctalope, le protecteur de Paris, tente de raisonner MABUSE avec l’aide de l’Accélérateur de Londres.<br />
De retour à Paris, Irène JOLIOT-CURIE reçoit la visite d’un ancien soldat qui a été sorti d’un coma de 14 ans par sa mère, Marie CURIE, et découvre son étrange secret qui pourrait bien rétablir l’équilibre des pouvoirs à l’orée d’une guerre mondiale.</p>
<p>Voilà donc résumé très succinctement le départ de l’intrigue d’une nouvelle série de super-héros … français. Oui môssieur. Quoiqu’on devrait plutôt parler de surhommes, mais on y reviendra.</p>
<p>A l’origine de cette série prévue en six tomes se trouve Serge LEHMAN, de son vrai nom Pascal Fréjean, écrivain français passionné de science-fiction.<br />
A la fin des années 90, il s’est rendu compte que la culture française faisait constamment barrage au genre de la SF. Après quelques recherches il a déniché quelques 3 000 récits français écrits entre Jules VERNES et BARJAVEL.<br />
Bien décidé à réhabiliter le genre aux yeux du public, il a cogité et mis de côté une uchronie sur la disparition des surhommes en Europe. L’idée a germé, s’est endormie et lui est revenue en 2005. Il en a parlé à son éditeur l’Atalante, GESS (<em>Carmen Mc CALLUM</em>) a fait un bout d’essai et face à la difficulté qu’il venait de soulever il a demandé l’aide de Fabrice COLIN  (trois fois lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire).*<br />
La série de la Brigade Chimérique venait de naître.</p>
<p>La Brigade Chimérique est donc une uchronie se déroulant dans une Europe fictive peu avant 1940. Un savant fou allemand, le Docteur MABUSE, entend faire barrage aux juifs et aux communistes sur les plateaux de l’Europe de l’Est. L’équilibre des pouvoirs étant menacé, les alliances se nouent entre les protecteurs de chaque Etat pour s’opposer ou rallier cet adepte de la svastika. Deux axes prennent alors formes, une alliance franco-anglo-américaine et une entente hispano-italo-germanique.</p>
<p><strong>Ze Ligue of zi Aixtrordinèri Jeantleumène</strong></p>
<p>La Brigade Chimérique est une œuvre riche et complexe située à la croisée de très nombreuses influences, la Ligue des Gentlemen Extraordinaires en tête, mais pas que.</p>
<p>Sur la forme tout d’abord, puisque les auteurs ont calqué leurs albums sur le format américain des fascicules. Les six tomes prévus se présentent donc sous la forme de petits volumes contenant deux épisodes de 24 pages. L’idée était de sortir du carcan habituel des feuilletons d’aventure à la française, longs, pesants et redondants. En optant pour un format court, ils s’obligent à plus de « légèreté et d’insouciance »*.</p>
<p>Mais la plus grande qualité de la série reste son fond.</p>
<p>Tout comme dans la série de MOORE et O’NEIL, la Brigade se déroule dans un monde similaire au notre où les principaux protagonistes sont dotés de pouvoirs particuliers. Et tout comme dans la Ligue, les personnages sont issus de la littérature fantastique classique. Le Nyctalope est un héros crée par Jean de la Hire, le docteur MABUSE a été inventé par l&#8217;écrivain luxembourgeois Norbert Jacques et même le groupe russe Nous Autres trouve son origine dans la littérature populaire.</p>
<p>Il y aurait par ailleurs beaucoup à dire, et à écrire sur les thèmes et les références invoquées par les scénaristes. On peut citer pèle mêle bien évidemment le mythe du surhomme de NIETZCHE, Kafka, l’Art nouveau, des poulpes lovecraftiens, Albert EINSTEIN, l’expressionnisme allemand de MURNAUD ou la grandiloquence de Frtiz LANG, le tout sur fond science fiction et de machines à vapeur.</p>
<p>Enfin, et pour en finir avec les références, personne ne pourra passer à côté du graphisme de GESS qui lorgne plus qu’abondamment sur le style si particulier de MIGNOLA, fait de personnages bruts et de silhouettes esquissées dans des ombres opaques.<br />
Mais n’est pas MIGNOLA qui veut et force est de constater que les petites cases alignées en gaufrier sur de petites pages nuisent parfois à la fluidité du récit.</p>
<p>On obtient au final une série patchwork qui malgré les très nombreuses références réussit quand même à se dégager une identité propre. Le scénario est assez prenant, les références intellectuelles abondent et on ne compte plus les niveaux de lecture proposés.</p>
<p>Toutefois, il serait malhonnête de ma part de crier au génie pur et simple et au renouveau attendu du genre super héroïque français. Je me dois d’apporter quelques réserves à ceux qui voudraient se ruer dans leur boutique en s’arrêtant à ce stade du billet.</p>
<div id="attachment_1897" class="wp-caption alignright" style="width: 290px"><img class="size-full wp-image-1897" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Brigade_chimerique2.jpg" alt="Copyright L'Atalante 2009" width="280" height="428" /><p class="wp-caption-text">Copyright L&#39;Atalante 2009</p></div>
<p>La série a été conçue selon les scénaristes pour être lue au premier abord comme une aventure romanesque. Pourtant, force est de constater que la très grande richesse appesanti sensiblement la lecture. Chaque personnage, chaque situation a été pensé au point de transformer le récit en une succession d’indices et de références subtiles à décrypter (par exemple l’opposition vie/mort – angélisme/bestialité des quatre héros de la Brigade Chimériques).</p>
<p>Et puis il y a le format voulu par les auteurs. Comme je l’ai précisé la série comportera au final 6 tomes contenant chacun deux épisodes de 24 pages, vendus au prix unitaire de 11€. Autant dire que malgré toutes ses qualités, le prix risque fort de faire fuir les curieux. C’est quand même un poil plus cher qu’un album petit format classique (9,90€) et un chouilla moins cher qu’un album classique pour une taille fascicule.<br />
Certes l’idée d’un format à l’américaine est à la base une bonne idée. Mais dans ce cas pourquoi avoir choisi la version cartonnée/papier glacé (les bouquins sont très agréables à tenir cela étant. Mais pas forcément à lire) là où les fascicules mensuels contenant autant de pages sont vendus moitié moins cher ?</p>
<p>Finalement, je suis assez partagé quant à La Brigade Chimérique. J’ai réellement apprécié son histoire, innovante, dense et riche comme peu d’histoires peuvent l’être. Je ne peux que saluer bien bas le talent des auteurs. Mais j’ai été en même temps rebuté par ses nombreux défauts (taille, prix, saturations de références et autres paraboles). Je lirai la suite, bien évidemment, mais averti.</p>
<p>A réserver pour l’instant aux fortunés amateurs de SF rétro, de feuilletons romanesques et de subtilités littéraires. Pour les autres, je ne peux que leur conseiller d’attendre une éventuelle intégrale.</p>
<p>*Source l’interview riche en détails des scénaristes par <a href="http://www.bodoi.info/a-la-une/2009-09-07/ou-sont-passes-les-super-heros-europeens/20941" target="_blank">Bodoï</a></p>
<p><a href="http://www.brigadechimerique.com/" target="_blank">Le site officiel de la série</a>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp16">Copyright L&#8217;Atalante 2009</div>

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		<title>Jack of Fables</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Sep 2009 00:40:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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<div id="attachment_1587" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1587" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/jack-300x300.jpg" alt="copyright B. Willingham / Panini Comics 2009" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">copyright B. Willingham / Panini Comics 2009</p></div>
<p>Jack le tueur de géants, le héros de la fable Jack et le haricot magique, est un truand. Fort en gueule, toujours prêt à profiter de son prochain, un peu veule aussi, pas vraiment le type qu’on aimerait fréquenter… Et pourtant, il va avoir droit à une série à lui tout seul !! Vous l’aurez deviné aisément, Jack of Fables est une série dérivée (un « spin-off ») de l’excellent série de Bill Willingham, Fables, dont on vous a d’ailleurs déjà parlé sur Kroniks. Ce premier tome suit d’ailleurs le tome 8 de Fables, récemment paru, où on voyait un Jack exilé de Fableville prendre le contrôle d’un studio hollywoodien et voguer sur le succès… jusqu’à la chute, provoquée par la révélation aux autorités de Fableville de son identité. Et puisque ce qu&#8217;a fait Jack est interdit aux Fables, le Shérif de Fableville (la Bête) est envoyé y mettre bon ordre.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">
<p style="margin-bottom: 0cm">Au début de Jack of Fables, Jack fait donc du stop, avec pour tout bagage un attaché-case contenant un million de dollars en liquide. Ca ne va pas durer longtemps, il va se faire kidnapper par des agents de la mystérieuse maison de retraite du Rameau d’Or et perdre son million de dollars dans la confusion. Oui, dit comme ça, c&#8217;est vrai que ça fait bizarre… Cette maison de retraite cache en fait de bien plus sombres desseins : son directeur, le Bibliothécaire, a pour but d’éradiquer la présence des Fables dans le monde réel. Il les enferme donc dans cet endroit (qui ressemble tout de même plus à une prison dorée qu’à un bagne) pour que les Communs les oublient et donc que ces Fables perdent tout pouvoir… et toute mémoire de leur existence précédente.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">
<p style="margin-bottom: 0cm">Évidemment, ça n’est pas du goût de Jack, qui va tenter de se faire la belle, modèle Grande Evasion. Il a des alliés, dont le moindre n&#8217;est pas Boucle d&#8217;Or, la tueuse psychopathe qui avait tenté de mener la Révolution de la Ferme des Fables et qui avait été laissée pour morte. Elle avait en fait été récupérée par les agents du Bibliothécaire. Il va falloir cependant se méfier du personnel et des redoutables Bag Men, les agents de sécurité chargés de rattraper les fuyards.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">
<p style="margin-bottom: 0cm">Jack of Fables ne déçoit pas par rapport à la série dont il est issu : l’ironie mordante des scenarii est toujours là. On aurait peut-être aimé un peu plus de développements sur le Bibliothécaire, sa vraie nature et les raisons de sa haine envers les Fables. est-il un agent de l&#8217;Ennemi ? Travaille-t-il pour son propre compte ? La suite de Jack of Fables nous le dira peut-être&#8230; La patte graphique de Tony Akins se compare tout à fait à celle de Mark Buckingham, même si elle garde son identité propre. Visuellement on est dans une continuité fidèle, mais pas un bête décalque d&#8217;un style précis. Bref, c’est du bon boulot, et si vous appréciez Fables, Jack of Fables ne devrait pas vous décevoir.</p>

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		<title>Fables</title>
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		<pubDate>Tue, 26 May 2009 01:35:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Vous connaissez tous le Petit Chaperon Rouge, Barbe Bleue, le Chat Botté, Blanche-Neige, Pinocchio, Mowgli et autres personnages de contes, popularisés pour bon nombre d&#8217;entre eux par Walt Disney. Mais&#8230; et si ces personnages existaient vraiment ? Et qu&#8217;ils vivaient à nos côtés tout en se dissimulant pour ne pas attirer notre attention ? C&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 	 	 --></p>
<p align="justify">
<div id="attachment_1383" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fables7.jpg"  class="wmp" id="wmp17"><img class="size-medium wp-image-1383 " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fables7-300x300.jpg" alt="copyright B. Willingham / Panini comics 2009" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright B. Willingham / Panini comics 2009</p></div>
<p>Vous connaissez tous le Petit Chaperon Rouge, Barbe Bleue, le Chat Botté, Blanche-Neige, Pinocchio, Mowgli et autres personnages de contes, popularisés pour bon nombre d&#8217;entre eux par Walt Disney. Mais&#8230; et si ces personnages existaient vraiment ? Et qu&#8217;ils vivaient à nos côtés tout en se dissimulant pour ne pas attirer notre attention ?</p>
<p align="justify">
<p align="justify">C&#8217;est le postulat posé par Fables, magnifique série de comics créée par Bill Willingham au scénario et de nombreux auteurs de talent au dessin. Les Fables sont en effet venus se réfugier dans le monde des humains normaux suite à l&#8217;invasion de leurs différents royaumes par l&#8217;Ennemi, mystérieuse menace dont les légions de gobelins et de démons ont déferlé sur les Terres Magiques. Ils ont opté pour des règles de vie commune, en faisant table rase des différends qui les opposent. Bien entendu, le secret est de mise, notamment pour les nombreux Fables qui n&#8217;ont pas forme humaine (pensons aux personnages du Livre de la Jungle, par exemple). Leurs résidences sont protégées par de nombreux sortilèges de dissimulation et de protection. Et même s&#8217;ils rêvent du jour où ils pourront reconquérir leurs domaines, la plupart se sont accommodés de leur vie « humaine ».</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Le calme est cependant précaire et les Fables ne sont pas assez naïfs pour ne pas entretenir une surveillance étroite des moyens d&#8217;accès du monde des humains, au cas où l&#8217;Ennemi aurait envie de s&#8217;y aventurer lui aussi. D&#8217;ailleurs, cela ne tarde pas et le premier assaut prend la forme de poupées de bois qui ressemblent étrangement à Pinocchio ! Cela voudrait-il dire que Gepetto est toujours vivant et qu&#8217;il est forcé par l&#8217;Ennemi de produire une armée de pantins animés ? Cette attaque va aussi provoquer des bouleversements politiques au sein de la communauté des Fables, puisque le nouveau maire ne sera autre que le Prince Charmant !</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Ce tome 7 de la série voit Boy Blue, fidèle adjoint de l&#8217;ancien maire, disparaître de Fableville en emportant de précieux objets et s&#8217;enfoncer en territoire ennemi, à la recherche de l&#8217;Empereur, qu&#8217;il est bien décidé à abattre. Il va cependant avoir une énorme surprise : l&#8217;Empereur n&#8217;est pas celui qu&#8217;il pensait ! Tout ce tome jouant sur cette quête et cette révélation qu&#8217;il m&#8217;est impossible de vous en dire plus sur le scénario, malheureusement. Sachez cependant qu&#8217;à l&#8217;instar des volumes précédents, Bill Willingham nous livre une histoire haletante et diabolique d&#8217;inventivité.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">L&#8217;un des principaux attraits de la série Fable tient justement à cette réutilisation de personnages que tout le monde connait au moins par ses lectures d&#8217;enfance. Bill Willingham en fait des personnages modernes, avec une vraie psychologie, dépassant les stéréotypes des contes de notre enfance. Le Grand Méchant Loup en shérif de Fableville, Blanche-Neige légèrement névrosée en assistante du maire, le Prince Charmant en gigolo pique-assiette, Pinocchio en adulte aux envies charnelles contrariées par le corps d&#8217;un éternel enfant (merci la Fée Bleue !) tout cela vaut son pesant de cacahuètes, d&#8217;autant que tous disposent d&#8217;une psychologie fouillée et crédible.  Le premier tome de la série se présente d&#8217;ailleurs comme une simple enquête policière, loin de la guerre contre l&#8217;Ennemi qui n&#8217;est qu&#8217;évoquée ; cela a l&#8217;avantage de faire rentrer le lecteur dans le monde des Fables sans le surcharger d&#8217;informations qui ne trouveraient de toutes façons leur explication que plusieurs tomes plus tard. Les tomes 2 et surtout 3 marquent en cela une transition dans la narration, où la guerre contre l&#8217;Ennemi va prendre la place centrale de l&#8217;intrigue.</p>
<div id="attachment_1384" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fables1.jpg"  class="wmp" id="wmp18"><img class="size-medium wp-image-1384 " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fables1-300x300.jpg" alt="copyright B. Willingham / Panini Comics 2007" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright B. Willingham / Panini Comics 2007</p></div>
<p align="justify">
<p align="justify">Les dessinateurs qui se sont succédés sur ce titre, Lan Medina et Mark Buckingham, rendent tout à fait justice aux scénarii qui leur sont proposés, avec un vrai sens de la mise en scène et du travail des couleurs, oscillant toujours entre réalisme pur et dur et intégration du fantastique le plus radical, le tout dans un style assez éloigné des comics de super héros.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">A noter un spin-off, Fables : 1001 nuits de Neige, qui voit Blanche-Neige agir en tant qu&#8217;ambassadrice officielle de Fableville auprès du Sultan des 1001 nuits, dans une réinterprétation de ce très célèbre conte arabe. Recueil de courtes nouvelles, confiées chacune à un dessinateur différent, il doit être considéré comme un « à-côté » de l&#8217;histoire principale, pour ceux qui voudraient en savoir plus (et ils auraient bien raison !) sur les Fables et la guerre contre l&#8217;Ennemi.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Fables est donc une de ces œuvres surprenantes, qui jouent avec les clichés et les stéréotypes pour mieux les détourner et les réaccommoder. On a plaisir à retrouver les personnages des contes de notre enfance, dans une narration plus adulte aussi bien sur le fond que dans la forme. Voilà un parfait exemple de la diversité du monde du comics, qu&#8217;on a encore trop souvent le réflexe d&#8217;associer à Superman ou Batman.</p>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp17">copyright B. Willingham / Panini comics 2009</div>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp18">copyright B. Willingham / Panini Comics 2007</div>

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