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	<title>Kroniks &#187; fantastique</title>
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		<title>De Cape et de Crocs</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Jan 2010 01:15:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1919" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape1.jpg"><img class="size-medium wp-image-1919" title="cape1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape1-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 1995" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 1995</p></div>
<p>Ca faisait un bout de temps que j&#8217;avais envie de la faire, cette chronique. Elle me tient à cœur, <em>De Cape et de Crocs</em> est une de mes séries « franco-belges » préférées. Du coup, ne vous attendez pas à un article objectif et dépassionné de ma part ! Ici, c&#8217;est le fan qui parle.</p>
<p>Vous comprendrez donc que je n&#8217;avais pas envie de la rater, cette chronique. J&#8217;avais envie de transmettre à mes lecteurs (et aux auteurs, si jamais ils lisent un jour ces lignes) toute la passion que je ressens pour les aventures de ce duo improbable, Don Lope le loup et Armand de Maupertuis le renard. Cette envie a souvent justifié le renvoi aux calendes grecques l&#8217;écriture de ce texte : pas le bon moment, pas le bon état d&#8217;esprit, l&#8217;angoisse de la page blanche&#8230; Bref, toutes ces bonnes raisons que l&#8217;on a de ne pas s&#8217;y mettre parce qu&#8217;on craint l&#8217;échec.</p>
<p>Mais voilà : le tome 9, <em>Revers de fortune</em>, est paru et m&#8217;accule à l&#8217;écriture. Il n&#8217;est plus temps de tergiverser, il me faut me retrousser les manches et prendre mon courage à deux mains, voire plus si vous voulez bien m&#8217;en prêter quelques-unes.</p>
<p><em>De Cape et de Crocs</em>, c&#8217;est Alexandre Dumas, Cervantès et Cyrano de Bergerac ressuscités. Ni plus, ni moins. Il y a des héritages dont on aurait plus à rougir que celui-ci, n&#8217;est-ce pas ? Cependant, c&#8217;est bien beau de l&#8217;affirmer, il faut tout de même le prouver.</p>
<p>Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou y parviennent sans aucun souci. Les deux compères se connaissent en effet depuis l&#8217;école des Beaux-Arts d&#8217;Angoulême et leur pratique des jeux de rôle n&#8217;est sans doute pas pour rien dans leurs talents pour la narration graphique. Après tout, <em>Garulfo</em>, mené parallèlement à <em>De Cape et de Crocs</em> le confirme : même si l&#8217;ambiance (et l&#8217;objectif) est différente, le souci de raconter une histoire est toujours présent.</p>
<p>Toutefois, si <em>Garulfo</em> est une œuvre à découvrir absolument, le chef-d&#8217;œuvre du duo est sans aucun doute <em>De Cape et de Crocs</em>. Le talent des deux artistes y explose, littéralement. Mais ne brûlons pas les étapes ; <em>De Cape et de Crocs</em>, qu&#8217;est-ce que c&#8217;est ? Cela peut sembler convenu de poser cette question, mais certains ne connaissent peut-être pas encore la série. Pour ceux-là, je vais mettre un point d&#8217;honneur à ne pas déflorer l&#8217;intrigue.</p>
<div id="attachment_1922" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape4.jpg"><img class="size-medium wp-image-1922" title="cape4" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape4-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2000" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2000</p></div>
<p>Bienvenue donc dans le XVIIe siècle flamboyant, celui des 3 Mousquetaires, de la conquête des Indes et des Amériques, des pirates barbaresques en Méditerranée, celui où sur les cartes marines figurent des monstres terrifiants dans les zones non explorées, où la science se cherche encore. Un XVIIe siècle un peu spécial, cependant, puisque humains et animaux anthropomorphisés se côtoient. C&#8217;est d&#8217;ailleurs le cas des deux héros, Don Lope de Villalobos y Sangrin, fier loup hidalgo espagnol, et de son inséparable compagnon, Armand Raynal de Maupertuis, renard gascon. Les deux se vouent une amitié indéfectible depuis qu&#8217;ils se sont rencontrés – et combattus – à la guerre. Lope est fier, ombrageux, sanguin, tandis qu&#8217;Armand est enjoué, prompt à la rime et au bon mot, séducteur invétéré comme tout bon français.</p>
<p>Dans <em>Le secret du Janissaire</em>, Don Lope et Armand vont se lancer dans une chasse au trésor, après la découverte d&#8217;un message dans une bouteille. Ce premier volume, qui lance leur périple, est l&#8217;occasion pour eux de rencontrer un certain nombre de ceux qui deviendront des personnages principaux par la suite : Séléné, Hermine, Eusèbe, le raïs Kader ou encore le capitaine Mendoza. Armand est en effet tombé sous le charme de Séléné, pupille du marchand Cénile Spilorcio, vieux marchand avare, et Don Lope n&#8217;a pu rester insensible à celui de la belle gitane Hermine, même s&#8217;il est d&#8217;abord trop fier pour l&#8217;admettre – pensez donc ! Un hidalgo et une gitane ! Impensable ! Mais l&#8217;Amour a ses raisons que la raison ignore&#8230; Aussi, lorsqu&#8217;Andreo Spilorcio, le fils de Cénile, épris lui aussi de la belle Hermine, l&#8217;enlève en se persuadant qu&#8217;elle finira par répondre à ses attentions, Don Lope ne peut que se précipiter à son secours.</p>
<p>Et voilà, le roman picaresque est lancé ! Car il s&#8217;agit bien de cela, en fait : un grand roman d&#8217;aventures, de cape et d&#8217;épée (c&#8217;est presque le titre, quelle coïncidence amusante !). Si le premier objectif, le trésor des mystérieuses Îles Tangerines, est déjà alléchant, les rocambolesques péripéties des deux compères et de leurs amis ne s&#8217;arrêteront pas en si bon chemin, car ce trésor n&#8217;est en fait pas celui qu&#8217;ils pensaient&#8230;</p>
<p>Et c&#8217;est là le plus frustrant pour un chroniqueur soucieux de s&#8217;adresser à tout le monde : je ne peux pas en dire plus, au risque de révéler des pans de l&#8217;intrigue et donc de gâcher votre plaisir de la découverte ! Sur un œuvre telle que celle-ci, ce serait quasiment un sacrilège&#8230; Néanmoins, une chose peut être dite en toute sécurité : le niveau ne baisse jamais au cours des 9 volumes déjà parus, certains même se hissent à des hauteurs proprement vertigineuses en termes de qualité d&#8217;écriture et de réalisation graphique.</p>
<p>On use souvent de superlatifs dans le monde de la critique littéraire et artistique, mais Jean-Luc Masbou les mérite. C&#8217;est un véritable orfèvre, ciselant chacune de ses planches avec un soin maniaque, confinant à l&#8217;enluminure, mais toujours de manière équilibrée. Résultat : ses cases foisonnent de détails mais ne sont jamais « lourdes » à l&#8217;œil. On peut passer de très longs moments à les détailler pour en saisir tous les éléments, bien souvent des clins d&#8217;œil ou des scènes annexes, telles ces étranges créatures qui s&#8217;échappent du chaudron bouillonnant de l&#8217;alchimiste que consulte le raïs Kader au début du premier tome et finiront par se jeter dans le port, sous le regard éberlué de chats de gouttière&#8230; Malgré ce sens du détail, Masbou n&#8217;oublie jamais le dynamisme qui doit soutenir toute la narration : on est dans un roman d&#8217;aventures, pas dans un drame psychologique, que diable ! Du coup, on sent le souffle de l&#8217;aventure à chaque case. Humains et animaux anthropomorphisés se mêlent harmonieusement, tel Monsieur de Cicognac en second du bateau pirate ou l&#8217;inénarrable lapin Eusèbe. Le</p>
<div id="attachment_1925" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape7.jpg"><img class="size-medium wp-image-1925" title="cape7" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape7-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2006" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2006</p></div>
<p>tout est magnifié par la palette de couleurs utilisée par Masbou : rouges flamboyants de couchers de soleil, bleus marines profonds de la nuit citadine, verts luxuriants des jungles des Îles Tangerines&#8230; Il parvient à faire du grand spectacle en cinémascope à chaque case sans que jamais cela ne paraisse clinquant !! Chapeau, l&#8217;artiste&#8230;</p>
<p>Quant à Alain Ayroles, le scénario qu&#8217;il livre, en plus de revisiter ses classiques, est une petite merveille d&#8217;écriture. Vous en connaissez beaucoup, vous, des auteurs qui prennent la peine de faire des alexandrins dans un scénario de BD ? Le style est fluide, se lit sans accroc et si parfois – souvent ! &#8211; il ressemble à celui des pièces de Molière ou des romans de cape et d&#8217;épée (le Capitaine Fracasse, le Comte de Monte-Cristo, Don Quichotte, etc&#8230;), c&#8217;est assumé et jamais pompeux.</p>
<p>Les textes regorgent d&#8217;indices, de références à des œuvres classiques, mais aussi de bons mots, de contrepèteries bien senties (notamment celles du tome 9, mes enfants, elles sont salées !!) Je ne vais pas faire ici la liste des clins d&#8217;œil dans la série, d&#8217;autres l&#8217;ont fait avant moi et avec beaucoup de talent, <a href="http://nerial.free.fr/artelio/artelio/spip_053.html">comme sur ce site</a>. Ce scénario, c&#8217;est aussi celui d&#8217;un amoureux de la langue française, j&#8217;en suis convaincu. Quand, comme moi, on aime les mots, on ne peut que se délecter de l&#8217;écriture d&#8217;Ayroles.</p>
<p>Ayroles laisse libre cours à sa fantaisie, à tel point que les deux compères font parfois une utilisation amusante de cet objet qu&#8217;est une BD : dans certains tomes, les faces intérieures de la reliure sont aussi utilisées pour la narration. La plupart du temps pour des scènes noires, où toutes les émotions des personnages ne sont retransmises que par la forme de leurs yeux, seuls éléments discernables de leur anatomie dans des cases totalement noires : le raïs et Eusèbe dans le ventre du Léviathan, Don Lope et Armand dans la marmite des sauvages&#8230; C&#8217;est très réussi !</p>
<div id="attachment_1918" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape9.jpg"><img class="size-medium wp-image-1918" title="cape9" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape9-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2009" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2009</p></div>
<p>Le maître mot de cette œuvre, à tous les niveaux, est en définitive le suivant : équilibre. Tout d&#8217;abord entre les deux auteurs. Alchimie rare, ils parviennent tous deux à déployer l&#8217;étendue de leur talent sans que cela ne nuise au travail de l&#8217;autre : jamais le dessin ne prend le pas sur le texte, ou inversement. Equilibre aussi entre action et psychologie travaillée des personnages. Si <em>De Cape et de Crocs</em> regorge de coups d&#8217;éclat, les protagonistes ne sont pas des coquilles vides ou des archétypes monolithiques. Ils ont tous leurs forces, leurs faiblesses et c&#8217;est cela qui les rend aussi attachants, notamment le pirate Bonney Boone et son inénarrable équipage.</p>
<p>Si vous ne connaissiez pas <em>De Cape et de Crocs</em>, alors il est urgent pour vous de découvrir cette œuvre majeure du paysage BD actuel, de nombreuses heures de plaisir de lecture garanties ! Et pour ceux qui veulent pousser un peu plus loin l&#8217;exploration de l&#8217;univers de Masbou et d&#8217;Ayroles, ils peuvent se reporter à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/De_cape_et_de_crocs">la page wiki</a> de la série, ou encore à cet autre <a href="http://decape.free.fr/">site amateur</a> très bien fait.</p>

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		<title>La Brigade Chimérique</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Dec 2009 21:19:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1896" class="wp-caption alignleft" style="width: 284px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/La_Brigade_Chimerique1.jpg"><img class="size-full wp-image-1896 " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/La_Brigade_Chimerique1.jpg" alt="Copyright L'Atalante 2009" width="274" height="405" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright L&#39;Atalante 2009</p></div>
<p>Septembre 1938. Le Docteur MABUSE a convoqué dans la ville secrète de Métropolis tout le gratin mondial de surhumains pour leur annoncer ses intentions : s’opposer par la force s’il le faut aux communistes et aux juifs qu’il accuse de vouloir liquider l’essence de la civilisation européenne. Les supers soldats russes dans leur armure de fer s’offusquent de cet affront. De son côté le Nyctalope, le protecteur de Paris, tente de raisonner MABUSE avec l’aide de l’Accélérateur de Londres.<br />
De retour à Paris, Irène JOLIOT-CURIE reçoit la visite d’un ancien soldat qui a été sorti d’un coma de 14 ans par sa mère, Marie CURIE, et découvre son étrange secret qui pourrait bien rétablir l’équilibre des pouvoirs à l’orée d’une guerre mondiale.</p>
<p>Voilà donc résumé très succinctement le départ de l’intrigue d’une nouvelle série de super-héros … français. Oui môssieur. Quoiqu’on devrait plutôt parler de surhommes, mais on y reviendra.</p>
<p>A l’origine de cette série prévue en six tomes se trouve Serge LEHMAN, de son vrai nom Pascal Fréjean, écrivain français passionné de science-fiction.<br />
A la fin des années 90, il s’est rendu compte que la culture française faisait constamment barrage au genre de la SF. Après quelques recherches il a déniché quelques 3 000 récits français écrits entre Jules VERNES et BARJAVEL.<br />
Bien décidé à réhabiliter le genre aux yeux du public, il a cogité et mis de côté une uchronie sur la disparition des surhommes en Europe. L’idée a germé, s’est endormie et lui est revenue en 2005. Il en a parlé à son éditeur l’Atalante, GESS (<em>Carmen Mc CALLUM</em>) a fait un bout d’essai et face à la difficulté qu’il venait de soulever il a demandé l’aide de Fabrice COLIN  (trois fois lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire).*<br />
La série de la Brigade Chimérique venait de naître.</p>
<p>La Brigade Chimérique est donc une uchronie se déroulant dans une Europe fictive peu avant 1940. Un savant fou allemand, le Docteur MABUSE, entend faire barrage aux juifs et aux communistes sur les plateaux de l’Europe de l’Est. L’équilibre des pouvoirs étant menacé, les alliances se nouent entre les protecteurs de chaque Etat pour s’opposer ou rallier cet adepte de la svastika. Deux axes prennent alors formes, une alliance franco-anglo-américaine et une entente hispano-italo-germanique.</p>
<p><strong>Ze Ligue of zi Aixtrordinèri Jeantleumène</strong></p>
<p>La Brigade Chimérique est une œuvre riche et complexe située à la croisée de très nombreuses influences, la Ligue des Gentlemen Extraordinaires en tête, mais pas que.</p>
<p>Sur la forme tout d’abord, puisque les auteurs ont calqué leurs albums sur le format américain des fascicules. Les six tomes prévus se présentent donc sous la forme de petits volumes contenant deux épisodes de 24 pages. L’idée était de sortir du carcan habituel des feuilletons d’aventure à la française, longs, pesants et redondants. En optant pour un format court, ils s’obligent à plus de « légèreté et d’insouciance »*.</p>
<p>Mais la plus grande qualité de la série reste son fond.</p>
<p>Tout comme dans la série de MOORE et O’NEIL, la Brigade se déroule dans un monde similaire au notre où les principaux protagonistes sont dotés de pouvoirs particuliers. Et tout comme dans la Ligue, les personnages sont issus de la littérature fantastique classique. Le Nyctalope est un héros crée par Jean de la Hire, le docteur MABUSE a été inventé par l&#8217;écrivain luxembourgeois Norbert Jacques et même le groupe russe Nous Autres trouve son origine dans la littérature populaire.</p>
<p>Il y aurait par ailleurs beaucoup à dire, et à écrire sur les thèmes et les références invoquées par les scénaristes. On peut citer pèle mêle bien évidemment le mythe du surhomme de NIETZCHE, Kafka, l’Art nouveau, des poulpes lovecraftiens, Albert EINSTEIN, l’expressionnisme allemand de MURNAUD ou la grandiloquence de Frtiz LANG, le tout sur fond science fiction et de machines à vapeur.</p>
<p>Enfin, et pour en finir avec les références, personne ne pourra passer à côté du graphisme de GESS qui lorgne plus qu’abondamment sur le style si particulier de MIGNOLA, fait de personnages bruts et de silhouettes esquissées dans des ombres opaques.<br />
Mais n’est pas MIGNOLA qui veut et force est de constater que les petites cases alignées en gaufrier sur de petites pages nuisent parfois à la fluidité du récit.</p>
<p>On obtient au final une série patchwork qui malgré les très nombreuses références réussit quand même à se dégager une identité propre. Le scénario est assez prenant, les références intellectuelles abondent et on ne compte plus les niveaux de lecture proposés.</p>
<p>Toutefois, il serait malhonnête de ma part de crier au génie pur et simple et au renouveau attendu du genre super héroïque français. Je me dois d’apporter quelques réserves à ceux qui voudraient se ruer dans leur boutique en s’arrêtant à ce stade du billet.</p>
<div id="attachment_1897" class="wp-caption alignright" style="width: 290px"><img class="size-full wp-image-1897" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Brigade_chimerique2.jpg" alt="Copyright L'Atalante 2009" width="280" height="428" /><p class="wp-caption-text">Copyright L&#39;Atalante 2009</p></div>
<p>La série a été conçue selon les scénaristes pour être lue au premier abord comme une aventure romanesque. Pourtant, force est de constater que la très grande richesse appesanti sensiblement la lecture. Chaque personnage, chaque situation a été pensé au point de transformer le récit en une succession d’indices et de références subtiles à décrypter (par exemple l’opposition vie/mort – angélisme/bestialité des quatre héros de la Brigade Chimériques).</p>
<p>Et puis il y a le format voulu par les auteurs. Comme je l’ai précisé la série comportera au final 6 tomes contenant chacun deux épisodes de 24 pages, vendus au prix unitaire de 11€. Autant dire que malgré toutes ses qualités, le prix risque fort de faire fuir les curieux. C’est quand même un poil plus cher qu’un album petit format classique (9,90€) et un chouilla moins cher qu’un album classique pour une taille fascicule.<br />
Certes l’idée d’un format à l’américaine est à la base une bonne idée. Mais dans ce cas pourquoi avoir choisi la version cartonnée/papier glacé (les bouquins sont très agréables à tenir cela étant. Mais pas forcément à lire) là où les fascicules mensuels contenant autant de pages sont vendus moitié moins cher ?</p>
<p>Finalement, je suis assez partagé quant à La Brigade Chimérique. J’ai réellement apprécié son histoire, innovante, dense et riche comme peu d’histoires peuvent l’être. Je ne peux que saluer bien bas le talent des auteurs. Mais j’ai été en même temps rebuté par ses nombreux défauts (taille, prix, saturations de références et autres paraboles). Je lirai la suite, bien évidemment, mais averti.</p>
<p>A réserver pour l’instant aux fortunés amateurs de SF rétro, de feuilletons romanesques et de subtilités littéraires. Pour les autres, je ne peux que leur conseiller d’attendre une éventuelle intégrale.</p>
<p>*Source l’interview riche en détails des scénaristes par <a href="http://www.bodoi.info/a-la-une/2009-09-07/ou-sont-passes-les-super-heros-europeens/20941" target="_blank">Bodoï</a></p>
<p><a href="http://www.brigadechimerique.com/" target="_blank">Le site officiel de la série</a></p>

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		<title>Jack of Fables</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Sep 2009 00:40:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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<div id="attachment_1587" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1587" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/jack-300x300.jpg" alt="copyright B. Willingham / Panini Comics 2009" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">copyright B. Willingham / Panini Comics 2009</p></div>
<p>Jack le tueur de géants, le héros de la fable Jack et le haricot magique, est un truand. Fort en gueule, toujours prêt à profiter de son prochain, un peu veule aussi, pas vraiment le type qu’on aimerait fréquenter… Et pourtant, il va avoir droit à une série à lui tout seul !! Vous l’aurez deviné aisément, Jack of Fables est une série dérivée (un « spin-off ») de l’excellent série de Bill Willingham, Fables, dont on vous a d’ailleurs déjà parlé sur Kroniks. Ce premier tome suit d’ailleurs le tome 8 de Fables, récemment paru, où on voyait un Jack exilé de Fableville prendre le contrôle d’un studio hollywoodien et voguer sur le succès… jusqu’à la chute, provoquée par la révélation aux autorités de Fableville de son identité. Et puisque ce qu&#8217;a fait Jack est interdit aux Fables, le Shérif de Fableville (la Bête) est envoyé y mettre bon ordre.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">
<p style="margin-bottom: 0cm">Au début de Jack of Fables, Jack fait donc du stop, avec pour tout bagage un attaché-case contenant un million de dollars en liquide. Ca ne va pas durer longtemps, il va se faire kidnapper par des agents de la mystérieuse maison de retraite du Rameau d’Or et perdre son million de dollars dans la confusion. Oui, dit comme ça, c&#8217;est vrai que ça fait bizarre… Cette maison de retraite cache en fait de bien plus sombres desseins : son directeur, le Bibliothécaire, a pour but d’éradiquer la présence des Fables dans le monde réel. Il les enferme donc dans cet endroit (qui ressemble tout de même plus à une prison dorée qu’à un bagne) pour que les Communs les oublient et donc que ces Fables perdent tout pouvoir… et toute mémoire de leur existence précédente.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">
<p style="margin-bottom: 0cm">Évidemment, ça n’est pas du goût de Jack, qui va tenter de se faire la belle, modèle Grande Evasion. Il a des alliés, dont le moindre n&#8217;est pas Boucle d&#8217;Or, la tueuse psychopathe qui avait tenté de mener la Révolution de la Ferme des Fables et qui avait été laissée pour morte. Elle avait en fait été récupérée par les agents du Bibliothécaire. Il va falloir cependant se méfier du personnel et des redoutables Bag Men, les agents de sécurité chargés de rattraper les fuyards.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">
<p style="margin-bottom: 0cm">Jack of Fables ne déçoit pas par rapport à la série dont il est issu : l’ironie mordante des scenarii est toujours là. On aurait peut-être aimé un peu plus de développements sur le Bibliothécaire, sa vraie nature et les raisons de sa haine envers les Fables. est-il un agent de l&#8217;Ennemi ? Travaille-t-il pour son propre compte ? La suite de Jack of Fables nous le dira peut-être&#8230; La patte graphique de Tony Akins se compare tout à fait à celle de Mark Buckingham, même si elle garde son identité propre. Visuellement on est dans une continuité fidèle, mais pas un bête décalque d&#8217;un style précis. Bref, c’est du bon boulot, et si vous appréciez Fables, Jack of Fables ne devrait pas vous décevoir.</p>

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		<title>Fables</title>
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		<pubDate>Tue, 26 May 2009 01:35:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Vous connaissez tous le Petit Chaperon Rouge, Barbe Bleue, le Chat Botté, Blanche-Neige, Pinocchio, Mowgli et autres personnages de contes, popularisés pour bon nombre d&#8217;entre eux par Walt Disney. Mais&#8230; et si ces personnages existaient vraiment ? Et qu&#8217;ils vivaient à nos côtés tout en se dissimulant pour ne pas attirer notre attention ? C&#8217;est [...]]]></description>
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<div id="attachment_1383" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fables7.jpg"><img class="size-medium wp-image-1383 " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fables7-300x300.jpg" alt="copyright B. Willingham / Panini comics 2009" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright B. Willingham / Panini comics 2009</p></div>
<p>Vous connaissez tous le Petit Chaperon Rouge, Barbe Bleue, le Chat Botté, Blanche-Neige, Pinocchio, Mowgli et autres personnages de contes, popularisés pour bon nombre d&#8217;entre eux par Walt Disney. Mais&#8230; et si ces personnages existaient vraiment ? Et qu&#8217;ils vivaient à nos côtés tout en se dissimulant pour ne pas attirer notre attention ?</p>
<p align="justify">
<p align="justify">C&#8217;est le postulat posé par Fables, magnifique série de comics créée par Bill Willingham au scénario et de nombreux auteurs de talent au dessin. Les Fables sont en effet venus se réfugier dans le monde des humains normaux suite à l&#8217;invasion de leurs différents royaumes par l&#8217;Ennemi, mystérieuse menace dont les légions de gobelins et de démons ont déferlé sur les Terres Magiques. Ils ont opté pour des règles de vie commune, en faisant table rase des différends qui les opposent. Bien entendu, le secret est de mise, notamment pour les nombreux Fables qui n&#8217;ont pas forme humaine (pensons aux personnages du Livre de la Jungle, par exemple). Leurs résidences sont protégées par de nombreux sortilèges de dissimulation et de protection. Et même s&#8217;ils rêvent du jour où ils pourront reconquérir leurs domaines, la plupart se sont accommodés de leur vie « humaine ».</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Le calme est cependant précaire et les Fables ne sont pas assez naïfs pour ne pas entretenir une surveillance étroite des moyens d&#8217;accès du monde des humains, au cas où l&#8217;Ennemi aurait envie de s&#8217;y aventurer lui aussi. D&#8217;ailleurs, cela ne tarde pas et le premier assaut prend la forme de poupées de bois qui ressemblent étrangement à Pinocchio ! Cela voudrait-il dire que Gepetto est toujours vivant et qu&#8217;il est forcé par l&#8217;Ennemi de produire une armée de pantins animés ? Cette attaque va aussi provoquer des bouleversements politiques au sein de la communauté des Fables, puisque le nouveau maire ne sera autre que le Prince Charmant !</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Ce tome 7 de la série voit Boy Blue, fidèle adjoint de l&#8217;ancien maire, disparaître de Fableville en emportant de précieux objets et s&#8217;enfoncer en territoire ennemi, à la recherche de l&#8217;Empereur, qu&#8217;il est bien décidé à abattre. Il va cependant avoir une énorme surprise : l&#8217;Empereur n&#8217;est pas celui qu&#8217;il pensait ! Tout ce tome jouant sur cette quête et cette révélation qu&#8217;il m&#8217;est impossible de vous en dire plus sur le scénario, malheureusement. Sachez cependant qu&#8217;à l&#8217;instar des volumes précédents, Bill Willingham nous livre une histoire haletante et diabolique d&#8217;inventivité.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">L&#8217;un des principaux attraits de la série Fable tient justement à cette réutilisation de personnages que tout le monde connait au moins par ses lectures d&#8217;enfance. Bill Willingham en fait des personnages modernes, avec une vraie psychologie, dépassant les stéréotypes des contes de notre enfance. Le Grand Méchant Loup en shérif de Fableville, Blanche-Neige légèrement névrosée en assistante du maire, le Prince Charmant en gigolo pique-assiette, Pinocchio en adulte aux envies charnelles contrariées par le corps d&#8217;un éternel enfant (merci la Fée Bleue !) tout cela vaut son pesant de cacahuètes, d&#8217;autant que tous disposent d&#8217;une psychologie fouillée et crédible.  Le premier tome de la série se présente d&#8217;ailleurs comme une simple enquête policière, loin de la guerre contre l&#8217;Ennemi qui n&#8217;est qu&#8217;évoquée ; cela a l&#8217;avantage de faire rentrer le lecteur dans le monde des Fables sans le surcharger d&#8217;informations qui ne trouveraient de toutes façons leur explication que plusieurs tomes plus tard. Les tomes 2 et surtout 3 marquent en cela une transition dans la narration, où la guerre contre l&#8217;Ennemi va prendre la place centrale de l&#8217;intrigue.</p>
<div id="attachment_1384" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fables1.jpg"><img class="size-medium wp-image-1384 " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fables1-300x300.jpg" alt="copyright B. Willingham / Panini Comics 2007" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright B. Willingham / Panini Comics 2007</p></div>
<p align="justify">
<p align="justify">Les dessinateurs qui se sont succédés sur ce titre, Lan Medina et Mark Buckingham, rendent tout à fait justice aux scénarii qui leur sont proposés, avec un vrai sens de la mise en scène et du travail des couleurs, oscillant toujours entre réalisme pur et dur et intégration du fantastique le plus radical, le tout dans un style assez éloigné des comics de super héros.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">A noter un spin-off, Fables : 1001 nuits de Neige, qui voit Blanche-Neige agir en tant qu&#8217;ambassadrice officielle de Fableville auprès du Sultan des 1001 nuits, dans une réinterprétation de ce très célèbre conte arabe. Recueil de courtes nouvelles, confiées chacune à un dessinateur différent, il doit être considéré comme un « à-côté » de l&#8217;histoire principale, pour ceux qui voudraient en savoir plus (et ils auraient bien raison !) sur les Fables et la guerre contre l&#8217;Ennemi.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Fables est donc une de ces œuvres surprenantes, qui jouent avec les clichés et les stéréotypes pour mieux les détourner et les réaccommoder. On a plaisir à retrouver les personnages des contes de notre enfance, dans une narration plus adulte aussi bien sur le fond que dans la forme. Voilà un parfait exemple de la diversité du monde du comics, qu&#8217;on a encore trop souvent le réflexe d&#8217;associer à Superman ou Batman.</p>

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		<title>The Goon &#8211; Chinatown</title>
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		<pubDate>Sat, 02 May 2009 04:29:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Enfin ! Depuis longtemps les fans du Goon attendaient de savoir ce qui s&#8217;était passé à Chinatown. C&#8217;est désormais chose faite avec ce tome 6 des aventures du Goon par Eric Powell. Et croyez-moi, vous ne serez pas déçus du voyage ! Mais auparavant, un petit point sur le Goon est nécessaire, pour ceux qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1265" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/goon6.jpg"><img class="size-medium wp-image-1265 " title="goon6" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/goon6-300x300.jpg" alt="copyright E. Powell / Delcourt 2009" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright E. Powell / Delcourt 2009</p></div>
<p>Enfin ! Depuis longtemps les fans du Goon attendaient de savoir ce qui s&#8217;était passé à Chinatown. C&#8217;est désormais chose faite avec ce tome 6 des aventures du Goon par Eric Powell. Et croyez-moi, vous ne serez pas déçus du voyage !</p>
<p align="justify">Mais auparavant, un petit point sur le Goon est nécessaire, pour ceux qui n&#8217;auraient pas encore commencé la lecture de cette fantastique série. Le Goon est le surnom de l&#8217;homme de main de Labrazio, fameux chef de gang qui domine la ville. Il doit sans cesse régler les problèmes de territoire, de « contribution de protection », etc&#8230; Bref, à première vue, pas un individu très recommandable. D&#8217;autant qu&#8217;il est flanqué de son acolyte Franky, sorte de nabot vicieux dont la technique de frappe préférée est le « couteau dans l&#8217;oeil ! », tout un programme&#8230;</p>
<p align="justify">Pour autant, le Goon et Franky ne sont pas non plus des caractères monolithiques. Le Goon a été recueilli par Labrazio après que celui-ci se soit réfugié dans le cirque où le Goon et sa tante Kizzie vivaient et travaillaient. Après la mort de Kizzie, le Goon quitte le cirque, bien décidé à tailler son chemin dans la vie. Franky, lui, voue une admiration sans bornes au Goon, puisque c&#8217;est ce dernier qui l&#8217;a aidé à affirmer son caractère et à ne plus être la victime de brimades de la part de ses camarades d&#8217;école. Avant le Goon, Franky n&#8217;étaient en fait qu&#8217;une chiffe molle. Bien sûr, tout cela est encore plus complexe en vérité, mais je ne peux en dire plus sans gâcher votre plaisir de lecture.</p>
<p align="justify">Le Goon et Franky font juste ce qu&#8217;ils peuvent pour s&#8217;en sortir dans ce monde difficile. Imaginez, en plus des autres clans de mafia, le Goon doit composer également avec le fait que les vampires, les loups-garous, les morts-vivants, les savants fous et autres monstres, ça existe ! Comme les malédictions ou la magie, d&#8217;ailleurs, sans oublier le FBI bien sûr. Alors non, la vie n&#8217;est pas spécialement facile pour le Goon et Franky. Ca ne les empêche pas pour autant d&#8217;être un peu les protecteurs du quartiers et que les habitants les en remercient. Oh, pas uniquement par bonté d&#8217;âme, hein ! C&#8217;est aussi bon pour le commerce&#8230; Mais le Goon sait s&#8217;attacher la fidélité de ceux qui travaillent pour lui et si certains sont tentés de passer à la concurrence, ils en paieront le prix&#8230;</p>
<blockquote><p>
&laquo;&nbsp;Ce qui suit n&#8217;est pas drôle&#8230;&nbsp;&raquo;
</p></blockquote>
<p align="justify">Donc voilà, dans ce tome 6, vous en saurez plus sur cette tranche du passé que le Goon refuse toujours d&#8217;évoquer, à part à demi-mot avec Franky. Vous en saurez plus sur Isabella (et Lorna par voie de conséquence), sur les balafres du Goon et pourquoi il ne veut plus s&#8217;attacher à aucune femme&#8230;</p>
<div id="attachment_1266" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/goon1.jpg"><img class="size-medium wp-image-1266 " title="goon1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/goon1-300x300.jpg" alt="copyright E. Powell / Delcourt 2005" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright E. Powell / Delcourt 2005</p></div>
<p align="justify">Le style graphique d&#8217;Eric Powell ne change pas dans ce volume : noir/blanc/sépia, ambiance des vieux pulps des années 50, influences du cinéma d&#8217;horreur classique (Frankenstein, Dracula, la Hammer) assumées, ses personnages ont toujours des « gueules », comme dans un bon épisode de Dick Tracy de la grande époque. C&#8217;est gore sans concessions, mais pas de manière graphique. En exagérant un peu, on pourrait honnêtement dire que chaque goutte de sang est pensée et justifiée par le scénario.</p>
<p align="justify">Si la série se caractérise par un humour noir bien trempé qui ravit les amateurs de grincements de dents, Eric Powell vous prévient dans ce tome 6 : « Ce qui suit n&#8217;est pas drôle ». Et c&#8217;est vrai. C&#8217;est dur, c&#8217;est triste, presque pathétique par certains côtés, mais pas trace de l&#8217;humour des autres tomes. Et c&#8217;est tant mieux. De telles révélations ne pouvaient être traitées aussi légèrement que bien d&#8217;autres épisodes de la vie du Goon. Malgré cela, Eric Powell prouve qu&#8217;il ne perd rien en efficacité dans sa narration. Tous les plans sont pensés et s&#8217;enchaînent naturellement, ce qui fait qu&#8217;on dévore le tome à une vitesse folle, tant on veut savoir le fin mot de l&#8217;histoire. Ce tome 6 est un drame, magistral, qui prend aux tripes et ne les relâche plus.</p>
<p align="justify">En bref, Eric Powell ne déçoit pas dans la pourtant délicate révélation de certains pans du passé de son héros, bien au contraire. Le Goon y gagne encore en profondeur, en densité et en complexité psychologique. Ce tome était un passage obligé dans l&#8217;évolution du personnage du Goon et Eric Powell s&#8217;en tire avec tous les honneurs. Une lecture chaudement recommandée donc, même s&#8217;il est indispensable d&#8217;avoir lu les autres volumes de la série auparavant pour en goûter tout le sel.</p>

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		<title>Jolies Ténèbres</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Apr 2009 15:00:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
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		<description><![CDATA[Les amis de l’arbre heureux Alors qu’Aurore prenait le thé avec le Prince Hector, le plafond s’est soudainement écroulé, ruinant leur goûter. Aurore et tous ses amis se retrouvent projetés dans un monde étrange, une immense forêt. Il semblerait en fait que la petite Aurore, la vraie, soit morte en pleine randonnée et tous les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>Les amis de l’arbre heureux</h2>
<p>Alors qu’Aurore prenait le thé avec le Prince Hector, le plafond s’est soudainement écroulé, ruinant leur goûter. Aurore et tous ses amis se retrouvent projetés dans un monde étrange, une immense forêt. Il semblerait en fait que la petite Aurore, la vraie, soit morte en pleine randonnée et tous les petits personnages qui peuplaient son univers se retrouvent sans abri.<br />
Aurore, l’imaginaire, va prendre la petite troupe en main et essayer d’organiser un campement pour ses amis, fait de goûters avec des écureuils, de promenades champêtres et de mariage de princesse.<br />
Le carnage peut commencer.</p>
<h2>Totoro empalé</h2>
<div id="attachment_1150" class="wp-caption alignleft" style="width: 220px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/jolies-tenebres.jpg"><strong><strong><img class="size-full wp-image-1150" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/jolies-tenebres.jpg" alt="Copyright Dupuis 2009" width="210" height="293" /></strong></strong></a><p class="wp-caption-text">Copyright Dupuis 2009</p></div>
<p>Ce nouveau récit du surdoué Fabien VEHLMANN (<em>Le marquis d’Anaon</em>, <em>I.A.N</em>., <em>les Cinq conteurs de Bagdad</em>…) commence comme un conte de fée, rempli de poupées, de lutins et de héros de dessins animés (tiens, <em>Crayon Shin Chan</em>) tous plus naïfs et joyeux les uns que les autres.</p>
<p>Et brutalement, ces elfes littéralement sortis de l’imaginaire d’une petite fille vont être confrontés à la mort  sous toutes ses formes. Rapidement, le côté guilleret va laisser place aux pires travers des enfants cruels : méchanceté, jalousie, indifférence, égoïsme. Et le joyeux campement, dressé autour du cadavre en décomposition de la fillette, va virer au massacre dans la joie et la bonne humeur.</p>
<p>Étonnant de retrouver Fabien VEHLMANN dans une histoire aussi sombre. Si dans <em>Seuls </em>il avait déjà mis en scène des enfants livrés à eux même, il pousse ici l’expérience dans ses limites et démontre que les enfants ne sont pas les anges qu’on veut bien croire.</p>
<p>Tout le sel du livre vient de cette opposition entre la candeur enfantine qui anime ses petits personnages et les morts brutales qui les fauchent les uns après les autres. Alternant en permanence le primesautier et le morbide, l’album place le lecteur dans une situation délicieusement inconfortable.</p>
<p>Dévoré par des fourmis, gobé par un crapaud, enterré vivant, les morts qui frappent le petit peuple sont toutes plus atroces les unes que les autres, le tout dans une ambiance de kermesse d’école aux couleurs de bonbons acidulés.</p>
<blockquote><p>Dévoré par des fourmis, gobé par un crapaud, enterré vivant, les morts qui frappent le petit peuple sont toutes plus atroces les unes que les autres, le tout dans une ambiance de kermesse d’école aux couleurs de bonbons acidulés.</p></blockquote>
<p>Le dessin des KERASCOET, tout en rondeur et en légèreté, tranche radicalement avec les évènements sinistres qui surgissent les uns après les autres.</p>
<p>C’est avec bonheur qu’on retrouve ces dessins cartoons découverts par le grand public avec <em>Miss Pas Touche</em>.</p>
<p>Grâce à leurs couleurs directes et leurs grands yeux ronds, ils mettent en image tous ces petits lutins dans des décors bucoliques fourmillants de détails… pour mieux les trucider dans des scènes allant du suggéré à l’insoutenable.</p>
<p>Mais au fait, de petits personnages cartoon tués brutalement dans une ambiance légère. Ca ne vous rappelle rien ? Même pas une série de petits dessins animés où de gentils écureuils finissaient décapités et empalés ?</p>
<p>D’ailleurs, tout comme <a href="http://htf.homeunix.net/"><em>Happy tree Friends</em></a>, le livre ne laisse pas indifférent. Qu’on adore ou qu’on déteste, force est de reconnaître que VEHLMANN et KERASCOET nous ont servi un plat de choix, un de ceux qui poussent la bande dessinée toujours plus loin dans l’exploration de nouveaux rivages.</p>
<p>Férocement drôle et cruellement léger donc chaudement conseillé. A réserver quand même aux lecteurs prévenus.</p>
<p><em><strong>Bonus</strong></em> : <a href="http://www.kerascoet.fr/">le blog des KERASCOËT</a></p>

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		<title>La confrérie du crabe</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Mar 2009 19:28:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ça, je le lui avais bien dit, au petit nouveau. Ici, c’est pas un hôpital comme un autre. Tous les enfants ont été envoyés ici pour la même raison : se faire désencraber par les médecins. Parait que ce sont les meilleurs dans le domaine. Mais moi je sais bien ce qui se passe en réalité. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_948" class="wp-caption alignleft" style="width: 202px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/crabe-1.jpg"><img class="size-full wp-image-948" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/crabe-1.jpg" alt="Copyright Delcourt 2007" width="192" height="282" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Delcourt 2007</p></div>
<p>Ça, je le lui avais bien dit, au petit nouveau. Ici, c’est pas un hôpital comme un autre. Tous les enfants ont été envoyés ici pour la même raison : se faire désencraber par les médecins. Parait que ce sont les meilleurs dans le domaine. Mais moi je sais bien ce qui se passe en réalité. Les bouts de crabe que les docteurs nous enlèvent, ce n’est pas tant pour nous sauver. Non. S’ils les récupèrent c’est pour les assembler, les rassembler, les remonter, les coudre, les souder. Et le faire revenir, Lui, l’Horrible, l’Indicible, l’Innommable, l’Inconcevable. Celui qui mangera le monde.<br />
Alors quand on s’est réveillé tous ensemble dans cette grande bâtisse au lieu de roupiller sur le billard, j’ai bien compris qu’on Lui avait été jetés en pâture par les médecins. Tout ça parce qu’on sait. Parce qu’ils craignent notre Confrérie du Crabe.</p>
<p><strong>Hommage à la Hammer</strong></p>
<p><em>La confrérie du crabe</em> est vraiment une série atypique à bien des égards.</p>
<p>Par son histoire tout d’abord. Signée GALLIE (<em>Algernon Woodcock</em>, <em>Contes des Hautes Terres</em>), elle met en scène une bande de gamins transportés lors d’une intervention médicale dans un monde aussi bizarre qu’étrange peuplé de monstres fantastiques.<br />
Que font-ils tous là ? Comment sont- ils arrivés ici ? Est-ce le rêve de l’un d’entre eux ou une réalité alternative ?<br />
GALLIE ne pose pas la question et n’avance même aucune forme de réponse. Après avoir présenté les protagonistes, il les plonge dans un monde totalement nouveau, irréel et dangereux peuplé de monstres mythiques.<br />
En effet, ce ne sont pas n’importe quels montres qui veulent croquer nos héros mais bien les mythes des années 30, ceux qui s’agitaient en noir et blanc dans les cinémas de l’époque. Vampires, loup-garous, succubes, zombies, ils sont tous là. Et la série prend alors toute sa saveur, celle d’un hommage vibrant aux légendes de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hammer_Film_Productions">Hammer</a>.</p>
<div id="attachment_949" class="wp-caption alignright" style="width: 250px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/crabe-2.jpg"><img class="size-full wp-image-949" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/crabe-2.jpg" alt="Copyright Delcourt 2008" width="240" height="334" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Delcourt 2008</p></div>
<p>L’hommage se poursuit dans les dessins de ANDREAE (Jean-Baptiste de son petit nom, responsable de bien jolies choses telles que, tiens, <em>Mangecœur </em>ou <em>Terre Mécanique</em> déjà avec GALLIE).<br />
Soucieux de coller au mieux à l’esprit insufflé par le scénariste, il a repris les traits des grandes figures de l’époque. Le vampire ressemble comme deux gouttes d’eau à<a title="Max Schreck" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Schreck"> Max Schreck</a> dans le rôle de Nosferatu, le savant fou  a tout de Colin CLIVE alias le <em>Dr FRANKESTEIN</em> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_J._Anderson" target="_blank">Michael J. Anderson</a> est parfaitement reconnaissable. Les connaisseurs apprécieront. Et si le doute subsiste, les répliques confirmeront les références aux derniers réfractaires.<br />
Outre son habileté au crayon (les fiancées du vampire sont un monument d’érotisme), ANDREAE est aussi connu pour ses magnifiques peintures.<br />
Usant de pastelles tour à tour chaudes ou glaciales, il peint ses décors avec des couleurs diluées et dégradées pour donner une ambiance éthérée et vaporeuse à ce monde étrange.<br />
Le travail est remarquable et chaque planche est une œuvre à elle toute seule.<br />
Après quelques recherches sur <a href="http://jb-andreae.blogspot.com">son blog</a>, il semble que le dessinateur travaille à l’encre et à l’acrylique, d&#8217;où cet aspect liquide des teintes.</p>
<p>Hommage au cinéma de genre, intelligence de l’écriture, envolée des dialogues, beauté des décors, <em>la Confrérie du Crabe</em> accumule les qualités et il serait vraiment dommage de passer à côté de ce conte fantastique.</p>

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		<title>Max et Compagnie/Kimagure Orange Road</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Oct 2008 02:02:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Kimagure Orange Road est un titre que les français connaissent bien, et encore mieux dans sa traduction, Max et Compagnie. A l&#8217;origine manga de Matsumoto Izumi, publié entre 1984 et 1988 dans les pages du magazine Jump Comics, il a bien entendu rapidement fait l&#8217;objet d&#8217;une adaptation animée. C&#8217;est cette adaptation qui est parvenue la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_649" class="wp-caption alignleft" style="width: 196px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/orangeroad1.jpg"><img class="size-medium wp-image-649" title="orangeroad1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/orangeroad1-186x300.jpg" alt="Copyright Izumi Matsumoto / Jump Comics 1984" width="186" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Izumi Matsumoto / Jump Comics 1984</p></div>
<p align="justify"><em>Kimagure Orange Road</em> est un titre que les français connaissent bien, et encore mieux dans sa traduction, <em>Max et Compagnie</em>. A l&#8217;origine manga de Matsumoto Izumi, publié entre 1984 et 1988 dans les pages du magazine Jump Comics, il a bien entendu rapidement fait l&#8217;objet d&#8217;une adaptation animée. C&#8217;est cette adaptation qui est parvenue la première en France, sur l&#8217;ancienne chaîne de la 5, à cette époque bénie pour les amateurs de japanimation où la chaîne de Berlusconi voulait se démarquer de Dorothée en proposant un choix de dessins animés plus vaste. Il faut malheureusement remarquer que Max &amp; Cie n&#8217;est pas passé à travers une censure bizarre et souvent incompréhensible, comme la comparaison des versions animées japonaises et françaises le montre aisément&#8230;</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Ce ne fut que bien plus tard que le manga atteint nos rivages, sous l&#8217;impulsion de la désormais défunte collection manga de J&#8217;ai Lu. Là encore, le travail d&#8217;édition n&#8217;était pas tout à fait à la hauteur : J&#8217;ai Lu utilisait notoirement du papier de basse qualité, pas toujours coupé de manière très harmonieuse et la traduction n&#8217;était pas sans défauts.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Mais baste de ces considérations techniques, attachons-nous au manga lui-même ! Max &amp; Cie raconte l&#8217;histoire de Maxime (Kyôsuke Kasuga en VO) et de son triangle amoureux avec Sabrina (Madoka Ayukawa) et Pamela (Hikaru Hiyama). Lycéen, Max arrive dans sa nouvelle ville de résidence et, se promenant dans un parc, y rencontre Sabrina, pour laquelle il craque instantanément. Il a la surprise de la retrouver dans son nouveau lycée, où elle a plutôt mauvaise réputation, comme d&#8217;ailleurs Pamela. Cette dernière va craquer pour Max, après l&#8217;avoir vu réaliser un exploit sportif alors qu&#8217;il se croyait seul dans le gymnase. Car c&#8217;est bien là le problème, la famille de Max dispose de pouvoirs psychiques telles que la télékinésie ou la téléportation&#8230; Pratique ? Pas toujours, quand cela doit rester un secret bien gardé et que les deux jeunes sœurs de Max ne font pas toujours attention à ce qu&#8217;elles font&#8230; Max va donc se retrouver dans un triangle amoureux, adulé par Pamela qui ne lui est pas indifférente, mais amoureux en réalité de la belle Sabrina, énigmatique et rebelle.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Force est de constater que le dessin a vieilli. Si on reconnaît les protagonistes sans aucun problème, on ne peut pas dire que le style de Matsumoto Izumi soit particulièrement flamboyant. Cela est vrai notamment dans les premiers volumes, où on sent que Matsumoto Izumi cherche encore sa technique. Le dessin des personnages va évoluer considérablement durant toute la série, pour arriver à une maturité cette fois plutôt agréable à partir de la moitié de la série. Les décors sont également de plus en plus travaillés.</p>
<div id="attachment_648" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/orangeroad2.jpg"><img class="size-medium wp-image-648" title="orangeroad2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/orangeroad2-300x300.jpg" alt="Copyright Izumi Matsumoto / J'ai Lu" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Izumi Matsumoto / J&#39;ai Lu</p></div>
<p align="justify">
<p align="justify">Tout cela ne fait pas de Max &amp; Cie un « grand » manga. L&#8217;intérêt de cette œuvre est plutôt à chercher dans la galerie de personnages. Max est un éternel indécis, qui ne peut se résoudre à briser le cœur de Pamela dont il apprécie la compagnie, mais qui rêve d&#8217;être avec Sabrina. Bien souvent, ses pouvoirs serviront de ressort comique à l&#8217;intrigue, en provoquant des quiproquos et des situations embarrassantes pour lui, et qui lui feront dire souvent que ces pouvoirs sont plus une malédiction qu&#8217;une bénédiction. Surtout quand son cousin s&#8217;en mêle et met la pagaille ! Mais le personnage central, en définitive, reste Sabrina/Madoka. C&#8217;est l&#8217;archétype de la bad girl/grande sœur au grand cœur, jugée par les autres sur les apparences mais qui a un cœur en or. Pamela la considère d&#8217;ailleurs comme une sorte de modèle, la « sempai » des relations hiérarchiques japonaises, ce qui complique évidemment la situation de Max. Le charisme de Sabrina y fait pour beaucoup et elle est restée de très nombreuses années en haut des classements des personnages féminins préférés au Japon, bien après la fin du manga et de la série télévisée.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Max &amp; Cie a donc le charme de l&#8217;adolescence, des premières amours que les adultes croient insouciantes mais qui se révèlent bien compliquées pour ceux qui la vivent. Même s&#8217;il peut paraître naïf et désuet aux adultes de maintenant, nul doute qu&#8217;il réveillera également en eux ce parfum de paradis perdu, cette nostalgie pour les temps enfuis de la jeunesse dont on ne garde finalement que les bons souvenirs.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Max &amp; Cie n&#8217;est donc pas un « grand » manga, mais c&#8217;est un manga attachant, aux personnages avec lesquels on peut facilement s&#8217;identifier, un de ces petits coups de cœur qu&#8217;on ne peut vraiment expliquer mais qui réconfortent ! Espérons une réédition rapide de cette œuvre, car les exemplaires français ont parfois la fâcheuse manie d&#8217;atteindre des sommes déraisonnables sur eBay,,,</p>

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		<title>Lune d&#8217;argent sur Providence</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Oct 2008 16:17:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Y a quelque chose de pourri à Providence City 1880, Providence, Etat du New Hampshire. Les habitants sont sous tension. Depuis quelques jours des hommes, des femmes voire des enfants ont été retrouvés morts, atrocement mutilés. Les traces laissées feraient penser à un gigantesque loup mais aucune battue n’a rien donné. Et ce grand dadais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>Y a quelque chose de pourri à Providence City</h3>
<div id="attachment_602" class="wp-caption alignleft" style="width: 225px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/providence-1.jpg"><img class="size-medium wp-image-602" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/providence-1-215x300.jpg" alt="Copyright Vents d'Ouest 2005" width="215" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Vents d&#39;Ouest 2005</p></div>
<p>1880, Providence, Etat du New Hampshire. Les habitants sont sous tension. Depuis quelques jours des hommes, des femmes voire des enfants ont été retrouvés morts, atrocement mutilés. Les traces laissées feraient penser à un gigantesque loup mais aucune battue n’a rien donné. Et ce grand dadais de shérif ne semble pas en mesure de les protéger.<br />
C’est dans cette ambiance tendue qu’arrive Miss GATLING à la pension de Madame Bénédicte. Rapidement la jeune femme attire l’attention et intrigue. Pensez donc, déjà une nouvelle tête à Providence c’est pas courant, mais en plus la jeune femme semble cacher bien des mystères sur les raisons de sa venue. Comme si elle savait plus qu’elle le ne dit sur ces loups géants.</p>
<h3>Fantastique western. Et inversement</h3>
<p>A la fin du premier tome, Eric HERENGUEL dans une lettre ouverte nous raconte tout l’amour qu’il porte au genre du western. Avec moults détails sur son enfance et la découverte des Mystères de l&#8217; Ouest (la série), il nous parle de son attachement profond pour les cowboys, les revolvers et le grand ouest. Ha, James WEST, le fantastique et les filles en robe pourpre…<br />
Après avoir lu les albums, impossible de remettre en doute cette profession de foi. Tout cet amour transpire littéralement des pages de Lune d’argent sur Providence.</p>
<blockquote><p>Lune d’argent sur Providence est un excellent titre qui dépoussière avec intelligence et talent un genre un peu abandonné dans le 9<sup>e</sup> art.</p></blockquote>
<p>Des costumes aux coutumes, des armes aux dialogues, tout a été restitué avec un sens minutieux du détail. L’album est un régal graphique. Le trait fin et minutieux, les couleurs bien choisies, les cadrages cinématographiques, tout ici concourt à immerger le lecteur dans un film de western. C’est bien simple, on s’y croirait.</p>
<p>Les dessins sont beaux, agréables, fluides. L’auteur ose des poses classieuses (rahhh la planche 56 !) et rend hommage au genre sans jamais tomber dans les travers des clichés inhérents au genre.</p>
<h3>Et le ramage se rapporte au plumage</h3>
<div id="attachment_603" class="wp-caption alignright" style="width: 225px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/providence-2.jpg"><img class="size-medium wp-image-603" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/providence-2-215x300.jpg" alt="Copyright Vents d'Ouest 2008" width="215" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Vents d&#39;Ouest</p></div>
<p>L’histoire nous conte celle de Miss GATLING, une jolie jeune femme arrivée de Washington pour procéder à l’inventaire des biens du vieux Spencer, le fou du village retrouvé atrocement mutilé par une immense bête sauvage. Mais aussi benêt soit il, le shérif se rend rapidement compte qu’elle cache des choses et qu’elle en sait plus sur ces loups amateurs de garçons vachers sortis de … d’où viennent-ils exactement d’ailleurs ? Pourquoi s’en prennent-ils uniquement à l’entourage des responsables de la nouvelle église de la ville ?</p>
<p>Plutôt que de se cantonner au cliché éculé des cowboys contre les indiens, l’auteur immerge son histoire dans le fantastique et nous sert une fable écologique mêlant protection de la nature et monstres sauvages. Et s’il pioche allègrement dans la mythologie indienne ou les films de MIYAZAKI, ce n’est jamais que pour mieux leur rendre hommage.</p>
<p>Lune d’argent sur Providence est un excellent titre qui dépoussière avec intelligence et talent un genre un peu abandonné dans le 9<sup>e</sup> art.</p>
<div id="attachment_604" class="wp-caption alignleft" style="width: 233px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/coffret.jpg"><img class="size-medium wp-image-604" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/coffret-223x300.jpg" alt="Copyright vents d'Ouest 2008" width="223" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright vents d&#39;Ouest</p></div>
<p>Des dessins magnifiques et blindés de détails, une histoire haletante et pleine de rebondissement, des personnages immédiatement attachants et de clins d’œil en pagaille. Au final, la série (terminée en deux volumes) se dévore d’une traite avec un plaisir immense. Des séries comme celle là, on en redemande.</p>
<p>Profitez de la sortie des albums en coffret de luxe courant novembre 2008 pour vous ruer sur cette perle. A déguster sans aucune modération.</p>
<p>Pour plus d’infos et avoir une idée du talent de l’artiste, retrouvez l’univers de Lune d’argent sur Providence sur <a href="http://lunedargentsurprovidence.over-blog.com/" target="_blank">le blog de Eric HERENGUEL.</a></p>

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		<title>Morro Bay</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Oct 2008 19:20:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans un petit village côtier des Etats-Unis, Evangeline et Tracy enquêtent sur le passé mystérieux de Miss SCOTT, leur professeur de sport. Aidées de Marie, la jeune sœur d&#8217;Eva, elles découvriront bien des secrets et apprendront qu&#8217;il n&#8217;est pas toujours bon de remuer de vieux souvenirs. Et quand Miss SCOTT est retrouvée morte, l&#8217;été des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_508" class="wp-caption alignleft" style="width: 238px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/morrobay.jpg"><img class="size-medium wp-image-508" title="Morro Bay" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/morrobay-228x300.jpg" alt="Morro Bay - Copyright Casterman 2005" width="228" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Morro Bay - Copyright Casterman 2005</p></div>
<p>Dans un petit village côtier des Etats-Unis, Evangeline et Tracy enquêtent sur le passé mystérieux de Miss SCOTT, leur professeur de sport.<br />
Aidées de Marie, la jeune sœur d&#8217;Eva, elles découvriront bien des secrets et apprendront qu&#8217;il n&#8217;est pas toujours bon de remuer de vieux souvenirs. Et quand Miss SCOTT est retrouvée morte, l&#8217;été des adolescentes vire rapidement au cauchemar.</p>
<p>Morro Bay est le résultat de la première collaboration entre BOCCAR (<em>Le triangle ombilical</em>, <em>3 Vierges</em>&#8230;) et CORNETTE (<em>Jean POLPOL</em>, <em>Démons</em>&#8230;). Et pour une première, c&#8217;est plutôt réussi.</p>
<p>Le scénario, tout d&#8217;abord, est maîtrisé. Certes l&#8217;exercice du &laquo;&nbsp;one shot&nbsp;&raquo; oblige le scénariste à peu creuser ses personnages pour les mettre rapidement en place et à quelques accélérations de rythme (avec parfois jusqu&#8217;à 3 scènes en deux planches).<br />
Mais il n&#8217;en reste pas moins excellent et la fin est totalement inattendue. Vraiment surprenante vu le ton général tout au long de l&#8217;album.</p>
<p>Sous le prétexte d&#8217;une enquête sur les petits mystères de la ville, CORNETTE se penche sur les problèmes adolescents : recherche de l&#8217;identité sexuelle, découverte du pouvoir de séduction, rôle du père, place de la religion&#8230;<br />
Les personnages, sans être caricaturaux, sont tranchés et entiers. Cela permet au scénario d&#8217;avancer vite et d&#8217;être bouclé en 64 pages.</p>
<p>Quant aux dessins, ils sont&#8230; beaux, tout simplement.<br />
Seuls les contours des personnages sont marqués au crayons, le reste (ombres, plis, etc&#8230;) est composé de couches de couleurs. Du coup les arrières plans semblent flous avec des personnages nets.<br />
Les lignes de fuite, suggérées par le changement des tons et les bords noirs des cases accentuent encore ce sentiment de net/flou.<br />
Les couleurs sont bien choisies, chaudes et lisses, elles sont agréables à l’œil et facilitent l’immersion. En un mot comme en cent, c&#8217;est très beau.</p>
<p>Morro Bay est au final une bonne bédé mêlant spleen adolescent, enquête, vengeance et un soupçon d&#8217;érotisme débouchant sur une fin particulièrement surprenante. Pas indispensable mais chaudement conseillée.</p>

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