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	<title>Kroniks &#187; Francis Desharnais</title>
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	<description>le blog bd qui vous dit bonne année</description>
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		<title>Burquette 2</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Feb 2011 18:52:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2576" class="wp-caption alignleft" style="width: 298px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Burquette2.jpg"  class="wmp" id="wmp1"><img class="size-full wp-image-2576" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Burquette2.jpg" alt="Copyright Les 400 coups 2010" width="288" height="304" /></a><p class="wp-caption-text">Burquette - Tome 2</p></div>
<p>En 2008, Francis DESHARNAIS <a href="http://www.kroniks.net/2011/02/15/burquette/">sortait un album surprise autour du thème inédit en BD du voile intégral</a>, où une ado de 14 ans prenait une leçon de vie de la part de son père militant. Par son thème, fort et sans précédent, et sa manière de le traiter, avec humour et cynisme, le livre avait frappé les esprits et marqué le petit monde de la BD.</p>
<p>En 2010, Alberte est de retour dans un album inattendu. Désormais surnommée <em>Burquette </em>par ses amis, Alberte retrouve enfin sa mère et décide de partir avec elle en Balaysie pour l’aider dans son combat contre l’esclavage sexuel. Elle espère du même coup échapper à son père et ses méthodes personnelles d’éducation.</p>
<p>C’est sans compter sur le militantisme et surtout la ténacité de ce dernier, qui se met en tête de libérer les peuples opprimés de l’Asie. Et cette fois, son support pédagogique sera … une machine à coudre en fonte, à laquelle il enchaine purement et simplement sa fille.</p>
<p>A la lecture du nouveau pitch, on aurait pu craindre que <em>Burquette </em>tome 2 ne soit qu’une redite du premier et tombe dans la redondance facile. Ce n’est heureusement pas le cas. L’auteur a eu l’intelligence de rapidement (et littéralement) enterrer sa machine à coudre pour s’éloigner de toute démonstration trop pesante. Ce choix finalement judicieux permet surtout d’éviter à l’auteur de s’enfermer dans le genre « BD engagée » et du coup de se concentrer sur ses personnages, les développer et même d’en  amener de nouveaux.</p>
<p>Ce nouveau tome nous permet dès lors d’en apprendre un peu plus sur la famille d’Alberte. A commencer par son père. S’il était présenté dans un premier temps comme un irréductible hurluberlu militant, avec ce tome 2 on découvre un homme perdu qui essaye en fait, à travers ses lubies, de se rapprocher de sa fille. Quant à la mère d’Alberte, on peut dire que les retrouvailles avec sa fille ne se passent pas vraiment comme prévu. Elle qui s’attendait à trouver une mère attentive et maternelle, elle découvre une mère fantasque qui, malgré ses « convictions » humanitaires, ne cherche pas vraiment à créer des liens avec sa fille. Quant aux nouveaux venus, ils s’inscrivent eux aussi dans la caricature pour mieux dénoncer tous les travers de nos sociétés occidentales. A ce titre, la parodie de l’héritière hôtelière est cruellement drôle et affutée.</p>
<p>Ce nouvel album ne se démarque pas seulement par un changement de ton, mais aussi par un changement de technique : ici le trait se fait plus fin et les ombres moins présentes. Francis DESHARNAIS a en effet décidé de passer pour le tome 2 du feutre au crayon et d’atténuer les ombrages. Ce changement allège et éclaircit le dessin et par là même le ton général. Qu’on se rassure, <em>Burquette </em>n’en a pour autant pas perdu de sa verve et de son mordant et comme dans le premier les gags  se succèdent, là encore en demie teinte (les ourlets de pantalons ne resteront pas la meilleure trouvaille de l’auteur). Fidèle à la recette de son premier livre, DESHARNAIS continue d’alterner un humour simple et direct et des répliques noires et grinçantes. Car tout comme le premier volume, <em>Burquette </em>2 est régulièrement parcouru de réplique féroces qui, sous couvert de légèreté, visent juste et font régulièrement mouche (notamment envers les forums et les aigris qui se cachent derrière leurs pseudos sur internet).</p>
<p>Au final, et parce qu’il faut bien conclure et donner un avis, <em>Burquette 2</em> se révèle être un bon livre, drôle, amusant et féroce, à la galerie de personnages bien loufoques. Mais seulement bon parce que nécessairement comparé à l’aune du premier. Si ce tome était sorti le premier ou sans référence au tome 1, il aurait été un très bon livre. Le problème c’est qu’il est très difficile de passer après un thème aussi fort que la burqa. Comparé au premier, <em>Burquette</em> 2 apparait certes drôle mais moins mordant, moins acide et moins engagé (même si encore une fois il s’agit d’une volonté délibérée de l’auteur). Mais un livre « juste » bon, drôle, féroce c’est déjà pas mal non ?
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp1">Copyright Les 400 coups 2010</div>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/burquette/" title="Burquette" rel="tag">Burquette</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/francis-desharnais/" title="Francis Desharnais" rel="tag">Francis Desharnais</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/humour/" title="humour" rel="tag">humour</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/social/" title="social" rel="tag">social</a><br />
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		<title>Burquette</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Feb 2011 18:44:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/burquette.jpg"  class="wmp" id="wmp3"><img class="alignleft size-medium wp-image-174" title="burquette" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/burquette-283x300.jpg" alt="" width="283" height="300" /></a>Assez méconnue en Europe, la BD canadienne francophone a pourtant des représentants de grande classe. Parmi ceux ayant été édités en France, on connaissait déjà Guy Delisle, dont le <em>Chroniques Birmanes</em> a d&#8217;ailleurs été chroniqué récemment <a title="ici-même" href="http://www.kroniks.net/2008/06/27/chroniques-birmanes/" target="_blank">ici-même</a> par l&#8217;ami Cruchot, ou encore Michel Falardeau avec sa série <em>Mertownville</em>, dont on vous reparlera sans doute prochainement.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Francis Desharnais est un auteur canadien touche-à-tout puisque en plus de la BD il réalise des courts-métrages d&#8217;animation. Dans <em>Burquette</em>, il prend un pari osé : faire rire et réfléchir sur la burqa, ce voile musulman intégral, sans tomber dans la caricature facile ou l&#8217;intolérance. Alberte, 14 ans, est ainsi contrainte par son père, militant gauchiste, de porter une burqa pendant un an, « pour la conscientiser ». La mère d&#8217;Alberte n&#8217;a pas son mot à dire, puisque de toutes façons c&#8217;est son ex-mari qui a la garde exclusive de sa fille.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le sujet était dangereux. Mal maîtrisé, il pouvait véhiculer des idées plus que nauséabondes, ou au moins maladroitement exprimées et purement revendicatrices. Francis Desharnais évite cependant ce piège avec brio : il ne se focalise pas sur la burqa elle-même, bien qu&#8217;elle soit constamment au centre de la narration, mais sur tous les à-côté ; le regard des amis d&#8217;Alberte change ainsi, son ex ne lui parle plus, sa prof d&#8217;histoire se révolte contre ce traitement, etc&#8230; C&#8217;est donc en fait, sous couvert de la burqa (ha ha), toute la société canadienne qui est passée ainsi au scanner. La vie quotidienne, les relations amoureuses, la religion, la télé-réalité, tout y passe avec son bal d&#8217;hypocrites, de petites victoires et de grandes défaites pour Alberte. Finalement, ce sont parfois les étrangers les moins intolérants, comme les voisins algériens d&#8217;Albert et on père, qui disent qu&#8217;ils n&#8217;ont pas fui les barbus pour les retrouver au Canada. Leur neveu kabyle Kader ne laissera d&#8217;ailleurs pas Alberte indifférente.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Au-delà de tout ça, c&#8217;est aussi le portrait en définitive terrifiant d&#8217;un père complètement névrosé, frustré de ne pas avoir atteint le niveau de militantisme et de reconnaissance auquel il croit avoir le droit et qui reporte le tout sur sa fille, en essayant de l&#8217;éduquer pour qu&#8217;un peu de sa notoriété future lui retombe dessus. En négatif, c&#8217;est le portrait d&#8217;une ado de son époque, un peu larguée parfois mais pas bête, qui n&#8217;a qu&#8217;une hâte c&#8217;est d&#8217;échapper à l&#8217;emprise de son père et de retrouver sa mère. L&#8217;attitude du père, jusqu&#8217;au-boutiste, frise parfois la psychopathie et on se prend parfois à trembler pour Alberte, malgré l&#8217;humour omniprésent.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Car Francis Desharnais manipule constamment un humour multifacettes, parfois simple et direct, parfois noir et grinçant. Ce cocktail, qui laisse le lecteur « entre deux chaises », est en fait le parfait dosage pour provoquer la réflexion en plus du rire, en face des situations bien souvent cocasses. Le trait de Francis Desharnais, dépouillé, presque un croquis permanent, permet lui aussi de relativiser le tout, pour ne pas le faire tomber dans la lourdeur et le pathos. L&#8217;agencement en strips parfois d&#8217;une case, parfois de pages, renforce aussi le côté dessin de presse, qui permet de ne pas s&#8217;ennuyer et d&#8217;enchaîner les séquences naturellement.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, pour nous autres français, cet album a un petit parfum d&#8217;exotisme puisque le français utilisé est ici celui, si chantant et si imagé, de la Belle Province. Ainsi, Alberte demande à son père pourquoi il &laquo;&nbsp;cruisait&nbsp;&raquo; une de ses copines de classe dans une discothèque.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">En résumé, Burquette est une sorte d&#8217;OVNI bédéïstique, à la croisée de nombreux genres littéraires et qui réussit une alchimie passionnante entre plusieurs manières de traiter une même question. Certainement un de mes coups de cœur de l&#8217;été, cet album a aussi été pour moi l&#8217;occasion de découvrir une maison d&#8217;édition québécoise dont je suivrai à l&#8217;avenir le catalogue avec attention !</p>
<p style="text-align: justify;">

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