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	<title>Kroniks &#187; humour</title>
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	<description>le blog bd qui vous dit bonne année</description>
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		<title>Zombillénium</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Dec 2011 02:08:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ne niez pas : vous connaissez sans doute Arthur de Pins et sa série des « Péchés mignons » (Fluide Glacial), hein, bande de coquines et de coquins !! Bah, avouez, y a rien de mal à ça, surtout que ces péchés, non contents d’être sexys en diable, sont aussi hilarants. Mais connaissez-vous la facette « narration » d’Arthur de Pins ? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3105" class="wp-caption alignleft" style="width: 227px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/zombillenium1.jpg"  class="wmp" id="wmp1"><img class="size-medium wp-image-3105" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/zombillenium1-217x300.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright A. de Pins / Dupuis 2010</p></div>
<p>Ne niez pas : vous connaissez sans doute Arthur de Pins et sa série des « Péchés mignons » (Fluide Glacial), hein, bande de coquines et de coquins !! Bah, avouez, y a rien de mal à ça, surtout que ces péchés, non contents d’être sexys en diable, sont aussi hilarants.</p>
<p>Mais connaissez-vous la facette « narration » d’Arthur de Pins ? Non ? Alors voilà une excellente occasion de vous rattraper, avec sa série « Zombillénium » !</p>
<p>Zombillénium, c’est d’abord le nom d’un parc d’attractions sur le thème des monstres et de l’épouvante. Fantômes, zombies, momies, démons déments et squelettes en goguette à tous les étages ! Situé en pleine cambrousse, c’est l’attraction du coin. Ce que les visiteurs et les habitants du coin ne savent pas, par contre… c’est qu’il n’y a aucun trucage dans ce parc ! Les monstres sont de vrais monstres.  Mais voilà, ils sont là pour le business, pas pour se repaître des humains normaux. Les temps ont bien changé, depuis les chasses aux sorcières du Moyen Âge…</p>
<p>Et cela, Aurélien Zahner va le découvrir « à son corps défendant » : déprimé par le fait que sa femme le trompe, il décide d’attaquer un bistrot. Pas de bol : c’est le bistro que Gretchen, jeune sorcière stagiaire au parc, a choisi pour acheter ses cigarettes ! Coup de bol, elle va alors gentiment neutraliser Aurélien et le convaincre de rentrer chez lui sans faire de vagues. Pas de bol, si Aurélien repart, il ne fait pas attention en traversant la rue et se fait renverser par une voiture ! Raide mort, Aurélien ! Coup de bol : dans la voiture, trois employés du parc : Aton la momie, Sirius le squelette et Francis le vampire ; ce dernier va mordre Aurélien et le ramener à la vie.</p>
<div id="attachment_3106" class="wp-caption alignright" style="width: 235px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/zombillenium2.jpg"  class="wmp" id="wmp2"><img class="size-medium wp-image-3106" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/zombillenium2-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright A. de Pins / Dupuis 2011</p></div>
<p>Pas de bol : ce faisant, Aurélien sait que Zombillénium est « vrai » et est embauché d’office dans le parc. Contrat à durée indéterminée et non révocable, cela va sans dire… Et il n’est pas au bout de ses surprises ! Que je ne révèlerai bien sûr pas ici.</p>
<p>Zombillénium est l’occasion pour Arthur de Pins de montrer à ceux qui l’ignoraient qu’il SAIT raconter une histoire suivie et dessiner autre chose que des bimbos et des beaux mecs (même si, certes, Aurélien ressemble plus à Brad Pitt qu’à Sim). Les personnages, principaux et secondaires, sont fouillés et crédibles (un comble pour des monstres !) et la plupart ont une personnalité attachante. L’histoire promet également son lot de rebondissements, vu que les choses s’accélèrent dès le deuxième tome.</p>
<p>Arthur de Pins en profite également pour truffer son récit de clins d’oeil à des séries, des films, des œuvres littéraires, etc… Tout cela est fait de manière très judicieuse, n’alourdissant jamais le rythme du récit. Mais on se prend souvent à revenir en arrière, ou à relire l’album en se disant « mais attends, là, je connais ça ! ». Bref, Arthur de Pins brasse du Monstres &amp; Cie, du Harry Potter, l’Exorciste, Michaël Jackson et je pense bien même avoir vu l’éternel Marcel Gotlib, mais je ne vous dirai évidemment pas où !</p>
<p>Alors oui, Zombillénium est une BD très attachante, qu’on relit de multiples fois rien que pour le plaisir. Et ça, c’est bien un gage de qualité !
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	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/arthur-de-pins/" title="arthur de pins" rel="tag">arthur de pins</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/bd/" title="bd" rel="tag">bd</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/fantastique/" title="fantastique" rel="tag">fantastique</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/humour/" title="humour" rel="tag">humour</a><br />
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		<title>Empowered</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Sep 2011 00:00:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comics]]></category>
		<category><![CDATA[Adam Warren]]></category>
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		<description><![CDATA[Ahh, les super-héros… Entrés désormais dans la mystique populaire, ils n’étonnent plus personne, ils cartonnent au box-office. Longévités record, origines complexes pour ne pas dire embrouillées, réinvention incessante des personnages, voilà bien quelques-unes des caractéristiques des Spiderman, X-Men et autres Superman. Ca, c’est pour les super-héros « officiels », « mainstream » dirons-nous. Et puis… Et puis il y [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2890" class="wp-caption alignleft" style="width: 234px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/emp1.jpg"  class="wmp" id="wmp3"><img class="size-medium wp-image-2890" title="emp1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/emp1-224x300.jpg" alt="" width="224" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright A. Warren / Bragelonne - Milady 2009</p></div>
<p>Ahh, les super-héros… Entrés désormais dans la mystique populaire, ils n’étonnent plus personne, ils cartonnent au box-office. Longévités record, origines complexes pour ne pas dire embrouillées, réinvention incessante des personnages, voilà bien quelques-unes des caractéristiques des Spiderman, X-Men et autres Superman.</p>
<p>Ca, c’est pour les super-héros « officiels », « mainstream » dirons-nous. Et puis… Et puis il y a tous les autres, qui prennent le parti d’aborder le super-héroïsme sous un autre angle. Et là, le panorama est plus que vaste, de Scott Pilgrim à Ultra, en passant par Body Bags, Kick Ass, la Ligue des Gentlemen Extraordinaires ou El Zombo Fantasma. Bref, c’est « l’underground » des sups.</p>
<p>Et Empowered dans tout cela ? Elle se rattache sans aucune hésitation à cette seconde catégorie, option « humour et belles pépées ». Bon, présenté comme ça, c’est un peu réducteur et ça ne donne pas forcément envie. Rétablissons donc l’équilibre en détaillant un peu plus.</p>
<p>Empowered, c’est une super héroïne débutante. Blonde, châssis de rêve, bouche pulpeuse… et aucune confiance en soi. Elle est revêtue d’une combinaison ultra-moulante peut-être bien d’origine extra-terrestre qui perd ses pouvoirs dès qu’elle se déchire un peu. Résultat : Empowered termine généralement ligotée et bâillonnée par les méchants, en attendant que le groupe de sups dont elle fait partie, la Super-bande, arrive à la rescousse… quand elle arrive !</p>
<p>Bref, Empowered est plutôt à ranger dans la catégorie empotée écervelée, la cinquième roue du carrosse ? Voire… Car Emp n’a qu’un désir : bien faire. Mais elle manque tellement d’assurance que la plupart du temps, ce qu’elle entreprend se termine en catastrophe et elle finit quasiment à poil… Bien sûr, les autres sups se foutent ouvertement d’elle, ce qui ne renforce pas sa confiance et hop, cercle vicieux nous voici !</p>
<div id="attachment_2891" class="wp-caption alignright" style="width: 228px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/emp3.jpg"  class="wmp" id="wmp4"><img class="size-medium wp-image-2891" title="emp3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/emp3-218x300.jpg" alt="" width="218" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright A. Warren / Bragelonne - Milady 2010</p></div>
<p>Heureusement, son chemin croise bientôt celui du Sbire, un acolyte de méchants pas si méchant (il a des motivations… spéciales), et c’est le coup de foudre. Et finalement l’amour (et le sexe ! oh oui le sexe !) ça fait du bien à l’égo. Surtout quand elle se fait aussi une meilleure amie en la personne de Ninjette, jeune ninja aux tendances alcoolo. Bon, et puis vous rajoutez le Prince-démon des étoiles, dont elle a la garde depuis qu’elle l’a capturé grâce à une ceinture-bondage, relique d’une tentative d’enlèvement par un proxénète interstellaire pour le compte d’un empereur galactique, et vous avez un quatuor détonnant.</p>
<p>C’est n’importe quoi ? Mais tout à fait ! Et c’est assumé ! Car Empowered n’est pas un comic de sups comme les autres. Tout d’abord, il se focalise plus sur les relations entre les personnages que sur les actes d’héroïsme à proprement parler. C’est un peu la sitcom des sups, si vous voulez, genre « Sous le soleil rencontre les Vengeurs ». Et puis, une sacré dose d’humour : les sups sont souvent de pathétiques enfoirés, les méchants aussi improbables que bêtes ou complexés et les nanas des bombes anatomiques.</p>
<p>Ajoutez à cela un graphisme qui lorgne de manière ouverte vers le manga, et vous comprendrez qu’Empowered ne ressemble décidément à aucun comic classique. L’influence manga est assumée, l’auteur Adam Warren étant un des premiers à avoir introduit et popularisé le manga aux USA, soit par ses œuvres (reprise de Dirty Pair, hors-séries de Gen 13), soit par la traduction de manga en anglais (Seraphic Feather, notamment).</p>
<p>Soyons francs, les deux premiers tomes sont du pur délire et pourraient faire passer Empowered pour une aimable pochade, une parodie sympa mais sans conséquences. Mais voilà : Adam Warren est plus malin que cela. Si le premier tome est en effet un joyeux foutoir, dès qu’Emp rencontre le Sbire, le Prince-démon et Ninjette, l’auteur agrémente son récit de certaines révélations sur le passé de ses protagonistes, et ça n’est pas forcément joli-joli. Même si l’humour est toujours présent, certains passages sont nettement plus sombres dans les tomes 3 et 4.</p>
<div id="attachment_2892" class="wp-caption alignleft" style="width: 228px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/emp4.jpg"  class="wmp" id="wmp5"><img class="size-medium wp-image-2892" title="emp4" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/emp4-218x300.jpg" alt="" width="218" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright A. Warren / Bragelonne - Milady 2011</p></div>
<p>Et c’est là que réside aussi en partie l’attrait d’Empowered : au moment où on pense qu’Adam Warren a lâché l’affaire et préfère faire de l’humour et des jolies filles, bam !, une bonne grosse révélation bien déstabilisante et on est repartis pour un tour ! Du coup, le récit ne perd jamais son dynamisme et les prochains tomes promettent d’être haletants !</p>
<p>En bref, si vous cherchez une histoire de super-héros atypiques, plutôt orienté humour mais pas que, Empowered pourrait bien vous plaire. Et cela, même si vous n’aimez pas du tout les super-héros ! Attention tout de même, les situations et le langage employés font d’Empowered un comic plutôt orienté vers les adultes et les jeunes adultes…</p>
<p>Une dernière chose : ayant eu l’occasion de lire Empowered en VO et en VF, je voudrais tirer un grand coup de chapeau au traducteur français, Philippe Touboul. Parce que pour parvenir à transposer (et pas à traduire bêtement) l’humour et les références contenues dans l’œuvre originale et les rendre compréhensibles au public français, il a du bien en baver ! Bravo l’artiste !
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		<title>Le Voyage des pères</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Sep 2011 01:27:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Jésus… Ce n’est pas un inconnu pour la bande dessinée, et pas seulement européenne ou américaine, puisque même les japonais lui ont consacré des œuvres. C’est pourquoi sans doute David Ratte (Toxic Planet, Majipoor) a choisi un angle d’approche différent pour sa bande dessinée. Il s’intéresse en effet à Jonas, Alphée et Simon : ce sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2879" class="wp-caption alignleft" style="width: 228px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/voyage1.jpg"  class="wmp" id="wmp6"><img class="size-medium wp-image-2879" title="voyage1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/voyage1-218x300.jpg" alt="" width="218" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright D. Ratte / Paquet 2007</p></div>
<p>Jésus… Ce n’est pas un inconnu pour la bande dessinée, et pas seulement européenne ou américaine, puisque même les japonais lui ont consacré des œuvres. C’est pourquoi sans doute David Ratte (<em>Toxic Planet</em>, <em>Majipoor</em>) a choisi un angle d’approche différent pour sa bande dessinée.</p>
<p>Il s’intéresse en effet à Jonas, Alphée et Simon : ce sont les pères de certains des premiers compagnons du Christ, respectivement Pierre et André, Matthieu et Judas (oui, LE Judas). Il suffit en effet que Jésus passe pour que ces derniers « plaquent » tout et le suivent. D’où le désarroi des pères, qui se mettent à la recherche de leur progéniture pour la ramener dans le « droit » chemin. C&#8217;est le début du &laquo;&nbsp;voyage des pères&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Du coup, c’est un peu un road movie qui s’en suit, puisque Jésus et ses disciples ont toujours quelques jours d’avance sur le trio, qui ne voit donc que le résultat du passage du prophète. Leur réaction est d’ailleurs très différente : Jonas est un vieux incrédule et caustique, Alphée est de plus en plus ébranlé par les miracles accomplis par Jésus, quant à Simon, il cherche simplement son fils.</p>
<p>Le but n’est absolument pas de parler de Jésus ; ce dernier apparait toujours en négatif, jamais en véritable acteur de l’histoire : on ne voit que les conséquences de son passage (miracles, opposition du Sanhédrin, inquiétude des romains, destin funeste de Judas…) et cela que ce soit lors de son prêche, lors de sa capture, de sa crucifixion ou de sa résurrection.</p>
<p>Non, David Ratte s’intéresse à la réaction de ses personnages face à ce qu’ils ne comprennent pas, en premier lieu l’attachement des fils de ceux-ci à ce mystérieux personnage qu’est Jésus. Quelque part, c’est aussi un voyage intérieur pour ces trois personnages, et le plus ébranlé ne sera pas forcément celui qu’on croit de prime abord.</p>
<p>David Ratte nous présente donc un tryptique où la franche rigolade et les bons mots le disputent à la tragédie et aux larmes, faisant de son œuvre un petit bijou d’équilibre. Tour de force,  David Ratte parvient à parler de Jésus sans jamais verser dans la religion, ce qui fait que le récit reste agréable qu’on croie en Jésus ou pas. Ajoutez à cela un graphisme agréable et qui penche vers le réalisme et vous aurez une œuvre atypique à découvrir d’urgence.</p>
<div id="attachment_2880" class="wp-caption alignright" style="width: 237px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/voyage3.jpg"  class="wmp" id="wmp7"><img class="size-medium wp-image-2880" title="voyage3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/voyage3-227x300.jpg" alt="" width="227" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright D. Ratte / Paquet 2010</p></div>
<p>Et si d’aventure l’œuvre vous plait, sachez que l’histoire ne s’arrête pas là : David Ratte a en effet initié un nouveau cycle (dont le second tome est paru récemment), l’<em>Exode selon Yona</em>, où Jonas, le vieux grincheux du premier tryptique, apprend au chevet d’une vieille tante mourante que ses ancêtres n’étaient pas tous juifs et que l’un d’entre eux, Yona, était égyptien. Et c’est parti pour une relecture des tribulations de Moïse !
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		<title>Mélusine</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jun 2011 02:35:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Coïncidence intéressante, je vous parlais d’une BD « d’école » avec Freaks’ squeele, je remets le couvert avec Mélusine ! Bon, la comparaison s’arrête là, hein. Mélusine est donc une jeune apprentie sorcière à la chevelure rousse flamboyante, qui travaille comme domestique chez un comte (Gonzague Hernyvanz) et sa duchesse d’épouse (Aymée Döperzonn). Evidemment, ces derniers sont respectivement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2819" class="wp-caption alignleft" style="width: 227px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/melusine.jpg"  class="wmp" id="wmp8"><img class="size-medium wp-image-2819" title="melusine" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/melusine-217x300.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Clarke-Gilson / Dupuis 1995 - 2011</p></div>
<p>Coïncidence intéressante, je vous parlais d’une BD « d’école » avec Freaks’ squeele, je remets le couvert avec Mélusine ! Bon, la comparaison s’arrête là, hein.</p>
<p>Mélusine est donc une jeune apprentie sorcière à la chevelure rousse flamboyante, qui travaille comme domestique chez un comte (Gonzague Hernyvanz) et sa duchesse d’épouse (Aymée Döperzonn). Evidemment, ces derniers sont respectivement un vampire et un fantôme et le majordome n’est autre que la créature de Frankenstein.</p>
<p>L’environnement immédiat de Mélusine ne dépare pas non plus : loups garous, morts-vivants, spectres, démons des profondeurs… hé, après tout Mélusine est une sorcière ! Et brillante avec cela, pas comme sa meilleure amie, Cancrelune, qui ne sait pas correctement voler sur son balai ou dont les tentatives en termes de magie sont au mieux des catastrophes…</p>
<p>Les professeurs de l’école ne sont pas en reste, dont le terrible Hasselblatt, qui fait malheureusement souvent les frais des pitoyables tentatives magiques de Cancrelune… ou de celles fort réussies de Mélusine ! Il n’y a que deux taches dans l’univers parfait de Mélusine : elle n’a toujours pas de soupirant et sa cousine Mélisande est une bonne fée !!</p>
<p>La série, créée en 1995 par Clarke et Gilson, s’étend maintenant sur pas moins de 19 volumes, ce qui témoigne de la popularité du personnage. Il faut dire que paraître dans le Journal de Spirou, ça aide !</p>
<p>Pas d’histoire suivie ici, les différents tomes sont des recueils de gags généralement en une planche. Visuellement, c’est sympathique, même si cela n’a rien de transcendant. Il faut dire que Clarke et Gilson sont des « vieux routiers » de la BD et connaissent parfaitement leur métier. Les gags sont sympathiques et, même s’ils sont clairement orientés vers un jeune public, Mélusine pourra plaire à toute la famille.</p>
<p>Bref, si vous avez des enfants, Mélusine est une série très sympa. Et même si vous n’en avez pas, Mélusine pourrait devenir un de ces petits « plaisirs coupables », où on se dit que quand même, on n’a plus l’âge pour tout ça… tout en continuant à lire ! Bref, si vous avez conservé votre âme d’enfant, n’hésitez pas !
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	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/clarke/" title="Clarke" rel="tag">Clarke</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/gilson/" title="Gilson" rel="tag">Gilson</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/humour/" title="humour" rel="tag">humour</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/magie/" title="magie" rel="tag">magie</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/melusine/" title="Mélusine" rel="tag">Mélusine</a><br />
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		<title>Freaks&#8217; squeele</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Jun 2011 01:40:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Freaks’ squeele, c’est compliqué à décrire en fait. C’est pourquoi j’ai sans cesse repoussé cette chronique. Quel angle trouver pour le présenter sous son meilleur jour ? Parce que vous savez bien, si vous passez sur Kroniks régulièrement, qu’on a tendance ici à ne parler que des albums qui nous ont vraiment plu. Et c’est le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2805" class="wp-caption alignleft" style="width: 215px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs1.jpg"  class="wmp" id="wmp9"><img class="size-medium wp-image-2805" title="fs1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs1-205x300.jpg" alt="" width="205" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright F. Maudoux / Ankama éditions juillet 2008</p></div>
<p>Freaks’ squeele, c’est compliqué à décrire en fait. C’est pourquoi j’ai sans cesse repoussé cette chronique. Quel angle trouver pour le présenter sous son meilleur jour ? Parce que vous savez bien, si vous passez sur Kroniks régulièrement, qu’on a tendance ici à ne parler que des albums qui nous ont vraiment plu.</p>
<p>Et c’est le cas avec Freaks’ squeele ! Mais voilà, par où commencer ?</p>
<p>En fait, Freaks’ squeele pourrait être un peu décrit comme un gros melting-pot : dessin clairement influencé par le manga et le comics, auteur français, thématique « école » ambiance Harry Potter et Sentaï School… Oui, dit comme ça, ça ne fait pas forcément envie, ça donne l’impression d’un grand fourre-tout un peu facile histoire de surfer sur la mode.</p>
<p>Et ce serait une terrible erreur ! Que j’ai failli faire, d’ailleurs. Reprenons donc : le dessin est inspiré par le manga et le comics ? C’est vrai, mais en partie seulement ; on remarque très vite que Florent Maudoux, l’auteur, est en fait œcuménique : il y a autant de BD que de comics ou de manga dans Freaks’ squeele. Et comme il a su tirer la substantifique moelle de chacun de ces genres, son style en devient paradoxalement homogène et très agréable. On a l’expressivité et la dérision du manga, le dynamisme du comics de super héros et l’écriture des dialogues tout à fait BD. Bref, sur le plan visuel, Freaks’ squeele est une vraie réussite, avec des dessins très détaillés et pourtant toujours aussi dynamiques et plaisants.</p>
<p>Alors maintenant, la thématique. Oui, c’est vrai, c’est une BD « d’école », mais il n’y a pas l’once d’un début de plagiat dans Freaks’ squeele. Florent Maudoux détourne simplement avec brio les standards du genre. Il peuple son école de personnages aussi attachants que détestables et si la multiplicité des personnages secondaires peut faire peur au début, Il s’en sort avec brio en leur donnant de vrais traits de personnalité.</p>
<div id="attachment_2806" class="wp-caption alignright" style="width: 222px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs2.jpg"  class="wmp" id="wmp10"><img class="size-medium wp-image-2806" title="fs2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs2-212x300.jpg" alt="" width="212" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright F. Maudoux / Ankama éditions mars 2009</p></div>
<p>Mais finalement, Freaks’ squeele, c’est quoi ? C’est l’histoire de trois étudiants, Xiong Mao la purement humaine (mais qui ne vient pas de n’importe quelle famille), Chance la demi-démone, et Ombre de Loup, la montagne à tête de loup. C’est la rentrée à l’université de la F.E.A.H. et les étudiants doivent se mettre par groupes de trois ; pas de bol pour Xiong Mao et Chance, elles se retrouvent à deux, l’année commence mal… Heureusement pour elles, elles ne vont pas tarder à faire la connaissance d’Ombre de Loup, aussi baraqué que timide et gentil.</p>
<p>L’année débute donc, mais Xiong Mao a rapidement des doutes sur les intentions du directeur de la F.E.A.H. Il semble en effet plus préoccupé de publicité, aux dépends de la prestigieuse académie Saint-Ange, que de pédagogie pure : monstres trop puissants aux examens, étudiantes en paréo filmées en TV réalité à leur insu, etc., non, décidément il n’est pas net, ce type.</p>
<div id="attachment_2807" class="wp-caption alignleft" style="width: 221px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs3.jpg"  class="wmp" id="wmp11"><img class="size-medium wp-image-2807" title="fs3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs3-211x300.jpg" alt="" width="211" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright F. Maudoux / Ankama éditions janvier 2010</p></div>
<p>Il faut dire que certains professeurs, voire même un bon nombre d’étudiants détonnent dans une université censée former des héros ; on les verrait plus facilement du côté obscur de la force, mais bon…</p>
<p>Tout cela donne d’excellents ingrédients pour une histoire rythmée, pas exemple de clichés certes mais qui ne gâchent absolument rien, et des personnages plus qu’attachants. Le tout appréciable qu’on soit capable de repérer tous les clins d’œil ou non, d’ailleurs, ceux-ci n’étant jamais que des à-côtés amusants qui n’entravent en rien la compréhension de l’histoire.</p>
<p>Bref, Freaks’ squeele, c’est très bon, lisez-en ! Si on voulait partir sur des envolées lyriques, Freaks’ squeele pourrait servir d’exemple parfait pour illustrer pourquoi la BD française n’a rien à craindre de « l’envahissement » des comics et manga : il y aura toujours des auteurs talentueux comme Florent Maudoux pour en tirer le meilleur et nous offrir de petits bijoux comme Freaks’ squeele !</p>
<p><em>Note : cette chronique a été écrite sans lire le tome 4 des aventures du trio estudiantin, vu que je n’ai pas encore pu mettre la main dessus. Mais d’après des sources hautement autorisées, le niveau ne faiblit pas !</em>
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		<title>Les vacances de Jésus et Bouddha</title>
		<link>http://www.kroniks.net/2011/04/13/les-vacances-de-jesus-et-bouddha/</link>
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		<pubDate>Wed, 13 Apr 2011 01:18:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mangas]]></category>
		<category><![CDATA[Bouddha]]></category>
		<category><![CDATA[Hikaru Nakamura]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<category><![CDATA[Jésus]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>

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		<description><![CDATA[Bon. Je ne pensais honnêtement pas que ce manga sortirait un jour en France, en tout cas pas si vite. Heureuse surprise donc, puisqu’il s’agit d’un de mes coups de cœur en manga ces derniers mois ! Un thème pour le moins inattendu Bouddha et Jésus qui descendent sur Terre histoire de prendre des vacances bien [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2734" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/jesus1.jpg"  class="wmp" id="wmp12"><img class="size-full wp-image-2734" title="jesus1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/jesus1.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright H. Nakamura / Kurokawa 2011</p></div>
<p>Bon. Je ne pensais honnêtement pas que ce manga sortirait un jour en France, en tout cas pas si vite. Heureuse surprise donc, puisqu’il s’agit d’un de mes coups de cœur en manga ces derniers mois !</p>
<p><strong>Un thème pour le moins inattendu</strong></p>
<p>Bouddha et Jésus qui descendent sur Terre histoire de prendre des vacances bien méritées, pas sûr qu’on aurait eu ça en franco-belge actuellement, surtout avec les affaires « politico-religieuses » que les médias aiment bien monter en épingle, ni en comics d’ailleurs.</p>
<p>Le titre japonais est en fait « Sei Onii-san », qu’on traduirait littéralement par « Les Saints Frangins ». Et ça marque bien la difficulté qu’il y a à trouver un titre à la fois correct et « vendeur » pour les traductions. Avouez-le, « Les Saints Frangins » comme « Les vacances de Jésus et Bouddha », ça ne sonne pas forcément très accrocheur. Mais bon, il faut bien se résoudre à traduire…</p>
<p>Du coup, n’étant pas en France et n’ayant pas accès à cette version française pour le moment, je vous parlerai ici de la version japonaise, qui en est rendue à son 6<sup>e</sup> tome, et on murmure déjà à propos d’une adaptation en feuilleton avec acteurs (notamment avec Kiritani Kenta – et vous savez tout le bien que j’en pense si vous lisez mes écrits ici – dans le rôle de Jésus). C’est vous dire le succès de ce manga dans l’archipel.</p>
<p><strong>Cachez ce saint que je ne saurais voir</strong></p>
<p>Alors oui, c’est l’histoire de Bouddha et Jésus en goguette sur Terre, prenant des vacances bien méritées. Il faut dire qu’il y avait un bail qu’ils n’y avaient pas mis les pieds, tous les deux ! Et ils ont choisi l’actuelle Tokyo pour passer leurs vacances. Pourquoi pas ?</p>
<p>N’allez pas croire que la série va être basée sur le décalage entre un Jésus et un Bouddha « d’époque » et une Tokyo ultramoderne et speedée. Non, trop facile et heureusement l’auteur, Hikaru Nakamura, sait éviter cet écueil. C’est que Bouddha et Jésus, du haut des Cieux, n’ont jamais quitté la Terre des yeux et sont donc au courant de ce qui s’y passe. Enfin, en gros ! Il y a quand même des subtilités qui leur échappent.</p>
<div id="attachment_2735" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/jesus2.jpg"  class="wmp" id="wmp13"><img class="size-full wp-image-2735" title="jesus2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/jesus2.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright H. Nakamura / Kôdansha 2008</p></div>
<p>Il n’empêche, ils sont sur terre incognito. Des vacances, on vous dit ! Ils ne sont pas là pour rameuter les fidèles ou annoncer la fin du monde. Du coup, parfois, il y a des détails qui « dérangent », du genre Jésus qui a tendance à multiplier les pains ou Bouddha qui luit quand quelque chose le contrarie. Et ce n’est pas toujours facile à gérer ! D’autant que les gens « sentent » bien qu’il y a quelque chose de spécial à propos de ces deux-là, sans jamais cependant pouvoir mettre le doigt dessus.</p>
<p><strong>Enfin des vacances ?</strong></p>
<p>Les vacances de Jésus et Bouddha, c’est une collection de moments, de petites aventures des figures emblématiques de deux des plus grandes religions du monde. Pas vraiment de suivi dans les chapitres, qui s’ouvrent et se referment comme de petites histoires. Bien entendu, on retrouve quand même des personnages récurrents, tant humains (la propriétaire de l’appartement, le yakuza, etc…) que « divins » (les archanges, Judas, les disciples de Bouddha, Mara, etc…)</p>
<p>Tout cela forme une galerie de personnages tous plus truculents les uns que les autres. Et si le parti pris pour représenter les archanges (qui font plus boys band qu’autre chose) ou Judas (l’archétype de l’emo-kid) peut surprendre, il n’est pas irrespectueux, plutôt attendrissant.</p>
<p>Car oui, Les vacances… est résolument placé sous le signe de l’humour et sur les quiproquos, comme le yakuza qui croit que Jésus est un gangster hard-boiled, ou les disciples de Bouddha qui sont de vrais petits fan-boys ! Remarquez, d’un autre côté Jésus est accroc aux MMORPG et Bouddha ne peut pas résister aux soldes dans les magasins…</p>
<p><strong> </strong></p>
<div id="attachment_2736" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><strong><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/jesus3.jpg"  class="wmp" id="wmp14"><img class="size-full wp-image-2736" title="jesus3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/jesus3.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></strong><p class="wp-caption-text">copyright H. Nakamura / Kôdansha 2009</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong> En vérité je vous le dis…</strong></p>
<p>Hikaru Nakamura a poussé loin ses recherches et utilise les récits bibliques et bouddhiques pour pimenter son récit. Ainsi, quand Jésus met les bras en croix, il y a des angelots qui débarquent, pensant qu’il s’est encore fait crucifier et qu’il est temps de remonter au Paradis… L’archange Gabriel débarque en demandant s’il peut déclencher l’Apocalypse à chaque fois que Jésus a un « accident » (genre il croque dans une racine de wasabi et s’évanouit tellement c’est piquant)</p>
<p>Ou alors cette mémorable baston de mauvaise foi sur la qualité du repas et de l’accueil chez Bouddha et Jésus entre Mara (le démon qui essaya de tenter Bouddha) et Judas. Sans mentionner évidemment le T-shirt-Saint Suaire que porte Jésus ou les mille bras qui poussent à Bouddha quand il joue au ping-pong.</p>
<p>Du coup, les vacances de Jésus et Bouddha peut s’apprécier au premier degré, mais il sera encore plus savoureux si vous pouvez décrypter les allusions théologiques de Hikaru Nakamura. Du genre de la fête de Obon, l’équivalent japonais de la Toussaint, ou encore Jésus qui, ayant peur de l’eau, fait se séparer façon Mer Rouge l’eau de la piscine dans laquelle il plonge…</p>
<p>N’ayant pas la version française sous la main, je ne peux pas dire ce qu’il en est, mais j’espère que les éditeurs ont prévu des notes culturelles comme cela se fait beaucoup dans les manga, de manière à expliciter les références qui pourraient être obscures pour le lecteur peu au fait des choses religieuses.</p>
<p><strong>Visuellement agréable</strong></p>
<div id="attachment_2737" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/jesus4.jpg"  class="wmp" id="wmp15"><img class="size-full wp-image-2737" title="jesus4" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/jesus4.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright H. Nakamura / Kôdansha 2009</p></div>
<p>Le style de Hikaru Nakamura reste classique, dans la norme manga ados/adultes. On reconnaît sans peine les deux héros et je dois bien avouer que c’est ce qui m’avait attiré l’œil en librairie. Les autres personnages bibliques ou bouddhiques sont d’une interprétation graphique plus « libre », mais ça ne choque pas.</p>
<p>Hikaru Nakamura donne dans le réaliste, mais sait placer ces expressions faciales ou gestuelles propres aux codes du manga. Ca fonctionne sans problème, en dynamisant le récit. Mais vous lirez sans doute plutôt Les vacances… pour son contenu que sa richesse graphique, soyons honnêtes.</p>
<p>Que vous soyez chrétien, bouddhiste, membre d’une autre religion ou athée/agnostique, Les vacances… est accessible à tout le monde, justement parce qu’il n’est jamais insultant, toujours attendrissant ou humoristique. En cela, Hikaru Nakamura reflète bien l’état d’esprit japonais, où les religions les plus diverses cohabitent sans heurts. Une lecture chaudement recommandée !
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		<title>Florent Chavouet &#8211; Tokyo Sanpo / Manabe Shima</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Mar 2011 23:03:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Florent Chavouet]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<category><![CDATA[illustration]]></category>
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		<category><![CDATA[voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[Florent Chavouet est un auteur atypique. Dessinateur de BD, bien entendu, mais aussi créateur graphique et passionné du Japon. Il a un univers bien à lui et pourtant, jamais cet univers ne « sent le renfermé » pour ses lecteurs, qui parviennent sans aucun problème à y pénétrer. Ses deux dernières créations en date, Tokyo Sanpo et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Florent Chavouet est un auteur atypique. Dessinateur de BD, bien entendu, mais aussi créateur graphique et passionné du Japon. Il a un univers bien à lui et pourtant, jamais cet univers ne « sent le renfermé » pour ses lecteurs, qui parviennent sans aucun problème à y pénétrer. Ses deux dernières créations en date, Tokyo Sanpo et Manabe Shima, révèlent à un large public son immense talent. Attention, auteur à suivre absolument !</p>
<p><strong>Tokyo Sanpo</strong></p>
<div id="attachment_2724" class="wp-caption alignright" style="width: 228px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/tokyo-sampo.jpg"  class="wmp" id="wmp16"><img class="size-medium wp-image-2724 " title="tokyo-sampo" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/tokyo-sampo-218x300.jpg" alt="" width="218" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Florent Chavouet / Picquier éditions 2009</p></div>
<p>Une promenade à Tokyo, puisque c’est la traduction de ce titre énigmatique… Tout guide de voyage sur le Japon en propose une, bien entendu, mais aucune comme Florent Chavouet le fait. Il faut dire qu’il a passé plusieurs mois sur place, largement assez pour s’imprégner de la ville, de ses rythmes, de ses facettes.</p>
<p>Oui, Tokyo Sanpo, ce n’est pas de la BD. Ce n’est pas non plus un guide de voyage. Et ce n’est pas seulement un livre d’illustrations. Difficile de classifier cette œuvre, mais après tout, est-il toujours nécessaire de tout mettre dans des « boîtes » bien propres ? L’une des facettes du talent de Florent Chavouet, c’est justement cela, une totale liberté d’expression.</p>
<p>Alors, Tokyo Sanpo, c’est quoi ? Eh bien, c’est la visite de Tokyo, par quartiers. Car la capitale nippone est si vaste et si peuplée que chaque quartier est en définitive une petite ville ; pas grand-chose en commun entre les beaux quartiers de Ginza, le rythme trépidant de Shibuya et Shinjuku, l’atmosphère de tradition d’Asakusa…</p>
<p>Même dans cette visite par quartiers, Florent Chavouet ne fait pas dans le touristique. Non, il se promène, à la manière d’un personnage de Jirô Taniguchi, et nous transmet ses impressions, ses découvertes, ses remarques, aussi bien sur les lieux que sur les gens et leurs habitudes. Chaque chapitre s’ouvre sur un kôban, ces petits postes de police de quartier où les policiers connaissent toutes les rues et tout le monde, et un policier qui justement renseigne un passant, passant à l’image du quartier dans lequel il se trouve.</p>
<p>Pas de bulles, pas de dialogues. Les impressions de Florent Chavouet se superposent (sans jamais les envahir) aux illustrations, nous donnant l’impression qu’on regarde dans les carnets de voyage intimes d’un voyageur au long cours. Du coup, malgré l’étrangeté éventuelle des mœurs nippones, on a une impression de proximité incroyable. Et comme le dessin de Florent Chavouet est magistral, mélange de réalisme et de caricature, c’est un régal pour les yeux.</p>
<p>Si vous cherchez un regard tendre et atypique sur la mégalopole nippone, alors Tokyo Sanpo est pour vous.</p>
<div id="attachment_2672" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/manabe.jpg"  class="wmp" id="wmp17"><img class="size-medium wp-image-2672 " title="manabe" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/manabe-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Florent Chavouet / Picquier éditions 2010</p></div>
<p><strong>Manabe Shima</strong></p>
<p>Deuxième réalisation de Florent Chavouet sur le Japon, Manabe Shima est par son thème quasiment aux antipodes de Tokyo Sanpo. Après la visite de Tokyo, c’est sur une toute petite île de la mer intérieure du Japon, l’île de Manabe, que l’on se rend.</p>
<p>L’auteur y a passé quelques mois, logeant à la bonne franquette dans une pension de famille pas encore ouverte en échange de quelques services. Du coup, si Tokyo Sanpo décrivait la ville, Manabe Shima s’intéresse de plus près aux gens, sans pour autant perdre de vue le cadre dans lequel il évolue.</p>
<p>Florent Chavouet y laisse éclater son talent de portraitiste. Tous les protagonistes, lui y compris puisqu’il est partie prenante de son histoire, sont représentés en « caricatures », mais des caricatures faites avec goût et tendresse, cela se sent immédiatement. Tous les personnages qui nous sont présentés nous sont immédiatement sympathiques, et l’humour de l’auteur qui commente en arrière-plan ajoute encore à la connivence.</p>
<p>Et puis, Manabe Shima, toute petite île, c’est un terrain d’aventures rêvé pour petits et grands ! Il se dégage de cette œuvre un parfum de vacances à la mer, presque une madeleine de Proust. Les personnages hauts en couleur, les bastons de chats, les grillades de fruits de mer sur la plage, le tintamarre insupportable des cigales, c’est un vrai rayon de soleil dans nos quotidiens qui peuvent parfois sembler gris.</p>
<p>Et le plus beau, dans tout ça, c’est qu’il ne s’agit pas d’une œuvre de fiction ! Manabe Shima et ses habitants existent bel et bien. Quelque part, ça fait du bien de voir qu’il reste encore des endroits comme ça, sur Terre, simples et francs.</p>
<p>Florent Chavouet laisse dans Manabe Shima entrevoir un peu plus de ses talents de narration et de mise en scène. Si Tokyo Sanpo était très largement descriptif, Manabe Shima offre des historiettes, du mouvement, de la vie.</p>
<p>Bref, publié par une maison d’édition qui n’a qu’une très petite expérience de la BD mais une immense expérience des textes asiatiques, Florent Chavouet est à coup sûr un auteur à suivre dans ses prochaines productions, tant son talent saute aux yeux. Certes, ces deux ouvrages ne sont pas donnés, mais ils ne correspondent pas non plus aux « canons » de la bande dessinée classique et sont de plus d&#8217;une fort belle facture (les éditions Philippe Picquier n&#8217;ont pas badiné avec la qualité) alors laissez-vous tenter par l’expérience, que vous soyez déjà allé au Japon ou non !</p>
<p>Et n’oubliez pas d’aller voir <a href="http://www.florentchavouet.com/home.htm">le site officiel</a> de l’auteur, au design amusant et rempli de trouvailles !
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		<title>Burquette 2</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Feb 2011 18:52:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Featured]]></category>
		<category><![CDATA[Burquette]]></category>
		<category><![CDATA[Francis Desharnais]]></category>
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		<description><![CDATA[En 2008, Francis DESHARNAIS sortait un album surprise autour du thème inédit en BD du voile intégral, où une ado de 14 ans prenait une leçon de vie de la part de son père militant. Par son thème, fort et sans précédent, et sa manière de le traiter, avec humour et cynisme, le livre avait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2576" class="wp-caption alignleft" style="width: 298px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Burquette2.jpg"  class="wmp" id="wmp18"><img class="size-full wp-image-2576" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Burquette2.jpg" alt="Copyright Les 400 coups 2010" width="288" height="304" /></a><p class="wp-caption-text">Burquette - Tome 2</p></div>
<p>En 2008, Francis DESHARNAIS <a href="http://www.kroniks.net/2011/02/15/burquette/">sortait un album surprise autour du thème inédit en BD du voile intégral</a>, où une ado de 14 ans prenait une leçon de vie de la part de son père militant. Par son thème, fort et sans précédent, et sa manière de le traiter, avec humour et cynisme, le livre avait frappé les esprits et marqué le petit monde de la BD.</p>
<p>En 2010, Alberte est de retour dans un album inattendu. Désormais surnommée <em>Burquette </em>par ses amis, Alberte retrouve enfin sa mère et décide de partir avec elle en Balaysie pour l’aider dans son combat contre l’esclavage sexuel. Elle espère du même coup échapper à son père et ses méthodes personnelles d’éducation.</p>
<p>C’est sans compter sur le militantisme et surtout la ténacité de ce dernier, qui se met en tête de libérer les peuples opprimés de l’Asie. Et cette fois, son support pédagogique sera … une machine à coudre en fonte, à laquelle il enchaine purement et simplement sa fille.</p>
<p>A la lecture du nouveau pitch, on aurait pu craindre que <em>Burquette </em>tome 2 ne soit qu’une redite du premier et tombe dans la redondance facile. Ce n’est heureusement pas le cas. L’auteur a eu l’intelligence de rapidement (et littéralement) enterrer sa machine à coudre pour s’éloigner de toute démonstration trop pesante. Ce choix finalement judicieux permet surtout d’éviter à l’auteur de s’enfermer dans le genre « BD engagée » et du coup de se concentrer sur ses personnages, les développer et même d’en  amener de nouveaux.</p>
<p>Ce nouveau tome nous permet dès lors d’en apprendre un peu plus sur la famille d’Alberte. A commencer par son père. S’il était présenté dans un premier temps comme un irréductible hurluberlu militant, avec ce tome 2 on découvre un homme perdu qui essaye en fait, à travers ses lubies, de se rapprocher de sa fille. Quant à la mère d’Alberte, on peut dire que les retrouvailles avec sa fille ne se passent pas vraiment comme prévu. Elle qui s’attendait à trouver une mère attentive et maternelle, elle découvre une mère fantasque qui, malgré ses « convictions » humanitaires, ne cherche pas vraiment à créer des liens avec sa fille. Quant aux nouveaux venus, ils s’inscrivent eux aussi dans la caricature pour mieux dénoncer tous les travers de nos sociétés occidentales. A ce titre, la parodie de l’héritière hôtelière est cruellement drôle et affutée.</p>
<p>Ce nouvel album ne se démarque pas seulement par un changement de ton, mais aussi par un changement de technique : ici le trait se fait plus fin et les ombres moins présentes. Francis DESHARNAIS a en effet décidé de passer pour le tome 2 du feutre au crayon et d’atténuer les ombrages. Ce changement allège et éclaircit le dessin et par là même le ton général. Qu’on se rassure, <em>Burquette </em>n’en a pour autant pas perdu de sa verve et de son mordant et comme dans le premier les gags  se succèdent, là encore en demie teinte (les ourlets de pantalons ne resteront pas la meilleure trouvaille de l’auteur). Fidèle à la recette de son premier livre, DESHARNAIS continue d’alterner un humour simple et direct et des répliques noires et grinçantes. Car tout comme le premier volume, <em>Burquette </em>2 est régulièrement parcouru de réplique féroces qui, sous couvert de légèreté, visent juste et font régulièrement mouche (notamment envers les forums et les aigris qui se cachent derrière leurs pseudos sur internet).</p>
<p>Au final, et parce qu’il faut bien conclure et donner un avis, <em>Burquette 2</em> se révèle être un bon livre, drôle, amusant et féroce, à la galerie de personnages bien loufoques. Mais seulement bon parce que nécessairement comparé à l’aune du premier. Si ce tome était sorti le premier ou sans référence au tome 1, il aurait été un très bon livre. Le problème c’est qu’il est très difficile de passer après un thème aussi fort que la burqa. Comparé au premier, <em>Burquette</em> 2 apparait certes drôle mais moins mordant, moins acide et moins engagé (même si encore une fois il s’agit d’une volonté délibérée de l’auteur). Mais un livre « juste » bon, drôle, féroce c’est déjà pas mal non ?
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp18">Copyright Les 400 coups 2010</div>

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		<pubDate>Tue, 15 Feb 2011 18:44:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/burquette.jpg"  class="wmp" id="wmp20"><img class="alignleft size-medium wp-image-174" title="burquette" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/burquette-283x300.jpg" alt="" width="283" height="300" /></a>Assez méconnue en Europe, la BD canadienne francophone a pourtant des représentants de grande classe. Parmi ceux ayant été édités en France, on connaissait déjà Guy Delisle, dont le <em>Chroniques Birmanes</em> a d&#8217;ailleurs été chroniqué récemment <a title="ici-même" href="http://www.kroniks.net/2008/06/27/chroniques-birmanes/" target="_blank">ici-même</a> par l&#8217;ami Cruchot, ou encore Michel Falardeau avec sa série <em>Mertownville</em>, dont on vous reparlera sans doute prochainement.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Francis Desharnais est un auteur canadien touche-à-tout puisque en plus de la BD il réalise des courts-métrages d&#8217;animation. Dans <em>Burquette</em>, il prend un pari osé : faire rire et réfléchir sur la burqa, ce voile musulman intégral, sans tomber dans la caricature facile ou l&#8217;intolérance. Alberte, 14 ans, est ainsi contrainte par son père, militant gauchiste, de porter une burqa pendant un an, « pour la conscientiser ». La mère d&#8217;Alberte n&#8217;a pas son mot à dire, puisque de toutes façons c&#8217;est son ex-mari qui a la garde exclusive de sa fille.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le sujet était dangereux. Mal maîtrisé, il pouvait véhiculer des idées plus que nauséabondes, ou au moins maladroitement exprimées et purement revendicatrices. Francis Desharnais évite cependant ce piège avec brio : il ne se focalise pas sur la burqa elle-même, bien qu&#8217;elle soit constamment au centre de la narration, mais sur tous les à-côté ; le regard des amis d&#8217;Alberte change ainsi, son ex ne lui parle plus, sa prof d&#8217;histoire se révolte contre ce traitement, etc&#8230; C&#8217;est donc en fait, sous couvert de la burqa (ha ha), toute la société canadienne qui est passée ainsi au scanner. La vie quotidienne, les relations amoureuses, la religion, la télé-réalité, tout y passe avec son bal d&#8217;hypocrites, de petites victoires et de grandes défaites pour Alberte. Finalement, ce sont parfois les étrangers les moins intolérants, comme les voisins algériens d&#8217;Albert et on père, qui disent qu&#8217;ils n&#8217;ont pas fui les barbus pour les retrouver au Canada. Leur neveu kabyle Kader ne laissera d&#8217;ailleurs pas Alberte indifférente.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Au-delà de tout ça, c&#8217;est aussi le portrait en définitive terrifiant d&#8217;un père complètement névrosé, frustré de ne pas avoir atteint le niveau de militantisme et de reconnaissance auquel il croit avoir le droit et qui reporte le tout sur sa fille, en essayant de l&#8217;éduquer pour qu&#8217;un peu de sa notoriété future lui retombe dessus. En négatif, c&#8217;est le portrait d&#8217;une ado de son époque, un peu larguée parfois mais pas bête, qui n&#8217;a qu&#8217;une hâte c&#8217;est d&#8217;échapper à l&#8217;emprise de son père et de retrouver sa mère. L&#8217;attitude du père, jusqu&#8217;au-boutiste, frise parfois la psychopathie et on se prend parfois à trembler pour Alberte, malgré l&#8217;humour omniprésent.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Car Francis Desharnais manipule constamment un humour multifacettes, parfois simple et direct, parfois noir et grinçant. Ce cocktail, qui laisse le lecteur « entre deux chaises », est en fait le parfait dosage pour provoquer la réflexion en plus du rire, en face des situations bien souvent cocasses. Le trait de Francis Desharnais, dépouillé, presque un croquis permanent, permet lui aussi de relativiser le tout, pour ne pas le faire tomber dans la lourdeur et le pathos. L&#8217;agencement en strips parfois d&#8217;une case, parfois de pages, renforce aussi le côté dessin de presse, qui permet de ne pas s&#8217;ennuyer et d&#8217;enchaîner les séquences naturellement.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, pour nous autres français, cet album a un petit parfum d&#8217;exotisme puisque le français utilisé est ici celui, si chantant et si imagé, de la Belle Province. Ainsi, Alberte demande à son père pourquoi il &laquo;&nbsp;cruisait&nbsp;&raquo; une de ses copines de classe dans une discothèque.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">En résumé, Burquette est une sorte d&#8217;OVNI bédéïstique, à la croisée de nombreux genres littéraires et qui réussit une alchimie passionnante entre plusieurs manières de traiter une même question. Certainement un de mes coups de cœur de l&#8217;été, cet album a aussi été pour moi l&#8217;occasion de découvrir une maison d&#8217;édition québécoise dont je suivrai à l&#8217;avenir le catalogue avec attention !</p>
<p style="text-align: justify;">

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		<title>Olivier Rameau</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Feb 2011 02:44:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2564" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/rameau-1.jpg"  class="wmp" id="wmp21"><img class="size-medium wp-image-2564" title="rameau 1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/rameau-1-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Dany-Greg / Joker 2005</p></div>
<p>Olivier Rameau, voilà bien encore une véritable madeleine, issue de mon enfance bédéphile. Combien de fois en effet ai-je pu dévorer ses aventures à la bibliothèque municipale ? Il faut dire que ses deux papas, Dany et Greg, ont réussi un véritable tour de force en créant ce héros et ses aventures dans le monde de Rêverose.</p>
<p>Olivier Rameau et son ami, M. Pertinent, arrivent ainsi un beau jour de manière inopinée à Hallucinaville, capitale de Rêverose et en découvrent les surprenants habitants : les trois Zirobourdons, « chefs » de cette commauté, le nain de jardin Kolossal, Majestor le lion, la sonnette et bien d’autres n’ont en effet rien à voir avec les habitants du monde « normal »…</p>
<p>Et puis il y a mademoiselle Colombe Tiredaile et c’est le coup de foudre immédiat entre elle et Olivier Rameau. La fantaisie, l’imagination, le bonheur règnent en maître dans ce pays, où d’ailleurs n’entrent que les doux rêveurs, les poètes, bref, les inadaptés au monde que les habitants d’Hallucinaville appellent d’ailleurs « l’Absurdie » ou « le vrai-monde-où-l’on s’ennuie ».</p>
<p>Bien que surpris au départ, Olivier Rameau et M. Pertinent s’adaptent rapidement à leur nouvel environnement. Mais voilà, si tout le monde est insouciant en Rêverose, cela ne veut pas dire que les problèmes n’existent pas : incursions d’indésirables en provenance d’Absurdie (le Château des 4 Lunes), menaces sur la société rêverosienne (la Bulle de Si-c’était-vrai, l’Oiseau de Parci-Parla, etc…), il y a de quoi faire pour Olivier et ses amis ! Car si Olivier a toutes les caractéristiques du rêveur requises pour être citoyen de Rêverose, il n’en a pas pour autant abandonné son côté chevaleresque, qui a d’ailleurs si bien séduit Colombe Tiredaile…</p>
<p>Bref, la série Olivier Rameau est un vrai moment de poésie, lisible d’ailleurs par petits et grands, qui chacun y trouveront quelque chose à leur mesure. En effet, sous des dehors charmants et dynamiques, les aventures d’Olivier Rameau peuvent se lire à plusieurs niveaux, de la simple épopée à la dénonciation d’un certain nombre de travers de notre société. Si le premier tome est paru en 1970 (et le dernier en 2005), les propos de la série n’ont pourtant pas pris une ride, même en 2010. Certes, les costumes, les décors de l’Absurdie des tomes des années 1970-80 semblent maintenant bien désuets, mais cela n’enlève rien au charme et à la pertinence de l’ensemble.</p>
<div id="attachment_2565" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/rameau-8.jpg"  class="wmp" id="wmp22"><img class="size-medium wp-image-2565" title="rameau 8" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/rameau-8-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Dany-Greg / P&amp;T Productions 1997</p></div>
<p>Il est vrai que Dany et Greg sont des membres plus que chevronnés de l’école franco-belge de bande dessinée. Dany a d’ailleurs commencé sa carrière au sein du studio créé par Greg, se faisant la main sur diverses séries, avant de créer le monde d’Olivier Rameau. Et puis, est-il véritablement nécessaire de présenter Greg ? Le créateur – entre autres, car la liste est longue – d’Achille Talon, de Bernard Prince, de Chick Bill ou continuateur de Clifton ? Les titres parlent ici d’eux-mêmes. On reconnait d’ailleurs dans Olivier Rameau le souci du dialogue propre à Greg, ce plaisir d’écrire, à manier la langue.</p>
<p>Alors oui, Olivier Rameau, c’est très « textuel » comme série (moins qu’Achille Talon tout de même) mais la grâce des dessins de Dany fait que le tout passe comme une lettre à la poste ! On pourrait même en recommander la lecture aux enfants actuels, histoire de s’enrichir un peu le vocabulaire !</p>
<p>D’abord éditée chez Le Lombard, la série est ensuite passée chez P&amp;T/Joker, qui en assure désormais l’édition. Le premier tome d’une intégrale est d’ailleurs paru chez Joker en septembre 2010. Si jamais vous avez raté cette série quand vous étiez jeune ou que vous êtes trop jeune pour avoir connu lors de sa parution, n’hésitez pas, jetez-vous sur les aventures d’Olivier Rameau et de ses amis, qui sauront faire vibrer la corde de l’imagination et du merveilleux en vous !
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp21"></div>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp22"></div>

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