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	<title>Kroniks &#187; humour</title>
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	<description>le blog bd qui bronze en été</description>
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		<title>Thermae Romae</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Jun 2010 01:08:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mangas]]></category>
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		<description><![CDATA[Une des choses les plus remarquables au Japon est ce rapport privilégié que les japonais entretiennent avec le bain et le soin du corps. Les onsen (bains thermaux) sont une véritable institution et si leurs usages peuvent déstabiliser les occidentaux peu habitués à la nudité collective, je peux vous dire qu’une fois qu’on a essayé, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2305" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/thermae.jpg"><img class="size-medium wp-image-2305" title="thermae" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/thermae-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Marie Yamazaki / Enterbrain 2009</p></div>
<p>Une des choses les plus remarquables au Japon est ce rapport privilégié que les japonais entretiennent avec le bain et le soin du corps. Les <em>onsen</em> (bains thermaux) sont une véritable institution et si leurs usages peuvent déstabiliser les occidentaux peu habitués à la nudité collective, je peux vous dire qu’une fois qu’on a essayé, on en ressort convaincu !</p>
<p><strong>A cheval sur deux mondes</strong></p>
<p><em>Thermae Romae</em>, puisque c’est le nom de ce manga, joue de manière intelligente sur ces différences, en prenant un angle audacieux et finalement assez peu utilisé.</p>
<p>Lucius est un architecte romain. Oui, romain, comme dans Empire romain, époque empereur Hadrien ! Il traverse une période difficile : son dernier projet vient d’être refusé, au titre que ses idées architecturales seraient trop « vieilles »… En chemin vers les thermes, pour se détendre, il fait alors le bilan de ce qu’est devenu l’Empire romain depuis sa fondation et se demande si les critiques sur son travail ne seraient pas justifiées…</p>
<p>Les thermes ne sont finalement pas le meilleur endroit pour ses réflexions : très fréquentées, elles sont non seulement un lieu de relaxation mais aussi d’exercice physique et de soin du corps, dans les différents gymnases qui les composent.</p>
<p>Pour s’isoler, Lucius se plonge alors dans l’eau. Perdu dans ses méditations, il remarque cependant un étrange orifice au fond du bassin, par lequel l’eau s’échappe. S’approchant, il se fait soudain aspirer ! Lucius va-t-il mourir ainsi ?</p>
<p>Non, car il aperçoit la surface ! Mais quand il émerge… force est de constater qu’il n’est plus à Rome !! Il n’est pas le seul surpris, d’ailleurs : imaginez la tête des japonais du quartier, venus se détendre dans ce bain public, et qui voient soudain un étranger surgir de l’eau ! Hé oui, Lucius a fait un voyage temporel de la Rome antique au Japon actuel…</p>
<p><strong>Humour et salle de bains</strong></p>
<p>La série de Marie Yamazaki joue sur ce décalage : Lucius et les japonais ne sont bien entendu pas capables de se comprendre linguistiquement. Et les avancées technologiques de notre époque laissent souvent le romain perplexe. Cela donne lieu à un certain nombre de quiproquos cocasses ou de situations déstabilisantes pour Lucius : la scène où il se demande, assis sur des toilettes automatiques japonaises, combien d’esclaves cette civilisation peut employer pour faire de la musique pendant qu’on « fait son affaire », est impayable !  Surtout quand il enclenche par mégarde la fonction « bidet »…</p>
<p>Cependant, ces « glissades temporelles » (oui, cela se reproduira, prouvant à Lucius qu’il n’a pas rêvé) vont être l’occasion pour l’architecte romain de découvrir de nouvelles pratiques liées au bain et aux soins du corps. Il va d’ailleurs s’inspirer de certaines pour son propre travail, comme par exemple la sorte de chapeau qui permet de ne pas se mettre du shampooing dans les yeux, ce qui ne va pas manquer de remonter jusqu’aux oreilles de l’empereur…</p>
<p>C’est l’occasion aussi pour Lucius de découvrir de nouvelles pratiques culinaires liées aux bains, comme l’œuf cuit dans la source thermale, accompagné de saké, ou le plaisir d’une bonne bière fraîche après un bon bain chaud.</p>
<div id="attachment_2304" class="wp-caption alignright" style="width: 227px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/terumae450.jpg"><img class="size-medium wp-image-2304 " title="terumae450" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/terumae450-217x300.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Marie Yamazaki - 2010 (obtention de son prix)</p></div>
<p><strong>Un maitre mot : le réalisme</strong></p>
<p>Une telle série pourrait être vécue comme une aimable plaisanterie par des lecteurs occidentaux. Après tout, c’est un peu comme si un français s’amusait à faire une série BD sur la fabrication des katana dans le Japon du Moyen Âge : on pourrait craindre les anachronismes et les contresens.</p>
<p>Marie Yamazaki aborde cependant cet ouvrage avec un sérieux avantage : elle a vécu et étudié en Italie et elle est mariée avec un italien. Elle habite maintenant au Portugal, où travaille son mari.</p>
<p>Elle a donc pris le parti du réalisme : les voyages temporels ne sont ici qu’un prétexte scénaristique, la série n’a rien d’une série de science-fiction ou de fantastique. On se place plutôt dans une étude de civilisation. D’ailleurs, à la fin de chaque chapitre, un court texte explique au public japonais les us et coutumes de la Rome antique, avec force photos de vestiges et références historiques.</p>
<p>De plus, le dessin de Marie Yamazaki est résolument réaliste, mais elle conserve tout de même le parti pris de la narration en bande dessinée : les romains jouissent ainsi d’un dessin très détaillé, presque de « statues grecques », alors que les traits des japonais sont plus schématiques. Cela renforce cette impression d’un étranger perdu dans un autre monde, sans tomber pour autant dans la caricature.</p>
<p>Le rythme de la narration est intéressant : chaque chapitre est une glissade temporelle de Lucius, mais ces chapitres gardent une cohérence narrative entre eux. Marie Yamazaki évite ainsi l’écueil d’une démonstration culturelle trop longue et donc lassante et parvient sans mal à garder l’attention et l’intérêt de ses lecteurs.</p>
<p>Bref, <em>Thermae Romae </em>est un peu une révélation pour moi, dans le domaine « manga sérieux mais pas barbant ». Il ne reste plus qu’à espérer une traduction française le plus rapidement possible, cette œuvre le mérite amplement, d’autant qu’il a remporté un prix prestigieux au Japon !</p>

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		<title>Chii&#8217;s sweet home</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Apr 2010 00:48:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Chii’s sweet home est un de ces OVNI bédéistiques que seuls les japonais semblent pouvoir réaliser pour le moment. Jugez plutôt : un tout jeune chaton, Chii (prononcé Tchii), se promène avec sa mère et ses frères et sœurs dans un parc. Chii étant très tête en l’air, son attention est distraite par quelque chose, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2165" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/chii.jpg"><img class="size-medium wp-image-2165" title="chii" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/chii-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Konami Kanata / Kôdansha 2004</p></div>
<p>Chii’s sweet home est un de ces OVNI bédéistiques que seuls les japonais semblent pouvoir réaliser pour le moment.</p>
<p>Jugez plutôt : un tout jeune chaton, Chii (prononcé Tchii), se promène avec sa mère et ses frères et sœurs dans un parc. Chii étant très tête en l’air, son attention est distraite par quelque chose, elle s’éloigne et… évidemment, se perd ! Elle est donc là à se désespérer, quand elle est découverte par un petit garçon Yôhei Yamada, et sa mère.</p>
<p>Prenant Chii en pitié, ils la ramènent chez eux, mais le règlement de leur immeuble interdit les animaux ; ils essaient donc de trouver à Chii un nouveau foyer, mais Yôhei s’attache à Chii et la séparation devient vite impossible. Les Yamada vont donc devoir trouver un nouveau logement, pour éviter de devoir toujours ruser pour cacher Chii.</p>
<p>Et Chii dans tout cela ? Eh bien, si au début elle cherche bien sûr à retrouver sa mère, elle va s’apercevoir rapidement que les Yamada sont un foyer accueillant et qu’il fait bon y vivre. C’est donc le début de sa découverte du monde, et on pourrait appeler ça « les tribulations de Chii ».</p>
<p><strong>Vous allez fondre</strong></p>
<p>Plutôt mince comme argument scénaristique, non ? Eh bien oui, mais franchement, ce n’est pas un problème ! Après tout, il s’agit ici de vie quotidienne ; le découpage en petits chapitres, le rythme assez lent (mais pas trop), tout cela convient à la perfection au sujet. D’autant qu’au fur et à mesure de ses tribulations, Chii se fera de nouveaux amis, découvrira de nouvelles choses, autant d’éléments qui l’inscriront dans un contexte plus large, pas limité aux Yamada et à leur appartement.</p>
<p>Mais surtout, il faut avoir un cœur enrobé de béton armé et recouvert d’acier blindé pour rester insensible aux mimiques de Chii ! Konami Kanata, l’auteur, utilise un trait simplissime mais qui lui permet toutes les fantaisies possibles. Il faut voir les yeux de Chii s’agrandir quand la bouteille de lait sort du frigo !! C’est simple, Chii est aussi craquant qu’un véritable petit chaton.</p>
<p><strong>Une friandise pour tous les âges</strong></p>
<p>Le tour de force de Konami Kanata est d’avoir fait de Chii’s sweet home une œuvre craquante mais jamais gnangnan, jamais infantilisante. Il y a des fois c’est un peu triste, d’autres fois complètement loufoque, naïf, exubérant… Bref, comme un chat peut l’être ! Du coup, c’est une lecture accessible à tous, hommes, femmes, enfants, jeunes, vieux, avec ou sans animaux à la maison.</p>
<p>Bien sûr, les adultes liront Chii comme un plaisir un petit peu coupable, ce chocolat chaud bu un soir d’hiver au coin du feu alors qu’on a encore du boulot. Et alors ? Franchement, Chii pourrait personnaliser à elle seule l’expression « un peu de douceur dans un monde de brutes » ! Chii, c’est un vraiment moment de bonheur.</p>
<p>Si la parution de Chii’s sweet home se fait en noir et blanc dans le magazine qui le publie, la version reliée (un « tankôbon ») est entièrement colorisée. Et là encore, c’est une réussite ! Toute en tons pastels marqués mais doux, cette colorisation apporte un vrai plus à Chii.</p>
<p>7 tankôbons sont maintenant parus au Japon, pour une série qui a commencé en novembre 2004. Le rythme de parution n’est donc pas effréné, et c’est tant mieux. Evidemment, un tel sujet se prête à merveille au passage en version animée, et c’est ce qui a été fait. Deux saisons de 104 (!) épisodes ont été réalisées, en 2008 et 2009, par le studio Madhouse. 104 épisodes, cela peut paraitre délirant, mais il faut savoir que chacun ne dure que 3 minutes environ. Il existe aussi un jeu d’aventure/virtual pet de Chii sur Nintendo DS (japonais uniquement).</p>
<div id="attachment_2164" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/chii2.jpg"><img class="size-medium wp-image-2164" title="chii2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/chii2-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Konami Kanata / Kôdansha 2005</p></div>
<p>Plus intéressant pour les lecteurs français, Konami Kanata a récemment indiqué sur son site internet que Chii allait être bientôt adapté en français !! Vu qu’il est déjà paru en espagnol (« El dulce hogar del Chi ») chez Glénat Espagne, c’est en toute logique chez Glénat France que Chii sera disponible. Ne le ratez pas !</p>
<p>En attendant, vous pouvez toujours aller faire un tour sur le <a href="http://morningmanga.com/chi/">site officiel</a> (en japonais)</p>

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		<title>Family Compo</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Jan 2010 01:48:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Masahiko n&#8217;a pas eu une vie très facile jusque là : il a d&#8217;abord perdu sa mère très jeune et ne voyait pas souvent son père, trop occupé à travailler. Puis, ce dernier s&#8217;est à son tour éteint, laissant Masahiko orphelin. Masahiko a donc grandi seul, sans connaître les joies d&#8217;un anniversaire en famille, par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1974" class="wp-caption alignleft" style="width: 220px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo1.jpg"><img class="size-medium wp-image-1974" title="familycompo1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo1-210x300.jpg" alt="" width="210" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Tsukasa Hôjô / Tonkam 1999</p></div>
<p>Masahiko n&#8217;a pas eu une vie très facile jusque là : il a d&#8217;abord perdu sa mère très jeune et ne voyait pas souvent son père, trop occupé à travailler. Puis, ce dernier s&#8217;est à son tour éteint, laissant Masahiko orphelin. Masahiko a donc grandi seul, sans connaître les joies d&#8217;un anniversaire en famille, par exemple.</p>
<p>Ce printemps, cependant, les choses changent ! Tout d&#8217;abord, Masahiko va entrer à l&#8217;université. Mais beaucoup plus réjouissant, il vient d&#8217;être invité à vivre chez sa tante Yuriko Wakanae, la sœur de sa mère ! La perspective de vivre une vie de famille « normale » l&#8217;enchante au plus haut point ; et cela est encore renforcé par le fait qu&#8217;il est accueilli à bras ouvert par Sora, le mari de celle-ci. Sora est en fait un mangaka très connu et une partie de la maison est son atelier, où il travaille avec ses assistantes. Ils ont une fille, Shion, un peu plus jeune que Masahiko.</p>
<p>L&#8217;arrivée de Masahiko au sein de la famille Wakanae est l&#8217;occasion d&#8217;un grand repas en commun et la bière coule à foison. Shion arrive à en boire un peu et, sous l&#8217;emprise de l&#8217;alcool, fait d&#8217;étranges déclarations ; Masahiko n&#8217;y prête guère d&#8217;attention, il faut bien l&#8217;avouer. C&#8217;est alors que le « drame » survient : Sora et ses assistantes, bien imbibés, décident d&#8217;enlever leurs vêtements&#8230; et Masahiko de constater que Sora est une femme et que les assistantes sont des hommes ! Ayant lui aussi bien bu, il met tout cela sur le compte de l&#8217;ivresse, jusqu&#8217;au moment où il pénètre dans la salle de bain alors que sa tante prend une douche&#8230; et s&#8217;aperçoit que Yuriko a tous les attributs d&#8217;un homme !</p>
<p>Bienvenue chez les Wakanae, une famille où la femme est un homme et où l&#8217;homme est une femme ! Si la première réaction de Masahiko est de s&#8217;enfuir, il va rapidement s&#8217;apercevoir que malgré leur étrangeté, les Wakanae forment une vraie famille, solide et soudée. Et Shion dans tout cela ? Est-ce un garçon ou une fille, en définitive ? Mystère !</p>
<p>Tsukasa Hôjô a conquis ses galons de mangaka star avec des best-sellers comme Cat&#8217;s Eyes et surtout City Hunter. Ces deux séries connurent de multiples diffusions dans leur version animée en France, même si cette dernière a été largement expurgée. Le manga de City Hunter est en effet très « porté sur la chose »&#8230;</p>
<p>Après ces gros projets qui ont lancé sa carrière, Tsukasa Hôjô s&#8217;est tourné vers des envies sans doute un peu plus personnelles. Family Compo, bien qu&#8217;il s&#8217;étende sur 14 tomes, fait sans doute partie de celles-ci. Le ton de l&#8217;auteur est en effet sensiblement différent, bien qu&#8217;il garde son humour si caractéristique.</p>
<div id="attachment_1975" class="wp-caption alignright" style="width: 223px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo4.jpg"><img class="size-medium wp-image-1975" title="familycompo4" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo4-213x300.jpg" alt="" width="213" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Tsukasa Hôjô / Tonkam 2000</p></div>
<p>Tsukasa Hôjô s&#8217;attache à une question rarement abordée dans le monde de la BD : le travestissement. Il est vrai que c&#8217;est un sujet un peu « difficile » à traiter, dans le sens où on peut très rapidement dériver vers des propos intolérants ou se complaire dans la description de « folles » aussi cocasses que ridicules. Fort heureusement, rien de tout cela dans Family Compo. Au contraire, c&#8217;est un vrai manifeste pour le respect de la différence.</p>
<p>En effet, le lecteur est invité à s&#8217;identifier à Masahiko, d&#8217;où l&#8217;introduction qui nous narre le passé douloureux du jeune homme ; et puisque ce dernier, malgré ces évènements tragiques, a su garder optimisme et dynamisme, on ne peut que s&#8217;intéresser à lui. La question de la réaction quant à la vraie nature de la famille Wakanae se pose alors autant à lui qu&#8217;à nous.</p>
<p>D&#8217;autant que Shion, bien plus délurée et « adulte » que Masahiko, ne va avoir de cesse de le questionner quant à son rapport au travestissement. L&#8217;ambiguïté vient aussi du fait que Shion est un prénom double en japonais, comme Claude en français. Du coup, l&#8217;incertitude est totale et cela pique la curiosité de Masahiko.</p>
<p>Si Family Compo s&#8217;en tenait là, on aurait une comédie de mœurs familiale gentille mais finalement un peu vaine. Mais Tsukasa Hôjô étend son propos à la société toute entière. Masahiko affirme son refus du travestissement, cependant un certain nombre de quiproquos vont l&#8217;amener à endosser les habits d&#8217;une femme. Il découvrira, quasiment à son corps défendant, que la sensation n&#8217;est pas si désagréable que ça&#8230; Cela va soulever en contrepartie un certain nombre d&#8217;autres questions : quelle va être la réaction de la petite amie de Masahiko si elle le découvre ainsi travesti ? Et cela indique-t-il en lui des penchants féminins exacerbés ? Masahiko va aussi découvrir que les relations de Sora avec son père sont tendues à cause de son travestissement et que s&#8217;il n&#8217;avait jamais entendu parler de sa tante Yuriko avant de la rencontrer, c&#8217;est parce que la famille de sa mère avait décider de considérer ce garçon travesti comme un étranger à la famille.</p>
<p>Le thème du travestissement est ainsi exploré de manière quasi exhaustive par Tsukasa Hôjô, ainsi que les thèmes connexes de l&#8217;homosexualité et de la part de féminité inhérents à chaque être humain. Le travestissement peut être vu comme un mode de vie (la famille Wakanae et les assistants de Sora), comme l&#8217;expression d&#8217;une part de soi réprimée par la société (les employés du bar de travestis) ou même comme le facteur déclencheur de révélations sur la sexualité (le boss yakuza, après avoir découvert que l&#8217;hôtesse qu&#8217;il aime est Masahiko, s&#8217;apercevra que ses sentiments ne changent pas malgré cette révélation). Tsukasa Hôjô va plus loin et évoque même ouvertement la possibilité de faire le « grand saut », puisqu&#8217;on rencontre un ancien assistant de Sora qui revient des USA où il s&#8217;est fait opérer pour devenir une femme à part entière.</p>
<div id="attachment_1976" class="wp-caption alignleft" style="width: 223px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo9.jpg"><img class="size-medium wp-image-1976" title="familycompo9" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo9-213x299.jpg" alt="" width="213" height="299" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Tsukasa Hôjô / Tonkam 2001</p></div>
<p>Ce fond est soutenu par une forme en totale adéquation. Le style graphique de Tsukasa Hôjô a atteint sa maturité et les planches sont magnifiques, bien plus abouties que Cat&#8217;s Eyes ou City Hunter. Les personnages sont bien caractérisés sur le plan tant physique que psychologique et ont de multiples facettes.</p>
<p>Surtout, Tsukasa Hôjô sait trouver un équilibre délicat entre humour et drame, un équilibre qui reflète parfaitement la vraie vie, faite de joies et de peines. Il sait préserver l&#8217;humour qui caractérisait ses précédentes séries, mais son humour s&#8217;est un peu assagi en étant moins « gratuit » ; du coup, il fait plus souvent mouche, surtout auprès d&#8217;un public plus adulte. Les quatorze volumes de l&#8217;histoire se lisent alors d&#8217;une traite car Hôjô mène son scénario sans temps morts tout en sachant préserver le rythme particulier aux histoires sociales et personnelles.</p>
<p>Vous l&#8217;aurez donc compris, Family Compo est une grande réussite, peut-être le vrai chef-d&#8217;oeuvre de Tsukasa Hôjô, même si ses autres séries valent largement le détour. Hôjô montre ici qu&#8217;il sait prendre à bras le corps des thématiques plus sociales et délaisser pour un temps l&#8217;action pure. Même si son thème le réserve à un public un peu mature, Family Compo est une lecture recommandée, surtout si elle peut mettre à bas certains préjugés ! Il ne reste plus qu&#8217;à espérer une réédition rapide de cette œuvre majeure du manga.</p>
<p>Il est d&#8217;ailleurs intéressant de mettre ce manga en relation avec les évolutions récentes de la société japonaise. Très longtemps purement patriarcale, avec une domination sans partage des hommes, elle se modifie petit à petit. Les femmes accèdent de plus en plus souvent à des postes à haute responsabilité. Le regard sur l&#8217;homosexualité et le travestissement change aussi, dans une certaine mesure. A ce titre, on peut noter que Family Compo, publié au Japon entre 1996 et 2000, a précédé un mouvement où les travestis et les homosexuels ont commencé a avoir une place de plus en plus grande à la télévision. Des personnalités homosexuelles comme les jumeaux Pico et Osugi (respectivement critiques de mode et de cinéma) puis homosexuelles et/ou travesties comme Ikko-san, Kaba-chan, Haruna Ai et bien d&#8217;autres sont depuis 5-6 ans les invités réguliers de bon nombre de shows télévisés. Certes, ils y sont invités parce qu&#8217;ils sont intéressants, ont une personnalité plus exubérante que la majorité des japonais, mais leur présence à la télé a permis de faire évoluer les mentalités. Cependant, il ne faut pas croire que tout est devenu rose pour autant : l&#8217;homosexualité féminine ne s&#8217;affiche pas, elle, elle est toujours vécue comme un tabou à la télévision. Mais il faut bien commencer quelque part pour faire évoluer les mentalités&#8230;</p>

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		<title>De Cape et de Crocs</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Jan 2010 01:15:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ca faisait un bout de temps que j&#8217;avais envie de la faire, cette chronique. Elle me tient à cœur, De Cape et de Crocs est une de mes séries « franco-belges » préférées. Du coup, ne vous attendez pas à un article objectif et dépassionné de ma part ! Ici, c&#8217;est le fan qui parle. Vous comprendrez [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1919" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape1.jpg"><img class="size-medium wp-image-1919" title="cape1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape1-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 1995" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 1995</p></div>
<p>Ca faisait un bout de temps que j&#8217;avais envie de la faire, cette chronique. Elle me tient à cœur, <em>De Cape et de Crocs</em> est une de mes séries « franco-belges » préférées. Du coup, ne vous attendez pas à un article objectif et dépassionné de ma part ! Ici, c&#8217;est le fan qui parle.</p>
<p>Vous comprendrez donc que je n&#8217;avais pas envie de la rater, cette chronique. J&#8217;avais envie de transmettre à mes lecteurs (et aux auteurs, si jamais ils lisent un jour ces lignes) toute la passion que je ressens pour les aventures de ce duo improbable, Don Lope le loup et Armand de Maupertuis le renard. Cette envie a souvent justifié le renvoi aux calendes grecques l&#8217;écriture de ce texte : pas le bon moment, pas le bon état d&#8217;esprit, l&#8217;angoisse de la page blanche&#8230; Bref, toutes ces bonnes raisons que l&#8217;on a de ne pas s&#8217;y mettre parce qu&#8217;on craint l&#8217;échec.</p>
<p>Mais voilà : le tome 9, <em>Revers de fortune</em>, est paru et m&#8217;accule à l&#8217;écriture. Il n&#8217;est plus temps de tergiverser, il me faut me retrousser les manches et prendre mon courage à deux mains, voire plus si vous voulez bien m&#8217;en prêter quelques-unes.</p>
<p><em>De Cape et de Crocs</em>, c&#8217;est Alexandre Dumas, Cervantès et Cyrano de Bergerac ressuscités. Ni plus, ni moins. Il y a des héritages dont on aurait plus à rougir que celui-ci, n&#8217;est-ce pas ? Cependant, c&#8217;est bien beau de l&#8217;affirmer, il faut tout de même le prouver.</p>
<p>Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou y parviennent sans aucun souci. Les deux compères se connaissent en effet depuis l&#8217;école des Beaux-Arts d&#8217;Angoulême et leur pratique des jeux de rôle n&#8217;est sans doute pas pour rien dans leurs talents pour la narration graphique. Après tout, <em>Garulfo</em>, mené parallèlement à <em>De Cape et de Crocs</em> le confirme : même si l&#8217;ambiance (et l&#8217;objectif) est différente, le souci de raconter une histoire est toujours présent.</p>
<p>Toutefois, si <em>Garulfo</em> est une œuvre à découvrir absolument, le chef-d&#8217;œuvre du duo est sans aucun doute <em>De Cape et de Crocs</em>. Le talent des deux artistes y explose, littéralement. Mais ne brûlons pas les étapes ; <em>De Cape et de Crocs</em>, qu&#8217;est-ce que c&#8217;est ? Cela peut sembler convenu de poser cette question, mais certains ne connaissent peut-être pas encore la série. Pour ceux-là, je vais mettre un point d&#8217;honneur à ne pas déflorer l&#8217;intrigue.</p>
<div id="attachment_1922" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape4.jpg"><img class="size-medium wp-image-1922" title="cape4" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape4-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2000" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2000</p></div>
<p>Bienvenue donc dans le XVIIe siècle flamboyant, celui des 3 Mousquetaires, de la conquête des Indes et des Amériques, des pirates barbaresques en Méditerranée, celui où sur les cartes marines figurent des monstres terrifiants dans les zones non explorées, où la science se cherche encore. Un XVIIe siècle un peu spécial, cependant, puisque humains et animaux anthropomorphisés se côtoient. C&#8217;est d&#8217;ailleurs le cas des deux héros, Don Lope de Villalobos y Sangrin, fier loup hidalgo espagnol, et de son inséparable compagnon, Armand Raynal de Maupertuis, renard gascon. Les deux se vouent une amitié indéfectible depuis qu&#8217;ils se sont rencontrés – et combattus – à la guerre. Lope est fier, ombrageux, sanguin, tandis qu&#8217;Armand est enjoué, prompt à la rime et au bon mot, séducteur invétéré comme tout bon français.</p>
<p>Dans <em>Le secret du Janissaire</em>, Don Lope et Armand vont se lancer dans une chasse au trésor, après la découverte d&#8217;un message dans une bouteille. Ce premier volume, qui lance leur périple, est l&#8217;occasion pour eux de rencontrer un certain nombre de ceux qui deviendront des personnages principaux par la suite : Séléné, Hermine, Eusèbe, le raïs Kader ou encore le capitaine Mendoza. Armand est en effet tombé sous le charme de Séléné, pupille du marchand Cénile Spilorcio, vieux marchand avare, et Don Lope n&#8217;a pu rester insensible à celui de la belle gitane Hermine, même s&#8217;il est d&#8217;abord trop fier pour l&#8217;admettre – pensez donc ! Un hidalgo et une gitane ! Impensable ! Mais l&#8217;Amour a ses raisons que la raison ignore&#8230; Aussi, lorsqu&#8217;Andreo Spilorcio, le fils de Cénile, épris lui aussi de la belle Hermine, l&#8217;enlève en se persuadant qu&#8217;elle finira par répondre à ses attentions, Don Lope ne peut que se précipiter à son secours.</p>
<p>Et voilà, le roman picaresque est lancé ! Car il s&#8217;agit bien de cela, en fait : un grand roman d&#8217;aventures, de cape et d&#8217;épée (c&#8217;est presque le titre, quelle coïncidence amusante !). Si le premier objectif, le trésor des mystérieuses Îles Tangerines, est déjà alléchant, les rocambolesques péripéties des deux compères et de leurs amis ne s&#8217;arrêteront pas en si bon chemin, car ce trésor n&#8217;est en fait pas celui qu&#8217;ils pensaient&#8230;</p>
<p>Et c&#8217;est là le plus frustrant pour un chroniqueur soucieux de s&#8217;adresser à tout le monde : je ne peux pas en dire plus, au risque de révéler des pans de l&#8217;intrigue et donc de gâcher votre plaisir de la découverte ! Sur un œuvre telle que celle-ci, ce serait quasiment un sacrilège&#8230; Néanmoins, une chose peut être dite en toute sécurité : le niveau ne baisse jamais au cours des 9 volumes déjà parus, certains même se hissent à des hauteurs proprement vertigineuses en termes de qualité d&#8217;écriture et de réalisation graphique.</p>
<p>On use souvent de superlatifs dans le monde de la critique littéraire et artistique, mais Jean-Luc Masbou les mérite. C&#8217;est un véritable orfèvre, ciselant chacune de ses planches avec un soin maniaque, confinant à l&#8217;enluminure, mais toujours de manière équilibrée. Résultat : ses cases foisonnent de détails mais ne sont jamais « lourdes » à l&#8217;œil. On peut passer de très longs moments à les détailler pour en saisir tous les éléments, bien souvent des clins d&#8217;œil ou des scènes annexes, telles ces étranges créatures qui s&#8217;échappent du chaudron bouillonnant de l&#8217;alchimiste que consulte le raïs Kader au début du premier tome et finiront par se jeter dans le port, sous le regard éberlué de chats de gouttière&#8230; Malgré ce sens du détail, Masbou n&#8217;oublie jamais le dynamisme qui doit soutenir toute la narration : on est dans un roman d&#8217;aventures, pas dans un drame psychologique, que diable ! Du coup, on sent le souffle de l&#8217;aventure à chaque case. Humains et animaux anthropomorphisés se mêlent harmonieusement, tel Monsieur de Cicognac en second du bateau pirate ou l&#8217;inénarrable lapin Eusèbe. Le</p>
<div id="attachment_1925" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape7.jpg"><img class="size-medium wp-image-1925" title="cape7" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape7-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2006" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2006</p></div>
<p>tout est magnifié par la palette de couleurs utilisée par Masbou : rouges flamboyants de couchers de soleil, bleus marines profonds de la nuit citadine, verts luxuriants des jungles des Îles Tangerines&#8230; Il parvient à faire du grand spectacle en cinémascope à chaque case sans que jamais cela ne paraisse clinquant !! Chapeau, l&#8217;artiste&#8230;</p>
<p>Quant à Alain Ayroles, le scénario qu&#8217;il livre, en plus de revisiter ses classiques, est une petite merveille d&#8217;écriture. Vous en connaissez beaucoup, vous, des auteurs qui prennent la peine de faire des alexandrins dans un scénario de BD ? Le style est fluide, se lit sans accroc et si parfois – souvent ! &#8211; il ressemble à celui des pièces de Molière ou des romans de cape et d&#8217;épée (le Capitaine Fracasse, le Comte de Monte-Cristo, Don Quichotte, etc&#8230;), c&#8217;est assumé et jamais pompeux.</p>
<p>Les textes regorgent d&#8217;indices, de références à des œuvres classiques, mais aussi de bons mots, de contrepèteries bien senties (notamment celles du tome 9, mes enfants, elles sont salées !!) Je ne vais pas faire ici la liste des clins d&#8217;œil dans la série, d&#8217;autres l&#8217;ont fait avant moi et avec beaucoup de talent, <a href="http://nerial.free.fr/artelio/artelio/spip_053.html">comme sur ce site</a>. Ce scénario, c&#8217;est aussi celui d&#8217;un amoureux de la langue française, j&#8217;en suis convaincu. Quand, comme moi, on aime les mots, on ne peut que se délecter de l&#8217;écriture d&#8217;Ayroles.</p>
<p>Ayroles laisse libre cours à sa fantaisie, à tel point que les deux compères font parfois une utilisation amusante de cet objet qu&#8217;est une BD : dans certains tomes, les faces intérieures de la reliure sont aussi utilisées pour la narration. La plupart du temps pour des scènes noires, où toutes les émotions des personnages ne sont retransmises que par la forme de leurs yeux, seuls éléments discernables de leur anatomie dans des cases totalement noires : le raïs et Eusèbe dans le ventre du Léviathan, Don Lope et Armand dans la marmite des sauvages&#8230; C&#8217;est très réussi !</p>
<div id="attachment_1918" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape9.jpg"><img class="size-medium wp-image-1918" title="cape9" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cape9-300x300.jpg" alt="Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2009" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2009</p></div>
<p>Le maître mot de cette œuvre, à tous les niveaux, est en définitive le suivant : équilibre. Tout d&#8217;abord entre les deux auteurs. Alchimie rare, ils parviennent tous deux à déployer l&#8217;étendue de leur talent sans que cela ne nuise au travail de l&#8217;autre : jamais le dessin ne prend le pas sur le texte, ou inversement. Equilibre aussi entre action et psychologie travaillée des personnages. Si <em>De Cape et de Crocs</em> regorge de coups d&#8217;éclat, les protagonistes ne sont pas des coquilles vides ou des archétypes monolithiques. Ils ont tous leurs forces, leurs faiblesses et c&#8217;est cela qui les rend aussi attachants, notamment le pirate Bonney Boone et son inénarrable équipage.</p>
<p>Si vous ne connaissiez pas <em>De Cape et de Crocs</em>, alors il est urgent pour vous de découvrir cette œuvre majeure du paysage BD actuel, de nombreuses heures de plaisir de lecture garanties ! Et pour ceux qui veulent pousser un peu plus loin l&#8217;exploration de l&#8217;univers de Masbou et d&#8217;Ayroles, ils peuvent se reporter à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/De_cape_et_de_crocs">la page wiki</a> de la série, ou encore à cet autre <a href="http://decape.free.fr/">site amateur</a> très bien fait.</p>

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		<title>La semaine des 7 Noël</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Dec 2009 19:39:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Haaaa, Noël, période bénie synonyme de joie et de magie: les dîners en famille, la dinde fumante, le rire cristallin des enfants sous le sapin. Mais si on y réfléchit bien, Noël c&#8217;est aussi les courses au dernier moment dans les supermarchés bondés, les morceaux de coquille dans les huitres et les bisous à tata [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1838" class="wp-caption alignleft" style="width: 311px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/La-semaine-des-7-Noel.jpg"><img class="size-full wp-image-1838 " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/La-semaine-des-7-Noel.jpg" alt="Copyright Casterman 1999" width="301" height="445" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Casterman 1999</p></div>
<p>Haaaa, Noël, période bénie synonyme de joie et de magie: les dîners en famille, la dinde fumante, le rire cristallin des enfants sous le sapin. Mais si on y réfléchit bien, Noël c&#8217;est aussi les courses au dernier moment dans les supermarchés bondés, les morceaux de coquille dans les huitres et les bisous à tata Suzanne qui sent la sueur. Imaginez maintenant que Noël n&#8217;ait pas lieu qu&#8217;une seule fois par an mais que ce calvaire revienne encore et encore. Que ce soit Noël tous les jours.</p>
<p><strong>J&#8217;aime pas la magie. J&#8217;aime pas Noël. J&#8217;aime pas la magie de Noël.</strong></p>
<p>2041. Après un crack boursier l&#8217;État se retrouve avec des compteurs dans le rouge cramoisi. Les chanceux qui ont trois boulots peinent à survivre et même les bourgeoises se voient obligées de vendre leur lait. Dans ce climat économique le Président a une idée lumineuse: Noël étant la période de l&#8217;année la plus productive et la plus riche, il propose par référendum de pouvoir déclarer Noël à tout moment pour relancer l&#8217;économie. L&#8217;idée fonctionne quelques temps mais devant la pénurie, l&#8217;économie s&#8217;effondre de plus belle sans qu&#8217;il soit possible désormais de débrancher la perfusion. De hotte en houppelande, Noël devient une obligation pour tous et s&#8217;installe alors une tyrannie rouge et blanche faite de cadeaux obligatoires dénichés sur les étagères vides des supermarchés, de propagande de minuit inévitable et de réveillon-cotillons aux lentilles de la veille.</p>
<p>Bienvenue en URS… ha ben non,on parle de la France de demain  en fait.</p>
<p>C&#8217;est dans ce contexte que commence notre histoire. Depuis plusieurs Noëls, 71 policiers ont été assassinés et pire dépouillés de leurs bottes réglementaires. Bien décidé à retrouver l&#8217;ordure qui trucide les Père Noël, le chef de la Police, Staline, met dans les pattes de la famille PRIONS (comme la vache folle) un agent infiltré. Déguisé en répondeur téléphonique, son bras droit Stallone, va s&#8217;installer chez les PRIONS. Car les PRIONS sont cordonniers et c&nbsp;&raquo;est bien connu les bottes retournent chez le cordonnier aussi sûr que les fleuves retournent à la mer. Tout le monde sait ça, voyons.</p>
<p><strong>Noël un jour, Noël toujours!</strong></p>
<p>O.GROJNOWSKI n&#8217;aime pas Noël. C&#8217;est donc quelqu&#8217;un de bien. Il n&#8217;aime pas non plus les régimes totalitaires, ce qui en fait un ami. Mélangez les deux et vous obtenez le cauchemar absolu, le plus long et le plus épouvantable des réveillons qu&#8217;on puisse imaginer.</p>
<p>Les histoires sur les tyrannies du bonheur en général et de Noël en particulier ne sont pas courantes en bd (on citera <em><a href="http://www.kroniks.net/2008/07/07/sos-bonheur/" target="_blank">SOS Bonheur</a></em> de GRIFFO et VAN HAMME ou encore <em>Houppelande</em> de TRONCHET, qui signe la préface de l&#8217;album d&#8217;ailleurs). Dans <em>La semaine des 7 Noël</em>, O.GROJ a souhaité parler de ces tyrannies nées dans la crise et maintenues en place par la pauvreté. Mais pas question de plomber l&#8217;ambiance. Se revendiquant de l&#8217;esprit de TRONCHET (encore lui?) tant pour le dessin que pour l&#8217;humour, il nous dépeint ici une société kafkaïenne fondée sur l&#8217;obligation de respecter l&#8217;esprit de Noël.</p>
<p>L&#8217;histoire est racontée à travers les yeux du petit Grégory PRIONS sous la forme d&#8217;une rédaction façon Petit Nicolas, les fautes d&#8217;orthographe en plus. Entre un père obséquieux avec le pouvoir, une mère rebelle et une grand-mère dingue de poneys, le petit Grégory nous raconte les misères que lui cause ce parasite de grolardos qui fait rien qu&#8217;à fliquer tout le monde à la maison et qui, en plus, ne mange que le blanc des poireaux.</p>
<p>Tout l&#8217;album est traité sur le mode loufoque et farfelu. A commencer par le dessin, caricatural, dont les épais traits noirs et les visages déformés vous rappelleront le graphisme de TRONCHET (mais il est partout!). Clapotis PRIONS a un petit côté Jean Claude TERGAL je trouve. Pour ne pas nous faire oublier que l&#8217;histoire se passe le soir du réveillon (comme tous les soirs d&#8217;ailleurs), l&#8217;auteur a opté pour une bichromie de circonstance: le rouge et le blanc, ajoutant des sceaux de gris pour figurer l&#8217;ambiance sale et pauvre de ce Paris miséreux.</p>
<p>L&#8217;ambiance noire et cynique est allégée par des dialogues hilarants et des situations burlesques dans le plus esprit de <em>Brazil</em>. Fêter de Noël dans un monde privé de tout permet de créer tout un tas de situations absurdes: des cadeaux en retard (&laquo;&nbsp;Vous me devez encore deux salières&nbsp;&raquo;), des photos obligatoires avec le Père Noël (&laquo;&nbsp;T&#8217;as pas intérêt à me tripoter&nbsp;&raquo;), ou encore des espadrilles sans semelles cirées à crédit parce que &laquo;&nbsp;vous savez, pour réveillon c&#8217;est tenue correcte exigée&nbsp;&raquo;. Ajoutez à cela en fil rouge la rédaction purement hilarante du petit Grégory et vous obtenez un mélange détonnant de déprime désopilante. Ou de comique cafardeux, au choix.</p>
<p>Car quoiqu&#8217;on en dise, O.GROJNOWSKI a réussi à trouver un équilibre entre caricature et crédibilité L&#8217;album s&#8217;ouvre sur un crach économique mondial épouvantable qui laisse place à une société ruinée dont la seule porte de sortie se trouve dans le despotisme. Visionnaire, O.GROJ a écrit cette l&#8217;histoire en 1999. Dix ans plus tard certaines réflexions, même cachées sous le voile du cynisme et de l&#8217;ironie, semblent cruellement d&#8217;actualité.</p>
<p>La semaine des 7 Noël est album surprenant par bien des aspects. Ce n&#8217;est pas si souvent que la plus familiale des fêtes est ainsi brocardée. Et puis sous la drôlerie et le cynisme noir de l&#8217;histoire O.GROJNOWSKI nous rappelle que le chemin vers la tyrannie est souvent pavé de bonnes intentions. Un album étonnant, une curiosité à découvrir en tout cas.</p>

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		<title>Psycho Park</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Oct 2009 07:22:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On connait tous les « strips » américains, qui paraissaient dans les journaux, et où ont gagné leurs galons de stars des œuvres telles que Pim, Pam, Poum ou encore Snoopy. Psycho Park, de Frank Cho, est tout à fait dans cette lignée. Bienvenue en effet à Liberty Meadows (le titre original, soit dit en passant) ! [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1748" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/psycho.jpg"><img class="size-medium wp-image-1748 " title="psycho" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/psycho-300x300.jpg" alt="Copyright Franck Cho / Vents d'Ouest 2002" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Franck Cho / Vents d&#39;Ouest 2002</p></div>
<p>On connait tous les « strips » américains, qui paraissaient dans les journaux, et où ont gagné leurs galons de stars des œuvres telles que Pim, Pam, Poum ou encore Snoopy. Psycho Park, de Frank Cho, est tout à fait dans cette lignée.</p>
<p>Bienvenue en effet à Liberty Meadows (le titre original, soit dit en passant) ! Ce qui est sûr, c&#8217;est que vous ne vous y ennuierez pas. En effet, cette clinique vétérinaire pour animaux ayant perdu leurs habitudes animales accueille des pensionnaires singuliers : Leslie, une grenouille hypocondriaque, Truman, un canard timide, Ralph un ours fan de Xéna la guerrière ou encore Dean, un cochon qui se prend pour un play-boy&#8230; Et pour surveiller et soigner tout ce petit monde, Frank, le nouveau vétérinaire et la délicieuse, la pulpeuse, l&#8217;irrésistible psychologue animalière Brandy&#8230;</p>
<p>Evidemment, c&#8217;est un festival de gags et de situations cocasses. Frank cherche à vaincre sa timidité envers Brandy pour la séduire et celle-ci ne dirait pas forcément non&#8230; Les animaux foutent la pagaille en faisant la plupart du temps n&#8217;importe quoi, de préférence au pire moment possible. On sent vraiment l&#8217;inspiration tirée de Snoopy, mais vers un humour plus « non-sens » et parfois plus « slap-stick » que son modèle. Les animaux parlent et les humains les comprennent, ce qui multiplie  les possibilités de gags.</p>
<p>Franck Cho, coréen d&#8217;origine, signa avec Psycho Park sa première série professionnelle, dérivée en fait de University², strip qu&#8217;il écrivait pour un journal étudiant lorsqu&#8217;il suivait le cursus de l&#8217;école d&#8217;infirmiers de l&#8217;université du Maryland. A la fin de ses études, il opta – tant mieux pour nous – pour la carrière artistique. Depuis, il a notamment travaillé pour Marvel, sur des séries aussi diverses que Shanna ou SpiderMan et a signé de nombreuses couvertures. Franck Cho aime les femmes, en tout cas, il l&#8217;a prouvé à de nombreuses reprises ; Brandy et son amie sont particulièrement pulpeuses, tout comme Shanna.</p>
<p>Même si elle reste une œuvre de jeunesse, Psycho Park mérite le détour, tant elle assure de franches rigolades à son lecteur. La traduction ne dut pas être facile pour l&#8217;équipe de Vents d&#8217;Ouest, tant cette série repose sur des bases culturelles très américaines. Cependant, la version française est plus qu&#8217;honorable !</p>
<div id="attachment_1747" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/psycho2.jpg"><img class="size-medium wp-image-1747 " title="psycho2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/psycho2-300x300.jpg" alt="Copyright Franck Cho / Vents d'Ouest 2005" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Franck Cho / Vents d&#39;Ouest 2005</p></div>
<p>Les strips en VO sont d&#8217;ailleurs accessibles (légalement, le site appartient à l&#8217;auteur) sur <a href="http://www.libertymeadows.com/" target="_blank">Liberty Meadows</a>.   N&#8217;oubliez pas de visiter aussi le site officiel de Franck Cho, le bien nommé <a href="http://apesandbabes.com/" target="_blank">Apes and Babes</a> !</p>
<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>

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		<title>Happy Sex</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Oct 2009 22:10:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans le Guide du Zizi Sexuel (Glénat), Zep et sa compagne Hélène BRULLER (Je veux le Prince Charmant) s’étaient appliqués à expliquer la sexualité aux pré-ados. De l’amour à la contraception, du préservatif aux prédateurs, tout était présenté simplement et avec humour. Happy Sex c’est presque pareil, mais pour les grands et avec du poil [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le <em>Guide du Zizi Sexuel</em> (Glénat), Zep et sa compagne Hélène BRULLER (<em>Je veux le Prince Charmant</em>) s’étaient appliqués à expliquer la sexualité aux pré-ados. De l’amour à la contraception, du préservatif aux prédateurs, tout était présenté simplement et avec humour.<br />
Happy Sex c’est presque pareil, mais pour les grands et avec du poil autours.</p>
<h2>Le sexe et autres complications</h2>
<div id="attachment_1724" class="wp-caption alignleft" style="width: 284px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Happy-Sex.jpg"><img class="size-full wp-image-1724" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Happy-Sex.jpg" alt="Copyright Delcourt" width="274" height="367" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Delcourt</p></div>
<p>Le sexe c’est beau, c’est fort, c’est grandiose, c’est magique. Moui, peut-être. Mais le sexe ça doit d’abord être marrant.<br />
Dans Titeuf, Zep confronte une bande de gamins à la vraie vie et désamorce avec humour les situations les plus tendues (divorce, mort, handicap …) pour apprendre aux enfants que tout cela est bien terrible mais qu’après tout c’est la vie et ça arrive à tout le monde. Alors autant en rigoler un bon coup.<br />
Avec Happy Sex, il tient le même discours et met en scènes tous ces petits tracas, toutes ces situations embarrassantes une fois tout nu. Vous savez bien : les bruits bizarres (« prout prout »), les voisins qui écoutent, les collocs qui débarquent au mauvais moment, les engins  trop petits (ou trop gros…), et j’en passe et des meilleures.</p>
<p>Dans un esprit décomplexé et avec un dessin cartoon aux décors minimalistes et aux couleurs pastel, il prend un malin plaisir à imaginer des gags impliquant un ou plusieurs adultes consentants dans toutes les situations possibles. Tout y passe : autofellation, sado-masochisme, éjaculation précoce (« T’es un vrai baril d’explosifs »), sexe à deux, à trois, avec des « toys » et même avec un vélo.<br />
L’idée de Zep est simple : le sexe c’est sain, le sexe c’est la vie, et la vie c’est marrant. Pas de quoi complexer ni avoir honte. Dé-dra-ma-ti-ser, voilà bien le maître mot du bouquin.</p>
<p>Alors oui, l’album est à réserver à un public adulte et averti. On y voit des érections, des vagins, des seins, des levrettes et des fellations. Mais tout est atténué : pas d’érotisme torride ou de pornographie débridée. Zep ne cherche en aucun cas à émoustiller son lecteur (ou sa lectrice) mais juste à faire rire.<br />
Et honnêtement ça marche. Jouant sur les dérapages et les situations embarrassantes, il insuffle de la malice, de la joie et de l’ironie dans ses gags et transforme une petite honte en grande histoire drôle et complice.</p>
<p>Comme dans toute compilation, il y a des hauts et des bas mais il faut bien reconnaître que  les gags sont très souvent marrants et même parfois hilarants.</p>
<p>A une période où les nouveautés déferlent sur les étalages plus vite que les pages ne se tournent, prenez donc le temps de lire Happy Sex et de tir… heu … rigoler un coup.</p>

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		<title>Lapin &#8211; Les aventures d&#8217;un lapin moche en tissu pourri</title>
		<link>http://www.kroniks.net/2009/09/26/lapin-les-aventures-dun-lapin-moche-en-tissu-pourri/</link>
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		<pubDate>Sat, 26 Sep 2009 07:43:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On vous avait dit, dans je ne sais plus quel édito, qu&#8217;on vous parlerait sans doute de webcomics dans nos chroniques. Je sais pas, on devait être bourrés pour dire ça, parce qu&#8217;une fois au pied du mur, croyez-moi croyez-moi-pas, eh bien argh ! Oui, vous avez bien lu : argh ! Parce que, franchement, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1692" class="wp-caption alignleft" style="width: 111px"><img class="size-medium wp-image-1692" title="episode73" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/episode73-101x300.jpg" alt="copyright Phiip 2001" width="101" height="300" /><p class="wp-caption-text">copyright Phiip 2001</p></div>
<p>On vous avait dit, dans je ne sais plus quel édito, qu&#8217;on vous parlerait sans doute de webcomics dans nos chroniques. Je sais pas, on devait être bourrés pour dire ça, parce qu&#8217;une fois au pied du mur, croyez-moi croyez-moi-pas, eh bien argh !</p>
<p>Oui, vous avez bien lu : argh ! Parce que, franchement, par où commencer ? Internet a révolutionné la BD dans son ensemble : plus besoin de maison d&#8217;édition, il suffit d&#8217;un PC, d&#8217;une connexion internet et d&#8217;un espace de stockage en ligne et hop ! Tout le monde peut laisser libre cours à son imagination ! D&#8217;autant que le format est plus souple que la version papier : la mise en page, les techniques multimédia, les principes de narration, tout est possible, l&#8217;auteur est vraiment seul maître à bord, sans craindre d&#8217;autre pression que celle de ses éventuels lecteurs.</p>
<p>Du coup, il y a des milliers de webcomics sur la Toile et si les œuvres francophones ont longtemps été en retard, ce n&#8217;est plus le cas. Pénélope Jolicoeur, Boulet, Maliki, monsieur le chien&#8230; un certain nombre d&#8217;entre eux commence à se faire un nom hors d&#8217;internet.</p>
<p>J&#8217;ai choisi de mettre un coup de projecteur sur Phiip, sympathique habitant du Nord, et son Lapin, parce qu&#8217;ils le méritent bien. Ce sont des « vieux de la vieille » du webcomic, puisque Lapin paraît quasi quotidiennement (!) depuis 2001 et que j&#8217;avais déjà eu l&#8217;occasion d&#8217;interviewer Phiip en 2004 pour le magazine Bédéka.</p>
<p>Alors, Lapin, c&#8217;est quoi ? Ben le titre est suffisamment explicite, non ? Ce sont les aventures débiles d&#8217;un Lapin en tissu mal cousu ! Entouré de l&#8217;ourse verte, du Dr Canard, de BRUNO le grizzly ou du lapin Noir, le moins qu&#8217;on puisse dire, c&#8217;est que Lapin, c&#8217;est de l&#8217;absurde en béton armé !</p>
<p>Un lapin en tissu mal cousu ? Ben oui, c&#8217;est sous cette forme qu&#8217;est apparu Lapin dans ses origines. Une raison simple à tout cela : Phiip réalisait en un week-end les cinq épisodes de la semaine ; il fallait donc trouver une procédure qui ne prenne pas trop de temps.</p>
<p>Débiles, ces aventures ? Oui, mais dans un sens « Monty Python » ! Le non-sens, l&#8217;absurde, règnent en maître. Bon, le crétinisme aussi, parce qu&#8217;il faut bien l&#8217;avouer, lapin en tient une sacré couche&#8230; Peut-être à force de jouer avec l&#8217;essence ? Ou de manger du beurre ? Et puis le sexe aussi. Ooooh, important, ça, le sexe, surtout dans les premiers épisodes ! Faut dire aussi, quand on est un lapin&#8230;</p>
<p>Lapin n&#8217;est pourtant pas resté statique au cours de ces 8 années de parution. Au point de vue du scénario, Phiip a créé des « cycles » qui racontent des aventures « cohérentes » (pardon pour le gros mot) de Lapin. Il y eut Lapin en entreprise, Lapin à la plage, Lapin cherche du boulot, Lapin va avoir un enfant et même un Lapin dans l&#8217;espace qui n&#8217;a rien à envier aux superproductions hollywoodiennes !</p>
<div id="attachment_1693" class="wp-caption alignright" style="width: 111px"><img class="size-medium wp-image-1693" title="1457" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/1457-101x300.gif" alt="copyright Phiip 2007" width="101" height="300" /><p class="wp-caption-text">copyright Phiip 2007</p></div>
<p>Oui, Phiip a aussi fait évoluer son œuvre : photos statiques d&#8217;une boîte en carton pour tout décor, les fonds ont varié au gré de ses aventures, Phiip rajoutant de plus en plus d&#8217;effets visuels. Et puis, à l&#8217;épisode 1456, c&#8217;est le choc : Lapin devient dessiné !! Mais Phiip n&#8217;est pas fixé, il expérimente, alors dès l&#8217;épisode 1466, c&#8217;est le retour à la technique traditionnelle. Mais là encore, ce n&#8217;est pas définitif. Parfois il mélange. Bref, Phiip fait ce qu&#8217;il veut et il a bien raison, c&#8217;est son blog BD après tout. Surtout qu&#8217;il ne perd pas l&#8217;essence (heu&#8230;) de sa BD : l&#8217;absurde, l&#8217;humour noir et la gaudriole de bon aloi.</p>
<p>En 2005, c&#8217;est la consécration, le début de la gloire, de la fortune et des filles faciles : Lapin est édité en version papier ! Et en auto-édition, s&#8217;il vous plait ! Je suis un Lapin reprend sur 108 pages les strips du site, et comme Phiip en met plusieurs par page, car il est généreux, ben ça en fait, du strip et on est pas volés sur la qualité et la quantité !</p>
<p>Et puis, il ne faudrait pas réduire Lapin à Lapin. Oui, Phiip a fait de Lapin.org, le site de Lapin, un portail de webcomics de la même veine que Lapin, qu&#8217;il traduit bien souvent de l&#8217;anglais. Les webcomics proposés sont aussi divers que variés, de Une Modeste Destinée à Docteur Fun en passant par Les Céréales du Matin ou Kreepy Kat.</p>
<p>Lapin.org, c&#8217;est aussi le QG des éditions Lapin, dont je vous ai parlé précédemment. Depuis 2005, c&#8217;est une dizaine d&#8217;ouvrages qui ont ainsi vu le jour. Les Editions Lapin restant cependant de taille modeste, une « grande souscription Lapin » a été mise en place : 60€ qui font de vous un membre du club Lapin, avec plein de trucs exclusifs dans tous les sens, des dédicaces, des invitations aux soirées Lapin (le rendez-vous de la jet-set !) et même un album exclusif hors-commerce par an ! Pas mal, pour quelque chose qui a commencé par les aventures d&#8217;un Lapin en tissu pourri !</p>
<p>Je ne saurais donc trop vous recommander Lapin le webcomic : <a href="http://www.lapin.org/">http://www.lapin.org/</a> De plus, son format fait qu&#8217;on peut le lire à son rythme : en picorant de ci-de là ou comme un gros boulimique en se faisant 300 épisodes d&#8217;un coup !</p>
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		<title>Entretien avec Margaux MOTIN</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Sep 2009 21:00:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Nos billets d'humeur]]></category>
		<category><![CDATA[entretien]]></category>
		<category><![CDATA[filles]]></category>
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		<description><![CDATA[Cette histoire a commencé avec un simple mail qui disait en gros &#171;&#160;Bonjour Margaux MOTIN, j&#8217;aime bien ce que vous faites, la preuve au bout du lien (et là, j&#8217;avais mis l&#8217;adresse de la kronik de J&#8217;aurais adoré être ethnologue), vous seriez d&#8217;accord pour répondre à des questions?&#160;&#187;. Et vous savez pas quoi? Elle a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cette histoire a commencé avec un simple mail qui disait en gros &laquo;&nbsp;Bonjour Margaux MOTIN, j&#8217;aime bien ce que vous faites, la preuve au bout du lien (et là, j&#8217;avais mis l&#8217;adresse de la kronik de <a href="http://www.kroniks.net/2009/06/16/jaurais-adore-etre-ethnologue/" target="_blank">J&#8217;aurais adoré être ethnologue</a>), vous seriez d&#8217;accord pour répondre à des questions?&nbsp;&raquo;. Et vous savez pas quoi? Elle a accepté! Alors quand un intervieweur pose des questions un peu stupides à un auteur déchaîné ça donne un entretien complètement déjanté dans lequel, oh surprise, on apprend quand même des trucs sur l&#8217;édition, le pouvoir de la Chantilly et les théières.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">Kroniks : Margaux MOTIN bonjour. On ne va pas revenir sur ta bio vu que tu l&#8217;as toi-même mise en ligne sur ton blog. Les lecteurs n&#8217;ont qu&#8217;à se forcer un peu pour une fois (surtout que c&#8217;est bien raconté en plus). Pour commencer, dis nous plutôt comment tu en es venue à tenir un blog pour filles, en plus de tous tes boulots éditoriaux.</span></strong></p>
<p>Margaux MOTIN : C’est une terrible méprise, je voulais ouvrir un blog de rencontres en ligne et puis je sais pas, j’ai merdé, c’est complètement parti en sucette et je me suis retrouvée avec un blog bd.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">K :Vous commencez à être nombreuses sur le marché. Tu connais tes concurrentes? Vous échangez entre vous? Ou chacune reste dans son coin?</span></strong></p>
<p>M.M. : Je sais pas, c’est quoi nombreuses ? Moi j’en connais plus ou moins 5. C’est ce que tu entendais par « nombreuses » ? Mais c’est des collègues, pas des concurrentes, c’est des filles avec qui je bois parfois de l’alcool et avec qui on s’envoie des bizoux dans des mails. C’est quasi des copines tiens. Mais sinon nan je connais pas trop les filles de la blogosphère, à part de réputation, moi je suis sauvage, je parle pas à des gens dont je peux pas toucher les cheveux.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">K : Ton style se rapproche pas mal de celui de Pénélope BAGIEU. Tu la connais (je crois savoir que vous avez le même agent)? Laquelle a copié sur l&#8217;autre en fait?</span></strong></p>
<p>M.M. : Bé en fait, maintenant que tu m’en parles, je dois bien reconnaître que j’ai copié sans vergogne deux ou trois trucs. Le vernis rouge sur les ongles des mains. je le faisais jamais, ça se bousille trop vite avec la vaisselle, le shampoing et tout mais en fait c’est elle qui a raison, c’est carrément hyper féminin, genre sur toutes mes photos de vacances de cet été j’ai les ongles vernis et ben crois moi, ça claque à mort. Les robes aussi je lui ai piqué. J’en mettais plus, j’en remets. Et le Bourgogne pour éviter les lendemains de cuite ça aussi c’est elle. Mais je crois que j’ai eu mon sac Billy de Jérôme Dreyfuss avant elle. Ça équilibre.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">K : Tu as commencé par dessiner des couvertures pour des romans chez Marabout. C&#8217;est toi qui les as démarchés ou ce sont eux qui t&#8217;ont suppliée de travailler pour eux? Qui le premier a eu l&#8217;idée de sortir le livre?</span></strong></p>
<p>M.M. : Bon soyons un peu chronologiques si tu veux bien. D’abord les filles de chez Marabout m’ont contacté pour le bouquin adapté du blog. Et elle ne m’ont pas supplié je te prie, vu qu’elles ont d’abord léché les bottes de Pacco<em>*</em> et que c’est lui qui m’a transmis leur désir de nous rencontrer donc tu vois, trop pas star système quand même. Ensuite, une fois que nous avons eu fini le livre, elles m’ont demandé de bosser pour elle en tant qu’illustratrice et plus en tant qu’auteur, pour faire les couvertures d’une collection de romans. Oui j’ai deux métiers je sais c’est un truc de fou mais je suis comme ça, une meuf de l’extrême, j’ai peur de rien.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">K : La publication de ton blog en livre, c&#8217;est une consécration ou une l&#8217;évolution normale de ton travail?</span></strong></p>
<p>M.M. : Si je fais encore ce métier quand je serai toute vieille et toute ridée, là ça sera la consécration, et une incroyable et sublimissime évolution de moi même plus que de mon travail.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">K : J&#8217;imagine que ta fille doit se la péter à la crèche depuis qu&#8217;elle est l&#8217;héroïne d&#8217;un livre, non?</span></strong></p>
<p>M.M. : Ma fille steuplé elle est en maternelle. Et elle croit que sa mère, comme métier, elle fait « rester à la maison ». On a vu mieux pour se la raconter à la récré.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">K : Maintenant que tu es lancée pour de bon dans le monde impitoyable de la bd, tu vas continuer? Tu as déjà des projets? Sérieux, tu écris aussi bien que tu dessines (ou pas loin. La preuve <a href="http://www.jamesbort.com/2008/10/%E2%80%9Cetudes-de-styles%E2%80%9D-par-margaux-motin/" target="_blank">ici même</a>), tu n&#8217;as pas envie de te lancer dans tes propres projets, des trucs rien qu&#8217;à toi?</span></strong></p>
<p>M.M. : « J’aurais adoré être ethnologue », dans le concept, c’est déjà rien qu’à moi je te signale. Tellement que je vais en faire un deuxième. Mais je sens que tu parles d’un truc rien qu’à moi avec une vraie histoire, des rebondissements, des personnages avec une profondeur, peut être un drame, et un animal féroce ou une fée.  C’est ça ? J’y viendrai sûrement. Quand j’aurai la bonne idée, l’envie, le temps. Je ne sais pas quand, mais j’y viendrai sûrement. Ou bien j’ouvrirai une baraque a frites sur une plage et je ferai de la peinture sur coquillages. Je déteste pas non plus cette alternative.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">K : Tu es lectrice de bd d&#8217;ailleurs? Qu&#8217;est-ce que tu as lu qui t&#8217;a marquée dernièrement? Quels sont tes auteurs favoris?</span></strong></p>
<p>M.M. : Non je n’ai pas une grande culture BD. J’y viens doucement. Au coup de cœur. J’ai adoré toute la série <em>Aya de Yopougon </em>de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie.  <em>Esthétique et filatures</em> de Mandel et Tanxxx, je me suis régalée. J’ai frissonné avec <em>Jolies ténèbres</em> de Kerascoët et Vehlmann. <em>Vacances</em> de Cati Baur, et la série des <em>Rosalie Blum</em> de Camille Jourdy font parti de mes dernières lectures coup de cœur.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">K : Si tu pouvais travailler avec d&#8217;autres auteurs, tu aimerais monter des projets avec qui? (et réponds pas &laquo;&nbsp;Machin ou Bidule parce qu&#8217;il est hyper canon,&nbsp;&raquo; c&#8217;est pas une réponse valable).</span></strong></p>
<p>M.M. : Pacco parce qu’il est hyper canon.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">Tu as commencé une tournée nationale de dédicaces pour combler le manque affectif de tou(te)s tes fans. Comment se sont passées tes séances? Le livre a trouvé son public? Qu&#8217;est-ce que tu en as retiré de ton côté? (Et accessoirement, comment je fais moi pour décrocher une dédi pour Madame Cruchot? Parce que c&#8217;est quand même à cause d&#8217;elle que j&#8217;ai dû lire ton bouquin)</span></strong></p>
<p>M.M. : Wow 4 questions en une comme t’essaies de me la faire à l’envers !<br />
Les séances se sont dans l’ensemble super bien passées merci.<br />
Le livre est assez satisfait, il trouve qu’il s’est trouvé un bon gros public de gonzesses et ça le fait kiffer grave. Après il est un peu intenable et je suis forcée de le mettre à la niche pour le calmer mais sinon ça va.<br />
De mon coté j’en ai retiré plein d’amour de plus ou moins inconnu(e)s ce que je trouve très très <em>free hug</em>, absolument <em>Chantilly-Power-sur-mon-cœur</em> et tout a fait rafraîchissant. C’est très bon pour mon teint.<br />
Quant à Madame Cruchot a qui je dois semble t il beaucoup, on va se faire un petit plan lousedé a l’ancienne, t’inquiète.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">Tu prends quoi pour avoir autant d&#8217;énergie? C&#8217;est légal au moins? (Il t&#8217;en reste un peu?).</span></strong></p>
<p>M.M. : Mes cuticules. C’est bourré de protéines. Je mange bien 5 ou 6 cuticules par jour.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline">Au fait, elle en est où ta collection de théières?</span></strong></p>
<p>M.M. : J’ai tout revendu pour m’acheter des godasses.</p>
<p>Merci Margaux pour tes réponses, je sais que ton temps est précieux. Et bon courage pour la suite de tes aventures. En espérant te retrouver rapidement dans un nouveau livre, ou ailleurs (je me déguiserai en copine de Mme de CRUCHOT pour votre sortie&#8230;)</p>
<p><em>*Pacco est l&#8217;auteur du <a href="http://www.mae-bd.fr/" target="_blank">blog de Maé</a> et du même coup du livre qui en est tiré.</em></p>

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		<title>Tessa Agent Intergalactique</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2009 02:30:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tessa est une lycéenne comme les autres. Bon, ok, elle est casse-cou, tête en l’air, cœur d’artichaut et utilise plein de mots à la mode. Ah, ben oui, en fait, Tessa est une lycéenne comme les autres ! Sauf que… Sauf que, depuis qu’elle est toute petite, elle rêve toutes les nuits d’aventures inter-galactiques. Et le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>
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<div id="attachment_1573" class="wp-caption alignleft" style="width: 234px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/tessa1.jpg"><img class="size-medium wp-image-1573   " title="tessa" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/tessa1-224x300.jpg" alt="copyright Louis/Mitric/Lamirand - Soleil 2004" width="224" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Louis/Mitric/Lamirand - Soleil 2004</p></div>
<p>Tessa est une lycéenne comme les autres. Bon, ok, elle est casse-cou, tête en l’air, cœur d’artichaut et utilise plein de mots à la mode. Ah, ben oui, en fait, Tessa est une lycéenne comme les autres ! Sauf que…</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">Sauf que, depuis qu’elle est toute petite, elle rêve toutes les nuits d’aventures inter-galactiques. Et le pire, c’est que chaque nuit, son rêve semble reprendre au moment même où il s’était terminé la nuit précédente.  Une nuit, cependant, elle va apprendre que ses rêves n’en sont pas : une créature à trois visages se matérialise dans sa chambre et l’emmène avec elle ! Elle doit en effet participer à un tournoi pour déterminer qui sera le 42<sup>e</sup> Agent Intergalactique. Car oui, ses rêves n’en  étaient finalement pas : Tessa est bel et bien une A.I. ! Elle devra faire ses preuves, sous la direction de son llaron (mentor), le laminoxien Swidzernaïv. Et vu le caractère de la belle, ce n’est pas gagné…</p>
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<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">Tessa Agent Intergalactique est donc une série de science-fiction, résolument placée sous le signe de l’humour. Les jeux de mots sont omniprésents et permettent aussi aux auteurs de placer leurs références culturelles.  Lisez à l’envers le nom de Suhtt-Kalag, le dévoreur de mondes, par exemple, et si vous êtes in familier des comics Marvel, le clin d’œil ne vous échappera pas. Graphiquement de même, en parcourant attentivement les cases, on décèle des personnages venus d&#8217;autres séries. Le contexte, un univers aux races multiples, permet aux auteurs de laisser libre cours à leur imagination en termes de design de vaisseaux, de races aliens et de planètes étranges à tendance bizarres. Imagination influencée visiblement à la fois par la BD de type Valérian, les comics (Tessa est elle-même quelque part un super-héros) mais aussi les manga. Des séries télé du genre Star Trek, Babylon5 ou autres films de SF typés Star Wars, les influences du petit et du grand écran se font aussi sentir. Il y a pire comme références, d&#8217;autant que les auteurs parviennent à ne pas les laisser phagocyter leur narration ou leur univers visuel. Cela reste des clins d&#8217;œil et c&#8217;est très bien comme ça.</p>
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<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">Soyons honnêtes : si les trois premiers volumes de Tessa se lisent sans déplaisir, ils restent tout de même assez « légers ». L’humour est parfois un peu trop potache et capillotracté et Tessa fait un peu partie de ces petits plaisirs honteux, de ces séries que l’on suit parce qu’on se marre bien mais qu’on ne cite pas dans les réunions de bédéphiles (à tort sans doute). Mais il faut bien avouer qu’avec la parution du premier tome de Tessa-42, le spin-off de la série s’attachant aux autres A.I., puis le tome 4 de Tessa, les choses ont évolué. L’humour reste très présent, les clins d’œil aussi, mais l’histoire avance enfin, les choses se complexifient et Tessa commence petit à petit à évoluer psychologiquement. Le tome 5, récemment sorti, confirme tout cela : l’ambiance est plus</p>
<div id="attachment_1572" class="wp-caption alignright" style="width: 225px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/tessa5.jpg"><img class="size-medium wp-image-1572   " title="tessa2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/tessa5-215x300.jpg" alt="copyright Louis/Mitric/Lamirand - Soleil 2009" width="215" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Louis/Mitric/Lamirand - Soleil 2009</p></div>
<p>sombre, Tessa doit faire des choix et peser les conséquences de ses actes. Et franchement, c’est plutôt agréable de voir cette évolution. D’autant que les sorties des autres tomes de Tessa-42 sont planifiées et promettent d’approfondir encore cet univers somme toute plutôt intéressant. Le fait que ces albums seront confiés à d’autres auteurs que ceux de Tessa Agent Intergalactique augure aussi du meilleur, les points de vue vont se multiplier et les deux séries vont pouvoir continuer à se construire l’une sur l’autre. Un peu sur le modèle récent des aventures de Spirou.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">En résumé, il serait donc dommage de snober Tessa Agent Intergalactique au vu de ses 3 premiers tomes. Les tomes suivants promettent de vrais enjeux, posent de vraies questions et mettent plutôt l’eau à la bouche. Ca va vraiment devenir &laquo;&nbsp;intergalactique&nbsp;&raquo;, si les auteurs tiennent le rythme. N’hésitez donc pas à vous laisser tenter par cette série très sympathique !</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">Tessa Agent intergalactique dispose en plus d&#8217;un blog régulièrement mis à jour par les auteurs et qui se trouve <a href="http://tessa-42.blogspot.com/" target="_blank">à cette adresse</a></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/aventure/" title="aventure" rel="tag">aventure</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/humour/" title="humour" rel="tag">humour</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/science-fiction/" title="science fiction" rel="tag">science fiction</a><br />

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