<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Kroniks &#187; manga</title>
	<atom:link href="http://www.kroniks.net/tag/manga/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.kroniks.net</link>
	<description>le blog bd qui bronze en été</description>
	<lastBuildDate>Mon, 19 Jul 2010 01:58:13 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.0.1</generator>
		<item>
		<title>Sanctuary</title>
		<link>http://www.kroniks.net/2010/07/06/sanctuary/</link>
		<comments>http://www.kroniks.net/2010/07/06/sanctuary/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 06 Jul 2010 02:47:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Featured]]></category>
		<category><![CDATA[Mangas]]></category>
		<category><![CDATA[action]]></category>
		<category><![CDATA[manga]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[yakuza]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.kroniks.net/?p=2357</guid>
		<description><![CDATA[Une Dream Team. Pas moyen de qualifier ça autrement ! Quand vous prenez Ryôichi Ikegami (Crying Freeman, Mai the Psychic Girl) et que vous lui adjoignez Shô Fumimura, dont le pseudo Buronson vous est sans doute plus connu puisque scénariste de Ken le survivant, moi j’appelle ça une Dream Team. Sanctuary narre les aventures de deux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2360" class="wp-caption alignleft" style="width: 226px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary1a_03042004.jpg"><img class="size-medium wp-image-2360" title="Sanctuary1a_03042004" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary1a_03042004-216x300.jpg" alt="" width="216" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ikegami-Fumimura / Kabuto 2004</p></div>
<p>Une Dream Team. Pas moyen de qualifier ça autrement ! Quand vous prenez Ryôichi Ikegami (Crying Freeman, Mai the Psychic Girl) et que vous lui adjoignez Shô Fumimura, dont le pseudo Buronson vous est sans doute plus connu puisque scénariste de Ken le survivant, moi j’appelle ça une Dream Team.</p>
<p>Sanctuary narre les aventures de deux jeunes hommes, Hôjô et Asami, quasiment frères de sang. Ils ont un but, lié à un passé commun douloureux : faire du Japon leur « sanctuaire », un endroit où ils pourraient être enfin chez eux. Si ça ce n’est pas de l’ambition !!</p>
<p>Pour ce faire, Hôjô va choisir la voie du Yakuza, tandis qu’Asami se lance dans la politique. Le challenge : arriver le plus vite possible en haut de l’échelle et pour cela, tous les moyens sont bons : chantages, viols, meurtres, manipulations…</p>
<p>Disons-le tout de suite : Sanctuary est un manga « adulte ». Oui, c’est violent, parfois érotique, mais c’est adulte aussi parce qu’on se prend une bonne grosse leçon de réalisme sur l’ambiance politico-sociale de l’archipel nippon.</p>
<p>En fait, si Sanctuary est une réussite incontestable sur le plan de la narration, elle l’est aussi sur celui du contenu. Y sont dénoncés tous les travers d’une société bien plus malade que ses dehors policés pourraient le laisser penser. La collusion mafia-monde politique, secret de polichinelle pour les nippons mais que les européens ne connaissent sans doute pas assez, la rigidité d’une société ultra-hiérarchique où les « vieux » accaparent tous les postes et s’y accrochent, ne laissant aucune chance aux jeunes, la prostitution étrangère, etc…</p>
<p>Du coup, la réaction de Hôjô et d’Asami est à la mesure de la déliquescence de la société : tous les coups sont permis !! Hôjô veut rapidement devenir boss de tous les yakuza du pays, mais il devra aussi compter avec les mafias chinoise et russe. Asami entre au service de l’éminence grise du gouvernement, l’homme qui tire les ficelles dans l’ombre… et va tout faire pour l’assassiner politiquement.</p>
<p>Alors oui, Sanctuary est une histoire de « salauds magnifiques », ambiance John Woo, où on ne peut pas détester les héros pour leurs actions, car le monde où ils évoluent ne leur laisse pas le choix. Hôjô et Asami sont des anti-héros et les deux auteurs les assument très bien.</p>
<div id="attachment_2359" class="wp-caption alignright" style="width: 214px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary9_22022005.jpg"><img class="size-medium wp-image-2359" title="Sanctuary9_22022005" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary9_22022005-204x300.jpg" alt="" width="204" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ikegami-Fumimura / Kabuto 2005</p></div>
<p>Car oui, Ikegami et Fumimura sont à la hauteur de leurs ambitions sur ce manga : le scénario est en béton, les personnages convaincants et pas monolithiques, le dessin confine au génie, le découpage tient en haleine le lecteur jusqu’à l’ultime page de l’ultime volume.</p>
<p>Les seuls problèmes de ce manga ? Peut-être un regard un peu trop tendre sur les agissements de Hôjô et d’Asami… mais après tout, c’est aussi pour ça qu’on aime les films de John Woo, hein ! Le second problème est matériel : l’éditeur, Kabuto, n’existe plus depuis 2008 et du coup, il peut être un peu difficile à trouver dans son intégralité.</p>
<p>Mais si vous le trouvez et que vous aimez les polars politico-mafieux, jetez-vous dessus, vous ne le regretterez pas !</p>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/action/" title="action" rel="tag">action</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/manga/" title="manga" rel="tag">manga</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/politique/" title="politique" rel="tag">politique</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/yakuza/" title="yakuza" rel="tag">yakuza</a><br />

	<h2 class="post_comm">Dans le même genre, consultez les articles suivants</h2>
	<ul class="st-related-posts">
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/05/07/noritaka-le-roi-de-la-baston/" title="Noritaka le roi de la baston (7 mai 2009)">Noritaka le roi de la baston</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2010/02/24/hisashi-sakaguchi-une-retrospective/" title="Hisashi Sakaguchi &#8211; Une rétrospective (24 février 2010)">Hisashi Sakaguchi &#8211; Une rétrospective</a> (2)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/04/28/gunnm-gunnm-last-order/" title="Gunnm / Gunnm Last Order (28 avril 2009)">Gunnm / Gunnm Last Order</a> (3)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/10/21/weekly-manga-nihonshi/" title="Weekly Manga Nihonshi (21 octobre 2009)">Weekly Manga Nihonshi</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2008/06/17/tueur/" title="Tueur ! (17 juin 2008)">Tueur !</a> (2)</li>
</ul>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.kroniks.net/2010/07/06/sanctuary/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Thermae Romae</title>
		<link>http://www.kroniks.net/2010/06/22/thermae-romae/</link>
		<comments>http://www.kroniks.net/2010/06/22/thermae-romae/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 22 Jun 2010 01:08:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mangas]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<category><![CDATA[manga]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.kroniks.net/?p=2297</guid>
		<description><![CDATA[Une des choses les plus remarquables au Japon est ce rapport privilégié que les japonais entretiennent avec le bain et le soin du corps. Les onsen (bains thermaux) sont une véritable institution et si leurs usages peuvent déstabiliser les occidentaux peu habitués à la nudité collective, je peux vous dire qu’une fois qu’on a essayé, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2305" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/thermae.jpg"><img class="size-medium wp-image-2305" title="thermae" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/thermae-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Marie Yamazaki / Enterbrain 2009</p></div>
<p>Une des choses les plus remarquables au Japon est ce rapport privilégié que les japonais entretiennent avec le bain et le soin du corps. Les <em>onsen</em> (bains thermaux) sont une véritable institution et si leurs usages peuvent déstabiliser les occidentaux peu habitués à la nudité collective, je peux vous dire qu’une fois qu’on a essayé, on en ressort convaincu !</p>
<p><strong>A cheval sur deux mondes</strong></p>
<p><em>Thermae Romae</em>, puisque c’est le nom de ce manga, joue de manière intelligente sur ces différences, en prenant un angle audacieux et finalement assez peu utilisé.</p>
<p>Lucius est un architecte romain. Oui, romain, comme dans Empire romain, époque empereur Hadrien ! Il traverse une période difficile : son dernier projet vient d’être refusé, au titre que ses idées architecturales seraient trop « vieilles »… En chemin vers les thermes, pour se détendre, il fait alors le bilan de ce qu’est devenu l’Empire romain depuis sa fondation et se demande si les critiques sur son travail ne seraient pas justifiées…</p>
<p>Les thermes ne sont finalement pas le meilleur endroit pour ses réflexions : très fréquentées, elles sont non seulement un lieu de relaxation mais aussi d’exercice physique et de soin du corps, dans les différents gymnases qui les composent.</p>
<p>Pour s’isoler, Lucius se plonge alors dans l’eau. Perdu dans ses méditations, il remarque cependant un étrange orifice au fond du bassin, par lequel l’eau s’échappe. S’approchant, il se fait soudain aspirer ! Lucius va-t-il mourir ainsi ?</p>
<p>Non, car il aperçoit la surface ! Mais quand il émerge… force est de constater qu’il n’est plus à Rome !! Il n’est pas le seul surpris, d’ailleurs : imaginez la tête des japonais du quartier, venus se détendre dans ce bain public, et qui voient soudain un étranger surgir de l’eau ! Hé oui, Lucius a fait un voyage temporel de la Rome antique au Japon actuel…</p>
<p><strong>Humour et salle de bains</strong></p>
<p>La série de Marie Yamazaki joue sur ce décalage : Lucius et les japonais ne sont bien entendu pas capables de se comprendre linguistiquement. Et les avancées technologiques de notre époque laissent souvent le romain perplexe. Cela donne lieu à un certain nombre de quiproquos cocasses ou de situations déstabilisantes pour Lucius : la scène où il se demande, assis sur des toilettes automatiques japonaises, combien d’esclaves cette civilisation peut employer pour faire de la musique pendant qu’on « fait son affaire », est impayable !  Surtout quand il enclenche par mégarde la fonction « bidet »…</p>
<p>Cependant, ces « glissades temporelles » (oui, cela se reproduira, prouvant à Lucius qu’il n’a pas rêvé) vont être l’occasion pour l’architecte romain de découvrir de nouvelles pratiques liées au bain et aux soins du corps. Il va d’ailleurs s’inspirer de certaines pour son propre travail, comme par exemple la sorte de chapeau qui permet de ne pas se mettre du shampooing dans les yeux, ce qui ne va pas manquer de remonter jusqu’aux oreilles de l’empereur…</p>
<p>C’est l’occasion aussi pour Lucius de découvrir de nouvelles pratiques culinaires liées aux bains, comme l’œuf cuit dans la source thermale, accompagné de saké, ou le plaisir d’une bonne bière fraîche après un bon bain chaud.</p>
<div id="attachment_2304" class="wp-caption alignright" style="width: 227px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/terumae450.jpg"><img class="size-medium wp-image-2304 " title="terumae450" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/terumae450-217x300.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Marie Yamazaki - 2010 (obtention de son prix)</p></div>
<p><strong>Un maitre mot : le réalisme</strong></p>
<p>Une telle série pourrait être vécue comme une aimable plaisanterie par des lecteurs occidentaux. Après tout, c’est un peu comme si un français s’amusait à faire une série BD sur la fabrication des katana dans le Japon du Moyen Âge : on pourrait craindre les anachronismes et les contresens.</p>
<p>Marie Yamazaki aborde cependant cet ouvrage avec un sérieux avantage : elle a vécu et étudié en Italie et elle est mariée avec un italien. Elle habite maintenant au Portugal, où travaille son mari.</p>
<p>Elle a donc pris le parti du réalisme : les voyages temporels ne sont ici qu’un prétexte scénaristique, la série n’a rien d’une série de science-fiction ou de fantastique. On se place plutôt dans une étude de civilisation. D’ailleurs, à la fin de chaque chapitre, un court texte explique au public japonais les us et coutumes de la Rome antique, avec force photos de vestiges et références historiques.</p>
<p>De plus, le dessin de Marie Yamazaki est résolument réaliste, mais elle conserve tout de même le parti pris de la narration en bande dessinée : les romains jouissent ainsi d’un dessin très détaillé, presque de « statues grecques », alors que les traits des japonais sont plus schématiques. Cela renforce cette impression d’un étranger perdu dans un autre monde, sans tomber pour autant dans la caricature.</p>
<p>Le rythme de la narration est intéressant : chaque chapitre est une glissade temporelle de Lucius, mais ces chapitres gardent une cohérence narrative entre eux. Marie Yamazaki évite ainsi l’écueil d’une démonstration culturelle trop longue et donc lassante et parvient sans mal à garder l’attention et l’intérêt de ses lecteurs.</p>
<p>Bref, <em>Thermae Romae </em>est un peu une révélation pour moi, dans le domaine « manga sérieux mais pas barbant ». Il ne reste plus qu’à espérer une traduction française le plus rapidement possible, cette œuvre le mérite amplement, d’autant qu’il a remporté un prix prestigieux au Japon !</p>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/culture/" title="culture" rel="tag">culture</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/histoire/" title="histoire" rel="tag">histoire</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/humour/" title="humour" rel="tag">humour</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/manga/" title="manga" rel="tag">manga</a><br />

	<h2 class="post_comm">Dans le même genre, consultez les articles suivants</h2>
	<ul class="st-related-posts">
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/10/21/weekly-manga-nihonshi/" title="Weekly Manga Nihonshi (21 octobre 2009)">Weekly Manga Nihonshi</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/06/18/school-rumble/" title="School Rumble (18 juin 2009)">School Rumble</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/05/07/noritaka-le-roi-de-la-baston/" title="Noritaka le roi de la baston (7 mai 2009)">Noritaka le roi de la baston</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2010/01/20/family-compo/" title="Family Compo (20 janvier 2010)">Family Compo</a> (2)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/02/19/victor-lalouze/" title="Victor LALOUZE (19 février 2009)">Victor LALOUZE</a> (0)</li>
</ul>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.kroniks.net/2010/06/22/thermae-romae/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Bd et manga de S.F. se rencontrent à Kyôto !</title>
		<link>http://www.kroniks.net/2010/05/20/bd-et-manga-de-s-f-se-rencontrent-a-kyoto/</link>
		<comments>http://www.kroniks.net/2010/05/20/bd-et-manga-de-s-f-se-rencontrent-a-kyoto/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 20 May 2010 06:03:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Mangas]]></category>
		<category><![CDATA[bd]]></category>
		<category><![CDATA[Euromanga]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Frédéric Toutlemonde]]></category>
		<category><![CDATA[japon]]></category>
		<category><![CDATA[manga]]></category>
		<category><![CDATA[MORVAN]]></category>
		<category><![CDATA[musée]]></category>
		<category><![CDATA[science fiction]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.kroniks.net/?p=2217</guid>
		<description><![CDATA[Il y a de cela plus d’un an, je vous avais parlé du Musée International du Manga de Kyôto. C’est le moment de lui redonner un petit coup de projecteur, puisque très récemment s’y est déroulée une animation autour de la BD de SF française. Le Musée n’a d’ailleurs pas traité le sujet à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2223" class="wp-caption alignleft" style="width: 224px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mezieres.jpg"><img class="size-medium wp-image-2223" title="mezieres" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mezieres-214x300.jpg" alt="" width="214" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright J-C. Mézières / Musée International du Manga 2010</p></div>
<p>Il y a de cela plus d’un an, je vous avais parlé du <a href="http://www.kroniks.net/2008/11/12/le-musee-international-du-manga/">Musée International du Manga</a> de Kyôto. C’est le moment de lui redonner un petit coup de projecteur, puisque très récemment s’y est déroulée une animation autour de la BD de SF française.</p>
<p>Le Musée n’a d’ailleurs pas traité le sujet à la légère : deux expositions et plusieurs conférences ont permis d’aborder le thème en profondeur. Les invités étaient aussi au rendez-vous : J-C. Mézières &amp; P. Christin (Valérian), le scénariste J-D. Morvan (Sillage, le Petit monde, etc…) du côté français, Jirô Taniguchi (Icare avec Moebius, Seton, etc…) et Yoshikazu Yasuhiko (Gundam, Arion). Excusez du peu !! Pas de photos de l’intérieur du musée, vous devrez donc vous contenter de photos du mur de dédicaces situé dans le petit café attenant au musée. Comme vous le voyez, y a quand même de quoi se régaler les yeux !</p>
<p>Une des expositions était centrée sur l’univers de Valérian. Composée de reproductions de planches originales, ordonnées par année de publication, elle permet de suivre l’évolution graphique et thématique de la série. De nombreux exemplaires des aventures de Valérian et Laureline sont en libre accès. Il faut dire aussi que son univers jouit indirectement de la popularité du film Le Cinquième Elément (Luc Besson), puisque J-C. Méziers a effectué un très gros travail de recherche graphique pour le film. Cet aspect est aussi bien mis en valeur dans cette exposition.</p>
<div id="attachment_2227" class="wp-caption alignright" style="width: 250px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image111.jpg"><img class="size-medium wp-image-2227 " title="Image111" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image111-300x225.jpg" alt="" width="240" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Laureline, Valérian, Gundam, Ashita no Jô, une rencontre inédite !</p></div>
<p>La seconde met en parallèle les manga et les BD de SF, au travers d’une trentaine d’exemples, sur le principe de l’alternance : 1 manga, 1 BD. On y retrouve tous les grands classiques des deux catégories : Blame, Gunnm, Akira, Universal War One, Sillage, Le Complexe du Chimpanzé, etc… Là encore, de nombreux ouvrages sont à la disposition du public. Un choix éclectique mais très intéressant !</p>
<p>Soyons réalistes : la première des deux expositions intéressera surtout les visiteurs européens de passage, qui constitue une part non négligeable de la fréquentation du musée. La seconde sera plus familière aux visiteurs japonais, de par la présence des manga. Néanmoins, les deux expositions étant à proximité l’une de l’autre, les rencontres restent possibles et contribueront à familiariser la BD auprès du public japonais.</p>
<p>Côté conférences maintenant : je n’ai malheureusement pas pu assister à celle qui réunissait J-C. Mézières, P. Christin et J. Taniguchi. Je remercie donc Frédéric Toutlemonde, le rédac-chef d’<a href="http://www.kroniks.net/tag/euromanga/">Euromanga </a>qui était sur place et qui m’en a livré la substantifique moelle. Même si le public a été un peu moins nombreux que prévu, la rencontre a porté ses fruits : Christin &amp; Mézières ont parlé de leurs 40 ans de collaboration et ont offert au public nippon une approche quasi ethnologique de Valérian, insistant sur le fait qu’il n’y a pas de bons et de méchants à proprement parler, mais simplement des personnages dont les aspirations entrent parfois en conflit. La séance s’est clôturée sur un dessin de Laureline par Mézières et un autre de Taniguchi sur la série de SF qu’il dessine actuellement, où il a explicité le processus d’encrage et d’ombre aux évidentes inspirations BD.</p>
<p>Le lendemain, la salle était quasiment comble. Il est vrai que la venue de Yoshikazu Yasuhiko fait bouger les fans japonais, Gundam étant aussi ancré dans l’imaginaire nippon que peuvent l’être pour nous Tintin ou Astérix. La conférence était d’ailleurs retransmise en direct sur internet. Rencontre d’autant plus intéressante que Morvan et Yasuhiko appartiennent à des générations très différentes, Morvan étant de son propre aveu un véritable « enfant de la japanim », élevé au Goldorak grand teint. On sentait toute l’admiration de Morvan pour son homologue japonais.</p>
<div id="attachment_2229" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image113.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-2229" title="Image113" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image113-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Moebius, Monkey Punch... du beau monde on vous dit !!</p></div>
<p>Ce dernier ne se considère d’ailleurs pas comme un auteur S.F. à part entière, insistant sur le fait qu’il a créé d’autres séries, comme Jésus, Jeanne (toutes deux publiées chez Tonkam) ou Arion, mais qu’elles n’ont pas connu le même succès que Gundam. Il a insisté sur le caractère presque « anti-héros » de ses personnages, dans un monde où rien n’est ni tout blanc ni tout noir, faisant par là le pont avec l’univers de Valérian évoqué la veille. J.-D. Morvan est revenu quant à lui sur les différentes séries S.F. qu’il a initiées avec des auteurs japonais, comme par exemple le Petit Monde, avec Toru Terada (Dargaud).</p>
<p>Malheureusement, avec les impératifs de traduction français-japonais, la séance n’a pu se clôturer par la traditionnelle série de questions du public, mais Yasuhiko Yoshikazu nous a, à l’instar de Mézières la veille, gratifié d’une démonstration de sa technique de dessin et des codes manga qui la régissent, sur Gundam.</p>
<p>Une excellente initiative donc que celle du Musée International du Manga, pour une manifestation réussie. Espérons qu’elle soit un des jalons vers une meilleure connaissance de la BD européenne au Japon, et que des évènements de ce type se reproduiront bientôt !</p>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/bd/" title="bd" rel="tag">bd</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/euromanga/" title="Euromanga" rel="tag">Euromanga</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/exposition/" title="exposition" rel="tag">exposition</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/frederic-toutlemonde/" title="Frédéric Toutlemonde" rel="tag">Frédéric Toutlemonde</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/japon/" title="japon" rel="tag">japon</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/manga/" title="manga" rel="tag">manga</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/morvan/" title="MORVAN" rel="tag">MORVAN</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/musee/" title="musée" rel="tag">musée</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/science-fiction/" title="science fiction" rel="tag">science fiction</a><br />

	<h2 class="post_comm">Dans le même genre, consultez les articles suivants</h2>
	<ul class="st-related-posts">
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2010/05/30/interview-verite-euromanga/" title="Interview-vérité : Euromanga (30 mai 2010)">Interview-vérité : Euromanga</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2010/05/13/euromanga-4/" title="Euromanga 4 (13 mai 2010)">Euromanga 4</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2008/06/06/tdb/" title="T.D.B. (6 juin 2008)">T.D.B.</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/11/02/orbital-3/" title="Orbital 3 (2 novembre 2009)">Orbital 3</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2008/11/12/le-musee-international-du-manga/" title="Le Musée International du Manga (12 novembre 2008)">Le Musée International du Manga</a> (1)</li>
</ul>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.kroniks.net/2010/05/20/bd-et-manga-de-s-f-se-rencontrent-a-kyoto/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Euromanga 4</title>
		<link>http://www.kroniks.net/2010/05/13/euromanga-4/</link>
		<comments>http://www.kroniks.net/2010/05/13/euromanga-4/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 13 May 2010 05:22:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Featured]]></category>
		<category><![CDATA[Euromanga]]></category>
		<category><![CDATA[japon]]></category>
		<category><![CDATA[manga]]></category>
		<category><![CDATA[Zep]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.kroniks.net/?p=2181</guid>
		<description><![CDATA[Déjà un an et demi qu’Euromanga a commencé son aventure. Le tome 4 vient en effet tout juste de sortir ! A cette occasion, Kroniks a pu réaliser une nouvelle interview de son rédacteur en chef, Frédéric Toutlemonde, que vous retrouverez très bientôt dans nos colonnes. Au sommaire de ce nouveau numéro, la suite des séries [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2184" class="wp-caption alignleft" style="width: 218px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/euromanga-44.jpg"><img class="size-medium wp-image-2184" title="glitter_cosmeE1,2.AI" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/euromanga-44-208x300.jpg" alt="" width="208" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Euromanga 2010</p></div>
<p>Déjà un an et demi qu’Euromanga a commencé son aventure. Le tome 4 vient en effet tout juste de sortir ! A cette occasion, Kroniks a pu réaliser une nouvelle interview de son rédacteur en chef, Frédéric Toutlemonde, que vous retrouverez très bientôt dans nos colonnes.</p>
<p>Au sommaire de ce nouveau numéro, la suite des séries des tomes précédents : Rapaces, le Bibendum Céleste, Sky Doll et le Vol du Corbeau. A cela, ajoutez une brève de Blacksad (« Comme chien et chat), une autre de Jodorowski/Moebius dans le cycle de l&#8217;Incal (« L’origine de Solune »). Puis inaugurez deux nouvelles séries, tout à fait friponnes et « french sex » : <a href="http://www.kroniks.net/2009/10/27/happy-sex/">Happy sex</a> (Zep) et Péchés mignons (Arthur de Pins). Quand même, Zep !!  La performance n&#8217;est pas mince, étant donné la popularité du monsieur en Europe. Bref, un joli coup pour Euromanga, et une vraie chance pour le public japonais de découvrir cet auteur culte. Et puis, Péchés mignons, eh bien c&#8217;est le genre de friandise que l&#8217;on déguste sous le manteau, en se disant rhooo, c&#8217;est pas bien quand même, mais qu&#8217;est-ce que c&#8217;est bon ! Aucune raison de se priver, donc</p>
<p>Secouez le tout, avec quelques articles (la rencontre au Musée international du Manga sur le thème de la SF dans la BD française – une interview de Hirohiko Araki, le créateur de JoJo’s Bizarre Adventures) , et vous obtenez un volume bien rempli (144 pages toutes en couleur) ! Rendez-vous cet hiver pour le tome 5 !</p>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/euromanga/" title="Euromanga" rel="tag">Euromanga</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/japon/" title="japon" rel="tag">japon</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/manga/" title="manga" rel="tag">manga</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/zep/" title="Zep" rel="tag">Zep</a><br />

	<h2 class="post_comm">Dans le même genre, consultez les articles suivants</h2>
	<ul class="st-related-posts">
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2010/05/20/bd-et-manga-de-s-f-se-rencontrent-a-kyoto/" title="Bd et manga de S.F. se rencontrent à Kyôto ! (20 mai 2010)">Bd et manga de S.F. se rencontrent à Kyôto !</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/02/11/iwgp-ikebukuro-west-gate-park/" title="IWGP &#8211; Ikebukuro West Gate Park (11 février 2009)">IWGP &#8211; Ikebukuro West Gate Park</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2010/05/30/interview-verite-euromanga/" title="Interview-vérité : Euromanga (30 mai 2010)">Interview-vérité : Euromanga</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2008/10/18/euromanga-1/" title="Euromanga 1 (18 octobre 2008)">Euromanga 1</a> (1)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/10/21/weekly-manga-nihonshi/" title="Weekly Manga Nihonshi (21 octobre 2009)">Weekly Manga Nihonshi</a> (0)</li>
</ul>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.kroniks.net/2010/05/13/euromanga-4/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Hisashi Sakaguchi &#8211; Une rétrospective</title>
		<link>http://www.kroniks.net/2010/02/24/hisashi-sakaguchi-une-retrospective/</link>
		<comments>http://www.kroniks.net/2010/02/24/hisashi-sakaguchi-une-retrospective/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Feb 2010 08:41:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mangas]]></category>
		<category><![CDATA[action]]></category>
		<category><![CDATA[conte]]></category>
		<category><![CDATA[hisashi sakaguchi]]></category>
		<category><![CDATA[manga]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.kroniks.net/?p=2107</guid>
		<description><![CDATA[Hisashi Sakaguchi n&#8217;est pas un nom très connu parmi le « public manga » en France, à part sans doute par les spécialistes. C&#8217;est bien dommage et je me suis dit qu&#8217;une petite rétrospective de son œuvre publiée en France ne serait pas inappropriée. D&#8217;autant que, décédé trop tôt, ses manga n&#8217;ont sans doute pas connu le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hisashi Sakaguchi n&#8217;est pas un nom très connu parmi le « public manga » en France, à part sans doute par les spécialistes. C&#8217;est bien dommage et je me suis dit qu&#8217;une petite rétrospective de son œuvre publiée en France ne serait pas inappropriée. D&#8217;autant que, décédé trop tôt, ses manga n&#8217;ont sans doute pas connu le succès qu&#8217;ils auraient mérité.</p>
<p>Né au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, le 5 mai 1946 pour être précis, dans le département de Saitama (au Nord de Tôkyô), sa famille déménage peu de temps après dans la capitale. Alors qu&#8217;il est toujours lycéen, il entre à 17 ans dans le prestigieux Mushi Production, hé oui, le studio de Tezuka Osamu, celui-là même où il fonda les standards de l&#8217;animation télévisuelle japonaise, notamment par le biais de <em>Tetsuwan Atomu</em> (Astro le petit robot) ! Avouez qu&#8217;il y a pire à mettre sur son C.V&#8230;. Évidemment, il y débute par le bas de l&#8217;échelle, mais cela lui permet de faire ses armes sur des séries telles que Astro le petit robot, <em>Jungle Taitei</em> (Le Roi Léo) ou <em>Ribon no Kishi</em> (Princesse Saphir).</p>
<p>Il restera 5 ans dans le studio, le temps d&#8217;acquérir un solide bagage technique et narratif. Par la suite, il reprend sa liberté et devient free-lance en 1968, réalisant des films animés publicitaires, travaillant également pour de grands studios tels que la Tatsunoko prod., Nippon Sunrise ou la Toei durant les années 70-80. Parallèlement, il fait ses débuts de mangaka en 1969 avec <em>Osarabashirô!</em> (non traduit).</p>
<p>Pour son activité de mangaka, il prend la décision de réaliser ses œuvres intégralement, sans l&#8217;aide d&#8217;assistants comme cela est pourtant généralement la norme, à part sur son manga <em>Wolfguy</em> (1979). De fait, ses manga sont généralement des œuvres assez courtes, en peu de tomes.</p>
<p>Décédé prématurément en 1995, Hisashi Sakaguchi n&#8217;a pas connu un destin très enviable dans la publication de ses œuvres en France. Tout d&#8217;abord, seules trois de ses manga nous sont parvenus. Étant donné qu&#8217;il s&#8217;agit de ceux ayant rencontré le plus de succès, on ne peut en blâmer les éditeurs français. Cependant, on ne peut pas forcément toujours en dire autant de leur traitement de cette œuvre. Petite revue de détail.</p>
<p><strong>Fleur de Pierre : un autre angle sur la guerre</strong></p>
<p><em> </em></p>
<div id="attachment_2111" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><em><em><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur1.jpg"><img class="size-medium wp-image-2111" title="fleur1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur1-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></em></em><p class="wp-caption-text">copyright H. Sakaguchi / Vents d&#39;Ouest - 1997</p></div>
<p><em>Ishi no Hana</em> est la première série qui va faire connaître réellement Hisashi Sakaguchi au Japon. Il en publie 6 volumes entre 1984 et 1986. Le thème est plutôt original : la Seconde Guerre Mondiale, certes, mais dans les Balkans, en Yougoslavie pour être plus précis. Voilà un sujet bien étrange à traiter pour un japonais, mais après tout pourquoi pas ? D&#8217;autant que si la Seconde Guerre Mondiale est un support de choix pour la BD en générale, rares sont les auteurs à avoir porté leur regard sur cette partie de l&#8217;Europe&#8230;</p>
<p>L&#8217;action prend place dans la partie slovène de la Yougoslavie, non loin de la frontière italienne, en 1939. Un nouveau professeur, M. Funbelbaldinc, arrive dans un petit village pour prendre la suite de l&#8217;institutrice partie en retraite. Sur le chemin, il rencontre Krilo, un gamin un peu rebelle mais débrouillard, sans grand appétit pour les études. Parmi les gens du village, la rumeur des agissements d&#8217;Hitler gronde ; les avis sont partagés et on peut déjà sentir des dissensions entre Slovènes, Croates, Bosniaques et Serbes&#8230;</p>
<p>Cependant, ces bruits de bottes sont bien lointains et n&#8217;affectent pas vraiment la vie du village, à part lors des soirées à l&#8217;auberge, où les esprits s&#8217;échauffent parfois sous l&#8217;effet de l&#8217;alcool. La vie suit son cours et pour les enfants M. Funbelbaldinc se révèle un professeur bien particulier, toujours un peu tête en l&#8217;air et qui porte sur le monde un regard étrange&#8230;</p>
<p>Ce dernier décide d&#8217;emmener les enfants de la classe en excursion dans des grottes non loin de la frontière italienne, pour y montrer ces magnifiques « fleurs de pierre » que les concrétions rocheuses naturelles forment. Au sortir de la visite, Fi, l&#8217;une des filles de la classe et amie de Krilo, ne se sent pas bien ; M. Funbelbaldinc décide de rester un peu avec elle, laissant les enfants de la classe rentrer au village dans le camion d&#8217;un des habitants.</p>
<p>C&#8217;est là que tout bascule : sur le chemin du retour, un bruit inhabituel ; deux avions allemands à basse altitude font un premier passage au-dessus du camion puis ouvrent le feu ! Lorsque Krilo se remet du choc, c&#8217;est pour constater que le camion est en feu et que ses camarades sont tous morts&#8230; Il a juste le temps de se mettre à l&#8217;abri avant que les avions ne reviennent l&#8217;achever ! Il se rue vers le village, mais c&#8217;est pour le découvrir en proie aux flammes, et les troupes allemandes en train de perpétrer un massacre aveugle. Il n&#8217;a d&#8217;autre choix alors que de se réfugier dans la montagne, où il va tomber sur un groupe de maquisards résistants.</p>
<p>Pour Fi, la situation n&#8217;est pas meilleure : capturée, elle est envoyée dans un camp de travail au centre du pays, qui ressemble à s&#8217;y méprendre aux camps de concentration que les nazis ont dressé plus au nord de l&#8217;Europe. Elle manque y mourir, mais le commandant du camp, frappé par sa ressemblance avec sa petite sœur disparue, l&#8217;en extrait et la fait soigner. Malheureusement, les mauvais traitements ont privé Fi de la vue et nul ne sait si elle la recouvrera un jour&#8230;</p>
<div id="attachment_2112" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur2.jpg"><img class="size-medium wp-image-2112" title="fleur2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur2-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright H. Sakaguchi / Vents d&#39;Ouest - 1997</p></div>
<p>Fleur de Pierre offre un traitement réaliste de la guerre : combats, massacres, exactions, mais aussi espoirs, collaboration, marché noir, résistance&#8230; Hisashi Sakaguchi ne se voile pas la face quant à la nature de la guerre et ne souhaite pas non plus en préserver le lecteur. Il en profite d&#8217;ailleurs pour faire passer ses propres réflexions sur l&#8217;Homme, la vie, la mort&#8230; permettant à Fleur de Pierre de dépasser le simple cadre de « BD sur la guerre » pour acquérir un statut plus universel. Il y parvient très bien d&#8217;ailleurs, trouvant le juste équilibre entre action et réflexion. Son trait sert son propos admirablement, même si parfois le lecteur attentif et connaisseur pourra y déceler des vestiges de son « éducation » au sein de Mushi Prod.</p>
<p>Malheureusement, il y a un gros « mais » à Fleur de Pierre : Vents d&#8217;Ouest, qui en avait publié les trois premiers tomes en 1997, s&#8217;est arrêté là, alors que la série compte 6 tomes au Japon&#8230; Bref, dans sa version française, vous n&#8217;en connaîtrez jamais la fin ! Le format de publication n&#8217;a peut-être pas aidé : sur le modèle des volumes d&#8217;Akira publiés par Glénat à la même époque, le public français n&#8217;était peut-être pas prêt. En 1997, le manga est encore largement perçu comme un divertissement de « gamins », or Fleur de Pierre est une œuvre plutôt « adulte ».</p>
<p>Cependant, que cela ne vous rebute pas ! Fleur de Pierre, même incomplet, vaut largement la lecture ! Il reste à espérer qu&#8217;une bonne âme voudra bien un jour en reprendre la publication, pour qu&#8217;enfin on sache la fin des aventures de Krilo et de Fi&#8230;</p>
<p><strong>Version : biotech et avenir de l&#8217;humanité</strong></p>
<p>Voilà un manga prometteur : Mitsuru Happo est un détective privé un peu minable. Il ne croule pas sous les affaires et donc ne roule pas sur l&#8217;or. Alors, bien sûr, quand une charmante jeune femme vient l&#8217;embaucher pour retrouver son père, vous pensez bien qu&#8217;il ne va pas refuser !</p>
<div id="attachment_2110" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/version.jpg"><img class="size-medium wp-image-2110" title="version" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/version-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Hisashi Sakaguchi / Glénat - 1996</p></div>
<p>Seulement, l&#8217;affaire se révèle rapidement plus complexe qu&#8217;elle n&#8217;en a l&#8217;air. C&#8217;est que le père de la demoiselle est un scientifique de renom et qu&#8217;il travaillait sur un projet bien mystérieux. Il y a quelques années, il était ainsi parti de son laboratoire avec le résultat d&#8217;une expérience top secrète, rien de moins qu&#8217;une nouvelle forme de vie !</p>
<p>La dernière position connue du professeur étant l&#8217;Australie, c&#8217;est là qu&#8217;Happo et la demoiselle se rendent. Mais ils ne tarderont pas à découvrir que le projet a évolué tout seul bien au-delà des prévisions des scientifiques et surtout qu&#8217;ils ne sont pas les seuls à vouloir mettre la main sur le projet et sur le professeur&#8230;</p>
<p>Version part donc comme un thriller écolo-scientifique, avec réflexion sur la place de l&#8217;Homme dans l&#8217;Univers, sa relation à la Nature, etc&#8230; Malheureusement, Version a lui aussi souffert des aléas de la publication des manga en France. Cette fois, c&#8217;est Glénat qui n&#8217;en a publié qu&#8217;un seul volume sur les trois qui sont sortis au Japon ! C&#8217;est très regrettable, car l&#8217;histoire s&#8217;annonçait passionnante&#8230; Au moins, à la différence de Fleur de Pierre, vous pouvez toujours en chercher les éditions anglaise ou allemande&#8230; Un beau gâchis, quoi.</p>
<p><strong>Ikkyu : sur les traces de Bouddha</strong></p>
<p>Consolons-nous : Ikkyu, l&#8217;œuvre la plus connue de Hisashi Sakaguchi, a elle été éditée intégralement en France, par Glénat puis Vents d&#8217;Ouest.</p>
<p>Cette fois, c&#8217;est à une biographique que s&#8217;attelle l&#8217;auteur : Ikkyu est en effet un personnage historique du XVe siècle japonais. Fils illégitime de l&#8217;empereur Gokomatsu, il est éloigné de la Cour pour des raisons évidentes et rapidement confié par sa mère à monastère bouddhiste zen, où il va donc faire l&#8217;apprentissage du métier de bonze.</p>
<div id="attachment_2114" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ikkyu1.jpg"><img class="size-medium wp-image-2114" title="ikkyu1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ikkyu1-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright H. Sakaguchi / Glénat - 1996</p></div>
<p>Cependant, Ikkyu va rapidement développer un esprit très critique face à certaines pratiques. Il s&#8217;éloignera de son monastère d&#8217;origine pour partir en quête de sa propre vérité. Il est une figure complexe du bouddhisme japonais : philosophe, artiste, il fut aussi un jouisseur invétéré des bonnes choses de la vie, les femmes y compris.</p>
<p>Son iconoclasme fera qu&#8217;il sera adulé par certains, rejeté par d&#8217;autres ; il remplira temporairement d&#8217;importantes charges dans des monastères prestigieux, mais s&#8217;en éloignera toujours pour retrouver la solitude, la méditation et les filles de joie !</p>
<p>Le manga d&#8217;Hisashi Sakaguchi rend bien tout cela et parvient à retranscrire la complexité du cheminement intellectuel d&#8217;Ikkyu sans jamais tomber dans l&#8217;incompréhensible pour son lecteur très certainement peu habitué aux subtiles différences entre écoles de pensée bouddhique. La vie, la mort, le sexe, l&#8217;amour, l&#8217;amitié et le ressentiment, toutes ces émotions passent presque à l&#8217;état brut des planches de Sakaguchi.</p>
<p>On ne peut s&#8217;empêcher de rapprocher Ikkyu du Bouddha de Tezuka, d&#8217;autant plus quand on sait que Sakaguchi a travaillé sous les ordres du maître. Pour moi, Ikkyu dépasse Bouddha, en cela que la narration est plus resserrée ; Sakaguchi se consacre à un seul personnage, là où Tezuka devait nécessairement envisager les autres acteurs de l&#8217;histoire de Bouddha. De fait, il n&#8217;y a aucun temps mort dans Ikkyu, un comble pour un manga qui traite principalement de religion et de philosophie ! Ikkyu est aussi sans doute l&#8217;œuvre la plus personnelle de Hisashi Sakaguchi, puisqu&#8217;il est décédé quelques semaines avant que le dernier tome ne soit publié&#8230;</p>
<p>De fait, Ikkyu est une lecture chaudement conseillée, une de ces perles qui démontrent avec brio que le manga n&#8217;est pas plus pour adolescents décérébrés que ne le sont les comics ou la BD. Au-delà, c&#8217;est toute l&#8217;œuvre d&#8217;Hisashi Sakaguchi publiée en français qui mérite d&#8217;être lue et relue, en espérant qu&#8217;un jour les éditeurs combleront les regrettables manques qu&#8217;ils ont provoqué&#8230;</p>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/action/" title="action" rel="tag">action</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/conte/" title="conte" rel="tag">conte</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/hisashi-sakaguchi/" title="hisashi sakaguchi" rel="tag">hisashi sakaguchi</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/manga/" title="manga" rel="tag">manga</a><br />

	<h2 class="post_comm">Dans le même genre, consultez les articles suivants</h2>
	<ul class="st-related-posts">
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2010/07/06/sanctuary/" title="Sanctuary (6 juillet 2010)">Sanctuary</a> (1)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/05/07/noritaka-le-roi-de-la-baston/" title="Noritaka le roi de la baston (7 mai 2009)">Noritaka le roi de la baston</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/04/28/gunnm-gunnm-last-order/" title="Gunnm / Gunnm Last Order (28 avril 2009)">Gunnm / Gunnm Last Order</a> (3)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/10/21/weekly-manga-nihonshi/" title="Weekly Manga Nihonshi (21 octobre 2009)">Weekly Manga Nihonshi</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2008/06/17/tueur/" title="Tueur ! (17 juin 2008)">Tueur !</a> (2)</li>
</ul>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.kroniks.net/2010/02/24/hisashi-sakaguchi-une-retrospective/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Family Compo</title>
		<link>http://www.kroniks.net/2010/01/20/family-compo/</link>
		<comments>http://www.kroniks.net/2010/01/20/family-compo/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 20 Jan 2010 01:48:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mangas]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<category><![CDATA[manga]]></category>
		<category><![CDATA[social]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.kroniks.net/?p=1971</guid>
		<description><![CDATA[Masahiko n&#8217;a pas eu une vie très facile jusque là : il a d&#8217;abord perdu sa mère très jeune et ne voyait pas souvent son père, trop occupé à travailler. Puis, ce dernier s&#8217;est à son tour éteint, laissant Masahiko orphelin. Masahiko a donc grandi seul, sans connaître les joies d&#8217;un anniversaire en famille, par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1974" class="wp-caption alignleft" style="width: 220px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo1.jpg"><img class="size-medium wp-image-1974" title="familycompo1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo1-210x300.jpg" alt="" width="210" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Tsukasa Hôjô / Tonkam 1999</p></div>
<p>Masahiko n&#8217;a pas eu une vie très facile jusque là : il a d&#8217;abord perdu sa mère très jeune et ne voyait pas souvent son père, trop occupé à travailler. Puis, ce dernier s&#8217;est à son tour éteint, laissant Masahiko orphelin. Masahiko a donc grandi seul, sans connaître les joies d&#8217;un anniversaire en famille, par exemple.</p>
<p>Ce printemps, cependant, les choses changent ! Tout d&#8217;abord, Masahiko va entrer à l&#8217;université. Mais beaucoup plus réjouissant, il vient d&#8217;être invité à vivre chez sa tante Yuriko Wakanae, la sœur de sa mère ! La perspective de vivre une vie de famille « normale » l&#8217;enchante au plus haut point ; et cela est encore renforcé par le fait qu&#8217;il est accueilli à bras ouvert par Sora, le mari de celle-ci. Sora est en fait un mangaka très connu et une partie de la maison est son atelier, où il travaille avec ses assistantes. Ils ont une fille, Shion, un peu plus jeune que Masahiko.</p>
<p>L&#8217;arrivée de Masahiko au sein de la famille Wakanae est l&#8217;occasion d&#8217;un grand repas en commun et la bière coule à foison. Shion arrive à en boire un peu et, sous l&#8217;emprise de l&#8217;alcool, fait d&#8217;étranges déclarations ; Masahiko n&#8217;y prête guère d&#8217;attention, il faut bien l&#8217;avouer. C&#8217;est alors que le « drame » survient : Sora et ses assistantes, bien imbibés, décident d&#8217;enlever leurs vêtements&#8230; et Masahiko de constater que Sora est une femme et que les assistantes sont des hommes ! Ayant lui aussi bien bu, il met tout cela sur le compte de l&#8217;ivresse, jusqu&#8217;au moment où il pénètre dans la salle de bain alors que sa tante prend une douche&#8230; et s&#8217;aperçoit que Yuriko a tous les attributs d&#8217;un homme !</p>
<p>Bienvenue chez les Wakanae, une famille où la femme est un homme et où l&#8217;homme est une femme ! Si la première réaction de Masahiko est de s&#8217;enfuir, il va rapidement s&#8217;apercevoir que malgré leur étrangeté, les Wakanae forment une vraie famille, solide et soudée. Et Shion dans tout cela ? Est-ce un garçon ou une fille, en définitive ? Mystère !</p>
<p>Tsukasa Hôjô a conquis ses galons de mangaka star avec des best-sellers comme Cat&#8217;s Eyes et surtout City Hunter. Ces deux séries connurent de multiples diffusions dans leur version animée en France, même si cette dernière a été largement expurgée. Le manga de City Hunter est en effet très « porté sur la chose »&#8230;</p>
<p>Après ces gros projets qui ont lancé sa carrière, Tsukasa Hôjô s&#8217;est tourné vers des envies sans doute un peu plus personnelles. Family Compo, bien qu&#8217;il s&#8217;étende sur 14 tomes, fait sans doute partie de celles-ci. Le ton de l&#8217;auteur est en effet sensiblement différent, bien qu&#8217;il garde son humour si caractéristique.</p>
<div id="attachment_1975" class="wp-caption alignright" style="width: 223px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo4.jpg"><img class="size-medium wp-image-1975" title="familycompo4" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo4-213x300.jpg" alt="" width="213" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Tsukasa Hôjô / Tonkam 2000</p></div>
<p>Tsukasa Hôjô s&#8217;attache à une question rarement abordée dans le monde de la BD : le travestissement. Il est vrai que c&#8217;est un sujet un peu « difficile » à traiter, dans le sens où on peut très rapidement dériver vers des propos intolérants ou se complaire dans la description de « folles » aussi cocasses que ridicules. Fort heureusement, rien de tout cela dans Family Compo. Au contraire, c&#8217;est un vrai manifeste pour le respect de la différence.</p>
<p>En effet, le lecteur est invité à s&#8217;identifier à Masahiko, d&#8217;où l&#8217;introduction qui nous narre le passé douloureux du jeune homme ; et puisque ce dernier, malgré ces évènements tragiques, a su garder optimisme et dynamisme, on ne peut que s&#8217;intéresser à lui. La question de la réaction quant à la vraie nature de la famille Wakanae se pose alors autant à lui qu&#8217;à nous.</p>
<p>D&#8217;autant que Shion, bien plus délurée et « adulte » que Masahiko, ne va avoir de cesse de le questionner quant à son rapport au travestissement. L&#8217;ambiguïté vient aussi du fait que Shion est un prénom double en japonais, comme Claude en français. Du coup, l&#8217;incertitude est totale et cela pique la curiosité de Masahiko.</p>
<p>Si Family Compo s&#8217;en tenait là, on aurait une comédie de mœurs familiale gentille mais finalement un peu vaine. Mais Tsukasa Hôjô étend son propos à la société toute entière. Masahiko affirme son refus du travestissement, cependant un certain nombre de quiproquos vont l&#8217;amener à endosser les habits d&#8217;une femme. Il découvrira, quasiment à son corps défendant, que la sensation n&#8217;est pas si désagréable que ça&#8230; Cela va soulever en contrepartie un certain nombre d&#8217;autres questions : quelle va être la réaction de la petite amie de Masahiko si elle le découvre ainsi travesti ? Et cela indique-t-il en lui des penchants féminins exacerbés ? Masahiko va aussi découvrir que les relations de Sora avec son père sont tendues à cause de son travestissement et que s&#8217;il n&#8217;avait jamais entendu parler de sa tante Yuriko avant de la rencontrer, c&#8217;est parce que la famille de sa mère avait décider de considérer ce garçon travesti comme un étranger à la famille.</p>
<p>Le thème du travestissement est ainsi exploré de manière quasi exhaustive par Tsukasa Hôjô, ainsi que les thèmes connexes de l&#8217;homosexualité et de la part de féminité inhérents à chaque être humain. Le travestissement peut être vu comme un mode de vie (la famille Wakanae et les assistants de Sora), comme l&#8217;expression d&#8217;une part de soi réprimée par la société (les employés du bar de travestis) ou même comme le facteur déclencheur de révélations sur la sexualité (le boss yakuza, après avoir découvert que l&#8217;hôtesse qu&#8217;il aime est Masahiko, s&#8217;apercevra que ses sentiments ne changent pas malgré cette révélation). Tsukasa Hôjô va plus loin et évoque même ouvertement la possibilité de faire le « grand saut », puisqu&#8217;on rencontre un ancien assistant de Sora qui revient des USA où il s&#8217;est fait opérer pour devenir une femme à part entière.</p>
<div id="attachment_1976" class="wp-caption alignleft" style="width: 223px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo9.jpg"><img class="size-medium wp-image-1976" title="familycompo9" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo9-213x299.jpg" alt="" width="213" height="299" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Tsukasa Hôjô / Tonkam 2001</p></div>
<p>Ce fond est soutenu par une forme en totale adéquation. Le style graphique de Tsukasa Hôjô a atteint sa maturité et les planches sont magnifiques, bien plus abouties que Cat&#8217;s Eyes ou City Hunter. Les personnages sont bien caractérisés sur le plan tant physique que psychologique et ont de multiples facettes.</p>
<p>Surtout, Tsukasa Hôjô sait trouver un équilibre délicat entre humour et drame, un équilibre qui reflète parfaitement la vraie vie, faite de joies et de peines. Il sait préserver l&#8217;humour qui caractérisait ses précédentes séries, mais son humour s&#8217;est un peu assagi en étant moins « gratuit » ; du coup, il fait plus souvent mouche, surtout auprès d&#8217;un public plus adulte. Les quatorze volumes de l&#8217;histoire se lisent alors d&#8217;une traite car Hôjô mène son scénario sans temps morts tout en sachant préserver le rythme particulier aux histoires sociales et personnelles.</p>
<p>Vous l&#8217;aurez donc compris, Family Compo est une grande réussite, peut-être le vrai chef-d&#8217;oeuvre de Tsukasa Hôjô, même si ses autres séries valent largement le détour. Hôjô montre ici qu&#8217;il sait prendre à bras le corps des thématiques plus sociales et délaisser pour un temps l&#8217;action pure. Même si son thème le réserve à un public un peu mature, Family Compo est une lecture recommandée, surtout si elle peut mettre à bas certains préjugés ! Il ne reste plus qu&#8217;à espérer une réédition rapide de cette œuvre majeure du manga.</p>
<p>Il est d&#8217;ailleurs intéressant de mettre ce manga en relation avec les évolutions récentes de la société japonaise. Très longtemps purement patriarcale, avec une domination sans partage des hommes, elle se modifie petit à petit. Les femmes accèdent de plus en plus souvent à des postes à haute responsabilité. Le regard sur l&#8217;homosexualité et le travestissement change aussi, dans une certaine mesure. A ce titre, on peut noter que Family Compo, publié au Japon entre 1996 et 2000, a précédé un mouvement où les travestis et les homosexuels ont commencé a avoir une place de plus en plus grande à la télévision. Des personnalités homosexuelles comme les jumeaux Pico et Osugi (respectivement critiques de mode et de cinéma) puis homosexuelles et/ou travesties comme Ikko-san, Kaba-chan, Haruna Ai et bien d&#8217;autres sont depuis 5-6 ans les invités réguliers de bon nombre de shows télévisés. Certes, ils y sont invités parce qu&#8217;ils sont intéressants, ont une personnalité plus exubérante que la majorité des japonais, mais leur présence à la télé a permis de faire évoluer les mentalités. Cependant, il ne faut pas croire que tout est devenu rose pour autant : l&#8217;homosexualité féminine ne s&#8217;affiche pas, elle, elle est toujours vécue comme un tabou à la télévision. Mais il faut bien commencer quelque part pour faire évoluer les mentalités&#8230;</p>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/humour/" title="humour" rel="tag">humour</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/manga/" title="manga" rel="tag">manga</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/social/" title="social" rel="tag">social</a><br />

	<h2 class="post_comm">Dans le même genre, consultez les articles suivants</h2>
	<ul class="st-related-posts">
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2010/06/22/thermae-romae/" title="Thermae Romae (22 juin 2010)">Thermae Romae</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/06/18/school-rumble/" title="School Rumble (18 juin 2009)">School Rumble</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/05/07/noritaka-le-roi-de-la-baston/" title="Noritaka le roi de la baston (7 mai 2009)">Noritaka le roi de la baston</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2008/10/06/les-indegivrables/" title="Les indégivrables (6 octobre 2008)">Les indégivrables</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/12/02/la-semaine-des-7-noel/" title="La semaine des 7 Noël (2 décembre 2009)">La semaine des 7 Noël</a> (3)</li>
</ul>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.kroniks.net/2010/01/20/family-compo/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Ayako</title>
		<link>http://www.kroniks.net/2009/12/14/ayako/</link>
		<comments>http://www.kroniks.net/2009/12/14/ayako/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 14 Dec 2009 09:45:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mangas]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[manga]]></category>
		<category><![CDATA[Osamu Tezuka]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[thriller]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.kroniks.net/?p=1878</guid>
		<description><![CDATA[On ne présente plus Osamu Tezuka, le « Dieu du manga ». Ses œuvres les plus célèbres, comme Astro, le Roi Léo ou encore Blackjack, font maintenant partie de l&#8217;imaginaire collectif un peu partout dans le monde. Auteur extrêmement prolifique, seule une petite partie de ses manga a été éditée en France jusqu&#8217;à présent. Bien sûr, on [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1880" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1880" title="ayako" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ayako-300x300.jpg" alt="Copyright O. Tezuka / Delcourt 2003" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">Copyright O. Tezuka / Delcourt 2003</p></div>
<p>On ne présente plus Osamu Tezuka, le « Dieu du manga ». Ses œuvres les plus célèbres, comme <em>Astro</em>, le <em>Roi Léo</em> ou encore <em>Blackjack</em>, font maintenant partie de l&#8217;imaginaire collectif un peu partout dans le monde. Auteur extrêmement prolifique, seule une petite partie de ses manga a été éditée en France jusqu&#8217;à présent.</p>
<p>Bien sûr, on ne peut passer à côté de la notoriété d&#8217;<em>Astro</em>, de <em>Blackjack</em> ou même de <em>Bouddha</em>. Ces œuvres magistrales méritent entièrement leur notoriété. Cependant, on pourrait dire qu&#8217;elles représentent la facette « mainstream » de l&#8217;auteur.</p>
<p>Car à côté de cela, Osamu Tezuka a écrit et publié de nombreux récits moins ambitieux dans le nombre de tomes mais s&#8217;adressant à un public plus mature, notamment dans sa période tardive. Ces manga ne sont pas moins intéressants, bien au contraire ils révèlent la facette « sérieuse », presque « auteurisante » de Tezuka, qui croyait fermement que l&#8217;âge ou la condition sociale n&#8217;étaient pas un frein à la lecture des manga et que tout pouvait s&#8217;exprimer par ce média.</p>
<p><em>Ayako</em> fait partie de ces œuvres. Trois petits tomes et l&#8217;histoire est finie. Mais voilà : en trois tomes, Tezuka déploie tout son talent de narrateur et parvient à camper sans difficulté des personnages complexes, ambigus et multidimensionnels.</p>
<p><strong>Les vicissitudes d&#8217;une vieille famille</strong></p>
<p>La famille Tenge est une vieille dynastie de propriétaires terriens, régnant en maître sur ses champs et sur les paysans qui les exploitent pour son compte. La fin de la guerre n&#8217;a cependant rien arrangé : les Tenge sont en quelque sorte « victimes » de la réforme agraire ; si cela a sérieusement entamé leurs ressources, leur prestige est lui toujours intact.</p>
<p>Sur cette famille règne le père, Sakuemon, marié à la très effacée Iba. Ils ont 5 enfants : Ichirô l&#8217;aîné, destiné à prendre la suite de son père, puis Jirô, Naoko, Shiro et enfin Ayako. A cela il faut ajouter Oryo, la servante simple d&#8217;esprit, proche d&#8217;Ayako.</p>
<p>En apparence tout va bien, mais sous le vernis, la pourriture est bien installée. <strong>Sakuemon</strong> est un tyran domestique, arrogant, manipulateur, au service de ses propres désirs. La preuve en est qu&#8217;il a promis à <strong>Ichirô</strong> son héritage à la condition que ce dernier prendrait pour femme celle que son père désignerait. La pauvre Sué est ainsi mariée à Ichirô mais est contrainte de laisser Sakuemon profiter de son corps ; Ichirô ferme les yeux, ce qui l&#8217;intéresse c&#8217;est de prendre la place de son père.</p>
<p><strong>Jirô</strong> a lui fait le choix, après la guerre durant laquelle il a perdu un oeil, d&#8217;entrer au service des américains qui dirigent maintenant le pays. De fait, sa famille (et leurs dépendants) le considère plus ou moins comme un traître et il a perdu toutes ses chances à l&#8217;héritage. Problème, ses activités le conduisent à être complice d&#8217;un meurtre et Ayako en est témoin !</p>
<p><strong>Naoko</strong>, 18, fait secrètement partie d&#8217;un groupuscule communiste et entretient une liaison avec le chef de celle-ci. Mais si Ichirô l&#8217;apprend, lui qui est violemment anti-communiste, il risque de la tuer de ses propres mains&#8230;</p>
<p><strong>Shiro</strong> n&#8217;a beau avoir que 12 ans, il sait très bien ce qui se passe dans la famille. Il sait aussi qu&#8217;il ne doit rien dire pour le moment et qu&#8217;il doit garder ses cartes pour plus tard. Il y a déjà quelque chose de Sakuemon en lui.</p>
<p>Quant à <strong>Ayako</strong>, sa ressemblance avec Sué est tellement frappante que le doute n&#8217;est pas permis : elle est la fille illégitime de Sakuemon et de cette dernière. Mais si cela venait à se savoir, l&#8217;honneur des Tenge ne s&#8217;en relèverait pas&#8230; Elle est donc condamnée à la réclusion dans la demeure familiale (ce qui arrange Jirô dans un premier temps) et son seul contact avec l&#8217;extérieur est <strong>Oryo</strong>.</p>
<p><strong>Des « monstres » si humains !</strong></p>
<p>Oui, la famille Tenge est composée principalement de monstres. Sakuemon en est la figure archétypale, mais Ichirô le suit de près. Ce terme peut paraître fort et pourtant c&#8217;est l&#8217;impression qu&#8217;on en retire.</p>
<p>Attention cependant, le terme de « monstres » est à prendre au sens social du terme. Les Tenge ne sont pas des tueurs en série sanguinaires ou des adeptes du sadisme gratuit. Ce sont des « monstres » parce qu&#8217;ils représentent au bout du compte le stade ultime de la « dégénérescence » d&#8217;une (trop) vieille famille adossée à des valeurs qui n&#8217;ont plus cours dans l&#8217;après-guerre nippon.</p>
<p>Sakuemon, en chef bien établi, ne pense plus qu&#8217;à l&#8217;assouvissement des ses désirs animaux, aux dépends de Sué. Ichirô est un calculateur froid dont le seul but est de prendre la place de chef de famille, peu importent les moyens qu&#8217;il faut employer. Même Shiro fait froid dans le dos malgré son jeune âge : il sait tout, il voit tout, il garde tout pour lui, attendant son heure&#8230; La suite du récit prouvera que par certains côtés, il ne vaut pas mieux que Sakuemon.</p>
<div id="attachment_1881" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1881" title="ayako2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ayako2-300x300.jpg" alt="Copyright O. Tezuka / Delcourt 2003" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">Copyright O. Tezuka / Delcourt 2003</p></div>
<p>Du coup, Jirô et Naoko apparaissent comme des personnages plus normaux, qui font des choix qui les éloignent radicalement de ce milieu familial. Pour autant, sont-ils plus « normaux » que le reste de la famille ? Après tout Jirô ne laisse pas ses scrupules entraver sa mission et il sait profiter de l&#8217;occupation américaine pour mener son propre business&#8230; et l&#8217;engagement de Naoko est peut-être affaibli par sa liaison avec Tadashi le chef du groupuscule communiste.</p>
<p>Pour autant, Tezuka déjoue le piège d&#8217;une dépiction « monolithique » de ses personnages. Oui, ce sont des « monstres », mais des monstres humains. Ils naviguent dans cette zone grise psychologique que tout être humain connait ; par conséquent, ils ont aussi leurs bons côtés et le lecteur peut s&#8217;identifier au moins à certains traits de leurs caractères. Ainsi Jirô n&#8217;est pas insensible au sort de Naoko, de Shiro et d&#8217;Ayako. Tezuka implique donc ses lecteurs dans son récit, de manière à ce qu&#8217;ils ne restent jamais extérieurs à l&#8217;histoire qu&#8217;il décrit, sur le plan psychologique. On est aspiré dans le récit sans espoir de libération avant la dernière page du dernier tome.</p>
<p><strong>Une héroïne par antithèse</strong></p>
<p>Et Ayako dans tout cela ? Le récit porte son nom et pourtant jusque là on a surtout parlé des autres membres de sa famille. Une erreur de titrage ? Que nenni. Ayako est en effet un paradoxe, à la fois Tout et Rien. Rien, parce que dans sa famille elle doit être « rien », secret honteux qui ne devrait pas être là, condamnée à vivre recluse dans la cave et à ne voir personne à part Oryo et quelques visites sporadiques de certains autres membres du clan Tenge. Pour autant, elle n&#8217;est pas particulièrement maltraitée.</p>
<p>Elle est Tout parce qu&#8217;elle est la dernière « cheville » qui tient la famille ensemble, dans la préservation du secret, et le dernier « clou » du cercueil d&#8217;une famille condamnée par sa dégénérescence morale et sociale. Si son existence est connue, cela sonnera le glas des Tenge&#8230; C&#8217;est ce qui en fait le personnage central de cette histoire, même si le scénario est loin de s&#8217;intéresser uniquement à son sort !</p>
<p>Ayako va ainsi rester douze ans cloîtrée dans cette cave, le temps pour elle de devenir une belle jeune fille. Cet enfermement finit par lui peser, d&#8217;autant que son frère Shiro se fait pressant, et elle va s&#8217;échapper, pour tenter de retrouver son frère Jirô. Une fois à l&#8217;extérieur, elle sera encore cette incarnation du « Tout/Rien ». Tout car une fois libérée de l&#8217;emprise de sa famille, elle pourrait être ce qu&#8217;elle veut. Rien car son enfermement en a fait une sorte « d&#8217;enfant sauvage », de tablette blanche : elle ne sait rien, ne connait rien du monde extérieur, ne sait pas comment se comporter. Elle finit cependant par comprendre que ce qu&#8217;elle a subi est ignoble, victime par sa naissance et condamnée par sa propre existence.</p>
<p>Alors oui, Ayako est bien l&#8217;héroïne de cette histoire, mais une héroïne en négatif : elle ne l&#8217;est pas par ses actions (sauf sur la fin, mais je n&#8217;en dirai pas plus) mais par sa simple existence.</p>
<p>Pour autant, encore une fois, Tezuka prend un grand soin à bien camper la psychologie d&#8217;Ayako, à ne pas en faire une caricature, ce qui la rend si attachante pour le lecteur.</p>
<p>Ayako sera d&#8217;ailleurs bel et bien ce « clou dans le cercueil » car ce sera elle qui précipitera la chute de la famille Tenge&#8230; mais sans doute pas de la manière à laquelle le lecteur s&#8217;attend !</p>
<p><strong>Une œuvre réaliste et sociale</strong></p>
<p>Si l&#8217;histoire de la famille Tenge est évidemment une invention de Tezuka, le cadre social, politique et économique dans lequel elle se déroule est quant à lui tout à fait réaliste. Tezuka se sert d&#8217;ailleurs de personnages et d&#8217;évènements réels pour ancrer son récit dans la vraisemblance auprès de ses lecteurs nippons. Certes, l&#8217;effet est un peu atténué pour les lecteurs occidentaux, mais il demeure présent : le gouvernement du Japon par MacArthur est une réalité.</p>
<p>Les américains sont d&#8217;ailleurs dépeints sous un jour peu flatteur et finalement assez rare pour l&#8217;époque : arrogants, militaristes, ils ne reculent devant aucune méthode pour parvenir à leurs fins, s&#8217;assurer du contrôle du pays et « tuer » le développement du communisme. Chantages, meurtres, manœuvres politiques, tout est bon.</p>
<div id="attachment_1879" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1879" title="ayako3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ayako3-300x300.jpg" alt="copyright O. Tezuka / Delcourt 2004" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">copyright O. Tezuka / Delcourt 2004</p></div>
<p>Cette impression de réalisme est aussi renforcée par le fait que Tezuka n&#8217;utilise pas ses « trucs » habituels : il n&#8217;y a quasiment pas de personnage importé de ses autres manga ; il utilise également les effets de déformation et de ridicule avec beaucoup de parcimonie.</p>
<p>Ayako c&#8217;est aussi la peinture d&#8217;un monde qui change très vite, trop vite sans doute pour beaucoup. Certains s&#8217;en accommodent à leur manière, comme Naoko et son engagement communiste ou Jirô et son choix de profiter du système américain. D&#8217;autres restent ancrés dans le passé, comme Sakuemon et Ichirô, pour qui seuls l&#8217;honneur familiale et la richesse foncière comptent. Tezuka s&#8217;abstient cependant de juger et ne fait que constater : ces deux manières de penser sont présentées avec leurs avantages comme leurs défauts ; la voie que Jirô a suivi est-elle finalement plus honorable que celle de son père ?</p>
<p>Enfin, Ayako c&#8217;est un rapport aux femmes particulier. Tous les personnages féminins de cette œuvre  subissent des pressions, notamment sur le plan sexuel, qui peuvent aller jusqu&#8217;au viol pur et simple. On évoquera ici seulement le cas de Sué, obligée par son mari à se prostituer auprès de son beau-père par pur intérêt&#8230; La sexualité d&#8217;Ayako sera aussi un aspect douloureux de ce manga. Pour autant, Tezuka ne prend aucun plaisir à la démonstration de ces rapports placés sous le signe de la violence, ce n&#8217;est ni gratuit ni complaisant. Il dépeint simplement la difficile place de la femme dans cette société.</p>
<p>Ayako est donc un manga « coup de poing » une de ces œuvres fortes et noires qui vous marquent pour longtemps. Son format très condensé joue : pas de temps morts, Tezuka ne vous lâche pas d&#8217;un bout à l&#8217;autre des trois tomes de son récit. Il est à réserver à un public assez mature en raison de sa violence psychologique, mais c&#8217;est une lecture plus que chaudement recommandée !!</p>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/drame/" title="drame" rel="tag">drame</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/manga/" title="manga" rel="tag">manga</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/osamu-tezuka/" title="Osamu Tezuka" rel="tag">Osamu Tezuka</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/psychologie/" title="psychologie" rel="tag">psychologie</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/thriller/" title="thriller" rel="tag">thriller</a><br />

	<h2 class="post_comm">Dans le même genre, consultez les articles suivants</h2>
	<ul class="st-related-posts">
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2008/07/11/seizon-life/" title="Seizon &#8211; Life (11 juillet 2008)">Seizon &#8211; Life</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/06/22/mw/" title="MW (22 juin 2009)">MW</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/08/21/tokyo-magnitude-8/" title="Tôkyô Magnitude 8 (21 août 2009)">Tôkyô Magnitude 8</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/10/19/ping-pong/" title="Ping-pong (19 octobre 2009)">Ping-pong</a> (3)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2008/10/05/morro-bay/" title="Morro Bay (5 octobre 2008)">Morro Bay</a> (1)</li>
</ul>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.kroniks.net/2009/12/14/ayako/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>8</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Skyhawk</title>
		<link>http://www.kroniks.net/2009/11/15/skyhawk/</link>
		<comments>http://www.kroniks.net/2009/11/15/skyhawk/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 15 Nov 2009 19:52:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mangas]]></category>
		<category><![CDATA[Casterman]]></category>
		<category><![CDATA[Jiro TANIGUCHI]]></category>
		<category><![CDATA[manga]]></category>
		<category><![CDATA[voyages]]></category>
		<category><![CDATA[western]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.kroniks.net/?p=1776</guid>
		<description><![CDATA[Hikosaburo SOMA et Manzo SHIOTSU sont deux samouraïs qui, après l&#8217;instauration de l&#8217;ère Meiji à la fin des guerres civiles, ont comme une quarantaine d&#8217;autres membres du clan Aizu fui leur pays après la chute de leur seigneur pour gagner le continent américain, alors en pleine conquête de l&#8217;ouest. Lors d&#8217;un jour de chasse, Hikosaburo [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1777" class="wp-caption alignleft" style="width: 347px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/skyhawk.jpg"><img class="size-full wp-image-1777 " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/skyhawk.jpg" alt="copyright Casterman 2009" width="337" height="474" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Casterman 2009</p></div>
<p>Hikosaburo SOMA et Manzo SHIOTSU sont deux samouraïs qui, après l&#8217;instauration de l&#8217;ère Meiji à la fin des guerres civiles, ont comme une quarantaine d&#8217;autres membres du clan Aizu fui leur pays après la chute de leur seigneur pour gagner le continent américain, alors en pleine conquête de l&#8217;ouest. Lors d&#8217;un jour de chasse, Hikosaburo porte secours à Running Deer, une jeune indienne en train d&#8217;accoucher au milieu de la forêt. C&#8217;est lorsqu&#8217;ils la défendront contre ses &laquo;&nbsp;propriétaires&nbsp;&raquo; qu&#8217;ils feront la connaissance de la tribu sioux des Oglalas. Désormais adoptés par cette nouvelle famille, les samouraïs décideront de les aider dans leur guerre contre l&#8217;homme blanc pour protéger leurs terres et leur culture. Ils seront désormais Sky Hawk et Winds Wolf.</p>
<p><strong>Les derniers des samoucans</strong></p>
<p>Enfin, un nouveau TANIGUCHI arrive dans les rayons français. Quel plaisir de retrouver le plus européen des mangakas dans une magnifique fresque historique qui sent bon les grands espaces et l&#8217;amitié virile.</p>
<p>Fidèle a la ligne claire qu&#8217;il a adoptée en découvrant le travail de Jean &laquo;&nbsp;Moebius&nbsp;&raquo; GIRAUD (qui lui fait d&#8217;ailleurs l&#8217;amitié de signer la préface de Sky Hawk) ou de François SHUITTEN, il délivre de magnifiques planches fourmillant de détails. Plans serrés ou espaces sauvages, TANIGUCHI ne laisse rien au hasard et nous offre des cases époustouflantes de vie et de précision.</p>
<p>Comme à l&#8217;accoutumée, TANIGUCHI dépeint avec tendresses des héros plein d&#8217;humanité auxquelles il est difficile de ne pas s&#8217;attacher à eux ni de trembler pour leur vie.</p>
<p>Que ce soit lors de moments de calme dans le campement indien ou pendant les nombreuses et féroces batailles contre les tuniques bleues, le lecteur est embarqué dans une fresque épique et majestueuse. Le souffle des grands espaces et de l&#8217;aventure attrape le lecteur dès les premières planches pour ne plus le lâcher jusqu&#8217;à une conclusion pleine de nostalgie et d&#8217;amertume, d&#8217;autant plus émouvante que tout aura été mis en œuvre pour l&#8217;impliquer émotionnellement.</p>
<p>Comme l&#8217;indique Jean GIRAUD en préface (et le monsieur s&#8217;y connait un peu en terme de bd et de western), les histoires de cow boys et d&#8217;indiens ont depuis longtemps disparu des grands et des petits écrans. Heureusement qu&#8217;il reste quelques amoureux du genre pour faire revivre le mythe. Avec Skyhawk, le dépaysement est garanti: raconter une histoire d&#8217;indiens, ce n&#8217;est pas si courant. Confronter des tomahawks à des sabres est encore plus étonnant. Il fallait bien le talent de narrateur de TANIGUCHI pour rendre un tel mélange crédible.</p>
<p><strong>Les sept sioumouraïs.</strong></p>
<p>A bien y regarder Sky Hawk se situe à la croisée de toutes les influences et de tous les thèmes chers au mangaka.</p>
<p>On y retrouve des samouraïs au grand cœur, des terres sauvages et des décors grandioses  et toujours cette nostalgie d&#8217;un temps révolu où la vie était plus douce. Des thèmes déjà abordés par l&#8217;auteur dans ses précédentes œuvres, de Kaze no Sho au Sommet des dieux en passant par le Journal de mon père.</p>
<p>Cette histoire permet aussi à l&#8217;auteur de partager son goût pour l&#8217;histoire. La rencontre improbable entre des sabreurs nippons en exil et des indiens en guerre est surtout l&#8217;occasion de nous rappeler que la conquête de l&#8217;Amérique s&#8217;est construite sur le génocide et le déplacement de populations entières (et des bisons aussi, ne l&#8217;oublions pas). Très bien documenté, le livre mélange si habilement les grandes figures historiques (Cluster, Sitting Bull, Crazy Horse, etc…) à des personnages inventés qu&#8217;il est assez difficile de faire la part entre le vécu et la fiction, immergeant et impliquant d&#8217;autant plus facilement le lecteur. Une approche certes un tantinet moralisatrice mais nécessaire au devoir de mémoire.</p>
<p>Enfin, Sky Hawk aborde ce thème de l&#8217;écologie si cher à l&#8217;auteur et qui transparait dans l&#8217;ensemble de ses œuvres. Comment en effet ne pas y voir une fable sur le combat de la nature, fondée sur la spiritualité et le partage, contre la civilisation, destructrice et individualiste. Une dichotomie certes déjà vue ailleurs (notamment chez MIYAZAKI avec Princesse Mononoke) mais qui reste toujours aussi efficace.</p>
<p>Jiro TANIGUCHI fait partie de mes auteurs préférés, que ce soit pour ses histoires intimistes centrées sur l&#8217;humain, pour sa manière de faire revivre un temps révolu doucereux ou à l&#8217;opposé pour ses fresques épiques au milieu d&#8217;une nature sauvage. Sky Hawk est un concentré de tout ce qui fait la force des récits du maître et se pose au final comme un de ses meilleurs albums.</p>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/casterman/" title="Casterman" rel="tag">Casterman</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/jiro-taniguchi/" title="Jiro TANIGUCHI" rel="tag">Jiro TANIGUCHI</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/manga/" title="manga" rel="tag">manga</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/voyages/" title="voyages" rel="tag">voyages</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/western/" title="western" rel="tag">western</a><br />

	<h2 class="post_comm">Dans le même genre, consultez les articles suivants</h2>
	<ul class="st-related-posts">
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2008/10/08/le-promeneur/" title="Le promeneur (8 octobre 2008)">Le promeneur</a> (1)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/10/21/weekly-manga-nihonshi/" title="Weekly Manga Nihonshi (21 octobre 2009)">Weekly Manga Nihonshi</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2008/06/17/tueur/" title="Tueur ! (17 juin 2008)">Tueur !</a> (2)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/08/21/tokyo-magnitude-8/" title="Tôkyô Magnitude 8 (21 août 2009)">Tôkyô Magnitude 8</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2010/06/22/thermae-romae/" title="Thermae Romae (22 juin 2010)">Thermae Romae</a> (0)</li>
</ul>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.kroniks.net/2009/11/15/skyhawk/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Weekly Manga Nihonshi</title>
		<link>http://www.kroniks.net/2009/10/21/weekly-manga-nihonshi/</link>
		<comments>http://www.kroniks.net/2009/10/21/weekly-manga-nihonshi/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 21 Oct 2009 08:59:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Asides]]></category>
		<category><![CDATA[Mangas]]></category>
		<category><![CDATA[hebdomadaire]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[magazine]]></category>
		<category><![CDATA[manga]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.kroniks.net/?p=1717</guid>
		<description><![CDATA[Commencée le 16 octobre 2009, la publication du magazine Shûkan Manga Nihonshi par les éditions du journal Asahi Shimbun (l&#8217;équivalent nippon du journal le Monde) est une initiative intéressante : elle vise à « réconcilier » les écoliers japonais avec l&#8217;Histoire et leur présenter celle-ci sous un jour plus attractif que les manuels scolaires parfois déprimants. Le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Commencée le 16 octobre 2009, la publication du magazine Shûkan Manga Nihonshi par les éditions du journal Asahi Shimbun (l&#8217;équivalent nippon du journal le Monde) est une initiative intéressante : elle vise à « réconcilier » les écoliers japonais avec l&#8217;Histoire et leur présenter celle-ci sous un jour plus attractif que les manuels scolaires parfois déprimants.</p>
<p>Le magazine, hebdomadaire, s&#8217;attache à chaque fois à une personnalité différente de l&#8217;histoire du Japon en suivant un ordre chronologique ascendant. Le premier numéro est donc consacré à la reine Himiko, personnage semi-légendaire qui régna sur une partie du Japon au IIIe siècle de notre ère.</p>
<p>Comptez environ 25 pages de manga, tout en couleurs, sur un papier qui n&#8217;a rien à voir avec les magazines de prépublication : on est clairement dans la catégorie « à garder ». D&#8217;autant que le reste du magazine est consacré à des explications historiques sur le contexte, l&#8217;époque et les autres protagonistes. Tout ceci est proposé sous forme de petits encadrés rapides à lire, abondamment illustrés par des photos ou des schémas. Là aussi, tout en couleur, il faut reconnaître que cela donne envie de lire.</p>
<p>Pourquoi vous parler de ce magazine ? Eh bien parce que, destiné aux écoliers, il est écrit dans une langue japonaise simple mais pas simpliste. Pour ceux d&#8217;entre vous qui auraient des bases en japonais, voilà une excellente occasion d&#8217;enrichir votre vocabulaire (armé d&#8217;un bon dico japonais-français, c&#8217;est tout à fait surmontable) et d&#8217;apprendre pas mal de choses très intéressantes sur l&#8217;histoire du Japon, avec le sérieux garanti par l&#8217;Asahi Shimbun !</p>
<p>Pour ce premier numéro, c&#8217;est le mangaka Fujiwara Kamui qui s&#8217;occupe de la partie dessinée. Il a notamment travaillé sur Final Fantasy, Grandia (du côté des jeux) ou encore Dragon Quest ou Kerberos Panzer Cops (créé par Mamoru Oshii) du côté des manga.</p>
<p>Un petit lien direct vers le site consacré à cette publication : <a href="http://publications.asahi.com/manga/">http://publications.asahi.com/manga/</a></p>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/hebdomadaire/" title="hebdomadaire" rel="tag">hebdomadaire</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/histoire/" title="histoire" rel="tag">histoire</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/magazine/" title="magazine" rel="tag">magazine</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/manga/" title="manga" rel="tag">manga</a><br />

	<h2 class="post_comm">Dans le même genre, consultez les articles suivants</h2>
	<ul class="st-related-posts">
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2010/06/22/thermae-romae/" title="Thermae Romae (22 juin 2010)">Thermae Romae</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2008/06/17/tueur/" title="Tueur ! (17 juin 2008)">Tueur !</a> (2)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/08/21/tokyo-magnitude-8/" title="Tôkyô Magnitude 8 (21 août 2009)">Tôkyô Magnitude 8</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/11/15/skyhawk/" title="Skyhawk (15 novembre 2009)">Skyhawk</a> (6)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2008/07/11/seizon-life/" title="Seizon &#8211; Life (11 juillet 2008)">Seizon &#8211; Life</a> (0)</li>
</ul>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.kroniks.net/2009/10/21/weekly-manga-nihonshi/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Ping-pong</title>
		<link>http://www.kroniks.net/2009/10/19/ping-pong/</link>
		<comments>http://www.kroniks.net/2009/10/19/ping-pong/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 19 Oct 2009 01:12:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mangas]]></category>
		<category><![CDATA[manga]]></category>
		<category><![CDATA[ping-pong]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[sport]]></category>
		<category><![CDATA[Taiyô Matsumoto]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.kroniks.net/?p=1699</guid>
		<description><![CDATA[Sport national chinois, le ping-pong est depuis longtemps mondialement reconnu. Pourtant, il ne passionne pas vraiment les médias, ni même les auteurs de fiction, sur quelque support que ce soit. Du coup, l&#8217;œuvre de Taiyô Matsumoto a de quoi intriguer, quand on sait avec quelle propension les mangas de sport ont tendance à exagérer les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1708" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1708" title="pingpong" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/pingpong-300x300.jpg" alt="copyright Taiyô Matsumoto - Delcourt Akata / 2003" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">copyright Taiyô Matsumoto - Delcourt Akata / 2003</p></div>
<p>Sport national chinois, le ping-pong est depuis longtemps mondialement reconnu. Pourtant, il ne passionne pas vraiment les médias, ni même les auteurs de fiction, sur quelque support que ce soit. Du coup, l&#8217;œuvre de Taiyô Matsumoto a de quoi intriguer, quand on sait avec quelle propension les mangas de sport ont tendance à exagérer les choses.</p>
<p><strong>La psychologie avant l&#8217;action</strong></p>
<p>Ping-pong se révèle rapidement un manga de sport atypique. Certes, on y parle technique, on s&#8217;entraîne et on joue au ping-pong en compétition, mais c&#8217;est avant tout la psychologie de ses protagonistes qui intéresse l&#8217;auteur.</p>
<p>Prenons les deux personnages principaux, Hoshino (Peko) et Tsukimoto (Smile). Sous ces pseudonymes se cachent deux personnalités bien différentes. Peko est hyperactif, exubérant, excellent au ping-pong, n&#8217;hésitant pas à se servir des faiblesses de son adversaire pour l&#8217;humilier mais prompt au découragement dès qu&#8217;il tombe sur plus fort que lui. Smile est l&#8217;antithèse de son surnom : introverti, détaché de tout malgré sa réelle amitié pour Peko, il ne joue au ping-pong que parce que Peko y joue ; il ne veut pas blesser son adversaire ou profiter de ses failles. Il n&#8217;est pas dépressif mais n&#8217;a goût à rien, comme s&#8217;il évoluait en fait dans un monde quasi extra-terrestre pour lui&#8230; Smile est sans doute celui qui a la personnalité la plus complexe des deux. Ping-pong est donc l&#8217;histoire de l&#8217;évolution de leur amitié et de leurs caractères, Peko devant apprendre à surmonter ses adversaires et Smile s&#8217;ouvrant de plus en plus au monde.</p>
<p>Les personnages secondaires ne sont pas en reste. L&#8217;entraîneur de Peko et Smile, ancien joueur pro (Koizumi, surnommé « Butterfly Joe ») et qui pressent le potentiel de Smile, va pousser ce dernier dans ses retranchements pour le forcer à briser sa coquille. « Dragon » Kazama, joueur-star de l&#8217;école Kaïo est conscient de son rôle de leader et fera tout pour conserver cette place. Quant au joueur chinois qui vient au Japon, c&#8217;est l&#8217;occasion pour lui de redorer son blason et peut-être de revenir enfin en équipe nationale&#8230;</p>
<p><strong>Le ping-pong magnifié</strong></p>
<p>Malgré cette étude de caractères qui reste le principal intérêt de ce manga, Ping-pong ne délaisse pas l&#8217;action elle-même. Mais il le fait &laquo;&nbsp;sauce Matsumoto&nbsp;&raquo; : les matchs sont secs, nerveux, ils ne s&#8217;éternisent pas façon Olive et Tom. On va à l&#8217;essentiel et du coup, on a l&#8217;impression d&#8217;un sport qui va à 200 à l&#8217;heure&#8230; ce qu&#8217;est finalement le ping-pong dans la réalité !</p>
<p>Taiyô Matsumoto a très certainement passé beaucoup de temps à étudier les gestes des pongistes, car ceux de ses personnages sont criants de vérité et pleins de ce dynamisme qui caractérise le manga en général. Le jeu de « caméras » renforce encore cette impression d&#8217;immersion. Gaffe à ne pas prendre la balle en pleine poire !</p>
<div id="attachment_1707" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1707" title="pingpong5" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/pingpong5-300x300.jpg" alt="copyright Taiyô Matsumoto - Delcourt Akata / 2004" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">copyright Taiyô Matsumoto - Delcourt Akata / 2004</p></div>
<p><strong>Le style Matsumoto</strong></p>
<p>Ping-pong n&#8217;est pas le premier manga de cet auteur a avoir été publié en France mais, comme beaucoup de critiques l&#8217;ont fait remarquer, c&#8217;est peut-être la meilleure porte d&#8217;entrée dans « l&#8217;univers » Matsumoto.</p>
<p>Doté d&#8217;un style graphique très particulier, qui peut rebuter, Taiyô Matsumoto transcende en effet les codes du manga et intègre ceux de la Bande Dessinée pour un mélange unique. Matsumoto ne se cache d&#8217;ailleurs pas d&#8217;avoir comme influences Moebius, Schuiten ou Bilal et c&#8217;est sans doute cela qui donne son style, une quasi-synthèse entre Orient et Occident. Angles tranchants, portraits parfois à la limite du croquis, décors « bruts » et déprimants, voilà ce qui fait sa force.</p>
<p>Oui, le style de Matsumoto est plus difficile d&#8217;accès que la majorité des manga (à part Tsutomu Nihei et son Blame! peut-être). Oui, le Japon qu&#8217;il dépeint est souvent froid et triste, à mille lieues de l&#8217;image d&#8217;Epinal qu&#8217;en donnent bon nombre d&#8217;œuvres plus « acidulées ». Mais c&#8217;est ce style sans concession qui fait tout son charme, pour peu qu&#8217;on veuille bien se laisser tenter.</p>
<p>Ping-pong réussit donc la fusion improbable du manga de sport et de l&#8217;étude psychologique. Cette œuvre en dit aussi long sur son auteur et elle possède une force que peu d&#8217;autres œuvres atteignent ! Malgré sa difficulté d&#8217;accès sur le plan graphique, il serait dommage de passer à côté d&#8217;une telle réussite ! Un indispensable dans toute bibliothèque de « connaisseur » du manga !</p>
<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } 		A:link { so-language: zxx } --><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/manga/" title="manga" rel="tag">manga</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/ping-pong/" title="ping-pong" rel="tag">ping-pong</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/psychologie/" title="psychologie" rel="tag">psychologie</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/sport/" title="sport" rel="tag">sport</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/taiyo-matsumoto/" title="Taiyô Matsumoto" rel="tag">Taiyô Matsumoto</a><br />

	<h2 class="post_comm">Dans le même genre, consultez les articles suivants</h2>
	<ul class="st-related-posts">
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/08/21/tokyo-magnitude-8/" title="Tôkyô Magnitude 8 (21 août 2009)">Tôkyô Magnitude 8</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/12/14/ayako/" title="Ayako (14 décembre 2009)">Ayako</a> (8)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2009/10/21/weekly-manga-nihonshi/" title="Weekly Manga Nihonshi (21 octobre 2009)">Weekly Manga Nihonshi</a> (0)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2008/06/17/tueur/" title="Tueur ! (17 juin 2008)">Tueur !</a> (2)</li>
	<li><a href="http://www.kroniks.net/2010/06/22/thermae-romae/" title="Thermae Romae (22 juin 2010)">Thermae Romae</a> (0)</li>
</ul>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.kroniks.net/2009/10/19/ping-pong/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
