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	<title>Kroniks &#187; manga</title>
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	<description>le blog bd qui vous dit bonne année</description>
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		<title>L&#8217;âme du Kyûdo</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Aug 2011 02:50:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le 17e siècle japonais.  Les Tokugawa ont désormais la mainmise sur le pays, qui est enfin sorti de l’ère du « Sengoku », les « Royaumes combattants ». Néanmoins, l’honneur reste la composante principale de la vie des samourai et de leurs seigneurs, qui sont prêts à beaucoup de choses pour le conserver et même l’accroître. C’est dans ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2852" class="wp-caption alignleft" style="width: 220px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/kyudo.jpg"  class="wmp" id="wmp1"><img class="size-medium wp-image-2852" title="kyudo" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/kyudo-210x300.jpg" alt="" width="210" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright H. Hirata / Akata Delcourt 2007</p></div>
<p>Le 17<sup>e</sup> siècle japonais.  Les Tokugawa ont désormais la mainmise sur le pays, qui est enfin sorti de l’ère du « Sengoku », les « Royaumes combattants ». Néanmoins, l’honneur reste la composante principale de la vie des samourai et de leurs seigneurs, qui sont prêts à beaucoup de choses pour le conserver et même l’accroître.</p>
<p>C’est dans ce cadre que prend place le Tôshiya, épreuve de tir à l’arc japonais. Elle trouve son origine dans la prouesse accomplie par Heibe-Shigemasa Asaoka, vassal de la maison Matsudaira : alors qu’il était en visite au temple Renge-Ôin de Kyôto (appelé plus couramment Sanjûsangen-dô et haut lieu touristique du Japon actuel), il remarqua que le bâtiment, de forme rectangulaire, était bordé sur ses côtés les plus longs d’une galerie d’un peu plus de 120m. Asaoka tenta alors de faire passer une flèche tout au long de cette galerie. La difficulté était de trouver le bon angle et la bonne force : trop bas ou pas assez fort, la flèche retombait au sol avant d’avoir parcouru la distance ; trop haut ou trop fort, elle se plantait invariablement dans une poutre de l’auvent.</p>
<p>Bref, Asaoka, surpris par la difficulté de ce qui paraissait de l’extérieur une formalité, parvint tout de même à faire passer 51 flèches. Asaoka n’était pas n’importe qui : extrêmement habile à l’arc, il avait accompli des prouesses lors de la bataille de Sekigahara et avait été récompensé par le titre de « unique sous le ciel » décerné par Ieyasu Tokugawa. La nouvelle de sa performance fit grand bruit et bien entendu d’autres samourai décidèrent de tenter l’aventure, entraînant ainsi leurs seigneurs dans le processus. D’autant que le titre est remis en jeu, apportant bien sûr gloire et honneur à son détenteur et à la maison dont il fait partie.</p>
<p>Les candidats s’affrontent donc, dans une épreuve qui dure 24h. 24h pendant lesquelles l’archer doit tirer le plus de flèches possible pour qu’un maximum franchisse la distance requise. Évidemment, cela nécessite très rapidement un entraînement spécifique extrêmement dur. De plus, il n’est pas rare que les samourai qui échouent à cette épreuve préfèrent faire seppuku pour laver le déshonneur qu’ils ont attiré sur leur maison. Les fiefs se retrouvent donc rapidement à dépenser beaucoup d’argent pour la formation de leurs archers… et à perdre ces archers lorsqu’ils se font seppuku.</p>
<p>Hiroshi Hirata, spécialiste du jidai gekiga (ou « manga d’époque », à savoir manga sur les samourai), laisse encore une fois éclater son talent dans ce fort volume. Il y pose les questions de l’honneur, de ce que ce dernier peut pousser un homme ou un clan à faire, de l’utilité de ce genre de pratique. Il faut savoir que ce manga est basé sur des faits réels, même si bien sûr l’art du mangaka est aussi de mêler fiction et réalité. Cependant, Hiroshi Hirata a toujours mis un point d’honneur à conserver le plus grand réalisme possible dans ses œuvres, et L’âme du Kyûdo ne fait pas exception.</p>
<p>Oui, les œuvres de Hiroshi Hirata sont violentes et même sanglantes, mais c’est l’époque à laquelle il s’intéresse qui veut ça, ce n’est pas gratuit. Du coup, ses manga sont une formidable porte d’entrée pour tous ceux qui s’intéressent à l’époque des samouraï japonais !
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	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/hiroshi-hirata/" title="Hiroshi Hirata" rel="tag">Hiroshi Hirata</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/kyudo/" title="kyûdo" rel="tag">kyûdo</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/manga/" title="manga" rel="tag">manga</a><br />
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		<title>L&#8217;Histoire du Japon en manga &#8211; série 2</title>
		<link>http://www.kroniks.net/2010/10/16/lhistoire-du-japon-en-manga-serie-2/</link>
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		<pubDate>Sat, 16 Oct 2010 00:24:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<category><![CDATA[histoire]]></category>
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		<description><![CDATA[Les éditions nippones Asahi Press avaient lancé l&#8217;année dernière une série à destination du public jeune et adolescent pour les inciter à s&#8217;intéresser à l&#8217;histoire du Japon. Shûkan Manga Nihonshi, ce qui en français donnait à peu près &#171;&#160;hebdomadaire de l&#8217;Histoire du Japon en manga&#160;&#187;. Plutôt une bonne idée, vu que les jeunes s&#8217;intéressent assez [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les éditions nippones Asahi Press avaient lancé l&#8217;année dernière une série à destination du public jeune et adolescent pour les inciter à s&#8217;intéresser à l&#8217;histoire du Japon. Shûkan Manga Nihonshi, ce qui en français donnait à peu près &laquo;&nbsp;hebdomadaire de l&#8217;Histoire du Japon en manga&nbsp;&raquo;. Plutôt une bonne idée, vu que les jeunes s&#8217;intéressent assez peu à l&#8217;Histoire. Le principe était simple : un numéro = une personnalité de l&#8217;histoire du Japon. Son récit en manga, accompagné de quelques pages plus classiques sur lui (ou elle) et sur l&#8217;époque. En tout, 50 numéros pour couvrir une année complète (certains numéros comptent double en raisons de congés particuliers). Plutôt bien fait et finalement accessible à quelqu&#8217;un qui étudierait le japonais et serait quand même pourvu d&#8217;un bon dictionnaire&#8230;</p>
<p>La série a dû être une réussite commerciale, puisque la nouvelle série, Shin Shûkan Manga Nihonshi (Shin voulant dire nouveau en japonais), vient juste de débuter. Au sommaire de ce numéro 1, Yamato Takeru, un de ces personnages semi-mythologiques comme toute histoire en comprend (pensez Ulysse, le roi Arthur, etc&#8230;)</p>
<p>L&#8217;intérêt aussi, c&#8217;est que chaque numéro voit un dessinateur différent réaliser la partie manga. Et il y a généralement des noms plutôt intéressants. Jugez plutôt : le numéro 1 est réalisé par Watsuki Nobuhiro, le papa de Ruroh ni Kenshin (Kenshin le Vagabond chez Glénat) ! Il y a pire pour débuter la série&#8230; Bien entendu, les 50 mangaka ne sont pas encore dévoilés, mais parmi ceux qui font partie de l&#8217;annonce, on notera tout de même Ninomiya Tomoko (Nodame Cantabile), Tateo Retsu (Full Metal Panic), Yoshida Satoshi (Tennen, pur et dur), Ikegami Ryôichi (Lord, Heat, Sanctuary&#8230;), Ikeda Riyoko (La Rose de Versailles) ou encore l&#8217;indéboulonnable Mikimoto Haruhiko.</p>
<p>Bref, du très beau linge et une lecture très intéressante pour une première approche de l&#8217;Histoire du Japon !</p>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/histoire/" title="histoire" rel="tag">histoire</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/japon/" title="japon" rel="tag">japon</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/manga/" title="manga" rel="tag">manga</a><br />
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		<title>Beck &#8211; Le film, compte-rendu de visionnage</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Sep 2010 08:13:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Chose promise, chose due !! Je suis donc allé voir Beck cet après-midi dans un grand cinéma du centre-ville. Il faut dire que je n’avais pas choisi ma salle au hasard : film en version digitale avec le son qui va bien et sièges larges comme des fauteuils de salon, avec accoudoirs et porte-gobelets. Le tout en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2448" class="wp-caption alignleft" style="width: 221px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/beck1.jpg"  class="wmp" id="wmp2"><img class="size-medium wp-image-2448" title="beck" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/beck1-211x300.jpg" alt="" width="211" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Harold Sakuishi / 2010</p></div>
<p>Chose promise, chose due !! Je suis donc allé voir Beck cet après-midi dans un grand cinéma du centre-ville. Il faut dire que je n’avais pas choisi ma salle au hasard : film en version digitale avec le son qui va bien et sièges larges comme des fauteuils de salon, avec accoudoirs et porte-gobelets. Le tout en étant suffisamment loin de ses voisins pour réellement se croire tout seul devant l’écran. Hé oui, le cinoche au Japon, ça coûte super cher, mais le niveau de service n’est pas le même…</p>
<p>Enfin bref, vous n’en avez rien à faire des détails de ma petite vie d’expat, ce qui vous intéresse c’est le film, et vous avez bien raison !</p>
<p>Alors, ce film, réussi ou pas ? Avec la brochette d’acteurs dont je vous avais parlé, on pouvait s’attendre à du bon ; mais une adaptation d’œuvre littéraire est toujours un poil casse-gueule : que garder ? Comment adapter le reste ?</p>
<p>Allez, je ne vous fais pas languir plus longtemps : Beck – le film, ça roxxe le calbuth à Jimi Hendrix !! Yep, vous l’aurez deviné, je suis ressorti beaucoup plus que convaincu de la projection du film. Beck fait partie de ma liste de DVDs à acheter absolument, de préférence en édition collector si les goodies vont bien. Et pourtant, je ne suis pas forcément très bon public sur les adaptations d’œuvres que j’apprécie ! Les films de Harry Potter sont, par exemple pour moi, tous à jeter…</p>
<p>Petite revue de détail au point de vue des acteurs :</p>
<p>- Minami Ryûsuke (Mizushima Hiro) : les producteurs et scénaristes avaient annoncé que le film tournerait autour de ce personnage, plutôt qu’autour de Koyuki, le héros du manga. C’est vrai, mais sans outrance. Et Mizushima Hiro est suffisamment bon acteur pour ne pas en faire des tonnes. Il est crédible dans tous les secteurs du film, aussi bien quand il parle anglais que quand il joue de la gratte. Chapeau.</p>
<p>- Koyuki (Satô Takeru) : ma grosse crainte, vu que je n’aime pas tellement cet acteur, qui donne toujours l’impression de se la donner. Craintes envolées, il a compris qui était Koyuki et sait parfaitement retranscrire à l’écran sa naïveté, son envie de bien faire. Excellent !</p>
<p>- Taira (Mukai Osamu) : rien à dire, il est tout à fait le roc qu’est Taira dans le manga : c’est la « tête sur les épaules » du groupe. Il est parfaitement dans la peau du personnage et son jeu de scène est extra. Il assure un max, du début à la fin du film. Il me confirme qu’il est un grand acteur, qui peut aussi bien jouer les rôles de vieux mangaka (gegege no nyôbo – la femme de gegege, sur la vie du mangaka Mizuki Shigeru) que de jeune bassiste plein de talent. Une valeur sûre.</p>
<p>- Saku (Nakamura Aoi) : je ne le connaissais pas, il remplit tout à fait bien son rôle de pote et premier fan de Koyuki. Effacé comme dans le manga, crédible à 100% dans le film quand il joue de la batterie. Convaincant.</p>
<p>- Mao (Kutsuna Shiori) : elle joue très bien le côté « petite peste au cœur d’artichaut » de la Mao-chan du manga, pas de problème. Disons qu’elle fait tout à fait son âge dans le film, alors que dans le manga on a souvent l’impression qu’elle est plus âgée que tous les autres.</p>
<p>- Chiba (Kiritani Kenta) : celui-là, je l’ai gardé pour la fin, y a une raison. Vous vous souvenez de tout le bien que je pensais de lui, dans ma dernière news sur Beck. J’étais encore bien en-dessous de la vérité. C’est pour moi LA révélation du film. Kiritani Kenta ne joue pas Chiba. Kiritani Kenta a tellement de talent et de fantaisie qu’il EST Chiba dans le film. Sa performance m’a foutu des frissons dans le dos, tellement ce gars a tout compris. La scène de la chanson « Revolution » au Grateful sounds est à tomber par terre tellement on sent qu’il sort ses tripes pour donner une performance crédible. On n’a qu’une envie, c’est de traverser l’écran et d’aller pogoter avec tous les autres !!! Ce mec est à suivre absolument, pour moi c’est un des meilleurs, peut-être le meilleur acteur de sa génération au Japon.</p>
<p>Ce qui est fort, c’est que tous les acteurs ressemblent à fond à leurs homologues de manga ! On a vraiment l’impression que Ryûsuke et les autres ont pris vie, là, sous nos yeux. Et les personnages secondaires ne sont pas en reste : Eiji, Yoshito et Ran, les rivaux de Beck, Leon Sykes, qui ressemble à un croisement entre Don King et Prince, M. Saito, le fabricant de cartons qui enseigne la guitare à Koyuki, la productrice du Grateful sounds… C’est quasiment un sans-faute !!</p>
<p>Les scénaristes ont pris le parti de raconter l’histoire de Beck de la rencontre de Ryûsuke et Koyuki jusqu’au concert du Grateful sounds. Parti-pris tout à fait compréhensible, vu qu’il était impossible de condenser 34 volumes de manga (au Japon) en un seul film. Du coup, sur 2h20 le réalisateur a le temps de poser sa caméra, on n’a pas l’impression de voir le manga en accéléré. Certes, des passages ont été omis ou modifiés légèrement, mais tout reste cohérent et fidèle à l’esprit du manga. Bien sûr, on n’a pas droit aux « dissertations » sur les techniques de guitare ou les musiciens célèbres, mais ça c’est normal, ça n’aurait pas sa place dans un film de toutes façons ! Non, rien à dire, c’est cohérent de bout en bout ; il faut dire que les japonais sont des fans réputés être très difficiles, une « trahison » à la Harry Potter aurait fait un mini scandale, et les acteurs en auraient sérieusement pâti professionnellement. Bref, la pression sur les épaules du réalisateur a payé, il nous livre là la meilleure adaptation possible d’un manga à succès.</p>
<p>Je vais sans doute aller brûler quelques bâtons d’encens dans des temples pour souhaiter que ce film vous parvienne, en Europe. Même s’il ne sort qu’en vidéo, ruez-vous dessus, si vous aimez Beck – le manga, vous ne serez pas déçu de Beck – le film ! En attendant, vous pouvez vous consoler sur<a href="http://www.beck-movie.jp/"> le site officiel du film</a>, il dépote bien lui aussi.
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	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/beck/" title="Beck" rel="tag">Beck</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/film/" title="film" rel="tag">film</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/manga/" title="manga" rel="tag">manga</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/musique/" title="musique" rel="tag">musique</a><br />
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		<title>Barbara</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Aug 2010 02:52:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C’est presque inutile de parler d’Osamu Tezuka désormais, vu que son talent est maintenant tout à fait reconnu en France. Le nombre de ses œuvres éditées en est témoin, même si elles ne représentent encore qu’une faible partie de la totalité. Mais voilà, parmi ces œuvres, il y en a certaines qui sont moins connues [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2419" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/barbara1.jpg"  class="wmp" id="wmp3"><img class="size-medium wp-image-2419" title="barbara1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/barbara1-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright O. Tezuka / Delcourt 2005</p></div>
<p>C’est presque inutile de parler d’Osamu Tezuka désormais, vu que son talent est maintenant tout à fait reconnu en France. Le nombre de ses œuvres éditées en est témoin, même si elles ne représentent encore qu’une faible partie de la totalité.</p>
<p>Mais voilà, parmi ces œuvres, il y en a certaines qui sont moins connues que d’autres du grand public, et c’est dommage. Je vous avais déjà parlé sur ce blog d’Ayako, œuvre magistrale du maître et beaucoup plus réaliste dans son traitement que les séries pour lesquelles il est le plus connu.</p>
<p>C’est le cas également de Barbara, courte histoire (2 volumes) publiées initialement en 2005 par Delcourt.</p>
<p>Pour être honnête, Barbara n’est pas la plus accessible des œuvres de Tezuka. Elle narre la relation entre Yôsuke Mikura, écrivain anecdotique, et Barbara, une étrange hippie, souillon, alcoolique, lascive et sans gêne. D’où vient-elle ? Personne ne le sait. Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’à son contact, Mikura a de plus en plus de succès littéraire et s’affirme comme un des meilleurs auteurs de sa génération. A lui les prix, les distinctions, les maisons d’édition prestigieuses !</p>
<p>Cependant, sa relation avec Barbara n’est pas un long fleuve tranquille : expérimentations psychédéliques, disputes homériques, fréquentations étranges, Mikura découvre rapidement qu’il ne peut plus supporter les frasques de celle qui « squatte » son chez lui, mais que lorsqu’elle part, il n’a plus d’inspiration. Toute cette mythologie sur les Muses serait-elle donc vraie ?</p>
<p>Oui, Barbara est un manga étrange. Il ne suit pas une trame scénaristique classique, on sent que Tezuka expérimente, suit ses envies. C’est aussi un manga qui peut se lire sur plusieurs niveaux, réaliste mais aussi fantastique, voire mystique.</p>
<p>Tezuka y dépeint les affres de la création littéraire, la vie artistique japonaise des années 60-70, le basculement de l’esprit de Mikura vers un « ailleurs », l’escalade dans les actes pour garder Barbara près de lui jusqu’à leur inévitable rupture finale, le flirt avec la folie, l’alcool, l’obsession, la violence des sentiments humains…</p>
<div id="attachment_2418" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/barbara2.jpg"  class="wmp" id="wmp4"><img class="size-medium wp-image-2418" title="barbara2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/barbara2-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright O. Tezuka / Delcourt 2005</p></div>
<p>Bref, Barbara est un manga presque « ésotérique », d’un traitement totalement débarrassé des « tics » comiques du maitre. C’est poisseux, assez dérangeant, pas très optimiste, mais Tezuka réussit à faire prendre tous ses ingrédients et nous livre là une narration fascinante et passionnante.</p>
<p>Un conseil cependant : abordez Barbara comme si vous n’aviez jamais lu de Tezuka auparavant, ou alors relisez Ayako avant de vous lancer dans cette œuvre, vous y serez sans doute plus sensible, du coup ! Mais il serait dommage de passer à côté de cette facette peu connue du talent d’Osamu Tezuka.
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp3"></div>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp4"></div>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/fantastique/" title="fantastique" rel="tag">fantastique</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/manga/" title="manga" rel="tag">manga</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/tezuka/" title="Tezuka" rel="tag">Tezuka</a><br />
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		<title>Beck, le film, sortie imminente !</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Aug 2010 02:12:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<category><![CDATA[adaptation cinéma]]></category>
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		<description><![CDATA[Je vous avais déjà parlé, l&#8217;année dernière, de l&#8217;adaptation de Beck en film live, et je vous avais donné le casting des rôles principaux. Pas de changements à ce niveau-là, même si Osamu Mukai a depuis &#171;&#160;explosé&#160;&#187; sur la scène feuilleton et film japonaise. En effet, il joue un des deux rôles-titres de la série [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.kroniks.net/2009/06/05/beck-le-film-live/">Je vous avais déjà parlé</a>, l&#8217;année dernière, de l&#8217;adaptation de Beck en film live, et je vous avais donné le casting des rôles principaux. Pas de changements à ce niveau-là, même si Osamu Mukai a depuis &laquo;&nbsp;explosé&nbsp;&raquo; sur la scène feuilleton et film japonaise. En effet, il joue un des deux rôles-titres de la série Gegege no nyôbô (&laquo;&nbsp;L&#8217;épouse de Gegege&nbsp;&raquo;), qui n&#8217;est autre que l&#8217;adaptation en série de la vie de l&#8217;épouse de Shigeru Mizuki, l&#8217;auteur de Kitarô le repoussant (Gegege no Kitarô, d&#8217;où le titre), entre autres.</p>
<p>Jouer Shigeru Mizuki était un vrai défi pour Osamu Mukai : M. Mizuki a en effet perdu un bras lors de la Seconde Guerre Mondiale, pendant les combats en Papouasie-Nouvelle Guinée. Jouer un dessinateur de manga manchot n&#8217;avait donc rien de simple&#8230; Diffusé sur la NHK (la chaîne nationale, réputée mondialement pour la qualité de ses programmes) en petits épisodes quotidiens de 15 minutes, les deux acteurs des rôles principaux sont maintenant considérés comme des valeurs sûres.</p>
<p>Il va donc être très intéressant de voir sa performance dans Beck en tant que Taira, le bassiste taciturne blond. Je ne manquerai bien entendu pas de vous faire part de mes impressions, ce qui ne saurait tarder puisque le film sort le 4 septembre sur les écrans nippons&#8230; et probablement jamais au cinéma en France, malheureusement, mais qui sait ? le manga étant connu en Europe, une sortie DVD n&#8217;est pas complètement impossible&#8230;</p>
<p>Pour vous mettre l&#8217;eau à la bouche, voilà le ticket &laquo;&nbsp;premium&nbsp;&raquo; que j&#8217;ai pu avoir en préachetant ma place. Joli tirage, papier glacé et tout le tremblement, un collector sympa, quoi ! Vous noterez au passage le prix du ticket, 1300 yens, ce qui fait à peu près 12 euros en ce moment. Glups ! 12 euros pour un film ?? Oui, et là c&#8217;est la prévente, donc moins cher. Le ticket normal (une fois le film sorti) coûte lui pas loin de 17 euros&#8230; Mais bon, quand on connait la qualité des salles de cinéma japonaises et le coût de la vie dans l&#8217;archipel, ça aide un peu à relativiser&#8230;</p>
<p><div id="attachment_2409" class="wp-caption aligncenter" style="width: 665px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/beck.jpg"  class="wmp" id="wmp5"><img class="size-large wp-image-2409  " title="beck" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/beck-1024x491.jpg" alt="" width="655" height="314" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Harold Sakuishi / Kodansha 2010</p></div>
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		<title>Sanctuary</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Jul 2010 02:47:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une Dream Team. Pas moyen de qualifier ça autrement ! Quand vous prenez Ryôichi Ikegami (Crying Freeman, Mai the Psychic Girl) et que vous lui adjoignez Shô Fumimura, dont le pseudo Buronson vous est sans doute plus connu puisque scénariste de Ken le survivant, moi j’appelle ça une Dream Team. Sanctuary narre les aventures de deux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2360" class="wp-caption alignleft" style="width: 226px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary1a_03042004.jpg"  class="wmp" id="wmp6"><img class="size-medium wp-image-2360" title="Sanctuary1a_03042004" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary1a_03042004-216x300.jpg" alt="" width="216" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ikegami-Fumimura / Kabuto 2004</p></div>
<p>Une Dream Team. Pas moyen de qualifier ça autrement ! Quand vous prenez Ryôichi Ikegami (Crying Freeman, Mai the Psychic Girl) et que vous lui adjoignez Shô Fumimura, dont le pseudo Buronson vous est sans doute plus connu puisque scénariste de Ken le survivant, moi j’appelle ça une Dream Team.</p>
<p>Sanctuary narre les aventures de deux jeunes hommes, Hôjô et Asami, quasiment frères de sang. Ils ont un but, lié à un passé commun douloureux : faire du Japon leur « sanctuaire », un endroit où ils pourraient être enfin chez eux. Si ça ce n’est pas de l’ambition !!</p>
<p>Pour ce faire, Hôjô va choisir la voie du Yakuza, tandis qu’Asami se lance dans la politique. Le challenge : arriver le plus vite possible en haut de l’échelle et pour cela, tous les moyens sont bons : chantages, viols, meurtres, manipulations…</p>
<p>Disons-le tout de suite : Sanctuary est un manga « adulte ». Oui, c’est violent, parfois érotique, mais c’est adulte aussi parce qu’on se prend une bonne grosse leçon de réalisme sur l’ambiance politico-sociale de l’archipel nippon.</p>
<p>En fait, si Sanctuary est une réussite incontestable sur le plan de la narration, elle l’est aussi sur celui du contenu. Y sont dénoncés tous les travers d’une société bien plus malade que ses dehors policés pourraient le laisser penser. La collusion mafia-monde politique, secret de polichinelle pour les nippons mais que les européens ne connaissent sans doute pas assez, la rigidité d’une société ultra-hiérarchique où les « vieux » accaparent tous les postes et s’y accrochent, ne laissant aucune chance aux jeunes, la prostitution étrangère, etc…</p>
<p>Du coup, la réaction de Hôjô et d’Asami est à la mesure de la déliquescence de la société : tous les coups sont permis !! Hôjô veut rapidement devenir boss de tous les yakuza du pays, mais il devra aussi compter avec les mafias chinoise et russe. Asami entre au service de l’éminence grise du gouvernement, l’homme qui tire les ficelles dans l’ombre… et va tout faire pour l’assassiner politiquement.</p>
<p>Alors oui, Sanctuary est une histoire de « salauds magnifiques », ambiance John Woo, où on ne peut pas détester les héros pour leurs actions, car le monde où ils évoluent ne leur laisse pas le choix. Hôjô et Asami sont des anti-héros et les deux auteurs les assument très bien.</p>
<div id="attachment_2359" class="wp-caption alignright" style="width: 214px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary9_22022005.jpg"  class="wmp" id="wmp7"><img class="size-medium wp-image-2359" title="Sanctuary9_22022005" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sanctuary9_22022005-204x300.jpg" alt="" width="204" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Ikegami-Fumimura / Kabuto 2005</p></div>
<p>Car oui, Ikegami et Fumimura sont à la hauteur de leurs ambitions sur ce manga : le scénario est en béton, les personnages convaincants et pas monolithiques, le dessin confine au génie, le découpage tient en haleine le lecteur jusqu’à l’ultime page de l’ultime volume.</p>
<p>Les seuls problèmes de ce manga ? Peut-être un regard un peu trop tendre sur les agissements de Hôjô et d’Asami… mais après tout, c’est aussi pour ça qu’on aime les films de John Woo, hein ! Le second problème est matériel : l’éditeur, Kabuto, n’existe plus depuis 2008 et du coup, il peut être un peu difficile à trouver dans son intégralité.</p>
<p>Mais si vous le trouvez et que vous aimez les polars politico-mafieux, jetez-vous dessus, vous ne le regretterez pas !
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		<title>Thermae Romae</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Jun 2010 01:08:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une des choses les plus remarquables au Japon est ce rapport privilégié que les japonais entretiennent avec le bain et le soin du corps. Les onsen (bains thermaux) sont une véritable institution et si leurs usages peuvent déstabiliser les occidentaux peu habitués à la nudité collective, je peux vous dire qu’une fois qu’on a essayé, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2305" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/thermae.jpg"  class="wmp" id="wmp8"><img class="size-medium wp-image-2305" title="thermae" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/thermae-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Marie Yamazaki / Enterbrain 2009</p></div>
<p>Une des choses les plus remarquables au Japon est ce rapport privilégié que les japonais entretiennent avec le bain et le soin du corps. Les <em>onsen</em> (bains thermaux) sont une véritable institution et si leurs usages peuvent déstabiliser les occidentaux peu habitués à la nudité collective, je peux vous dire qu’une fois qu’on a essayé, on en ressort convaincu !</p>
<p><strong>A cheval sur deux mondes</strong></p>
<p><em>Thermae Romae</em>, puisque c’est le nom de ce manga, joue de manière intelligente sur ces différences, en prenant un angle audacieux et finalement assez peu utilisé.</p>
<p>Lucius est un architecte romain. Oui, romain, comme dans Empire romain, époque empereur Hadrien ! Il traverse une période difficile : son dernier projet vient d’être refusé, au titre que ses idées architecturales seraient trop « vieilles »… En chemin vers les thermes, pour se détendre, il fait alors le bilan de ce qu’est devenu l’Empire romain depuis sa fondation et se demande si les critiques sur son travail ne seraient pas justifiées…</p>
<p>Les thermes ne sont finalement pas le meilleur endroit pour ses réflexions : très fréquentées, elles sont non seulement un lieu de relaxation mais aussi d’exercice physique et de soin du corps, dans les différents gymnases qui les composent.</p>
<p>Pour s’isoler, Lucius se plonge alors dans l’eau. Perdu dans ses méditations, il remarque cependant un étrange orifice au fond du bassin, par lequel l’eau s’échappe. S’approchant, il se fait soudain aspirer ! Lucius va-t-il mourir ainsi ?</p>
<p>Non, car il aperçoit la surface ! Mais quand il émerge… force est de constater qu’il n’est plus à Rome !! Il n’est pas le seul surpris, d’ailleurs : imaginez la tête des japonais du quartier, venus se détendre dans ce bain public, et qui voient soudain un étranger surgir de l’eau ! Hé oui, Lucius a fait un voyage temporel de la Rome antique au Japon actuel…</p>
<p><strong>Humour et salle de bains</strong></p>
<p>La série de Marie Yamazaki joue sur ce décalage : Lucius et les japonais ne sont bien entendu pas capables de se comprendre linguistiquement. Et les avancées technologiques de notre époque laissent souvent le romain perplexe. Cela donne lieu à un certain nombre de quiproquos cocasses ou de situations déstabilisantes pour Lucius : la scène où il se demande, assis sur des toilettes automatiques japonaises, combien d’esclaves cette civilisation peut employer pour faire de la musique pendant qu’on « fait son affaire », est impayable !  Surtout quand il enclenche par mégarde la fonction « bidet »…</p>
<p>Cependant, ces « glissades temporelles » (oui, cela se reproduira, prouvant à Lucius qu’il n’a pas rêvé) vont être l’occasion pour l’architecte romain de découvrir de nouvelles pratiques liées au bain et aux soins du corps. Il va d’ailleurs s’inspirer de certaines pour son propre travail, comme par exemple la sorte de chapeau qui permet de ne pas se mettre du shampooing dans les yeux, ce qui ne va pas manquer de remonter jusqu’aux oreilles de l’empereur…</p>
<p>C’est l’occasion aussi pour Lucius de découvrir de nouvelles pratiques culinaires liées aux bains, comme l’œuf cuit dans la source thermale, accompagné de saké, ou le plaisir d’une bonne bière fraîche après un bon bain chaud.</p>
<div id="attachment_2304" class="wp-caption alignright" style="width: 227px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/terumae450.jpg"  class="wmp" id="wmp9"><img class="size-medium wp-image-2304 " title="terumae450" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/terumae450-217x300.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Marie Yamazaki - 2010 (obtention de son prix)</p></div>
<p><strong>Un maitre mot : le réalisme</strong></p>
<p>Une telle série pourrait être vécue comme une aimable plaisanterie par des lecteurs occidentaux. Après tout, c’est un peu comme si un français s’amusait à faire une série BD sur la fabrication des katana dans le Japon du Moyen Âge : on pourrait craindre les anachronismes et les contresens.</p>
<p>Marie Yamazaki aborde cependant cet ouvrage avec un sérieux avantage : elle a vécu et étudié en Italie et elle est mariée avec un italien. Elle habite maintenant au Portugal, où travaille son mari.</p>
<p>Elle a donc pris le parti du réalisme : les voyages temporels ne sont ici qu’un prétexte scénaristique, la série n’a rien d’une série de science-fiction ou de fantastique. On se place plutôt dans une étude de civilisation. D’ailleurs, à la fin de chaque chapitre, un court texte explique au public japonais les us et coutumes de la Rome antique, avec force photos de vestiges et références historiques.</p>
<p>De plus, le dessin de Marie Yamazaki est résolument réaliste, mais elle conserve tout de même le parti pris de la narration en bande dessinée : les romains jouissent ainsi d’un dessin très détaillé, presque de « statues grecques », alors que les traits des japonais sont plus schématiques. Cela renforce cette impression d’un étranger perdu dans un autre monde, sans tomber pour autant dans la caricature.</p>
<p>Le rythme de la narration est intéressant : chaque chapitre est une glissade temporelle de Lucius, mais ces chapitres gardent une cohérence narrative entre eux. Marie Yamazaki évite ainsi l’écueil d’une démonstration culturelle trop longue et donc lassante et parvient sans mal à garder l’attention et l’intérêt de ses lecteurs.</p>
<p>Bref, <em>Thermae Romae </em>est un peu une révélation pour moi, dans le domaine « manga sérieux mais pas barbant ». Il ne reste plus qu’à espérer une traduction française le plus rapidement possible, cette œuvre le mérite amplement, d’autant qu’il a remporté un prix prestigieux au Japon !
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		<title>Bd et manga de S.F. se rencontrent à Kyôto !</title>
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		<pubDate>Thu, 20 May 2010 06:03:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a de cela plus d’un an, je vous avais parlé du Musée International du Manga de Kyôto. C’est le moment de lui redonner un petit coup de projecteur, puisque très récemment s’y est déroulée une animation autour de la BD de SF française. Le Musée n’a d’ailleurs pas traité le sujet à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2223" class="wp-caption alignleft" style="width: 224px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mezieres.jpg"  class="wmp" id="wmp10"><img class="size-medium wp-image-2223" title="mezieres" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mezieres-214x300.jpg" alt="" width="214" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright J-C. Mézières / Musée International du Manga 2010</p></div>
<p>Il y a de cela plus d’un an, je vous avais parlé du <a href="http://www.kroniks.net/2008/11/12/le-musee-international-du-manga/">Musée International du Manga</a> de Kyôto. C’est le moment de lui redonner un petit coup de projecteur, puisque très récemment s’y est déroulée une animation autour de la BD de SF française.</p>
<p>Le Musée n’a d’ailleurs pas traité le sujet à la légère : deux expositions et plusieurs conférences ont permis d’aborder le thème en profondeur. Les invités étaient aussi au rendez-vous : J-C. Mézières &amp; P. Christin (Valérian), le scénariste J-D. Morvan (Sillage, le Petit monde, etc…) du côté français, Jirô Taniguchi (Icare avec Moebius, Seton, etc…) et Yoshikazu Yasuhiko (Gundam, Arion). Excusez du peu !! Pas de photos de l’intérieur du musée, vous devrez donc vous contenter de photos du mur de dédicaces situé dans le petit café attenant au musée. Comme vous le voyez, y a quand même de quoi se régaler les yeux !</p>
<p>Une des expositions était centrée sur l’univers de Valérian. Composée de reproductions de planches originales, ordonnées par année de publication, elle permet de suivre l’évolution graphique et thématique de la série. De nombreux exemplaires des aventures de Valérian et Laureline sont en libre accès. Il faut dire aussi que son univers jouit indirectement de la popularité du film Le Cinquième Elément (Luc Besson), puisque J-C. Méziers a effectué un très gros travail de recherche graphique pour le film. Cet aspect est aussi bien mis en valeur dans cette exposition.</p>
<div id="attachment_2227" class="wp-caption alignright" style="width: 250px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image111.jpg"  class="wmp" id="wmp11"><img class="size-medium wp-image-2227 " title="Image111" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image111-300x225.jpg" alt="" width="240" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Laureline, Valérian, Gundam, Ashita no Jô, une rencontre inédite !</p></div>
<p>La seconde met en parallèle les manga et les BD de SF, au travers d’une trentaine d’exemples, sur le principe de l’alternance : 1 manga, 1 BD. On y retrouve tous les grands classiques des deux catégories : Blame, Gunnm, Akira, Universal War One, Sillage, Le Complexe du Chimpanzé, etc… Là encore, de nombreux ouvrages sont à la disposition du public. Un choix éclectique mais très intéressant !</p>
<p>Soyons réalistes : la première des deux expositions intéressera surtout les visiteurs européens de passage, qui constitue une part non négligeable de la fréquentation du musée. La seconde sera plus familière aux visiteurs japonais, de par la présence des manga. Néanmoins, les deux expositions étant à proximité l’une de l’autre, les rencontres restent possibles et contribueront à familiariser la BD auprès du public japonais.</p>
<p>Côté conférences maintenant : je n’ai malheureusement pas pu assister à celle qui réunissait J-C. Mézières, P. Christin et J. Taniguchi. Je remercie donc Frédéric Toutlemonde, le rédac-chef d’<a href="http://www.kroniks.net/tag/euromanga/">Euromanga </a>qui était sur place et qui m’en a livré la substantifique moelle. Même si le public a été un peu moins nombreux que prévu, la rencontre a porté ses fruits : Christin &amp; Mézières ont parlé de leurs 40 ans de collaboration et ont offert au public nippon une approche quasi ethnologique de Valérian, insistant sur le fait qu’il n’y a pas de bons et de méchants à proprement parler, mais simplement des personnages dont les aspirations entrent parfois en conflit. La séance s’est clôturée sur un dessin de Laureline par Mézières et un autre de Taniguchi sur la série de SF qu’il dessine actuellement, où il a explicité le processus d’encrage et d’ombre aux évidentes inspirations BD.</p>
<p>Le lendemain, la salle était quasiment comble. Il est vrai que la venue de Yoshikazu Yasuhiko fait bouger les fans japonais, Gundam étant aussi ancré dans l’imaginaire nippon que peuvent l’être pour nous Tintin ou Astérix. La conférence était d’ailleurs retransmise en direct sur internet. Rencontre d’autant plus intéressante que Morvan et Yasuhiko appartiennent à des générations très différentes, Morvan étant de son propre aveu un véritable « enfant de la japanim », élevé au Goldorak grand teint. On sentait toute l’admiration de Morvan pour son homologue japonais.</p>
<div id="attachment_2229" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image113.jpg"  class="wmp" id="wmp12"><img class="size-thumbnail wp-image-2229" title="Image113" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Image113-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Moebius, Monkey Punch... du beau monde on vous dit !!</p></div>
<p>Ce dernier ne se considère d’ailleurs pas comme un auteur S.F. à part entière, insistant sur le fait qu’il a créé d’autres séries, comme Jésus, Jeanne (toutes deux publiées chez Tonkam) ou Arion, mais qu’elles n’ont pas connu le même succès que Gundam. Il a insisté sur le caractère presque « anti-héros » de ses personnages, dans un monde où rien n’est ni tout blanc ni tout noir, faisant par là le pont avec l’univers de Valérian évoqué la veille. J.-D. Morvan est revenu quant à lui sur les différentes séries S.F. qu’il a initiées avec des auteurs japonais, comme par exemple le Petit Monde, avec Toru Terada (Dargaud).</p>
<p>Malheureusement, avec les impératifs de traduction français-japonais, la séance n’a pu se clôturer par la traditionnelle série de questions du public, mais Yasuhiko Yoshikazu nous a, à l’instar de Mézières la veille, gratifié d’une démonstration de sa technique de dessin et des codes manga qui la régissent, sur Gundam.</p>
<p>Une excellente initiative donc que celle du Musée International du Manga, pour une manifestation réussie. Espérons qu’elle soit un des jalons vers une meilleure connaissance de la BD européenne au Japon, et que des évènements de ce type se reproduiront bientôt !
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		<title>Euromanga 4</title>
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		<pubDate>Thu, 13 May 2010 05:22:31 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Déjà un an et demi qu’Euromanga a commencé son aventure. Le tome 4 vient en effet tout juste de sortir ! A cette occasion, Kroniks a pu réaliser une nouvelle interview de son rédacteur en chef, Frédéric Toutlemonde, que vous retrouverez très bientôt dans nos colonnes. Au sommaire de ce nouveau numéro, la suite des séries [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2184" class="wp-caption alignleft" style="width: 218px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/euromanga-44.jpg"  class="wmp" id="wmp13"><img class="size-medium wp-image-2184" title="glitter_cosmeE1,2.AI" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/euromanga-44-208x300.jpg" alt="" width="208" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Euromanga 2010</p></div>
<p>Déjà un an et demi qu’Euromanga a commencé son aventure. Le tome 4 vient en effet tout juste de sortir ! A cette occasion, Kroniks a pu réaliser une nouvelle interview de son rédacteur en chef, Frédéric Toutlemonde, que vous retrouverez très bientôt dans nos colonnes.</p>
<p>Au sommaire de ce nouveau numéro, la suite des séries des tomes précédents : Rapaces, le Bibendum Céleste, Sky Doll et le Vol du Corbeau. A cela, ajoutez une brève de Blacksad (« Comme chien et chat), une autre de Jodorowski/Moebius dans le cycle de l&#8217;Incal (« L’origine de Solune »). Puis inaugurez deux nouvelles séries, tout à fait friponnes et « french sex » : <a href="http://www.kroniks.net/2009/10/27/happy-sex/">Happy sex</a> (Zep) et Péchés mignons (Arthur de Pins). Quand même, Zep !!  La performance n&#8217;est pas mince, étant donné la popularité du monsieur en Europe. Bref, un joli coup pour Euromanga, et une vraie chance pour le public japonais de découvrir cet auteur culte. Et puis, Péchés mignons, eh bien c&#8217;est le genre de friandise que l&#8217;on déguste sous le manteau, en se disant rhooo, c&#8217;est pas bien quand même, mais qu&#8217;est-ce que c&#8217;est bon ! Aucune raison de se priver, donc</p>
<p>Secouez le tout, avec quelques articles (la rencontre au Musée international du Manga sur le thème de la SF dans la BD française – une interview de Hirohiko Araki, le créateur de JoJo’s Bizarre Adventures) , et vous obtenez un volume bien rempli (144 pages toutes en couleur) ! Rendez-vous cet hiver pour le tome 5 !
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		<title>Hisashi Sakaguchi &#8211; Une rétrospective</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Feb 2010 08:41:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mangas]]></category>
		<category><![CDATA[action]]></category>
		<category><![CDATA[conte]]></category>
		<category><![CDATA[hisashi sakaguchi]]></category>
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		<description><![CDATA[Hisashi Sakaguchi n&#8217;est pas un nom très connu parmi le « public manga » en France, à part sans doute par les spécialistes. C&#8217;est bien dommage et je me suis dit qu&#8217;une petite rétrospective de son œuvre publiée en France ne serait pas inappropriée. D&#8217;autant que, décédé trop tôt, ses manga n&#8217;ont sans doute pas connu le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hisashi Sakaguchi n&#8217;est pas un nom très connu parmi le « public manga » en France, à part sans doute par les spécialistes. C&#8217;est bien dommage et je me suis dit qu&#8217;une petite rétrospective de son œuvre publiée en France ne serait pas inappropriée. D&#8217;autant que, décédé trop tôt, ses manga n&#8217;ont sans doute pas connu le succès qu&#8217;ils auraient mérité.</p>
<p>Né au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, le 5 mai 1946 pour être précis, dans le département de Saitama (au Nord de Tôkyô), sa famille déménage peu de temps après dans la capitale. Alors qu&#8217;il est toujours lycéen, il entre à 17 ans dans le prestigieux Mushi Production, hé oui, le studio de Tezuka Osamu, celui-là même où il fonda les standards de l&#8217;animation télévisuelle japonaise, notamment par le biais de <em>Tetsuwan Atomu</em> (Astro le petit robot) ! Avouez qu&#8217;il y a pire à mettre sur son C.V&#8230;. Évidemment, il y débute par le bas de l&#8217;échelle, mais cela lui permet de faire ses armes sur des séries telles que Astro le petit robot, <em>Jungle Taitei</em> (Le Roi Léo) ou <em>Ribon no Kishi</em> (Princesse Saphir).</p>
<p>Il restera 5 ans dans le studio, le temps d&#8217;acquérir un solide bagage technique et narratif. Par la suite, il reprend sa liberté et devient free-lance en 1968, réalisant des films animés publicitaires, travaillant également pour de grands studios tels que la Tatsunoko prod., Nippon Sunrise ou la Toei durant les années 70-80. Parallèlement, il fait ses débuts de mangaka en 1969 avec <em>Osarabashirô!</em> (non traduit).</p>
<p>Pour son activité de mangaka, il prend la décision de réaliser ses œuvres intégralement, sans l&#8217;aide d&#8217;assistants comme cela est pourtant généralement la norme, à part sur son manga <em>Wolfguy</em> (1979). De fait, ses manga sont généralement des œuvres assez courtes, en peu de tomes.</p>
<p>Décédé prématurément en 1995, Hisashi Sakaguchi n&#8217;a pas connu un destin très enviable dans la publication de ses œuvres en France. Tout d&#8217;abord, seules trois de ses manga nous sont parvenus. Étant donné qu&#8217;il s&#8217;agit de ceux ayant rencontré le plus de succès, on ne peut en blâmer les éditeurs français. Cependant, on ne peut pas forcément toujours en dire autant de leur traitement de cette œuvre. Petite revue de détail.</p>
<p><strong>Fleur de Pierre : un autre angle sur la guerre</strong></p>
<p><em> </em></p>
<div id="attachment_2111" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><em><em><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur1.jpg"  class="wmp" id="wmp14"><img class="size-medium wp-image-2111" title="fleur1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur1-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></em></em><p class="wp-caption-text">copyright H. Sakaguchi / Vents d&#39;Ouest - 1997</p></div>
<p><em>Ishi no Hana</em> est la première série qui va faire connaître réellement Hisashi Sakaguchi au Japon. Il en publie 6 volumes entre 1984 et 1986. Le thème est plutôt original : la Seconde Guerre Mondiale, certes, mais dans les Balkans, en Yougoslavie pour être plus précis. Voilà un sujet bien étrange à traiter pour un japonais, mais après tout pourquoi pas ? D&#8217;autant que si la Seconde Guerre Mondiale est un support de choix pour la BD en générale, rares sont les auteurs à avoir porté leur regard sur cette partie de l&#8217;Europe&#8230;</p>
<p>L&#8217;action prend place dans la partie slovène de la Yougoslavie, non loin de la frontière italienne, en 1939. Un nouveau professeur, M. Funbelbaldinc, arrive dans un petit village pour prendre la suite de l&#8217;institutrice partie en retraite. Sur le chemin, il rencontre Krilo, un gamin un peu rebelle mais débrouillard, sans grand appétit pour les études. Parmi les gens du village, la rumeur des agissements d&#8217;Hitler gronde ; les avis sont partagés et on peut déjà sentir des dissensions entre Slovènes, Croates, Bosniaques et Serbes&#8230;</p>
<p>Cependant, ces bruits de bottes sont bien lointains et n&#8217;affectent pas vraiment la vie du village, à part lors des soirées à l&#8217;auberge, où les esprits s&#8217;échauffent parfois sous l&#8217;effet de l&#8217;alcool. La vie suit son cours et pour les enfants M. Funbelbaldinc se révèle un professeur bien particulier, toujours un peu tête en l&#8217;air et qui porte sur le monde un regard étrange&#8230;</p>
<p>Ce dernier décide d&#8217;emmener les enfants de la classe en excursion dans des grottes non loin de la frontière italienne, pour y montrer ces magnifiques « fleurs de pierre » que les concrétions rocheuses naturelles forment. Au sortir de la visite, Fi, l&#8217;une des filles de la classe et amie de Krilo, ne se sent pas bien ; M. Funbelbaldinc décide de rester un peu avec elle, laissant les enfants de la classe rentrer au village dans le camion d&#8217;un des habitants.</p>
<p>C&#8217;est là que tout bascule : sur le chemin du retour, un bruit inhabituel ; deux avions allemands à basse altitude font un premier passage au-dessus du camion puis ouvrent le feu ! Lorsque Krilo se remet du choc, c&#8217;est pour constater que le camion est en feu et que ses camarades sont tous morts&#8230; Il a juste le temps de se mettre à l&#8217;abri avant que les avions ne reviennent l&#8217;achever ! Il se rue vers le village, mais c&#8217;est pour le découvrir en proie aux flammes, et les troupes allemandes en train de perpétrer un massacre aveugle. Il n&#8217;a d&#8217;autre choix alors que de se réfugier dans la montagne, où il va tomber sur un groupe de maquisards résistants.</p>
<p>Pour Fi, la situation n&#8217;est pas meilleure : capturée, elle est envoyée dans un camp de travail au centre du pays, qui ressemble à s&#8217;y méprendre aux camps de concentration que les nazis ont dressé plus au nord de l&#8217;Europe. Elle manque y mourir, mais le commandant du camp, frappé par sa ressemblance avec sa petite sœur disparue, l&#8217;en extrait et la fait soigner. Malheureusement, les mauvais traitements ont privé Fi de la vue et nul ne sait si elle la recouvrera un jour&#8230;</p>
<div id="attachment_2112" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur2.jpg"  class="wmp" id="wmp15"><img class="size-medium wp-image-2112" title="fleur2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fleur2-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright H. Sakaguchi / Vents d&#39;Ouest - 1997</p></div>
<p>Fleur de Pierre offre un traitement réaliste de la guerre : combats, massacres, exactions, mais aussi espoirs, collaboration, marché noir, résistance&#8230; Hisashi Sakaguchi ne se voile pas la face quant à la nature de la guerre et ne souhaite pas non plus en préserver le lecteur. Il en profite d&#8217;ailleurs pour faire passer ses propres réflexions sur l&#8217;Homme, la vie, la mort&#8230; permettant à Fleur de Pierre de dépasser le simple cadre de « BD sur la guerre » pour acquérir un statut plus universel. Il y parvient très bien d&#8217;ailleurs, trouvant le juste équilibre entre action et réflexion. Son trait sert son propos admirablement, même si parfois le lecteur attentif et connaisseur pourra y déceler des vestiges de son « éducation » au sein de Mushi Prod.</p>
<p>Malheureusement, il y a un gros « mais » à Fleur de Pierre : Vents d&#8217;Ouest, qui en avait publié les trois premiers tomes en 1997, s&#8217;est arrêté là, alors que la série compte 6 tomes au Japon&#8230; Bref, dans sa version française, vous n&#8217;en connaîtrez jamais la fin ! Le format de publication n&#8217;a peut-être pas aidé : sur le modèle des volumes d&#8217;Akira publiés par Glénat à la même époque, le public français n&#8217;était peut-être pas prêt. En 1997, le manga est encore largement perçu comme un divertissement de « gamins », or Fleur de Pierre est une œuvre plutôt « adulte ».</p>
<p>Cependant, que cela ne vous rebute pas ! Fleur de Pierre, même incomplet, vaut largement la lecture ! Il reste à espérer qu&#8217;une bonne âme voudra bien un jour en reprendre la publication, pour qu&#8217;enfin on sache la fin des aventures de Krilo et de Fi&#8230;</p>
<p><strong>Version : biotech et avenir de l&#8217;humanité</strong></p>
<p>Voilà un manga prometteur : Mitsuru Happo est un détective privé un peu minable. Il ne croule pas sous les affaires et donc ne roule pas sur l&#8217;or. Alors, bien sûr, quand une charmante jeune femme vient l&#8217;embaucher pour retrouver son père, vous pensez bien qu&#8217;il ne va pas refuser !</p>
<div id="attachment_2110" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/version.jpg"  class="wmp" id="wmp16"><img class="size-medium wp-image-2110" title="version" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/version-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Hisashi Sakaguchi / Glénat - 1996</p></div>
<p>Seulement, l&#8217;affaire se révèle rapidement plus complexe qu&#8217;elle n&#8217;en a l&#8217;air. C&#8217;est que le père de la demoiselle est un scientifique de renom et qu&#8217;il travaillait sur un projet bien mystérieux. Il y a quelques années, il était ainsi parti de son laboratoire avec le résultat d&#8217;une expérience top secrète, rien de moins qu&#8217;une nouvelle forme de vie !</p>
<p>La dernière position connue du professeur étant l&#8217;Australie, c&#8217;est là qu&#8217;Happo et la demoiselle se rendent. Mais ils ne tarderont pas à découvrir que le projet a évolué tout seul bien au-delà des prévisions des scientifiques et surtout qu&#8217;ils ne sont pas les seuls à vouloir mettre la main sur le projet et sur le professeur&#8230;</p>
<p>Version part donc comme un thriller écolo-scientifique, avec réflexion sur la place de l&#8217;Homme dans l&#8217;Univers, sa relation à la Nature, etc&#8230; Malheureusement, Version a lui aussi souffert des aléas de la publication des manga en France. Cette fois, c&#8217;est Glénat qui n&#8217;en a publié qu&#8217;un seul volume sur les trois qui sont sortis au Japon ! C&#8217;est très regrettable, car l&#8217;histoire s&#8217;annonçait passionnante&#8230; Au moins, à la différence de Fleur de Pierre, vous pouvez toujours en chercher les éditions anglaise ou allemande&#8230; Un beau gâchis, quoi.</p>
<p><strong>Ikkyu : sur les traces de Bouddha</strong></p>
<p>Consolons-nous : Ikkyu, l&#8217;œuvre la plus connue de Hisashi Sakaguchi, a elle été éditée intégralement en France, par Glénat puis Vents d&#8217;Ouest.</p>
<p>Cette fois, c&#8217;est à une biographique que s&#8217;attelle l&#8217;auteur : Ikkyu est en effet un personnage historique du XVe siècle japonais. Fils illégitime de l&#8217;empereur Gokomatsu, il est éloigné de la Cour pour des raisons évidentes et rapidement confié par sa mère à monastère bouddhiste zen, où il va donc faire l&#8217;apprentissage du métier de bonze.</p>
<div id="attachment_2114" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ikkyu1.jpg"  class="wmp" id="wmp17"><img class="size-medium wp-image-2114" title="ikkyu1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ikkyu1-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright H. Sakaguchi / Glénat - 1996</p></div>
<p>Cependant, Ikkyu va rapidement développer un esprit très critique face à certaines pratiques. Il s&#8217;éloignera de son monastère d&#8217;origine pour partir en quête de sa propre vérité. Il est une figure complexe du bouddhisme japonais : philosophe, artiste, il fut aussi un jouisseur invétéré des bonnes choses de la vie, les femmes y compris.</p>
<p>Son iconoclasme fera qu&#8217;il sera adulé par certains, rejeté par d&#8217;autres ; il remplira temporairement d&#8217;importantes charges dans des monastères prestigieux, mais s&#8217;en éloignera toujours pour retrouver la solitude, la méditation et les filles de joie !</p>
<p>Le manga d&#8217;Hisashi Sakaguchi rend bien tout cela et parvient à retranscrire la complexité du cheminement intellectuel d&#8217;Ikkyu sans jamais tomber dans l&#8217;incompréhensible pour son lecteur très certainement peu habitué aux subtiles différences entre écoles de pensée bouddhique. La vie, la mort, le sexe, l&#8217;amour, l&#8217;amitié et le ressentiment, toutes ces émotions passent presque à l&#8217;état brut des planches de Sakaguchi.</p>
<p>On ne peut s&#8217;empêcher de rapprocher Ikkyu du Bouddha de Tezuka, d&#8217;autant plus quand on sait que Sakaguchi a travaillé sous les ordres du maître. Pour moi, Ikkyu dépasse Bouddha, en cela que la narration est plus resserrée ; Sakaguchi se consacre à un seul personnage, là où Tezuka devait nécessairement envisager les autres acteurs de l&#8217;histoire de Bouddha. De fait, il n&#8217;y a aucun temps mort dans Ikkyu, un comble pour un manga qui traite principalement de religion et de philosophie ! Ikkyu est aussi sans doute l&#8217;œuvre la plus personnelle de Hisashi Sakaguchi, puisqu&#8217;il est décédé quelques semaines avant que le dernier tome ne soit publié&#8230;</p>
<p>De fait, Ikkyu est une lecture chaudement conseillée, une de ces perles qui démontrent avec brio que le manga n&#8217;est pas plus pour adolescents décérébrés que ne le sont les comics ou la BD. Au-delà, c&#8217;est toute l&#8217;œuvre d&#8217;Hisashi Sakaguchi publiée en français qui mérite d&#8217;être lue et relue, en espérant qu&#8217;un jour les éditeurs combleront les regrettables manques qu&#8217;ils ont provoqué&#8230;
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