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	<title>Kroniks &#187; Osamu Tezuka</title>
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		<title>Ayako</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Dec 2009 09:45:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mangas]]></category>
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		<description><![CDATA[On ne présente plus Osamu Tezuka, le « Dieu du manga ». Ses œuvres les plus célèbres, comme Astro, le Roi Léo ou encore Blackjack, font maintenant partie de l&#8217;imaginaire collectif un peu partout dans le monde. Auteur extrêmement prolifique, seule une petite partie de ses manga a été éditée en France jusqu&#8217;à présent. Bien sûr, on [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1880" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1880" title="ayako" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ayako-300x300.jpg" alt="Copyright O. Tezuka / Delcourt 2003" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">Copyright O. Tezuka / Delcourt 2003</p></div>
<p>On ne présente plus Osamu Tezuka, le « Dieu du manga ». Ses œuvres les plus célèbres, comme <em>Astro</em>, le <em>Roi Léo</em> ou encore <em>Blackjack</em>, font maintenant partie de l&#8217;imaginaire collectif un peu partout dans le monde. Auteur extrêmement prolifique, seule une petite partie de ses manga a été éditée en France jusqu&#8217;à présent.</p>
<p>Bien sûr, on ne peut passer à côté de la notoriété d&#8217;<em>Astro</em>, de <em>Blackjack</em> ou même de <em>Bouddha</em>. Ces œuvres magistrales méritent entièrement leur notoriété. Cependant, on pourrait dire qu&#8217;elles représentent la facette « mainstream » de l&#8217;auteur.</p>
<p>Car à côté de cela, Osamu Tezuka a écrit et publié de nombreux récits moins ambitieux dans le nombre de tomes mais s&#8217;adressant à un public plus mature, notamment dans sa période tardive. Ces manga ne sont pas moins intéressants, bien au contraire ils révèlent la facette « sérieuse », presque « auteurisante » de Tezuka, qui croyait fermement que l&#8217;âge ou la condition sociale n&#8217;étaient pas un frein à la lecture des manga et que tout pouvait s&#8217;exprimer par ce média.</p>
<p><em>Ayako</em> fait partie de ces œuvres. Trois petits tomes et l&#8217;histoire est finie. Mais voilà : en trois tomes, Tezuka déploie tout son talent de narrateur et parvient à camper sans difficulté des personnages complexes, ambigus et multidimensionnels.</p>
<p><strong>Les vicissitudes d&#8217;une vieille famille</strong></p>
<p>La famille Tenge est une vieille dynastie de propriétaires terriens, régnant en maître sur ses champs et sur les paysans qui les exploitent pour son compte. La fin de la guerre n&#8217;a cependant rien arrangé : les Tenge sont en quelque sorte « victimes » de la réforme agraire ; si cela a sérieusement entamé leurs ressources, leur prestige est lui toujours intact.</p>
<p>Sur cette famille règne le père, Sakuemon, marié à la très effacée Iba. Ils ont 5 enfants : Ichirô l&#8217;aîné, destiné à prendre la suite de son père, puis Jirô, Naoko, Shiro et enfin Ayako. A cela il faut ajouter Oryo, la servante simple d&#8217;esprit, proche d&#8217;Ayako.</p>
<p>En apparence tout va bien, mais sous le vernis, la pourriture est bien installée. <strong>Sakuemon</strong> est un tyran domestique, arrogant, manipulateur, au service de ses propres désirs. La preuve en est qu&#8217;il a promis à <strong>Ichirô</strong> son héritage à la condition que ce dernier prendrait pour femme celle que son père désignerait. La pauvre Sué est ainsi mariée à Ichirô mais est contrainte de laisser Sakuemon profiter de son corps ; Ichirô ferme les yeux, ce qui l&#8217;intéresse c&#8217;est de prendre la place de son père.</p>
<p><strong>Jirô</strong> a lui fait le choix, après la guerre durant laquelle il a perdu un oeil, d&#8217;entrer au service des américains qui dirigent maintenant le pays. De fait, sa famille (et leurs dépendants) le considère plus ou moins comme un traître et il a perdu toutes ses chances à l&#8217;héritage. Problème, ses activités le conduisent à être complice d&#8217;un meurtre et Ayako en est témoin !</p>
<p><strong>Naoko</strong>, 18, fait secrètement partie d&#8217;un groupuscule communiste et entretient une liaison avec le chef de celle-ci. Mais si Ichirô l&#8217;apprend, lui qui est violemment anti-communiste, il risque de la tuer de ses propres mains&#8230;</p>
<p><strong>Shiro</strong> n&#8217;a beau avoir que 12 ans, il sait très bien ce qui se passe dans la famille. Il sait aussi qu&#8217;il ne doit rien dire pour le moment et qu&#8217;il doit garder ses cartes pour plus tard. Il y a déjà quelque chose de Sakuemon en lui.</p>
<p>Quant à <strong>Ayako</strong>, sa ressemblance avec Sué est tellement frappante que le doute n&#8217;est pas permis : elle est la fille illégitime de Sakuemon et de cette dernière. Mais si cela venait à se savoir, l&#8217;honneur des Tenge ne s&#8217;en relèverait pas&#8230; Elle est donc condamnée à la réclusion dans la demeure familiale (ce qui arrange Jirô dans un premier temps) et son seul contact avec l&#8217;extérieur est <strong>Oryo</strong>.</p>
<p><strong>Des « monstres » si humains !</strong></p>
<p>Oui, la famille Tenge est composée principalement de monstres. Sakuemon en est la figure archétypale, mais Ichirô le suit de près. Ce terme peut paraître fort et pourtant c&#8217;est l&#8217;impression qu&#8217;on en retire.</p>
<p>Attention cependant, le terme de « monstres » est à prendre au sens social du terme. Les Tenge ne sont pas des tueurs en série sanguinaires ou des adeptes du sadisme gratuit. Ce sont des « monstres » parce qu&#8217;ils représentent au bout du compte le stade ultime de la « dégénérescence » d&#8217;une (trop) vieille famille adossée à des valeurs qui n&#8217;ont plus cours dans l&#8217;après-guerre nippon.</p>
<p>Sakuemon, en chef bien établi, ne pense plus qu&#8217;à l&#8217;assouvissement des ses désirs animaux, aux dépends de Sué. Ichirô est un calculateur froid dont le seul but est de prendre la place de chef de famille, peu importent les moyens qu&#8217;il faut employer. Même Shiro fait froid dans le dos malgré son jeune âge : il sait tout, il voit tout, il garde tout pour lui, attendant son heure&#8230; La suite du récit prouvera que par certains côtés, il ne vaut pas mieux que Sakuemon.</p>
<div id="attachment_1881" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1881" title="ayako2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ayako2-300x300.jpg" alt="Copyright O. Tezuka / Delcourt 2003" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">Copyright O. Tezuka / Delcourt 2003</p></div>
<p>Du coup, Jirô et Naoko apparaissent comme des personnages plus normaux, qui font des choix qui les éloignent radicalement de ce milieu familial. Pour autant, sont-ils plus « normaux » que le reste de la famille ? Après tout Jirô ne laisse pas ses scrupules entraver sa mission et il sait profiter de l&#8217;occupation américaine pour mener son propre business&#8230; et l&#8217;engagement de Naoko est peut-être affaibli par sa liaison avec Tadashi le chef du groupuscule communiste.</p>
<p>Pour autant, Tezuka déjoue le piège d&#8217;une dépiction « monolithique » de ses personnages. Oui, ce sont des « monstres », mais des monstres humains. Ils naviguent dans cette zone grise psychologique que tout être humain connait ; par conséquent, ils ont aussi leurs bons côtés et le lecteur peut s&#8217;identifier au moins à certains traits de leurs caractères. Ainsi Jirô n&#8217;est pas insensible au sort de Naoko, de Shiro et d&#8217;Ayako. Tezuka implique donc ses lecteurs dans son récit, de manière à ce qu&#8217;ils ne restent jamais extérieurs à l&#8217;histoire qu&#8217;il décrit, sur le plan psychologique. On est aspiré dans le récit sans espoir de libération avant la dernière page du dernier tome.</p>
<p><strong>Une héroïne par antithèse</strong></p>
<p>Et Ayako dans tout cela ? Le récit porte son nom et pourtant jusque là on a surtout parlé des autres membres de sa famille. Une erreur de titrage ? Que nenni. Ayako est en effet un paradoxe, à la fois Tout et Rien. Rien, parce que dans sa famille elle doit être « rien », secret honteux qui ne devrait pas être là, condamnée à vivre recluse dans la cave et à ne voir personne à part Oryo et quelques visites sporadiques de certains autres membres du clan Tenge. Pour autant, elle n&#8217;est pas particulièrement maltraitée.</p>
<p>Elle est Tout parce qu&#8217;elle est la dernière « cheville » qui tient la famille ensemble, dans la préservation du secret, et le dernier « clou » du cercueil d&#8217;une famille condamnée par sa dégénérescence morale et sociale. Si son existence est connue, cela sonnera le glas des Tenge&#8230; C&#8217;est ce qui en fait le personnage central de cette histoire, même si le scénario est loin de s&#8217;intéresser uniquement à son sort !</p>
<p>Ayako va ainsi rester douze ans cloîtrée dans cette cave, le temps pour elle de devenir une belle jeune fille. Cet enfermement finit par lui peser, d&#8217;autant que son frère Shiro se fait pressant, et elle va s&#8217;échapper, pour tenter de retrouver son frère Jirô. Une fois à l&#8217;extérieur, elle sera encore cette incarnation du « Tout/Rien ». Tout car une fois libérée de l&#8217;emprise de sa famille, elle pourrait être ce qu&#8217;elle veut. Rien car son enfermement en a fait une sorte « d&#8217;enfant sauvage », de tablette blanche : elle ne sait rien, ne connait rien du monde extérieur, ne sait pas comment se comporter. Elle finit cependant par comprendre que ce qu&#8217;elle a subi est ignoble, victime par sa naissance et condamnée par sa propre existence.</p>
<p>Alors oui, Ayako est bien l&#8217;héroïne de cette histoire, mais une héroïne en négatif : elle ne l&#8217;est pas par ses actions (sauf sur la fin, mais je n&#8217;en dirai pas plus) mais par sa simple existence.</p>
<p>Pour autant, encore une fois, Tezuka prend un grand soin à bien camper la psychologie d&#8217;Ayako, à ne pas en faire une caricature, ce qui la rend si attachante pour le lecteur.</p>
<p>Ayako sera d&#8217;ailleurs bel et bien ce « clou dans le cercueil » car ce sera elle qui précipitera la chute de la famille Tenge&#8230; mais sans doute pas de la manière à laquelle le lecteur s&#8217;attend !</p>
<p><strong>Une œuvre réaliste et sociale</strong></p>
<p>Si l&#8217;histoire de la famille Tenge est évidemment une invention de Tezuka, le cadre social, politique et économique dans lequel elle se déroule est quant à lui tout à fait réaliste. Tezuka se sert d&#8217;ailleurs de personnages et d&#8217;évènements réels pour ancrer son récit dans la vraisemblance auprès de ses lecteurs nippons. Certes, l&#8217;effet est un peu atténué pour les lecteurs occidentaux, mais il demeure présent : le gouvernement du Japon par MacArthur est une réalité.</p>
<p>Les américains sont d&#8217;ailleurs dépeints sous un jour peu flatteur et finalement assez rare pour l&#8217;époque : arrogants, militaristes, ils ne reculent devant aucune méthode pour parvenir à leurs fins, s&#8217;assurer du contrôle du pays et « tuer » le développement du communisme. Chantages, meurtres, manœuvres politiques, tout est bon.</p>
<div id="attachment_1879" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1879" title="ayako3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ayako3-300x300.jpg" alt="copyright O. Tezuka / Delcourt 2004" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">copyright O. Tezuka / Delcourt 2004</p></div>
<p>Cette impression de réalisme est aussi renforcée par le fait que Tezuka n&#8217;utilise pas ses « trucs » habituels : il n&#8217;y a quasiment pas de personnage importé de ses autres manga ; il utilise également les effets de déformation et de ridicule avec beaucoup de parcimonie.</p>
<p>Ayako c&#8217;est aussi la peinture d&#8217;un monde qui change très vite, trop vite sans doute pour beaucoup. Certains s&#8217;en accommodent à leur manière, comme Naoko et son engagement communiste ou Jirô et son choix de profiter du système américain. D&#8217;autres restent ancrés dans le passé, comme Sakuemon et Ichirô, pour qui seuls l&#8217;honneur familiale et la richesse foncière comptent. Tezuka s&#8217;abstient cependant de juger et ne fait que constater : ces deux manières de penser sont présentées avec leurs avantages comme leurs défauts ; la voie que Jirô a suivi est-elle finalement plus honorable que celle de son père ?</p>
<p>Enfin, Ayako c&#8217;est un rapport aux femmes particulier. Tous les personnages féminins de cette œuvre  subissent des pressions, notamment sur le plan sexuel, qui peuvent aller jusqu&#8217;au viol pur et simple. On évoquera ici seulement le cas de Sué, obligée par son mari à se prostituer auprès de son beau-père par pur intérêt&#8230; La sexualité d&#8217;Ayako sera aussi un aspect douloureux de ce manga. Pour autant, Tezuka ne prend aucun plaisir à la démonstration de ces rapports placés sous le signe de la violence, ce n&#8217;est ni gratuit ni complaisant. Il dépeint simplement la difficile place de la femme dans cette société.</p>
<p>Ayako est donc un manga « coup de poing » une de ces œuvres fortes et noires qui vous marquent pour longtemps. Son format très condensé joue : pas de temps morts, Tezuka ne vous lâche pas d&#8217;un bout à l&#8217;autre des trois tomes de son récit. Il est à réserver à un public assez mature en raison de sa violence psychologique, mais c&#8217;est une lecture plus que chaudement recommandée !!</p>

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		<pubDate>Mon, 22 Jun 2009 06:49:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Michio Yuki est un simple employé de banque. Il est diligent, charmant, compétent, bref, il a tout pour s&#8217;élever rapidement dans la hiérarchie de sa compagnie. Mais voilà, ce n&#8217;est qu&#8217;un aspect de sa personnalité. Michio Yuki est en effet également un psychopathe, un monstre de la pire espèce, un assassin. Et ce n&#8217;est pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1493" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mw.jpg"><img class="size-medium wp-image-1493 " title="mw" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mw-300x300.jpg" alt="copyright Osamu Tezuka / Tonkam 2004" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Osamu Tezuka / Tonkam 2004</p></div>
<p>Michio Yuki est un simple employé de banque. Il est diligent, charmant, compétent, bref, il a tout pour s&#8217;élever rapidement dans la hiérarchie de sa compagnie. Mais voilà, ce n&#8217;est qu&#8217;un aspect de sa personnalité. Michio Yuki est en effet également un psychopathe, un monstre de la pire espèce, un assassin. Et ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;il vient confesser chacun de ses crimes au père Garai qu&#8217;il éprouve des remords, loin de là. Il prendrait plutôt plaisir à tourmenter le prêtre avec ses récits tous plus monstrueux les uns que les autres et dont Garai peut juger de la véracité simplement en lisant le journal.</p>
<p>Garai et Yuki ne sont pas des étrangers l&#8217;un pour l&#8217;autre, bien au contraire. Ils sont en effet les seuls rescapés d&#8217;un accident avec un gaz militaire, sur une petite île japonaise isolée. Cela a tissé des liens très particuliers entre eux et leur relation est plus que trouble. Il demeure cependant que Yuki est un génie du crime qui ne cherche qu&#8217;à assouvir ses instincts de mort, alors que Garai est désespérément lié par le secret de la confession.</p>
<p>Le parcours de Yuki aurait pu continuer ainsi pendant longtemps, mais il parvient à mettre la main sur des informations selon lesquelles le fameux gaz de combat, le MW, serait encore présent sur cette fameuse ile. Dès lors, Yuki ne rêve plus que d&#8217;une chose, mettre la main dessus et passer à l&#8217;échelle supérieure du crime, le meurtre par arme de destruction massive. On imagine les conséquences à l&#8217;échelle planétaire&#8230; le père Garai va-t-il enfin se résoudre à arrêter Yuki ?</p>
<p>MW est l&#8217;un des manga qui révèlent toutes les facettes du génie d&#8217;Osamu Tezuka, surnommé dans son pays le « Dieu du manga ». Il faut d&#8217;ailleurs avertir le lecteur tout de suite : si vous pensez que Tezuka, ce n&#8217;est que Astro, le Roi Leo ou Princesse Saphir, attendez-vous à un sacré choc.</p>
<p>MW est en quelque sorte un condensé de la science de la narration de Tezuka. 3 petits tomes, pour une histoire parfaitement finie. Une histoire ? Non ! Un uppercut, un direct au foie, un coup de genou dans la tronche, oui ! Tezuka brasse des dizaines de thèmes : culpabilité, amour, folie, fidélité, trahison, crime et châtiment, responsabilité des états créateurs de telles armes, homosexualité ; de cet exercice casse-gueule par excellence, Tezuka se sort la tête haute, nous servant un concentré de tension, de suspense, d&#8217;espoir et de terreur comme peu d&#8217;auteurs auraient été capables.</p>
<p>En 3 tomes, Tezuka parvient à établir des personnages à la psychologie parfaitement définie et pourtant nullement figée. On ne peut que haïr Michio Yuki et pourtant, on se prend parfois à le plaindre et à se demander quelle aurait été la vie de cet enfant si il n&#8217;était pas tombé sur la bande de Garai et si ce gaz n&#8217;avait pas été stocké sur l&#8217;île. On ne peut que pester devant l&#8217;indécision de Garai et pourtant on se prend parfois à l&#8217;admirer dans sa volonté de réparer ses erreurs passées et de faire le bien autour de lui.</p>
<div id="attachment_1492" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mw3.jpg"><img class="size-medium wp-image-1492 " title="mw3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mw3-300x300.jpg" alt="copyright Osamu Tezuka / Tonkam 2004" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Osamu Tezuka / Tonkam 2004</p></div>
<p>Il n&#8217;empêche que MW est un des manga de Tezuka dont la lecture est la plus éprouvante sur le plan psychologique. On se surprend parfois à implorer mentalement ce dernier de mettre fin aux crimes horribles de Yuki, vu le sadisme dont il fait preuve et l&#8217;incapacité de la police à résoudre les enquêtes. Pourtant, Tezuka ne nous épargnera rien, rien en tout cas qui ne serve la démonstration de son propos. Il réussit à nous dire plus de choses dans ces trois tomes que dans d&#8217;autres de ses séries pourtant plus longues. C&#8217;est sans doute parce qu&#8217;il a pris le parti de « dégraisser » son récit à l&#8217;extrême, en enlevant par exemple toutes les caricatures, les anachronismes et les traits d&#8217;humour pourtant présents dans des œuvres sérieuses telles que « Bouddha ». MW est un récit réaliste, « brut de décoffrage », sans concession. Il mise aussi sur la réceptivité de son lecteur pour faire passer ses réflexions et ses idées. Inutile de dire que si vous ouvrez MW pour passer un bon moment, c&#8217;est raté. Mais c&#8217;est le but : vous faire passer un sale quart d&#8217;heure (enfin plus quand même) pour vous obliger à réfléchir sur ce que vous venez de lire. Pas si courant que ça, dans le monde de la BD en général.</p>
<p>On pourrait rapprocher MW de trois autres œuvres de Tezuka sur lesquelles j&#8217;espère avoir l&#8217;occasion de revenir ultérieurement : Ayako, Barbara et Kirihito, deux récits eux aussi très durs et très réalistes, aux limites de la folie, mais au combien enrichissants pour le lecteur qui s&#8217;en donnera la peine. Bref, MW est à réserver à des lecteurs avertis, mais pour ces derniers, c&#8217;est une œuvre à ne surtout pas manquer !</p>
<p>A noter que le 4 juillet 2009 sortira au Japon l&#8217;adaptation cinématographique de MW, avec notamment Tamaki Hiroshi dans le rôle de Yuki. Voilà qui va le changer radicalement, puisqu&#8217;il est plutôt habitué aux rôles de gentils garçons. On l&#8217;a ainsi vu dans l&#8217;adaptation très réussie de Nodame Cantabile. Bien sûr, on peut s&#8217;attendre à ce que le scénario originel de Tezuka soit quelque peu adapté, voire édulcoré, mais la complexité de la tâche d&#8217;adapter une telle œuvre au cinéma mérite au moins qu&#8217;on y jette un coup d&#8217;oeil. Et c&#8217;est par ici que ça se passe : <a href="http://mw.gyao.jp/">http://mw.gyao.jp/</a></p>
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