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	<title>Kroniks &#187; Runberg</title>
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		<title>Face cachée</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Aug 2011 01:45:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2859" class="wp-caption alignleft" style="width: 227px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/facecachee1.jpg"  class="wmp" id="wmp1"><img class="size-medium wp-image-2859" title="facecachee1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/facecachee1-217x300.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Runberg-Martin / Futuropolis 2010</p></div>
<p>Tokyo, de nos jours. Satoshi Okada est employé dans une grosse entreprise financière, sous la direction de M. Ota, patron sévère mais qui ne rechigne pas à emmener ses employés boire un coup ou chanter au karaoké après le boulot. Et bien sûr, comme on est au Japon, pas facile pour lesdits employés de s’y dérober, surtout qu’Okada déteste chanter en public.</p>
<p>Mais bon, comme Okada est un brillant élément de l’entreprise, ça ne pose pas vraiment de problème. Parmi ses collègues, il compte notamment Mayumi Watanabe, qui a clairement le béguin pour lui alors qu’il est marié et père d’une petite fille, et Junichi.</p>
<p>Face Cachée est donc une histoire du quotidien, dans le « vrai » Japon actuel. Pourtant, ne vous y trompez pas : ce n’est pas un manga. Déjà parce que les deux auteurs, Runberg et Martin, ne sont pas japonais, mais aussi parce que le style, tant graphique que narratif, est résolument « franco-belge ».</p>
<p>On suit donc le quotidien d’Okada et, comme le laissait penser le titre de la BD, tout n’est pas clair dans cette histoire. Chacun des quatre personnages principaux (même si Okada est LE héros de l’histoire) semble avoir des squelettes dans le placard, que ce soit sur le plan matériel ou sur le plan psychologique. Mayumi est ainsi clairement obsédée par Okada ; d’un autre côté, qui est cet homme assez antipathique qui semble la suivre ? M. Ota est un patron visiblement assez rigide, qui utilise la fête pour décompresser mais aussi garder le contrôle sur ses « troupes » ; en même temps, une fissure insoupçonnée va se révéler en lui au cours de l’histoire. Junichi, lui, vit dans l’ombre d’Okada, le jalousant d’abord discrètement puis de plus en plus ouvertement au fur et à mesure qu’il comprend que la belle Mayumi, pour qui son cœur bat, ne lui accordera jamais un regard. Junichi se transforme ainsi petit à petit en quelqu’un de mesquin, haineux et qui se ridiculise souvent en essayant de se mettre toujours en avant.</p>
<p>Mais le plus mystérieux reste bien entendu Okada lui-même. Il semble très amoureux de sa femme et complètement fou de leur fille, cependant il ne rentre que rarement chez lui à Kamakura et pire, entretient une liaison avec Mayumi. Mais alors, d’où viennent ces énormes cicatrices qu’il porte sur le corps ? Et qui est cette femme chez qui il se rend à la fin du premier tome et à qui il offre des fleurs, et qui lui répond qu’ils ont toute la nuit devant eux ?</p>
<p>Soyons honnêtes : le fond de l’histoire (que je ne vous révèlerai bien sûr pas ici) comme les archétypes des personnages font que tout cela aurait pu se passer quasiment n’importe où dans le monde. Cependant, les auteurs ont choisi Tokyo. L’exercice aurait pu être périlleux, on aurait pu les accuser de vouloir surfer sur la vague actuelle du manga.</p>
<p>Mais voilà, ils campent un Japon tout à fait réaliste et crédible, visiblement bien documenté, comme tous leurs lecteurs y ayant vécu ou ou l’ayant visité pourront le dire. C’est un sans faute, qui indique que le cadre n’est en définitive pas choisi par hasard. Et en effet, certains traits de la société japonaise, tant sur le plan de l’entreprise que de la vie privée, fournissent des aides bienvenues à la cohérence du récit de Runberg et Martin. Difficile en effet de croire qu’un employé ne rentrerait pas chez lui plusieurs semaines d’affilée à cause du boulot dans un pays comme la France, par exemple, surtout quand maison et entreprise ne sont distants que d’une centaine de kilomètres à peu près. Les Love Hotels fournissent aussi un cadre parfait pour les relations adultères au Japon, là où aller à l’hôtel avec sa maitresse est plus délicat en Europe ou en Amérique.</p>
<div id="attachment_2860" class="wp-caption alignright" style="width: 235px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/facecachee2.jpg"  class="wmp" id="wmp2"><img class="size-medium wp-image-2860" title="facecachee2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/facecachee2-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Runberg-Martin / Futuropolis 2011</p></div>
<p>Donc, non, le cadre du Japon n’est choisi ni par hasard ni pour « faire style ». Bien joué ! Sur le plan des personnages, là aussi c’est de l’excellent boulot : si on rencontre les différents protagonistes tout de suite dans le récit, leurs facettes ne se révèlent à nous que petit à petit, au cours du récit, à l’occasion d’enchaînements d’évènements qui sont encore une fois tout à fait crédibles. Les personnages ont donc tous une vraie épaisseur psychologique et sont crédibles et attachants (ou repoussants pour certains) ; les personnages secondaires ont d’ailleurs bénéficié du même traitement de faveur de la part des auteurs, qui rend le tout encore plus cohérent.</p>
<p>La patte graphique d’Olivier Martin sert merveilleusement le scénario de Sylvain Runberg. Presque en style croquis, il parvient à poser les émotions et les réactions de ses personnages en quelques traits à peine et à en dire bien plus que s’il avait opté pour un style réaliste pur et dur. Dans les chevelures, les plis de vêtements, les traits de crayon sont toujours là et c’est juste parfait ! Le dessin laisse alors la place à l’imagination du lecteur tout en restant précis et dynamique.</p>
<p>Il faut dire aussi que Martin et Runberg nous ont déjà gratifiés de quelques perles bédéistiques, notamment Orbital (<a href="http://www.kroniks.net/2009/01/25/orbital/">chroniqués</a> <a href="http://www.kroniks.net/2009/11/02/orbital-3/">ici même</a>) pour Sylvain Runberg et Crypto pour Olivier Martin. Si c’est leur première collaboration, force est de constater qu’ils ont tout de suite trouvé le bon équilibre !</p>
<p>A la lecture de cette chronique, vous l’aurez compris, Face cachée est pour moi un gros coup de cœur, une confirmation que la BD européenne est toujours vivante, vivace et dynamique. Les oiseaux de mauvais augure, ceux qui prédisaient que les « japoniaiseries » allaient tuer le marché de la BD, en sont pour leurs frais puisque de tels petits bijoux sortent toujours des presses des éditeurs hexagonaux. Et je prie toutes les divinités de la BD, du manga et du comics que ce dyptique trouve son public, parce qu’il le mérite amplement. A noter que Face cachée tome 1 a reçu le Silver Award des International Manga Awards 2010 au Japon, avec pas moins que Monkey Punch (créateur de Lupin III – Edgar détective cambrioleur en France), signe que les japonais ne se sont pas trompés sur la qualité de cette œuvre. Au passage, d’immenses mercis à ma sœur pour me l’avoir offert pour mon anniversaire (sinon je serais passé à côté) et à Franck, mon libraire préféré de l’univers (Bulle d’encre Poitiers – mais chut, la pub c’est mal) pour le lui avoir conseillé !
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		<title>Orbital 3</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Nov 2009 07:29:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1767" class="wp-caption alignleft" style="width: 234px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/orbital3.jpg"  class="wmp" id="wmp3"><img class="size-medium wp-image-1767" title="orbital3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/orbital3-224x300.jpg" alt="Copyright Pellé-Runberg / Dupuis 2009" width="224" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Pellé-Runberg / Dupuis 2009</p></div>
<p>Le second cycle d&#8217;<em>Orbital</em>, la série de Serge Pellé et Sylvain Runberg, débute par un retour sur Terre des agents Caleb (humain) et Mézoké (sandjarr), à l&#8217;occasion de la cérémonie de réconciliation entre Humains et Sandjarrs, après la terrible guerre qui les a opposés.</p>
<p>Si cela va être l&#8217;occasion pour Mézoké d&#8217;approfondir sa compréhension de la nature humaine, la tâche ne sera pas de tout repos pour Caleb. En effet, des heurts ont été signalés entre des pêcheurs humains et une étrange race de nomades extra-terrestres, les Rapakhuns, de passage sur Terre. Il faut dire que ces derniers, bien que pacifiques, sont également cannibales de par leurs croyances, ce qui ne facilite pas les choses. Le passage des Rapakhuns empiète en effet sur les zones de pêche et les pêcheurs les accusent des nombreux incidents qui se sont produits dans les environs.</p>
<p>Parallèlement, la réconciliation Humains-Sandjarrs ne fait pas que des heureux et certains, dans les deux camps, ne seraient pas mécontents si des incidents faisaient capoter cette cérémonie&#8230;</p>
<h3>La SF dans toute sa splendeur</h3>
<p>Orbital relevait en effet un pari toujours difficile : créer une série de SF « sérieuse », qui ne tombe pas dans la caricature et qui reste malgré tout crédible. Pari amplement réussi : le premier cycle (en deux volumes) avait montré que les auteurs savaient installer un univers, planter un décor et camper des personnages réalistes.</p>
<p>Ce second cycle, lui semble prouver que le duo Pellé-Runberg ne s&#8217;est pas endormi sur ses lauriers :  Nomades poursuit l&#8217;œuvre entamée précédemment. Les personnalités de Caleb et Mézoké (et dans une moindre mesure de leur vaisseau métamorphe Angus et de sa pilote Nina) sont approfondies. Mézoké est plus en retrait et c&#8217;est bien normal : elle n&#8217;est pas là dans son élément, au contraire de Caleb, qui aura de nombreuses raisons de se lamenter sur la nature humaine&#8230;</p>
<p>SF crédible, personnages attachants, intrigues politiques enchevêtrées mais compréhensibles, et toujours cet Univers vaste et peuplé en toile de fond&#8230; Que demander de plus ? On pourrait comparer Orbital à d&#8217;autres œuvres sur d&#8217;autres médias, qui font aussi le pari d&#8217;une SF « dure » et crédible, où l&#8217;Humain n&#8217;est pas au centre des choses mais doit apprendre à s&#8217;intégrer et à trouver sa place : la série TV <em>Babylon5</em> ou encore le jeu vidéo <em>Mass Effect</em> sont tout à fait dans la même veine qu&#8217;Orbital, qui n&#8217;a d&#8217;ailleurs pas à pâtir de la comparaison.</p>
<h3>La forme au service du fond</h3>
<p>Voilà ce qu&#8217;on pourrait demander : que l&#8217;aspect graphique ne soit pas le « parent pauvre » de cette œuvre. Serge Pellé confirme (après les deux premiers tomes) qu&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;inquiétude à avoir de ce côté-là. Il trouve en effet son rythme de croisière avec ce 3e tome. Son dessin, déjà excellent sur les deux premiers volumes, s&#8217;affine encore un peu plus. Précis, mais pas aride, nerveux mais pas brouillon, détaillé mais pas maniaque, il trouve l&#8217;exact équilibre qu&#8217;il fallait à <em>Orbital</em> pour mettre en  mouvement le scénario de Sylvain Runberg.</p>
<p>Il y a certes moins d&#8217;action que dans les deux tomes précédents, mais le dessin s&#8217;adapte sans problème à ce changement de rythme. L&#8217;utilisation des couleurs est aussi très judicieuse et contribue elle aussi à rentrer sans effort dans l&#8217;univers d&#8217;<em>Orbital</em>.</p>
<p>Il faut aussi saluer la performance de Sylvain Runberg, qui sait faire de la SF sans partir dans des délires grandiloquents de taille galactique. Après tout, l&#8217;opposition pêcheurs/Rapakhuns, c&#8217;est le vieux problème sédentaires/nomades, toujours tristement d&#8217;actualité à notre époque&#8230;</p>
<p><em>Orbital </em>persiste et signe donc comme une des toutes meilleures séries de S-F française de ces dernières années. Et si ses deux auteurs continuent sur leur lancée, on est bien partis pour entendre parler d&#8217;<em>Orbital </em>pendant longtemps, pour notre plus grand plaisir !
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp3">Copyright Pellé-Runberg / Dupuis 2009</div>

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