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	<title>Kroniks &#187; social</title>
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		<title>Face cachée</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Aug 2011 01:45:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2859" class="wp-caption alignleft" style="width: 227px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/facecachee1.jpg"  class="wmp" id="wmp1"><img class="size-medium wp-image-2859" title="facecachee1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/facecachee1-217x300.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Runberg-Martin / Futuropolis 2010</p></div>
<p>Tokyo, de nos jours. Satoshi Okada est employé dans une grosse entreprise financière, sous la direction de M. Ota, patron sévère mais qui ne rechigne pas à emmener ses employés boire un coup ou chanter au karaoké après le boulot. Et bien sûr, comme on est au Japon, pas facile pour lesdits employés de s’y dérober, surtout qu’Okada déteste chanter en public.</p>
<p>Mais bon, comme Okada est un brillant élément de l’entreprise, ça ne pose pas vraiment de problème. Parmi ses collègues, il compte notamment Mayumi Watanabe, qui a clairement le béguin pour lui alors qu’il est marié et père d’une petite fille, et Junichi.</p>
<p>Face Cachée est donc une histoire du quotidien, dans le « vrai » Japon actuel. Pourtant, ne vous y trompez pas : ce n’est pas un manga. Déjà parce que les deux auteurs, Runberg et Martin, ne sont pas japonais, mais aussi parce que le style, tant graphique que narratif, est résolument « franco-belge ».</p>
<p>On suit donc le quotidien d’Okada et, comme le laissait penser le titre de la BD, tout n’est pas clair dans cette histoire. Chacun des quatre personnages principaux (même si Okada est LE héros de l’histoire) semble avoir des squelettes dans le placard, que ce soit sur le plan matériel ou sur le plan psychologique. Mayumi est ainsi clairement obsédée par Okada ; d’un autre côté, qui est cet homme assez antipathique qui semble la suivre ? M. Ota est un patron visiblement assez rigide, qui utilise la fête pour décompresser mais aussi garder le contrôle sur ses « troupes » ; en même temps, une fissure insoupçonnée va se révéler en lui au cours de l’histoire. Junichi, lui, vit dans l’ombre d’Okada, le jalousant d’abord discrètement puis de plus en plus ouvertement au fur et à mesure qu’il comprend que la belle Mayumi, pour qui son cœur bat, ne lui accordera jamais un regard. Junichi se transforme ainsi petit à petit en quelqu’un de mesquin, haineux et qui se ridiculise souvent en essayant de se mettre toujours en avant.</p>
<p>Mais le plus mystérieux reste bien entendu Okada lui-même. Il semble très amoureux de sa femme et complètement fou de leur fille, cependant il ne rentre que rarement chez lui à Kamakura et pire, entretient une liaison avec Mayumi. Mais alors, d’où viennent ces énormes cicatrices qu’il porte sur le corps ? Et qui est cette femme chez qui il se rend à la fin du premier tome et à qui il offre des fleurs, et qui lui répond qu’ils ont toute la nuit devant eux ?</p>
<p>Soyons honnêtes : le fond de l’histoire (que je ne vous révèlerai bien sûr pas ici) comme les archétypes des personnages font que tout cela aurait pu se passer quasiment n’importe où dans le monde. Cependant, les auteurs ont choisi Tokyo. L’exercice aurait pu être périlleux, on aurait pu les accuser de vouloir surfer sur la vague actuelle du manga.</p>
<p>Mais voilà, ils campent un Japon tout à fait réaliste et crédible, visiblement bien documenté, comme tous leurs lecteurs y ayant vécu ou ou l’ayant visité pourront le dire. C’est un sans faute, qui indique que le cadre n’est en définitive pas choisi par hasard. Et en effet, certains traits de la société japonaise, tant sur le plan de l’entreprise que de la vie privée, fournissent des aides bienvenues à la cohérence du récit de Runberg et Martin. Difficile en effet de croire qu’un employé ne rentrerait pas chez lui plusieurs semaines d’affilée à cause du boulot dans un pays comme la France, par exemple, surtout quand maison et entreprise ne sont distants que d’une centaine de kilomètres à peu près. Les Love Hotels fournissent aussi un cadre parfait pour les relations adultères au Japon, là où aller à l’hôtel avec sa maitresse est plus délicat en Europe ou en Amérique.</p>
<div id="attachment_2860" class="wp-caption alignright" style="width: 235px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/facecachee2.jpg"  class="wmp" id="wmp2"><img class="size-medium wp-image-2860" title="facecachee2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/facecachee2-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Runberg-Martin / Futuropolis 2011</p></div>
<p>Donc, non, le cadre du Japon n’est choisi ni par hasard ni pour « faire style ». Bien joué ! Sur le plan des personnages, là aussi c’est de l’excellent boulot : si on rencontre les différents protagonistes tout de suite dans le récit, leurs facettes ne se révèlent à nous que petit à petit, au cours du récit, à l’occasion d’enchaînements d’évènements qui sont encore une fois tout à fait crédibles. Les personnages ont donc tous une vraie épaisseur psychologique et sont crédibles et attachants (ou repoussants pour certains) ; les personnages secondaires ont d’ailleurs bénéficié du même traitement de faveur de la part des auteurs, qui rend le tout encore plus cohérent.</p>
<p>La patte graphique d’Olivier Martin sert merveilleusement le scénario de Sylvain Runberg. Presque en style croquis, il parvient à poser les émotions et les réactions de ses personnages en quelques traits à peine et à en dire bien plus que s’il avait opté pour un style réaliste pur et dur. Dans les chevelures, les plis de vêtements, les traits de crayon sont toujours là et c’est juste parfait ! Le dessin laisse alors la place à l’imagination du lecteur tout en restant précis et dynamique.</p>
<p>Il faut dire aussi que Martin et Runberg nous ont déjà gratifiés de quelques perles bédéistiques, notamment Orbital (<a href="http://www.kroniks.net/2009/01/25/orbital/">chroniqués</a> <a href="http://www.kroniks.net/2009/11/02/orbital-3/">ici même</a>) pour Sylvain Runberg et Crypto pour Olivier Martin. Si c’est leur première collaboration, force est de constater qu’ils ont tout de suite trouvé le bon équilibre !</p>
<p>A la lecture de cette chronique, vous l’aurez compris, Face cachée est pour moi un gros coup de cœur, une confirmation que la BD européenne est toujours vivante, vivace et dynamique. Les oiseaux de mauvais augure, ceux qui prédisaient que les « japoniaiseries » allaient tuer le marché de la BD, en sont pour leurs frais puisque de tels petits bijoux sortent toujours des presses des éditeurs hexagonaux. Et je prie toutes les divinités de la BD, du manga et du comics que ce dyptique trouve son public, parce qu’il le mérite amplement. A noter que Face cachée tome 1 a reçu le Silver Award des International Manga Awards 2010 au Japon, avec pas moins que Monkey Punch (créateur de Lupin III – Edgar détective cambrioleur en France), signe que les japonais ne se sont pas trompés sur la qualité de cette œuvre. Au passage, d’immenses mercis à ma sœur pour me l’avoir offert pour mon anniversaire (sinon je serais passé à côté) et à Franck, mon libraire préféré de l’univers (Bulle d’encre Poitiers – mais chut, la pub c’est mal) pour le lui avoir conseillé !
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		<title>Burquette 2</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Feb 2011 18:52:16 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2576" class="wp-caption alignleft" style="width: 298px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Burquette2.jpg"  class="wmp" id="wmp3"><img class="size-full wp-image-2576" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Burquette2.jpg" alt="Copyright Les 400 coups 2010" width="288" height="304" /></a><p class="wp-caption-text">Burquette - Tome 2</p></div>
<p>En 2008, Francis DESHARNAIS <a href="http://www.kroniks.net/2011/02/15/burquette/">sortait un album surprise autour du thème inédit en BD du voile intégral</a>, où une ado de 14 ans prenait une leçon de vie de la part de son père militant. Par son thème, fort et sans précédent, et sa manière de le traiter, avec humour et cynisme, le livre avait frappé les esprits et marqué le petit monde de la BD.</p>
<p>En 2010, Alberte est de retour dans un album inattendu. Désormais surnommée <em>Burquette </em>par ses amis, Alberte retrouve enfin sa mère et décide de partir avec elle en Balaysie pour l’aider dans son combat contre l’esclavage sexuel. Elle espère du même coup échapper à son père et ses méthodes personnelles d’éducation.</p>
<p>C’est sans compter sur le militantisme et surtout la ténacité de ce dernier, qui se met en tête de libérer les peuples opprimés de l’Asie. Et cette fois, son support pédagogique sera … une machine à coudre en fonte, à laquelle il enchaine purement et simplement sa fille.</p>
<p>A la lecture du nouveau pitch, on aurait pu craindre que <em>Burquette </em>tome 2 ne soit qu’une redite du premier et tombe dans la redondance facile. Ce n’est heureusement pas le cas. L’auteur a eu l’intelligence de rapidement (et littéralement) enterrer sa machine à coudre pour s’éloigner de toute démonstration trop pesante. Ce choix finalement judicieux permet surtout d’éviter à l’auteur de s’enfermer dans le genre « BD engagée » et du coup de se concentrer sur ses personnages, les développer et même d’en  amener de nouveaux.</p>
<p>Ce nouveau tome nous permet dès lors d’en apprendre un peu plus sur la famille d’Alberte. A commencer par son père. S’il était présenté dans un premier temps comme un irréductible hurluberlu militant, avec ce tome 2 on découvre un homme perdu qui essaye en fait, à travers ses lubies, de se rapprocher de sa fille. Quant à la mère d’Alberte, on peut dire que les retrouvailles avec sa fille ne se passent pas vraiment comme prévu. Elle qui s’attendait à trouver une mère attentive et maternelle, elle découvre une mère fantasque qui, malgré ses « convictions » humanitaires, ne cherche pas vraiment à créer des liens avec sa fille. Quant aux nouveaux venus, ils s’inscrivent eux aussi dans la caricature pour mieux dénoncer tous les travers de nos sociétés occidentales. A ce titre, la parodie de l’héritière hôtelière est cruellement drôle et affutée.</p>
<p>Ce nouvel album ne se démarque pas seulement par un changement de ton, mais aussi par un changement de technique : ici le trait se fait plus fin et les ombres moins présentes. Francis DESHARNAIS a en effet décidé de passer pour le tome 2 du feutre au crayon et d’atténuer les ombrages. Ce changement allège et éclaircit le dessin et par là même le ton général. Qu’on se rassure, <em>Burquette </em>n’en a pour autant pas perdu de sa verve et de son mordant et comme dans le premier les gags  se succèdent, là encore en demie teinte (les ourlets de pantalons ne resteront pas la meilleure trouvaille de l’auteur). Fidèle à la recette de son premier livre, DESHARNAIS continue d’alterner un humour simple et direct et des répliques noires et grinçantes. Car tout comme le premier volume, <em>Burquette </em>2 est régulièrement parcouru de réplique féroces qui, sous couvert de légèreté, visent juste et font régulièrement mouche (notamment envers les forums et les aigris qui se cachent derrière leurs pseudos sur internet).</p>
<p>Au final, et parce qu’il faut bien conclure et donner un avis, <em>Burquette 2</em> se révèle être un bon livre, drôle, amusant et féroce, à la galerie de personnages bien loufoques. Mais seulement bon parce que nécessairement comparé à l’aune du premier. Si ce tome était sorti le premier ou sans référence au tome 1, il aurait été un très bon livre. Le problème c’est qu’il est très difficile de passer après un thème aussi fort que la burqa. Comparé au premier, <em>Burquette</em> 2 apparait certes drôle mais moins mordant, moins acide et moins engagé (même si encore une fois il s’agit d’une volonté délibérée de l’auteur). Mais un livre « juste » bon, drôle, féroce c’est déjà pas mal non ?
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp3">Copyright Les 400 coups 2010</div>

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		<title>Burquette</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Feb 2011 18:44:04 +0000</pubDate>
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<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/burquette.jpg"  class="wmp" id="wmp5"><img class="alignleft size-medium wp-image-174" title="burquette" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/burquette-283x300.jpg" alt="" width="283" height="300" /></a>Assez méconnue en Europe, la BD canadienne francophone a pourtant des représentants de grande classe. Parmi ceux ayant été édités en France, on connaissait déjà Guy Delisle, dont le <em>Chroniques Birmanes</em> a d&#8217;ailleurs été chroniqué récemment <a title="ici-même" href="http://www.kroniks.net/2008/06/27/chroniques-birmanes/" target="_blank">ici-même</a> par l&#8217;ami Cruchot, ou encore Michel Falardeau avec sa série <em>Mertownville</em>, dont on vous reparlera sans doute prochainement.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Francis Desharnais est un auteur canadien touche-à-tout puisque en plus de la BD il réalise des courts-métrages d&#8217;animation. Dans <em>Burquette</em>, il prend un pari osé : faire rire et réfléchir sur la burqa, ce voile musulman intégral, sans tomber dans la caricature facile ou l&#8217;intolérance. Alberte, 14 ans, est ainsi contrainte par son père, militant gauchiste, de porter une burqa pendant un an, « pour la conscientiser ». La mère d&#8217;Alberte n&#8217;a pas son mot à dire, puisque de toutes façons c&#8217;est son ex-mari qui a la garde exclusive de sa fille.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le sujet était dangereux. Mal maîtrisé, il pouvait véhiculer des idées plus que nauséabondes, ou au moins maladroitement exprimées et purement revendicatrices. Francis Desharnais évite cependant ce piège avec brio : il ne se focalise pas sur la burqa elle-même, bien qu&#8217;elle soit constamment au centre de la narration, mais sur tous les à-côté ; le regard des amis d&#8217;Alberte change ainsi, son ex ne lui parle plus, sa prof d&#8217;histoire se révolte contre ce traitement, etc&#8230; C&#8217;est donc en fait, sous couvert de la burqa (ha ha), toute la société canadienne qui est passée ainsi au scanner. La vie quotidienne, les relations amoureuses, la religion, la télé-réalité, tout y passe avec son bal d&#8217;hypocrites, de petites victoires et de grandes défaites pour Alberte. Finalement, ce sont parfois les étrangers les moins intolérants, comme les voisins algériens d&#8217;Albert et on père, qui disent qu&#8217;ils n&#8217;ont pas fui les barbus pour les retrouver au Canada. Leur neveu kabyle Kader ne laissera d&#8217;ailleurs pas Alberte indifférente.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Au-delà de tout ça, c&#8217;est aussi le portrait en définitive terrifiant d&#8217;un père complètement névrosé, frustré de ne pas avoir atteint le niveau de militantisme et de reconnaissance auquel il croit avoir le droit et qui reporte le tout sur sa fille, en essayant de l&#8217;éduquer pour qu&#8217;un peu de sa notoriété future lui retombe dessus. En négatif, c&#8217;est le portrait d&#8217;une ado de son époque, un peu larguée parfois mais pas bête, qui n&#8217;a qu&#8217;une hâte c&#8217;est d&#8217;échapper à l&#8217;emprise de son père et de retrouver sa mère. L&#8217;attitude du père, jusqu&#8217;au-boutiste, frise parfois la psychopathie et on se prend parfois à trembler pour Alberte, malgré l&#8217;humour omniprésent.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Car Francis Desharnais manipule constamment un humour multifacettes, parfois simple et direct, parfois noir et grinçant. Ce cocktail, qui laisse le lecteur « entre deux chaises », est en fait le parfait dosage pour provoquer la réflexion en plus du rire, en face des situations bien souvent cocasses. Le trait de Francis Desharnais, dépouillé, presque un croquis permanent, permet lui aussi de relativiser le tout, pour ne pas le faire tomber dans la lourdeur et le pathos. L&#8217;agencement en strips parfois d&#8217;une case, parfois de pages, renforce aussi le côté dessin de presse, qui permet de ne pas s&#8217;ennuyer et d&#8217;enchaîner les séquences naturellement.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, pour nous autres français, cet album a un petit parfum d&#8217;exotisme puisque le français utilisé est ici celui, si chantant et si imagé, de la Belle Province. Ainsi, Alberte demande à son père pourquoi il &laquo;&nbsp;cruisait&nbsp;&raquo; une de ses copines de classe dans une discothèque.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">En résumé, Burquette est une sorte d&#8217;OVNI bédéïstique, à la croisée de nombreux genres littéraires et qui réussit une alchimie passionnante entre plusieurs manières de traiter une même question. Certainement un de mes coups de cœur de l&#8217;été, cet album a aussi été pour moi l&#8217;occasion de découvrir une maison d&#8217;édition québécoise dont je suivrai à l&#8217;avenir le catalogue avec attention !</p>
<p style="text-align: justify;">

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		<title>Family Compo</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Jan 2010 01:48:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1974" class="wp-caption alignleft" style="width: 220px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo1.jpg"  class="wmp" id="wmp6"><img class="size-medium wp-image-1974" title="familycompo1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo1-210x300.jpg" alt="" width="210" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Tsukasa Hôjô / Tonkam 1999</p></div>
<p>Masahiko n&#8217;a pas eu une vie très facile jusque là : il a d&#8217;abord perdu sa mère très jeune et ne voyait pas souvent son père, trop occupé à travailler. Puis, ce dernier s&#8217;est à son tour éteint, laissant Masahiko orphelin. Masahiko a donc grandi seul, sans connaître les joies d&#8217;un anniversaire en famille, par exemple.</p>
<p>Ce printemps, cependant, les choses changent ! Tout d&#8217;abord, Masahiko va entrer à l&#8217;université. Mais beaucoup plus réjouissant, il vient d&#8217;être invité à vivre chez sa tante Yuriko Wakanae, la sœur de sa mère ! La perspective de vivre une vie de famille « normale » l&#8217;enchante au plus haut point ; et cela est encore renforcé par le fait qu&#8217;il est accueilli à bras ouvert par Sora, le mari de celle-ci. Sora est en fait un mangaka très connu et une partie de la maison est son atelier, où il travaille avec ses assistantes. Ils ont une fille, Shion, un peu plus jeune que Masahiko.</p>
<p>L&#8217;arrivée de Masahiko au sein de la famille Wakanae est l&#8217;occasion d&#8217;un grand repas en commun et la bière coule à foison. Shion arrive à en boire un peu et, sous l&#8217;emprise de l&#8217;alcool, fait d&#8217;étranges déclarations ; Masahiko n&#8217;y prête guère d&#8217;attention, il faut bien l&#8217;avouer. C&#8217;est alors que le « drame » survient : Sora et ses assistantes, bien imbibés, décident d&#8217;enlever leurs vêtements&#8230; et Masahiko de constater que Sora est une femme et que les assistantes sont des hommes ! Ayant lui aussi bien bu, il met tout cela sur le compte de l&#8217;ivresse, jusqu&#8217;au moment où il pénètre dans la salle de bain alors que sa tante prend une douche&#8230; et s&#8217;aperçoit que Yuriko a tous les attributs d&#8217;un homme !</p>
<p>Bienvenue chez les Wakanae, une famille où la femme est un homme et où l&#8217;homme est une femme ! Si la première réaction de Masahiko est de s&#8217;enfuir, il va rapidement s&#8217;apercevoir que malgré leur étrangeté, les Wakanae forment une vraie famille, solide et soudée. Et Shion dans tout cela ? Est-ce un garçon ou une fille, en définitive ? Mystère !</p>
<p>Tsukasa Hôjô a conquis ses galons de mangaka star avec des best-sellers comme Cat&#8217;s Eyes et surtout City Hunter. Ces deux séries connurent de multiples diffusions dans leur version animée en France, même si cette dernière a été largement expurgée. Le manga de City Hunter est en effet très « porté sur la chose »&#8230;</p>
<p>Après ces gros projets qui ont lancé sa carrière, Tsukasa Hôjô s&#8217;est tourné vers des envies sans doute un peu plus personnelles. Family Compo, bien qu&#8217;il s&#8217;étende sur 14 tomes, fait sans doute partie de celles-ci. Le ton de l&#8217;auteur est en effet sensiblement différent, bien qu&#8217;il garde son humour si caractéristique.</p>
<div id="attachment_1975" class="wp-caption alignright" style="width: 223px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo4.jpg"  class="wmp" id="wmp7"><img class="size-medium wp-image-1975" title="familycompo4" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo4-213x300.jpg" alt="" width="213" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Tsukasa Hôjô / Tonkam 2000</p></div>
<p>Tsukasa Hôjô s&#8217;attache à une question rarement abordée dans le monde de la BD : le travestissement. Il est vrai que c&#8217;est un sujet un peu « difficile » à traiter, dans le sens où on peut très rapidement dériver vers des propos intolérants ou se complaire dans la description de « folles » aussi cocasses que ridicules. Fort heureusement, rien de tout cela dans Family Compo. Au contraire, c&#8217;est un vrai manifeste pour le respect de la différence.</p>
<p>En effet, le lecteur est invité à s&#8217;identifier à Masahiko, d&#8217;où l&#8217;introduction qui nous narre le passé douloureux du jeune homme ; et puisque ce dernier, malgré ces évènements tragiques, a su garder optimisme et dynamisme, on ne peut que s&#8217;intéresser à lui. La question de la réaction quant à la vraie nature de la famille Wakanae se pose alors autant à lui qu&#8217;à nous.</p>
<p>D&#8217;autant que Shion, bien plus délurée et « adulte » que Masahiko, ne va avoir de cesse de le questionner quant à son rapport au travestissement. L&#8217;ambiguïté vient aussi du fait que Shion est un prénom double en japonais, comme Claude en français. Du coup, l&#8217;incertitude est totale et cela pique la curiosité de Masahiko.</p>
<p>Si Family Compo s&#8217;en tenait là, on aurait une comédie de mœurs familiale gentille mais finalement un peu vaine. Mais Tsukasa Hôjô étend son propos à la société toute entière. Masahiko affirme son refus du travestissement, cependant un certain nombre de quiproquos vont l&#8217;amener à endosser les habits d&#8217;une femme. Il découvrira, quasiment à son corps défendant, que la sensation n&#8217;est pas si désagréable que ça&#8230; Cela va soulever en contrepartie un certain nombre d&#8217;autres questions : quelle va être la réaction de la petite amie de Masahiko si elle le découvre ainsi travesti ? Et cela indique-t-il en lui des penchants féminins exacerbés ? Masahiko va aussi découvrir que les relations de Sora avec son père sont tendues à cause de son travestissement et que s&#8217;il n&#8217;avait jamais entendu parler de sa tante Yuriko avant de la rencontrer, c&#8217;est parce que la famille de sa mère avait décider de considérer ce garçon travesti comme un étranger à la famille.</p>
<p>Le thème du travestissement est ainsi exploré de manière quasi exhaustive par Tsukasa Hôjô, ainsi que les thèmes connexes de l&#8217;homosexualité et de la part de féminité inhérents à chaque être humain. Le travestissement peut être vu comme un mode de vie (la famille Wakanae et les assistants de Sora), comme l&#8217;expression d&#8217;une part de soi réprimée par la société (les employés du bar de travestis) ou même comme le facteur déclencheur de révélations sur la sexualité (le boss yakuza, après avoir découvert que l&#8217;hôtesse qu&#8217;il aime est Masahiko, s&#8217;apercevra que ses sentiments ne changent pas malgré cette révélation). Tsukasa Hôjô va plus loin et évoque même ouvertement la possibilité de faire le « grand saut », puisqu&#8217;on rencontre un ancien assistant de Sora qui revient des USA où il s&#8217;est fait opérer pour devenir une femme à part entière.</p>
<div id="attachment_1976" class="wp-caption alignleft" style="width: 223px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo9.jpg"  class="wmp" id="wmp8"><img class="size-medium wp-image-1976" title="familycompo9" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/familycompo9-213x299.jpg" alt="" width="213" height="299" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Tsukasa Hôjô / Tonkam 2001</p></div>
<p>Ce fond est soutenu par une forme en totale adéquation. Le style graphique de Tsukasa Hôjô a atteint sa maturité et les planches sont magnifiques, bien plus abouties que Cat&#8217;s Eyes ou City Hunter. Les personnages sont bien caractérisés sur le plan tant physique que psychologique et ont de multiples facettes.</p>
<p>Surtout, Tsukasa Hôjô sait trouver un équilibre délicat entre humour et drame, un équilibre qui reflète parfaitement la vraie vie, faite de joies et de peines. Il sait préserver l&#8217;humour qui caractérisait ses précédentes séries, mais son humour s&#8217;est un peu assagi en étant moins « gratuit » ; du coup, il fait plus souvent mouche, surtout auprès d&#8217;un public plus adulte. Les quatorze volumes de l&#8217;histoire se lisent alors d&#8217;une traite car Hôjô mène son scénario sans temps morts tout en sachant préserver le rythme particulier aux histoires sociales et personnelles.</p>
<p>Vous l&#8217;aurez donc compris, Family Compo est une grande réussite, peut-être le vrai chef-d&#8217;oeuvre de Tsukasa Hôjô, même si ses autres séries valent largement le détour. Hôjô montre ici qu&#8217;il sait prendre à bras le corps des thématiques plus sociales et délaisser pour un temps l&#8217;action pure. Même si son thème le réserve à un public un peu mature, Family Compo est une lecture recommandée, surtout si elle peut mettre à bas certains préjugés ! Il ne reste plus qu&#8217;à espérer une réédition rapide de cette œuvre majeure du manga.</p>
<p>Il est d&#8217;ailleurs intéressant de mettre ce manga en relation avec les évolutions récentes de la société japonaise. Très longtemps purement patriarcale, avec une domination sans partage des hommes, elle se modifie petit à petit. Les femmes accèdent de plus en plus souvent à des postes à haute responsabilité. Le regard sur l&#8217;homosexualité et le travestissement change aussi, dans une certaine mesure. A ce titre, on peut noter que Family Compo, publié au Japon entre 1996 et 2000, a précédé un mouvement où les travestis et les homosexuels ont commencé a avoir une place de plus en plus grande à la télévision. Des personnalités homosexuelles comme les jumeaux Pico et Osugi (respectivement critiques de mode et de cinéma) puis homosexuelles et/ou travesties comme Ikko-san, Kaba-chan, Haruna Ai et bien d&#8217;autres sont depuis 5-6 ans les invités réguliers de bon nombre de shows télévisés. Certes, ils y sont invités parce qu&#8217;ils sont intéressants, ont une personnalité plus exubérante que la majorité des japonais, mais leur présence à la télé a permis de faire évoluer les mentalités. Cependant, il ne faut pas croire que tout est devenu rose pour autant : l&#8217;homosexualité féminine ne s&#8217;affiche pas, elle, elle est toujours vécue comme un tabou à la télévision. Mais il faut bien commencer quelque part pour faire évoluer les mentalités&#8230;
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		<title>La semaine des 7 Noël</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Dec 2009 19:39:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
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		<description><![CDATA[Haaaa, Noël, période bénie synonyme de joie et de magie: les dîners en famille, la dinde fumante, le rire cristallin des enfants sous le sapin. Mais si on y réfléchit bien, Noël c&#8217;est aussi les courses au dernier moment dans les supermarchés bondés, les morceaux de coquille dans les huitres et les bisous à tata [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1838" class="wp-caption alignleft" style="width: 311px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/La-semaine-des-7-Noel.jpg"  class="wmp" id="wmp9"><img class="size-full wp-image-1838 " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/La-semaine-des-7-Noel.jpg" alt="Copyright Casterman 1999" width="301" height="445" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Casterman 1999</p></div>
<p>Haaaa, Noël, période bénie synonyme de joie et de magie: les dîners en famille, la dinde fumante, le rire cristallin des enfants sous le sapin. Mais si on y réfléchit bien, Noël c&#8217;est aussi les courses au dernier moment dans les supermarchés bondés, les morceaux de coquille dans les huitres et les bisous à tata Suzanne qui sent la sueur. Imaginez maintenant que Noël n&#8217;ait pas lieu qu&#8217;une seule fois par an mais que ce calvaire revienne encore et encore. Que ce soit Noël tous les jours.</p>
<p><strong>J&#8217;aime pas la magie. J&#8217;aime pas Noël. J&#8217;aime pas la magie de Noël.</strong></p>
<p>2041. Après un crack boursier l&#8217;État se retrouve avec des compteurs dans le rouge cramoisi. Les chanceux qui ont trois boulots peinent à survivre et même les bourgeoises se voient obligées de vendre leur lait. Dans ce climat économique le Président a une idée lumineuse: Noël étant la période de l&#8217;année la plus productive et la plus riche, il propose par référendum de pouvoir déclarer Noël à tout moment pour relancer l&#8217;économie. L&#8217;idée fonctionne quelques temps mais devant la pénurie, l&#8217;économie s&#8217;effondre de plus belle sans qu&#8217;il soit possible désormais de débrancher la perfusion. De hotte en houppelande, Noël devient une obligation pour tous et s&#8217;installe alors une tyrannie rouge et blanche faite de cadeaux obligatoires dénichés sur les étagères vides des supermarchés, de propagande de minuit inévitable et de réveillon-cotillons aux lentilles de la veille.</p>
<p>Bienvenue en URS… ha ben non,on parle de la France de demain  en fait.</p>
<p>C&#8217;est dans ce contexte que commence notre histoire. Depuis plusieurs Noëls, 71 policiers ont été assassinés et pire dépouillés de leurs bottes réglementaires. Bien décidé à retrouver l&#8217;ordure qui trucide les Père Noël, le chef de la Police, Staline, met dans les pattes de la famille PRIONS (comme la vache folle) un agent infiltré. Déguisé en répondeur téléphonique, son bras droit Stallone, va s&#8217;installer chez les PRIONS. Car les PRIONS sont cordonniers et c&nbsp;&raquo;est bien connu les bottes retournent chez le cordonnier aussi sûr que les fleuves retournent à la mer. Tout le monde sait ça, voyons.</p>
<p><strong>Noël un jour, Noël toujours!</strong></p>
<p>O.GROJNOWSKI n&#8217;aime pas Noël. C&#8217;est donc quelqu&#8217;un de bien. Il n&#8217;aime pas non plus les régimes totalitaires, ce qui en fait un ami. Mélangez les deux et vous obtenez le cauchemar absolu, le plus long et le plus épouvantable des réveillons qu&#8217;on puisse imaginer.</p>
<p>Les histoires sur les tyrannies du bonheur en général et de Noël en particulier ne sont pas courantes en bd (on citera <em><a href="http://www.kroniks.net/2008/07/07/sos-bonheur/" target="_blank">SOS Bonheur</a></em> de GRIFFO et VAN HAMME ou encore <em>Houppelande</em> de TRONCHET, qui signe la préface de l&#8217;album d&#8217;ailleurs). Dans <em>La semaine des 7 Noël</em>, O.GROJ a souhaité parler de ces tyrannies nées dans la crise et maintenues en place par la pauvreté. Mais pas question de plomber l&#8217;ambiance. Se revendiquant de l&#8217;esprit de TRONCHET (encore lui?) tant pour le dessin que pour l&#8217;humour, il nous dépeint ici une société kafkaïenne fondée sur l&#8217;obligation de respecter l&#8217;esprit de Noël.</p>
<p>L&#8217;histoire est racontée à travers les yeux du petit Grégory PRIONS sous la forme d&#8217;une rédaction façon Petit Nicolas, les fautes d&#8217;orthographe en plus. Entre un père obséquieux avec le pouvoir, une mère rebelle et une grand-mère dingue de poneys, le petit Grégory nous raconte les misères que lui cause ce parasite de grolardos qui fait rien qu&#8217;à fliquer tout le monde à la maison et qui, en plus, ne mange que le blanc des poireaux.</p>
<p>Tout l&#8217;album est traité sur le mode loufoque et farfelu. A commencer par le dessin, caricatural, dont les épais traits noirs et les visages déformés vous rappelleront le graphisme de TRONCHET (mais il est partout!). Clapotis PRIONS a un petit côté Jean Claude TERGAL je trouve. Pour ne pas nous faire oublier que l&#8217;histoire se passe le soir du réveillon (comme tous les soirs d&#8217;ailleurs), l&#8217;auteur a opté pour une bichromie de circonstance: le rouge et le blanc, ajoutant des sceaux de gris pour figurer l&#8217;ambiance sale et pauvre de ce Paris miséreux.</p>
<p>L&#8217;ambiance noire et cynique est allégée par des dialogues hilarants et des situations burlesques dans le plus esprit de <em>Brazil</em>. Fêter de Noël dans un monde privé de tout permet de créer tout un tas de situations absurdes: des cadeaux en retard (&laquo;&nbsp;Vous me devez encore deux salières&nbsp;&raquo;), des photos obligatoires avec le Père Noël (&laquo;&nbsp;T&#8217;as pas intérêt à me tripoter&nbsp;&raquo;), ou encore des espadrilles sans semelles cirées à crédit parce que &laquo;&nbsp;vous savez, pour réveillon c&#8217;est tenue correcte exigée&nbsp;&raquo;. Ajoutez à cela en fil rouge la rédaction purement hilarante du petit Grégory et vous obtenez un mélange détonnant de déprime désopilante. Ou de comique cafardeux, au choix.</p>
<p>Car quoiqu&#8217;on en dise, O.GROJNOWSKI a réussi à trouver un équilibre entre caricature et crédibilité L&#8217;album s&#8217;ouvre sur un crach économique mondial épouvantable qui laisse place à une société ruinée dont la seule porte de sortie se trouve dans le despotisme. Visionnaire, O.GROJ a écrit cette l&#8217;histoire en 1999. Dix ans plus tard certaines réflexions, même cachées sous le voile du cynisme et de l&#8217;ironie, semblent cruellement d&#8217;actualité.</p>
<p>La semaine des 7 Noël est album surprenant par bien des aspects. Ce n&#8217;est pas si souvent que la plus familiale des fêtes est ainsi brocardée. Et puis sous la drôlerie et le cynisme noir de l&#8217;histoire O.GROJNOWSKI nous rappelle que le chemin vers la tyrannie est souvent pavé de bonnes intentions. Un album étonnant, une curiosité à découvrir en tout cas.
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp9">Copyright Casterman 1999</div>

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		<title>No comment</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Dec 2008 08:52:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_775" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/nocomment.jpg"  class="wmp" id="wmp10"><img class="size-medium wp-image-775" title="nocomment" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/nocomment-300x300.jpg" alt="copyright Ivan Brun / Vent des Savanes - 2008" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Ivan Brun / Vent des Savanes - 2008</p></div>
<p align="justify">Attention, coup de poing ! No comment ne va pas vous laisser intact. Si vous avez une once de conscience sociale, vous sortirez de cet album comme après dix rounds sur un ring contre Mike Tyson. Ivan Brun frappe fort et de préférence au défaut de la cuirasse, mais dites-vous que c&#8217;est pour votre bien. En même temps, il ne vous impose rien, c&#8217;est à vous, après lecture, de voir ce que vous en ferez. Ivan Brun montre ce qu&#8217;on préfèrerait ne pas voir, force parfois le trait pour provoquer une réaction chez le lecteur, mais en même temps c&#8217;est tellement vrai ! No comment ne fait que pousser à leur paroxysme certains concepts bien présents dans nos sociétés actuelles. Téléréalité, espoirs déçus, engrenages infernaux manipulés par « ceux d&#8217;en haut » pour ne pas reprendre une expression célèbre, pauvreté, autant de thèmes et bien d&#8217;autres que No comment décortique et nous renvoie en pleine tronche.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Le tour de force d&#8217;Ivan Brun est de nous présenter tout cela sous une forme totalement paradoxale et pourtant parfaitement adaptée. Pas de texte, juste « l&#8217;action » et quelques idéogrammes limpides qui suffisent à faire passer le message. Un graphisme qui n&#8217;est pas sans rappeler une version satirique d&#8217;Arthur de Pins (Les péchés mignons) pour un propos dur et sans concession. Etonnant d&#8217;ailleurs de voir à quel point ce style graphique implique le lecteur, alors qu&#8217;il devrait le distancier normalement. Ca fait mouche à chaque fois, c&#8217;est terrible et imparable.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Ivan Brun n&#8217;en est pas à son coup d&#8217;essai. Ses précédentes œuvres (notamment Lieux communs et Lowlife) avaient une toute aussi grande portée sociale et politique, même si le graphisme était infiniment plus réaliste et glauque. Mais No comment, c&#8217;est un grand format, en couleur, donc peut-être plus accessible visuellement au grand public&#8230; Que ce dernier ne s&#8217;y trompe cependant pas : No comment n&#8217;est pas une production commerciale et est à réserver à un public averti, car c&#8217;est dur, très dur, mais en même temps tellement salutaire.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Ivan Brun mérite d&#8217;être connu et reconnu, tant que cela est encore possible au vu de la tournure que prennent les évènements en France&#8230; Ses éditeurs successifs méritent d&#8217;ailleurs d&#8217;être salués pour les risques évidents qu&#8217;ils prennent. Le Festival BD d&#8217;Angoulême ne s&#8217;y est pas trompé en l&#8217;incluant cette année (2009) dans sa sélection officielle.</p>
<p align="justify">
<p align="justify">Si vous voulez vous prouver ou prouver à quelqu&#8217;un que la BD, ce n&#8217;est pas uniquement Astérix ou Lanfeust de Troy, No comment est pour vous. Si vous voulez constater que la BD sait aussi délivrer des pamphlets, des brûlots sociaux et politiques implacables, No comment est pour vous. Si la réalité ne vous fait pas peur, No comment est pour vous. Ouvrez les yeux !!</p>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp10">copyright Ivan Brun / Vent des Savanes &#8211; 2008</div>

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		<pubDate>Tue, 28 Oct 2008 15:34:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après le départ de son amie Laura venue consulter ses mails, Betty KOLCHAK remarque que sa plante tropicale que lui a offerte son oncle a disparu. Le végétal a quitté le rebord de sa fenêtre. Une chose est sûre, elle n’a pas pu disparaître toute seule. Le mystère s’épaissit quand Betty découvre qu’une agence de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_628" class="wp-caption alignleft" style="width: 225px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/neverland.jpg"  class="wmp" id="wmp11"><img class="size-medium wp-image-628" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/neverland-215x300.jpg" alt="Copyright editions Soleil 2008" width="215" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Editions Soleil 2008</p></div>
<p>Après le départ de son amie Laura venue consulter ses mails, Betty KOLCHAK remarque que sa plante tropicale que lui a offerte son oncle a disparu. Le végétal a quitté le rebord de sa fenêtre. Une chose est sûre, elle n’a pas pu disparaître toute seule. Le mystère s’épaissit quand Betty découvre qu’une agence de publicité utilise SA plante pour vanter les mérites d’un engrais chimique. Comment se la sont-ils procurée ? Et qui est derrière tout cela ? D’interview télé en cavale, Betty finira par rencontrer trois mômes paumés qui squattent une maison vouée à la démolition. Leur logement étant destiné à héberger une agence de pub, ils ont viré terroristes antipub et n’hésitent par à faire chanter les pouvoirs publics. Betty décide d’agir elle aussi contre la lèpre publicitaire aux côtés de ses nouveaux amis. Encore faut-il pouvoir assumer sa désobéissance civile.</p>
<p><strong>Tiens, ils ont remis des émissions entre les pubs ?</strong></p>
<p>Neverland est le premier album de Nicolas SURE (aux dessins) et Stéphane PIATZSZEK (au scénario). Scénariste pour la télé, Stéphane a voulu tenter l’aventure du 9e art pour raconter son vécu social mais aussi combien la télé peut écraser les gens.<br />
L’idée, nous explique-t-il dans la postface, est partie de cette maison du 20e arrondissement de Paris qu’il occupait pour monter des pièces de théâtre et qui par un beau matin a été investie par des « flics habillés en Terminator ». Blessé par le manque de respect pour l’Histoire (la maison avait servi à cacher de jeunes juifs pendant la guerre) il a voulu parler de tous ces refuges habités par les déshérités de la société et que l’Etat vire sans ménagement.<br />
Le terreau de la pub est venu s’ajouter quand il s’est remémoré les paroles d’un dirigeant d’une grande chaîne qui disait fabriquer « du temps de cerveau disponible pendant les pubs ».<br />
Neverland est donc une fable citoyenne qui s’attaque à tous les genres : la pub omniprésente et omnipotente, les enfants abandonnés, les pouvoirs publics qui s’en foutent et la télé qui sacrifie des vies sur l’autel de l’audimat.<br />
Marquée socialement et politiquement, la série invite le lecteur à se questionner sans jamais tomber dans les travers inverses de la démonstration partisane ou la lourdeur pédagogique.</p>
<p>D’une manière générale, l’album s’adresse plutôt aux ados et préados de 12 à 15 ans.<br />
Le dessin léger et coloré sort tout droit des canons de la BD jeunesse (Nicolas a commencé à dessiner des petits mickeys dans les cases du Journal de Spirou). Le trait est fin est tout en rondeurs et les personnages mignons comme tout. Le design lisse associé à des couleurs chaudes informatisées et des décors épurés fluidifient encore la lecture du bouquin.</p>
<blockquote><p>Marquée socialement et politiquement, la série invite le lecteur à se questionner</p></blockquote>
<p>Le ton employé quant à lui est dans l’ensemble léger. Pourtant les auteurs évitent les clichés infantilisants et parlent vrai à leurs jeunes lecteurs.<br />
Ainsi, il n’est pas rare de se trouver face à des situations noires ou des expressions crues. La meilleure amie de Betty est une prostituée joviale qui parle ouvertement de son métier et des enfants meurent sous les coups de matraque des vigiles de supermarchés.<br />
On ne tombe pas dans le polar noir et les scènes choc mais les enfants ne sont pas pris pour de gentils bêtas gavés aux niaiseries.<br />
Les adultes quant à eux y trouveront une histoire dans l’air du temps et des thèmes forts, qu’ils pourront aborder avec leurs ados pour en débattre ensuite.</p>
<p>Scénario citoyen, personnages attachants, dessins agréables, Neverland cumule les bons points. L’album ne prétend pas se positionner comme un incontournable du 9e art mais il serait dommage de passer à côté de cette jolie réussite.
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp11">Copyright editions Soleil 2008</div>

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		<title>Les indégivrables</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Oct 2008 20:08:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
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		<description><![CDATA[Même si je suis contre la publication de blogs en BD, pour des raisons diverses et (a)variées sur lesquelles je ne m&#8217;étendrai pas (là n&#8217;est pas le propos), force est de constater que la sortie des Indégivrables en livre est une réelle bonne idée. Alors de quoi qu&#8217;est-ce que ça cause ? De pingouins. Pardon. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_511" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/indegivrables02.jpg"  class="wmp" id="wmp12"><img class="size-medium wp-image-511" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/indegivrables02-300x297.jpg" alt="Copyright Inzemoon 2007" width="300" height="297" /></a><p class="wp-caption-text">Les Indégivrables - Copyright Inzemoon 2007</p></div>
<p>Même si je suis contre la publication de blogs en BD, pour des raisons diverses et (a)variées sur lesquelles je ne m&#8217;étendrai pas (là n&#8217;est pas le propos), force est de constater que la sortie des <em>Indégivrables </em>en livre est une réelle bonne idée.</p>
<p>Alors de quoi qu&#8217;est-ce que ça cause ? De pingouins. Pardon. De manchots.<br />
Des manchots mis en scène par Xavier GORCE, et dont les tribulations quotidiennes sont envoyées aux (heureux) abonnés de la lettre électronique du Monde.</p>
<p>D&#8217;abord porté sur les animaux en général, monsieur GORCE a abandonné depuis 2004 son zoo pour se concentrer sur ses manchots.</p>
<p>En quelques cases et autant de répliques cinglantes, il fustige tous les jours avec beaucoup d&#8217;humour et énormément d&#8217;acuité nos petits travers, qu&#8217;ils soient sociaux, religieux ou (bien évidemment) politiques.<br />
Extrait :</p>
<div id="attachment_512" class="wp-caption aligncenter" style="width: 295px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/violence-conjugale.gif"  class="wmp" id="wmp13"><img class="size-full wp-image-512" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/violence-conjugale.gif" alt="copyright Inzemoon" width="285" height="301" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Inzemoon</p></div>
<div id="attachment_513" class="wp-caption alignleft" style="width: 226px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/indegivrables3.jpg"  class="wmp" id="wmp14"><img class="size-medium wp-image-513" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/indegivrables3-300x300.jpg" alt="copyright Inzemoon" width="216" height="216" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Inzemoon</p></div>
<p>Alors oui, c&#8217;est du blog en papier. Oui, ce ne sont &laquo;&nbsp;que&nbsp;&raquo; des dessins de presse. Mais l&#8217;achat des trois tomes est obligatoire.<br />
Parce que Xavier GORCE a du talent à revendre. Parce que le dessin de presse n’est pas l’exercice le plus aisé. Parce que même avec beaucoup de recul (le premier tome date de 2006) ses répliques restent terriblement actuelles. Et surtout parce que c&#8217;est pertinent, cinglant, drôle, implacable et donc incontournable.</p>
<p>Trois tomes sont actuellement disponibles, édités par INZEMOON et, inutiles de vous le dire, tous sont chaudement conseillés.<br />
Vous les trouverez facilement dans toute bonne crèmerie qui se respecte.</p>
<p>Extrait final :</p>
<div id="attachment_514" class="wp-caption aligncenter" style="width: 294px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/embauche.gif"  class="wmp" id="wmp15"><img class="size-medium wp-image-514" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/embauche-284x300.gif" alt="copyright Inzemoon" width="284" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Inzemoon</p></div>
<p>Retrouvez d&#8217;autres dessins sur<a href="http://indegivrables.blogspot.com/" target="_blank"> le blog des Indégivrables</a>.
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp12">Copyright Inzemoon 2007</div>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp13">copyright Inzemoon</div>
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<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp15">copyright Inzemoon</div>

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		<title>HAUTES OEUVRES</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Jul 2008 16:00:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Versailles, mercredi 5 janvier 1755. Un dangereux terroriste, Damien, poignarde sauvagement l&#8217;élu de Dieu Louis XV. Enfin, poinçonne légèrement le roi avec un petit canif. Charles Henri SANSON est l’Officier des Hautes Œuvres chargé d’exécuter la peine et le régicide en place publique. Mais en ce jour maudit, les ennuis vont s’accumuler tout au long [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/hautesoeuvres_1.jpg"  class="wmp" id="wmp17"><img class="alignleft size-medium wp-image-222" title="copyright la boite à bulles 2008" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/hautesoeuvres_1-215x300.jpg" alt="" width="215" height="300" /></a>Versailles, mercredi 5 janvier 1755. Un dangereux terroriste, Damien,  poignarde sauvagement l&#8217;élu de Dieu Louis XV. Enfin, poinçonne légèrement le roi avec un petit canif.</p>
<p>Charles Henri SANSON est l’Officier des Hautes Œuvres chargé d’exécuter la peine et le régicide en place publique. Mais en ce jour maudit, les ennuis vont s’accumuler tout au long du macabre spectacle.</p>
<p>L’histoire qui nous est contée ici est véridique et les scènes sont tirées du journal du bourreau lui-même, qui dépeint par le menu sa longue journée de calvaire.<br />
Le condamné sera brûlé au souffre (qui ne prend pas), découpé, écartelé par des chevaux (les membres résisteront longtemps), et finalement jeté sur un bûcher (humide de pluie). Rien n’aura été épargné à ce pauvre fonctionnaire.<br />
Pendant ce temps le bon peuple massé au pied de l’estrade assiste avec délectation au funèbre spectacle, sifflant, huant et conspuant qui le bourreau qui le supplicié. La bourgeoisie quant à elle se réfugie dans les petits appartements pour profiter du tableau et des chairs des prostituées en goguette.<br />
Barbarie et libertinage ont toujours fait bon ménage.</p>
<p>Le comble de cette histoire c’est que le roi ne gardera aucune trace de l’agression … et que Charles Henri finira lui-même régicide puisqu’il guillotinera Louis XVI et Marie Antoinette 40 ans plus tard.</p>
<p>L’auteur, Simon HUREAU qui signe ici Simon Hache, nous rapporte par le menu le journal que Charles Henri SANSON tenait pendant la Révolution et que son petit-fils transforma ensuite en mémoires.<br />
Muni de cette fenêtre sur le passé, il en profite pour s’éloigner du sujet et nous dépeint à l’occasion d’un grand spectacle populaire un tableau des mœurs de nos « illustres » ancêtres du temps des Lumières.<br />
On y croisera tour à tour la future Mme Du Barry vendant ses charmes à un marquis de Sade plein de vices, un docteur inventeur d’une machine infernale à vous en faire perdre la tête ou encore des clochards détrousseurs de cadavres piétinés…</p>
<p>Si le dessin au trait délié ne sort pas de l’ordinaire, le style narratif utilisé vaut à lui seul la lecture attentive du bouquin : élégant, spirituel, stylisé, il se pare d’un décapant cynisme de circonstance. Un vrai régal à lire bien évidement au énième degré sous peine de prendre l’auteur pour un dangereux sadique. Cela dit, je ne le connais pas personnellement&#8230;</p>
<p>Sous une couverture austère se cache donc un bien beau livre (recommandé à un public averti quand même) auquel vous repenserez la prochaine fois que vous ralentirez en voiture pour voir l’accident.</p>
<p>Pour plus de visuels, visitez <a href="http://www.la-boite-a-bulles.com/" target="_blank">le site officiel de l&#8217;éditeur</a></p>

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		<title>SOS Bonheur</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Jul 2008 11:15:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je vous ordonne d’être heureux ! Imaginez. Imaginez une France où la prise en charge médicale serait totale, où les vacances seraient payées par l’Etat, une France où les artistes seraient grassement rémunérés par le gouvernement pour créer en toute tranquillité, une France dans laquelle une carte universelle unique vous simplifierait la vie. Le rêve [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/sos.jpg"  class="wmp" id="wmp19"><img class="alignleft size-medium wp-image-219" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/sos-229x300.jpg" alt="" width="229" height="300" /></a><strong>Je vous ordonne d’être heureux !</strong></p>
<p>Imaginez. Imaginez une France où la prise en charge médicale serait totale, où les vacances seraient payées par l’Etat, une France où les artistes seraient grassement rémunérés par le gouvernement pour créer en toute tranquillité, une France dans laquelle une carte universelle unique vous simplifierait la vie.</p>
<p>Le rêve ?</p>
<p>Pas forcément. Imaginez aussi que la sécurité sociale vous coûte un tiers de votre salaire, sans compter les amendes pour les infractions relevées par la Police de la Santé, que les dates et destinations de vacances soient  imposées (pour permettre à tous de partir et éviter les embouteillages), où les artistes agréés doivent suivre la voie fixée par l’Etat et où la perte d’une simple carte vous met au ban de la société parce qu’elle est votre unique moyen de prouver votre identité.<br />
On parlerait alors d’Etat fasciste, de tyrannie. C’est la tyrannie du bonheur.<br />
Et comme dans tout Etat fascisant, des révolutionnaires vont tenter de changer l’ordre des choses.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;C’est pas la rue qui gouverne&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p>A l’origine Jean VAN HAMME avait adapté ce scénario pour la télé : il avait écrit la trame d’une série qui suivait des personnages différents d’un épisode à l’autre, confrontés à la tyrannie d’une société qui leur imposait le bonheur par tous les moyens.<br />
Le projet est tombé à l’eau jusqu’à ce que VAN HAMME en parle à Philippe VANDOOREN, alors rédacteur en chef de Spirou MAGAZINE qui le relance.<br />
Le scénariste réécrit donc son histoire pour l’adapter à la bande dessinée. VANDOOREN lui adjoint un dessinateur inconnu qui n’avait accepté que quelques travaux alimentaires : GRIFFO (qui se fera un nom par la suite : Vlad, Monsieur Noir, Beatifica Blues, ça vous dit quelque chose ?). Jean VAN HAMME écrit 6 épisodes et en ajoute un long pour permettre de conclure son histoire que Griffo met en scène avec son trait brut et taillé à la serpe.</p>
<p>Le résultat est une fable sur le pouvoir et l’apparence de pouvoir. Car en effet, qui détient le pouvoir dans une dictature : le dictateur en place ou la rue qui peut se soulever à tout moment ? A moins que ce ne soit quelqu’un d’autre ?</p>
<p>Visionnaire, VAN HAMME pose en 1982 des questions qui sont toujours d’actualité aujourd’hui : la biométrie, le fichage des citoyens, la censure, … Tout cela bien sûr appliqué pour « le bien de tous ».<br />
Surtout, il interpelle notre sens citoyen : jusqu’où un gouvernement peut-il aller ? Quelles sont les limites de l’Etat ? Où commence et s’arrête la vie privée ? Jusqu’où peut-on presser le peuple et à partir de quand doit-il se soulever ?</p>
<p>L’intégrale regroupe donc les six histoires « indépendantes » dans lesquelles on suit un protagoniste confronté à un système qui l’oppresse et qu’il va tenter de combattre. Chaque histoire peut être lue indépendamment des autres, même si elles se font écho. Et à chaque fois elle laisse un goût bizarre dans la bouche, comme un goût d’amertume. Pessimistes ? Oui pour celui qui n’ira pas jusqu’au bout, c&#8217;est-à-dire jusqu’au dernier chapitre, plus long que les autres.<br />
Dans cette dernière histoire, toutes les questions soulevées trouveront leur réponse et le Bien triomphera du Mal. Quoique…</p>
<p>Car retors, le scénariste nous laisse sur une note douce-amère, un happy-end noir.<br />
Le thème de la fin (pas de spoiler) existait déjà dans les années 80, il a été le thème central des années 90 et il est ancré dans les années 2000. Certaines choses sont immuables, et ça c’est vraiment inquiétant. 1984, c’est aujourd’hui.</p>
<p>Alors certes, le dessin fait aujourd’hui très « années 80 », mais l’histoire, elle, n’a pas vieilli et ne vieillira jamais. Et c’est Griffo qui le dit, plus de 10 ans  après.</p>
<p>Si vous en avez l’occasion, n’hésitez surtout pas à lire et à faire lire cet album. Pour une fois qu’une bd allie plaisir et sens citoyen, pourquoi s’en priver.<br />
La série est rééditée en intégrale chez Dupuis. Une occasion à saisir pour être certain de se procurer l’album.</p>

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