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	<title>Kroniks &#187; super héros</title>
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	<description>le blog bd qui vous dit bonne année</description>
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		<title>La saga Green Lantern: de Renaissance à Blackest Night (1/2)</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Sep 2011 07:55:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comics]]></category>
		<category><![CDATA[Geoff Johns]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quelques jours, alors que nous prenions une belle rouste sur le Seigneur des Anneaux Online, Xavier et moi évoquions les derniers comics que j’avais lus, les changements à venir aux États-Unis et en France et le film de Green Lantern sorti quelques semaines auparavant. Bref, on papotait gentiment. Et tout à coup, il m’a balancé avec la plus grande candeur cette question traîtresse, simplissime en apparence et que je vous livre telle quelle, dans sa forme la plus crue : « Et sinon, Blackest Night, c’est bien ? ».</p>
<p>Oh le vilain piège. Est-ce que Blackest Night c’est bien ? Il aurait pu me demander mon avis sur pas mal d’autres trucs récents, mais non, il a fallu qu’il me lance sur ce cross-over monstrueux.</p>
<p>Je vous explique : normalement, quand on évoque entre nous nos récentes lectures (et ça arrive très souvent), ce genre de question est assez rapidement évacuée : « Ouais, c’est pas mal » ou alors « C’est génial, il faut absolument que tu le lises, les auteurs se sont surpassés », voire parfois « Ouhlà, oublie, tu vas te faire mal ». Sauf qu’une réponse même un peu argumentée ne convient pas quand il s’agit de parler du meilleur cross-over de DC. Parce que pour évoquer Blackest Night et expliquer le pourquoi du comment de l’évènement, et surtout pourquoi c’est bien, il faut remonter plusieurs années dans le temps. En 2004, pour être précis, l’année où Geoff Johns a mis la main sur Green Lantern et ne l’a plus lâché depuis. Ca tombe bien, ça fait un petit moment que je songe à vous parler du renouveau de la lanterne verte.</p>
<p>Allez, suivez-moi, je vais expliquer pourquoi Blackest Night c’est bien, pourquoi vous devez lire la saga Green Lantern et pourquoi Geoff Johns est un génie.</p>
<p><strong>Hal Jordan, le premier policier spatial vert de terre.</strong></p>
<div id="attachment_2908" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Alan-Scott.jpg"  class="wmp" id="wmp1"><img class="size-full wp-image-2908 " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Alan-Scott.jpg" alt="" width="200" height="316" /></a><p class="wp-caption-text">Alan Scott, le génie de la lanterne</p></div>
<p>Au départ était le premier Green Lanten (GL), Alan Scott, personnage créé pendant l’Age d’Or par Martin Nodell et Bill Finger<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_0_2905" id="identifier_0_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" celui l&agrave; m&ecirc;me qui a cr&eacute;&eacute; le Batman mais s&rsquo;est fait piquer l&rsquo;id&eacute;e par Bob KANE. Peut-&ecirc;tre qu&rsquo;un jour je vous raconterai tout &ccedil;a ">1</a>]</sup> et largement copié sur la légende d’Aladin<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_1_2905" id="identifier_1_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" le premier nom du personnage &eacute;tait d&rsquo;ailleurs Alan Ladd ">2</a>]</sup>. Plusieurs milliers d’années dans le passé, une flamme verte magique s’est écrasée sur terre et a prophétisé qu’elle donnerait la mort (ce qu’elle fit en s’écrasant sur terre), puis la vie (en guérissant celui qui la trouva) et enfin le pouvoir à celui qui la porterait. Remodelée en lanterne magique par un artisan, elle est découverte par Alan Scott, donc, qui l’utilisa pour faire le bien une fois qu’il eut forgé un anneau de pouvoir magique.</p>
<p>A la fin des années 50, la série ne fait plus recette. En 1959, DC demande à John Broom de relancer Green Lantern avec le même succès qu&#8217;il a eu pour The Flash. Un nouveau GL apparaît donc sous la plume de Broom et les pinceaux de Gil Kane dans la revue Showcase #22. Hal Jordan, capitaine et pilote d’essai dans l’US Air Force, est choisi par un anneau de puissance pour succéder à son ancien porteur mourant, l’extraterrestre Abin Sur, échoué sur terre à bord de son vaisseau. Contrairement à Alan Scott, qui tire son pouvoir de la magie, Jordan tire sa puissance de la science, en l’espèce de la technologie plusieurs fois millénaire des créateurs de l’anneau. Cet artefact lui permet de matérialiser ses pensées sous forme de constructions composées d’énergie pure. La série connaîtra des hauts et des bas, Jordan aura sa propre série et finira naturellement par faire partie du noyau dur de la Justice League Of America (JLA)<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_2_2905" id="identifier_2_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" son meilleur ami y est &hellip; Green Arrow bien &eacute;videmment ">3</a>]</sup> aux côté de la Trinité (Batman, Superman, Wonder Woman).</p>
<div id="attachment_2910" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Guy-Gardner-Hal-Jordan-John-Stewart.jpg"  class="wmp" id="wmp2"><img class="size-full wp-image-2910" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Guy-Gardner-Hal-Jordan-John-Stewart.jpg" alt="" width="200" height="304" /></a><p class="wp-caption-text">Guy Gardner, Hal Jordan, John Stewart, les trois verts de Terre.</p></div>
<p>Hal Jordan ne restera pas un vert solitaire bien longtemps. Broom et Kane vont rapidement peupler l&#8217;univers de la Lantern. On voit donc apparaitre le jaune Sinestro<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_3_2905" id="identifier_3_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Broome avait cr&eacute;e auparavant la N&eacute;m&eacute;sis de Flash, Reverse-Flash, elle aussi jaune">4</a>]</sup>, les Gardiens de l&#8217;univers, Star Sapphire, etc&#8230; Les lecteurs découvrent qu&#8217;Hal Jordan est en fait un officier du Green Lantern Corps, une sorte de police spatiale chargée de protéger l’univers. Le QG de celle-ci se trouve se la planète Oa, située dans le secteur 0, sur laquelle se trouve Batterie Centrale qui alimente tous les anneaux du Corps. On apprend enfin que le Green Lantern Corps a été fondé par les Gardiens, une race aussi vieille que l’univers, et qu’au sein du Corps, chaque porteur d’anneau est responsable d’un secteur de l’univers. Issu de la terre, Jordan est responsable du secteur 2814 sur les 3600 que compte l’univers connu.</p>
<p>De nouveaux alliés humains font leur apparition, Guy Gardner (en 1960, pendant l’âge de bronze), John Stewart (1970, fin de l’âge de bronze) et Kyle Rayner (1994, à l’âge moderne), ainsi que toute une tripotée d’aliens.</p>
<p>A la fin des années 90, DC tente un coup osé pour relancer les ventes de la série: tuer Jordan. Tout commence par l’incinération de Coast City, sa ville d’origine, par Mongul. Fou de rage, Hal Jordan se laisse infecter par le parasite Parallax, incarnation de la peur, détruit le GL Corps et tente de réécrire l’histoire dans le sens qui lui convient<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_4_2905" id="identifier_4_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" cross-over Zero Hour, crisis in time, 1994 ">5</a>]</sup>. Et en 1998, DC publie le cross-over Final Night au cours duquel un dévoreur de soleils s’attaque à l’étoile de la terre. Alors que tout semble perdu, Jordan/Parallax apparaît et se sacrifie au dernier moment pour rallumer le soleil.</p>
<p>Privées de Jordan, les séries GL et GL Corps vont vivoter gentiment dans le catalogue DC au point de presque tomber dans l’oubli. Et puis il y eut Geoff Johns.</p>
<p><strong>Geoff Johns, le génie de la lanterne.</strong></p>
<div id="attachment_2915" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Geoff-Johns.jpg"  class="wmp" id="wmp3"><img class="size-full wp-image-2915" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Geoff-Johns.jpg" alt="" width="200" height="307" /></a><p class="wp-caption-text">Frottez l&#039;image pour faire apparaitre un génie.</p></div>
<p>Geoff Johns<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_5_2905" id="identifier_5_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="n&eacute; le 25 janvier 1973 &agrave; Detroit &ndash; Michigan">6</a>]</sup> est un scénariste touche à tout. Il a un peu travaillé pour la télé et le ciné (il a participé à l’épisode pilote de la série Blade (2006) et à Green Lantern le film, bien évidement) mais c’est en tant que scénariste de bd qu’il est le plus connu. En 1997, en visite à New York lors de la production du film Complots à laquelle il participe, il rencontre Eddie Berganza<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_6_2905" id="identifier_6_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&eacute;diteur en chef de DC Comics depuis 2010">7</a>]</sup> à qui il fait part de son amour pour les comics. Pistonné par Berganza, le jeune Johns entre chez l’éditeur de Broadway<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_7_2905" id="identifier_7_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="les deux grands concurrents ont leurs bureaux &agrave; New York. Ceux de DC se situent 1700 Broadway avenue et Marvel &agrave; son si&egrave;ge au 417, 5th avenue">8</a>]</sup> qu’il ne quittera plus (même s’il a rendu quelques rares travaux pour Marvel ou Dark Horse, avec quelques épisodes X-Men ou Avengers ainsi qu’un peu de BPRD ou de Witchblade). Autant dire que depuis le temps, il connaît très bien les personnages de la Distinguée Concurrence et surtout, tout ce qu’il touche se transforme en or (Superman : Secret Origin, The Flash : Rebirth, c’est lui. La série évènement 52 ? Encore lui).</p>
<p>Or il se trouve que Johns a un faible pour la série Green Lantern et spécialement pour Hal Jordan, le seul Lantern digne de ce nom à ses yeux. Bien décidé à écrire en vert, il sollicite et obtient en 2003 l’autorisation de plancher sur l’univers du GL. Problème, Jordan est mort. Mais Johns n’est pas du genre à se faire arrêter par un pareil détail.</p>
<p>En 2004, associé à Ivan Reis aux pinceaux, il sort Green Lantern : Rebirth, relaunch osé d’une série qui n’était attendue par personne. Et c’est le carton plein. Car Johns n’est pas un amateur. Petit génie de l’écriture, il ressuscite Jordan avec intelligence et surtout crédibilité. Ici, pas de machine à cloner, de héros renvoyé dans le passé ou d’imposteur polymorphe. A sa mort, l’esprit de Jordan s’est retrouvé mêlé à celui du Spectre, l’esprit de la vengeance<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_8_2905" id="identifier_8_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" un personnage vert, bien entendu">9</a>]</sup> pendant que son corps repose au centre du soleil, protégé par son anneau de puissance. Le but premier de Johns était d’absoudre Jordan des atrocités commises pendant qu’il était sous l’emprise de Parallax. Pour lui permettre d’aller de l’avant, le scénariste tenait en effet absolument à repartir avec un héros neuf et positif, qui n’a rien à prouver et encore moins à se faire pardonner en permanence.</p>
<p>Absout de ses péchés, Jordan peut reprendre son travail au sein du Corps. Les premières histoires vont le remettre dans le train. Les auteurs lui réservent au début quelques aventures solos, lui créent de nouveaux ennemis ou en font revenir d’anciens. Bref, ils posent les bases et présentent le personnage. Rien de bien novateur finalement au pays des supers, si ce n’est le talent de Johns pour écrire de bonnes histoires et de Reis pour les mettre en action. Cette réintroduction de personnage et de son univers constitue la première partie de la trilogie Blackest Night. Elle se compose des arcs Rebirth, Revenge of the Green Lantern Corps, No fear et Wanted : Hal Jordan (Green Lantern vol.4 #1 à #20).</p>
<p>Mais le plat de résistance reste à venir. Il arrive trois ans plus tard avec Sinestro Corps War, une maxi-série de 11 épisodes publiés entre juin et décembre 2007 (Green Lantern vol.4, #21 à #25 et Green Lanter Corps #14 à #19).</p>
<div id="attachment_2918" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sinestro-Corps.jpg"  class="wmp" id="wmp4"><img class="size-full wp-image-2918" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Sinestro-Corps.jpg" alt="" width="200" height="181" /></a><p class="wp-caption-text">Le Sinestro Corps, prêt à casser du Vert</p></div>
<p>Sinestro était le meilleur GL du Corps. Mais face au conservatisme des Gardiens et à leur retenue qu’il considère comme de la faiblesse, il décide de tourner le dos à sa famille pour se laisser envahir par une émotion qu’il juge bien plus puissante : la Peur.<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_9_2905" id="identifier_9_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La trahison de Sinestro pourrait constituer la base de la suite du film Green Lantern si on se fie &agrave; l&rsquo;apr&egrave;s g&eacute;n&eacute;rique">10</a>]</sup>. Il se retrouve alors à la tête d’une armée de tueurs, tous choisis dans les différents secteurs de l’univers pour leur « capacité à instiller une grande peur ». Même le Batman se verra proposer le job par l’anneau jaune de son secteur (le 2814 pour ceux qui ne suivent pas), mais il déclinera peu poliment l’offre. A travers son Corps, Sinestro entend faire régner enfin l’ordre dans l’univers par la peur. Ce faisant il déclenche une guerre contre son ennemi intime, le GL Corps. Après de nombreux combats épiques, le sauvetage in extremis de la Terre (présentée comme le point d’équilibre du multivers, vive nous) et de très lourdes pertes chez les GL, Sinestro est finalement arrêté et placé en détention sur Oa jusqu’à son jugement.</p>
<p>Si le public avait très bien accueilli le retour de Jordan, la série Sinestro Corps War, va exploser tous les scores de ventes de l’éditeur. Geoff Johns et son comparse Dave Gibbons ont repris un concept développé en 1986 par Alan Moore et Kevin O’Neil<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_10_2905" id="identifier_10_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="dans la s&eacute;rie Tales of the Green Lantern Corps Annual #2">11</a>]</sup>. Mais les deux scénaristes sont allés bien plus loin et ont considérablement enrichi l’idée de base.</p>
<p>La recette du succès est assez simple et tient en un mot: démesure. Prenez 3600 tueurs et mélangez à autant de flics spatiaux préalablement dépouillés de toute force létale. Mixez jusqu&#8217;à ce que la préparation jaunisse. Ajoutez une large dose de Manhunters, les robots que les Green Lanterns ont remplacé quand ils sont devenus fous, menés par le cyborg-Superman et secouez. Pour épicer, saupoudrez d&#8217;un trait de Superman Prime enragé. Et, cerise sur le gâteau, décorez avec le Gardien du Sinestro Corps: l&#8217;Anti-Monitor.  &laquo;&nbsp;<em>Je voulais totalement truquer le jeu contre le Corps des Green Lanterns. Je voulais qu&#8217;ils se retrouvent face au plus puissant rassemblement de supers-vilains de leur histoire. Alors je suis allé aussi loin que je pensais pouvoir le faire</em>&nbsp;&raquo;<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_11_2905" id="identifier_11_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Geoff Johns dans son Journal de Guerre, publi&eacute; dans le tome 2 de Sinestro Corps War">12</a>]</sup>.</p>
<p>Sinestro Corps War a été classé par les journalistes spécialisés dans le top 10 des séries de l’année. Et les dessinateurs Ivan Reis et Ethan Van Sciver furent nominés dans la catégorie « meilleurs dessins et encrages » pour les Eisner Awards de 2008. La série a par ailleurs été une des meilleures ventes de DC et a redonné le sourire à son éditeur en chef, Dan Didio. Au vu du succès et de la qualité de l’arc, ce dernier a d’ailleurs insisté auprès de Johns pour qu’il intègre l’intrigue au scénario du futur MMORPG DC Universe Online.</p>
<div id="attachment_2920" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Green-Lantern-Secret-Origin.jpg"  class="wmp" id="wmp5"><img class="size-large wp-image-2920" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Green-Lantern-Secret-Origin-686x1024.jpg" alt="" width="200" height="299" /></a><p class="wp-caption-text">L&#039;uni vert lui va si bien</p></div>
<p>D’aucuns auraient pu penser que le soufflé retomberait après une telle réussite. C’était mal connaître Johns. Avant de se lancer dans la troisième et dernière partie de sa trilogie, le scénariste choisit ce temps mort  pour sortir enfin sa réécriture des origines de Jordan, annoncée à coups de courts flashbacks alléchants tout au long des épisodes précédents.</p>
<p>Car comme on l’a dit, Jordan est apparu en 1959. Pendant près de 50 ans, les différents auteurs qui sont passés sur le personnage ont ajouté des éléments parfois très disparates à la mythologie du héros. Tellement qu’au bout d’un moment, tout et son contraire coexistait, les scénaristes se contredisant les uns les autres ou étant à la peine pour embrayer sur les idées parfois farfelues de leurs prédécesseurs.</p>
<p>Conscient du problème, le premier fan du personnage et nouveau roi de la galaxie DC va s’atteler à remettre de l’ordre là-dedans. Green Lantern : Secret Origin a été publié dans Green Lantern Vol. 4 #29 à #35 (mars à septembre 2008). Et là encore le public fut au rendez-vous. Tout y est : Abin Sur, Sinestro vert, le premier serment de Jordan, son béguin pour Carol FERRIS. Mais en plus de réussir à synthétiser et actualiser 50 ans d’évènements, Johns arrive à apporter des explications à des éléments jusqu’alors jamais précisés (par exemple, on sait maintenant pourquoi Jordan tient tant à son blouson d’aviateur). Brillante, l’histoire a été pensée pour pouvoir être lue de manière autonome mais aussi pour s’insérer dans la trilogie en cours. Et elle réussit le pari de satisfaire les anciens, attentifs au respect de la mythologie du policier spatial, comme les néophytes, qui peuvent découvrir le héros dans une histoire abordable et contemporaine.</p>
<p>Les nouvelles origines de Jordan réécrites et les bases de Blackest Night posées, Johns peut enfin attaquer la dernière partie du prélude de son cross-over.</p>
<p><strong>Quand les Rainbow Warriors débarquent.</strong></p>
<p>La plus grande réussite de Johns est a donc été de mettre en place le gros évènement qu’il avait en tête dès le début. Par petites touches discrètes, lors d’apartés au premier abord sans intérêt ou de discussions sibyllines entre les Gardiens, Johns annonce progressivement une prophétie sur le point de se réaliser : l’arrivée de la Blackest Night, la Nuit la plus Noire, qui doit signer la fin de toute vie dans l’univers.</p>
<p>Le nom de cet évènement n’a pas été choisi au hasard. Le scénariste est allé le chercher … dans le serment des Green Lantern prononcé lorsqu’ils rechargent leur anneau :</p>
<p><em>In brightest day, in blackest night,</em><br />
<em>No evil shall escape my sight</em><br />
<em>Let those who worship evil&#8217;s might,</em><br />
<em>Beware my power&#8230; Green Lantern&#8217;s light!<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_12_2905" id="identifier_12_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="J&rsquo;aurai quand m&ecirc;me r&eacute;ussi &agrave; le placer celui-l&agrave;">13</a>]</sup></em></p>
<div id="attachment_2928" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Larfleez-lagent-orange.jpg"  class="wmp" id="wmp6"><img class="size-full wp-image-2928" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Larfleez-lagent-orange.jpg" alt="" width="200" height="301" /></a><p class="wp-caption-text">Je veux cette belle image brillante. A moi, à moi</p></div>
<p>Ce serment n’était à l’origine qu’un gimmick identitaire propre à la série. Johns en fera une prophétie.</p>
<p>Par ailleurs, le scénariste avait dès le début en tête l’image d’un spectre d’émotions, à la manière d’un arc en ciel. Si la nuit noire arrive, seul le blanc peut la combattre. Or qu’est-ce que le blanc sinon la fusion de sept couleurs dont … le vert et le jaune ?</p>
<p style="text-align: left">Le vert (la volonté) et le jaune (la peur) sont à la base de la mythologie de la série. Le violet (l’amour) était lui aussi présent mais sous une forme différente. Grâce à Johns, on apprend en effet que les Star Sapphire sont en fait les femmes des Gardiens. Quand elles apprirent les plans de leurs hommes, abandonner toute forme d’émotion pour préserver l’univers, elles décidèrent de s’exiler sur la planète Zamaron pour y créer leur propre Corps. Il aura « juste » suffit à Geoff Johns de transformer leurs pierres de puissance en anneaux pour les intégrer à l’univers des Lantern (Green Lantern vol.4 #20 de juillet 2007 et compilé dans le recueil Wanted : Hal Jordan).</p>
<p>Johns va donc utiliser la dernière partie du prélude à Blackest Night pour présenter les couleurs manquantes et révéler enfin un spectre d’émotions complet.</p>
<p>Tout d’abord le rouge (associé à la rage) dans Rage of the Red Lantern (qui contient les épisodes Green Lantern vol. 4 # 26 à #28 relatifs aux Alpha Lantern, sorte de police de la police verte, et #36 à #38 consacrés donc aux lanternes rouges), puis l’orange (l’avarice) dans Agent Orange<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_13_2905" id="identifier_13_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un nom qui renvoie au d&eacute;foliant utilis&eacute; pendant la guerre du Vietnam">14</a>]</sup> (Green Lantern vol. 4 #39 à #42). Et entre deux bastons spatiales, le scénariste trouve le temps d’installer le Blue Lantern Corps (associé à l’espoir) mené par Saint Walker et l’Indigo Tribe (gardienne la compassion), pour laquelle tout reste à écrire.</p>
<p>Fidèle à sa réputation de perfectionniste, Johns a organisé son spectre des émotions sur la même structure que celui des couleurs. Le vert, le plus puissant, est au milieu et sert de point d’équilibre et de canaliseur pour les autres couleurs. Les couleurs situées en bas du spectre (jaune, orange et rouge) sont celle du mal et tous leurs « infectés »<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/#footnote_14_2905" id="identifier_14_2905" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="le sc&eacute;nario de Rage of the Red Lantern lorgne sur celui de 28 jours plus tard, l&rsquo;un des films pr&eacute;f&eacute;r&eacute;s d&rsquo;Ethan Van Sciver">15</a>]</sup> sont dominés par leur anneau. Alors que les couleurs du haut du spectre (bleu, violet et indigo) sont associées au bien et leurs porteurs contrôlent leurs émotions donc leurs anneaux. Ce genre de détail peut paraître simple mais il est révélateur de la propension qu’a Johns à tout penser, organiser et expliquer. Mieux, en plus de créer ces corps, de leur inventer une histoire, un QG et des capacités propres, Johns va jusqu’à leur donner à chacun … un serment, dont la structure est calquée sur celui des Green Lantern. Ce type est tout simplement un génie.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 530px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/7-couleurs-7-%C3%A9motions.jpg"  class="wmp" id="wmp7"><img class=" " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/7-couleurs-7-%C3%A9motions-1024x511.jpg" alt="" width="520" height="259" /></a><p class="wp-caption-text">Les rainbow warriors débarquent en force</p></div>
<p>Sept couleurs, sept émotions, tous les pions sont en place. L’arc Agent Orange marque la fin de la troisième partie du prélude à Blackest Night. La guerre de la Lumière peut avoir lieu.</p>
<p>Mais, ça ce sera pour plus tard.</p>
<p>&#8230;</p>
<p>Non on plaisante.  <a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-blackest-night-22/">Tout de suite, la suite.</a>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp1"></div>
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<hr><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2905" class="footnote"> celui là même qui a créé le Batman mais s’est fait piquer l’idée par Bob KANE. Peut-être qu’un jour je vous raconterai tout ça </li><li id="footnote_1_2905" class="footnote"> le premier nom du personnage était d’ailleurs Alan Ladd </li><li id="footnote_2_2905" class="footnote"> son meilleur ami y est … Green Arrow bien évidemment </li><li id="footnote_3_2905" class="footnote">Broome avait crée auparavant la Némésis de Flash, Reverse-Flash, elle aussi jaune</li><li id="footnote_4_2905" class="footnote"> cross-over Zero Hour, crisis in time, 1994 </li><li id="footnote_5_2905" class="footnote">né le 25 janvier 1973 à Detroit – Michigan</li><li id="footnote_6_2905" class="footnote">éditeur en chef de DC Comics depuis 2010</li><li id="footnote_7_2905" class="footnote">les deux grands concurrents ont leurs bureaux à New York. Ceux de DC se situent 1700 Broadway avenue et Marvel à son siège au 417, 5th avenue</li><li id="footnote_8_2905" class="footnote"> un personnage vert, bien entendu</li><li id="footnote_9_2905" class="footnote">La trahison de Sinestro pourrait constituer la base de la suite du film Green Lantern si on se fie à l’après générique</li><li id="footnote_10_2905" class="footnote">dans la série <em>Tales of the Green Lantern Corps Annual</em> #2</li><li id="footnote_11_2905" class="footnote">Geoff Johns dans son Journal de Guerre, publié dans le tome 2 de Sinestro Corps War</li><li id="footnote_12_2905" class="footnote">J’aurai quand même réussi à le placer celui-là</li><li id="footnote_13_2905" class="footnote">Un nom qui renvoie au défoliant utilisé pendant la guerre du Vietnam</li><li id="footnote_14_2905" class="footnote">le scénario de Rage of the Red Lantern lorgne sur celui de 28 jours plus tard, l’un des films préférés d’Ethan Van Sciver</li></ol>
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		<title>La saga Green Lantern : Blackest Night (2/2)</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Sep 2011 07:54:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Suite et fin du dossier consacré à la saga Green Lantern par Geoff Johns.  Noir c&#8217;est noir, il n&#8217;y a plus d&#8217;espoir L’histoire commence alors que Green Lantern et Flash (Barry Allen, revenu d’entre les morts et nouvelle tête d’affiche chez DC grâce à … Geoff Johns) se recueillent sur la tombe de Bruce Wayne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Suite et fin du <a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-de-renaissance-a-blackest-night-12/">dossier consacré</a> à la saga Green Lantern par Geoff Johns.</p>
<p><strong> Noir c&#8217;est noir, il n&#8217;y a plus d&#8217;espoir</strong></p>
<div id="attachment_2968" class="wp-caption alignleft" style="width: 211px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Blackest-Night.jpg"  class="wmp" id="wmp8"><img class="size-full wp-image-2968" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Blackest-Night.jpg" alt="" width="201" height="303" /></a><p class="wp-caption-text">En vert et contre tous.</p></div>
<p>L’histoire commence alors que Green Lantern et Flash (Barry Allen, revenu d’entre les morts et nouvelle tête d’affiche chez DC grâce à … Geoff Johns) se recueillent sur la tombe de Bruce Wayne et évoquent leurs amis tombés au combat, dont le dernier n’est autre que le Martian Manhunter. Dans le même temps, un sinistre personnage au costume aussi noir que son âme, Black HAND (alias William HAND)<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-blackest-night-22/#footnote_0_2967" id="identifier_0_2967" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="William Hand est un ennemi de Jordan cr&eacute;e par John Broom en 1964 dans Green Lantern #29. Il s&amp;#8217;agit en fait d&amp;#8217;un clin d&rsquo;&oelig;il &agrave; son ami William &amp;laquo;&amp;nbsp;Bill&amp;nbsp;&amp;raquo; Finger. Comme Finger, Hand a la manie de tout noter dans un petit carnet.">1</a>]</sup> , distribue des anneaux noirs à tous les guerriers récemment morts. Son objectif est de se constituer une armée de zombies qui doit lui permettre d’invoquer l’esprit de la mort. Et d’enfin régner sur un univers apaisé, libéré de toute vie donc d’émotion. Connectés à leur anneau noir, ses zombies se nourrissent des émotions de leurs ennemis, sont indestructibles et bien entendu tout héros tué est immédiatement ressuscité par un anneau noir et passe dans l’autre camp. La crise est totale et tous les personnages de l’univers DC sont touchés, héros comme vilains.</p>
<p>Blackest Night a été le plus gros évènement comics 2009-2010. Servi par les talents conjugués de Johns et Reis, ce cross-over a réussi un double exploit : éclipser les productions Marvel parues à la même période, dont le cross-over Siege de Brian Bendis et Olivier Coipel<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-blackest-night-22/#footnote_1_2967" id="identifier_1_2967" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;&eacute;diteur en tirera des le&ccedil;ons puisque l&rsquo;ann&eacute;e suivante les X-men seront confront&eacute;s &agrave; une arm&eacute;e de mutants zombies r&eacute;veill&eacute;s par S&eacute;l&egrave;ne et le cross-over annuel de l&amp;#8217;&eacute;diteur confronte les super-h&eacute;ros &agrave; l&rsquo;incarnation de la peur dans Fear Itself, et sa suite en n&eacute;gatif No Fear">2</a>]</sup> et faire passer Flash et Green Lantern devant la sacro-sainte Trinité Batman-Superman-Wonder Woman en terme de popularité comme de ventes.</p>
<p>Autre point positif de la série, elle permet à Johns de ressusciter de nombreux personnages importants de l’univers DC (notamment Aquaman, pour lequel il a un faible et un plan) et de mettre en avant des personnages jusqu&#8217;alors secondaires, dans le but avoué d’apporter de la nouveauté dans l&#8217;univers DC. Johns va notamment donner ses galons de star à Méra, l&#8217;épouse d&#8217;Aquaman, véritable furie capable de faire jeu égal avec Wonder Woman.</p>
<p>Blackest Night est donc à de nombreux égards une immense réussite, une histoire parfaite, maîtrisée de bout en bout, dont les bases ont été subtilement posées pendant cinq ans. Pour autant une question subsiste. Celle-là même que Xavier avait posée : est-ce que c’est bien. Comprenez, « Est-ce que sa lecture est conseillée ? ». Et c’est là que ça se complique.</p>
<p>Oui, Blackest Night doit être lue. Mais pour apprécier pleinement ce copieux repas et éviter l’indigestion, le lecteur averti doit remplir deux conditions sous peine d’être rapidement perdu voire découragé.</p>
<ol>
<li>Connaître les prémisses et les clefs de cette histoire (et cet article est une modeste tentative pour vous y aider). Et pour ça, il n’y a pas de miracle, il faut en passer par la lecture des épisodes de Green Lantern depuis son retour sous la plume de Johns et les pinceaux de Reis. Ça tombe bien, ces histoires sont toutes excellentes.</li>
<li>Avoir la même culture encyclopédique de l’univers DC que Johns. Et ça, ça ne s’invente pas. Heureusement entre les explications des auteurs<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-blackest-night-22/#footnote_2_2967" id="identifier_2_2967" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sinestro Corps War vol.2 et Blackest Night contiennent des cahiers bonus extr&ecirc;mement riches en informations">3</a>]</sup> et internet il est facile de rattraper le retard.</li>
</ol>
<div id="attachment_2969" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Mera.jpg"  class="wmp" id="wmp9"><img class="size-full wp-image-2969" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Mera.jpg" alt="" width="200" height="310" /></a><p class="wp-caption-text">Mera la rousse, son lit est fait de mousse</p></div>
<p>On l’a dit, Geoff Johns a majoritairement écrit pour DC depuis le début de sa carrière. Il connaît excellemment bien tous les personnages de l’éditeur, du héros de premier plan au vilain de seconde zone. Et perfectionniste comme il est, il ne connaît pas seulement leur existence mais tout de leurs histoires à leurs traits de caractère. Si vous voulez vous lancer dans Blackest Night, et je ne peux que vous encourager à le faire, vous devrez soit être un pro de l’univers DC (vous savez qui est Méra ? Vous avez déjà entendu parler de Hawk &amp; Dove ? Vous connaissez la malédiction qui pèse sur Hawkgirl et Hawkman ?), soit accepter d’avance l’idée d’approfondir vos connaissances.</p>
<p>Pour autant, si Johns à travers Blackest Night a permis à DC de revenir sur le devant de la scène, tout son apport vient de s’effondrer. Entre-temps, l’industrie des comics a plongé dans une crise sans précédent et tous les éditeurs, du plus petit au plus grand, cherchent de nouvelles solutions pour continuer d’exister.</p>
<p>C’est ainsi que DC a annoncé une refonte totale de son univers dès septembre 2011, un reboot de l’ensemble de ses séries et personnages (seul Batman échappe à cette remise à zéro). Tous les personnages et toutes les séries repartent du numéro #1, 52 séries sont prévues pour sortir simultanément tous les mois, avec 52<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-blackest-night-22/#footnote_3_2967" id="identifier_3_2967" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="chez DC on aime bien le nombre 52: la Terre est au centre d&amp;#8217;un multivers de 52 univers, la s&eacute;rie &eacute;v&egrave;nement 52, les 26 &eacute;pisodes de Brightest Day pr&eacute;vus sur 52 semaines&amp;#8230;">4</a>]</sup> équipes artistiques différentes qui, sous la supervision de Jim Lee, auront pour mission de réécrire intégralement toutes les origines des personnages<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-blackest-night-22/#footnote_4_2967" id="identifier_4_2967" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Geoff Johns ne quitte pas le navire pour autant puisqu&rsquo;il &eacute;crira les nouvelles aventures d&rsquo;Aquaman mises en image par Ivan Reis et bien &eacute;videmment celles du Green Lantern nouveau. L&rsquo;autre grande annonce dans ce reboot, c&rsquo;est le retour de Jim Lee aux pinceaux. Le dessinateur doit en effet reprendre la JLA, sous la plume de &hellip;Geoff Johns.">5</a>]</sup>. De tout ce qui a été, DC fait table rase et recommence avec un univers principal plus jeune et plus contemporain (un peu comme l’a fait Marvel avec son univers Ultimate).</p>
<p>Dès lors, facile de comprendre que tout le travail de Johns tombe à l’eau : tous les personnages qu’il avait sorti des fonds de placard sont abandonnés et tout son travail de réécriture est oublié. Difficile de se motiver à lire une série et son point d’orgue en se disant qu’il n’y aura pas de suite. Reste quand même de superbes histoires qui auront marqué l’histoire des comics et de DC.</p>
<div id="attachment_2970" class="wp-caption aligncenter" style="width: 530px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/JLA-Jim-Lee.jpeg"  class="wmp" id="wmp10"><img class="size-full wp-image-2970" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/JLA-Jim-Lee.jpeg" alt="" width="520" height="331" /></a><p class="wp-caption-text">JLA : Jim Lee Assure!</p></div>
<p>Si on a beaucoup parlé ici du travail du scénariste, il ne faudrait pas occulter celui du dessinateur. Pendant sept ans, Ivan Reis a rendu comme un métronome des planches frôlant la perfection. Méticuleux, il s’est chargé seul du design de centaines d’aliens, de tous les costumes (permanents ou temporaires) des personnages principaux ou secondaires, des emblèmes des factions, des différents mondes visités, poussant le vice jusqu’à imaginer un design différent pour chaque anneau ! Un travail d’orfèvre à la qualité constante. Et il reste à l’aise aussi bien dans les scènes intimistes qu’avec des centaines de personnages se mettant royalement sur la courge dans des doubles pages explosives.</p>
<p>A noter que Reis a parfois laissé la main à quelques invités prestigieux (Carlos Pacheco, Ethan Van Sciver, …). Dans l’ensemble, ces <em>fill in</em> sont réussis et on ne relève au final qu’un malheureux accident (dans Wanted : Hal Jordan, le travail d’Oclair ALBERT sur l’épisode des Star Sapphire est … comment dire … affreux ?).</p>
<p><strong> « C’est bien beau tout ça, mais nous quoi qu’on lit là dedans ».</strong></p>
<p>C’est facile : tout ce qui vient d’être évoqué dans cet article. Coup de chance, à la faveur de la sortie du film Green Lantern, Panini a commencé à publier les premiers recueils consacrés au flic de l’espace.</p>
<div id="attachment_2976" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Renaissance.jpg"  class="wmp" id="wmp11"><img class="size-full wp-image-2976" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Renaissance.jpg" alt="" width="200" height="301" /></a><p class="wp-caption-text">Hal Jordan, 50 ans et toujours vert</p></div>
<p>Les lecteurs français peuvent donc trouver en librairie Green Lantern : Secret Origin en version Deluxe (livre relié, couverture cartonnée) ainsi que Green Lantern : Renaissance en recueil souple broché. Idéal pour se lancer dans l’univers du porteur de l’anneau.</p>
<p>L’intégralité de la série de GL et les huit épisodes de Blackest Night ont été publiés dans le mensuel DC Universe. Si une édition en recueils est pour le moment incertaine, vous pouvez toujours vous procurer les fascicules en occasion et reconstituer l’intégralité de l’histoire. Mais à la difficulté de les trouver tous s’ajoutent celle de suivre une histoire fragmentée et l’obligation de se farcir les autres séries du mensuel, pas toujours intéressantes.</p>
<p>Enfin, on peut trouver depuis peu en librairie Blackest Night &#8211; Green Lantern Corps dans la collection DC Big Book (recueil broché, papier poreux recyclé, mais prix compétitif). Si ce choix parait évident pour un lectorat peu habité à l’univers de la lanterne (l’éditeur prend peu de risque avec le GL Corps et Kilowog en couverture après que les rues ont été arrosées d’affiches pour le film), il est dommage que Panini n’ose pas aller au bout pour proposer d’autres annexes, notamment celle consacrée au Black Lantern Corps, de loin la série parallèle la plus intéressante.</p>
<p>Deux points viennent toutefois ternir ces sorties pourtant attendues des fans français.</p>
<p>Tout d’abord la qualité des livres : depuis que Panini a repris le catalogue et les droits DC et Marvel à Semic, l’éditeur s’est fait remarquer pour la qualité déplorable de ses traductions. Au point que certains traducteurs sont maintenant connus et régulièrement conspués sur les forums. Origines Secrètes est à ce titre un modèle de ratage, critiqué de toute part tant pour son niveau de français affligeant que pour ses erreurs d’impression (de nombreuses cases de bas de page ont été coupées).</p>
<div id="attachment_2972" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Brightest-Day.jpg"  class="wmp" id="wmp12"><img class="size-large wp-image-2972 " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Brightest-Day-669x1024.jpg" alt="" width="200" height="307" /></a><p class="wp-caption-text">Chacun son vert à soi comme dit Aquaman.</p></div>
<p>Surtout, Panini a annoncé qu’il perdrait en 2012 ses droits sur les publications DC Comics au profit de Dargaud. Il ne reste donc que quelques mois à l’éditeur italien pour publier l’intégralité des épisodes de GL par Johns et Reis en recueils. Ça, mais aussi le reste des séries en cours. Autant dire mission impossible. Et rien ne nous assure que Dargaud poursuivra le travail commencé par son prédécesseur.</p>
<p>Pour lire les aventures de Green Lantern en recueil, il est donc préférable de se rabattre sur les versions américaines, qui assurent d’avoir une collection complète, respectueuse et moins chère mais qui sanctionne les lecteurs les moins anglophones.</p>
<p>Cette question de changement d’éditeur en France se pose avec encore plus d’acuité quand on sait que Panini vient de commencer la publication en kiosque de Brightest Days, mini-série de 26 épisodes commencée en avril 2010 aux États Unis. Scénarisée par Geoff Johns et Peter Tomasi, dessinée en alternance par Ardian Syaf, Scott Clark, Patrick Gleason, Joe Prado et bien évidemment Ivan Reis<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-blackest-night-22/#footnote_5_2967" id="identifier_5_2967" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="les couvertures sont sign&eacute;es David Finch">6</a>]</sup>, elle constitue la suite directe de Blackest Night.</p>
<p>Elle narre les aventures des 12 héros et vilains revenus à la vie à l’issue de Blackest Night<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-blackest-night-22/#footnote_6_2967" id="identifier_6_2967" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Professor Zoom (la N&eacute;m&eacute;sis de Flash), Jade (la fille d&rsquo;Alan Scott et petite amie de Kyle Rayner), Osiris, Maxwell Lord, Hawkgirl et Hawkman (lib&eacute;r&eacute;s de leur mal&eacute;diction), Aquaman Martian Manhunter, Jason Rusch, Captain Boomerang, Hawk (du duo Hawk &amp;amp; Dove), et Boston Brand. Et Batman&nbsp;? Ben non, pas Batman. Et pourquoi&nbsp;? Parce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas vraiment mort.">7</a>]</sup> alors qu’ils cherchent à comprendre les raisons de leur salut.</p>
<p>Petit aparté pour vous prévenir : si vous étiez perdu avec les personnages de Blackest Night, il vous sera encore plus difficile de suivre Brightest Day si vous ne connaissez aucun des ressuscités.</p>
<p><strong>Conclusion : Blackest Night c’est bien, vous devez lire la saga Green Lantern et Goeff Johns est un génie.</strong></p>
<p>Chacune des arches narratives de la saga Green Lantern, depuis Renaissance jusqu’à Blackest Night, mériterait un article particulier tant elles foisonnent de détails et de références. En donner quelques exemples serait réducteur, les lister tous, impossible. Avec Johns, chaque case, chaque bulle contient un élément important, chaque mot est soigneusement choisi. Et pourtant, tout reste fluide et compréhensible malgré des interactions entre des centaines de personnages.</p>
<p>Au final, la saga de Johns et Reis s’impose à tous les niveaux : histoire simple à même de contenter facilement les lecteurs occasionnels, elle recèle suffisamment  de référence et de détails pour occuper les aficionados longtemps après qu’ils auront terminé leur lecture.</p>
<p>Portée par un couple d’auteurs au somment de leur art et à l’aise aussi bien dans les scènes psychologiques que dans les bastons spatiales homériques, la saga Green Lantern ne faiblit à aucun moment et s’achève en apothéose. Riche, brillante, addictive, explosive, elle mérite son succès public et tous les superlatifs décernés pendant sept ans par la presse spécialisée comme généraliste<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2011/09/24/la-saga-green-lantern-blackest-night-22/#footnote_7_2967" id="identifier_7_2967" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="dont le prestigieux New York Times">8</a>]</sup>.
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<hr><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2967" class="footnote">William Hand est un ennemi de Jordan crée par John Broom en 1964 dans Green Lantern #29. Il s&#8217;agit en fait d&#8217;un clin d’œil à son ami William &laquo;&nbsp;Bill&nbsp;&raquo; Finger. Comme Finger, Hand a la manie de tout noter dans un petit carnet.</li><li id="footnote_1_2967" class="footnote">L’éditeur en tirera des leçons puisque l’année suivante les X-men seront confrontés à une armée de mutants zombies réveillés par Sélène et le cross-over annuel de l&#8217;éditeur confronte les super-héros à l’incarnation de la peur dans Fear Itself, et sa suite en négatif No Fear</li><li id="footnote_2_2967" class="footnote">Sinestro Corps War vol.2 et Blackest Night contiennent des cahiers bonus extrêmement riches en informations</li><li id="footnote_3_2967" class="footnote">chez DC on aime bien le nombre 52: la Terre est au centre d&#8217;un multivers de 52 univers, la série évènement <em>52</em>, les 26 épisodes de Brightest Day prévus sur 52 semaines&#8230;</li><li id="footnote_4_2967" class="footnote">Geoff Johns ne quitte pas le navire pour autant puisqu’il écrira les nouvelles aventures d’Aquaman mises en image par Ivan Reis et bien évidemment celles du Green Lantern nouveau. L’autre grande annonce dans ce reboot, c’est le retour de Jim Lee aux pinceaux. Le dessinateur doit en effet reprendre la JLA, sous la plume de …Geoff Johns.</li><li id="footnote_5_2967" class="footnote">les couvertures sont signées David Finch</li><li id="footnote_6_2967" class="footnote">Professor Zoom (la Némésis de Flash), Jade (la fille d’Alan Scott et petite amie de Kyle Rayner), Osiris, Maxwell Lord, Hawkgirl et Hawkman (libérés de leur malédiction), Aquaman Martian Manhunter, Jason Rusch, Captain Boomerang, Hawk (du duo Hawk &amp; Dove), et Boston Brand. Et Batman ? Ben non, pas Batman. Et pourquoi ? Parce qu’il n’est pas vraiment mort.</li><li id="footnote_7_2967" class="footnote">dont le prestigieux New York Times</li></ol>
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		<title>Freaks&#8217; squeele</title>
		<link>http://www.kroniks.net/2011/06/20/freaks-squeele/</link>
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		<pubDate>Mon, 20 Jun 2011 01:40:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
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		<category><![CDATA[Florent Maudoux]]></category>
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		<description><![CDATA[Freaks’ squeele, c’est compliqué à décrire en fait. C’est pourquoi j’ai sans cesse repoussé cette chronique. Quel angle trouver pour le présenter sous son meilleur jour ? Parce que vous savez bien, si vous passez sur Kroniks régulièrement, qu’on a tendance ici à ne parler que des albums qui nous ont vraiment plu. Et c’est le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2805" class="wp-caption alignleft" style="width: 215px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs1.jpg"  class="wmp" id="wmp13"><img class="size-medium wp-image-2805" title="fs1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs1-205x300.jpg" alt="" width="205" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright F. Maudoux / Ankama éditions juillet 2008</p></div>
<p>Freaks’ squeele, c’est compliqué à décrire en fait. C’est pourquoi j’ai sans cesse repoussé cette chronique. Quel angle trouver pour le présenter sous son meilleur jour ? Parce que vous savez bien, si vous passez sur Kroniks régulièrement, qu’on a tendance ici à ne parler que des albums qui nous ont vraiment plu.</p>
<p>Et c’est le cas avec Freaks’ squeele ! Mais voilà, par où commencer ?</p>
<p>En fait, Freaks’ squeele pourrait être un peu décrit comme un gros melting-pot : dessin clairement influencé par le manga et le comics, auteur français, thématique « école » ambiance Harry Potter et Sentaï School… Oui, dit comme ça, ça ne fait pas forcément envie, ça donne l’impression d’un grand fourre-tout un peu facile histoire de surfer sur la mode.</p>
<p>Et ce serait une terrible erreur ! Que j’ai failli faire, d’ailleurs. Reprenons donc : le dessin est inspiré par le manga et le comics ? C’est vrai, mais en partie seulement ; on remarque très vite que Florent Maudoux, l’auteur, est en fait œcuménique : il y a autant de BD que de comics ou de manga dans Freaks’ squeele. Et comme il a su tirer la substantifique moelle de chacun de ces genres, son style en devient paradoxalement homogène et très agréable. On a l’expressivité et la dérision du manga, le dynamisme du comics de super héros et l’écriture des dialogues tout à fait BD. Bref, sur le plan visuel, Freaks’ squeele est une vraie réussite, avec des dessins très détaillés et pourtant toujours aussi dynamiques et plaisants.</p>
<p>Alors maintenant, la thématique. Oui, c’est vrai, c’est une BD « d’école », mais il n’y a pas l’once d’un début de plagiat dans Freaks’ squeele. Florent Maudoux détourne simplement avec brio les standards du genre. Il peuple son école de personnages aussi attachants que détestables et si la multiplicité des personnages secondaires peut faire peur au début, Il s’en sort avec brio en leur donnant de vrais traits de personnalité.</p>
<div id="attachment_2806" class="wp-caption alignright" style="width: 222px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs2.jpg"  class="wmp" id="wmp14"><img class="size-medium wp-image-2806" title="fs2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs2-212x300.jpg" alt="" width="212" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright F. Maudoux / Ankama éditions mars 2009</p></div>
<p>Mais finalement, Freaks’ squeele, c’est quoi ? C’est l’histoire de trois étudiants, Xiong Mao la purement humaine (mais qui ne vient pas de n’importe quelle famille), Chance la demi-démone, et Ombre de Loup, la montagne à tête de loup. C’est la rentrée à l’université de la F.E.A.H. et les étudiants doivent se mettre par groupes de trois ; pas de bol pour Xiong Mao et Chance, elles se retrouvent à deux, l’année commence mal… Heureusement pour elles, elles ne vont pas tarder à faire la connaissance d’Ombre de Loup, aussi baraqué que timide et gentil.</p>
<p>L’année débute donc, mais Xiong Mao a rapidement des doutes sur les intentions du directeur de la F.E.A.H. Il semble en effet plus préoccupé de publicité, aux dépends de la prestigieuse académie Saint-Ange, que de pédagogie pure : monstres trop puissants aux examens, étudiantes en paréo filmées en TV réalité à leur insu, etc., non, décidément il n’est pas net, ce type.</p>
<div id="attachment_2807" class="wp-caption alignleft" style="width: 221px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs3.jpg"  class="wmp" id="wmp15"><img class="size-medium wp-image-2807" title="fs3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/fs3-211x300.jpg" alt="" width="211" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright F. Maudoux / Ankama éditions janvier 2010</p></div>
<p>Il faut dire que certains professeurs, voire même un bon nombre d’étudiants détonnent dans une université censée former des héros ; on les verrait plus facilement du côté obscur de la force, mais bon…</p>
<p>Tout cela donne d’excellents ingrédients pour une histoire rythmée, pas exemple de clichés certes mais qui ne gâchent absolument rien, et des personnages plus qu’attachants. Le tout appréciable qu’on soit capable de repérer tous les clins d’œil ou non, d’ailleurs, ceux-ci n’étant jamais que des à-côtés amusants qui n’entravent en rien la compréhension de l’histoire.</p>
<p>Bref, Freaks’ squeele, c’est très bon, lisez-en ! Si on voulait partir sur des envolées lyriques, Freaks’ squeele pourrait servir d’exemple parfait pour illustrer pourquoi la BD française n’a rien à craindre de « l’envahissement » des comics et manga : il y aura toujours des auteurs talentueux comme Florent Maudoux pour en tirer le meilleur et nous offrir de petits bijoux comme Freaks’ squeele !</p>
<p><em>Note : cette chronique a été écrite sans lire le tome 4 des aventures du trio estudiantin, vu que je n’ai pas encore pu mettre la main dessus. Mais d’après des sources hautement autorisées, le niveau ne faiblit pas !</em>
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	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/action/" title="action" rel="tag">action</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/florent-maudoux/" title="Florent Maudoux" rel="tag">Florent Maudoux</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/humour/" title="humour" rel="tag">humour</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/super-heros/" title="super héros" rel="tag">super héros</a><br />
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		<title>Black Summer &#8211; No Hero</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Jun 2010 19:09:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } -->En 2009, l&#8217;éditeur Milady/Bragelone, bien connu pour ses romans de fantasy et nouveau venu dans le monde de la BD, sortait en France un inédit de Warren ELLIS : <em>Black Summer</em>. Passé malheureusement inaperçu du grand public, le titre se révélait pourtant très efficace tant sur le fond, ELLIS oblige, que sur la forme (mais on y reviendra). Cet album m&#8217;avait à tel point secoué que j&#8217;étais bien décidé à vous en parler. Et puis le temps est passé et <em>Black Summer</em> n&#8217;a pas eu les honneurs de Kroniks. La sortie en juin 2010 de <em>No Hero</em>, deuxième épisode de ce qui s&#8217;annonce comme un triptyque, est l&#8217;occasion de revenir sur ces œuvres hors norme. Allez hop, deux bouquins pour le prix d&#8217;un.</p>
<h3>Black Summer</h3>
<div id="attachment_2317" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/black-summer.jpg"  class="wmp" id="wmp16"><img class="size-full wp-image-2317" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/black-summer.jpg" alt="Copyright Milady Graphic 2009" width="300" height="461" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Milady Graphic 2009</p></div>
<p><strong> </strong>Pour lutter contre la criminalité et la corruption galopante dans une ville ressemblant à Washington, sept personnes mues par une inébranlable volonté de changer le monde, de le rendre meilleur, acceptent de recevoir des &laquo;&nbsp;augmentations offensives et défensives de combat&nbsp;&raquo; pour devenir des Armes vivantes. Chacun engrange suffisamment de puissance pour tenir tête à une armée et tous ensemble ils forment le front de défense de l&#8217;Amérique. Tout bascule le jour où John HORUS, l&#8217;une des armes les plus appréciée du public, tue de sang froid le Président des États-Unis et ordonne au peuple américain de mettre fin à cette administration criminelle qui les gouverne pour organiser des élections libres.</p>
<p>Les six armes restantes se retrouvent prises entre deux feux : protéger les émeutiers de forces armées et se protéger eux-mêmes des armes officieuses lancées à leurs trousses par Franck BLACKSMITH, leur mentor pourtant supposé mort. Le tout en retrouvant John pour comprendre son geste et l&#8217;éliminer si besoin.</p>
<p>Pas besoin d&#8217;être un génie pour comprendre que <em>Black Summer</em> est un violent pamphlet contre l&#8217;administration BUSH et ses mensonges. Warren ELLIS avait déjà abordé ce thème des supers-héros qui rétablissent l&#8217;ordre en bottant les culs des dictateurs dans <em>The Authority</em> (la série qui lave plus blanc). Mais cette fois, il va plus loin que jeter un despote africain en pâture à  la population qu&#8217;il affamait. ELLIS et son comparse MILLAR en étaient restés à montrer les dents d&#8217;Authority au maitre du monde (<em>« Monsieur le Président vous n&#8217;êtes pas en position de déterminer ma juridiction »</em>). Chez Avatar Press, ELLIS ventile le Président et sa garde rapproché au quatre coins du bureau ovale, façon puzzle.</p>
<p>Cette séquence d&#8217;ouverture donne le ton général de l&#8217;album : ce sera sale, ce sera dur mais ce sera fait pour le bien du peuple. Et du lecteur halluciné.</p>
<p>La quatrième de couverture annonce pompeusement que « <em>si vous avez aimé Watchmen, vous aimerez Black Summer </em>».  Une accroche un poil prétentieuse, <em>Watchmen</em> reste d&#8217;une profondeur abyssale et a tellement révolutionné le genre qu&#8217;il sera difficile de lui arriver à la cheville. Mais pas si éloignée de la réalité. Car en effet sous un traitement gras et particulièrement sanglant, ELLIS a ciselé une histoire plus profonde qu&#8217;il n&#8217;y paraît et avec plusieurs niveaux de lecture.  Fidèle à lui-même, le scénariste britannique a en effet émaillé son récit de pure action avec quelques unes de ses réflexions habituelles, la première portant, de manière si évidente que c&#8217;en est sur la couverture, sur le pouvoirs et les responsabilités: quand on dit combattre pour le bien, jusqu&#8217;où peut-on aller ? Peut-on vraiment tout faire sous prétexte de pouvoir le faire ? Un homme seul peut-il se poser en seul décideur et renverser un gouvernement qu&#8217;il n&#8217;aime pas ? Mais ce n&#8217;est que la partie visible de l&#8217;iceberg puisqu&#8217;ELLIS a truffé son récit de réflexions sur, en vrac, la peine de mort, le complexe militaro-industriel ou encore la démocratie piétinée par les juteux contrats.</p>
<p>Alors oui <em>Black Summer</em> est dense,très dense, trop dense même pour certains qui ne verront que des personnages à peine esquissés (quand seuls deux ou trois se révèlent vraiment approfondis) et une accumulation de scènes d&#8217;action entre deux monologues antirépublicains. Car <em>Black Summer</em> est avant tout un défouloir pour les auteurs. Pour Warren ELLIS qui peut se lâcher comme jamais et tirer à boulets rouges sur ces républicains qu&#8217;il hait tant mais aussi pour José Juan RYP, le dessinateur. Cet espagnol né en 1971 a commencé sa carrière en dessinant des BD pornos pour Wet Comics ou des histoires de terreur pour Trece. En 2002, il est enfin remarqué et intègre l&#8217;écurie de la toute nouvelle maison Avatar Press. Il  collabore d&#8217;entrée avec rien moins qu&#8217;Alan MOORE puis Franck MILLER et finalement Warren ELLIS.</p>
<p>Son style est très particulier, mélange d&#8217;encrage épais, de personnages réalistes et de décors hyper détaillés. Les scènes d&#8217;actions sont ahurissantes de violence et de fureur, d&#8217;explosions de sang et de corps qui finissent en charpie. Ajoutez à cela de pleines pages débordant d&#8217;énergie et des designs classieux au possible et vous obtenez un condensé de nitroglycérine à boire cul sec. Son style ne plaira pas à tout le monde mais ceux qui accrocheront ne lâcheront pas le livre avant la dernière page. Promis.</p>
<h3><strong>No Hero</strong></h3>
<div id="attachment_2318" class="wp-caption alignright" style="width: 312px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/No-hero.jpg"  class="wmp" id="wmp17"><img class="size-full wp-image-2318" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/No-hero.jpg" alt="Copyright Milady Graphic 2010" width="302" height="470" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Milady Graphic 2010</p></div>
<p>Deuxième partie du futur triptyque <em>No Hero</em> ne partage pourtant pas grand chose avec <em>Black Summer</em>, en tout cas en apparence. L&#8217;un n&#8217;est pas la suite de l&#8217;autre, ils ne reprennent pas les mêmes personnages et ne se situent même pas dans le même univers. Et pourtant ils sont intimement liés.</p>
<p>Juin 1966, Carrick MASTERSON annonce à la télévision qu&#8217;il a créée un groupe de surhumain pour libérer le peuple de la loi de la rue, de la brutalité de la police et du monde qui se retourne contre lui. Son secret? Une drogue dérivée du LSD appelée FX7 et capable d&#8217;ouvrir les capacités extra humaines du cobaye<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/06/23/black-summer-no-hero/#footnote_0_2316" id="identifier_0_2316" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="ELLIS glisse syst&eacute;matique des r&eacute;f&eacute;rences aux drogues dans ses histoires,  plus ou moins visibles, plus ou moins positives.">1</a>]</sup>. Ou de le tuer, oui aussi. Les Levellers sont nés et vont devenir des héros, des protecteurs.</p>
<p>Quarante ans plus tard, alors que les Levellers deviennent la Front Line, deux d&#8217;entre eux sont assassinés salement par un groupe hostile non identifié. Il va falloir les remplacer au plus vite. Ça tombe bien, Joshua CARVER, jeune idéaliste surentrainé, n&#8217;aspire qu&#8217;à une chose: devenir un super-héros et protéger les gens. Et cette bonne âme a, grâce à son talent, réussi à attirer l&#8217;attention de Carrick MASTERSON. Il attend maintenant que le gourou lui propose enfin la gélule miracle qui fera de lui un héros protecteur de la loi.</p>
<p>C&#8217;est clair, Warren ELLIS est obsédé par le pouvoir et son usage; et presque toutes ses œuvres tournent autour de ce thème. Si dans <em>Black Summer</em> il se demandait jusqu&#8217;où pouvait aller un surhomme pour défendre ses idées, dans <em>No Hero</em> il met à l&#8217;honneur l&#8217;héroïsme à travers un jeune idéaliste prêt à tout pour défendre la veuve et l&#8217;orphelin. Et pose cette question: jusqu&#8217;où peut-on aller pour devenir un super-héros ? Jusqu&#8217;à sacrifier son humanité ? Ses idéaux ? Car en effet les agents de Front Line sauvent le monde mais n&#8217;oublient pas d&#8217;empocher leur part au passage, quitte à provoquer un peu les événements pour faire monter les enchères.</p>
<p>Respectueux du genre, les auteurs rendent ici hommage à ces héros de papier qui ont choisi de mettre leurs pouvoirs au service des autres. D&#8217;ailleurs, l&#8217;album est parsemé de fausses couvertures, véritables hommages à celles qui ont marqué l&#8217;histoire des héros célèbres: <em>X-Men</em>, <em>Spiderman</em>, Superman et bien évidemment <em>Watchmen</em>. Sauf si vous viviez sur Mars ces 20 dernières années, impossible de ne pas en reconnaître au moins une<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/06/23/black-summer-no-hero/#footnote_1_2316" id="identifier_1_2316" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Si vraiment vous bloquez, je veux bien donner un coup de main, mais il  faudra demander gentiment">2</a>]</sup>.</p>
<p>Toujours dessiné par JJR, <em>No Hero</em> laisse un peu de côté les double pages sanglantes de gunfights hyper nerveux pour des pleines pages d&#8217;hallucinations cauchemardesques générées par la drogue ingurgitée par Joshua. Il vous montrera même quoi faire d&#8217;une colonne vertébrale fraîchement arrachée à son propriétaire.</p>
<p>Le style graphique ne change pas et reste toujours aussi précis (rappelant un peu Franck QUITELY pour les connaisseur) et saturé de détails. Ceux qui ont aimé <em>Black Summer</em> trouveront là encore leur comptant d&#8217;action, de sang et d&#8217;os.</p>
<h3><strong>Thèse, antithèse. Synthèse ?</strong></h3>
<p>On l&#8217;a dit, chacun des titres contient sa dose d&#8217;action et de réflexion et tous deux se font écho à travers ce thème de l&#8217;héroïsme. Pourtant, à bien y regarder, on pourrait y voir plus. Comme une sorte de mise en miroir dévoilant à qui regarde bien une nouvelle piste de réflexion planquée par ELLIS. Attention spoiler.</p>
<p>Dans <em>Black Summer</em> une divinité bienveillante et trop humaine descend sur terre pour renverser un gouvernement qu&#8217;elle juge néfaste et libérer les hommes. Après avoir combattu et perdu, les hommes se rendent compte que cette entité avait raison et reprennent les rênes de leur vie.</p>
<div id="attachment_2320" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Supergod.jpg"  class="wmp" id="wmp18"><img class=" size-full wp-image-2320" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Supergod.jpg" alt="Copyright Avatar Press 2010" width="300" height="467" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Avatar Press 2010</p></div>
<p>Dans <em>No Hero</em>, un humain qui n&#8217;en est plus vraiment un monte chez les Dieux pour mettre fin à une dictature liberticide et tenter de rendre sa liberté à l&#8217;humanité. Après avoir combattu et vaincu, les hommes se rendent compte que sans guide et livrés à eux mêmes ils sont voués au chaos.</p>
<p>A partir de là se dessinerait la position d&#8217;ELLIS : l&#8217;Humanité serait incapable de se gérer elle-même et devrait s&#8217;en remettre à une entité supérieure et bienveillante qui par sa position a le recul nécessaire pour décider.</p>
<p>L&#8217;idée n&#8217;est pas nouvelle certes, mais la démarche est plutôt innovante. Thèse, antithèse, reste à savoir comment Warren ELLIS clôturera son triptyque dans sa synthèse. Et cette synthèse s&#8217;appellera <em>Super God</em>, ce sera dessiné par Gary GASTONNY (<em>Caliber : first cannon</em>) et c&#8217;est prévu pour novembre 2010 aux États-Unis. <em>Black Summer</em> parlait de superhumains trop humains, <em>NoHero</em> d&#8217;un superhumain devenu un monstre; <em>Supergod</em> parlera d&#8217;un humain qui n&#8217;en est plus un et qui est devenu &#8230; autre chose. Plus d&#8217;infos (alléchantes mais en anglais) sur <a href="http://www.avatarpress.com/titles/supergod/">le site officiel d&#8217;Avatar Press</a>.</p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p><em>Black Summe</em>r et <em>No Hero</em> sont des œuvres hors normes qui revisitent avec bonheur le thème des supers qui pètent les plombs, une sorte d&#8217;Authority 2,0. C&#8217;est jouissif, intelligent, cynique et irrévérencieux.</p>
<p>Il serait dommage de passer à côté de ces titres sous prétexte que vous n&#8217;aimez pas le comics et encore moins les supers héros. Le triptyque d&#8217;ELLIS contient suffisamment de bonnes idées pour contenter même les plus réfractaires. D&#8217;autant que le travail de l&#8217;éditeur est superbe: traductions fidèles, beau papier et  couvertures luxueuses. A essayer avant de jeter au moins.</p>
<p>Le duo ELLIS-RYP est explosif et on croise les doigts pour que Milady sorte leur troisième livre en commun: <em>Wolfskin</em>. Compte tenu du thème (sword and sorcery à la Conan) et de la ligne éditoriale de l&#8217;éditeur, on peut espérer une bonne nouvelle sous peu.</p>
<p>Enfin, sachez qu&#8217;ELLIS, à l&#8217;instar de son pote Mark MILLAR <em>(Wanted!</em>, <em>Kick Ass</em>), aura droit aux honneur du grand écran puisque deux de ses œuvres vont sortir au cinéma en 2011 : <em>Red</em> (produit par Bruce WILLIS) et surtout <em>Black Summer</em>. En espérant qu&#8217;Hollywood ne dénaturera pas trop le titre.
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp16">Copyright Milady Graphic 2009</div>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp17">Copyright Milady Graphic 2010</div>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp18">Copyright Avatar Press 2010</div>
<hr><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2316" class="footnote">ELLIS glisse systématique des références aux drogues dans ses histoires,  plus ou moins visibles, plus ou moins positives.</li><li id="footnote_1_2316" class="footnote">Si vraiment vous bloquez, je veux bien donner un coup de main, mais il  faudra demander gentiment</li></ol>
	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/adultes/" title="adultes" rel="tag">adultes</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/comics/" title="Comics" rel="tag">Comics</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/super-heros/" title="super héros" rel="tag">super héros</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/warren-ellis/" title="Warren ELLIS" rel="tag">Warren ELLIS</a><br />
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		<title>Le point sur l&#8217;univers Marvel Ultimate</title>
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		<pubDate>Sun, 24 Jan 2010 15:29:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Panini, l&#8217;éditeur en France de Marvel et DC, vient de terminer la publication en kiosques de la première série de l&#8217;univers Ultimate. En décembre 2009 est sorti le dernier épisode et en janvier 2010 l&#8217;éditeur a proposé dans un hors série les épisodes Requiem. La publication de la nouvelle saison est d&#8217;ores et déjà programmée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Panini, l&#8217;éditeur en France de Marvel et DC, vient de terminer la publication en kiosques de la première série de l&#8217;univers Ultimate. En décembre 2009 est sorti le dernier épisode et en janvier 2010 l&#8217;éditeur a proposé dans un hors série les épisodes <em>Requiem</em>. La publication de la nouvelle saison est d&#8217;ores et déjà programmée pour avril 2010.</p>
<p>Le moment est donc idéal pour revenir sur une décennie de publication ultime et <em>in fine</em> orienter subtilement le lecteur perdu mais curieux vers le meilleur de la production.</p>
<p><em>N.D.R. : Cher lecteur, tu es prié de bien vouloir lire cet article en entier et avec attention, je ne me suis pas fadé une soirée de 4 heures à le rédiger pour des nèfles. Merci pour moi.<br />
</em></p>
<p><em>Et pour ton confort sache, estimé lecteur, que les renvois sont dynamiques : un clic sur le numéro t&#8217;emmènera directement sur la note correspondante et une fois sur la note, tu cliques sur la petite flèche pour revenir là où tu en étais dans le texte. C&#8217;est fort hein !</em></p>
<p><strong>On prend les même et on recommence.</strong></p>
<p>En 2000, alors que le monde du comic books est touché par une crise sans précédent impactant dangereusement les ventes, la maison Marvel lance sous l&#8217;impulsion de son éditeur en chef <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joe_Quesada" target="_blank">Joe QUESADA</a> et de Bill JEMAS une nouvelle ligne de super héros prenant place dans un monde alternatif au marvelverse classique<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_0_1989" id="identifier_0_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&amp;#8217;id&eacute;e n&amp;#8217;est pas neuve: les lecteurs les plus anciens se souviennent  s&ucirc;rement de la s&eacute;rie 2099 qui mettait en sc&egrave;ne les descendants  des h&eacute;ros en &hellip; 2099, les plus curieux ont certainement lu 1610,  les amateurs de chair fra&icirc;che connaissent Marvel Zombies et les  plus impatients attendent Marvel Apes.">1</a>]</sup><a href="#_ftn1"></a></p>
<p>L&#8217;idée de base était de relancer les ventes en touchant un nouveau public: d&#8217;une part celui qui avait décroché de la continuité, et d&#8217;autre part le grand public qui connait les supers à travers les médias de masse mais ne veut pas se fader 40 ans d&#8217;histoires.</p>
<p>Le thème consiste donc à reprendre les locomotives Marvel les plus connues et de les replacer dans un monde plus actuel, plus réaliste, bref plus en phase avec le siècle naissant. Les séries commencent à zéro, les héros sont à défricher et les auteurs ont toute latitude pour raconter les meilleures histoires possibles, n&#8217;étant encore une fois pas liés par la continuité classique<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_1_1989" id="identifier_1_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le monde Marvel classique est appel&eacute; Terre-616, celui d&amp;#8217;Ultimate est la  Terre-1610.">2</a>]</sup></p>
<p>La destinée de ce nouveau monde est confiée aux bons soins de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Brian_Michael_Bendis" target="_blank">Brian MICKAEL BENDIS</a>, qui a déjà prouvé sa valeur <a href="http://www.kroniks.net/2009/05/18/secret-war/" target="_blank">ici</a> ou <a href="http://www.kroniks.net/2009/05/10/powers/" target="_blank">là</a>.  BENDIS est nommé maître d&#8217;œuvre sur le projet et a carte blanche pour le développer. Il sera rapidement rejoint par le britannique <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mark_Millar" target="_blank">Mark MILLAR</a> (<em>Civil War</em>, <em>Wanted!</em>, <em>Superman Red Son</em>) qui apportera sa touche personnelle pour tirer encore la gamme vers le haut. En somme deux valeurs sûres aux épaules aussi larges que le talent.</p>
<div id="attachment_2003" class="wp-caption alignleft" style="width: 237px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ultimate-Spider-man-1.jpg"  class="wmp" id="wmp24"><img class="size-full wp-image-2003" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ultimate-Spider-man-1.jpg" alt="" width="227" height="346" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Marvel 2000</p></div>
<p>C&#8217;est Brian Mickael BENDIS qui ouvre le bal en 2000 avec <em>Ultimate Spiderman</em> où le tisseur revient vers ce qui a fait sa gloire à l&#8217;époque: un ado de 15 ans avec des problèmes de lycéen est mordu par une araignée génétiquement modifiée et acquiert des supers pouvoirs.</p>
<p>Rapidement, les ventes décollent et le monde Ultimate commence son expansion. Spidey est suivi par les <em>Ultimate X-Men</em>.  La gamme est étoffée en 2002 avec <em>Ultimates</em>, une version des Vengeurs revue et corrigée par l&#8217;impolitiquement correct Mark MILLAR et enfin 2004 avec <em>Ultimate Fantastic Four</em>. Initiés par BENDIS et MILLAR, elle est confiée sur un arc à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Warren_Ellis" target="_blank">Warren ELLIS</a> (<a href="http://www.kroniks.net/2008/11/18/transmetropolitan/" target="_blank"><em>Transmetropolitan</em></a>, <a href="http://www.kroniks.net/2008/05/31/fell/" target="_blank"><em>Fell</em></a>, et qui s&#8217;était déjà fait remarquer sur … Fatalis <em>2099</em>) avant d&#8217;être définitivement attribuée à un MILLAR hyperprolifique.</p>
<p>En France, les épisodes ont été compilés dans la collection Marvel DELUXE, épais et luxueux pavés agrémentant les épisodes de jolis bonus (interview, couvertures alternatives, recherches graphiques…). Une superbe édition que pas mal d&#8217;américains nous envient.</p>
<p>Le background de ces séries dites &laquo;&nbsp;continues&nbsp;&raquo; est enrichi par des mini séries centrées sur des personnages annexes version Ultimate: Daredevil, Elektra ou encore une version de Batman et Robin (en fait Hawk Owl et Woody). Les histoires sont alors confiées à un aéropage d&#8217;auteurs de talent, comme Greg RUCKA (<em>Queen and Country</em>, <em>Whiteout</em>,…) Brian K VAUGHAN (<a href="http://www.kroniks.net/2008/06/10/y-le-dernier-homme/"><em>Y le dernier homme</em></a>) ou encore Stuart IMMONEM (<em>Rising Stars</em>, <em>Superman; Identité Secrète</em>…) qui tous s&#8217;en donnent à cœur joie pour faire évoluer ce monde vierge.</p>
<p>Toutes les mini-séries ont été publiées par Panini sous forme de fascicules hors série, aisément trouvables en occasion, de même que les séries <em>Ulltimate Origines</em>, centrées sur les origines des héros. Toutes sont intéressantes et apportent un réel plus à ce monde.</p>
<p>Enfin, et pour être complet sur les à cotés, il faut mentionner la série de seize épisodes, tous scénarisés par BENDIS, de <em>Ultimate Marvel Team Up</em>, dans lesquels Spiderman est associé à différents héros (L&#8217;homme-Chose, Daredevil, la Torche Humaine ou encore Hulk).</p>
<p>L&#8217;univers Ultimate connaitra par ailleurs plusieurs cross over.<a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ultimate-Power.jpg"  class="wmp" id="wmp25"><img class="alignright size-full wp-image-2040" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ultimate-Power.jpg" alt="Copyright Marvel" width="223" height="341" /></a></p>
<p>Tout d&#8217;abord <em>Ultimate War</em> (mini-série en 4 épisodes scénarisée par MILLAR et mise en images par Chris BACHALO), où les X-Men affrontent les Ultimates<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_2_1989" id="identifier_2_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Disponible notamment dans le recueil Ultimate X-Men 3">3</a>]</sup>.</p>
<p><em>Ultimate Six</em> (scénarisée par BENDIS), confronte Spiderman aux Ultimates (encore et toujours).</p>
<p>Et enfin la trilogie <em>Ultimate Nightare</em>, <em>Ultimate Secret</em> (révélant la naissance des mutants) et <em>Ultimate Extinction</em>, consacrée à l&#8217;attaque de la terre par Gah Lak Tus (et marquant les apparition de Mah Vhel, de la Vision ou du Silver Surfer, grande classe dans sa version ultimate).</p>
<p>Pour être complet, sur les crossovers il faut mentionner la rencontre entre l&#8217;équipe de Captain América avec l&#8217;Esquadron Suprême (<em><a href="http://www.kroniks.net/2008/10/13/supreme-power/" target="_blank">Supreme Power</a></em>). Les deux univers partagent en effet le même réalisme. L&#8217;arc n&#8217;est pas vraiment inoubliable mais il aura des répercussions sur la suite (et notamment <em>Ultimatum</em>). En effet, à l&#8217;issue de la rencontre explosive entre les deux équipes, il y aura échange de personnages, Zarda (équivalent de Wonder Woman et l&#8217;égale de Superman) voyagera vers le monde ultime en échange de quoi Nick FURY restera dans le monde suprême. D&#8217;ailleurs, ne manquez pas la rencontre de la Princesse du Pouvoir avec Hulk (dans un court épisode d&#8217;excellente facture) qui se termine dans le noir d&#8217;une chambre de motel. Excellent !</p>
<div id="attachment_2014" class="wp-caption alignleft" style="width: 233px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Ultimate-FF-1.jpg"  class="wmp" id="wmp26"><img class="size-full wp-image-2014 " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Ultimate-FF-1.jpg" alt="Copyright Marvel 2001" width="223" height="347" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Marvel 2004</p></div>
<p>Malgré le talent des auteurs impliqués et la qualité générale des séries (principalement <em>Ultimates</em>, mais on y reviendra plus loin), les ventes atteignent difficilement celles de l&#8217;univers classique. <em>Ultimate Spiderman</em> commence à 54 000 exemplaires et passé le côté collector des premiers numéros, la série stagnera à 45 000. Rejoint par des X-Men qui démarrent pourtant fort (les mutants sont depuis longtemps la locomotive de la maison d&#8217;édition), la gamme Ultimate va stagner et certains la voient déjà reléguée dans les cartons, à côté de <em>2099</em>. Pire, les mauvaises langues s&#8217;imaginent qu&#8217;Ultimate n&#8217;est qu&#8217;un caprice de QUESADA qui cherche en douce à imposer son bébé pour remplacer l&#8217;univers classique. Et puis en 2002, tout bascule avec la sortie des <em>Ultimates</em> de MILLAR qui occuperont le haut des ventes, à plus de 130 000 exemplaires et qui deviendront la locomotive de la gamme, au point que certaines séries occuperont jusqu&#8217;à 7 places dans le Top Ten des ventes de comics<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_3_1989" id="identifier_3_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Source Comic Box #62 Janvier-F&eacute;vrier 2010.">4</a>]</sup> .</p>
<p>La série <em>Ultimates</em> est en effet la plus innovante de la gamme. Mark MILLAR sera celui qui se détachera le <a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Ultimates-2.jpg"  class="wmp" id="wmp27"><img class="alignright size-full wp-image-2004" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Ultimates-2.jpg" alt="Copyright Marvel" width="227" height="343" /></a>plus de l&#8217;univers d&#8217;origine pour proposer des personnages réalistes et des thèmes adultes où les supers costumés sont présentés comme des mercenaires aux ordres du gouvernement, prêts à envahir un pays si on le leur demande.</p>
<p>MILLAR et HITCH, s&#8217;inscrivant totalement dans le concept de base ( un univers et des personnages réalistes), emportent tous les suffrages et donnent une nouvelle image des supers héros au grand public. Pour preuve, ce sont bel et bien les versions Ultimate qui seront retenues pour les nouveaux films produits par Marvel: le catapultage de Bruce BANNER dans L&#8217;Incroyable Hulk<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_4_1989" id="identifier_4_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Produit par Universal et Marvel et r&eacute;alis&eacute; par Louis LE TERRIER, sorti  en 2008">5</a>]</sup> reprend la mise en scène de HITCH à la fin de Ultimates 1, et Robert DOWNEY JR et Samuel L. JACKSON, aperçu en Nick FURY<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_5_1989" id="identifier_5_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Aper&ccedil;u dans l&amp;#8217;apr&egrave;s g&eacute;n&eacute;rique d&amp;#8217;Iron Man. Il ne faut jamais  partir du cin&eacute; ou arr&ecirc;ter un DVD pendant le g&eacute;n&eacute;rique !">6</a>]</sup> sont les sosies de leurs personnages de papier.</p>
<p>D&#8217;ailleurs, la rupture n&#8217;est pas que scénaristique puisque tranchant avec les dessins assez cartonny des premières séries de la gamme, le dessinateur façonne des personnages réalistes et parfaitement crédibles, facilitant encore la projection du lecteur dans ce monde rendu si proche du nôtre par le scénariste.</p>
<p>Malheureusement, le remplacement de MILLAR et HITCH à la fin de la saison 2 au profit de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeph_Loeb" target="_blank">Jeph LOEB</a> (scénario) et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joe_Madureira">Joe MADUREIRA</a> (dessins) marquera le début de la fin.</p>
<p><strong>Plus ça change, plus c&#8217;est la même chose.</strong></p>
<p>Après neuf ans de publication (et plus d&#8217;une centaine d&#8217;épisodes pour Spiderman), la gamme Ultimate commence à montrer ses limites. L&#8217;idée originelle s&#8217;éloigne et les auteurs, consciemment ou non, reviennent aux fondamentaux et à l&#8217;univers d&#8217;origine.</p>
<p>C&#8217;est que le double pari d&#8217;Ultimate tend vers la schizophrénie: il faut d&#8217;un côté donner vie à un monde différent, tout en captant le grand public qui connait les héros classiques à travers les films, les dessins animés ou les jeux vidéos. Peu à peu le grand écart se réduit et les versions Ultimate finissent par se rapprocher de leurs homologues originaux. Avec le recul, le lecteur un peu connaisseur se rend compte que les différences sont finalement assez mineures: les pouvoirs des personnages, leurs relations, leurs caractères, ne diffèrent guère voire pas du tout de leurs modèles originaux.</p>
<p>Encore une fois, seuls MILLAR et HITCH avaient réussi à apporter de la réelle nouveauté: Thor est un hippie altermondialiste, Œil de Faucon est marié avec des enfants; surtout, MILLAR n&#8217;hésite pas à jouer la carte de la provocation en présentant ses Vengeurs comme une équipe suprême américaine flirtant avec le fascisme.</p>
<p>Quand la main passe au couple LOEB / MADUREIRA, les Ultimates abandonnent leur statut de mercenaires pour redevenir un groupe très classique de héros. La série, bancale, est unanimement rejetée par le public parce qu&#8217;aseptisée, apolitique et finalement régressive.</p>
<p>Quant aux autres séries, Spiderman, FF et X-Men, elles ronronnent dans leur petit monde. L&#8217;effet de nouveauté est passé, les auteurs tournent en rond et n&#8217;osent plus vraiment prendre de risques.</p>
<p>Devant la chute des ventes et la baisse générale de qualité, la direction de Marvel prend une décision radicale: des têtes doivent tomber. Ce seront celles des supers.</p>
<p><strong>On efface tout et on re- recommence</strong></p>
<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Ultimatum.jpg"  class="wmp" id="wmp28"><img class="alignleft size-full wp-image-2006" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Ultimatum.jpg" alt="" width="223" height="324" /></a>Et voilà comment on arrive à <em>Ultimatum</em>. Le principe ? Simplissime. La Sorcière Rouge, fille de Magnéto, est assassinée par Fatalis (dans <em>Ultimates 3</em>, l&#8217;arc honni de LOEB et MADUREIRA). Furieux, Magnéto décide de punir les humains et déclenche des catastrophes sur toute la planète en inversant les pôles et modifiant l&#8217;axe de la planète: une gigantesque vague déferle sur New York, l&#8217;Asie est secouée par d&#8217;immenses éruptions volcaniques et l&#8217;Europe est plongée dans une ère glaciaire.</p>
<p>En cinq épisodes, Jeph LOEB et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Finch" target="_blank">David FINCH</a> font le ménage parmi les lycras et peu en réchapperont. La liste des victimes, toutes tuées violemment, est longue et surprenante: Angel déchiqueté par Dent de Sabre, Cyclope abattu par un sniper d&#8217;une balle dans la tête, Xavier la nuque brisée par sa Némésis… Même les locomotives y passent: Wolverine (vraiment ?), Thor, Fatalis, Magnéto…  Et l&#8217;image de la Guêpe, les entrailles à l&#8217;air et dévorée par le Blob, restera longtemps gravée dans la mémoire des lecteurs (elle a un goût de poulet parait-il).</p>
<p>L&#8217;idée est simple: faire le ménage et repartir de zéro avec quelques têtes d&#8217;affiches sauvées des eaux et de <a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Ultimate-Comics-Avengers.jpg"  class="wmp" id="wmp29"><img class="alignright size-full wp-image-2012" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Ultimate-Comics-Avengers.jpg" alt="Copyright Marvel 2010" width="223" height="335" /></a>nouvelles recrues. En ce sens <em>Ultimatum</em> respecte son pitch à la lettre et ne déçoit pas: la série n&#8217;est qu&#8217;une succession de morts violentes (et parfois gores) et de règlements de comptes, parfois  grossièrs (la mort de Thor est un monument de facilité). Même la fin est ridicule: pris de remord, Magnéto rétabli les pôles et l&#8217;axe de la Terre en trois cases De toute façon, <em>Ultimatum</em> n&#8217;a jamais eu la prétention de se poser comme une série recherchée et inspirée. Elle n&#8217;est qu&#8217;un coup d&#8217;éponge sur le passé et une transition vers l&#8217;avenir. Elle est au final au monde Marvel Ultimate ce que <em>Final Crisis</em> est à la Distinguée Concurrence : une purge.</p>
<p>En France, <em>Ultimatum</em> s&#8217;est donc achevé avec le numéro 43 du mensuel <em>Ultimates</em> et Panini a publié en janvier 2010 les épisodes <em>Requiem</em>, où les X-Men enterrent leurs morts, les F.F. se séparent et J.J. JAMESON publie la nécrologie de Spiderman (mais est-il vraiment mort?). Fidèle à lui-même, BENDIS (dans Spiderman) clôt une saison en posant les bases de la suivante.</p>
<p>En Avril, l&#8217;éditeur commencera la publication des nouvelles séries baptisées &laquo;&nbsp;<em>Ultimate Comics</em>&laquo;&nbsp;  aux États Unis avec notamment le retour très attendu de MILLAR sur les <em>Ultimates (</em>et Carlos PACHECO aux dessins, plus que ravi de travailler avec MILLAR mais qui du coup regrette de ne pas pouvoir se lancer dans production de la suite d&#8217;<a href="http://www.kroniks.net/2008/09/15/arrowsmith/" target="_blank">Arrowsmith</a><sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_6_1989" id="identifier_6_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="voir son interview dans le Comic Box #62 de janvier/f&eacute;vrier 2010 o&ugrave; il explique notamment comment il a pens&eacute; les designs et &eacute;chang&eacute; avec MILLAR qu&amp;#8217;il qualifie de fou !">7</a>]</sup>.<em> </em></p>
<p>Ces nouvelles séries sont actuellement en cours de parution aux États-Unis et les ventes ne sont pas mirobolantes, à peine au niveau des séries précédentes. Les chiffres ne sont pas décevants mais tout porte à penser que les lecteurs ne sont pas dupes quant aux artifices utilisés par la Maison des Idées (un nouveau nom de gamme, une nouvelle numérotation et de presque nouveaux auteurs n&#8217;apportent pas forcément de la nouveauté).</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Oui, c&#8217;est bien beau cet article. Mais nous, alors, quoi qu&#8217;on lit dans tout ça ?&nbsp;&raquo; piaffe le lecteur très (im)patient</strong></p>
<p>Parce qu&#8217;il pose un monde nouveau mais dont la base est connue et parce qu&#8217;il n&#8217;est pas du tout besoin de se coltiner 40 ans d&#8217;histoires, l&#8217;univers Ultimate est id<a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Wolverine-vs-Hulk.jpg"  class="wmp" id="wmp30"><img class="size-full wp-image-2007 alignright" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/Wolverine-vs-Hulk.jpg" alt="Copyright Marvel 2009" width="223" height="342" /></a>éal pour les lecteurs qui souhaitent lire des aventures de supers héros.</p>
<p>La gamme est vaste et globalement de bonne qualité. Je vous conseille donc les séries suivantes:</p>
<p>Les <em>Ultimates</em> de Mark MILLAR et Brian HITCH (publiés en France chez Marvel Delux) sont à lire en priorité, soit Ultimates 1, 2-1 et 2-2. La série est superbe, adulte, politique, cynique…, bref tout simplement jouissive. Hulk est une véritable machine à tuer et son &laquo;&nbsp;Hulk va t&#8217;arracher la tête et pisser dans ton crâne&nbsp;&raquo; restera longtemps dans les mémoires. A lire impérativement.</p>
<p>Le cross over Gah Lak Tus est excellent parce que scénarisé par Warren ELLIS. L&#8217;auteur, fidèle à lui-même, crée une situation apocalyptique désespérée pour la renverser au dernier moment avec un <em>deus</em> <em>ex-machina</em> impossible à prévoir. Malheureusement, la trilogie est éparpillée un peu partout dans les éditions françaises et ne fait pas l&#8217;objet d&#8217;une compilation propre. Il vous faudra soit trouver les fascicules correspondant chez  votre libraire préféré  soit vous tourner vers la compilation américaine (<em>Ultimate Galactus Trilogy</em>).</p>
<p>Ensuite, vous pouvez sans soucis aborder les mini-séries suivantes, sorties en kiosques et disponibles d&#8217;occasion: <em>Soldat de plomb</em> (ou la relecture Ultimate de Batman)<sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_7_1989" id="identifier_7_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Hors S&eacute;rie n&deg; 3, Avril 2004">8</a>]</sup>, <em>Iron Man I et II</em><strong> </strong><a href="#_ftn8"><strong> </strong></a><sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_8_1989" id="identifier_8_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Hors S&eacute;rie n&deg; 5 et 6, respectivement Juillet 2006 et Octobre 2008">9</a>]</sup> et surtout <em>Wolverine VS Hulk</em><sup>[<a href="http://www.kroniks.net/2010/01/24/le-point-sur-lunivers-marvel-ultimate/#footnote_9_1989" id="identifier_9_1989" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Hors S&eacute;rie n&deg; 9, Octobre 2009">10</a>]</sup>, où le mutant griffu est littéralement coupé en deux par le géant vert et doit ramper jusqu&#8217;à ses jambes avant que le colosse ne les dévore. Les dessins taillés à la serpe et énergiques de Lenil YIU (<em>Secret Invasion</em>) sont superbes. Qui plus est l&#8217;histoire est signée Damon LINDELOF, scénariste d&#8217;<em>Avatar</em> (le dessin animé) ou de <em>Lost</em>.</p>
<p>Encore une fois, ces hors série s&#8217;inscrivent hors de la continuité et ne nécessitent aucune connaissance particulière pour être appréciés.  Tous sont auto-conclusifs (Panini appelle ça des &laquo;&nbsp;sagas complètes&nbsp;&raquo;) et peuvent être lus individuellement (surtout <em>Soldats de Plomb</em>, dont les personnages ne seront pas repris dans les séries continues).</p>
<p>La série <em>Ultimate Spiderman</em>, dirigée par BENDIS et toujours compilée chez Marvel DELUXE, est assez légère et agréable à lire. Les aventures de ce tisseur adolescent et bondissant apportent un vent de fraîcheur bienvenu. D&#8217;autant que les dessins de Mark BAGLEY, très ronds, reflètent parfaitement la cible visée des jeunes lecteurs.</p>
<p>Quant aux <em>Ultimate X-Men</em>, bien que scénarisés par MILLAR, ils manquent un peu de relief pour en faire des incontournables. Conseillés, tout comme ses FF (hé ho, c&#8217;est du MILLAR après tout !) mais après avoir découvert les séries précédentes.</p>
<p>Enfin, il sera toujours temps de découvrir les nouveaux Ultimates et consorts lors de la sortie de la toute nouvelle saison en kiosques français dès Avril 2010.</p>
<p><em>Lien utile : <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ultimate_Marvel" target="_blank">L&#8217;univers Ultimate</a> sur Wikipédia<br />
</em>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp24"></div>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp26">Copyright Marvel 2001</div>
<hr><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1989" class="footnote">L&#8217;idée n&#8217;est pas neuve: les lecteurs les plus anciens se souviennent  sûrement de la série <em>2099</em> qui mettait en scène les descendants  des héros en … 2099, les plus curieux ont certainement lu <em>1610</em>,  les amateurs de chair fraîche connaissent <em>Marvel Zombies</em> et les  plus impatients attendent <em>Marvel Apes</em>.</li><li id="footnote_1_1989" class="footnote">Le monde Marvel classique est appelé Terre-616, celui d&#8217;Ultimate est la  Terre-1610.</li><li id="footnote_2_1989" class="footnote">Disponible notamment dans le recueil Ultimate X-Men 3</li><li id="footnote_3_1989" class="footnote">Source Comic Box #62 Janvier-Février 2010.</li><li id="footnote_4_1989" class="footnote">Produit par Universal et Marvel et réalisé par Louis LE TERRIER, sorti  en 2008</li><li id="footnote_5_1989" class="footnote">Aperçu dans l&#8217;après générique d&#8217;<em>Iron Man</em>. Il ne faut jamais  partir du ciné ou arrêter un DVD pendant le générique !</li><li id="footnote_6_1989" class="footnote">voir son interview dans le Comic Box #62 de janvier/février 2010 où il explique notamment comment il a pensé les designs et échangé avec MILLAR qu&#8217;il qualifie de fou !</li><li id="footnote_7_1989" class="footnote">Hors Série n° 3, Avril 2004</li><li id="footnote_8_1989" class="footnote">Hors Série n° 5 et 6, respectivement Juillet 2006 et Octobre 2008</li><li id="footnote_9_1989" class="footnote">Hors Série n° 9, Octobre 2009</li></ol>
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		<title>Herobear &amp; the Kid</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Jan 2010 06:44:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tyler doit faire face à pas mal de changements dans sa vie d&#8217;enfant : son grand-père vient de décéder. Ses parents ont décidé d&#8217;habiter dans son ancienne demeure, où travaille un majordome à l&#8217;aspect austère. C&#8217;est beaucoup de changements d&#8217;un coup pour un petit garçon : la perte d&#8217;un être cher, un déménagement mais aussi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1953" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/herobear1.jpg"  class="wmp" id="wmp31"><img class="size-medium wp-image-1953" title="herobear1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/herobear1-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Mike Kunkel / V2O éditions 2006</p></div>
<p>Tyler doit faire face à pas mal de changements dans sa vie d&#8217;enfant : son grand-père vient de décéder. Ses parents ont décidé d&#8217;habiter dans son ancienne demeure, où travaille un majordome à l&#8217;aspect austère.</p>
<p>C&#8217;est beaucoup de changements d&#8217;un coup pour un petit garçon : la perte d&#8217;un être cher, un déménagement mais aussi une nouvelle école à fréquenter et donc de nouveaux amis à se faire. Tyler étant aussi rêveur que cœur d&#8217;artichaut, il ne peut s&#8217;empêcher de tomber amoureux de la plus jolie fille de la classe&#8230; et involontairement de ridiculiser la brute épaisse qui, avec ses deux frères, va le prendre pour tête de turc. Bref, ça ne va pas être rose tous les jours&#8230;</p>
<p>D&#8217;autant que Tyler ne comprend pas le sens des objets que son grand-père lui a légué : une montre à gousset qui ne fonctionne plus et un nounours en peluche passablement défraîchi. Quelle n&#8217;est pas la surprise de Tyler quand le nez du nounours se met à clignoter et se transforme en ours parlant de 3m !! D&#8217;un autre côté, ça ouvre des possibilités pour quelqu&#8217;un qui s&#8217;est toujours vu dans la peau d&#8217;un super-héros&#8230;</p>
<p>Herobear &amp; the Kid est un mélange de plusieurs genres : les super héros, bien sûr, puisque Tyler doit combattre les méchants avec son ours et le premier d&#8217;entre eux, un robot géant, ne tarde pas à pointer le bout de son nez. Mais on peut le rapprocher aussi de Clavin &amp; Hobbes, pour le côté « petit garçon qui parle à sa peluche » et « réflexions sur la vie ». Le grand-père de Tyler n&#8217;était en effet pas n&#8217;importe qui, mais chut ! Ce n&#8217;est pas à moi de vous en dire plus.</p>
<p>Visuellement, Herobear &amp; the Kid adopte un aspect presque purement « esquisse » : on a l&#8217;impression de se retrouver devant le carnet d&#8217;études préparatoires de l&#8217;auteur. Cet aspect inachevé est en fait totalement assumé par Mike Kunkel : outre le fait qu&#8217;elle laisse une certaine place à l&#8217;imagination du lecteur, elle lui permet également une plasticité qu&#8217;un dessin plus réaliste ou au contraire plus cartoon n&#8217;aurait sans doute pas autorisé. Mike Kunkel joue donc avec les formes, les cases, le tout en noir et blanc. Force est de constater que cela marche à 100% ! Cet aspect d&#8217;Herobear &amp; the Kid est un atout, non un handicap.</p>
<div id="attachment_1952" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/herobear3.jpg"  class="wmp" id="wmp32"><img class="size-medium wp-image-1952" title="herobear3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/herobear3-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Mike Kunkel / V2O éditions 2006</p></div>
<p>La réalisation et le scénario en font aussi une œuvre « transgénérationnelle » : les plus jeunes lecteurs y trouveront des personnages sympathiques, auxquels ils pourront aisément s&#8217;identifier et une narration qui ne les prend pas pour des idiots. Les plus âgés liront Herobear &amp; the Kid comme une Madeleine de Proust, se remémorant les longues heures passées sous les draps ou près du radiateur à lire, et se laisseront eux aussi prendre par l&#8217;histoire !</p>
<p>Bref, Herobear &amp; the Kid est un comic méconnu mais qui mérite amplement qu&#8217;on le découvre et qu&#8217;on le savoure, seul ou de génération en génération. Et ça, c&#8217;est suffisamment rare dans le monde de la BD pour être signalé. Le <a href="http://mikekunkel.blogspot.com/">blog de Mike Kunkel</a> est aussi un passage très intéressant, bien qu&#8217;en anglais, pour découvrir l&#8217;univers si particulier de ce dessinateur deux fois lauréat des Eisner Awards (les Oscar des comics), rien que ça !
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		<title>Ultra</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Nov 2009 01:40:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comics]]></category>
		<category><![CDATA[Featured]]></category>
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		<description><![CDATA[Spring City, ville des super héros. Une énième redite des Marvel- et DC-verses ? Que nenni ! Si les « super » abondent dans la ville, ils ne sont pas traités comme le premier Spiderman venu : reconnus, adulés, ils sont au centre d&#8217;un vrai star system. Magazines people, soirée de remises des trophées, hé, ils sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1790" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ultra.jpg"  class="wmp" id="wmp33"><img class="size-medium wp-image-1790 " title="ultra" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ultra-300x300.jpg" alt="Copyright Jonathan et Joshua Luna - Delcourt / 2005" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Jonathan et Joshua Luna - Delcourt / 2005</p></div>
<p>Spring City, ville des super héros. Une énième redite des Marvel- et DC-verses ? Que nenni ! Si les « super » abondent dans la ville, ils ne sont pas traités comme le premier Spiderman venu : reconnus, adulés, ils sont au centre d&#8217;un vrai star system. Magazines people, soirée de remises des trophées, hé, ils sont même gérés par des agences, comme de vrais acteurs hollywoodiens ! Bref, la vie est belle pour les sup&#8217;.</p>
<p>Pearl Penalosa n&#8217;a d&#8217;ailleurs pas à se plaindre : c&#8217;est elle la plus populaire parmi les « supergirls ». Comportement exemplaire, célibataire, voilà une héroïne propre sur elle et à destination de toute la famille ! Entourée de ses amies Jen et Liv, elles aussi « super » tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes.</p>
<p><strong>Super and the City</strong></p>
<p>Mais voilà : les « super » sont des gens aussi, avec des sentiments. Et Pearl souffre de son célibat. Liv, la plus délurée du trio (elle s&#8217;adresse à une autre catégorie de consommateurs), la pousse sans cesse à faire des rencontres. Et voilà nos trois héroïnes qui se retrouvent chez une diseuse de bonne aventure accro au crack, et qui prédit à Pearl une rencontre dans les sept jours&#8230;</p>
<p>Vous l&#8217;aurez compris, Ultra n&#8217;est pas le comics qu&#8217;il vous faut si vous recherchez du sang, de la sueur et des larmes. Pas de testostérone ici, c&#8217;est vraiment plutôt ambiance « Sex and the City » à tous les étages, entre le célibat de Pearl, sa mère envahissante (comme toutes les mamans latinos qui se respectent), les tendances lesbiennes refoulées de Jen et l&#8217;exubérance de Liv qui cache bien des fissures. Sans compter les jalousies très humaines dans ce monde de stars&#8230;</p>
<p>Peu de pouvoirs en action, ça n&#8217;est pas le sujet de la série, en fait. Et si cela peut surprendre, voire rebuter, c&#8217;est au contraire très rafraichissant !</p>
<p><strong>Une sitcom pas gnangnan</strong></p>
<p>En effet, les frères Luna mènent leur narration avec brio, on ne s&#8217;ennuie pas un instant à suivre la vie de Pearl et de ses amies. On aurait pu redouter le comics faussement estampillé « pour filles », la tentative marketing de récupérer un lectorat traditionnellement assez réfractaire au monde des super-machins en spandex.</p>
<p>Mais non, Ultra est une œuvre intègre, une vraie, qui s&#8217;adresse à tous. Les frères Luna ont délibérément décidé de prendre le contre-pied du comics « main stream » et cela fonctionne très bien. Ce côté sitcom totalement assumé est un vrai bain de fraîcheur pour le genre tout entier !</p>
<p>Graphiquement, Ultra est d&#8217;ailleurs cohérent avec cette décision : traits légers, épurés, couleurs assez aériennes, là aussi c&#8217;est un sans faute. A noter que Delcourt a eu la bonne idée de publier l&#8217;intégrale de la série d&#8217;un seul coup, on peut donc apprécier Ultra dans son ensemble, ce qui permet là aussi de ne pas laisser l&#8217;intérêt retomber.</p>
<p>Bref, Ultra est un bon comics. Pour les accros au « main stream », je le recommande car il leur fera l&#8217;effet d&#8217;une bouffée d&#8217;air frais, d&#8217;un bonbon acidulé, d&#8217;un petit plaisir coupable mais tellement agréable ! Pour les réfractaires aux comics, là aussi Ultra est une lecture conseillée, ne serait-ce que pour montrer que tous les auteurs de comics ne sont pas « premier degré », la tête baissée dans leur œuvre !
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp33">Copyright Jonathan et Joshua Luna &#8211; Delcourt / 2005</div>

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