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	<title>Kroniks &#187; thriller</title>
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	<description>le blog bd qui vous dit bonne année</description>
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		<title>Seuls</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Jan 2012 01:52:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Imaginez : vous vous réveillez un beau matin pour découvrir qu’autour de vous, tout le monde a disparu ! Pourtant, la veille tout était normal, un banal soir d’été bien qu’un peu chaud, peut-être… Bref, c’est le choc. Et quand en plus, vous êtes un enfant, le choc est encore plus grand. C’est pourtant ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3126" class="wp-caption alignleft" style="width: 220px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seuls.jpg"  class="wmp" id="wmp1"><img class="size-medium wp-image-3126" title="seuls" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seuls-210x300.jpg" alt="" width="210" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Vehlmann- Gazzotti / Dupuis 2006</p></div>
<p>Imaginez : vous vous réveillez un beau matin pour découvrir qu’autour de vous, tout le monde a disparu ! Pourtant, la veille tout était normal, un banal soir d’été bien qu’un peu chaud, peut-être… Bref, c’est le choc. Et quand en plus, vous êtes un enfant, le choc est encore plus grand.</p>
<p>C’est pourtant ce qui vient de se passer à Fortville, banale petite cité française. Et Dodji erre de par les rues. Certes, il semble plus étonné qu’effrayé, mais il est tout de même heureux de tomber sur Leïla et Terry au coin d’une rue. Au moins certains ont été épargnés par « l’évènement » ! Par la suite ils vont d’ailleurs rencontrer Camille, puis Yvan, dans le même cas qu’eux.</p>
<p>Mais cinq « rescapés », ça ne fait pas beaucoup, et surtout, ça n’apporte aucune explication sur ce qui s’est passé. Pourquoi tout le monde a disparu ? Pourquoi les seuls survivants jusque-là sont des enfants ? Et pourquoi seulement ces cinq-là ? Quand est-ce que les secours vont arriver ? D’autant que si les humains ont disparu, les cinq ne sont pas seuls dans la ville : outre les chiens et autres animaux de compagnie, un certain nombre d’animaux se sont échappés d’un cirque de passage. Quand vous tombez nez-à-nez avec un tigre dans le jardin, ça surprend…</p>
<p>Il va donc falloir survivre, maintenant. Heureusement, l’électricité fonctionne toujours, comme tous les autres appareils d’ailleurs. Et nos cinq compères ne sont pas sans ressources. Si Dodji est incontestablement le plus hardi, Leïla est une bricoleuse hors pair, Camille et Yvan des têtes bien faites et Terry… bon, Terry il a 5 ans, c’est déjà pas mal ! En définitive, cela fait tout à fait penser au célèbre « Club de Cinq » de notre enfance. Et les cinq amis auront bien besoin de leurs talents respectifs, car ils ne sont peut-être pas tout à fait aussi seuls qu’ils le pensaient…</p>
<div id="attachment_3127" class="wp-caption alignright" style="width: 227px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seuls3.jpg"  class="wmp" id="wmp2"><img class="size-medium wp-image-3127" title="seuls3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seuls3-217x300.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Vehlmann- Gazzotti / Dupuis 2008</p></div>
<p>Et c’est précisément là que je ne peux plus vous parler du scénario de Seuls, au risque de vous gâcher le plaisir de la découverte. Car du plaisir, il y en a à revendre. Fabien Vehlmann (Green Manor, le Marquis d’Anaon, etc.) livre ici un scénario  bien ficelé, qui distille ses révélations, retournements de situation et coups de théâtre à très bon escient.  La tension est palpable à chaque page et pourtant, jamais il ne perd de vue qu’il met en scène des enfants, aux réactions forcément différentes de celles des adultes. On va de surprise en surprise au fil des tomes, sans jamais sacrifier à la cohérence de l’ensemble, tout en creusant vraiment la psychologie des personnages.</p>
<p>Quelque part, l’ambiance fait tout à fait penser au roman Sa majesté des Mouches, de William Golding, pour ces enfants livrés à eux-mêmes et forcés finalement de réinventer tant bien que mal une société vivable.</p>
<p>Pour épauler Fabien Vehlmann, on retrouve Bruno Gazzotti (Soda). Le choix s’avère payant, Gazzotti étant particulièrement friand des récits semi-réalistes. On a donc une parfaite alliance entre la forme et le fond, avec un trait qui sert parfaitement le propos. Un régal !</p>
<p>Seuls est qualifié de série « pour enfants ». Je nuancerais cela, en disant que c’est une série pour adolescents et plus. Il s’agit tout de même ici d’un vrai thriller, et même d’un thriller fantastique au fur et à mesure que se développe le scénario, avec son lot de morts, même si les protagonistes sont des enfants. De fait, si les adolescents sont sans doute la « cible » de l’œuvre, les adultes peuvent la lire sans aucun déplaisir, bien au contraire. Alors, si vous avez de 13 à 113 ans, n’hésitez pas !
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		<title>Cité 14</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Dec 2011 01:39:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3084" class="wp-caption alignleft" style="width: 217px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cite1.jpg"  class="wmp" id="wmp3"><img class="size-medium wp-image-3084" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cite1-207x300.jpg" alt="" width="207" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Gabus-Reutimann / Paquet 2007</p></div>
<p>En un an, entre avril 2007 et avril 2008, Gabus et Reutimann avaient lancé chez Paquet un pari nommé Cité 14 : 12 tomes (pour 12 mois) d’une histoire cohérente, vendus chacun au prix dérisoire d’un euro. Évidemment, chaque tome était un petit format (genre B5) et ne comportait qu’une vingtaine de planches.</p>
<p>Le pari était audacieux tant l’œuvre différait sur la forme des standards de la BD classique. Mais pari réussi, car au-delà de la forme, le fond est solide. Dans un monde pas si éloigné que cela du nôtre, humains et animaux anthropomorphes cohabitent avec des extra-terrestres. Il y a même un super-héros, Tigerman. Oui, bon, ok, ce monde est quand même assez éloigné du nôtre !</p>
<p>Mais les parallèles sont légion. On suit ainsi l’arrivée à Cité 14, qui n’est pas sans rappeler la New York du début du XXe siècle, d’un immigré rapidement rebaptisé Michel Elizondo par les douaniers qui ne parviennent pas à prononcer son nom. Mais voilà, le lecteur sait d’emblée que Michel a « fait l’idiot » lors de son entée sur le territoire et qu’il cache pas mal de choses.</p>
<p>Il ne va d’ailleurs pas avoir de répit : alors qu’il la joue discret, il fait tomber de sa poche un sac de graines sous les yeux d’un douanier, qui lui indique qu’il va devoir le confisquer, l’importation en étant interdite. Michel voit alors rouge, rue dans les brancards et s’échappe dans la ville. Mais il tombe de Charybde en Scylla, puisqu’il déboule en plein milieu d’un rendez-vous mafieux, photographié par un journaliste en planque, Mac Keagh. Bref, on aurait pu rêver une entrée plus discrète… Toujours est-il que ce n’est que le début des aventures de Michel dans la Cité 14, où chacun tente de creuser son trou, entre les extra-terrestres, la mafia et les élites corrompues jusqu’à la moelle… Oui, Cité 14 lorgne franchement vers le thriller, et il le fait bien ! Il regorge de personnages attachants, parfois répugnants, mais toujours bien construits et crédibles.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_3085" class="wp-caption alignright" style="width: 228px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cite2.jpg"  class="wmp" id="wmp4"><img class="size-medium wp-image-3085" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/cite2-218x300.jpg" alt="" width="218" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Gabus-Reutimann / Paquet 2011</p></div>
<p>Il est clair que Gabus et Reutimann ont tenté de retrouver l’esprit des pulps américains d’après-guerre, jusqu’à la qualité du papier. Et il faut reconnaitre que l’essai est transformé : chaque tome, forcément court, tient en haleine et laisse pourtant le temps aux auteurs de camper leurs personnages et de détailler le décor de cette intrigante Cité 14. On se prend au jeu et on suit les aventures de Michel et de Mac Keagh avec un intérêt grandissant. Le dessin est d’ailleurs tout à fait à la hauteur du scénario, les auteurs sachant donner vie aux animaux anthropomorphisés aussi bien que dans Blacksad et ce n’est pas rien !</p>
<p>Pourquoi vous parler de Cité 14 maintenant, alors que cette édition en 12 volumes est depuis longtemps introuvable ? Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, ces 12 volumes étaient sous-titrés « saison 1 » et puis à la fin du 12<sup>e</sup> volume… plus rien ! On se demandait donc si et quand une saison 2 verrait le jour. Eh bien joie ! Car non seulement <del>Paquet</del> Les Humanoïdes Associés, qui ont récupéré la série, ont fini la réédition de la saison 1 dans un format plus grand (qui regroupe à chaque fois 3 volumes de la série d’origine) et sur un meilleur papier, mais en plus les deux premiers tomes de la saison 2 sont maintenant disponibles dans toutes les bonnes librairies spécialisées (et ailleurs aussi) ! (Merci à Morgan pour la correction sur l&#8217;éditeur <img src='http://www.kroniks.net/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' />  )</p>
<p>Cette fois, les auteurs ont changé leur fusil d’épaule puisque ce seront 6 et non plus 12 tomes qui paraitront, au rythme d’un tous les deux mois. Ce sont donc des volumes plus épais à chaque fois, mais évidemment à un prix redevenu « classique ». Si vous avez raté la saison 1, vous pouvez maintenant réparer cette erreur. Pour ma part, j’attends avec impatience de pouvoir mettre la main sur cette nouvelle saison !
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		<title>Strangers in Paradise</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Oct 2011 00:15:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Et voilà, je me suis encore fait avoir. Je m’étais pourtant dit « sois raisonnable, lis les tranquillement, un ou deux par soir » en attaquant le premier volume. Ben oui, j’avais recommencé le premier volume, histoire de bien me remettre la série en tête et de vous en faire une chronique, vu que j’avais enfin rattrapé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3032" class="wp-caption alignleft" style="width: 220px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/strangers1.jpg"  class="wmp" id="wmp5"><img class="size-medium wp-image-3032" title="strangers1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/strangers1-210x300.jpg" alt="" width="210" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright T. Moore / Kymera 2006</p></div>
<p>Et voilà, je me suis encore fait avoir. Je m’étais pourtant dit « sois raisonnable, lis les tranquillement, un ou deux par soir » en attaquant le premier volume. Ben oui, j’avais recommencé le premier volume, histoire de bien me remettre la série en tête et de vous en faire une chronique, vu que j’avais enfin rattrapé mon retard.</p>
<p>Et puis bon, je repose le 6<sup>e</sup> tome et il est 2 heures du matin et mes yeux m’indiquent que si je ne dors pas, eux vont dormir de leur côté. Et le lendemain, rebelote : impossible de lâcher les volumes avant d’avoir tourné la dernière page du dernier tome paru… Ca confine à la magie noire, ce truc !</p>
<p>Hé oui,  Strangers in Paradise c’est comme ça : une fois qu’on est dedans, difficile de lâcher les volumes et de ne pas les enchaîner les uns après les autres ! Le tome 1 ne paie pourtant pas de mine : on y fait la connaissance de Francine (Peters) et Katchoo (Katina Choovanski), deux colocataires et meilleures amies du monde depuis le lycée.</p>
<p>Elles ne pourraient être plus différentes : Francine est une jeune femme de la classe moyenne, naïve, gaffeuse et le cœur sur la main. Katchoo, elle, a eu une jeunesse difficile et est une artiste révoltée, surtout contre les hommes qu’elle considère tous comme des porcs. Elle a un certain passif avec son beau-père à l’appui… Il faut dire que l’actuel petit ami de Francine, Freddie Femur, n’arrange pas le tableau : macho et grossier, Katchoo se demande bien ce que Francine peut lui trouver. Ah, et le fait que Katchoo soit amoureuse de Francine n’aide pas, évidemment.</p>
<p>Francine, qui s’est fait larguer par bon nombre de petits amis parce qu’elle est trop cœur d’artichaut, a en effet choisi de ne pas avoir de relations avec Freddie pendant un certain temps, histoire de voir s’il était sérieux. Mais sans lui en donner la raison. Du coup, Freddie lui met la pression… puis abandonne au moment où Francine allait lui céder ; Francine le retrouve donc dans les bras d’une de ses assistantes. C’est bien sûr le drame, Francine est effondrée et Katchoo décide de la venger, d’une manière expéditive qui va lui valoir un petit passage par le poste de police.</p>
<div id="attachment_3033" class="wp-caption alignright" style="width: 223px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/strangers5.jpg"  class="wmp" id="wmp6"><img class="size-medium wp-image-3033" title="strangers5" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/strangers5-213x300.jpg" alt="" width="213" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright T. Moore / Kymera 2011</p></div>
<p>Alors, Strangers in Paradise (SiP), un comics de mœurs ? Oui et non. Parce que l’auteur, Terry Moore, est diabolique. Il s’amuse à distiller les révélations sur ses personnages et rapidement, l’histoire prend une toute autre dimension. Par exemple, lors de son passage au poste, on apprend que ce n’est pas la première fois que Katchoo a des démêlés avec la justice. Elle semble avoir un sombre passé, que même Francine ignore, et ce passé semble être sur le point de la rattraper.</p>
<p>C’est là, dès le début du tome 2 et pour les 13 tomes suivants, que SiP prend une toute autre dimension. En fait, c’est même là que le tour de force commence : Terry Moore parvient à mener de front une peinture psychologique détaillée de la relation quasi fusionnelle de Francine et de Katchoo et un véritable thriller politico-conspirationniste. Et il se paie en plus le luxe d’ajouter une foule de personnages secondaires (ou non, parfois !) tout en les dotant tous d’une vraie profondeur psychologique.</p>
<p>Bref, SiP est une œuvre dense, extrêmement attachante. Mais que ma chronique ne vous induise pas en erreur : Terry Moore ne parle pas ici d’amours lesbiennes. Non, cela va bien plus loin, il parle d’Amour, ce qui est bien plus risqué ! La poursuite du bonheur, trouver son âme sœur, se rendre compte qu’on a trouvé son âme sœur, que faire pour qu’une relation si unique fonctionne… autant de questions que nous pose Terry Moore entre deux tragédies et trois conspirations à l’échelle du pays.</p>
<p>SiP est en effet une œuvre plus que mature. On y parle couple, sexe, religion, meurtre, pouvoir, argent… et cela même sous les aspects les plus sales de toutes ces questions. Le passé de Katchoo est en effet dur, très dur, bien plus dur que bon nombre d’entre nous ne pourraient le supporter. Et pourtant, elle fait front, parce qu’elle a trouvé Francine. Malheureusement, la nature humaine étant ce qu’elle est, on ne peut toujours s’exprimer avec les mots justes et même deux âmes sœurs peuvent se disputer jusqu’à la rupture. Cela en devient même bluffant de voir à quel point Terry Moore est capable de camper des caractères féminins crédibles même si parfois extrêmes, alors qu’il est un homme !</p>
<div id="attachment_3035" class="wp-caption alignleft" style="width: 223px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/strangers15.jpg"  class="wmp" id="wmp7"><img class="size-medium wp-image-3035" title="strangers15" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/strangers15-213x300.jpg" alt="" width="213" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright T. Moore / Kymera 2011</p></div>
<p>D’autant que Terry Moore, scénariste ET dessinateur, maitrise totalement son propos ; il se permet même de varier les styles graphiques, voire les styles narratifs, alternant parfois la BD classique avec des passages illustrant des paroles de chansons ou même de véritables pages de texte sans illustration, façon roman. Et ça passe, sans aucun problème, ça ne rompt pas le rythme de la narration ; les changements de style graphique, eux, limités à quelques pages, apportent une certaine variété sans nuire à la cohérence globale de l’œuvre. Terry Moore se plait en plus à nous perdre dans des méandres d’histoires à tiroir dont il ne donne parfois la clé qu’un tome plus tard. Le procédé pourrait paraitre ennuyeux ou artificiel, et pourtant, quand on lit SiP, ça devient naturel. Ce qui ne nous empêche pas de nous faire prendre à chaque fois !</p>
<p>Alors oui, Terry Moore est un grand du monde du comics, un de ceux qu’il faut absolument avoir lu si on veut faire un panorama complet de ce que le comics a à nous offrir. D’autant que chaque tome est dense, très dense. Terry Moore est un auteur à textes et vous en aurez pour votre argent !</p>
<p>Pourtant, SiP a connu un parcours un peu chaotique en France : les trois premiers tomes parurent aux éditions Le Téméraire, avant que la série ne soit reprise chez Bulle Dog au 3<sup>e</sup> tome, avec un troisième tome chevauchant celui du Téméraire ! Puis, là encore Bulle Dog connut des heures sombres, avant que SiP ne refasse surface chez Kymera, cette fois pour de bon, puisqu’on en est au tome 15 chez eux et qu’ils rééditent les premiers tomes mis à jour au point de vue de la traduction ! En juin 2011, le tome 5 est ainsi paru, les tomes 6 et 7 devant paraître d&#8217;ici la fin de l&#8217;année. la boucle sera alors quasiment bouclée, puisque Kymera a édité SiP à partir du tome 8.</p>
<p>Vous l’aurez compris, SiP est pour moi une des œuvres majeures de la BD, toutes époques et tous styles confondus. Il ne s’agit même pas de snobisme, comme ces listes de romans « qu’il faut avoir lu » parfois données dans les magazines littéraires, non, il FAUT lire SiP parce que c’est excellent, un point c’est tout. Et c’est peut-être un des plus beaux compliments qu’on puisse faire à un auteur, vous ne croyez pas ?</p>
<p>NB : pour des raisons de cohérence, les illustrations choisies pour cette chronique sont toutes celles de l&#8217;édition Kymera. Cependant, les couvertures des autres éditions sont également superbes et peuvent facilement être trouvées sur le Net.</p>
<p>NB2 : Kymera a mis en ligne un site dédié à Strangers in Paradise, fort bien fait, que vous pouvez retrouver <a title="à cette adresse" href="http://www.strangersinparadise-fr.com/" target="_blank">http://www.strangersinparadise-fr.com/</a>
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	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/comics/" title="Comics" rel="tag">Comics</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/moeurs/" title="moeurs" rel="tag">moeurs</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/strangers-in-paradise/" title="Strangers in Paradise" rel="tag">Strangers in Paradise</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/terry-moore/" title="Terry Moore" rel="tag">Terry Moore</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/thriller/" title="thriller" rel="tag">thriller</a><br />
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		<title>The Losers</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Oct 2010 20:53:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Attention: l&#8217;article qui suit est totalement subjectif, rempli de superlatifs, d&#8217;exagérations et autres emphases mais l&#8217;auteur assume totalement son enthousiasme débridé. Pour vous dire la vérité, je n’ai pas eu ces derniers temps de lectures qui m’aient réellement emballé. Depuis quelques temps j’ai cette méchante impression que tout ce qui sort en librairie relève du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Attention: l&#8217;article qui suit est totalement subjectif, rempli de superlatifs, d&#8217;exagérations et autres emphases mais l&#8217;auteur assume totalement son enthousiasme débridé.<br />
</em></p>
<p><em><br />
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<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/losers.jpg"  class="wmp" id="wmp11"><img class="alignleft size-full wp-image-2458" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/losers.jpg" alt="Copyright Vertogo 2006" width="300" height="429" /></a>Pour vous dire la vérité, je n’ai pas eu ces derniers temps de lectures qui m’aient réellement emballé. Depuis quelques temps j’ai cette méchante impression que tout ce qui sort en librairie relève du déjà vu, déjà lu et me parait très très tiède. Bref, je m&#8217;ennuie.</p>
<p>Certes le dernier <em>Blacksad</em> est superbe, <em>Orbital</em> toujours aussi bon et le nouvel album de la série du <em>Troisième testament</em> ne déçoit pas. Mais c&#8217;est bien là le drame : les mêmes titres, certes de qualité, se suivent et se ressemblent, les mêmes séries s&#8217;étirent et rien de neuf ne pointe à l’horizon.</p>
<p>Sauf quand on lit <em>The Losers</em>. <em>The Loser</em>s c’est la bd qui m’a mis un coup de fouet quand je pensais avoir déjà tout lu en matière de séries d’action. Il y aura très clairement un avant et après <em>The Losers</em> et toute nouvelle bd d’action à venir sera comparée l’aune de ce titre.</p>
<p>Mais kézako <em>The Losers</em> ?</p>
<p><em>The Losers</em>, c’est une bande de cinq copains mercenaires, ex-agents des forces spéciales de la CIA, trahis par leur donneur d’ordre, Max, et laissés pour morts après une mission éprouvante.</p>
<p>Bien décidés à prendre leur revanche, les voilà à la poursuite d’un homme puissant et mystérieux, évoluant dans les plus haute sphère du renseignement et utilisant un nom de code oublié de tous depuis la deuxième guerre mondiale.</p>
<p>L’équipe est composée de Pooch, bon père de famille capable de piloter n’importe quoi, Jensen, petit génie des télécommunications littéralement amoureux de son ordinateur, Roque, la grande gueule amateur de munitions et d’armes lourdes et de Cougar, le sniper mexicain mutique. Cette bande de potes est dirigée par le Colonel CLAY, le cerveau de la bande qui ferait passer Hannibal SMITH pour un débutant.</p>
<p>Dis comme ça, la série pourrait laisser penser à un honteux plagiat de <em>l’Agence Tous Risques</em>, Barracuda en moins. C’est pas faux.</p>
<p>Mais<em> The Losers</em> c’est avant tout une excellent série d’espionnage où la CIA n’est pas avare en coups tordus, une formidable  succession de plans brillants à tiroirs (vous avez déjà assisté au braquage d’un serveur pirate en pleines eaux internationales, vous ?) et un étonnant chapelet de rebondissements dignes des meilleurs films de genre.</p>
<p>En fait,<em> The Losers</em> c’est un mélange détonnant du meilleur du thriller, du polar, de l’action, de l’espionnage et du braquage aligné sur un rythme effréné. Tout simplement.</p>
<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/The_Losers.jpg"  class="wmp" id="wmp12"><img class="alignright size-full wp-image-2466" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/The_Losers.jpg" alt="Copyright DC Comics/panini Comics 2009" width="300" height="461" /></a>Andy DIGGLE, scénariste anglais survitaminé (<em>Batman</em>, <em>Green Arrow</em>, <em>Daredevil</em> ou encore Hellblazer), passe en mode grand style et nous offre une série explosive et classieuse. Alternant comme un métronome des scène d’action dantesque, des braquages millimétrés et des répliques cassantes, il délivre ce que tout amateur de la collection Vertigo attend: du fun, de l’action et des gros guns. Et du fun aussi.</p>
<p>JOCK, alias Mark SIMPSON à l’état civil, a plusieurs fois illustré les histoires de DIGGLE (<em>Hellblazer</em> ou <em>Green Arrow : Year One</em> pour ne citer que ceux là). Les compères se connaissent bien et une fois encore le dessinateur est au diapason avec son scénariste. Il met ici son dessin semi réaliste taillé à la serpe au service d’une mise en scène nerveuse et cinématographique. Tout va à cent à l’heure, ça explose de partout et les personnages s’affichent comme des poseurs.D’ailleurs, le dessinateur a reçu le prix Eisner du meilleur artiste de couvertures en 2006 (<em>best covers artist</em> comme on dit dans les milieux autorisés).</p>
<p>Preuve de son succès, la série a récemment été adaptée en long métrage. Et le portage est tout simplement incroyable (je vous avais prévenu que ce serait emphatique, ne venez pas vous plaindre).</p>
<p>J’ai pu voir le film en vidéo (merci l’import) et je peux vous assurer que le matériau d’origine a été totalement respecté : nerveux, racé, déjanté, il reprend avec bonheur les grandes lignes de la bd pour les transcender en live (on retrouve d’ailleurs dans les génériques de début et de fin des cases et clins d’œil tirés de la bd).</p>
<p>Les acteurs sont tout simplement bluffants. A croire que c’est la bd qui a été tirée du film et que le dessinateur a tiré le portrait des comédiens. Le casting affiche de belles têtes (Jeffrey Dean MORGAN, aperçu en Comédien dans <em>Watchmen</em>, Chris &laquo;&nbsp;Captain America&nbsp;&raquo; EVANS qui joue un Jensen barré ou encore Jason PATRICK, vu aux côtés de Ray LIOTTA dans <em>Narc</em>, qui campe un Max totalement déjanté) et chacun est entré à merveille dans la peau de son personnage. (Quoique l’Aicha jouée par Zoé &laquo;&nbsp;Rahh Lovely&nbsp;&raquo; SALDANNA me parait bien trop sage au regard de la tueuse froide accroc à la violence de la série d’origine).</p>
<p><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/the-Losers-affiche.jpeg"  class="wmp" id="wmp13"><img class="size-full wp-image-2459 alignleft" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/the-Losers-affiche.jpeg" alt="Copyright Warner Bros 2010" width="290" height="447" /></a>Le film devait sortir au cinéma à la fin de l’année 2010 en France mais compte tenu de ses résultats jugés insuffisants aux États-Unis (moins de 23 millions de dollars les quatre premières semaines, quand même), il a été décidé de le sortir directement en vidéo (en novembre 2010 en blu-ray et DVD). Dommage, il méritait d&#8217;être vu sur grand écran.</p>
<p>Mais ne boudons pas notre plaisir pour autant: <em>The Losers</em>, le film, est un complément parfait à <em>The Losers</em>, la série (certaines scènes ou répliques sont calquées sur les bouquins) et encore une fois le portage est très respectueux (rien à voir avec certains portages ratés et honteux surfant sans vergogne sur la renommé d&#8217;un titre . Ne me parlez jamais de <em>The Spirit</em> et encore mois de <em>Wanted!</em>).</p>
<p>Doté d’un budget conséquent, le film n’apparaît à aucun moment comme un sous-produit financé par une kermesse de maternelle et tourné à la va-vite avec les pieds par un étudiant en première année de théâtre. Bien au contraire, il se hisse très facilement au niveau des meilleures productions du genre et peut sans rougir soutenir la comparaison avec des <em>Armes Fatales</em> et autres <em>Die Hard</em>. Il se révèle même meilleur que certains blockbusters pourtant sortis en salle (non, ne comptez pas sur moi pour citer <em>l’Agence tous risques</em>).</p>
<p>Attention tout de même à ne le visionner qu&#8217;après avoir lu les bouquins  et s&#8217;être imprégné des personnages. En effet, le scénario du film ne suit pas l&#8217;ordre des scènes de la bd et il dévoile de nombreuses  intrigues élucidées plus tard. Et surtout, le passage des personnages de papier  aux réels n’en sera que meilleur.</p>
<p>Au final, Qu’importe les quelques défauts que certains grincheux ne manqueront pas de soulever (humour gras, montage parfois bâclé), le film reste suffisamment jouissif pour contenter les amateurs d’action et enthousiasmer les fans de la série. Vite, une suite!</p>
<p>Habituellement, quand je rédige une chronique, j’essaye de rester objectif et mesuré. Mais <em>The Losers</em> a été un véritable coup de cœur. Un de ces titres qui vous laisse la tête en vrac, le souffle court et un sourire grand comme ça sur le visage.</p>
<p>Alors pour une fois, je vais sortir du cadre rigide de l’article posé et argumenté: <em>The Losers</em> est mon sens ce que j’ai lu de mieux depuis belle lurette et compte tenu des sorties annoncés ces prochains mois, ce que je relirais de mieux pendant un bon moment. C’est drôle, nerveux, intelligent, tordu, dynamique, classieux, percutant, jouissif, charismatique et plus encore. Un classique instantané que je range sans hésiter dans mon top 10 personnel des meilleures bd du monde. Au moins.</p>

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		<title>Ayako</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Dec 2009 09:45:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mangas]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
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		<category><![CDATA[Osamu Tezuka]]></category>
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		<description><![CDATA[On ne présente plus Osamu Tezuka, le « Dieu du manga ». Ses œuvres les plus célèbres, comme Astro, le Roi Léo ou encore Blackjack, font maintenant partie de l&#8217;imaginaire collectif un peu partout dans le monde. Auteur extrêmement prolifique, seule une petite partie de ses manga a été éditée en France jusqu&#8217;à présent. Bien sûr, on [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1880" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1880" title="ayako" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ayako-300x300.jpg" alt="Copyright O. Tezuka / Delcourt 2003" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">Copyright O. Tezuka / Delcourt 2003</p></div>
<p>On ne présente plus Osamu Tezuka, le « Dieu du manga ». Ses œuvres les plus célèbres, comme <em>Astro</em>, le <em>Roi Léo</em> ou encore <em>Blackjack</em>, font maintenant partie de l&#8217;imaginaire collectif un peu partout dans le monde. Auteur extrêmement prolifique, seule une petite partie de ses manga a été éditée en France jusqu&#8217;à présent.</p>
<p>Bien sûr, on ne peut passer à côté de la notoriété d&#8217;<em>Astro</em>, de <em>Blackjack</em> ou même de <em>Bouddha</em>. Ces œuvres magistrales méritent entièrement leur notoriété. Cependant, on pourrait dire qu&#8217;elles représentent la facette « mainstream » de l&#8217;auteur.</p>
<p>Car à côté de cela, Osamu Tezuka a écrit et publié de nombreux récits moins ambitieux dans le nombre de tomes mais s&#8217;adressant à un public plus mature, notamment dans sa période tardive. Ces manga ne sont pas moins intéressants, bien au contraire ils révèlent la facette « sérieuse », presque « auteurisante » de Tezuka, qui croyait fermement que l&#8217;âge ou la condition sociale n&#8217;étaient pas un frein à la lecture des manga et que tout pouvait s&#8217;exprimer par ce média.</p>
<p><em>Ayako</em> fait partie de ces œuvres. Trois petits tomes et l&#8217;histoire est finie. Mais voilà : en trois tomes, Tezuka déploie tout son talent de narrateur et parvient à camper sans difficulté des personnages complexes, ambigus et multidimensionnels.</p>
<p><strong>Les vicissitudes d&#8217;une vieille famille</strong></p>
<p>La famille Tenge est une vieille dynastie de propriétaires terriens, régnant en maître sur ses champs et sur les paysans qui les exploitent pour son compte. La fin de la guerre n&#8217;a cependant rien arrangé : les Tenge sont en quelque sorte « victimes » de la réforme agraire ; si cela a sérieusement entamé leurs ressources, leur prestige est lui toujours intact.</p>
<p>Sur cette famille règne le père, Sakuemon, marié à la très effacée Iba. Ils ont 5 enfants : Ichirô l&#8217;aîné, destiné à prendre la suite de son père, puis Jirô, Naoko, Shiro et enfin Ayako. A cela il faut ajouter Oryo, la servante simple d&#8217;esprit, proche d&#8217;Ayako.</p>
<p>En apparence tout va bien, mais sous le vernis, la pourriture est bien installée. <strong>Sakuemon</strong> est un tyran domestique, arrogant, manipulateur, au service de ses propres désirs. La preuve en est qu&#8217;il a promis à <strong>Ichirô</strong> son héritage à la condition que ce dernier prendrait pour femme celle que son père désignerait. La pauvre Sué est ainsi mariée à Ichirô mais est contrainte de laisser Sakuemon profiter de son corps ; Ichirô ferme les yeux, ce qui l&#8217;intéresse c&#8217;est de prendre la place de son père.</p>
<p><strong>Jirô</strong> a lui fait le choix, après la guerre durant laquelle il a perdu un oeil, d&#8217;entrer au service des américains qui dirigent maintenant le pays. De fait, sa famille (et leurs dépendants) le considère plus ou moins comme un traître et il a perdu toutes ses chances à l&#8217;héritage. Problème, ses activités le conduisent à être complice d&#8217;un meurtre et Ayako en est témoin !</p>
<p><strong>Naoko</strong>, 18, fait secrètement partie d&#8217;un groupuscule communiste et entretient une liaison avec le chef de celle-ci. Mais si Ichirô l&#8217;apprend, lui qui est violemment anti-communiste, il risque de la tuer de ses propres mains&#8230;</p>
<p><strong>Shiro</strong> n&#8217;a beau avoir que 12 ans, il sait très bien ce qui se passe dans la famille. Il sait aussi qu&#8217;il ne doit rien dire pour le moment et qu&#8217;il doit garder ses cartes pour plus tard. Il y a déjà quelque chose de Sakuemon en lui.</p>
<p>Quant à <strong>Ayako</strong>, sa ressemblance avec Sué est tellement frappante que le doute n&#8217;est pas permis : elle est la fille illégitime de Sakuemon et de cette dernière. Mais si cela venait à se savoir, l&#8217;honneur des Tenge ne s&#8217;en relèverait pas&#8230; Elle est donc condamnée à la réclusion dans la demeure familiale (ce qui arrange Jirô dans un premier temps) et son seul contact avec l&#8217;extérieur est <strong>Oryo</strong>.</p>
<p><strong>Des « monstres » si humains !</strong></p>
<p>Oui, la famille Tenge est composée principalement de monstres. Sakuemon en est la figure archétypale, mais Ichirô le suit de près. Ce terme peut paraître fort et pourtant c&#8217;est l&#8217;impression qu&#8217;on en retire.</p>
<p>Attention cependant, le terme de « monstres » est à prendre au sens social du terme. Les Tenge ne sont pas des tueurs en série sanguinaires ou des adeptes du sadisme gratuit. Ce sont des « monstres » parce qu&#8217;ils représentent au bout du compte le stade ultime de la « dégénérescence » d&#8217;une (trop) vieille famille adossée à des valeurs qui n&#8217;ont plus cours dans l&#8217;après-guerre nippon.</p>
<p>Sakuemon, en chef bien établi, ne pense plus qu&#8217;à l&#8217;assouvissement des ses désirs animaux, aux dépends de Sué. Ichirô est un calculateur froid dont le seul but est de prendre la place de chef de famille, peu importent les moyens qu&#8217;il faut employer. Même Shiro fait froid dans le dos malgré son jeune âge : il sait tout, il voit tout, il garde tout pour lui, attendant son heure&#8230; La suite du récit prouvera que par certains côtés, il ne vaut pas mieux que Sakuemon.</p>
<div id="attachment_1881" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1881" title="ayako2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ayako2-300x300.jpg" alt="Copyright O. Tezuka / Delcourt 2003" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">Copyright O. Tezuka / Delcourt 2003</p></div>
<p>Du coup, Jirô et Naoko apparaissent comme des personnages plus normaux, qui font des choix qui les éloignent radicalement de ce milieu familial. Pour autant, sont-ils plus « normaux » que le reste de la famille ? Après tout Jirô ne laisse pas ses scrupules entraver sa mission et il sait profiter de l&#8217;occupation américaine pour mener son propre business&#8230; et l&#8217;engagement de Naoko est peut-être affaibli par sa liaison avec Tadashi le chef du groupuscule communiste.</p>
<p>Pour autant, Tezuka déjoue le piège d&#8217;une dépiction « monolithique » de ses personnages. Oui, ce sont des « monstres », mais des monstres humains. Ils naviguent dans cette zone grise psychologique que tout être humain connait ; par conséquent, ils ont aussi leurs bons côtés et le lecteur peut s&#8217;identifier au moins à certains traits de leurs caractères. Ainsi Jirô n&#8217;est pas insensible au sort de Naoko, de Shiro et d&#8217;Ayako. Tezuka implique donc ses lecteurs dans son récit, de manière à ce qu&#8217;ils ne restent jamais extérieurs à l&#8217;histoire qu&#8217;il décrit, sur le plan psychologique. On est aspiré dans le récit sans espoir de libération avant la dernière page du dernier tome.</p>
<p><strong>Une héroïne par antithèse</strong></p>
<p>Et Ayako dans tout cela ? Le récit porte son nom et pourtant jusque là on a surtout parlé des autres membres de sa famille. Une erreur de titrage ? Que nenni. Ayako est en effet un paradoxe, à la fois Tout et Rien. Rien, parce que dans sa famille elle doit être « rien », secret honteux qui ne devrait pas être là, condamnée à vivre recluse dans la cave et à ne voir personne à part Oryo et quelques visites sporadiques de certains autres membres du clan Tenge. Pour autant, elle n&#8217;est pas particulièrement maltraitée.</p>
<p>Elle est Tout parce qu&#8217;elle est la dernière « cheville » qui tient la famille ensemble, dans la préservation du secret, et le dernier « clou » du cercueil d&#8217;une famille condamnée par sa dégénérescence morale et sociale. Si son existence est connue, cela sonnera le glas des Tenge&#8230; C&#8217;est ce qui en fait le personnage central de cette histoire, même si le scénario est loin de s&#8217;intéresser uniquement à son sort !</p>
<p>Ayako va ainsi rester douze ans cloîtrée dans cette cave, le temps pour elle de devenir une belle jeune fille. Cet enfermement finit par lui peser, d&#8217;autant que son frère Shiro se fait pressant, et elle va s&#8217;échapper, pour tenter de retrouver son frère Jirô. Une fois à l&#8217;extérieur, elle sera encore cette incarnation du « Tout/Rien ». Tout car une fois libérée de l&#8217;emprise de sa famille, elle pourrait être ce qu&#8217;elle veut. Rien car son enfermement en a fait une sorte « d&#8217;enfant sauvage », de tablette blanche : elle ne sait rien, ne connait rien du monde extérieur, ne sait pas comment se comporter. Elle finit cependant par comprendre que ce qu&#8217;elle a subi est ignoble, victime par sa naissance et condamnée par sa propre existence.</p>
<p>Alors oui, Ayako est bien l&#8217;héroïne de cette histoire, mais une héroïne en négatif : elle ne l&#8217;est pas par ses actions (sauf sur la fin, mais je n&#8217;en dirai pas plus) mais par sa simple existence.</p>
<p>Pour autant, encore une fois, Tezuka prend un grand soin à bien camper la psychologie d&#8217;Ayako, à ne pas en faire une caricature, ce qui la rend si attachante pour le lecteur.</p>
<p>Ayako sera d&#8217;ailleurs bel et bien ce « clou dans le cercueil » car ce sera elle qui précipitera la chute de la famille Tenge&#8230; mais sans doute pas de la manière à laquelle le lecteur s&#8217;attend !</p>
<p><strong>Une œuvre réaliste et sociale</strong></p>
<p>Si l&#8217;histoire de la famille Tenge est évidemment une invention de Tezuka, le cadre social, politique et économique dans lequel elle se déroule est quant à lui tout à fait réaliste. Tezuka se sert d&#8217;ailleurs de personnages et d&#8217;évènements réels pour ancrer son récit dans la vraisemblance auprès de ses lecteurs nippons. Certes, l&#8217;effet est un peu atténué pour les lecteurs occidentaux, mais il demeure présent : le gouvernement du Japon par MacArthur est une réalité.</p>
<p>Les américains sont d&#8217;ailleurs dépeints sous un jour peu flatteur et finalement assez rare pour l&#8217;époque : arrogants, militaristes, ils ne reculent devant aucune méthode pour parvenir à leurs fins, s&#8217;assurer du contrôle du pays et « tuer » le développement du communisme. Chantages, meurtres, manœuvres politiques, tout est bon.</p>
<div id="attachment_1879" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1879" title="ayako3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/ayako3-300x300.jpg" alt="copyright O. Tezuka / Delcourt 2004" width="300" height="300" /><p class="wp-caption-text">copyright O. Tezuka / Delcourt 2004</p></div>
<p>Cette impression de réalisme est aussi renforcée par le fait que Tezuka n&#8217;utilise pas ses « trucs » habituels : il n&#8217;y a quasiment pas de personnage importé de ses autres manga ; il utilise également les effets de déformation et de ridicule avec beaucoup de parcimonie.</p>
<p>Ayako c&#8217;est aussi la peinture d&#8217;un monde qui change très vite, trop vite sans doute pour beaucoup. Certains s&#8217;en accommodent à leur manière, comme Naoko et son engagement communiste ou Jirô et son choix de profiter du système américain. D&#8217;autres restent ancrés dans le passé, comme Sakuemon et Ichirô, pour qui seuls l&#8217;honneur familiale et la richesse foncière comptent. Tezuka s&#8217;abstient cependant de juger et ne fait que constater : ces deux manières de penser sont présentées avec leurs avantages comme leurs défauts ; la voie que Jirô a suivi est-elle finalement plus honorable que celle de son père ?</p>
<p>Enfin, Ayako c&#8217;est un rapport aux femmes particulier. Tous les personnages féminins de cette œuvre  subissent des pressions, notamment sur le plan sexuel, qui peuvent aller jusqu&#8217;au viol pur et simple. On évoquera ici seulement le cas de Sué, obligée par son mari à se prostituer auprès de son beau-père par pur intérêt&#8230; La sexualité d&#8217;Ayako sera aussi un aspect douloureux de ce manga. Pour autant, Tezuka ne prend aucun plaisir à la démonstration de ces rapports placés sous le signe de la violence, ce n&#8217;est ni gratuit ni complaisant. Il dépeint simplement la difficile place de la femme dans cette société.</p>
<p>Ayako est donc un manga « coup de poing » une de ces œuvres fortes et noires qui vous marquent pour longtemps. Son format très condensé joue : pas de temps morts, Tezuka ne vous lâche pas d&#8217;un bout à l&#8217;autre des trois tomes de son récit. Il est à réserver à un public assez mature en raison de sa violence psychologique, mais c&#8217;est une lecture plus que chaudement recommandée !!</p>

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		<title>MW</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Jun 2009 06:49:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Michio Yuki est un simple employé de banque. Il est diligent, charmant, compétent, bref, il a tout pour s&#8217;élever rapidement dans la hiérarchie de sa compagnie. Mais voilà, ce n&#8217;est qu&#8217;un aspect de sa personnalité. Michio Yuki est en effet également un psychopathe, un monstre de la pire espèce, un assassin. Et ce n&#8217;est pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1493" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mw.jpg"  class="wmp" id="wmp14"><img class="size-medium wp-image-1493 " title="mw" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mw-300x300.jpg" alt="copyright Osamu Tezuka / Tonkam 2004" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Osamu Tezuka / Tonkam 2004</p></div>
<p>Michio Yuki est un simple employé de banque. Il est diligent, charmant, compétent, bref, il a tout pour s&#8217;élever rapidement dans la hiérarchie de sa compagnie. Mais voilà, ce n&#8217;est qu&#8217;un aspect de sa personnalité. Michio Yuki est en effet également un psychopathe, un monstre de la pire espèce, un assassin. Et ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;il vient confesser chacun de ses crimes au père Garai qu&#8217;il éprouve des remords, loin de là. Il prendrait plutôt plaisir à tourmenter le prêtre avec ses récits tous plus monstrueux les uns que les autres et dont Garai peut juger de la véracité simplement en lisant le journal.</p>
<p>Garai et Yuki ne sont pas des étrangers l&#8217;un pour l&#8217;autre, bien au contraire. Ils sont en effet les seuls rescapés d&#8217;un accident avec un gaz militaire, sur une petite île japonaise isolée. Cela a tissé des liens très particuliers entre eux et leur relation est plus que trouble. Il demeure cependant que Yuki est un génie du crime qui ne cherche qu&#8217;à assouvir ses instincts de mort, alors que Garai est désespérément lié par le secret de la confession.</p>
<p>Le parcours de Yuki aurait pu continuer ainsi pendant longtemps, mais il parvient à mettre la main sur des informations selon lesquelles le fameux gaz de combat, le MW, serait encore présent sur cette fameuse ile. Dès lors, Yuki ne rêve plus que d&#8217;une chose, mettre la main dessus et passer à l&#8217;échelle supérieure du crime, le meurtre par arme de destruction massive. On imagine les conséquences à l&#8217;échelle planétaire&#8230; le père Garai va-t-il enfin se résoudre à arrêter Yuki ?</p>
<p>MW est l&#8217;un des manga qui révèlent toutes les facettes du génie d&#8217;Osamu Tezuka, surnommé dans son pays le « Dieu du manga ». Il faut d&#8217;ailleurs avertir le lecteur tout de suite : si vous pensez que Tezuka, ce n&#8217;est que Astro, le Roi Leo ou Princesse Saphir, attendez-vous à un sacré choc.</p>
<p>MW est en quelque sorte un condensé de la science de la narration de Tezuka. 3 petits tomes, pour une histoire parfaitement finie. Une histoire ? Non ! Un uppercut, un direct au foie, un coup de genou dans la tronche, oui ! Tezuka brasse des dizaines de thèmes : culpabilité, amour, folie, fidélité, trahison, crime et châtiment, responsabilité des états créateurs de telles armes, homosexualité ; de cet exercice casse-gueule par excellence, Tezuka se sort la tête haute, nous servant un concentré de tension, de suspense, d&#8217;espoir et de terreur comme peu d&#8217;auteurs auraient été capables.</p>
<p>En 3 tomes, Tezuka parvient à établir des personnages à la psychologie parfaitement définie et pourtant nullement figée. On ne peut que haïr Michio Yuki et pourtant, on se prend parfois à le plaindre et à se demander quelle aurait été la vie de cet enfant si il n&#8217;était pas tombé sur la bande de Garai et si ce gaz n&#8217;avait pas été stocké sur l&#8217;île. On ne peut que pester devant l&#8217;indécision de Garai et pourtant on se prend parfois à l&#8217;admirer dans sa volonté de réparer ses erreurs passées et de faire le bien autour de lui.</p>
<div id="attachment_1492" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mw3.jpg"  class="wmp" id="wmp15"><img class="size-medium wp-image-1492 " title="mw3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/mw3-300x300.jpg" alt="copyright Osamu Tezuka / Tonkam 2004" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Osamu Tezuka / Tonkam 2004</p></div>
<p>Il n&#8217;empêche que MW est un des manga de Tezuka dont la lecture est la plus éprouvante sur le plan psychologique. On se surprend parfois à implorer mentalement ce dernier de mettre fin aux crimes horribles de Yuki, vu le sadisme dont il fait preuve et l&#8217;incapacité de la police à résoudre les enquêtes. Pourtant, Tezuka ne nous épargnera rien, rien en tout cas qui ne serve la démonstration de son propos. Il réussit à nous dire plus de choses dans ces trois tomes que dans d&#8217;autres de ses séries pourtant plus longues. C&#8217;est sans doute parce qu&#8217;il a pris le parti de « dégraisser » son récit à l&#8217;extrême, en enlevant par exemple toutes les caricatures, les anachronismes et les traits d&#8217;humour pourtant présents dans des œuvres sérieuses telles que « Bouddha ». MW est un récit réaliste, « brut de décoffrage », sans concession. Il mise aussi sur la réceptivité de son lecteur pour faire passer ses réflexions et ses idées. Inutile de dire que si vous ouvrez MW pour passer un bon moment, c&#8217;est raté. Mais c&#8217;est le but : vous faire passer un sale quart d&#8217;heure (enfin plus quand même) pour vous obliger à réfléchir sur ce que vous venez de lire. Pas si courant que ça, dans le monde de la BD en général.</p>
<p>On pourrait rapprocher MW de trois autres œuvres de Tezuka sur lesquelles j&#8217;espère avoir l&#8217;occasion de revenir ultérieurement : Ayako, Barbara et Kirihito, deux récits eux aussi très durs et très réalistes, aux limites de la folie, mais au combien enrichissants pour le lecteur qui s&#8217;en donnera la peine. Bref, MW est à réserver à des lecteurs avertis, mais pour ces derniers, c&#8217;est une œuvre à ne surtout pas manquer !</p>
<p>A noter que le 4 juillet 2009 sortira au Japon l&#8217;adaptation cinématographique de MW, avec notamment Tamaki Hiroshi dans le rôle de Yuki. Voilà qui va le changer radicalement, puisqu&#8217;il est plutôt habitué aux rôles de gentils garçons. On l&#8217;a ainsi vu dans l&#8217;adaptation très réussie de Nodame Cantabile. Bien sûr, on peut s&#8217;attendre à ce que le scénario originel de Tezuka soit quelque peu adapté, voire édulcoré, mais la complexité de la tâche d&#8217;adapter une telle œuvre au cinéma mérite au moins qu&#8217;on y jette un coup d&#8217;oeil. Et c&#8217;est par ici que ça se passe : <a href="http://mw.gyao.jp/">http://mw.gyao.jp/</a></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp14">copyright Osamu Tezuka / Tonkam 2004</div>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp15">copyright Osamu Tezuka / Tonkam 2004</div>

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		<title>Secret War</title>
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		<pubDate>Mon, 18 May 2009 18:20:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comics]]></category>
		<category><![CDATA[BENDIS]]></category>
		<category><![CDATA[espionnage]]></category>
		<category><![CDATA[Marvel]]></category>
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		<description><![CDATA[Espions en costume contre vilains high tech Le Colonel Nick FURY, chef du S.H.I.E.L.D, découvre que des supers vilains sont entrain de se rassembler et tenter une action d&#8217;envergure contre les USA. Puisque le Président a décidé de faire la sourde oreille, FURY monte une équipe de super-héros pour une mission secrète contre l&#8217;employeur de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1333" class="wp-caption alignleft" style="width: 330px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/secretwar.jpg"  class="wmp" id="wmp16"><img class="size-full wp-image-1333 " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/secretwar.jpg" alt="Copyright Panini France" width="320" height="468" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Panini France</p></div>
<p><strong>Espions en costume contre vilains high tech</strong></p>
<p>Le Colonel Nick FURY, chef du S.H.I.E.L.D, découvre que des supers vilains sont entrain de se rassembler et tenter une action d&#8217;envergure contre les USA. Puisque le Président a décidé de faire la sourde oreille, FURY monte une équipe de super-héros pour une mission secrète contre l&#8217;employeur de ces terroristes.<br />
Un an plus tard, Luke CAGE est attaqué chez lui et laissé pour mort et New York est la cible d&#8217;une attaque suicide. Qui ? Et pourquoi ?<br />
Vous saurez tout en lisant ce beau bouquin.</p>
<p><strong>Que les espions en lycra lèvent le doigt</strong></p>
<p>Derrière ce pitch improbable se cache en fait une des toutes meilleures maxi série de l&#8217;univers Marvel.<br />
Si on en croit la préface, cette histoire serait née de celles, vraies, racontées par un espion d&#8217;une agence gouvernementale au petit BENDIS. Vérité ou coup marketing il n&#8217;en reste pas moins que les dialogues ou les situations sonnent juste et si on enlève les super pouvoirs, cette histoire pourrait être terriblement réelle.Le Président connaît ses ennemis mais préfère sacrifier des innocents sur l&#8217;autel de juteux contrats pétroliers. Une fiction vraiment ?</p>
<p>Qui plus est, elle se pose en préambule de la maxi série <em>Civil War </em>et est à l&#8217;origine du départ du <em>S.H.I.E.L.D.</em> du Colonel borgne.</p>
<p>Bendis est un des scénaristes les plus talentueux du moment dans l&#8217;univers Marvel et ailleurs. Auteur de polars noirs (Torso, Jinx, Goldfish), responsable des meilleurs moments de certains super héros (le run sur <em>Daredevil Underboss</em>) ou premier à décrire les coulisses des supers (<em>Alias, Powers</em>&#8230;) C&#8217;est lui qui a créée l&#8217;infirmière secrète des super héros blessés ou le fabricant des gadgets high techs des vilains. Ici, il nous explique comment Wolverine fait pour prendre l&#8217;avion avec son squelette en métal ou encore comment se déroule un interrogatoire sur l&#8217;héliporteur du SHIELD. Le scénariste prouve encore une fois qu&#8217;il a mérité tous ses prix.</p>
<p>Dans cette guerre secrète (à ne surtout pas confondre avec les guerres secrètes de 1984, au cours de laquelle Spider Man a reçu son costume noir), Bendis reste dans le mature et transporte les héros costumés dans le monde des missions illégales.</p>
<p>L&#8217;histoire est un régal à suivre, même si sa lecture se révèle assez difficile. En effet, le scénariste a choisi de dissimuler son histoire en utilisant des flashbacks sybillins au milieu d&#8217;une attaque d&#8217;envergure sur New York. Le résultat donne une intrigue dense dont il est impossible de prévoir le dénouement dès la première lecture. Et tout à coup, toutes les pièces du puzzle se mettent en place pour expliquer tous ces mystères savamment entretenus. Dès lors, une deuxième lecture s&#8217;impose pour apprécier toutes les subtilités et réorganiser les informations distillées par ce scénariste retors.</p>
<p>Ce thriller haletant, réaliste et brûlant d&#8217;actualité est transcendé par Gabriele DELL&#8217;OTTO, dont les peintures tranchent radicalement avec le style bondissant et flashy habituel de la Maison des Idées. L&#8217;association entre ces deux auteurs est tout simplement explosive.</p>
<div id="attachment_1335" class="wp-caption alignright" style="width: 322px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/secret-war-01.jpg"  class="wmp" id="wmp17"><img class="size-full wp-image-1335 " src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/secret-war-01.jpg" alt="Copyright Marvel Inc" width="312" height="468" /></a><p class="wp-caption-text">Copyright Marvel Inc</p></div>
<p>Son trait réaliste et magnifique l&#8217;a immédiatement propulsé sur le devant de la scène avec cette série, le rendant &laquo;&nbsp;instantanément culte&nbsp;&raquo;. Utilisant tout l&#8217;espace qui lui est alloué, il nous gratifie de magnifiques peintures aux textures riches et palpables et nous offre de splendides et vertigineuses doubles pages dès que l&#8217;occasion se présente. Un véritable feu d&#8217;artifice.<br />
D&#8217;ailleurs, même si vous n&#8217;achetez pas le bouquin, je vous conseille quand même de le feuilleter, juste par curiosité pour découvrir le splendide travail de l&#8217;artiste. Ses peintures, sa redéfinition des costumes, ses cases explosives méritent sinon d&#8217;être lues au moins d&#8217;être vues. On a rarement vu ça dans un comic book mainstream.</p>
<p>Outre tous les chapitres de la série, le bouquin compile en fin de volume des notes type &laquo;&nbsp;renseignement&nbsp;&raquo; sur certains héros envisagés pour la mission et annotées par FURY lui même (on y apprend par exemple que Hulk mesure 2 m 10 pour 468 kg), les couvertures originales, des esquisses de DELL&#8217;OTTO, des crayonnés choisis par le peintre, le découpage vu par BENDIS et d&#8217;autres surprises encore. Ces suppléments ajoutent une vraie richesse à un background général déjà bien dense.<br />
Du bon, de l&#8217;excellent travail de l&#8217;éditeur qui ravira sans aucun doute possible les fans et les autres.</p>
<p>Vous allez dire que je fais encore des tonnes, que je tombe (encore) dans le dithyrambique obséquieux. Je répondrais simplement que BENDIS est un scénariste de génie qui à chaque série réinvente le monde des supers héros et que DELL&#8217;OTTO mérite amplement son statut.</p>
<p>Que vous ayez ou non grandi avec la mythologie Marvel, si vous aimez les thrillers adultes et complexes et les beaux dessins, lisez Secret War. De toute façon, lisez tout BENDIS, vous ne pouvez pas le regretter.</p>
<p>En attendant d&#8217;acheter le bouquin ASAP comme on dit, visitez déjà <a href="http://www.jinxworld.com" target="_blank">le site officiel de BENDIS</a> et admirez <a href="http://www.dellotto.it" target="_blank">les belles images de DELL&#8217;OTTO</a>.
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp16">Copyright Panini France</div>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp17">Copyright Marvel Inc</div>

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		<title>Asthénie</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Feb 2009 18:13:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Dupuis]]></category>
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		<description><![CDATA[Asthénie [asteni] n.f. de a privatif et sthénos vigueur, force. État de faiblesse générale, fatigue intense et durable d’origine pathologique, souvent associée à un syndrome dépressif et à des troubles du sommeil. C’est exactement ce qui touche Jason NEWMAN, brillant avocat au barreau de New York. Voilà des semaines qu’il n’a pas fermé l’œil. Il a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal">
<div id="attachment_857" class="wp-caption alignleft" style="width: 233px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/asthenie.jpg"  class="wmp" id="wmp18"><img class="size-medium wp-image-857" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/asthenie-223x300.jpg" alt="copyright Dupuis 2008" width="223" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">copyright Dupuis 2008</p></div>
<p><em>Asthénie [asteni] n.f. de a privatif et sthénos vigueur, force. État de faiblesse générale, fatigue intense et durable d’origine pathologique, souvent associée à un syndrome dépressif et à des troubles du sommeil.</em></p>
<p class="MsoNormal">C’est exactement ce qui touche Jason NEWMAN, brillant avocat au barreau de New York. Voilà des semaines qu’il n’a pas fermé l’œil. Il a beau avaler toutes ces pilules, se fatiguer comme il peut, rien à faire, il ne dort plus.</p>
<p class="MsoNormal">Ce manque de sommeil est devenu un véritable enfer : épuisé, irritable, il est incapable de mener à bien ses plaidoiries et risque de tout perdre.</p>
<p class="MsoNormal">Jusqu’au jour où son amie, la belle Carol, l’oriente vers le professeur Stanford. Ce neurologue disposerait d’une technologie révolutionnaire qui pourrait lui rendre le sommeil. Les résultats se révèleront à la hauteur des espérances de Jason, jusqu’à ce qu’il ait d’étranges visions.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span class="bienvenue"><strong>« Aie confiance, crois en moi, que je puisse veiller sur toi »*</strong></span><br />
<!--[if !supportLineBreakNewLine]--><br />
<!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal">Un homme insomniaque se met à avoir des visions. Le scénario pourrait être banal. Pourtant Joël CALLEDE (<em>Petites Comptines d’Halloween</em>, <em>Dans la nuit</em>, <em>Haute Sécurité</em>) arrive à le rendre crédible et même passionnant par sa maîtrise de ces univers banals où tout bascule dans le terrifiant en un claquement de doigt. Ici l’auteur des <em>Enchainés</em> plonge un avocat bien sous tout rapport dans l’enfer des insomnies et des visions sanguinolentes.</p>
<p class="MsoNormal">L’usage de la première personne pour les dialogues permet une immersion totale dans la tête de Jason. Suivant ses pensées, le lecteur accompagne le pauvre héros dans sa descente aux enfers.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Afin de faciliter encore cette immersion, Roland PIGNAULT (<em>Arcanes</em>) a opté pour un style réaliste, avec des décors dessinés certainement à partir de photos de New York et des personnages crédibles.</p>
<p class="MsoNormal">La noirceur du sujet est renforcée par son trait brut et sombre. Ses ombres sales et ses visages taillés à la serpe inquiètent et renforcent la sensation de claustrophobie.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Asthénie est un album dans la veine des univers terrifiants de Stephen KING. Une de ces histoires où un homme bien tranquille bascule dans le chaos. Ce premier tome pose les premières questions et laisse entrevoir ce que sera la suite. Heureusement, sa lecture laisse le mystère entier et on se demande bien quelles sont ces silhouettes ensanglantées qui hantent Jason.</p>
<p class="MsoNormal">A suivre.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><em>* toute mon admiration au premier qui trouve la référence. Et sans moteur de recherche !</em></p>
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp18">copyright Dupuis 2008</div>

	Tags :<a href="http://www.kroniks.net/tag/dupuis/" title="Dupuis" rel="tag">Dupuis</a>,<a href="http://www.kroniks.net/tag/thriller/" title="thriller" rel="tag">thriller</a><br />
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		<title>Morro Bay</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Oct 2008 19:20:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cruchot</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD Franco-Belge]]></category>
		<category><![CDATA[Featured]]></category>
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		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans un petit village côtier des Etats-Unis, Evangeline et Tracy enquêtent sur le passé mystérieux de Miss SCOTT, leur professeur de sport. Aidées de Marie, la jeune sœur d&#8217;Eva, elles découvriront bien des secrets et apprendront qu&#8217;il n&#8217;est pas toujours bon de remuer de vieux souvenirs. Et quand Miss SCOTT est retrouvée morte, l&#8217;été des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_508" class="wp-caption alignleft" style="width: 238px"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/morrobay.jpg"  class="wmp" id="wmp19"><img class="size-medium wp-image-508" title="Morro Bay" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/morrobay-228x300.jpg" alt="Morro Bay - Copyright Casterman 2005" width="228" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Morro Bay - Copyright Casterman 2005</p></div>
<p>Dans un petit village côtier des Etats-Unis, Evangeline et Tracy enquêtent sur le passé mystérieux de Miss SCOTT, leur professeur de sport.<br />
Aidées de Marie, la jeune sœur d&#8217;Eva, elles découvriront bien des secrets et apprendront qu&#8217;il n&#8217;est pas toujours bon de remuer de vieux souvenirs. Et quand Miss SCOTT est retrouvée morte, l&#8217;été des adolescentes vire rapidement au cauchemar.</p>
<p>Morro Bay est le résultat de la première collaboration entre BOCCAR (<em>Le triangle ombilical</em>, <em>3 Vierges</em>&#8230;) et CORNETTE (<em>Jean POLPOL</em>, <em>Démons</em>&#8230;). Et pour une première, c&#8217;est plutôt réussi.</p>
<p>Le scénario, tout d&#8217;abord, est maîtrisé. Certes l&#8217;exercice du &laquo;&nbsp;one shot&nbsp;&raquo; oblige le scénariste à peu creuser ses personnages pour les mettre rapidement en place et à quelques accélérations de rythme (avec parfois jusqu&#8217;à 3 scènes en deux planches).<br />
Mais il n&#8217;en reste pas moins excellent et la fin est totalement inattendue. Vraiment surprenante vu le ton général tout au long de l&#8217;album.</p>
<p>Sous le prétexte d&#8217;une enquête sur les petits mystères de la ville, CORNETTE se penche sur les problèmes adolescents : recherche de l&#8217;identité sexuelle, découverte du pouvoir de séduction, rôle du père, place de la religion&#8230;<br />
Les personnages, sans être caricaturaux, sont tranchés et entiers. Cela permet au scénario d&#8217;avancer vite et d&#8217;être bouclé en 64 pages.</p>
<p>Quant aux dessins, ils sont&#8230; beaux, tout simplement.<br />
Seuls les contours des personnages sont marqués au crayons, le reste (ombres, plis, etc&#8230;) est composé de couches de couleurs. Du coup les arrières plans semblent flous avec des personnages nets.<br />
Les lignes de fuite, suggérées par le changement des tons et les bords noirs des cases accentuent encore ce sentiment de net/flou.<br />
Les couleurs sont bien choisies, chaudes et lisses, elles sont agréables à l’œil et facilitent l’immersion. En un mot comme en cent, c&#8217;est très beau.</p>
<p>Morro Bay est au final une bonne bédé mêlant spleen adolescent, enquête, vengeance et un soupçon d&#8217;érotisme débouchant sur une fin particulièrement surprenante. Pas indispensable mais chaudement conseillée.
<div style="display: none;" class="wmpDesc wmp19">Morro Bay &#8211; Copyright Casterman 2005</div>

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		<title>Seizon &#8211; Life</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Jul 2008 17:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mangas]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[Kaiji Kawaguchi]]></category>
		<category><![CDATA[manga]]></category>
		<category><![CDATA[Nobuyuki Fukumoto]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0   21                                 MicrosoftInternetExplorer4 </xml><![endif]--> <!--[if gte mso 10]></p>
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<p><![endif]--></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seizon_1.jpg"  class="wmp" id="wmp23"><img class="alignleft size-medium wp-image-190" title="seizon_1" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seizon_1-300x300.jpg" alt="copyright Fukumoto/Kawaguchi - Génération comics 2005" width="300" height="300" /></a>La vie n&#8217;est pas tendre avec M. Takeda. Certes, il occupe un poste enviable dans une société de construction et la possibilité d&#8217;une promotion se dessine pour lui. Mais il a perdu sa femme Naomi, morte d&#8217;un cancer et surtout sa fille Sawako, disparue il y a 14 ans sans laisser de traces. Alors, quand il apprend qu&#8217;il est atteint d&#8217;un cancer, il s&#8217;effondre et se prépare à se suicider. C&#8217;est sans compter un appel de la police : on vient de retrouver le corps de Sawako ! Pour M. Takeda, c&#8217;est un signe : le signe qu&#8217;il ne doit pas abandonner, qu&#8217;il doit à sa fille disparue de résoudre le mystère de son meurtre, même si le délai de prescription de ce crime arrive à son terme dans six mois. Six mois&#8230; c&#8217;est aussi le temps que les médecins lui donnent à vivre, comme un écho, une ironie finale de l&#8217;histoire.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">M. Takeda ne va alors avoir de cesse de reconstituer le dernier parcours connu de sa fille, en partant du journal intime de celle-ci, pour tenter de trouver de nouveaux indices. Il sait que la police ne va pas lui être d&#8217;une grande aide, étant donné la prescription toute proche de l&#8217;affaire. Il compte bien cependant rassembler assez d&#8217;éléments pour provoquer chez eux une réaction. Il va pouvoir compter sur l&#8217;inspecteur Murai, un vieux de la vieille.</p>
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<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seizon_2.jpg"  class="wmp" id="wmp24"><img class="alignright alignnone size-medium wp-image-191" style="float: right;" title="seizon_2" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seizon_2-300x300.jpg" alt="copyright Fukumoto/Kawaguchi - Génération comics 2005" width="300" height="300" /></a>Impossible, vous vous en doutez, de vous en dire plus sur l&#8217;intrigue sans la déflorer et gâcher le plaisir de lecture. L&#8217;écriture de Nobuyuki Fukumoto est dense, serrée, pour tenir en seulement trois volumes, là où bien d&#8217;autres séries auraient pris leurs aises. C&#8217;est cette tension constante, de bout en bout de l&#8217;œuvre, qui fait qu&#8217;une fois commencé, on ne peut plus lâcher <em>Seizon</em> jusqu&#8217;à sa conclusion. Car non seulement le scénario de Nobuyuki Fukumoto est diabolique d&#8217;inventivité et de rebondissements plausible, mais le dessin de Kaiji Kawaguchi est exactement ce qu&#8217;il fallait pour sublimer cette tension dramatique. Kaiji Kawaguchi est connu en France pour bien d&#8217;autres œuvres, comme Eagle, Spirit of the Sun ou Zipang, qu&#8217;il scénarise seul. Ici, l&#8217;exercice est un peu différent puisqu&#8217;il prête son talent à l&#8217;illustration d&#8217;un scénario extérieur. Et bien lui en a pris, car la densité de l&#8217;écriture de Nobuyuki Fukumoto oblige Kaiji Kawaguchi à resserrer lui aussi sa narration graphique. Il adopte donc une mise en scène très cinématographique. Le tome trois, qui constitue le huis clos final, est à ce titre une leçon de mise en scène, que ne renieraient pas certains grands polars intimistes, comme <em>Garde à vue</em> avec Michel Serrault et Lino Ventura. On y retrouve également des parfums d&#8217;Hercule Poirot ou de Miss Marple dans l&#8217;enchainement logique des déductions de Murai et Takeda face au tueur. L&#8217;illustration la plus frappante de cette mise en scène cinématographique est certainement constituée par les quatrième de couverture des trois volumes : si le premier est un plan large d&#8217;un carrefour, le troisième est un gros plan sur le visage de M. Takeda, toujours au même endroit. L&#8217;intensité de son regard est impressionnante, on sent toute la détermination du personnage, on en a presque froid dans le dos tellement on le sent implacable.</p>
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<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seizon_3.jpg"  class="wmp" id="wmp25"><img class="alignleft size-medium wp-image-189" title="seizon_3" src="http://www.kroniks.net/wp-content/uploads/seizon_3-214x300.jpg" alt="copyright Fukumoto/Kawaguchi - Génération comics 2005" width="214" height="300" /></a>Mais <em>Seizon</em> n&#8217;est pas qu&#8217;une histoire policière de plus. Elle se double d&#8217;une dimension beaucoup plus intimiste : c&#8217;est le drame d&#8217;une famille brisée, d&#8217;abord par la disparition de Sawako, puis par la mort de Naomi. C&#8217;est aussi, pour un père et un mari, une manière d&#8217;essayer de « recoller les morceaux », de reformer une famille même de manière posthume, de montrer à sa fille et à sa femme que sous ses dehors froids, il n&#8217;a jamais cessé de les aimer. Il est plusieurs fois au bord de l&#8217;abandon, quand se présente ce qui semble être une impasse finale dans sa recherche du tueur, pourtant, en mémoire de Sawako, il ne se résigne jamais complètement et puise au fond de lui la force de continuer, malgré le cancer qui le ronge. Fukumoto et Kawaguchi n&#8217;oublient jamais cette dimension essentielle de l&#8217;histoire qu&#8217;ils narrent, ce qui leur permet d&#8217;en transmettre toute la force sans jamais tomber dans le pathos gratuit. Seizon est l&#8217;histoire de la recherche de la Vérité, celle sur le meurtre de Sawako mais aussi la vérité intérieure de M. Takeda, ce qui le raccroche à la vie.</p>
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<p style="text-align: justify;"><em>Seizon</em> est donc une œuvre poignante, intense, percutante et dont la brièveté est aussi une force. On ne ressort pas indemne de ce combat d&#8217;un père et d&#8217;un mari, tant les deux auteurs ont su sublimer les émotions des personnages et ainsi tisser un vrai lien entre ces derniers et les lecteurs. Si vous voulez lire un manga intelligent, d&#8217;une écriture et d&#8217;une intensité redoutables, à mille lieux des clichés généralement véhiculés sur la production du Soleil Levant, alors Seizon est pour vous. D&#8217;autant plus qu&#8217;il constitue sans doute la meilleure porte d&#8217;entrée sur l&#8217;œuvre de Kaiji Kawaguchi. Reste à mettre la main sur ces albums sortis en 2005, mais cela ne devrait pas être trop difficile. A vos librairies !</p>
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